Grands chantiers publics. Projets, entreprises, montants… qui fait quoi ? (Infographies)
De nombreux projets publics sont lancés depuis quelques années, dans le cadre des différentes stratégies de l’Etat dans les secteurs ferroviaire, portuaire, aérien ou encore de la santé. Certains vont bon train, tandis que d’autres ont fait face, en cours de route, à certaines difficultés et ont enregistré un retard. D’autres projets ont, pour leur part, été accélérés depuis quelques mois par l’annonce de l’organisation conjointe du Mondial 2030 par le Maroc, le Portugal et l’Espagne, ainsi que l’organisation par le Royaume de la CAN 2025.
Qui opère dans les deux grand projets de dessalement en cours ?
Le secteur hydrique est l’un des secteurs prioritaires pour le gouvernement marocain, notamment face à la rareté de l’eau à laquelle le pays est confronté depuis quelques années. Pour y remédier, le Maroc a entrepris de nombreux projets, dont la mobilisation des eaux, notamment par le dessalement.
À ce jour, plusieurs stations sont en cours de réalisation, comme celle de Casablanca, dont les travaux de construction ont été récemment lancés par le Prince Moulay El Hassan. Cette station sera réalisée par le groupement Acciona, Green of Africa et Afriquia Gaz pour 11 milliards de DH (MMDH), dont 6,5 MMDH concernent la composante usine.
La première société se chargera de la construction de l’usine, tandis que Green of Africa fournira de l’électricité verte. Le rôle d’Afriquia Gaz est pour sa part purement financier, selon nos sources dans un article précédent.
Cette structure devrait être opérationnelle en 2026, en ce qui concerne la première tranche, lors de laquelle la station atteindra une capacité de 548.000 m3 par jour (200 millions de m3 par an), extensible à 822.000 m3 par jour (300 millions de m3 par an) d’eau traitée dans une seconde phase.
L’autre projet d’envergure de dessalement est celui de Dakhla. Dotée d’un budget de 2 MMDH, cette structure, dont les travaux de construction devraient s’achever en 2025, assurera l’approvisionnement en eau d’irrigation sur 5.000 hectares, et en eau potable au profit de la ville de Dakhla et ses environs.
Cette station sera construite par la société Nareva, en consortium avec Engie. Elle n’utilisera que les énergies renouvelables pour produire 112.000 m3 d’eau douce par jour, grâce à un parc éolien de 60 MW.
D’autres stations sont par ailleurs au stade des études, telles que :
– la station de dessalement de l’Oriental, avec une capacité de production d’eau estimée à 250 millions de m3/an, destinée à satisfaire les besoins en eau potable et d’irrigation, dont les études techniques sont réalisées par Novec, LPEE et Mapping pour 12,7 millions de DH (MDH) ;
– la station de Sidi Ifni, d’une capacité de 8.640 m3/jour (3,15 Mm3/an d’eau potable), dont l’assistance technique est réalisée par le groupement Fichtner et CID pour 3,82 MDH ;
– la station de dessalement de Rabat, dont les études techniques sont réalisées par CID pour 5 MDH ;
– la station de Tiznit, qui servira à sécuriser l’alimentation en eau portable de la ville de Tiznit et les centres liés.

Trois grandes sociétés pour les marchés de barrages
Toujours dans le secteur hydrique, outre les stations de dessalement, le Maroc poursuit sa stratégie de mise en place de barrages pour la collecte et le stockage des eaux. De nombreuses grandes structures sont en cours de réalisation, dont la plupart sont construites par trois sociétés, à savoir : la SGTM, STAM et Bioui Travaux.
Ci-dessous les plus grands barrages en cours de construction dans les différentes provinces :
– le barrage de Bouljir, dans la province de Assa Zag : réalisé par STAM pour 220 MDH ;
– le barrage de M’dez (Sefrou) : sa réalisation a nécessité une enveloppe budgétaire de 1,7 MMDH. Son achèvement a été attribué en 2022 à la SGTM pour 390 MDH ;
– le barrage de Ghiss (Al Hoceima), réalisé par Bioui Travaux pour 839 MDH ;
– le barrage Kodiet El Berna (Sidi Kacem), construit par la SGTM ;
– le barrage Boukhmiss (Khémisset), réalisé par Bioui travaux pour 1,5 MMDH ;
– le barrage Erretba (Taounat), attribué au groupement SGTM et STAM pour 4 MMDH ;
– le barrage Ribat Al Khayr (Sefrou), réalisé par STAM pour un peu plus de 949 MDH ;
– le barrage Boulaouane (Chichaoua), construit par STAM pour 1,1MMDH ;
– le barrage Oued Lakhdar (Azilal), attribué également à STAM pour 1,16 MMDH.
Toujours en ce qui concerne les barrages, les travaux d’un grand projet ont été lancés en mars dernier dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, portant sur l’interconnexion entre les barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa, dans l’objectif de sécuriser l’alimentation en eau potable du Grand Tanger.
Il est réalisé par deux groupements, le premier composé de SNCE, SOGEA et SOGETRAMA, et le second de STAM et SAPEP, pour un budget total de 840 MDH. Ce projet devrait s’achever avant la fin de l’année courante.

Les opérateurs derrière la réalisation des Ports en cours de construction
Outre le secteur hydrique, le Maroc dispose d’une stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030, qui vise l’accompagnement de l’évolution de l’économie, en anticipant la demande en infrastructures portuaires et en intégrant davantage le pays à la compétitivité mondiale. Dans le cadre de celle-ci, différents ports sont en cours de réalisation, notamment :
– Dakhla Atlantique (NPDA), réalisé par la SGTM et Somagec Sud pour 12 MMDH, et dont les travaux devraient s’achever en 2029 ;
– Nador West Med (NPNWMED), dont les travaux d’infrastructures sont réalisés par la SGTM, le turc STFA, et JDN pour 7,6 MMDH, et dont la mise en service est attendue pour la fin de l’année en cours (2024) ;
– Safi (NPS), réalisé par la SGTM et le turc STFA. Notons toutefois que d’autres acteurs ont rejoint ce projet qui a rencontré de nombreuses difficultés, et dont l’achèvement a connu un grand retard. Le budget global initial alloué à ce port s’élève à 4,1 MMDH. Il a toutefois dû être augmenté après l’arrivée d’autres acteurs, notamment TME, en vue de l’achever ;
– Kénitra Atlantique (NPKA) : la réalisation de ce projet nécessitera un budget de plus de 7 MMDH, dont 5,7 MMDH pour la première tranche ;
– l’extension du port de Jebha dans la province de Chefchaouen, pour un budget de près de 330 MDH.

Ferroviaire : qui fait quoi
Le projet le plus important dans le secteur du ferroviaire est celui de la ligne à grande vitesse (LGV) qui reliera à terme Tanger à Agadir. Ce projet est constitué de deux grands axes, un premier reliant Kénitra à Marrakech, dont la réalisation coûtera environ 53 MMDH, et un second, reliant Marrakech à Agadir, pour 50 MMDH. Le plus avancé à ce jour, et qui a été accéléré par le Mondial 2030, est celui de Kénitra-Marrakech, prévu d’être achevé en 2029.
À ce jour, les plus grands projets attribués dans le cadre de la réalisation de la LGV se présentent comme suit :
– les travaux de dégagement et de préparation des emprises ferroviaires sur l’axe Kénitra-Marrakech, dont les cinq lots seront réalisés par différentes sociétés pour 140,8 MDH. Il s’agit de STAM, GRPT, Melatra, GRPT STDM, CTGR ;
– la prestation d’études d’avant-projet sommaire dans le cadre de l’axe Marrakech-Agadir, attribué à China Railway Design Corporation pour 85 MDH ;
– toujours sur le même axe, la reconnaissance géologique, hydrologique et géotechnique nécessaires aux études d’avant-projet sommaire attribué à LPEE pour 135,9 MDH, et le contrôle extérieur des études nécessaires à la liaison ferroviaire, réalisé par Gis Rail pour 28 MDH ;
– l’assistance à la maîtrise d’ouvrage pour le suivi environnemental et social du projet de la LGV, réalisée par Aremo Ingénierie pour 11,9 MDH ;
– la réalisation de prestations topographiques sur le parcours de la LGV Kenitra-Tanger, attribué à XP concept pour plus de 800.000 DH ;
– la fourniture du matériel roulant ferroviaire neuf : 250 wagons de transport de charbon par la Société chérifienne de matériel industriel et ferroviaire pour 338,8 MDH, et 100 wagons de transport des produits pétroliers par la même société pour 183,8 MDH.

Aérien : qui fait quoi
Nombre de projets dans le secteur aérien ont également été accélérés par le Mondial 2030. Le plus important reste toutefois celui de l’aéroport d’Agadir-Al Massira, dont les installations terminales connaîtront une extension et un réaménagement. Ces travaux sont en cours de réalisation par le cabinet Ala concept pour 800 MDH.
L’aéroport Mohammed V de Casablanca et celui de Marrakech-Ménara connaîtront également des travaux d’aménagement extérieurs ou intérieurs.
Pour ce qui est de l’aéroport de Casablanca, les travaux en cours ont trait à :
– l’aménagement de la station de taxis par Vias pour 7,8 MDH ;
– les travaux d’entretien des revêtements de la plateforme aéroportuaire par Ortis Maroc pour 3,17 MDH ;
– l’élaboration du programme de développement des infrastructures, attribué à Ingenieria y Economia del Transporte S.A. pour 724.800 euros.
En ce qui concerne l’aéroport de Marrakech, il s’agit de :
– la mise à niveau des infrastructures aéronautiques, attribuée à GTR pour près de 150 MDH ;
– les travaux de construction d’une brigade gendarmerie, réalisés par Kim Building pour 12,4 MDH.

Santé : les CHU en cours de construction
Dans le cadre de la réforme du secteur de la santé, le ministère de la Santé et de la protection sociale a lancé la construction de plusieurs CHU afin d’améliorer l’offre de soins dans les différentes régions du pays.
Le CHU Ibn Sina de Rabat est l’un des projets phares du ministère, qui remplacera l’actuel CHU. Plusieurs appels d’offres ont été attribués dans le cadre de ce projet. Le plus important est celui des gros œuvres, dont les travaux sont réalisés par les sociétés SGTM et TGCC pour 1,5 MMDH.
Le CHU d’Agadir est également très attendu par les habitants de la région Souss-Massa. Ce dernier, dont les travaux accusent du retard, a été accéléré vers la fin de l’année 2023. Cette structure est réalisée par la société TGCC pour 2,3 MMDH.
Le CHU de Fès bénéficiera quant à lui d’un réaménagement interne et externe, réalisé par Sometrav pour 1,8 MDH, tandis que le CHU de Laâyoune est réalisé par les sociétés Jet Contractors, Rouandi et Protelec pour plus de 300 MDH.
Le CHU d’Errachidia, qui devrait coûter près de 991 MDH, en est encore au stade des études. Plusieurs études relatives à sa réalisation ont ainsi été attribuées à ce jour, à savoir :
– les études techniques et le suivi des travaux de construction, réalisés par Omnium technologie pour 24,6 MDH ;
– les études géotechniques, la réception de fonds de fouilles et le contrôle de la qualité des travaux de construction, attribués à LPEE pour 8,2 MDH ;
– le contrôle et l’optimisation des études techniques et le contrôle des travaux de construction, réalisés par Socotec pour 7,8 MDH.
Enfin, le CHU de Béni Mellal n’a pour l’instant pas été attribué. Le concours architectural a été lancé pour un montant de 1 MMDH.
