Bourse de Casablanca : banques, énergie… les nouvelles recommandations des analystes

Dans un marché marqué par une forte dynamique boursière et une attention accrue des investisseurs sur la qualité des fondamentaux, plusieurs valeurs cotées à la Bourse de Casablanca ont récemment fait l’objet de mises à jour de la part des maisons de recherche.

Celles-ci ont, pour l’essentiel, choisi de maintenir leurs recommandations et leurs cours objectifs, estimant que les performances récentes et la visibilité à moyen terme restent en ligne avec leurs scénarios centraux. Voici ce qui ressort de ces dernières recommandations.

Les valeurs bancaires

CIH Bank

Sur CIH Bank, la lecture d’Attijari Global Research reste résolument positive, portée par des réalisations jugées solides à fin septembre 2025 et une visibilité bénéficiaire qui demeure bien orientée. L’analyste maintient ainsi sa recommandation « Acheter » sur le titre, avec un cours objectif de 492 DH, faisant ressortir un potentiel de hausse de 22% par rapport aux niveaux de cours observés en 2 décembre et avec un horizon de recommandation de 12 mois.

Dans le détail, les performances opérationnelles enregistrées au cours des neuf premiers mois de l’année viennent conforter les anticipations de croissance retenues pour l’ensemble de l’exercice.

Le produit net bancaire affiche une progression de 14,3% à 4.041 MDH, un rythme supérieur à celui attendu sur l’année et correspondant à un taux de réalisation confortable des prévisions annuelles. Cette dynamique repose d’abord sur la marge d’intérêt, en hausse sensible, bénéficiant à la fois de la croissance des crédits et d’une amélioration de la marge d’intermédiation. En parallèle, la banque enregistre une forte accélération de ses commissions ainsi qu’une contribution positive des activités de marché, traduisant une diversification accrue de ses sources de revenus.

Sur le front du risque, Attijari Global Research relève une situation maîtrisée. Le coût du risque demeure globalement contenu et progresse à un rythme inférieur à celui des encours de crédits, ce qui se traduit par une amélioration du taux du coût du risque. Cette évolution est jugée cohérente avec le profil de croissance du portefeuille et conforte le scénario retenu pour l’ensemble de l’année, dans un environnement qui reste pourtant marqué par certaines incertitudes.

Enfin, la rentabilité ressort comme l’un des principaux points d’appui de la thèse d’investissement. Le résultat net part du groupe affiche une hausse de 31,2% à 862 MDH à fin septembre, un niveau supérieur aux attentes initiales et correspondant à près de 80% de l’objectif annuel. Cette performance conforte le scénario central d’Attijari Global Research, qui anticipe pour CIH Bank le franchissement du seuil d’un milliard de dirhams de bénéfice sur l’exercice 2025, justifiant le maintien du cours objectif et de la recommandation sur le titre.

Crédit du Maroc

Sur Crédit du Maroc, la lecture d’Attijari Global Research s’inscrit elle aussi dans une logique de continuité, l’analyste ayant maintenu sa recommandation « Acheter » sur le titre, avec un cours objectif inchangé de 1.285 DH. Par rapport au cours observé le 2 décembre de 970 DH, ce scénario fait ressortir un potentiel de hausse de 32%.

Les réalisations à fin septembre 2025 confirment en effet la trajectoire de croissance retenue par AGR pour les exercices à venir. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire affiche une progression de 9,8% à 2.678 MDH, en ligne avec la prévision annuelle, correspondant à un taux de réalisation de 75%. Cette évolution repose très largement sur la marge d’intérêt, qui explique plus de 80% de la croissance du PNB, portée à la fois par la progression des encours de crédits et par une amélioration marquée de la marge d’intermédiation. Les commissions et les activités de marché continuent également de contribuer positivement, traduisant une dynamique commerciale plus équilibrée.

Sur le plan opérationnel, Crédit du Maroc poursuit sa trajectoire d’amélioration de l’efficacité. Le coefficient d’exploitation recule de 1,6 point pour s’établir à 45,2%, un niveau meilleur que celui anticipé pour l’ensemble de l’exercice.

Depuis le changement d’actionnariat intervenu en 2022, AGR met en avant une baisse cumulée significative de cet indicateur, reflet d’un nouveau dynamisme du produit net bancaire dont le rythme de croissance est désormais nettement supérieur à celui des charges de gestion. Cette évolution renforce la visibilité sur la capacité de la banque à dégager durablement de la valeur.

L’amélioration du profil de risque constitue toutefois le point le plus saillant de la note. Le coût du risque recule fortement pour s’établir à 228 MDH, en baisse de plus de 20% sur un an et largement inférieur aux anticipations initiales. Cette évolution s’explique notamment par l’amélioration du taux de créances en souffrance, qui recule de manière significative sur la période, un élément jugé structurant dans l’appréciation du scénario de moyen terme.

Enfin, la progression de la rentabilité vient confirmer la solidité de cette trajectoire. Le résultat net part du groupe ressort en hausse de 19,9% à 690 MDH à fin septembre, soit un taux de réalisation élevé de 83% de l’objectif annuel.

Bank of Africa

Sur Bank of Africa, l’analyse d’Attijari Global Research demeure favorable, portée par une dynamique bénéficiaire jugée solide et par des progrès continus en matière d’efficacité opérationnelle. L’analyste maintient sa recommandation « Acheter » sur le titre, assortie d’un cours objectif de 300 DH, ce qui fait ressortir un potentiel de hausse de 35% par rapport au cours du 1er décembre (223 DH).

Les réalisations à fin septembre 2025 viennent conforter le scénario retenu pour l’exercice en cours. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire ressort en hausse de 8,7% à 15.279 MDH, un rythme supérieur à celui anticipé sur l’ensemble de l’exercice et correspondant à un taux de réalisation de 77% des prévisions annuelles.

Cette progression est très largement portée par la marge d’intérêt, qui explique 85% de la croissance du PNB, avec une hausse de 10,9% à 10.613 MDH, soutenue à la fois par la progression des crédits et par une amélioration marquée de la marge d’intermédiation.

Enfin, la rentabilité confirme la solidité de la dynamique observée. Le résultat net part du groupe progresse de 12% à 3.011 MDH à fin septembre, soit 80% de l’objectif annuel fixé par l’analyste. Cette performance, supérieure aux prévisions initiales, conforte le scénario de croissance bénéficiaire d’Attijari Global Research pour l’exercice 2025 et justifie le maintien du cours objectif et de la recommandation sur le titre.

CFG Bank

Sur CFG Bank, l’analyse d’Attijari Global Research demeure favorable, l’analyste maintenant sa recommandation « Acheter » avec un cours objectif inchangé de 287 DH.

Par rapport au cours observé fin novembre, ce scénario fait ressortir un potentiel de hausse de 19%, soutenu par une amélioration jugée remarquable de la profitabilité et par la montée en puissance progressive du modèle de la banque.

Les réalisations à fin septembre 2025 confirment la dynamique de croissance retenue pour l’exercice. Sur les neuf premiers mois de l’année, le produit net bancaire progresse de 34% à 909 MDH, en ligne avec la prévision annuelle de 1.204 MDH, soit un taux de réalisation de 75%.

Dans le détail, la marge d’intérêt évolue mieux que prévu, en hausse de 32% à 376 MDH, portée par la forte dynamique des crédits, en progression de 20%, et par une amélioration de la marge d’intermédiation de 25 points de base à 2,87%. La marge sur commissions progresse pour sa part de 21% à 335 MDH, correspondant à un taux de réalisation de 76% de la prévision annuelle, tandis que les activités de marché enregistrent une hausse marquée de 71%, dans un contexte obligataire et boursier favorable.

L’élément le plus structurant de la note réside toutefois dans les gains d’efficacité liés à l’effet taille. Grâce aux économies d’échelle, le coefficient d’exploitation s’améliore de 11,3 points pour s’établir à 47,4%, un niveau qui surperforme déjà les projections communiquées par le management lors des « Capital Market Days » de mai 2025, lesquelles tablaient sur un COEX inférieur à 50% à partir de 2028–2029. Pour AGR, cette avancée traduit une inflexion durable du profil de rentabilité de la banque.

Cette amélioration opérationnelle se reflète directement dans la capacité bénéficiaire. Le résultat brut d’exploitation ressort à 478 MDH, en hausse de 71%, représentant un taux de réalisation élevé de 83% de la prévision annuelle. Dans ce contexte, et par mesure de prudence, Attijari Global Research indique maintenir inchangée sa prévision de résultat net part du groupe pour 2025, anticipé à 363 MDH, en progression de 39% sur un an, soit une croissance supérieure de 11 points à celle du PNB. L’analyste rappelle par ailleurs que la banque devrait consommer la totalité de ses déficits reportables sur l’exercice 2025, un élément structurant pour la lecture des résultats à venir.

Taqa Morocco : maintient de la recommandation « Achat »

Sur Taqa Morocco, la lecture de BMCE Capital Global Research demeure clairement constructive, malgré un premier semestre marqué par des contraintes opérationnelles et conjoncturelles.

BKGR maintient sa recommandation « Achat » sur le titre, avec un objectif de cours de 3.078 DH, faisant ressortir un potentiel de hausse de 34% par rapport au cours de 2.300 DH observé début décembre.

Le chiffre d’affaires consolidé ressort ainsi en retrait de 4,8% à 5.379 MDH à fin juin, avant de limiter sa baisse à -2,2% à 7.957 MDH à fin septembre, porté par un troisième trimestre plus dynamique.

À l’échelle de l’exercice, BKGR anticipe néanmoins un redressement progressif de l’activité, avec un chiffre d’affaires attendu à 11,2 MMDH en 2025, en hausse de 2,1%, puis à 11,6 MMDH en 2026, sous l’hypothèse d’une stabilisation des prix du charbon et d’une normalisation de l’effet change.

Cette pression conjoncturelle se reflète également dans la rentabilité opérationnelle. L’EBE recule de 9,7% à 1.648 MDH au premier semestre, avant de s’établir à 2.415 MDH à fin septembre, soit une baisse plus limitée de 6,7%.

Sur le plan de la capacité bénéficiaire, un RNPG attendu à 1.080 MDH en 2025, en légère progression de 2,6%, puis à 1.119 MDH en 2026, soit une croissance additionnelle de 3,6%. Cette amélioration s’accompagne d’un allègement de l’endettement net, en baisse de 6,6% à 6.327 MDH à fin juin 2025, soutenu par la génération de flux de trésorerie et les remboursements de dettes réalisés sur la période.

https://medias24.com/2025/12/02/bourse-les-banques-cotees-voient-leur-pnb-augmenter-de-63-a-fin-septembre-2025-1587927/

CIH Bank finalise une émission obligataire subordonnée d’un milliard de dirhams

CIH Bank a annoncé avoir clôturé une émission obligataire subordonnée, réalisée par placement privé auprès d’investisseurs qualifiés, pour un montant global de 1 milliard de dirhams.

Selon le communiqué, l’opération est structurée en deux tranches, toutes deux non cotées à la Bourse de Casablanca, dématérialisées et admises aux opérations de Maroclear :

CIH Bank indique que cette émission obligataire subordonnée vise à renforcer ses fonds propres et à financer son plan de développement.

Sanlam Maroc et Lana Cash lancent « Assurance Al’Rah7a »

Sanlam Maroc et Lana Cash, filiale du Groupe CIH Bank, annoncent le lancement de « Assurance Al’Rah7a« , une nouvelle gamme de micro-assurance pensée pour protéger chaque foyer marocain.

« Cette initiative traduit l’engagement des deux partenaires à rendre l’assurance accessible et concrète pour tous, en accompagnant chaque famille marocaine à s’assurer et protéger son avenir », souligne le communiqué.

Ainsi, les deux partenaires mettent « la simplicité, l’accessibilité et la proximité au cœur de leur approche, avec l’objectif de répondre aux besoins essentiels du quotidien : protéger sa famille, soutenir ses parents et préserver la stabilité financière face aux imprévus de santé ».

À cela s’ajoute une offre structurée en trois produits distincts, adaptés aux besoins et budgets de chacun. « Amane Al Ousra garantit, en cas de décès, le versement d’un capital défini à l’avance afin d’assurer la sécurité financière de la famille de l’assuré », précise le communiqué.

« Amane L’Walidine offre, pour sa part, une rente trimestrielle destinée aux parents de l’assuré, afin de leur garantir un soutien stable et durable », poursuit-il.

Enfin, « Istichfaa Cash prévoit le versement d’une indemnité journalière en cas d’hospitalisation, permettant ainsi de couvrir les charges du quotidien et de préserver la sérénité du foyer ».

Avec ce lancement, Sanlam Maroc et Lana Cash réaffirment enfin « leur engagement à promouvoir une assurance inclusive, notamment pour les populations encore éloignées des circuits financiers traditionnels, offrant ainsi à chaque Marocain la possibilité de s’assurer pour un avenir en toute confiance ».

CIH Bank. Visa de l’AMMC pour une augmentation de capital de 1,5 MMDH

L’AMMC a visé le 20 juin 2025 le prospectus relatif à une nouvelle augmentation de capital de CIH Bank. Cette opération porte sur un montant maximum de 1,5 MMDH, intégrant une prime d’émission de 1,06 MMDH et un nominal de 410,8 MDH.

L’augmentation a été autorisée par l’assemblée générale extraordinaire tenue le 11 juin 2025.

L’opération prévoit l’émission de 4.108.341 actions nouvelles, au prix de 358 DH l’unité. Ce prix intègre une valeur nominale de 100 DH et une prime d’émission de 258 DH.

La période de souscription s’étalera du 4 au 23 juillet 2025. Les droits préférentiels de souscription (DPS) seront détachés le 1er juillet, avec une parité fixée à 3 actions nouvelles pour 23 DPS détenus. Les DPS seront cotés durant toute la période de souscription.

Le prix d’émission présente une décote indicative de 13,1% par rapport au cours de clôture du titre à 412 dirhams le 13 juin 2025.

Les valorisations par comparables boursiers font ressortir des niveaux situés entre 354 DH (selon la méthode du P/B) et 429 DH (selon le P/E), sur la base des résultats consolidés 2024.

L’augmentation de capital vise à renforcer les fonds propres réglementaires, anticiper les évolutions prudentielles et financer la dynamique de croissance du groupe.

Une fois l’opération finalisée, le capital social passera de 3,15 MMDH à 3,56 MMDH. La structure de l’actionnariat restera globalement stable en cas de souscription intégrale par les actionnaires existants. Le flottant boursier sera mécaniquement ajusté à hauteur de 16,37% du capital élargi.

Actionnariat avant et après l’opération

CIH Bank s’apprête à renouveler son existence pour 99 ans et prépare une levée de fonds stratégique

Près d’un siècle après sa création, CIH Bank s’apprête à prolonger sa durée d’existence juridique de 99 ans supplémentaires à compter de l’exercice 2025, portant ainsi son horizon statutaire jusqu’en 2124.

Cette prorogation, qui intervient à l’approche du terme initialement fixé à avril 2026, confère une continuité institutionnelle à l’établissement.

CIH Bank renforce ses capitaux

En parallèle, CIH Bank a validé une disposition lui permettant de procéder à une augmentation de capital en numéraire pour un montant pouvant atteindre 1,5 MMDH.

Cette mesure vise à renforcer les capacités financières du groupe en cas de besoin, notamment en prévision d’éventuelles opérations de croissance externe ou d’acquisitions.

Le capital actuel s’élève à environ 3,15 MMDH. Une levée de 1,5 MMDH permettrait donc un renforcement significatif, améliorant les ratios de solvabilité et la flexibilité du bilan.

En 2024, CIH Bank a réalisé un résultat net social de 750 MDH, en progression de 21%, et un résultat net consolidé de 966 MDH, en hausse de 24,3% sur un an.

Ces performances traduisent une dynamique soutenue, avec des dépôts en croissance de 13,9%, des crédits en hausse de 11,5% et un coût du risque en repli. Le dividende est porté à 14 dirhams par action et sera mis en paiement début juillet 2025.

Les bancaires en bourse : ce qui se cache derrière l’écart de valorisation avec le marché

Alors que le marché boursier marocain affiche un niveau de valorisation soutenu, avec un PER moyen de 20,8x en mai 2025, le secteur bancaire continue d’évoluer à un rythme distinct.

Son ratio cours/bénéfices plafonne à 13,9x selon les calculs de Serval Asset Management, creusant un écart de 6 points avec l’ensemble du marché. Ce différentiel, rarement atteint depuis dix ans, attire l’attention des analystes comme des investisseurs.

L’écart interroge d’autant plus que les banques marocaines conservent des fondamentaux solides. La croissance des bénéfices devrait dépasser les 10% en 2025 selon les prévisions de BKGR, portée par la bonne tenue du produit net bancaire, la baisse progressive du coût du risque et un environnement monétaire devenu plus favorable depuis l’assouplissement du taux directeur en mars.

Pourtant, la valorisation boursière des grandes banques reste stable, comme si le marché hésitait à reconsidérer leur profil de risque.

Faut-il y voir une prime de risque persistante, liée à une perception structurelle du secteur, ou bien une opportunité temporaire de revalorisation ? L’analyse des écarts de PER, croisée avec les dynamiques bénéficiaires, permet d’esquisser plusieurs pistes de lecture.

Des fondamentaux bancaires pourtant solides

Si l’on remonte quelques années en arrière, le PER moyen du secteur bancaire marocain évoluait autour de 17x, dans un marché porté par une croissance régulière du crédit et une perception de stabilité. Ce niveau a été perturbé par la crise sanitaire en 2020, mais les valorisations avaient partiellement rebondi à partir de 2021, à mesure que les résultats des banques se redressaient.

Depuis 2023, le mouvement s’est enrayé. Malgré une amélioration continue des résultats, les multiples de valorisation restent contenus, bien en deçà des moyennes historiques. Cette stagnation contraste avec le retour d’un environnement favorable : la politique monétaire est redevenue accommodante, avec un taux directeur abaissé à 2,25% en mars 2025, ce qui réduit le coût de refinancement pour les banques. En parallèle, la structure des dépôts demeure stable, tandis que la collecte, notamment sur les segments retail et corporate, continue de progresser.

Du côté des risques, la tendance est également rassurante. Les banques maintiennent une politique prudente de provisionnement, ce qui permet d’anticiper une légère baisse du coût du risque en 2025, selon les projections de BKGR. Cela contribue à préserver les marges nettes et à soutenir la rentabilité.

Des profils qui expliquent, en partie, la décote sectorielle

Derrière la moyenne sectorielle de 13,9x, le paysage bancaire marocain présente une forte dispersion. Ce sont surtout les grandes banques, pourtant les plus solides sur le plan des résultats, qui tirent cette moyenne vers le bas.

Le différentiel de valorisation entre les banques marocaines et le reste du marché reste marqué, mais il n’est pas figé. Il reflète avant tout des réalités contrastées. Certaines banques, comme Attijariwafa bank ou BCP, affichent des PER modérés alors que leurs fondamentaux restent solides, et leur croissance bénéficiaire attendue dépasse les 10%. D’autres, comme CFG ou BMCI, présentent des multiples plus élevés pour des raisons spécifiques, liées à leur structure de revenus ou à leur profil boursier.

Attijariwafa bank, valorisée à 13,9x, affiche l’un des PER les plus faibles du secteur. BCP suit une trajectoire proche, avec un PER de 14x. CIH Bank, de son côté, affiche un multiple de 14,9x, en ligne avec sa stratégie de développement actif et la reconnaissance progressive de son positionnement auprès des investisseurs.

Plus haut dans la fourchette, Bank of Africa (16,3x) et Crédit du Maroc (15,75x) se distinguent par des profils plus différenciés. BOA capitalise sur sa présence régionale et une trajectoire de croissance continue.

À l’autre bout du spectre, deux banques présentent des PER nettement plus élevés. BMCI, valorisée à 25,2x, se distingue par un effet mécanique lié à une base bénéficiaire encore en reprise. Sa faible liquidité boursière rend également son PER plus sensible aux variations ponctuelles.

CFG Bank, avec un PER de 30,2x, évolue dans une configuration différente : sa récente entrée en bourse et la nature de ses activités en font un profil particulier, que le marché semble valoriser selon d’autres critères.

Lors d’un échange avec la presse à l’occasion du Capital Market Day de CFG Bank, Younes Benjelloun, directeur général exécutif, a expliqué que ce multiple reflète deux éléments fondamentaux : une croissance annuelle attendue de l’ordre de 20% à l’horizon 2028-2029, au-dessus des standards bancaires, et un ROE cible supérieur à 16 %, contre une moyenne de 10% à 12% dans le secteur.

Ce niveau élevé de rentabilité est rendu possible par un modèle hybride, avec 50% de revenus issus des commissions (peu gourmands en fonds propres) et 50% de marge d’intérêt. Ainsi, le PER de CFG ne peut être comparé mécaniquement à celui des banques matures. Il reflète une équation croissance + rentabilité, que le marché semble reconnaître. Tant que ce profil se confirme, le PER pourra rester durablement au-dessus de la moyenne sectorielle, sans pour autant constituer une survalorisation injustifiée.

Vers une revalorisation du secteur bancaire ?

Pour un analyste de marché, « la moyenne sectorielle est trompeuse. Ce sont les grandes capitalisations, bien détenues, qui tirent le ratio vers le bas. Mais chaque banque raconte une histoire différente ».

« Le contexte boursier de 2025 vient aussi renforcer les arguments en faveur d’une revalorisation progressive. Le MASI bancaire a franchi la barre des 19.000 points, un seuil symbolique qui confirme une tendance haussière installée. Dans le même temps, la politique monétaire s’oriente à la détente, avec un taux directeur abaissé à 2,25% en mars et d’autres ajustements envisagés. Ce n’est pas anodin pour les banques. Un cycle de baisse des taux élargit les marges d’intérêt, relance la demande de crédit, et améliore les perspectives de résultats », explique-t-il. Dans cet environnement, les investisseurs pourraient revoir leur grille de lecture.

Enfin, au-delà du positionnement technique, les fondamentaux plaident pour une attention renouvelée au secteur bancaire. En 2024, les banques ont affiché des progressions notables de leurs produits nets bancaires, une amélioration de leurs marges et des politiques de distribution attractives. « On a un secteur rentable, bien capitalisé, qui distribue généreusement et qui bénéficie d’un environnement macro stable. Il n’est pas logique qu’il reste en décote trop longtemps ». « La revalorisation n’est pas garantie. Mais elle n’a rien d’illusoire, surtout si le marché poursuit sa dynamique haussière et que les banques continuent d’exécuter leur trajectoire », conclut-il.

CIH Bank : résultat net consolidé en hausse de 52% au T1-2025

CIH Bank démarre l’exercice 2025 avec des résultats en forte hausse, portés par une dynamique commerciale soutenue et une bonne tenue des revenus de marché.

Le groupe réalise un résultat net consolidé de 323 MDH à fin mars, en hausse de 52,2% sur un an. La part revenant aux actionnaires du groupe (RNPG) s’établit à 298 MDH, en progression de près de 50%.

Cette performance s’appuie d’abord sur un produit net bancaire consolidé en nette amélioration. Il atteint 1,3 MMDH sur les trois premiers mois de l’année, soit une hausse de 15,8% par rapport au T1-2024.

La marge d’intérêt reste le principal moteur de croissance, soutenue par l’augmentation des encours et l’effet volume, dans un contexte de détente des taux à court terme. Les revenus issus des activités de marché ont également contribué à ce rebond.

Le coût du risque est resté maîtrisé. Il s’établit à 276 MDH, un niveau quasi stable comparé à celui de mars 2024. Cela permet au groupe de dégager un résultat d’exploitation en nette amélioration, à 475 MDH, en hausse de 35% environ.

Sur la base sociale, CIH Bank affiche un résultat net de 328 MDH, en progression de 29% sur un an. Le produit net bancaire social s’établit à 1,05 MMDH, en croissance de 10%. Cette performance traduit une bonne résilience de l’activité domestique, malgré un léger repli des encours d’actifs entre décembre et mars.

Côté bilan, le total des crédits à la clientèle (hors pensions) atteint 94,2 MMDH à l’échelle consolidée, en hausse annuelle de 7,3%. Plus de la moitié de cet encours est désormais composée de crédits hors immobilier, signe d’une diversification avancée du portefeuille. Les contributions de SOFAC et UMNIA restent significatives, à hauteur de 17,6 MMDH et 9,3 MMDH respectivement, contre 60,6 MMDH pour CIH Bank.

Les dépôts de la clientèle progressent également, pour atteindre 83,3 MMDH, en hausse de 12,8% sur un an. Cette collecte est majoritairement constituée de dépôts à vue, qui représentent désormais 84% du total.

En social, CIH Bank capte à elle seule 72,2 MMDH de dépôts, avec une dynamique solide sur les comptes à vue et les livrets d’épargne.

À fin mars 2025, le total du bilan consolidé s’établit à 137,8 MMDH. La solidité des fondamentaux permet au groupe d’aborder le reste de l’année avec un matelas de fonds propres renforcé et une rentabilité bien orientée.

CIH Bank prépare une augmentation de capital de 1,5 MMDH

L’assemblée générale extraordinaire du 11 juin 2025 sera appelée à autoriser le Conseil d’administration à augmenter le capital social de la banque, dans la limite d’un montant global de 1,5 milliard de dirhams, par émission d’actions nouvelles à libérer en numéraire, avec maintien du droit préférentiel de souscription (DPS) pour les actionnaires actuels.

L’autorisation serait valable pour une durée de trois ans à compter de la date de l’assemblée. Elle permettra à la banque de disposer d’une marge de manœuvre stratégique, sans nécessité de convoquer une nouvelle AGE à chaque levée de fonds.

En complément, CIH Bank a procédé récemment à des émissions obligataires subordonnées pour un total de 1,25 milliard de dirhams, dont 1 milliard pour CIH Bank et 250 millions pour Sofac, sa filiale spécialisée dans le crédit à la consommation.

La banque prévoit ainsi de se doter, sous réserve du vote favorable de l’Assemblée Générale, d’un levier supplémentaire pour soutenir sa croissance, renforcer ses fonds propres et accompagner ses priorités stratégiques : développement technologique, inclusion financière et financement de l’économie.

CIH Bank. Nouveau cycle stratégique et ambitions renforcées pour 2025

CIH Bank a rendu publics ses résultats annuels lors d’une présentation menée par Youness Zoubir, directeur général délégué, et Lotfi Sekkat, directeur général. L’événement a été l’occasion de revenir sur les performances financières de 2024 et d’aborder les perspectives pour 2025.

Sur le plan consolidé, les dépôts clientèles ont enregistré une hausse significative de 13,9% sur l’année, atteignant 84,5 MMDH. Cette progression est particulièrement portée par la croissance des dépôts à vue, qui représentent 84% des dépôts clientèles, avec une hausse de 1,2% par rapport à 2023. « C’est une bonne chose parce que cela permet d’optimiser le coût de refinancement », a souligné Youness Zoubir.

« Typiquement, les dépôts à vue représentent 84% des dépôts clientèles, une hausse de 1,2% par rapport à 2023. Ces dépôts sont représentés à la fois par ceux de CIH Bank, mais aussi par ceux d’Omnia, donc par plus 11,6% des dépôts clientèles de CIH Bank ».

Sur le volet des crédits consolidés, CIH Bank affiche une croissance soutenue avec « un encours total qui dépasse pour la première fois la barre des 100 MMDH, atteignant 101,2 MMDH, soit une hausse de 11,5% sur l’année. Cette performance est le fruit de la contribution des différentes entités du groupe : Sofac avec 16,5 MMDH, Omnia Bank avec 8,8 MMDH« .

« Les crédits hors immobiliers représentent désormais 46,2%, donc dans une logique de diversification de nos encours », ajoute Youness Zoubir.

Sur le plan social, les ressources progressent de 12,1%. « Cette hausse provient principalement des comptes-chèques, qui passent de 30,6 à 35,5 MMDH, et des comptes courants, qui évoluent de 11,4 à 12,2 MMDH ».

Sur le volet des crédits, « nous avons enregistré un niveau de 60,4 MMDH, une légère baisse par rapport à l’année dernière ».

« Les encours sur les crédits immobiliers se sont stabilisés, que ce soit la promotion immobilière ou l’immobilier particulier. Sur la partie hors immobilier, l’essentiel de la baisse concerne le factoring, qui est dans l’encours abaissé suite au recouvrement des créances », ajoute-t-il.

« Côté passif, le PNB s’établit sur base consolidée à 4,740 MMDH, contre 4,468 MMDH en 2023, soit plus de 6,1% sur l’année. Ce PNB qui reste dominé par l’activité bancaire pure« .

La structure du PNB reste bien équilibrée. « Bien évidemment, la marge d’intérêt continue à constituer l’essentiel dans notre PNB, avec 63%, l’activité de marché autour de 21% et la marge sur commission de 9% ».

« Une bonne année aussi en termes de risque, puisque même si on a adopté une politique prudente en termes de provisionnement, le niveau du coût du risque a baissé de 16%, passant de 1,281 MMDH à 1,072 MMDH. Ce qui se reflétait aussi sur notre taux de coût du risque, qui passe de 1,15% à 0,85% sur la base consolidée ».

« L’année dernière, on avait connu un incident au niveau du factoring, qu’on a dû fortement provisionner. Cette année, les choses s’améliorent, donc c’est logique qu’il diminue« , explique Lotfi Sekkat.

« Le RNPG s’établit à quasiment 3 MMDH et le résultat net consolidé à 966 MDH, en progression de 24,3% par rapport à 2023″, précise Youness Zoubir.

La banque confirme également sa position de leader en banque digitale. « Nous sommes les premiers en nombre de transactions sur Internet, les premiers en paiements et retraits à l’étranger, les troisièmes en paiements sur TPE. Nous comptons près de 2 millions d’utilisateurs de l’application mobile, avec 1,4 million de connexions par jour, pouvant atteindre 2 millions ».

Effet de l’amnistie de cash sur la banque

« L’amnistie sur le cash a concerné plusieurs volets : les avoirs déjà déposés en banque, les versements express cash et les dépôts sur les comptes courants des sociétés », explique Lotfi Sekkat. « Les montants concernés étaient ceux constitués entre 2020 et 2023, déjà présents dans les comptes des banques et intégrés dans nos chiffres à fin 2023 ».

L’impact principal s’est fait sentir avec les nouveaux dépôts réalisés par les clients. « Nous avons enregistré un volume légèrement supérieur à notre part de marché habituelle, et ces montants sont bien présents dans nos comptes à fin 2024« .

Stratégie financière et perspectives 2025

CIH Bank a maintenu une politique de dividendes stable, tout en s’adaptant à la croissance de ses emplois bancaires. « Nous avons maintenu un dividende à 14 DH, mais avec la forte croissance des emplois, il est essentiel de renforcer les fonds propres« , indique Lotfi Sekkat.

« Nous avons réussi à maintenir les dividendes tout en développant fortement les emplois, ce qui est une belle performance ». Ainsi, « nous avons réalisé une opération d’augmentation de capital en 2024 pour renforcer nos fonds propres, ce qui est crucial pour accompagner notre croissance ».

Pour l’avenir, « nous essaierons de maintenir cette politique, mais cela dépendra de l’évolution des taux et d’autres facteurs ».

Avec la fin d’un cycle de planification à moyen terme, CIH Bank amorce une nouvelle phase de développement. « Nous sommes arrivés à la fin 2024 et travaillons désormais sur une vision plus longue. Nous prévoyons une évolution des dépôts similaire à celle de 2024″.

Concernant les crédits, la banque anticipe une forte demande, portée par les grands projets d’infrastructure : « Nous pensons que la demande sera présente, surtout dans les secteurs stratégiques comme le BTP, avec les nombreux chantiers en préparation ». Les événements sportifs majeurs, comme la Coupe d’Afrique 2025 et la Coupe du monde 2030, joueront un rôle clé dans l’accélération des investissements. De ce fait, le marché sera demandeur.

Notre budget 2025 est la première étape d’un plan qui devrait aller jusqu’à la Coupe du monde 2030

CIH Bank a adopté une stratégie orientée vers les jeunes, misant sur la gratuité des moyens de paiement pour recruter massivement des clients.

L’avenir des commissions repose désormais sur les transactions, « notre conviction était la suivante : l’avenir des commissions n’est pas dans les cotisations, mais dans les transactions ».

Aujourd’hui, ce modèle porte ses fruits. « Notre structure de commission se métamorphose, avec plus de trois quarts des revenus provenant des transactions ».

Révolution des paiements

Le marché des paiements connaît de profondes mutations, sous l’impulsion des régulateurs. « Le Conseil de la concurrence et Bank Al-Maghrib ont régulé les frais d’interchange, ce qui va créer une nouvelle dynamique », souligne Lotfi Sekkat.

De plus, le Centre monétique interbancaire (CMI) ne peut plus exercer l’activité d’acquisition des paiements, un rôle désormais confié aux établissements de paiement des banques. CIH Bank a anticipé cette transition via sa filiale Lana Cash , qui se développe rapidement. « Notre filiale Lana Cash dispose déjà de plus de 1.400 points de vente et prendra en charge cette activité », conclut-il.

CIH Bank termine 2024 avec une hausse de 6,1% de son PNB

CIH Bank affiche une progression solide de ses indicateurs financiers au terme de l’année 2024. Le produit net bancaire (PNB) consolidé s’établit à 4,7 MMDH, en hausse de 6,1% par rapport à l’exercice précédent.

Sur le seul quatrième trimestre, il ressort à 1,2 MMDH, ce qui confirme la régularité de la performance de la banque sur l’année.

Le PNB social, quant à lui, atteint 3,82 MMDH, marquant une croissance de 3,3% sur un an. L’activité commerciale reste bien orientée, avec un total bilan consolidé qui progresse de 12,4% pour s’établir à 141 MMDH.

L’évolution des dépôts et des crédits traduit un dynamisme soutenu. Les dépôts de la clientèle atteignent 84,5 MMDH, enregistrant une hausse de 13,9% par rapport à fin 2023.

Dans le même temps, les crédits à la clientèle progressent de 11,5%, totalisant 101,2 MMDH.

Sur une base sociale, la tendance reste positive avec une croissance du bilan de 9,6%, atteignant 114,8 MMDH. Les dépôts clientèle s’élèvent à 73,7 MMDH, en hausse de 11,4%, tandis que les crédits accordés progressent de 8,2%, atteignant 78,5 MMDH.

CIH Bank finaliste des TikTok Ad Awards MENA 2024

Cette nomination témoigne de l’approche innovante de CIH Bank, qui a intégré les codes de TikTok pour renforcer sa relation avec ses clients via une communication dynamique et adaptée aux nouvelles tendances, indique un communiqué de CIH Bank.

Ce résultat positionne le Maroc dans le paysage publicitaire international et illustre le potentiel des entreprises marocaines à rivaliser avec des marques globales. Cette nomination pourrait également encourager d’autres acteurs locaux à explorer de nouvelles stratégies de communication digitale.

Citée dans le communiqué, Amal Mouhoub, directrice générale adjointe en charge du marketing au sein de CIH Bank, a souligné l’importance de cette reconnaissance : « Être shortlistée aux TikTok Ad Awards reflète notre engagement et la créativité de nos équipes. CIH Bank souhaite rester proche de ses clients en adoptant des solutions et des canaux de communication modernes ».

CIH Bank déploie « Google Pay » pour les paiements par Android

Après le lancement du service « Apple Pay », CIH Bank lance, ce mardi 19 mars, le service Google Pay au Maroc, permettant ainsi à leurs clients d’effectuer des paiements plus rapidement, sur des applications, en ligne ou en magasin.

Grâce à Google Pay, les clients des deux banques peuvent désormais effectuer des paiements sans contact « rapides et sécurisés » avec leurs smartphones Android et appareils Wear OS comme la montre connectée Google Watch, indique un communiqué de la Banque. Pour ce faire, le client doit enregistrer sa carte bancaire dans l’application « Google Wallet » avant de procéder au paiement.

« Cette innovation est renforcée par des mesures de sécurité avancées, notamment la tokenisation, qui consiste à remplacer le numéro de la carte bancaire par un jeton virtuel unique à chaque transaction, minimisant ainsi les risques de fraude. De plus, la fonction ‘Trouver mon appareil’ permet au client de bloquer instantanément son Smartphone en cas de perte ou de vol », poursuit le communiqué.

https://medias24.com/nativeads/cih-bank-lance-apple-pay-pour-des-paiements-securises-sur-iphone-et-apple-watch/