Comment une décision du Conseil de la concurrence peut impacter les prix dans le secteur du ciment

Lors de son passage au centre Links, Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, a déroulé une série de cas concrets pour illustrer la manière dont l’institution encadre les opérations de concentration et lutte contre les pratiques anticoncurrentielles.

Parmi ces exemples, celui relatif à une opération de concentration dans le secteur du ciment. Ahmed Rahhou a ainsi affirmé que le prix du ciment ne devrait pas augmenter jusqu’à fin 2027.

Cette phrase a suscité des interrogations. S’agissait-il d’un engagement concernant l’ensemble des cimentiers opérant au Maroc, ou uniquement des deux sociétés concernées par la fusion évoquée par le président du Conseil ?

Un gel limité à deux opérateurs

Interrogé par Médias24, le président du Conseil de la concurrence nous précise que « la décision concerne le prix des deux sociétés qui ont fusionné, mais l’impact est sur tout le territoire national ».

L’opération de concentration dont il est question est celle de Ciments du Maroc, filiale du groupe Heidelberg Materials qui a acheté 62,62% du capital d’Asment de Témara, producteur de ciment et de béton prêt à l’emploi et de 99,99% du capital de Grabemaro, producteur de granulats.

Cette acquisition a été réalisée le 30 juin 2025 au prix de 262,4 millions USD, sujet à éventuel ajustement selon les conditions contractuelles.

Dans l’examen de cette opération, le Conseil a détecté un risque et a ainsi pris l’engagement de l’opérateur de figer ses prix jusqu’à fin 2027, dans le cadre des conditions fixées par le Conseil de la concurrence pour autoriser l’opération de concentration.

Ceci dit, ce gel effectué par un des leaders du secteur ne peut pas ne pas avoir de conséquence sur la dynamique du marché.

Ahmed Rahhou estime qu’il existe un mécanisme concurrentiel naturel qui limite la capacité des autres cimentiers à ajuster leurs tarifs à la hausse.

« Il nous paraît peu probable que les concurrents augmentent leur prix pour ne pas perdre leurs clients. S’agissant d’une commodité, les ciments des différents fabricants sont facilement interchangeables », nous explique-t-il.

Le caractère interchangeable du produit et la sensibilité de la demande au prix rendent risquée toute hausse unilatérale de la part des concurrents, ce qui renforce l’effet disciplinaire de la décision du Conseil sur l’ensemble du secteur indirectement.

Par ailleurs, le marché du ciment montre déjà des signes forts. Selon les données de l’Association professionnelle des cimentiers, les livraisons de ciment ont atteint près de 1,52 million de tonnes au seul mois d’octobre 2025, en hausse de 16,4% sur un an, tandis que le cumul sur les dix premiers mois s’élève à plus de 12,37 millions de tonnes, soit une progression d’environ 11,3% par rapport à la même période de 2024.

Cette dynamique est portée par la montée en puissance des chantiers d’infrastructures, notamment dans la perspective des grands projets structurants et des préparatifs liés à l’organisation la Coupe du monde 2030.

Les livraisons de ciment progressent de 12,5% en septembre 2025

Les livraisons de ciment au Maroc poursuivent leur tendance haussière. Selon les derniers chiffres, elles ont atteint 1,2 million de tonnes (Mt) en septembre 2025, en progression de 12,5% par rapport au même mois de 2024.

Sur les neuf premiers mois de l’année, le cumul s’établit à 10,8 Mt, soit une hausse de 10,6% par rapport à la même période de l’an dernier (9,82 Mt).

Progression marquée dans le BPE et le préfabriqué

Dans le détail par segment, la croissance est particulièrement marquée dans le béton prêt à l’emploi (BPE), avec une hausse de 26,5% en septembre (287.892 t contre 227.663 t un an plus tôt).

Le préfabriqué progresse également fortement, de 27,7% (134.482 t contre 105.338 t en 2024).

Le segment de la distribution, qui concentre l’essentiel des volumes, affiche une progression de 5,3% à 687.981 t. Les livraisons destinées au secteur du bâtiment augmentent de 6,4%, celles des infrastructures de 14,5%, et des mortiers de 7,1%.

Un cumul à fin septembre également en hausse

Sur l’ensemble des neuf mois, la tendance reste positive sur tous les segments. Le BPE affiche une croissance cumulée de 26%, le préfabriqué de 18%, et les infrastructures de 9,1%. La distribution progresse de 4,4%, tandis que le bâtiment reste quasiment stable (+0,04%).

En cumulé, les infrastructures représentent 704.345 t, le bâtiment 311.626 t, et les mortiers 49.127 t.

Lafarge Holcim inaugure une usine de clinker et de ciment au Cameroun

L’usine de production de clinker et de ciment est portée par Cimfig, filiale à 100% de Cimencam, elle-même détenue à 55% par LHMA.

Dotée d’une capacité nominale de 500.000 tonnes par an, cette usine de dernière génération, première du genre dans le pays, marque une avancée industrielle majeure pour le Grand Nord du Cameroun. Sa mise en service porte la capacité de production totale de Cimencam à 2,3 millions de tonnes, consolidant ainsi sa position de leader du marché camerounais.

« L’inauguration de cette usine ne constitue pas seulement une nouvelle implantation industrielle ; elle incarne notre vision partagée de l’innovation, de l’excellence et de la coopération Sud-Sud. C’est un jalon stratégique pour le développement durable du Grand Nord camerounais et un symbole fort de notre engagement en faveur de l’émergence industrielle du Cameroun », déclare, à cette occasion, Saïd Elhadi, président de LHMA.

Cette réalisation a nécessité un investissement global de 65 milliards de FCFA, soit plus de 1 milliard de dirhams. Son financement a été assuré par un pool bancaire conduit par la Société commerciale de banque du Cameroun (SCB Cameroun), filiale du groupe Attijariwafa bank, agissant en tant que prêteur principal.

Véritable levier de développement économique et social, ce projet s’inscrit pleinement dans la dynamique de coopération entre le Royaume du Maroc et la République du Cameroun. Il témoigne de la volonté de LHMA de contribuer, de manière durable et inclusive, à la création d’emplois, à la valorisation des ressources locales et à la modernisation de l’industrie des matériaux de construction en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

Ciment : les livraisons atteignent 13,69 millions de tonnes en 2024

L’industrie cimentière au Maroc a enregistré une hausse des livraisons en 2024. Selon les données de l’Association professionnelle des cimentiers (APC), les livraisons cumulées ont atteint 13,69 millions de tonnes, contre 12,51 millions de tonnes en 2023, soit une augmentation de 9,45 %.

Cette évolution s’est traduite par une hausse de la consommation moyenne par habitant, qui s’est établie à 372 kg en 2024, en progression de 10 % par rapport à l’année précédente.

Le volume des livraisons a augmenté dans plusieurs segments, notamment le béton prêt à l’emploi et les mortiers, qui ont respectivement progressé de 20,02 % et 123,6 %. En revanche, le segment du bâtiment a connu un léger repli.

Le marché du ciment au Maroc avait atteint un sommet en 2011 avec une demande nationale de 16 millions de tonnes et une consommation annuelle par habitant de 512 kg.

Sur le seul mois de décembre 2024, les livraisons de ciment ont totalisé 1,29 million de tonnes, en hausse de 1,6 % par rapport au mois de novembre précédent, où ces livraisons avaient atteint 1,27 million de tonnes.

Évolution de la consommation en kg des ciments par habitant 

Source : APC Maroc

Ciment. Pas de nouvelle taxe, mais une intégration de la taxe existante au Code des impôts

Une disposition du PLF 2025 relative au secteur du ciment a fait l’objet d’une mauvaise interprétation. Beaucoup y ont vu l’instauration d’une nouvelle taxe pour le secteur. Or, il n’y a ni nouvelle taxe ni augmentation de la taxe existante.

Les cimentiers sont assujettis à la taxe spéciale sur le ciment produit localement ou à l’importation à hauteur de 150 DH/t.

La taxe sur le ciment n’a connu aucune augmentation. Elle a été juste reprise au niveau du Code général des impôts.

Selon le PLF 2025, il est proposé d’intégrer la taxe spéciale sur le ciment dans le Code général des impôts (CGI) et de confier à cette dernière la gestion de cette taxe parafiscale pour le ciment produit localement. L’objectif étant la rationalisation et la simplification des règles d’assiette et de recouvrement de la parafiscalité.

Cette mesure vise notamment :

Ciments du Maroc prend le contrôle d’Asment de Témara et de Grabemaro

L’annonce a été officialisée dans un communiqué diffusé ce vendredi 13 septembre. Filiale du groupe Heidelberg Materials, Ciments du Maroc « annonce aujourd’hui la signature d’un accord stratégique pour l’acquisition de 62,62% du capital d’Asment de Témara, producteur de ciment et béton prêt à l’emploi, et de 99,99% du capital de Grabemaro, producteur de granulats, actuellement détenues par Votorantim Cimentos », affirme la même source.

« Cette opération permettra à Ciments du Maroc de renforcer sa position en tant qu’acteur majeur dans les domaines du ciment et du béton prêt à l’emploi sur le marché marocain. En prenant le contrôle d’Asment de Témara et de Grabemaro, Ciments du Maroc étendra son dispositif en incluant une cimenterie d’une capacité de 1,4 million de tonnes, huit centrales à béton d’une capacité de production de 510 m3/h et deux sites de granulats d’une capacité de production annuelle de 1,6 million de tonnes », explique Ciments du Maroc.

« De plus, cette opération permettra à Ciments du Maroc d’acquérir une participation dans la Société marocaine de broyage et de recyclage de matière, S.A (détenue à 48,99% par Asment de Témara) », ajoute la même source. La Société marocaine de broyage et de recyclage de matière dispose d’une plateforme de combustibles de substitution qui propose une solution innovante de pré-traitement et de valorisation de déchets industriels locaux, contribuant ainsi à réduire l’impact environnemental et à optimiser les coûts énergétiques de production.

« Cette acquisition s’inscrit dans le cadre de notre vision stratégique à moyen et long terme, qui vise à renforcer notre position sur le marché marocain des matériaux de construction et des solutions durables et à acquérir par la même occasion de nouvelles expertises », a déclaré Mohamed Chaïbi, président du conseil d’administration de Ciments du Maroc, cité dans le communiqué.

« En intégrant Asment de Témara, nous élargissons notre couverture nationale de ciments en renforçant notre ancrage sur une région stratégiquement importante tout en étendant notre dispositif BPE et Granulats. Cela nous permettra d’accompagner efficacement la dynamique que connaît la région de Rabat-Salé-Kénitra », affirme pour sa part Severin Weig, directeur général de Ciments du Maroc.

La réalisation de cette opération reste soumise à l’autorisation du Conseil de la concurrence et à certaines conditions suspensives convenues contractuellement entre les parties.

Heidelberg Materials est l’un des plus grands fabricants intégrés de matériaux de construction et de solutions au monde, avec des positions de leader sur le marché du ciment, des agrégats et du béton prêt à l’emploi. L’opérateur allemand est présent dans plus de 50 pays, avec environ 51.000 employés répartis dans près de 3.000 sites. Au cœur de ses actions se trouve la responsabilité envers l’environnement.

Ciments du Maroc, filiale du groupe Heidelberg Materials, est un acteur majeur du ciment au Maroc, le premier opérateur dans le béton prêt à l’emploi et présent dans le marché des granulats.

Le dispositif industriel est constitué de :

Ciment : les ventes en hausse de plus de 7% à fin août

D’après le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, la consommation de ciment à fin août atteignait 8,73 Mt, en hausse de 7,2% par rapport à la même période de l’an dernier.

Durant l’unique mois d’août, la consommation a progressé de 9,69% à 1,26 Mt, par rapport au même mois en 2023.

Par le cumul de l’année par segments, les livraisons de ciment affichent à fin août 2024, les variations suivantes : +31,45% pour l’infrastructure, +18,74% pour le BPE, +7,27% pour le Préfa, +1,66% pour la distribution, -9,01% pour le bâtiment, et +565,80% pour le mortier.

LafargeHolcim Maroc : baisse de près de 10% du chiffre d’affaires semestriel

Le chiffre d’affaires consolidé du deuxième trimestre 2024 s’établit à 1 807 MDH, en baisse de -9,6% par rapport à la même période en 2023.

Cette variation est due à la baisse de la demande à l’exportation pour le clinker et l’impact des nouvelles capacités de production de ciment sur le marché national.

L’endettement net s’élève à 5 661 MDH à fin juin 2024. L’ensemble des données financières du premier semestre 2024 sera publié au mois de septembre

Ciment : hausse de près de 7% de la consommation à fin juillet

D’après les derniers chiffres de l’Association professionnelle des cimentiers (APC), la consommation nationale de ciment à fin juillet a progressé de 6,84% par rapport à la même période l’an dernier, à 7,46 Mt.

Par rapport au même mois de l’année dernière, la consommation en juillet 2024 a progressé de 52,3%, à 1,19 Mt.

Forte baisse de la consommation de ciment en juin du fait de l’Aïd

D’après les dernières données de l’Association Professionnelle des Cimentiers (APC), la consommation de ciment à fin juin a progressé légèrement de 1,12% par rapport à la même période l’année dernière à 6,27 MT.

Durant l’unique mois de juin, une baisse de 29,15% a été constatée. Une chute importante en lien avec l’Aïd Al Adha qui a eu lieu durant ce même mois et qui entraine un arrêt total des chantiers sur la période pendant plusieurs jours.

BTP : une bonne tenue du secteur attendue cette année

Le secteur du BTP a connu de nombreuses années de flou depuis le Covid en 2020, mais avec les grands événements à venir, les perspectives entourant le secteur sont globalement optimistes.

La CAN 2025, la Coupe du monde 2030, le programme d’aides aux primo-acquéreurs et les programmes d’investissements de l’État laissent présager une forte dynamique du secteur grâce à sa participation à la construction des grands projets d’envergure. En mars dernier, Mohamed Mahboub, président de la Fédération nationale du BTP, nous expliquait : « Il est clair que ces perspectives, couplées avec les annonces faites lors de Journée d’information du 29 février 2024, annonçant un investissement public de 64 milliards de DH, soit une hausse de 56% par rapport au programme 2023, soufflent un vent d’optimisme dans les rangs des entreprises. »

D’ailleurs, les premiers indicateurs laissent présager un bon démarrage du secteur cette année.

Encours du crédit au secteur en forte hausse

D’après les récents chiffres de Bank Al Maghrib à fin mars, l’encours des crédits bancaire au secteur du BTP a connu une forte hausse depuis le début de l’année. L’encours atteint 96,6 MMDH, en hausse de près de 16%.

Une hausse importante qui atteint même près de 22% sur une année glissante. Cette dernière confirme la dynamique du secteur et les crédits accordés dans le cadre du financement des activités des entreprises y travaillant. Sur ce sujet, pour rappel, une source de la place expliquait cette forte progression de l’encours à fin mars par « la hausse des mises en chantier des projets d’infrastructures comme les routes, les stades, les gares et la mise en place du nouveau programme pour les logements sociaux et intermédiaires ».

Parallèlement, d’après les même données de BAM, l’encours des crédits bancaires aux promoteurs immobiliers a progressé de 3,6% en mars à 53,8 MMDH et de 4,3% sur 12 mois glissants.

Progression de la consommation de ciment à fin avril

L’un des autres indicateurs qui montre que le secteur affiche une bonne dynamique, c’est bien la consommation de ciment. Après une baisse notable de la consommation de 14% au mois de mars, du fait notamment de l’arrêt ou en tout cas du ralentissement des chantiers avec le ramadan, un rebond de la consommation a été observé en avril.

Cette progression de 21% des ventes de ciment en avril provient également d’un effet de base positif par rapport au même mois l’année dernière sur lequel se déroulait le mois de ramadan.

Sur les quatre premiers mois de l’année cumulés, la consommation de ciment a progressé de 3,5% à 4,1 MT. Cette progression devrait a fortiori se poursuivre sur le reste de l’année, notamment durant le second semestre, historiquement plus dynamique que le premier. Cela sera porté par les grands chantiers structurants qui seront conduits et la bonne dynamique attendue également sur le secteur de l’immobilier cette année, qui draine 70% des ventes de ciment.

Cette année était d’ailleurs, depuis 2023, anticipée par les professionnels du secteur cimentier comme une bonne année. « Le besoin d’infrastructure est encore là ; il y a de la demande qui n’est pas satisfaite, surtout sur le logement social, et il y a du potentiel à l’avenir. Nous nous attendons à une croissance de 3% à 4% par an dans un avenir proche, donc les perspectives de croissance sont positives sur le moyen long terme », nous confiait Matteo Rozzanigo, ancien directeur général de Ciments du Maroc.

Depuis, les aides aux primo-acquéreurs dans le cadre du plan 2024-2028 sont entrées en vigueur et ont donné une grande visibilité dans le secteur du BTP, sans compter l’enveloppe d’investissement de l’État de 64 MMDH cette année dont près de 15 MMDH seront déployés pour le secteur de l’eau, 14 MMDH pour les routes et autoroutes, 10,6 MMDH pour les ports et 24,6 MMDH pour les équipements publics.

Forte reprise de la consommation de ciment en avril

D’après les derniers chiffres du ministère de l’Habitat, la consommation de ciment a connu un rebond important en avril. Sur ce mois, la consommation a progressé de 21,11% à 867,7 KT.

Sur les quatre premiers mois de l’année 2024, la consommation de ciment atteint 4,1 MT, soit une hausse de 3,5% par rapport à la même période en 2023.