LF 2026: Exonération d’IR sur les contrats de retraite complémentaire collective gérés par la CIMR

Parmi les amendements fiscaux votés dans le cadre du PLF 2026, l’un des ajustements les plus significatifs concerne l’article 57 du Code général des impôts qui liste les revenus exonérés de l’impôt sur le revenu.

Le cœur de l’amendement porte sur le régime fiscal des pensions et des rentes viagères. L’objectif est de corriger une frontière jugée trop restrictive entre retraite de base et retraite complémentaire pour une partie des retraités du secteur privé.

Une exonération ciblée

Dans sa version en vigueur, le point 27 de l’article 57 exonère les pensions de retraite et les rentes viagères servies dans le cadre des régimes de retraite de base visés à l’article 59-II-A.

Autrement dit, les prestations issues des régimes obligatoires ou de base bénéficient de l’exonération, tandis que les prestations issues des régimes complémentaires ne suivent pas, par principe, le même traitement.

C’est précisément ce point que l’amendement vient reconfigurer en élargissant le champ du point 27 (article 57) aux pensions et rentes viagères servies aux retraités du secteur privé dans le cadre de contrats d’assurance de retraite complémentaire collective gérés par la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR).

En même temps, le texte verrouille l’extension. L’exonération ne s’applique pas aux pensions servies dans le cadre des autres régimes de retraite complémentaire. Autrement, l’amendement ne consacre pas une exonération générale de la retraite complémentaire. Il introduit explicitement une exception précise à un dispositif collectif identifié.

Pour ce qui est de la justification, le texte met en avant une logique d’équité fiscale et de réduction de la charge d’impôt supportée par les retraités du privé, en tenant compte du niveau souvent limité des pensions servies au titre des régimes de base.

Pour de nombreux salariés du privé, la pension de base peut être insuffisante pour maintenir un niveau de vie acceptable, et la retraite complémentaire collective joue alors un rôle de stabilisateur de revenu. Taxer ce complément, dans certains cas, revient à alourdir la pression fiscale au moment où le revenu devient moins flexible et plus contraint.

Aïd al-Fitr : la CIMR versera les pensions du mois de mars dès le mercredi 26

C’est dans un esprit de solidarité que la CIMR a décidé d’avancer exceptionnellement le versement des pensions du mois de mars à l’ensemble de ses allocataires, affirme un communiqué diffusé ce vendredi.

Cette mesure prise par la caisse à l’occasion de Aïd al-Fitr permettra à ses allocataires et à leur famille de célébrer dans de bonnes conditions et de profiter pleinement de cette fête.

Retraites. En plus de l’exonération, la nécessaire revalorisation des pensions pour le secteur privé (ANALYSE)

La question des retraites refait surface à la suite de l’amendement introduit dans le cadre du projet de loi de finances (PLF 2025). Il s’agit de la défiscalisation progressive des pensions de retraite de base à travers une réduction de 50% de l’IR en 2025, avant une exonération totale à partir de 2026.

Cette mesure, bien qu’elle puisse être saluée sur le principe, n’a concrètement qu’un effet limité sur la population actuelle des retraités. Selon une source sûre, environ 165.000 retraités, essentiellement du secteur public, sont concernés par cette mesure d’exonération. Pour le privé, comme avancé dans un précédent article, elle ne concerne que 32 personnes sur les 790.000 pensionnés de la CNSS. Les pensions privées restent largement en deçà du seuil d’éligibilité à l’impôt sur le revenu (IR).

Pourquoi ces 32 retraités seulement ? « Il se pourrait qu’un bénéficiaire cumule plusieurs pensions, ayant pour conséquence l’atteinte du seuil exigible pour l’IR. Par exemple, une femme qui dispose de sa pension de vieillesse car elle a été salariée dans le privé et bénéficie en même temps de la pension de survivant de son défunt mari », expliquent nos sources. 

Quoi qu’il en soit, « l’exonération s’appliquera notamment aux revenus supérieurs à 9.000 DH mensuels, avant la réforme du barème fiscal intervenue cette année. À titre d’exemple, pour une pension de 20.000 dirhams, le gain mensuel résultant de cette exonération atteindra 1.200 dirhams », nous explique notre source.

La règle de calcul prévoit l’application d’un taux d’abattement forfaitaire de 70% sur le montant brut imposable pour la partie des revenus inférieure ou égale à 168.000 DH/an, et de 40% pour la portion dépassant ce seuil.

Rappel du système dans le privé

Pourquoi ce sont les retraités du public qui en bénéficient le plus ? Car les retraites dans le secteur public sont supérieures à celles du secteur privé. Et que ces dernières sont quasiment toutes en deçà du seuil exigé pour l’IR et étaient exonérées de fait. Pour illustrer cet écart, en 2022, la pension mensuelle moyenne brute des nouveaux retraités du secteur public atteignait 9.919 DH, contre seulement 2.168 DH en 2023 pour ceux du secteur privé.

Ce n’est ni une révélation ni une nouveauté. C’est même l’un des plus importants biais qui existent dans le système de protection sociale que la réforme cherche à corriger.

Pour mieux comprendre les modalités en vigueur dans le privé, un nouveau pensionné qui remplit les conditions requises — soit 3.240 jours de travail déclarés et l’âge légal de 60 ans — bénéficie d’une pension correspondant à 50% du salaire mensuel moyen soumis à cotisation pour ces 3.240 jours. Chaque période supplémentaire de 216 jours cotisés ouvre droit à une majoration de 1%. Toutefois, le montant de la pension est plafonné à 70% du salaire mensuel moyen soumis à cotisation.

Étant donné que le salaire plafonné est actuellement fixé à 6.000 DH, la pension de retraite maximale ne peut excéder 4.200 DH par mois, soit 70% de ce plafond. Donc loin du seuil imposable.

Par ailleurs, il est important de noter qu’un montant minimum est garanti, indépendamment du salaire perçu durant les années de service. La CNSS a fixé ce minimum à 1.000 DH par mois, assurant ainsi un revenu plancher pour tous les pensionnés.

De la nécessité de revaloriser les pensions dans le privé

Une retraite entre 1.000 et 4.200 DH, déjà modeste, devient insuffisante pour préserver la dignité et répondre aux besoins croissants d’un ménage vieillissant, souvent confronté à des dépenses de santé et d’achat de médicaments.

Dans une analyse antérieure, Médias24 avait étudié l’impact de l’inflation sur les salaires des actifs, tant dans le secteur public que privé. Les résultats sont préoccupants.

Suivant la même analyse, entre 2017 et 2023, l’inflation a progressé de plus de 17%, tandis que les pensions de retraite des anciens salariés du secteur privé sont restées constantes, exacerbant ainsi l’érosion de leur pouvoir d’achat.

Ce n’est pas le montant crédité sur votre compte qui importe, mais bien la valeur réelle de cet argentRaisonner uniquement en termes nominaux peut induire en erreur, car cela masque l’effet de l’inflation sur le revenu. Il est donc fondamental de distinguer la pension nominale, qui reflète simplement un chiffre, de la pension réelle, qui exprime la véritable capacité d’achat, rappelant que la monnaie n’est qu’un moyen d’échange sans valeur intrinsèque.

Si l’on applique la même logique aux pensions de retraite du secteur privé, lesquelles se situent entre 1.000 DH et 4.200 DH, les données révèlent une situation préoccupante.

Selon les chiffres de la CNSS pour l’année 2023, les moyennes des pensions versées par la caisse sont les suivantes :

Pour cette même année, où le taux annuel moyen d’inflation s’est établi à 6,1%, un retraité percevant une pension de 2.168 DH aurait vu sa valeur réelle diminuer à 2.043,36 DH en fin d’année.

Cette perte de pouvoir d’achat illustre de manière frappante l’impact direct de l’inflation sur les revenus fixes, affectant tout particulièrement les retraités du secteur privé.

Si des données temporelles plus étendues étaient disponibles, une analyse de la valeur réelle des pensions sur une période prolongée mettrait sans doute en lumière une érosion encore plus marquée, révélant une tendance alarmante. Cette dévaluation des pensions exerce une pression croissante sur les dépenses essentielles telles que la santé, l’alimentation et le logement, déjà difficiles à assumer pour cette population vulnérable.

Le même raisonnement peut s’appliquer aux pensions perçues par les retraités du public, à la différence qu’elles sont plus importantes. De ce fait, la situation dans le privé est plus préoccupante.

Face à l’érosion permanente des valeurs réelles des pensions de retraite, lesquelles, au Maroc, ne bénéficient pas de revalorisation systématique, la situation devient de plus en plus difficile avec le temps.

Indexer les pensions sur l’inflation peut être une option à envisager. La mise en place d’un mécanisme d’ajustement annuel des pensions et/ou des cotisations, indexé sur le taux d’inflation permettrait de préserver le pouvoir d’achat réel des retraités, notamment les plus modestes, en limitant l’impact de l’érosion monétaire sur leurs revenus fixes.

De l’urgence de la réforme

Maintenant, replaçons le débat. Il y a un projet de réforme des retraites qui bloque depuis plusieurs années. Il y a une loi sur la généralisation de la protection sociale qui donne l’année 2025 comme deadline pour aboutir à cette réforme des retraites.

Nous ne savons pas encore ce qu’apportera cette réforme. Et à chaque fois que ce débat est ouvert, il est cantonné à son volet technique. Doit-on augmenter l’âge de départ à la retraite, doit-on augmenter les cotisations, doit-on fusionner les caisses, etc. ?

Ce sont des débats nécessaires, certes, car il y va de l’avenir de tout le système. Mais il est nécessaire également d’avoir une équité et une justice avec des systèmes qui permettent à tous de bénéficier d’une retraite digne après des années de travail.

Rappelons aussi une réalité oubliée : tous les systèmes de retraite confondus (public et privé) ne couvrent que 1,42 million de personnes.

Il y a 5 millions de personnes qui ne bénéficient d’aucune retraite et qui doivent rejoindre le régime. 

Hassan Boulaknadal prend ses fonctions à la tête de la CIMR

Un conseil d’administration de la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR), réuni le lundi 29 avril, a entériné la nomination de Hassan Boulaknadal en tant que PDG de cette institution. Il a pris ses fonctions ce mardi matin.

Khalid Cheddadi, qui assurait la présidence, a fait valoir ses droits à la retraite. Il a de nouveau été félicité pour sa gestion de la Caisse et l’amélioration significative des indicateurs. Il avait été nommé directeur général de la CIMR en 2003.

Le conseil d’administration de la CIMR avait accepté le 20 mars dernier, la démission de Khalid Cheddadi et avait nommé Hassan Boulaknadal en tant que président.

Khalid Cheddadi avait continué à assurer la présidence-direction générale jusqu’à ce que Hassan Boulaknadal soit disponible. C’est désormais chose faite.

CIMR : l’attestation de vie ne sera plus exigée

Auparavant exigée périodiquement pour le versement des pensions de retraite, l’attestation de vie ne sera plus requise pour le versement des pensions de retraite des Marocains résidant au Maroc ayant justifié de leur vie à partir du 1er janvier 2024, et dont la pension est servie au Maroc.

Cette initiative permettra aux retraités de bénéficier d’une réduction significative des formalités administratives, tout en garantissant que leurs droits restent inchangés, indique un communiqué de la CIMR. En effet, qu’elle soit trimestrielle ou annuelle, la preuve de vie à travers l’activation de la carte « Rahati » auprès des agences bancaires, ou via la reconnaissance faciale par le biais de l’application mobile CIMR Dialcom, a été supprimée.

Désormais, le processus de contrôle de vie reposera sur l’échange de données avec des administrations et institutions partenaires, assurant ainsi une vérification « automatisée, fiable et ponctuelle », poursuit la même source.

La CIMR souligne que cette mesure s’inscrit dans une série d’initiatives visant à moderniser et à rationaliser les prestations offertes par l’organisation à ses retraités, dans le but de les rendre « plus efficaces et accessibles ».

Cette décision n’aura aucun impact sur le montant ou la fréquence des paiements des pensions. Les retraités continueront de recevoir leurs pensions conformément au règlement en vigueur, conclut la CIMR.

Cosumar : les annonces de seuils franchis suite à la cession des parts de Wilmar

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) porte à la connaissance du public que la société Wilmar Sugar Holdings PTE. LTD a déclaré avoir cédé sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023, 26.861.505 actions Cosumar au cours unitaire de 210 dirhams, à plusieurs investisseurs (Groupe Sucden, MCMA, MAMDA, RCAR, CIMR, BCP et certains OPCVM), franchissant directement à la baisse les seuils de participation de 20%, 10% et 5% dans le capital de ladite société.

Suite à cette transaction, la société Wilmar Sugar Holdings PTE. LTD déclare ne plus détenir aucune action Cosumar directement ou indirectement (à travers sa filiale Wilmar Sugar PTE LTD avec laquelle elle déclare agir de concert).

Par ailleurs, la Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA) a déclaré avoir acquis sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023, 4.924.291 actions Cosumar au cours unitaire de 210 dirhams, auprès de Wilmar Sugar Holdings PTE LTD, franchissant directement à la hausse le seuil de participation de 5% dans le capital de ladite société. La participation totale, directe et indirecte, de la MAMDA dans le capital de la société Cosumar est de 7,02%. Dans les six mois qui suivent le franchissement du seuil précité, la MAMDA envisage de poursuivre ses achats sur la valeur Cosumar.

L’opération a également été marquée par l’entrée dans le capital de Cosumar du français Sucden. Sucre et Denrées SA et sa filiale Sucden Maroc SAS ont indiqué avoir acquis sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023 auprès de Wilmar Sugar Holdings PTE LTD, au cours unitaire de 210 dirhams, des actions Cosumar comme suit :

Les sociétés envisagent de poursuivre leurs achats sur la valeur Cosumar et siéger à son conseil d’administration.

La Mutuelle centrale marocaine d’assurances (MCMA) a déclaré avoir acquis sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023, 5.800.000 actions Cosumar au cours unitaire de 210 dirhams, auprès de Wilmar Sugar Holdings PTE LTD et Wilmar Sugar PTE LTD, franchissant directement à la hausse le seuil de participation de 5% dans le capital de ladite société.

Suite à cette transaction, la MCMA déclare détenir 9.309.354 actions Cosumar, soit 9,85% du capital de Cosumar. Dans les six mois qui suivent le franchissement du seuil précité, la MCMA envisage de poursuivre ses achats sur la valeur Cosumar.

Dans le cadre de l’opération, le Régime collectif d’allocation de retraites (RCAR) a déclaré avoir acquis sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023, 2.761.904 actions Cosumar au cours unitaire de 210 dirhams, auprès de Wilmar Sugar Holdings PTE LTD, franchissant directement à la hausse le seuil de participation de 10% dans le capital de ladite société. Suite à cette transaction, le RCAR déclare détenir :

Ainsi, la participation totale, directe et indirecte, du RCAR dans le capital de Cosumar est de 11,91%. Dans les six mois qui suivent le franchissement du seuil précité, le RCAR envisage d’arrêter ses achats sur la valeur Cosumar.

Financements innovants de l’État : une dette publique cachée ?

Lancées en 2019, les opérations de monétisation des actifs de l’Etat, dites aussi « mécanismes de financement innovants », ont atteint un stock de 55 milliards de DH à fin septembre 2023, selon les chiffres du département des Finances. Si l’on prend en compte les opérations qu’il reste à réaliser entre octobre et décembre pour atteindre les 25 milliards programmés dans la loi de finances 2023, ce montant grimpera à 71 MMDH à fin 2023.

Ces opérations devront s’accélérer d’ici 2026, comme le prévoit le ministère des Finances dans sa programmation budgétaire triennale 2024-2026, pour atteindre un flux annuel de 35 milliards, soit un encours supplémentaire de 105 milliards sur les trois prochaines années.

Un volume de 176 MMDH d’ici 2026, l’équivalent de 11,2% du PIB !

En s’appuyant sur ces chiffres officiels, ces opérations devraient atteindre un volume global de 176 MMDH d’ici 2026. Ce montant est énorme : il représente plus de 11,2% du PIB projeté pour 2026 (calcul avec une prévision optimiste d’une croissance annuelle du PIB de 3,5% entre 2024 et 2026) et pas moins de 17,6% du montant projeté en 2026 de la dette du Trésor dont l’encours devrait représenter 69% du PIB, selon les objectifs affichés par le gouvernement.

Ci-dessus : pour 2023, il s’agit d’une prévision de la loi de finances. Pour 2024-2026, il s’agit d’une prévision du programme budgétaire triennal global pour la période.

Ce qui était considéré comme une façon de fluidifier les actifs de l’Etat et de financer de manière « innovante » son budget, commence donc à prendre de l’ampleur, soulevant le débat sur la nature réelle de ces opérations.

Dans l’analyse de ces opérations, deux approches sont à prendre en compte. La première est purement comptable ; la seconde est économique et financière et implique des retraitements comptables pour permettre la lecture la plus proche de la réalité de ce genre de mécanismes et de leur impact sur les finances publiques et les équilibres macroéconomiques de l’Etat.

L’approche comptable est simple. C’est celle qui est portée par le ministère des Finances. Elle consiste à considérer ces opérations comme le résultat de deux transactions financières : une cession d’un actif de l’Etat ; CHU, bâtiment administratif ou stades de foot comme c’est prévu, selon nos sources, pour les différents édifices sportifs qui seront construits pour le Mondial 2030 et portés par la CDG pour un montant de 12 MMDH… Ces actifs sont rachetés par des investisseurs institutionnels comme la CDG, la CMR, la CIMR ainsi que d’autres caisses de retraites, organismes de prévoyances et compagnies d’assurances, en contrepartie d’un montant versé à l’Etat. Voilà pour la première transaction, qui n’est autre que la cession d’un actif de l’Etat à des investisseurs institutionnels.

Puis arrive la deuxième transaction, qui consiste en la location, par ces mêmes institutionnels de cet actif à l’Etat en contrepartie d’un loyer annuel sur une durée allant de 25 à 40 ans, dont le montant est fixé par contrat entre les deux parties. Ce loyer représente, selon les différentes opérations réalisées jusque-là, entre 6 et 6,50% toutes charges comprises de la valeur de l’actif cédé.

Pour un actif cédé à 1 MMDH, l’Etat paie donc un loyer annuel de 60 à 65 MDH par année.

Logique comptable versus logique financière et économique

Comment sont comptabilisés ces flux ? C’est simple, nous explique un spécialiste des finances publiques consulté par Médias24. « La cession est comptabilisée comme toute cession d’un actif de l’Etat. Le montant perçu entre dans les produits encaissés tous les ans par la direction des domaines de l’Etat, qui gère tous les actifs de l’Etat. Dans le budget public, c’est considéré comme une recette domaniale et donc une recette non fiscale. En face, le bâtiment cédé sort en principe de l’actif de l’Etat puisque sa propriété est transférée à l’acheteur ». Ceci pour le traitement comptable de la cession.

Quant au traitement de l’opération locative, là aussi les choses sont simples, reprend notre source. « La location est considérée comme une dépense courante pour l’Etat. Comme pour l’entreprise qui comptabilise une location d’un actif dans ses charges d’exploitation. »

En gros, la monétisation d’un actif de l’Etat agit en augmentation sur les recettes non fiscales et alourdit les charges ordinaires. Les rubriques « dette du Trésor » et « service de la dette » ne sont pas touchées. D’où l’intérêt de ces opérations, dont l’objectif affiché est justement de permettre de financer les besoins du Trésor sans alourdir l’endettement public et le service annuel de la dette.

Et c’est là où intervient la deuxième lecture que l’on peut avoir de ces opérations ; une lecture financière et économique, comme le ferait tout analyste financier pour lire les comptes d’une entreprise privée.

Dans le jargon du secteur privé et de l’analyse financière, la monétisation des actifs de l’Etat n’est autre qu’une opération de leaseback. C’est donc une dette (un leasing) sans aucun impact comptable sur l’endettement de l’entité analysée ou ses charges d’intérêt.

Quand on veut d’ailleurs faire l’analyse financière d’une entreprise, toutes les opérations de leasing ou de leaseback subissent un retraitement comptable dans l’objectif de s’approcher le plus possible de la réalité patrimoniale et financière de l’entreprise. Le retraitement, que tout étudiant en école de finance connaît, consiste à reclasser l’objet loué (bâtiment ou véhicule) dans les actifs immobilisés de l’entreprise, à mettre son équivalent en dette à moyen et long terme dans les financements permanents, à soustraire le montant de la cession des produits de l’entreprise (visible dans le CPC en produit exceptionnel) et à considérer les loyers annuels payés comme comportant une partie de dotations en amortissement du bien en question et une autre partie comme une charge d’intérêt pour cette dette. Les entreprises ont généralement recours à ce genre d’opérations qui permettent ce traitement comptable pour alléger leur actif et leur endettement à long terme et présenter ainsi un bilan propre.

Pour l’Etat, les choses sont similaires. Pour connaître les véritables engagements du Trésor, le même retraitement comptable doit être opéré. Puisque le leaseback réalisé sur les actifs de l’Etat n’est autre qu’une dette déguisée qui subit un traitement comptable différent d’une dette classique.

« Dans la logique financière, il s’agit bien d’une dette comme les autres, puisque l’Etat s’engage à rembourser, au terme de la location, l’acheteur du bien. Et qu’il rémunère cette dette sous forme de loyer, ce qui équivaut au paiement d’un coupon sur une dette remboursable in fine« , précise notre expert. Il estime que pour une meilleure transparence des comptes publics, ces financements doivent être visibles dans les engagements « hors bilan » de l’État, un peu comme les garanties accordées par l’Etat sur la dette contractée par les établissements et entreprises publics.

Le reclassement du leaseback en dette ferait passer la dette du Trésor à 80,2% du PIB en 2026

Si l’on applique ce retraitement comptable sur les données actuelles du budget public, l’encours de la dette du Trésor, qui est de 1.010 MMDH à fin juin 2023, selon le rapport sur la dette publique du PLF 2024, doit être augmenté des 55 MMDH d’opérations de monétisation d’actifs de l’Etat réalisées jusqu’alors. Cela portera l’encours de la dette du Trésor à 1.065 milliards. Conséquence directe : le ratio de la dette publique/PIB s’appréciera de 3,9 points supplémentaires.

Pour toute l’année 2023, où l’on prévoit de faire 25 MMDH de recettes en leaseback pour porter l’encours global des opérations de monétisation des actifs publics à 71 MMDH, la dette du Trésor devait passer, retraitement fait, à 75,9% du PIB. Ce sont cinq points de plus que l’objectif annoncé par le gouvernement de ramener la dette du Trésor à 70,9% à fin 2023. Cela change complètement le regard que l’on peut avoir sur la situation de l’endettement public.

Et ce n’est pas tout. Si on effectue un lissage pour se projeter sur 2026, en s’appuyant sur les projections du programme budgétaire triennal du gouvernement, l’encours de la dette du Trésor passera à 1.254 MMDH, contre une prévision actuelle (hors opérations de leaseback estimées à 176 milliards) de 1.078 milliards. Le ratio de la dette du Trésor sera ainsi de 80,2%, contre l’objectif affiché par le gouvernement de ramener ce ratio à 69% du PIB à la fin de son mandat en 2026.

Un simple retraitement comptable d’opérations de leaseback fait ainsi capoter toutes les ambitions du gouvernement en termes de gestion des finances publiques et fait placer son endettement en zone rouge. Et ce, sans parler du déficit budgétaire ordinaire qui serait autrement plus important que les chiffres ambitionnés par le gouvernement, puisqu’il est actuellement minoré par les produits de ces opérations de leaseback qui viennent renforcer les recettes non fiscales de l’Etat et ajustent de manière artificielle le chiffre du déficit budgétaire.

La Cour des comptes considère ces opérations comme une dette, mais pas le département des Finances

Dans son rapport sur l’exécution du budget de l’année 2019, la Cour des comptes avait justement soulevé ce débat. Elle a en effet considéré les produits des opérations de monétisation des actifs de l’Etat comme une dette.

« Ces recettes prises en charge parmi les recettes non fiscales s’apparentent davantage, au sens des référentiels internationaux des statistiques des finances publiques, à des opérations de financement de type crédit-bail, classées parmi les dettes », constatent les experts de la Cour des comptes. Et d’ajouter dans la foulée que la maîtrise du niveau du déficit budgétaire de l’année 2019 « résulte d’un classement de certains financements, au sens des manuels internationaux des statistiques des finances publiques, parmi les recettes non fiscales ».

Les experts de la Cour des comptes ont d’ailleurs opéré le même retraitement comptable proposé dans cet article. Leur verdict : « Si on reclasse ce montant (recettes des mécanismes de financement innovants réalisés en 2019, ndlr) en financement, le niveau du déficit budgétaire de 2019 augmente à 48.678 MDH, soit une aggravation de 7.014 MDH (+16,8%) par rapport à 2018. Ce qui correspond à un taux de déficit de 4,2% du PIB contre un taux affiché de 3,6%, soit 0,6 pt de PIB de plus », souligne le rapport de la Cour des comptes, présidée alors par l’ancien premier ministre Driss Jettou.

Autre remarque soulevée dans le rapport : l’impact du reclassement de ces opérations de leaseback en financement. « En prenant en considération le montant mobilisé dans le cadre des mécanismes de financement dits innovants, l’encours de la dette du Trésor passerait à 754.699 MDH, soit une progression de 4,5% par rapport à 2018. De ce fait, le ratio de la dette corrigée s’établit à 65,7% du PIB (contre un ratio affiché par le gouvernement de 65,4%, ndlr). »

La différence ici entre les chiffres communiqués par le département des Finances, selon son approche comptable, et les chiffres retraités dans une logique économique et financière par la Cour des comptes n’est pas énorme, au vu du faible montant des encaissements réalisés en 2019, année où ce mécanisme a été initié. Mais avec l’importance que prennent aujourd’hui ces mécanismes de financement dits innovant, le gap entre réalité comptable et réalité financière devient considérable.

Mais au ministère des Finances, on ne voit pas les choses de la même façon. Pour commenter le rapport d’exécution du Budget 2019 de la Cour des comptes, le ministère des Finances avait eu alors cette réponse : les financements innovants ne peuvent être considérés comme des opérations de leaseback parce qu’il s’agit d’opérations de cession ferme d’actifs de l’Etat. Ils ne peuvent à ce titre être considérés comme une dette.

La réponse du ministère se tient, s’agissant en effet de cessions fermes d’actifs de l’Etat. Cela suppose qu’au terme du contrat de location passé avec les institutionnels, l’Etat ne reprenne pas son actif et ne débourse donc rien. Ou que le contrat de location soit renouvelé éternellement à chaque fois qu’il est échu. Ce qui revient à laisser l’actif dans les comptes de l’investisseur qui l’a acheté initialement, en contrepartie du paiement d’un nouveau loyer qui sera convenu entre les deux parties.

C’est ce dernier cas qui est le plus plausible dans le cas où effectivement l’Etat considère ces opérations comme une cession ferme de ses actifs. Puisqu’un institutionnel n’acceptera jamais de devenir propriétaire d’un immeuble administratif, des murs d’un hôpital ou d’un stade de foot… sauf s’il a la garantie du paiement d’une rente à long terme par l’Etat. Sinon, ces opérations doivent être considérées comme une privatisation déguisée. Ce qui n’est pas non plus le cas, le transfert de propriété d’un actif étatique ne signifie en aucun cas que le service rendu au sein des murs de ce bien est assuré par l’acheteur, puisque ces biens continuent d’être gérés par l’Etat et ses services. Comme c’est le cas des différents CHU dont les murs ont été transférés à la CMR en 2019, ou encore les stades du Mondial 2030 qui seront inscrits dans les prochaines années dans les bilans de la CDG.

Mais pour l’instant, personne ne peut trancher sur la nature réelle de ces opérations de monétisation des actifs de l’Etat tant que l’on n’a pas une idée claire de la forme de l’acte juridique effectué lors de la cession de ces actifs aux institutionnels, ou du moins sur les intentions à long terme de l’Etat quant à la possession ou non de ces biens. Alors, dette ou pas dette ? Le débat reste ouvert…

CIMR : don de 100 millions de DH au Fonds spécial séisme

Le Conseil d’administration de la CIMR s’est réuni le 21 septembre 2023 en vue d’arrêter les comptes au 30 juin 2023.

Suite au tremblement de terre survenu dans la soirée du 8 septembre, le Conseil d’administration de la CIMR a décidé de participer à l’effort national de solidarité au profit des concitoyens affectés par cette catastrophe naturelle, en apportant un don de 100 millions de DH.

Ce don sera versé au « Fonds spécial pour la gestion des effets du tremblement de terre ayant touché le Royaume du Maroc », précise un communiqué de la CIMR.

Crise du Covid-19 : l’analyse de Khalid Cheddadi

CIMR: Paiement anticipé des pensions de retraite du mois de mai

« Afin de passer la fête de la rupture Aid Al Fitr dans les meilleures conditions, la CIMR a décidé de régler par anticipation les pensions de retraite du mois de mai 2020 avant l’échéance habituelle et ce à partir du mercredi 20 mai », indique la CIMR dans un communiqué.

En cas de besoin, la CIMR invite ses allocataires à adresser leurs demandes d’information par mail à l’adresse retraite@cimr.ma ou par téléphone au 05.22.42.48.88.

De même, la caisse rappelle aux allocataires que les informations de paiement sont consultables sur le service en ligne CIMRDialcom, accessible à partir du site www.cimr.ma.

(Avec MAP)

Coronavirus: La CIMR paie avec anticipation les pensions du mois de mars 2020

Par ailleurs, conformément aux mesures préventives prises par les autorités pour lutter contre la propagation du virus et afin de limiter les déplacements de ses allocataires, la CIMR a décidé de verser systématiquement les pensions du mois d’avril sans l’obligation d’attestation de vie par la production du certificat de vie ou l’activation de la carte RAHATI et ce à l’échéance habituelle.

En cas de besoin, les allocataires peuvent adresser leurs demandes d’information par mail à l’adresse retraite@cimr.ma ou par téléphone au 05 22 42 48 88.

Par ailleurs, les informations de paiement sont consultables sur le service en ligne CIMRDialcom, accessible à partir du site www.cimr.ma.

Lire aussi: Covid-19: Cnops, CNSS, CIMR et MGPAP suspendent l’accueil physique des assurés

La CIMR lance la reconnaissance faciale pour attester de sa vie

Comme annoncé par Médias24, la CIMR met en place pour la première fois au Maroc la technologie de la reconnaissance faciale au service de ses allocataires. Cette innovation, qui entre dans le cadre de son plan de transformation digitale, va permettre aux pensionnaires de la CIMR d’attester de leur vie à distance, et ce grâce à une application mobile baptisée « CIMR Dialcom ».

Présentée ce 29 mai au siège de la Caisse, cette application évitera aux allocataires de la CIMR de passer par d’autres moyens plus fastidieux pour attester de leur vie comme se déplacer physiquement à la banque pour l’activation de la carte « Rahati » ou la présentation du certificat de vie.

La mise en œuvre de ce dispositif permettra ainsi aux allocataires de maintenir la régularité de paiement de leur pension. A noter que les pensionnaires pourront continuer à attester de leur vie à travers les canaux traditionnels s’ils le souhaitent.

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