City Club en redressement : le syndic neutralise une action de BoA

Bank of Africa subit les premiers effets du redressement du réseau City Club. Le juge-commissaire a ordonné la suspension de l’exécution d’une créance de 2 MDH réclamée par la banque à City Nakhil, salle rattachée au groupe de Jonathan Harroch.

Rendue le 2 décembre, l’ordonnance suit la saisine du syndic Abdelmajid Rais, qui fait jouer les mécanismes du Code de commerce pour geler les poursuites individuelles visant des dettes antérieures à l’ouverture du redressement. La créance visée découle d’un jugement d’avril 2025, désormais mis en pause en attendant le traitement collectif du passif.

BoA reste le principal créancier du réseau. Ses créances cumulées dépassent la quarantaine de millions de dirhams, selon les décisions que Médias24 a pu consulter. City Nakhil n’est qu’un échantillon du contentieux : la banque détient déjà plusieurs jugements en paiement contre diverses entités City Club, dont Sacha Edy, société pivot de la galaxie Harroch.

Sacha Edy a ouvert la voie au redressement. Déclarée en cessation de paiement en août 2025, elle a été la première à basculer sous procédure, avant l’extension à près d’une trentaine de sociétés où elle détient, directement ou par ricochet, des participations (confusion de patrimoine). Toutes ces entités peuvent désormais geler les actions de recouvrement, y compris les voies d’exécution déjà enclenchées.

Cette protection reste toutefois temporaire. Elle court le temps d’élaborer un plan de continuation, qui pourrait déboucher sur un rééchelonnement des dettes sur dix ans. Les créanciers devront déclarer leurs créances et se positionner dans le cadre du futur plan. À terme, les City Club devront suivre des échéanciers serrés. Et tout manquement pourrait rouvrir la voie à la liquidation judiciaire.

City Club : le syndic veut neutraliser les assauts des créanciers

Chargé du redressement judiciaire des établissements City Club, le syndic Abdelmajid Rais entame les premières démarches pour le gel des poursuites engagées contre les sociétés du groupe Harroch. Des demandes ont été déposées pour neutraliser les actions de Bank of Africa, principal créancier du réseau et à l’origine de plusieurs condamnations en paiement contre ses différentes entités.

La première requête vise City Nakhil (Rabat), condamnée en avril dans un dossier opposant la société à Bank of Africa. La banque avait fait notifier une mise en demeure début septembre pour récupérer une dette de 2 millions de DH. En réponse, le syndic a saisi le juge-commissaire Badr Eddine Lamaadeb pour faire suspendre l’exécution de la décision.

L’action a été déposée le 11 novembre. Présentée une première fois devant le juge-commissaire, elle a été renvoyée à début décembre afin de permettre aux parties de déposer leurs observations.

Dans cette démarche, le syndic entend activer les mécanismes du livre V du Code de commerce, qui prévoient la suspension automatique des poursuites liées à des dettes antérieures au jugement de redressement. Tant que la procédure est ouverte, aucun créancier ne peut exécuter seul une condamnation – sauf exceptions prévues par la loi. Les créanciers doivent déclarer leurs créances et se soumettre au traitement encadré par une procédure dite « collective », qui fixe l’ordre et les modalités éventuelles de paiement.

City Club, Bank of Africa et la CNSS

Le redressement judiciaire du réseau City Club prend sa source dans la procédure ouverte contre Sacha Edy, considérée comme le pivot juridique du groupe Harroch. C’est à partir de ce dossier que le tribunal de commerce a étendu la procédure à près d’une trentaine de sociétés opérant sous l’enseigne City Club, plaçant l’ensemble du réseau sous contrôle judiciaire. Le syndic Abdelmajid Rais en assure désormais la direction effective, en remplacement de Jonathan Harroch, poursuivi dans une affaire pénale et détenu depuis la fin de 2024.

Toutes les sociétés rattachées bénéficient du même cadre légal. Les poursuites individuelles sont gelées pour permettre un traitement unifié du passif et l’élaboration d’une réponse collective aux difficultés du groupe.

Bank of Africa occupe une position centrale dans le dossier. La banque détient l’essentiel des créances bancaires du réseau et a multiplié, ces derniers mois, les condamnations en paiement contre diverses entités City Club, pour un montant global avoisinant les 40 millions de DH.
La CNSS figure également parmi les créanciers importants, avec plusieurs saisies-exécutions et ventes judiciaires engagées dans différents établissements du groupe.

Dans le même temps, le syndic se penche sur la préparation du plan de continuation. Un rapport économique et social doit être transmis au tribunal avant que celui-ci n’arrête l’orientation du dossier. En état de cessation de paiement, le groupe vise un rééchelonnement de dette sur une dizaine d’années.

Jonathan Harroch jugé pour traite d’êtres humains

City Club : 37 sociétés désormais sous redressement

Le redressement judiciaire du groupe City Club gagne encore du terrain. Le tribunal de commerce de Casablanca a ordonné l’extension de la procédure ouverte contre la société Sacha Edy, pilier de la galaxie Harroch, à dix nouvelles entreprises connexes.

Rendu le 10 novembre, le jugement concerne Wellness Social, City Club Medina, City Club Mall, City Club Bouskoura, Aïn Diab Fitness, Unique Bouskoura, RH Location Maroc, City Salé II, Wellness Guéliz et Initiative Nation Sportive.

Cette nouvelle extension fait suite à une requête du parquet, initiée par la procureure du Roi Souad Kamili, à l’origine d’un premier jugement ayant déjà rattaché vingt-sept sociétés du réseau à la procédure.

Le tribunal a confirmé Abdelmajid Rais en qualité de syndic. Désormais dirigeant effectif du groupe, il se charge de sa gestion intégrale, de l’élaboration du plan de redressement et de la préservation des actifs, sous la supervision du juge-commissaire Badr Eddine Lemaâdeb.

La date de cessation des paiements, déjà fixée pour Sacha Edy, est désormais étendue à l’ensemble du périmètre placé sous contrôle judiciaire. Le jugement, exécutoire de plein droit, confirme la mise sous tutelle économique du réseau. Une proposition de « solution » aux difficultés du groupe est attendue dans les huit mois. Le syndic doit dresser un bilan économique et social avant toute orientation : plan de continuation, cession partielle ou liquidation.

À l’origine, une plainte collective des salariés

Tout a commencé par une plainte déposée en juillet par des salariés de City Club auprès de la procureure du Roi Souad Kamili. Ils y dénoncent des arriérés de salaires, l’absence de déclarations à la CNSS et une gestion assurée depuis la prison par le fondateur du groupe, Jonathan Harroch.

Saisie de cette plainte, la magistrate a ouvert une enquête économique et constaté l’existence d’un état de cessation de paiement aggravé, confirmé par plusieurs jugements bancaires et saisies exécutoires.

Le tribunal a ensuite placé Sacha Edy en redressement judiciaire, posant les fondations de la procédure actuelle. Ce jugement a marqué le point de départ d’une série d’extensions sans précédent, regroupant désormais 37 sociétés d’un réseau qui repose sur un schéma d’éclatement. Chaque salle – ou entité – opère sous forme de société commerciale (SARL) indépendante, avec, souvent, un capital minimal de 10.000 DH et un dirigeant unique : Jonathan Harroch.

Les motifs à l’origine de l’extension ne sont pas connus. Généralement, cette mesure fait suite au constat de flux anormaux entre entités pourtant distinctes, ou de confusion de patrimoine avec l’entreprise initialement mise en redressement.

Sur le plan financier, le groupe City Club affiche un endettement judiciaire dépassant 43 millions de dirhams, selon un bilan provisoire établi par Médias24 sur la base de jugements rendus depuis 2025.

La majeure partie du passif est constituée de créances au profit de Bank of Africa, qui a obtenu plusieurs condamnations en paiement contre des sociétés du réseau. À cela s’ajoutent des procédures engagées par la CNSS, comprenant des saisies-exécutions et des ventes judiciaires de fonds de commerce.

Ces chiffres ne représentent qu’une partie du passif global, qui sera précisé à l’issue de la vérification des créances menée dans le cadre du redressement.

City Club : l’ardoise bancaire s’alourdit

Bank of Africa poursuit ses assauts judiciaires contre le réseau City Club. Le tribunal de commerce de Casablanca vient de condamner City Club Tanger à verser 2,82 millions de dirhams à l’établissement bancaire.

Rendu le 15 octobre, ce énième jugement fait suite à une action en paiement introduite en février 2025. La salle de sport devra également s’acquitter d’une indemnité contractuelle fixée à 2 % au titre d’un crédit à moyen terme, ainsi que des intérêts légaux à compter de la date de la demande jusqu’à exécution complète.

Ce jugement s’ajoute à plusieurs décisions rendues depuis le début de l’année (la précédente date du 9 octobre) contre des entités liées à Jonathan Harroch, pour un montant cumulé de 38,78 millions de dirhams au profit de la banque.

S’y ajoute une ordonnance d’expulsion visant la société Aïn Diab Fitness (enseigne Unique Fitness Racine), condamnée à verser 2,39 millions de dirhams et à libérer les lieux.

Parallèlement, la CNSS a engagé plusieurs saisies-exécutions sur les établissements du réseau, pour un montant estimé à plus de 2 millions de dirhams, entraînant la mise en vente judiciaire de plusieurs fonds de commerce.

L’ensemble de ces procédures porte le total des condamnations et mesures d’exécution à plus de 43 millions de dirhams. Il s’agit d’un bilan provisoire dressé par Médias24 sur la base de données publiques. L’endettement total sera précisé dans le cadre de la procédure de redressement qui vise une vingtaine d’entités du groupe.

Cette mission a été confiée au syndic Abdelmajid Rais, qui a pris la direction de l’entreprise à la suite du dessaisissement du management de Jonathan Harroch, actuellement détenu dans une affaire pénale distincte.

Nouvelle condamnation pour le groupe City Club

Bank of Africa vient de remporter une nouvelle action en paiement contre l’une des salles de sport de la chaîne City Club. Rendu le 9 octobre par le tribunal de commerce de Casablanca, le jugement vise précisément City Club Medina, condamnée à verser plus de 2,7 millions de dirhams à l’établissement bancaire.

Le débiteur devra également s’acquitter d’une indemnité contractuelle de 10.000 dirhams et des intérêts conventionnels au taux de 6 %, à compter du lendemain de la clôture du compte, le 2 juin 2024, jusqu’à parfaite exécution, selon le dispositif de la décision consultée par Médias24.

Ce jugement s’ajoute à une série d’une dizaine de condamnations similaires visant le groupe dirigé par Jonathan Harroch, incarcéré depuis un an dans le cadre d’une affaire criminelle en cours d’instruction. Créancier principal, BoA est à l’origine de la plupart de ces actions, qui se sont multipliées depuis 2025, pour un cumul provisoire de créances dépassant 30 millions de dirhams.

La décision intervient deux jours après le jugement plaçant en redressement judiciaire une vingtaine de sociétés rattachées au groupe, dont la majorité exploite des salles sous l’enseigne City Club. City Club Medina ne figure toutefois pas dans cette liste.

Pour rappel, chaque salle est exploitée sous forme de société commerciale distincte, bien que dirigée par le même gérant unique, Jonathan Harroch. Ces entités ont contracté leurs crédits séparément, conduisant les créanciers, dont BoA, à engager des actions en recouvrement individualisées pour chaque société débitrice.

City Club : redressement étendu à 27 entités du groupe Harroch

C’est officiel : le redressement de Sacha Edy, holding de Jonathan Harroch, sera étendu à 27 entités du groupe, dont une grande partie affiliées au réseau City Club. Le tribunal de commerce de Casablanca a rendu son jugement ce mardi 7 octobre, validant en grande partie la demande d’extension introduite par le ministère public.

Selon les éléments consultés par Médias24, une société a été exclue du périmètre initialement proposé. Il s’agit de Wellness Nation Sportive. Les juges ont déclaré irrecevable la demande du parquet concernant cette entité.

Le tribunal a par ailleurs nommé Abdelmjid Rais en qualité de syndic et désigné le juge Lamaddeb Badr Eddine comme juge-commissaire, chargé de suivre la procédure unifiée regroupant désormais Sacha Edy et les vingt-sept autres entités de la galaxie Harroch.

Les sociétés concernées sont Shazal, City Nakhil, City Club El Jadida, City Club Bourgogne, City Club Tanger, City Club Anfa, City Club Agadir, City Club Zerktouni, Fitness & Food, City Club Agdal, Fitness Equipment, Gymnas Avenue, City Club Ziane, City Club Lissasfa, Val de Forme, City Club Témara, City Orika, Club Stretch, Amazonia Fitness, City Aïn Sebaâ, City Racine, City Émile Zola, City Salé, City Mohammédia, City Hay Hassani, Valley Agadir et Anfa Fitness.

Fait intéressant : le syndic a reçu pour mission de gérer intégralement les entreprises concernées par l’extension de la procédure.  En détention préventive pour une affaire criminelle, Jonathan Harroch est donc de facto dessaisi de la gestion de ses entreprises dont il est l’unique gérant.

Le syndic aura également quatre mois (prorogeable) pour élaborer la solution appropriée dans le cadre du redressement judiciaire de la société Sacha Edy, considérée comme le vaisseau amiral du groupe.

Cette décision d’extension fait suite à la demande initiée en septembre par Souad Kamili, procureure du Roi près la juridiction commerciale. C’est cette même magistrate qui avait obtenu, il y a quelques semaines, la mise en redressement de Sacha Edy après constatation de l’état de cessation de paiement.

Nous n’avons pas encore accès aux motivations des juges concernant l’extension. Il faudra observer un délai avant que la copie intégrale du jugement ne soit communiquée aux parties.  Selon le Code de commerce, « la procédure ouverte peut être étendue à une ou plusieurs autres entreprises par suite de confusion de leur patrimoine avec celui de l’entreprise soumise à la procédure, ou lorsqu’il s’agit d’une personne morale fictive  » (article 585).

En filigrane, le jugement vise à réunifier un groupe d’entreprises jusque-là fragmentées. L’enjeu est d’en assurer une gestion commune sous contrôle judiciaire. Il s’agit aussi de préserver les intérêts des créanciers, en évitant la dispersion des actifs et des procédures.

City Club : le parquet veut étendre le redressement à 28 entités du réseau

Le redressement de Sacha Edy, holding de Jonathan Harroch, pourrait impacter l’intégralité des sociétés dirigées par ce dernier. Selon nos informations, le tribunal de commerce de Casablanca examine la possibilité d’élargir la procédure pour couvrir l’ensemble du groupe.

Ce dossier est à l’examen depuis la mi-septembre. À l’origine : une demande d’extension initiée par Souad Kamili, procureure du Roi près la juridiction commerciale. C’est cette même magistrate qui avait initié la requête de redressement visant Sacha Edy, dont on a constaté la cessation de paiement. Désormais, elle souhaite étendre ce régime aux sociétés « dont les parts sont détenues » par cette entité considérée comme le vaisseau amiral du groupe.

Selon nos informations, le ministère public a déjà dressé une première liste des sociétés potentiellement impactées. On compte pas moins de 28 entreprises, souvent des salles de sport greffées à la célèbre chaîne City Club. Elles ont été citées une à une dans ce procès où elles ont été introduites via le mécanisme de mise en cause (interventions forcées). En voici la liste :

  • Shazal
  • Wellness Nation Sportive
  • City Nakhil
  • City Club El Jadida
  • City Club Bourgogne
  • City Club Tanger
  • City Club Anfa
  • City Club Agadir
  • City Club Zerktouni
  • Fitness & Food
  • City Club Agdal
  • Fitness Equipment
  • Gymnas Avenue
  • City Club Ziane
  • City Club Lissasfa
  • Val de Forme
  • City Club Témara
  • City Orika
  • Club Stretch
  • Amazonia Fitness
  • City Aïn Sebaâ
  • City Racine
  • City Émile Zola
  • City Salé
  • City Mohammédia
  • City Hay Hassani
  • Valley Agadir
  • Anfa Fitness

La demande est traitée par un trio de juges présidé par le magistrat Fahd Makhlafi. Le dossier est examiné en chambre de conseil, c’est-à-dire à huis clos. Une audience se tenait ce lundi 6 octobre, au moment même où nous rédigions ces lignes.

Nous avions révélé dans un précédent article les motifs derrière la mise en redressement de Sacha Edy, mais nous n’avons pas eu accès aux raisons précises de la demande d’extension.

Selon le Code de commerce, « la procédure ouverte peut être étendue à une ou plusieurs autres entreprises par suite de confusion de leur patrimoine avec celui de l’entreprise soumise à la procédure, ou lorsqu’il s’agit d’une personne morale fictive » (article 585).

Dans la pratique, une telle mesure est souvent envisagée lorsque la justice soupçonne des flux financiers anormaux entre la société en redressement et d’autres entités. Son objectif est d’accroître les chances de recouvrement des créanciers, notamment lorsque la société initialement visée ne dispose pas d’actifs suffisants pour couvrir l’ensemble du passif.

L’extension vise aussi à prévenir la dispersion des actifs entre plusieurs sociétés liées et à préserver l’égalité de traitement entre créanciers, en reconstituant une base patrimoniale unique.

Or la structure du groupe Harroch illustre cette complexité. Chaque salle de sport du réseau City Club est exploitée sous forme de société à responsabilité limitée, souvent dotée d’un capital social symbolique d’environ 10.000 dirhams. Plusieurs de ces entités ont contracté leurs propres engagements bancaires, au nom de structures juridiquement autonomes, mais rattachées au même gérant, Jonathan Harroch.

Ce morcellement, déjà abordé par Médias24, complexifie tout recouvrement et pose la question de l’étendue réelle des garanties mobilisables au sein de ce réseau éclaté.

City Club : Sacha Edy en redressement, les dessous du jugement

L’avenir de City Club se joue désormais au tribunal de commerce de Casablanca. Déclarée en cessation de paiement, leur entité gestionnaire, Sacha Edy, est en redressement judiciaire depuis le 19 août. C’est le constat officiel d’une situation que l’on sait inquiétante, tant le groupe de Jonathan Harroch croule sous les actions judiciaires.

Médias24 avait révélé la décision dès son prononcé. Parvenu à nos soins, le contenu du jugement apporte quant à lui des révélations troublantes sur l’origine et les raisons d’une telle décision.

Nous ne sommes pas dans un schéma classique, où la procédure est enclenchée à la demande d’un créancier mécontent ou de l’entreprise elle-même. Ici, c’est la procureure du Roi qui a saisi le tribunal, sur la base d’une plainte déposée fin juillet par un groupe de salariés. Ces derniers, employés dans plusieurs salles City Club de Casablanca (Aïn Sebaâ, Lissasfa, boulevard Mohammed V, Abdelmoumen, Zerktouni, Anfa), décrivent une situation sociale alarmante depuis l’incarcération de leur patron, Jonathan Harroch, en novembre 2024.

Dans leur plainte, les salariés affirment que la société ne paie plus régulièrement leurs salaires, tout en continuant à prélever les cotisations CNSS sans jamais les reverser. Ils dénoncent aussi l’absence d’assurance accidents du travail, l’accumulation des loyers impayés qui expose les salles à des expulsions, et des pratiques de gestion opaques. Selon eux et tel que repris par la procureure dans sa demande, les abonnements encaissés servent « à régler des problèmes personnels du propriétaire » ou « sont détournés hors des intérêts des salariés ».

Ces témoignages se cumulent avec des faits déjà établis. Le tribunal relève que Sacha Edy a été condamnée dans plusieurs dossiers, notamment à verser plus de 19 millions de dirhams à Bank of Africa.

La société est également visée par des saisies inscrites au registre du commerce, dont 1,59 million de dirhams au profit de la CNSS et 4 millions de DH pour BOA. Des procédures d’expulsion menacent plusieurs salles de sport.

En retenant ces éléments, le tribunal conclut que l’entreprise se trouve bien en état de cessation de paiements, incapable de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

La juridiction a donc ordonné l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. Compte tenu de la détention de Jonathan Harroch, le syndic désigné, Me Abdelmajid Rais, se voit confier la gestion complète de la société. Le juge-commissaire chargé du dossier est Badreddine Lamaddab.

La date de cessation de paiements a été fixée à 18 mois avant le jugement. Une période d’observation s’ouvre, au terme de laquelle il reviendra au tribunal de statuer sur un éventuel plan de continuation, une cession ou une liquidation.

Dans son jugement, le tribunal souligne l’importance de préserver les emplois et de protéger les créanciers face aux pratiques décrites. Derrière la procédure, ce sont des milliers d’abonnés et des centaines de salariés qui attendent de savoir si le réseau City Club pourra être maintenu à flot.

Une information relayée le 2 septembre par plusieurs médias marocains fait état d’une « cession imminente » du groupe City Club, assortie d’un plan d’investissement de 80 millions de dirhams.

Les articles, qui citent des « sources proches de la direction de l’entreprise », ne dévoilent pas l’identité du mystérieux repreneur et ne s’appuient sur aucune confirmation judiciaire.

La cession fait néanmoins partie des issues possibles d’un redressement judiciaire.

Redressement pour Sacha Edy, entité de Jonathan Harroch

Gestionnaire des marques City Club, Unique Fitness ou encore UFC Gym au Maroc, la société Sacha Edy est officiellement en cessation de paiement.

Le groupe de Jonathan Harroch a fait l’objet d’un jugement de redressement judiciaire, apprend Médias24 de source judiciaire.

La décision a été rendue le 18 août par le tribunal de commerce de Casablanca, en pleine vacances judiciaires. Selon nos informations, l’ouverture de la procédure a été sollicitée par Souad Kamili, procureure du Roi près cette juridiction.

Le magistrat Badreddine Lamaddab a été nommé en tant que juge-commissaire chargé de la procédure. Il supervisera l’action de l’expert Abdelmajid Rais, désigné en sa qualité de syndic judiciaire.

Ce dernier devra, dans un délai de huit mois (prorogeable une seule fois), dresser un bilan complet sur la situation de l’entreprise. De ce futur rapport découlera une proposition de « solution » aux difficultés de la société. Les options possibles sont un plan de continuation, un plan de cession ou la liquidation judiciaire.

Documentés par nos soins depuis près d’un an, les tracas financiers du groupe Harroch sont notoires, mais sont aujourd’hui constatés par le pouvoir judiciaire.

Ils se sont manifestés par une série de saisies opérées par la CNSS sur les fonds de commerce des salles de sport liées à la même entité. Ils se sont exacerbés à la suite de l’arrestation du dirigeant en novembre 2024 pour de graves soupçons de « traite d’êtres humains ». Ces faits font l’objet d’une instruction judiciaire toujours en cours.

Depuis, le groupe est régulièrement visé par des actions en paiement généralement initiées par Bank of Africa, qui ressort comme un des principaux créanciers. La banque a obtenu plusieurs jugements condamnant soit directement la société Sacha Edy (19 MDH), soit d’autres entités gravitant autour de cette entité.

Le jugement de redressement donne une bouffée d’air à l’entreprise, qui sera provisoirement immunisée contre les assauts de ses créanciers. L’ouverture de la procédure signifie l’activation d’une « période d’observation » qui s’étendra sur la période de préparation de la solution.

Un intervalle qui implique l’interdiction ou la suspension des actions individuelles visant le paiement ou le recouvrement (saisies, etc.) par les créanciers des sommes d’argent dont l’origine est antérieure au jugement de redressement.

Les créanciers devront s’inscrire dans la procédure collective en déclarant leurs créances, tout en espérant récupérer leur dû dans le cadre d’un potentiel rééchelonnement de dettes. Cette piste dépend néanmoins de l’adoption d’un plan de continuation, qui pourrait théoriquement s’étendre sur dix ans.

Plus de jugements que de garanties : BOA et le labyrinthe City Club (Infographie)

Il ne se passe plus une semaine sans qu’un jugement ne tombe contre une société du groupe Harroch. Le dernier en date vise City Club Lissasfa, condamné le 3 juillet 2025 par le tribunal de commerce de Casablanca à verser plus de 3 millions de dirhams à Bank of Africa (BOA).

La décision fait suite à une action en paiement introduite en mars. La décision comprend également une indemnité contractuelle de 20.000 dirhams, des intérêts légaux à compter de la date de la demande, ainsi que les dépens.

Ce jugement s’inscrit dans une série de procédures engagées depuis le début de l’année par BOA contre plusieurs sociétés liées à Jonathan Harroch. Figure centrale du réseau City Club, l’intéressé est incarcéré depuis novembre 2024 dans une affaire de traite d’êtres humains.

Des démarches enclenchées avant l’arrestation

Avec cette dernière condamnation, BOA a désormais obtenu sept jugements favorables contre des entités du groupe, pour un montant cumulé de 33,24 millions de DH (hors intérêts et indemnités). À cela s’ajoutent d’autres condamnations prononcées au profit de créanciers distincts, comme la CNSS ou des bailleurs privés, portant le total provisoire à plus de 37,6 MDH.

 

Ces actions judiciaires ne sont pas directement liées à la mise en détention de Jonathan Harroch en octobre 2024. Selon nos informations, les premières mises en demeure ont été adressées avant cette date, en raison de l’accumulation d’impayés et de l’absence prolongée de mouvement sur les comptes concernés.

Nos sources démentent l’hypothèse d’une activation de clauses résolutoires liées à l’arrestation de l’intéressé. Les procédures engagées s’inscrivent dans une logique classique de recouvrement bancaire, sur fond de défauts prolongés.

Un recouvrement complexe, des garanties incertaines

Reste un point essentiel : l’efficacité du recouvrement. Le groupe Harroch repose sur une structure éclatée, dans laquelle chaque salle de sport est exploitée sous forme de société à responsabilité limitée, souvent dotée d’un capital social symbolique de 10.000 dirhams.

Chacune de ces entités concernées a contracté des crédits bancaires distincts, rattachés à des structures juridiquement autonomes, mais liées au même gérant unique (Jonathan Harroch).

Cette fragmentation pose aujourd’hui la question de l’étendue des garanties réellement mobilisables et du potentiel de recouvrement effectif par la banque. Pour l’heure, le bilan recensé par Médias24 demeure provisoire : d’autres procédures pourraient émerger. En attendant, la portée totale des montants en jeu reste inconnue.

BoA face au réseau Harroch : un schéma complexe, six condamnations

Le tribunal de commerce de Casablanca a infligé deux nouvelles condamnations à des sociétés liées à Jonathan Harroch, toutes deux au profit de Bank of Africa. Ces décisions viennent s’ajouter à une série de jugements rendus depuis le début de l’année contre les entités du réseau City Club, sur fond de litiges bancaires.

Les deux décisions ont été rendues simultanément le 19 juin 2025. Dans le premier dossier, la société City Club Bouskoura a été condamnée à verser 2.189.639,42 dirhams à la banque, avec une indemnité contractuelle de 10.000 dirhams et des intérêts conventionnels de 4% sur une partie de la dette, calculés à partir de la date de clôture des comptes (27 septembre 2022).

Ce jugement repose sur une expertise judiciaire finalisée début mai. Pour sa part, l’action de BoA a été initiée en janvier.

Le même jour, la société Club Stretch, également liée à Jonathan Harroch, a été condamnée dans une autre procédure intentée en février. Le tribunal l’a tenu de verser 3.324.912,88 dirhams, dont 50.000 dirhams à titre de dommages, ainsi que des intérêts moratoires à hauteur de 6%.

Une stratégie d’éclatement juridique ?

Selon les documents consultés par Médias24, Club Stretch est une société à responsabilité limitée, initialement fondée par deux associés en 2017 avant que Jonathan Harroch n’en devienne le gérant unique.

Le montage observé dans ce dossier est représentatif du modèle économique de City Club : chaque salle de sport est exploitée par une entité juridique distincte, souvent dotée d’un capital social minimal de 10.000 dirhams. Cette structure oblige les créanciers à multiplier les actions en justice pour espérer récupérer leurs créances.

Dans le cas de Bank of Africa, Médias24 a recensé, pour l’heure, six procédures distinctes depuis début 2025. Soit un total provisoire de plus de 30 millions de dirhams de condamnations judiciaires. Les montants varient selon les dossiers, allant de 1,4 million à 19 millions de dirhams.

Voici le récapitulatif des jugements prononcés à ce jour :

Autres créanciers, autres litiges

Bank of Africa n’est pas le seul créancier à poursuivre les entités du groupe Harroch. Le 13 mars 2025, la société Aïn Diab Fitness, exploitante de la salle haut de gamme Unique Fitness (quartier Racine, Casablanca), a été condamnée à verser 2.395.800 dirhams de loyers impayés à son bailleur, la société Promobra. Le tribunal a ordonné l’expulsion immédiate, sous astreinte de 2.000 dirhams par jour en cas de non-exécution.

Parallèlement, la CNSS poursuit le recouvrement d’une créance globale de 2 millions de dirhams par le biais de saisies-exécutions. Plusieurs fonds de commerce du réseau City Club ont été saisis et mis en vente judiciaire, dans le cadre de procédures engagées devant les juridictions commerciales.

Avec ces deux dossiers, le total des condamnations est estimé, pour l’heure, à 34 MDH. C’est un bilan provisoire. L’étendue des actions visant les entités du groupe reste à définir.

Jonathan Harroch est incarcéré depuis octobre 2024 à la prison d’Oukacha. Il est visé par une instruction judiciaire ouverte pour de graves soupçons liés à une affaire de traite d’êtres humains.

L’intéressé a par ailleurs été condamné à deux ans de prison ferme pour émission de chèques sans provision — une peine réduite en appel à une condamnation avec sursis, sans effet sur sa détention en raison de la procédure en cours dans le dossier pénal principal.