Au lendemain de sa condamnation, le titre CMT réservé à la baisse après une chute théorique de 35%

La Compagnie minière de Touissit (CMT) vient d’être frappée par une sanction d’une ampleur inédite.

Le tribunal correctionnel de Casablanca a condamné, le mardi 4 novembre, l’entreprise à une amende de 2,324 MMDH au profit de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII), pour des transferts financiers jugés illégaux.

Un cours théorique d’ouverture à -35% ce 5 novembre et un titre immédiatement réservé à la baisse

Sur le plan boursier, la réaction a été immédiate. Selon un analyste de marché, « le cours théorique d’ouverture (PTO) de CMT, calculé à partir des ordres présents dans le carnet avant l’ouverture, ressortait autour de 1.475 DH, contre un dernier cours coté la veille d’environ 2.269 DH. Autrement dit, le marché valorisait spontanément la valeur avec une correction de près de -35%« .

Dans ce sens, la variation théorique d’ouverture (VTO) affichée sur les écrans avoisinait –34,99%. En temps normal et sans contrainte de variation quotidienne, CMT aurait donc ouvert autour de 1.475 DH, reflétant pleinement l’impact de la condamnation sur la perception du risque juridique et financier.

Cependant, la Bourse de Casablanca impose des seuils de réservation. Dès que le cours théorique dépasse une borne à la baisse, la valeur est automatiquement réservée à la baisse. Concrètement, la cotation est interrompue et aucun échange n’est exécuté tant que le marché ne trouve pas un prix dans la zone autorisée.

C’est exactement ce qui s’est produit ce 5 novembre : face à un afflux massif d’ordres de vente à un cours d’équilibre situé bien en dessous de la limite, le titre CMT a été bloqué, sans qu’aucune transaction ne puisse se faire dans un premier temps.

Au même moment, la fiche de CMT sur le site de la Bourse affichait toujours une variation de 0%. « Le 0% affiché ne veut pas dire que la valeur n’a pas réagi à la nouvelle. Il signifie simplement qu’aucun échange n’a encore pu se faire. En réalité, le titre est techniquement bloqué à la baisse, avec une pression vendeuse qui correspond à une chute théorique d’environ 35% ».

Une baisse théorique de 35% qui ne pourra s’inscrire qu’en plusieurs séances

La baisse théorique de 35% ne peut pas se matérialiser en une seule journée de cotation. Le marché ne pourra enregistrer qu’une première jambe de baisse de 10% au maximum lors de la séance en cours.

« Dans ce sens, si la situation perdure avec peu ou pas d’acheteurs et des vendeurs toujours nombreux, la correction pourrait s’étaler sur plusieurs séances consécutives, chacune plafonnée à -10%. Autrement dit, la sanction boursière potentielle est déjà lisible dans le carnet d’ordres, mais sa traduction dans les cours officiels ne pourra se faire que progressivement ».

« À ce stade de la séance, le titre reste figé, sans transaction, avec un 0% de variation affiché qui masque temporairement l’ampleur de la défiance du marché. Pourtant, en toute logique, si aucune contrepartie acheteuse significative ne se manifeste, CMT devrait apparaître à la clôture au voisinage de la limite basse de -10%, première étape visible d’un ajustement de valorisation beaucoup plus large déjà intégré par les investisseurs ».

À la clôture de la séance du 5 novembre, le cours de CMT a reculé de 9,9%, enregistrant ainsi la plus forte baisse de la journée, pour s’établir à 2.043 DH.

Un carnet d’ordres saturé en vente : 21.000 titres offerts pour 228 en demande

Le carnet d’ordres illustre la violence du choc. Du côté des ordres d’achat, on ne comptait qu’une demande totale de 228 titres, répartie sur 17 ordres, à des prix compris entre 2.360 DH et 2.100 DH. Autrement dit, les rares acheteurs potentiels se positionnaient à des niveaux relativement proches du cours de la veille, mais en quantités très limitées.

En face, les ordres de vente atteignaient près de 20.979 titres, pour 64 ordres au total. Une grande partie de ces titres, plus de 11.000, était proposée au marché (prix 0 dans le carnet), signe que les vendeurs cherchaient avant tout à sortir du dossier, quel que soit le prix. D’autres blocs étaient offerts à 1.475 DH, 1.480 DH ou légèrement au-dessus, mais toujours très en dessous du dernier cours coté.

La CMT condamnée à 2,3 milliards de DH au profit de la Douane

Le tribunal correctionnel de Casablanca a condamné, le mardi 4 novembre, la Compagnie Minière de Touissit à une amende de 2,324 milliards de DH au profit de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII).

La société était poursuivie pour transferts financiers illégaux, en lien avec des opérations internationales effectuées sous une direction antérieure. L’administration estimait que ces mouvements de fonds avaient été réalisés en violation de la réglementation des changes. CMT contestait ces accusations et affirmait avoir transmis tous les justificatifs relatifs à la régularité des opérations.

Le jugement, rendu en première instance, intervient à l’issue d’une procédure engagée en février 2024 devant la chambre correctionnelle de Aïn Sebaâ. La société conserve la possibilité de faire appel.

Un second dossier oppose par ailleurs la CMT à la même administration. Il concerne le défaut de restitution des marchandises exportées sous le régime de l’exportation temporaire et le défaut de rapatriement des recettes d’exportation.

Dans cette affaire, la société et un ancien dirigeant avaient été condamnés en première instance à une amende de 827,7 millions de DH. CMT avait ensuite été acquittée à la suite d’une opposition jugée en juin 2025. Cette décision est actuellement contestée devant la cour d’appel de Casablanca par l’ADII et le parquet.

CMT attend deux décisions majeures dans ses contentieux douaniers

La Compagnie minière de Touissit (CMT) se prépare à un automne décisif. Deux affaires l’opposant à l’Administration des douanes et à l’Office des changes arrivent à des étapes cruciales de leur parcours judiciaire, avec des enjeux financiers de plusieurs milliards de dirhams.

Le premier dossier se joue au tribunal correctionnel d’Aïn Sbaâ (Casablanca). C’est un procès de première instance où l’administration réclame la condamnation de la CMT à une amende de 2,3 milliards de dirhams. La demanderesse reproche à son adversaire d’avoir contrevenu à la réglementation des changes dans le cadre d’opérations financières internationales réalisées sous une direction antérieure.

Dans ce dossier, les chefs de poursuites concernent précisément des « transferts financiers illégaux », selon l’expression contenue sur le site Mahakim.ma. Une accusation réfutée par la CMT, qui affirme avoir fourni l’ensemble des documents justifiant la régularité de ces opérations et conteste la base même de l’amende.

Entamé en février 2024, ce procès semble entamer sa dernière ligne droite, avec une audience prévue le 21 octobre. Les parties s’attendent à une mise en délibéré dans la foulée.

Le second dossier est quant à lui déjà dans sa phase d’appel. Ce volet, plus médiatique, fait écho à la condamnation de la CMT et d’un ancien dirigeant dans une affaire de « défaut de restitution des marchandises exportées sous le régime de l’exportation temporaire » et de « défaut de rapatriement des recettes d’exportation ».

Dans cette affaire, les deux prévenus avaient écopé d’une amende de 827,7 millions de dirhams en première instance. Cependant, la CMT avait finalement été acquittée suite à une « opposition » interjetée devant le même tribunal, qui s’est prononcé en juin 2025. Cette décision est contestée à la fois par l’ADII et le parquet qui ont fait appel.

Ce nouveau round est actuellement entre les mains de la Cour d’appel de Casablanca. CMT, qui souhaite capitaliser sur la décision d’acquittement, soutient que toutes les sommes concernées avaient été rapatriées avant l’ouverture des poursuites et dénonce des irrégularités dans la procédure.

Osead Maroc Mining condamnée à payer 360 MDH à CMT

Osead Maroc Mining (OMM) devra verser 360,7 millions de dirhams à la Compagnie minière de Touissit (CMT). C’est ce qui ressort d’un jugement rendu fin juillet par le tribunal de commerce de Casablanca.

Il s’agit d’une décision de première instance. Elle tranche un litige autour d’un prêt consenti en 2012 par la CMT à une entité à laquelle elle était autrefois liée par des participations croisées au capital.

OMM, filiale marocaine du fonds Osead, était jusqu’à récemment associée à Auplata Mining Group (AMG), qui détenait indirectement 37 % du capital de CMT via ce véhicule. Début août, cette participation a été transférée à Strategos Ventures Ltd (SVL), un fonds géré par Lion Capital Advisors.

Le contentieux remonte à un financement de 250 MDH consenti par CMT en 2012. Le prêt, validé par le conseil d’administration et assorti d’un taux d’intérêt annuel de 5,95 %, devait être remboursé en 360 jours (renouvelables).

Entre 2014 et 2018, six avenants successifs ont repoussé l’échéance, la dernière fois jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2023. Malgré ces facilités, OMM n’a procédé à aucun remboursement, d’où l’action initiée mi-juillet par la compagnie minière.

CMT a produit devant le tribunal un relevé de compte arrêté au 24 juin 2025 établissant une créance globale de 364 MDH, comprenant le principal, les intérêts et la TVA. La société soulignait que les documents contractuels et leurs avenants constituaient un engagement formel reconnu et que l’inexécution causait un préjudice financier certain.

Les juges ont confirmé cette créance à hauteur de 360,7 MDH, retenant le capital initial du prêt, les intérêts conventionnels et légaux ainsi que la TVA.

Cette décision judiciaire intervient alors que l’actionnariat de CMT connaît une recomposition majeure : la sortie d’AMG du capital, remplacée par SVL, modifiant l’équilibre autour de la société minière marocaine. 

Métaux stratégiques : voici ce qu’il faut savoir sur les projets de mines en cours de développement au Maroc

À l’heure où la transition énergétique s’impose comme une priorité mondiale, le Maroc se positionne en pionnier sur le continent africain avec une ambition légitime de devenir un hub régional dans l’industrie des batteries électriques.

Aujourd’hui, un tissu industriel intégré se met en place avec notamment la mise en service prochaine de la première gigafactory africaine et plusieurs unités, en amont, dédiées à la production des composants essentiels des batteries, tels que les cathodes et les anodes.

Cependant, la durabilité de cette industrie naissante est intrinsèquement liée à l’accès à des métaux critiques à un prix compétitif et en quantité suffisante, dont l’approvisionnement ne doit pas être brutalement interrompu en raison d’une dépendance excessive à un seul pays.

Indispensables, le lithium, le nickel et le graphite sont importés

Si le Maroc dispose de ressources importantes en cobalt et en phosphates, il reste toujours tributaire de l’importation de plusieurs ressources indispensables pour la fabrication des batteries telles que le lithium, le nickel, le graphite

À ce jour, des centaines d’indices miniers devraient être déchiffrés pour découvrir l’exploitabilité de plusieurs métaux critiques, dont principalement le lithium, le cuivre, le cobalt, les terres rares… En 2024, l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) a lancé 44 projets d’exploration de métaux critiques répartis dans les quatre coins du pays.

En parallèle, plusieurs projets de développement minier de métaux critiques ont progressé au-delà de leur phase d’exploration durant cette année et devraient connaître leur première production prochainement.

La mine de cuivre de Tizert (province de Taroudant)

L’utilisation du cuivre dans les batteries lithium-ion est privilégiée en raison de sa conductivité électrique et thermique élevée, ainsi que de ses nanostructures uniques qui optimisent les performances électrochimiques. Son rôle principal est celui de collecteur de courant, garantissant le flux ordonné des électrons durant les cycles de charge et de décharge, tout en demeurant un composant fixe au sein de la batterie pour assurer une énergie stable et performante.

Managem, le principal producteur de cuivre au Maroc avec une production actuelle de 100.000 tonnes de concentré, s’apprête à doubler sa capacité grâce au nouveau projet de Tizert.

Située entre Taroudant et Tata, la mine de cuivre de Tizert, un projet de mine de classe mondiale, est en phase finale de construction avec une première production prévue durant le deuxième semestre de l’année 2025. La majorité des travaux a dépassé les 90%, à l’exception notable de la construction de la digue (85%), du génie civil de l’usine (83%), de l’installation électrique (17%) et du montage (46%).

La mine de Tizert, dont les ressources sont estimées à 56,8 millions de tonnes avec une teneur de 1,03% en cuivre et 23 g/tonne d’argent, a une durée de vie prévue de 17 ans.

Lancé en 2022, ce projet a nécessité un investissement de 440 millions de dollars (plus de 3,85 milliards de DH). Il ambitionne de devenir la plus grande exploitation minière souterraine de la région, intégrant les principes de la mine intelligente grâce à la numérisation des processus, à l’intelligence artificielle, à l’automatisation basée sur les données des machines et des événements, au suivi en temps réel des véhicules et du personnel, ainsi qu’à une intégration avec des systèmes de planification tiers pour un suivi fluide et instantané de l’avancement des travaux.

Précédemment, le groupe Managem a cédé sa filiale, qui exploitait la mine d’Oumejrane dans la province de Zagora. Pour Managem, cette décision stratégique vise à se concentrer sur ses principaux actifs, considérant qu’il serait plus optimal de céder cette entité à une autre partie capable de développer le projet.

Bien que Purple Hedge soit une entreprise nouvellement créée et donc peu connue, le communiqué annonçant l’acquisition de la Compagnie minière d’Oumejrane révèle que sa direction possède une expérience significative dans des projets miniers africains.

Outre un potentiel minéral estimé à environ 82.000 tonnes de concentrés de cuivre, la cession de la Compagnie minière d’Oumejrane devrait permettre à la nouvelle entité, Purple Hedge, d’exploiter quatre licences d’exploration couvrant 200 km². Ces licences pourraient être utilisées pour développer les ressources déjà découvertes.

Plus au nord, dans la province d’Azilal, le projet minier de Tabaroucht, développé par la Compagnie minière de Touissit (CMT), a atteint à son tour sa phase finale de développement. Les études menées auparavant ont permis d’estimer des réserves à 2 millions de tonnes de minerai à une teneur de 1,4% de cuivre. Le projet entre désormais dans sa phase finale, avec une décision d’investissement proche qui déterminera sa faisabilité économique et opérationnelle.

Les complexes miniers de phosphates de Mzinda et de Meskala

Outre son utilisation connue dans les engrais, le phosphate est un composant clé des batteries lithium fer phosphate (LFP). Cette technologie, particulièrement prisée pour sa stabilité, sa sécurité et son excellent rapport qualité-prix, séduit les principaux constructeurs automobiles. Ces derniers l’intègrent déjà, ou prévoient de l’adopter à grande échelle, pour équiper leurs nouveaux modèles de véhicules électriques.

La fabrication du matériau cathodique FePO4 repose sur un procédé relativement simple : il suffit de mélanger un sel de fer (comme le sulfate ferreux FeSO₄) avec une source de phosphate (tel que l’acide phosphorique H₃PO₄) en solution aqueuse. Cette simplicité de production, combinée à sa disponibilité locale, ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de ce type de batterie au Maroc.

En complément de ses sites historiques majeurs situés à Benguerir et à Khouribga, le groupe OCP, dans le cadre de son programme stratégique (SP2M), prévoit d’étendre ses activités dans deux nouvelles zones : Mzinda-Safi et Meskala-Essaouira.

Le projet du corridor Mzinda-Safi ambitionne d’atteindre, d’ici 2028, une capacité de production annuelle de 12 millions de tonnes de roche, de 3 millions de tonnes d’acide phosphorique et de 8,4 millions de tonnes d’engrais.

Concernant le corridor Meskala-Essaouira, l’objectif est de parvenir, à l’horizon 2030, à une capacité annuelle de 20 millions de tonnes de roche, de 1 million de tonnes d’acide phosphorique et de 2 millions de tonnes d’engrais.

Pour s’inscrire dans l’ère de la mine 5.0, ces nouveaux projets miniers devront intégrer une combinaison d’innovations technologiques et d’approches responsables. Au cœur de cette transformation figurent les technologies digitales avancées comme l’automatisation intelligente des processus, l’Internet des objets (IoT) et l’intelligence artificielle, qui permettront d’optimiser les opérations minières.

Parallèlement, l’exploitation des ressources non conventionnelles et l’adoption massive d’énergies renouvelables (solaire et éolien) viendront compléter cette modernisation technologique. Ces avancées s’accompagneront d’une démarche durable rigoureuse, intégrant pleinement les principes du développement durable pour minimiser l’impact environnemental.

La mine d’étain d’Achemmach (province de Khemisset)

L’étain est un métal stratégique pour les batteries grâce à sa grande capacité théorique de stockage du lithium, surpassant ainsi le graphite. Allié à d’autres matériaux comme le silicium ou le carbone, il gagne en stabilité et résout les problèmes liés à son expansion lors des cycles de charge et de décharge, ouvrant la voie à des batteries plus performantes et durables.

Au-delà des batteries, l’étain, souvent sous forme d’alliage, est de plus en plus utilisé dans les composants électroniques, les panneaux photovoltaïques, les pièces d’automobiles…

Dans le monde, la majorité des réserves mondiales en étain sont détenues par la Chine à hauteur de 38%, alors qu’en Afrique, la République démocratique du Congo et le Rwanda possèdent les plus grandes réserves.

Le projet Achemmach, situé à environ 50 km au sud-ouest de Meknès, est sorti de sa léthargie grâce à l’acquisition en mai 2024 de Samine, ancienne filiale de Managem. Cette acquisition a permis d’étendre le corridor minier de 5 km entre Achemmach et Bou El Jaj, doublant ainsi le potentiel en étain de la région. Les ressources totales estimées s’élèvent désormais à 39,1 millions de tonnes à une teneur de 0,55 % Sn, contenant 213.000 tonnes d’étain.

Sur le plan géologique, les minéralisations d’étain d’Achemmach et de Djebel El Hammam présentent des similitudes, étant toutes deux hébergées dans des roches sédimentaires altérées par la tourmaline. Cependant, elles se distinguent par leur profondeur : si le gisement d’Achemmach est enfoui en profondeur, nécessitant une exploitation souterraine, celui de Djebel El Hammam affleure en surface, offrant des perspectives d’exploitation à ciel ouvert, plus économiques et prometteuses pour l’entreprise.

Ces nouveaux développements, couplés à de nouvelles nominations managériales et à des financements additionnels, marquent un tournant décisif pour ce projet, longtemps retardé par des difficultés financières. Cette fois, l’acquisition de Samine devrait significativement réduire les coûts, puisque l’usine de traitement de l’ancienne mine d’El Hammam pourrait être réutilisée pour le projet Achemmach.

Une décision d’investissement finale (FID) est attendue avant la mi-2025, ouvrant la voie au lancement de la construction. À terme, ce projet renforcera la souveraineté minière du Maroc en ajoutant l’étain à la liste des métaux produits dans le pays.

D’autres projets prometteurs pour l’industrie des batteries

A coté de ces projets de mines, plusieurs travaux d’exploration sont actuellement menés par l’ONHYM et des opérateurs privés qui, ces dernières années, ont accru leurs investissements dans le secteur minier.

Parmi les métaux critiques dont le Maroc manque, figure le graphite. Actuellement, l’ONHYM conduit des travaux de développement pour dérisquer un prospect de graphite situé au niveau de Jbilet, dans les environs de Marrakech.

Mais avant que cela ne puisse se concrétiser, le groupe Falcon Energy Materials prévoit la construction d’une usine de production d’anodes avancées à Tanger, avec une capacité cible de 25.000 tonnes par an. L’usine s’approvisionnera en graphite auprès d’une mine actuellement en cours de construction, exploitée par le même groupe en Guinée.

Ce projet est porté par la société canadienne SRG Mining, avec Benoit LaSalle (également directeur de AYA Gold & Silver) à la présidence du conseil d’administration de Falcon. Il bénéficie également du soutien financier de La Mancha Resources, détenue par l’homme d’affaires Naguib Sawiris.

Parallèlement au développement du graphite, l’exploration d’un autre composant majeur des batteries progresse. Piloté par Lithium Africa, une entreprise basée à Singapore, ce programme débutera par la prospection du lithium dans la région de Bir El Mami, avant d’étendre les prospections à trois autres sites identifiés notamment au niveau de l’Anti-Atlas.

À la fin, ce qui permettra d’accélérer davantage l’exploration des métaux critiques et de soutenir la souveraineté industrielle du Maroc, notamment celle liée à la transition énergétique, c’est la prochaine réforme du code minier. Cette réforme introduira plusieurs innovations, comme la création d’un cadastre minier pour plus de transparence et de gouvernance, la mise en place d’une Commission nationale des minéraux stratégiques et critiques sous tutelle ministérielle, ainsi que l’établissement d’une liste officielle de ces minéraux.

Le secteur minier profite de l’envolée des métaux et brille en bourse

Le secteur minier s’impose comme l’un des grands gagnants de ce début d’année à la Bourse de Casablanca. L’indice des mines a augmenté de 32,8%, passant de 38.225 points en janvier à 50.765 points au 21 février.

Cette dynamique repose sur une combinaison de facteurs favorables : envolée des métaux précieux et hausse du dollar.

Managem mène la tendance avec une hausse de 36,5%, suivie de SMI (24,3%). CMT, en revanche, reste en retrait avec une baisse de 7,8%.

L’or et l’argent évoluent toujours à la hausse, ce qui renforce l’attractivité du secteur. La vigueur du dollar joue aussi un rôle important. Mais la dynamique peut-elle se maintenir ? Jusqu’où les minières peuvent-elles aller ?

Un secteur porté par la flambée des métaux et un dollar robuste

Les métaux s’apprécient en raison des incertitudes économiques et des politiques monétaires encore prudentes.

L’or et l’argent poursuivent leur hausse, ce qui renforce l’attractivité des minières. « L’or dépasse désormais les 2.900 USD, contre un peu plus de 2.600 USD en janvier. Tant que cette dynamique se maintient, le marché restera acheteur », commente un analyste de la place.

L’argent, dont l’utilisation industrielle ne cesse d’augmenter, suit une trajectoire similaire. Ce métal est très recherché dans la transition énergétique et l’électronique, ce qui alimente la demande et, par conséquent, la performance des sociétés minières spécialisées comme SMI.

Le dollar fort constitue un autre levier essentiel. « Un billet vert solide amplifie l’attractivité des matières premières et améliore la rentabilité des exportateurs. Ce facteur, combiné à la hausse des métaux, explique l’intérêt grandissant pour les minières marocaines », poursuit la même source.

Managem attire une demande massive en raison de son positionnement sur plusieurs métaux stratégiques

L’intérêt des investisseurs se concentre principalement sur Managem et SMI, dont les volumes échangés ne cessent d’augmenter. « Managem attire une demande massive en raison de son positionnement sur plusieurs métaux stratégiques. L’action bénéficie d’un alignement parfait entre des fondamentaux solides et une tendance favorable du marché », souligne-t-il.

À l’inverse, CMT peine à suivre. « Son niveau de valorisation reste attractif. Les investisseurs ne tarderont pas à y voir une opportunité de rattrapage ». La société évolue en décalage par rapport au reste du secteur, mais son retard pourrait rapidement être comblé si le marché se tourne vers des valeurs sous-évaluées.

Avec de telles performances, faut-il considérer ces valeurs comme des actions de croissance à long terme ? Pas vraiment. « Les valeurs minières restent avant tout des valeurs cycliques. Leur performance dépend directement des fluctuations des matières premières. Elles connaissent des phases d’expansion spectaculaires lorsque les métaux montent, mais subissent aussi des corrections lorsque le cycle se retourne », explique l’analyste du marché.

Contrairement aux valeurs technologiques ou industrielles qui reposent sur une croissance structurelle, les minières évoluent en fonction de l’offre et de la demande mondiales sur les matières premières. Elles restent donc sensibles aux changements de conjoncture économique et aux politiques monétaires des grandes banques centrales.

Jusqu’où peut aller la hausse ?

Le secteur minier s’affirme comme l’un des segments les plus dynamiques de la Bourse de Casablanca en 2025. Tous les signaux laissent penser que la tendance haussière va encore durer. L’envolée des métaux, la solidité du dollar et l’intérêt croissant des investisseurs maintiennent un environnement propice à la poursuite de cette dynamique.

« Les bases restent solides. Les métaux précieux affichent des niveaux élevés, et la demande industrielle sur des métaux comme le cuivre et l’argent continue d’augmenter. Dans ces conditions, les minières devraient rester bien orientées dans les mois à venir », explique-t-il.

L’optimisme reste de mise sur Managem et SMI, qui attirent toujours un flux important d’acheteurs. « Les volumes montrent que le marché croit encore au potentiel de hausse. Tant que l’or et l’argent maintiennent leur élan, les minières continueront de progresser », ajoute l’expert.

Les bases restent solides. Les métaux précieux affichent des niveaux élevés, et la demande industrielle sur des métaux comme le cuivre et l’argent continue d’augmenter

Toutefois, après une telle envolée, des ajustements de consolidation restent possibles. « Des phases de stabilisation sont naturelles après une forte hausse. Mais pour l’instant, rien n’indique un retournement brutal. Le secteur reste l’un des plus solides en bourse cette année », conclut-il.

L’enjeu des prochaines semaines sera donc d’observer l’évolution des prix des métaux et les flux d’investissement, qui détermineront si cette ascension peut se prolonger ou si le marché amorcera une consolidation.

Hassan Boulaknadal nommé président du conseil d’administration de la CMT

Après la tenue de l’assemblée générale mixte (ordinaire annuelle et extraordinaire) des actionnaires de la Compagnie Minière de Touissit (CMT) le jeudi 5 décembre, un conseil d’administration s’est réuni le 6 décembre. Lors de cette réunion, Hassan Boulaknadal a été nommé président du conseil d’administration.

« Un conseil d’administration de la société a été tenu en présence de l’ensemble des administrateurs le composant, notamment pour prendre acte de la cessation du mandat de président-directeur général Luc Gérard Nyafe. Le conseil d’administration a ensuite décidé de dissocier les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général, et a nommé Hassan Boulaknadal en qualité de président du conseil d’administration avec effet immédiat pour la durée de son mandat d’administrateur », précise un communiqué de la CMT.

Lors de l’assemblée générale mixte, des changements significatifs ont été opérés au sein du conseil d’administration. Quatre administrateurs, dont Luc Gérard Nyafe, ont vu leurs mandats arriver à échéance, tandis que de nouveaux membres ont été nommés.

Parmi eux figurent Kawtar Johrati et Hassan Boulaknadal, ce dernier ayant été désigné président du conseil d’administration. Parallèlement, Abdellah Mouttaqi a été nommé directeur général avec effet immédiat, à la suite de la proposition du conseil d’administration.

Le conseil d’administration de la société est désormais composé comme suit :

Il est à noter que le 3 décembre 2024, le conseil d’administration de la CMT a pris acte de la démission de Luc Gérard Nyafe de ses fonctions de président-directeur général et d’administrateur. Afin d’assurer une transition harmonieuse, l’ancien PDG s’était engagé à continuer à exercer ses fonctions temporairement, pour une durée maximale de trois mois.

Luc-Gérard Nyafé, PDG de la CMT, condamné à la prison avec sursis et à une amende de 827 MDH

La section des infractions douanières du tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ a condamné, le 15 octobre dernier, Luc-Gérard Nyafé, PDG de la Compagnie minière de Touissit (CMT), à six mois de prison avec sursis et au versement, ferme et solidaire, avec une société dont il est le représentant légal (CMT), de la somme de plus de 827 millions de DH au profit de l’Administration des Douanes.

C’est ce qu’indique le portail du ministère de la Justice Mahakim.ma, qui ne précise pas le nom de la société en question.

Pour tout savoir sur cette affaire, consultez nos différents articles ici.

 

Compagnie Minière de Touissit. Le chiffre d’affaires a atteint 281 MDH à fin juin 2024

Le chiffre d’affaires enregistré par la CMT a atteint 281 MDH, en hausse de 2,1% par rapport à la même période de 2023. Cette progression s’explique par une stabilité de la production et une augmentation des cours des métaux, notamment de l’argent, qui ont permis de compenser des défis opérationnels ponctuels.

Le résultat d’exploitation consolidé s’établit à 144 MDH, en ligne avec la dynamique de croissance du groupe. Le résultat net consolidé part du groupe ressort à 93 MDH, en progression de 3,3% par rapport à 90 MDH enregistrés au premier semestre 2023.

Le résultat net consolidé part du groupe atteint 93 MDH, en hausse de 3,3% par rapport aux 90 MDH enregistrés au premier semestre 2023. Cette performance confirme la résilience du groupe dans un contexte marqué par des variations des coûts et des investissements continus dans les projets miniers.

La compagnie a poursuivi ses investissements, notamment sur le site de Tighza, où les travaux pour le nouveau puits progressent. Par ailleurs, CMT poursuit le développement de son projet cuprifère à Tabaroucht, avec une première étude d’impact en cours et la préparation des travaux de recherche.

CMT : revirement, les opérations classées ont été déclassées par le parquet à la demande des Douanes

Le mercredi 21 février, le groupe minier CMT a publié un communiqué qui laisse transparaître un revirement de situation.

En effet, le groupe annonce dans son nouveau communiqué les éléments suivants : « La Compagnie Minière de Touissit a été informée que dans le cadre du contentieux avec l’Office des Changes, le parquet, à la demande expresse de l’Administration des Douanes, a ordonné le déclassement des opérations précédemment classées. »

Le groupe informe également que « le parquet a transmis le dossier en l’état au Tribunal afin de le voir statuer sur l’ensemble des opérations considérées comme irrégulières par l’Office des Changes ».

Cela traduit un revirement de situation par rapport à la dernière annonce effectuée par la compagnie le 30 janvier dernier.

Cette nouvelle annonce de la CMT a fait plonger le cours en bourse. A la mi-séance du 21 février, le titre perdait 8,85% à 1.319 dirhams.

CMT-Douane : le montant litigieux considérablement réduit

Dans un communiqué diffusé ce mardi 30 janvier, la Compagnie minière de Touissit (CMT) revient sur l’évolution de son litige avec l’Administration des douanes. Il y a eu en effet une évolution majeure qui ramène le principal litigieux de 376 MDH à seulement 5 millions de DH. Et le nombre d’opérations suspectées d’être des infractions, de 6 à une seule.

« Monsieur le Procureur du Roi saisi par ladite administration conformément à la loi, après enquête et instruction du dossier, n’a retenu qu’une seule opération comme pouvant présenter un caractère irrégulier. Cette dernière opération porte sur un montant de 5.110.626,90 MAD et l’amende y afférente, si le Tribunal, désormais en charge du dossier, considérait qu’il s’agissait effectivement d’une infraction, serait équivalente à six fois cette somme », informe la CMT.

Pour rappel, à la suite du contrôle effectué par l’Office des changes, CMT avait été notifiée, le 23 octobre 2023, de l’existence d’opérations considérées comme des infractions, totalisant un montant de 376.157.000 MAD, pour lesquelles l’Administration des douanes avait procédé à une saisie conservatoire sur le fonds de commerce de la CMT.

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CMT : le chiffre d’affaires progresse de 13% à 437 MDH à fin septembre 2023

Le chiffre d’affaires du troisième trimestre 2023 ressort à 162 MDH en baisse de 6%, essentiellement en raison d’une légère réduction de la production (le trimestre comptant 2 jours ouvrés de moins), ainsi que de la baisse des cours du plomb et du zinc au niveau international.

« Le troisième trimestre a été marqué par la mise en service de la machine d’extraction du nouveau puits (de Tighza, ndlr) et le lancement du creusement des cheminées et des galeries, ayant mobilisé un investissement total de 350 MDH financé en fonds propres », a déclaré Luc-Gérard Nyafe, président directeur général de CMT, dans un communiqué.

« La prochaine étape consiste dans la préparation de l’accès aux chantiers de minerais pour une mise en production effective au cours du troisième trimestre 2024. Avec une profondeur actuelle de plus de 1.113 mètres, le nouveau puits de Tighza sera l’un des plus profonds d’Afrique du Nord et illustre le savoir-faire et l’expertise de CMT », poursuit Luc-Gérard Nyafe. Il précise que ce nouveau puits devrait permettre d’augmenter la capacité de 10% sur le quatrième trimestre 2024, de 20% en 2025 et de 30% en 2026.

« L’année 2023 devrait être, en termes de chiffre d’affaires, un record historique pour CMT, bien que la baisse des cours des métaux ait impacté les ventes du troisième trimestre », conclut-il.

Les investissements se sont établis à 70 MDH à fin septembre 2023, en baisse de 4% en glissement annuel. Une baisse qui s’explique principalement par l’aboutissement du projet du nouveau puits et la finalisation des dernières étapes avant son exploitation. Les investissements réalisés portent également sur le développement du site minier de cuivre de Tabaroucht.
Par ailleurs, l’endettement net consolidé s’établit à 503 MDH et augmente ainsi de 78% par rapport à fin 2022.