Collectivités territoriales : mise en place du registre des biens immobiliers
Publié au Bulletin officiel du 9 février 2023, un arrêté conjoint du ministre de l’Intérieur et de la ministre des Finances vient fixer le modèle du registre des biens immobiliers des collectivités territoriales, en application de l’article 3 de la loi 57-19, relative à la gestion de ces biens.
Cet article dispose que chaque collectivité territoriale doit tenir son registre, divisé en deux parties : l’une pour ses biens publics et l’autre pour ses biens privés. Objectif : assurer une transparence en matière de gestion des biens immobiliers et contribuer ainsi à résoudre la problématique de l’apurement des biens immobiliers, relevée lors de l’examen du projet de loi au Parlement.
En effet, ces biens constituent “une source importante permettant de créer des ressources durables des collectivités territoriales”, et un élément central dans “l’application du programme de développement territorial”, ainsi qu’un mécanisme important pour “promouvoir et encourager l’investissement”.
Un recensement détaillé
Ce texte est venu répondre à une problématique qui a fait l’objet de plusieurs alertes, notamment par la Cour des comptes qui a relevé dans ses rapports les défaillances des collectivités territoriales dans la gestion de leurs biens immeubles. Certaines ne disposent pas des titres de propriété de leurs biens et n’entreprennent aucune action pour en régulariser la situation juridique.
Désormais, à travers ces registres, seront recensés les biens publics, privés, inscrits à la conservation foncière et ceux en cours d’inscription, mais aussi ceux qui ne le sont pas, les biens acquis, cédés, les biens objet d’expropriation ou de location, ainsi que ceux mis à la disposition de l’Etat, d’autres collectivités territoriales ou d’établissements publics.
Ainsi, conformément au modèle annexé à l’arrêté ministériel, le président du conseil de la collectivité territoriale “est chargé de gérer le registre dans lequel sont recensés tous les biens immobiliers que possède la collectivité territoriale”, avec toutes leurs caractéristiques (nature du bien, superficie, situation juridique, détails du lieu où il se trouve, etc.). Il est également chargé de “numéroter et signer chacune de ses pages”, sachant que le registre peut prendre une forme immatérielle.
Une fois mis à jour, il est chargé de le publier à travers “tous les moyens de publicité adéquats, notamment le portail national des collectivités territoriales”. Mais aussi, de “déposer une copie au siège de la collectivité territoriale, à disposition des intéressés”.