Partenariat entre le ministère de l’Industrie et du commerce et AWB pour digitaliser le commerce

Paraphée par le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour et le président du groupe Attijariwafa Bank, Mohamed El Kettani, cette convention vise à accompagner les commerçants dans leur dynamique de croissance tout en leur fournissant les outils nécessaires à leur pérennisation et à leur prospérité à l’ère numérique, précise un communiqué conjoint.

À travers cette convention, les deux parties mettront en place un dispositif intégré de sensibilisation et d’accompagnement visant à promouvoir le commerce électronique et la digitalisation des commerçants, une catégorie clé de l’économie nationale, poursuit la même source.

« Nous avons signé aujourd’hui une convention avec une banque leader sur le marché national et continental, visant à renforcer l’inclusion financière des commerçants tout en dynamisant le commerce électronique », a précisé le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, dans une déclaration accordée à Médias24.

Une complémentarité entre commerce électronique et commerce de proximité

« Il n’existe aucune opposition entre le commerce électronique et le commerce de proximité. Bien au contraire, ils se complètent et se renforcent mutuellement », a expliqué Ryad Mezzour.

Selon le ministre, les plateformes de vente en ligne permettent d’augmenter les revenus des commerçants de proximité d’environ 30% en moyenne. Pour certains secteurs comme la restauration, « cette hausse peut atteindre 100%, leur permettant ainsi de doubler leur chiffre d’affaires grâce aux commandes en ligne.

Le commerçant de proximité, acteur clé du dernier kilomètre

« D’autre part, le commerçant de proximité peut jouer un rôle stratégique en tant qu’acteur clé du dernier kilomètre pour les plateformes de commerce électronique », a souligné le ministre.

Dans un marché où 80 à 90% des transactions en ligne sont post-payées, la gestion des livraisons représente un enjeu majeur. « Dans 20% des cas, les colis livrés ne trouvent pas preneur à l’adresse indiquée », a-t-il précisé.

Pour répondre à cette problématique, les commerçants de proximité peuvent devenir des tiers de confiance entre les plateformes et les consommateurs. « Ils peuvent réceptionner la marchandise, en vérifier la qualité et avancer le paiement pour le client, garantissant ainsi une transaction fluide », a expliqué M. Mezzour.

Cette approche permet aux plateformes de réduire les 20% de retours, d’optimiser leurs coûts logistiques, tout en offrant une rémunération aux commerçants de proximité pour le service rendu.

Attijariwafa Bank s’engage pour l’inclusion financière des commerçants et des TPE

« À travers cette convention, nous soutenons le commerçant et nous travaillons avec nos amis du ministère et avec tout l’écosystème du commerce électronique du Maroc pour développer l’utilisation des moyens de paiement chez les commerçants de proximité », a déclaré Khalid Lakhiari, représentant du marché de la TPE à Attijariwafa Bank.

 « Nous essayons de pousser pour améliorer les revenus en les aidant et en les sensibilisant à accéder au monde du digital », a-t-il précisé.

Une collaboration avec les startups pour des solutions adaptées

L’accompagnement des commerçants passe aussi par une collaboration étroite avec l’ensemble des acteurs du secteur. « On travaille avec tous les intervenants, notamment avec les startups qui sont très actives dans ce domaine pour trouver des solutions spécifiques au secteur », a affirmé Khalid Lakhiari.

« Nous cherchons également à développer des solutions de bancarisation pour aller vers une inclusion financière généralisée chez les commerçants et chez les TPE au niveau du Maroc », a conclu le représentant d’Attijariwafa Bank.

À Mohammédia, l’emblématique souk de Louizia a été définitivement fermé

Souk El Had, Had Louizia, Souk Beni Yakhlef. Plusieurs dénominations pour ce marché hebdomadaire mythique qui se tenait depuis trente-huit ans dans la commune rurale de Beni Yakhlef, anciennement appelée Saint-Jean de Fédala.

Le dimanche 29 décembre 2024 était un jour mémorable, mais également triste pour les commerçants et les milliers de personnes qui affluaient vers ce souk pour rechercher une rare pièce de rechange, faire le plein de fruits et de légumes frais, s’habiller pour trois fois rien ou tout simplement manger des beignets et se dégourdir les jambes. Les inconditionnels des souks et des joutiyas sont légion, et ceux de Had Louizia ne dérogent pas à la règle.

Dans ce souk, célèbre au Maroc et même ailleurs, on trouvait de tout et on faisait commerce de tout. Le cash coulait à flots, et beaucoup de monde y trouvait son compte.

L’annonce de la mise à mort du souk, à l’entrée de la commune de Beni Yakhlef.

Quelques jours avant la date fatidique du 29 décembre 2024, la commune de Beni Yakhlef a affiché une large banderole à l’entrée de la localité pour informer que le souk allait être fermé à la date indiquée. Une décision qui a plongé des milliers de commerçants dans le désarroi.

Une décision vieille de plusieurs années

Prise il y a déjà plusieurs années, la décision de saborder le souk de Louizia n’avait jamais été concrétisée. Jusqu’au mois de février 2024, quand le conseil communal a voté une résolution dans ce sens. Il a été décidé de déplacer ce souk dans la commune rurale de Sidi Moussa El Majdoub près de l’école agricole, et tout avait été préparé bien avant.

Un terrain de 11 hectares a été prévu pour les besoins de ce souk grâce à une convention multipartite impliquant les deux communes concernées, le conseil de la région de Casablanca-Settat et le ministère de l’Intérieur, avec un budget dépassant 10 millions de DH.

Les communes de Beni Yakhlef et de Sidi Moussa El Majdoub vont co-gérer le nouveau souk pendant une dizaine d’années avant que cette gestion ne soit assurée exclusivement par la deuxième.

Interrogé par Médias24, le président de la commune de Beni Yakhlef nous renvoie cette réponse laconique : « Écoutez, c’est une décision prise par les autorités locales et validée par la tutelle [ministère de l’Intérieur, ndlr]. Je n’ai rien à rajouter ». Saïd Rafik (PAM) ne veut rien savoir d’autre quand on lui demande le sort qui sera réservé aux commerçants. Car ces derniers donnent de la voix depuis qu’ils ont eu vent de la décision de fermer leur souk.

Dans un mouvement de protestation massif, ils ont refusé de rejoindre le terrain qui leur a été réservé à Sidi Moussa El Majdoub, et nombre d’entre eux ont mis le cap sur Souk Swisra dans la commune rurale de Fdalate. Mais jusqu’à quand ?

Dimanche 5 janvier, des commerçants, dont certains n’étaient pas au courant de la décision des autorités, ont essayé de s’y rendre, en vain. Dès la veille, un important dispositif de forces de l’ordre avait été placé aux entrées de Beni Yakhlef et sur le désormais ex-emplacement du souk.

Les mégaphones se sont tus

Un responsable local, sous le sceau de l’anonymat, explique à Médias24 que la décision de fermer souk El Had a été accélérée par les autorités dans le cadre d’un plan global de réaménagement de l’ensemble de la préfecture de Mohammédia. « Il n’est plus tolérable de voir la situation générale de la ville et de sa banlieue se dégrader année après année, et il fallait appliquer la loi avec toute la fermeté nécessaire », affirme notre interlocuteur.

Quid alors des commerçants qui se plaignent d’avoir été obligés de se déplacer sur un site qui manque de tout en termes d’aménagement ? « Tout sera arrangé dans les meilleurs délais et nous allons y travailler d’arrache-pied », promet la même source.

Et qu’en pensent les habitants ? Interrogés par nos soins, beaucoup d’entre eux poussent un ouf de soulagement. « À Louizia, nous ne savions pas si nous vivions dans le milieu urbain ou rural, et ce sentiment se renforçait chaque dimanche », commente un habitant de Beni Yakhlef qui affirme qu’il a enfin pu faire la grasse matinée le 5 janvier.

Source de revenus pour des milliers de personnes, le souk était vécu comme un calvaire pour les habitants. Chaque dimanche, il était impossible de quitter la commune entre 11 h et 17 h. La circulation était bloquée sur tous les axes envahis par les commerçants. Des mégaphones branchés à des enregistrements braillaient des réclames toute la journée. Toutes sortes de déchets s’amoncelaient ici et là et, le soir venu, les travailleurs de la commune, dépassés, les brûlaient sur place. Mais il y a pire. Ces dernières années, de nombreux commerçants commençaient à s’installer sur place dès le samedi après-midi, notamment les marchands de friperie et les gargotiers.

« Pendant le Ramadan, c’est souk tous les jours dès 14 h ou 15 h, et c’est devenu invivable », commente une jeune habitante de cette commune de 117.649 habitants selon les RGPH de 2024, qui fait office de petite cité-dortoir de Mohammédia. « J’en ai fait à maintes reprises l’expérience. Les légumes et les fruits sont moins chers dans les marchés de Mohammédia. Que nous apporte alors ce souk à part les odeurs nauséabondes, entre autres nuisances ? », s’interroge la jeune femme.

Effectivement, l’une des nuisances de ce souk était que l’abattoir, n’étant relié à aucun réseau d’assainissement, déversait directement ses eaux usées sur la chaussée de la route traversant la commune de bout en bout. Pendant l’été, on vous laisse imaginer le calvaire du voisinage, et il fallait y patauger les saisons suivantes.

Mais, que cela fasse des heureux ou des mécontents, Souk El Had avec ses commerçants accueillants et honnêtes, ses charlatans et ses armées de pickpockets et de mendiants, c’est désormais de l’histoire ancienne.

Les pelleteuses sont passées par là. Dès le lundi 30 décembre 2024, les autorités en ont rasé les vestiges, préparant le terrain, espèrent les habitants, à d’autres travaux de réaménagement.

Le groupe Marjane prévoit de mettre en service sa plateforme de frais en 2025

Dans un secteur déstructuré, le groupe Marjane prévoit de passer à la vitesse supérieure pour apporter davantage de valeur ajoutée à sa clientèle. Après la « filière M« , qui lui permet d’assurer en amont l’approvisionnement de ses surfaces de produits frais contrôlés, l’opérateur a mobilisé un investissement d’environ 100 millions de DH pour construire sa plateforme de frais complète, apprend-on de source sûre.

Mise en service prévue vers février-mars 2025

Selon nos informations, la construction de cette plateforme a démarré en février 2024 pour une opérationnalisation prévue en février ou mars 2025. La durée des travaux est fixée à une année.

Il s’agit, concrètement, d’une plateforme de centralisation complète des produits frais (fruits, légumes, viandes rouges, poisson…), pour garantir le respect de la chaîne de froid sur tout le circuit.

Ces produits seront directement transportés depuis les champs jusqu’à ladite plateforme en camions frigorifiques, pour les y entreposer avant de les livrer aux magasins du groupe, dans le respect des normes en vigueur et, spécifiquement, de la chaîne de froid.

Outre la vente de ces produits frais à l’état brut, cette plateforme servira également pour leur transformation et la création de valeur ajoutée. Elle permettra notamment d’accompagner l’expansion des magasins de proximité du groupe, à savoir les Marjane City lancés en novembre 2023. Ils seront fournis directement de barquettes et de sous-vides de viande d’abats par exemple, ou encore de saucisses fabriquées dans les ateliers Marjane…

En effet, le chiffre d’affaires de ces magasins de petite taille ne leur permet pas de supporter les frais supplémentaires d’un boucher sur place, comme on le voit au niveau des supermarchés et hypermarchés du groupe Marjane.

Une plateforme pour gérer 20.000 tonnes de fruits et légumes par mois

Cette plateforme est basée à Casablanca. Selon nos sources, elle est attenante à l’entrepôt logistique du groupe qui se trouve à Sapino, l’objectif étant de mutualiser les ressources et la logistique.

Marjane pourrait également mobiliser, au départ de cette plateforme, des camions bi-températures avec deux compartiments, un réfrigéré et un autre non réfrigéré, qui pourront, à la bonne fréquence, alimenter les villes éloignées telles que Tanger, Laâyoune ou Guelmim.

La mise en service de cette plateforme bénéficiera également au consommateur. Grâce à cette logistique optimisée, ce dernier bénéficiera de produits frais livrés fréquemment, ce qui garantit une fraîcheur et une qualité constantes. Les magasins de Tanger seront par exemple livrés tous les jours, dans le respect de la chaîne de froid. Les économies d’échelle permettront par ailleurs au groupe de réduire ses coûts, rendant les produits plus accessibles.

En termes de quantité, le groupe prévoit d’y gérer près de 20.000 tonnes de fruits et légumes par mois, et 26.000 carcasses de viande par an.

Bien que la plateforme traitera l’ensemble des produits frais (fruits, légumes, viandes, poissons), la « filière M » occupera une place prépondérante.

Ce projet novateur marque une avancée majeure dans le secteur du frais et de la grande distribution au Maroc. Alliant transformation, logistique et respect des normes les plus strictes, cette plateforme devrait transformer durablement l’expérience consommateur et le paysage de la distribution.