Le GAM et l’UACC adoptent une Charte de confiance agences-annonceurs

Le Groupement des Annonceurs du Maroc (GAM) et l’Union des agences conseil en communication (UACC) ont adopté, mardi 26 mars à Casablanca, une Charte de confiance agences-annonceurs.

Paraphée par le président du GAM, Youssef Cheikhi, et la présidente de l’UACC, Maria Aït Mhamed, la charte de la relation Agences-Annonceurs, deuxième en son genre en succédant à la première Charte de 2012, a été dévoilée lors de la 8e édition du Grand ftour des annonceurs, un événement annuel porté par le GAM qui marque, cette année, le 40e anniversaire de la fondation du groupement.

Cette charte ambitionne d’établir un cadre de référence pour l’exercice de la profession en soulignant l’importance de la transparence, de la responsabilité et de l’éthique. Elle intègre les insights d’études qualitatives et quantitatives approfondies, ainsi que les leçons tirées de benchmarks internationaux.

Elle est accompagnée d’un guide des bonnes pratiques, conçu pour couvrir toutes les étapes de la relation annonceurs-agences, symbolisant une étape majeure vers l’auto-régulation et la maturité de l’industrie publicitaire marocaine.

L’information financière en débat ce jeudi à l’UIR

Cette conférence se déroulera à l’auditorium de Rabat Business School, au sein de l’Université internationale de Rabat (UIR). Elle vise à éclairer l’importance et l’impact de l’information financière dans le cadre de la durabilité et des évolutions des normes IFRS. L’événement réunira les experts suivants :

Emmanuel Millard, président national de la DFCG, président de l’ICFOA, vice-président de l’IAE Paris1 Panthéon Sorbonne et secrétaire général du groupe Endrix.

Mehdi Aouni, directeur chez PWC Maroc et membre de l’Association marocaine des consolideurs financiers (AMCF).

Yasser Monsif, chef de département des opérations et des informations financières à l’Autorité marocaine du marché des capitaux.

Omar Benaicha, directeur des services de développement durable chez Certi Trust Group.

Youssef Cheikhi (GAM) : « L’African Digital Summit peut contribuer à accélérer la transformation digitale en Afrique »

L’African Digital Summit, cette grand-messe des annonceurs, s’adresse principalement aux acteurs et décideurs du marketing, de la communication, du digital et des médias, ainsi qu’aux dirigeants des petites et moyennes entreprises (PME).

Objectif : leur permettre de s’informer sur les dernières tendances, de repenser leur stratégie et de préparer le futur. Quelque 2.000 participants issus d’une trentaine de pays africains et d’ailleurs sont attendus pour cette édition au format hybride, avec un programme riche et diversifié. C’est ce que nous dévoile Youssef Cheikhi, président du Groupement des annonceurs du Maroc (GAM), organisateur de l’évènement.

Médias 24 : Quelles sont les nouveautés de cette 5e édition ?

Youssef Cheikhi : L’African Digital Summit se présente comme une plateforme de rencontre pour les annonceurs, les marketeurs, les professionnels du digital, les agences de communication et les médias, afin de décrypter les tendances, de les adopter et de s’y adapter. Cette 5e édition se caractérise par un format hybride, permettant d’accueillir des experts venus de pays africains et d’ailleurs, tout en étant accessible partout dans le monde via une plateforme dédiée.

Nous avons cherché à innover en proposant un programme plus riche et diversifié, et en abordant des sujets tels que le Metaverse, la création de contenus et l’intelligence artificielle. Ce dernier sujet est particulièrement mis en avant, avec une plateforme dédiée qui intègre une IA favorisant le networking et la mise en relation des participants. Cette dimension de networking est également présente à travers un format original, les ADS Executive Discussions, qui permettent des échanges approfondis entre des experts et des hauts cadres.

Enfin, nous avons invité des intervenants reconnus pour offrir des master class, un format particulièrement pertinent dans ce contexte. Nous espérons que ces nouveautés contribueront à rendre cette édition encore plus riche, interactive et productive pour l’ensemble des participants. 

-L’African Digital Summit est une rencontre annuelle pour discuter des dernières tendances, repenser les stratégies et préparer le futur. A ce titre, l’intelligence artificielle et ses applications ont été au cœur des débats ces dernières semaines. Le seront-elles dans le cadre de cette édition ?

-Absolument. C’est un sujet majeur pour l’ensemble de l’industrie du marketing et de la communication. Nous avons invité des intervenants spécialisés dans l’intelligence artificielle et ses applications dans notre domaine, afin d’aborder ce sujet sous différents angles : l’impact de l’IA sur les stratégies marketing, les outils et plateformes populaires, les dernières tendances et innovations, entre autres. Diverses keynotes et master class en ont d’ailleurs fait leur principale thématique, ce qui promet des échanges passionnants et des apprentissages accélérés.

L’IA est en train de transformer la manière dont les entreprises abordent leur stratégie de communication et de marketing.-Qu’en est-il du marketing et de la communication en matière d’intelligence artificielle ? Et plus précisément au Maroc ?

-Effectivement, l’IA est en train de révolutionner de nombreux domaines, du commerce à la santé en passant par l’industrie. Le marketing et la communication ne font pas exception. L’IA est en train de transformer la manière dont les entreprises abordent leur stratégie de communication et de marketing.

Au Maroc, les annonceurs ont commencé à intégrer l’IA dans leurs stratégies de marketing, notamment pour personnaliser leur approche auprès de leur public cible et optimiser leur retour sur investissement. Certains l’utilisent même dans la production de contenus, le pilotage de projets et l’élaboration de plans d’action. Nous voyons également émerger des start-up marocaines qui se spécialisent dans les technologies de l’IA pour le marketing et la communication. Tout cela témoigne de l’intérêt croissant pour cette technologie dans notre pays.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour généraliser l’utilisation de l’IA. Nous sommes encore au début de cette transformation ; il est important de continuer à investir dans la recherche et le développement pour que les entreprises marocaines puissent bénéficier pleinement des avantages offerts par cette technologie. Elles ont un rôle pivot à jouer dans l’adoption et la démocratisation des outils qui voient le jour actuellement. L’African Digital Summit est justement l’occasion de discuter de ces enjeux et d’explorer les opportunités de l’IA pour l’avenir de notre secteur.

-L’ADS Digital Garden abrite les start-up technologiques africaines. Lesquelles seront présentes ? Selon quels critères ont-elles été sélectionnées ? Quel est l’objectif de ce hub ?

-L’ADS Digital Garden est effectivement un espace réservé aux start-up technologiques africaines pour leur permettre de présenter leurs solutions et services innovants aux professionnels du secteur. Nous sommes très heureux d’accueillir plusieurs start-up prometteuses cette année, toutes sélectionnées selon des critères stricts relatifs à leur innovation technologique, leur pertinence par rapport aux enjeux du secteur et leur potentiel de croissance à l’échelle africaine et internationale. Ceci dit, je ne peux donner plus de détails car le processus de sélection suit actuellement son cours.

Pour répondre à la seconde partie de votre question, je dirais que l’objectif de ce hub est de permettre aux start-up de se faire connaître et de développer leur réseau professionnel. Nous sommes convaincus qu’elles ont un rôle important à jouer dans la transformation numérique de notre continent.

-Des candidatures sont ouvertes à sept catégories de contenus et solutions digitales. Quels sont les critères de sélection pour le choix des gagnants ?

-Les « Moroccan Digital Awards » visent à récompenser les annonceurs et les marques qui se distinguent dans le domaine du digital au Maroc. Ils ont pour objectif de renforcer la compétitivité sur le marché du digital et de promouvoir l’excellence dans les pratiques.

Au vu de l’étendue du champ digital, pas moins de sept catégories composent le socle des « Moroccan Digital Awards » : « Best Digital Advertising & Media Campaign », « Best Brand Content or Creativity Campaign », « Best Social Media & Engagement Campaign », « Best Use Of Big Data, Analytics & CRM », « Best Phygital Campaign », « Best Digital Innovation » et « Best Engaged Campaign ».

Un jury de professionnels, d’experts et de leaders d’opinion étudiera les candidatures afin de distinguer les gagnants. Ces distinctions s’articuleront autour de cinq critères de sélection : l’approche stratégique, l’implémentation, la créativité, l’efficience et l’innovation. Quels que soient les projets consacrés, nous sommes certains que l’excellence marocaine sera la grande gagnante de l’évènement.

Il reste encore beaucoup à faire pour accélérer cette dynamique et permettre à l’Afrique de rattraper son retard en matière digitale.-Au vu des quatre dernières éditions, estimez-vous que le secteur du digital marocain et africain s’est amélioré ? Quels en sont encore les freins ? Et les défis ?

-Absolument ! Nous avons constaté une nette évolution du secteur du digital marocain et africain. De plus en plus d’entreprises et de professionnels ont pris conscience de l’importance de l’innovation et de la transformation digitale pour leur activité. Nous avons également observé une émergence de start-up technologiques et de jeunes entrepreneurs talentueux dans toute l’Afrique, qui contribuent à créer de la valeur et à stimuler l’innovation.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour accélérer cette dynamique et permettre à l’Afrique de rattraper son retard en matière digitale. Parmi les principaux freins, je citerais le manque de financement, l’insuffisance des infrastructures de communication, le manque de formation et de compétences spécialisées, la complexité des réglementations et la faible adoption des technologies digitales par certaines entreprises.

Ce sont justement les raisons pour lesquelles l’African Digital Summit a pour vocation de rassembler les acteurs clés de l’industrie du digital, de promouvoir les bonnes pratiques, d’échanger des idées et des expériences et de favoriser les collaborations entre les entreprises, les start-up, les universités, les organismes gouvernementaux et la société civile. Nous sommes convaincus que ce type d’événement peut contribuer à accélérer la transformation digitale en Afrique et à créer un écosystème dynamique et innovant pour l’avenir.

IPO : de hauts cadres relatent leur expérience face aux défis de la communication

Le 2 février, l’agence de communication Bonzaï organisait, dans ses locaux à Casablanca, la première édition des « Bonzaï Conversations » autour de la construction de la réputation financière d’une société pour se préparer à une IPO.

Lors de l’événement, différents hauts cadres de sociétés cotées ont fait part de leur expérience et des challenges auxquels ils ont été confrontés dans la préparation de la communication autour de leur réputation financière.

Communiquer pour éclairer sur la nature de son business model

L’un des intervenants était Omar Yacoubi. Le directeur général adjoint d’Aradei Capital a évoqué le cheminement de l’entreprise jusqu’à son introduction en bourse en pleine pandémie en décembre 2020.

« Il faut clairement, bien en amont, savoir s’entourer d’experts dans certains domaines que l’entreprise elle-même ne peut pas maîtriser. L’entreprise a son cœur business sur lequel elle se concentre et cherchera des piliers dans les autres domaines sur lesquels elle peut s’adosser pour préparer travailler son image et sa crédibilité. On parle des cabinets d’avocat, des agences de communication, etc. », explique le DGA d’Aradei Capital, qui confie que la préparation de la communication pour bâtir la marque s’est préparée quatre ans avant l’IPO.

Un délai nécessaire pour faire face à l’obstacle majeur lié à la méconnaissance de son business par certains investisseurs. « Une foncière n’est pas une entreprise de promotion immobilière, contrairement à ce que tout le marché marocain à l’époque pensait. Il a donc fallu avoir tous ces contacts permanents avec le marché pour faire comprendre quel était le business model d’une foncière, avec ses composantes opérationnelle et financière, et nous souhaitions aussi comprendre les attentes de ce marché », témoigne le DGA.

S’il ne songeait pas directement à l’IPO au début de l’aventure, « le groupe pensait à des plannings de programme d’investissement, couplés à des levées de fonds pour accompagner ces investissements », indique le DGA. Aradei a pu structurer son cadre institutionnel et son fonctionnement dès 2015, avec l’arrivée au capital de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

C’est également le cas du dernier arrivant à la bourse de Casablanca en 2022, Akdital. Une communication particulière a dû être menée, étant donné la nature sensible du secteur dans lequel le groupe évolue.

Akdital a travaillé à améliorer l’image du secteur de la santé privé

Le directeur de la communication et des relations publiques d’Akdital, Abdelkoddous Hafsi, relate la création d’une stratégie de marque deux ans avant l’IPO du groupe. « Il fallait construire une marque pour raconter une histoire, car nous travaillons dans un secteur très sensible et qui a pris beaucoup de place depuis le Covid. »

La difficulté principale a été de contrer les idées présentes dans les esprits sur le secteur de la santé privée. « Il fallait commencer à construire une marque et poser ses fondements, et également à communiquer auprès du grand public pour raconter ce groupe, qui il est, ce qu’il cherche à faire, ses intentions, pour tenter de chasser les idées reçues que le secteur de la santé traîne depuis au moins deux décennies. Cela n’a pas été facile », explique le directeur de la communication.

Ce secteur, longtemps très opaque, a incité Akdital à se présenter comme une entreprise classique, avec un besoin d’investir, de se développer, etc. « Nous devions expliquer pourquoi nous étions une entreprise comme les autres et ouvrir nos portes. Inviter les leaders d’opinion et les médias pour leur faire voir comment cela se passe sur le ‘track record’ et les projets d’avenir », confie Abdelakoddous Hafsi.

Le groupe a œuvré à mettre en avant le besoin de développement d’infrastructure pour améliorer la qualité des soins apportés aux patients. « Les gens ne le savaient pas, et il fallait juste ouvrir la porte pour que cela devienne visible », poursuit-il. L’IPO est ensuite venue couronner cette totale volonté de transparence.

Retour sur l’IPO avortée de Cosmos Electro

Pour Fahd Bennani, président directeur général de Cosmos Electro, l’aventure a été plus mouvementée.

L’entreprise de distribution de produits électro-domestiques a pourtant suivi le parcours rêvé. Affichant une belle croissance de son activité, elle a pris part au programme Elite, lancé par la Bourse de Casablanca, dont l’objectif est d’accompagner des PME pour faire face aux exigences du marché et leur permettre de faire leur entrée en bourse.

Contrairement aux précédents secteurs évoqués, l’entreprise évolue dans un secteur très déstructuré. « Le programme Elite nous a permis de faire comprendre aux actionnaires, qui sont des business familiaux, que le plus important dans une entreprise n’est pas l’optimisation du résultat net, c’est la création de valeur. Comment expliquer à un actionnaire qu’en se structurant nous allons mieux performer, alors que l’intégralité du secteur est opaque et déstructurée ?, témoigne le PDG de Cosmos Electro. Le programme a donc permis de comprendre comment mieux utiliser les ressources.

Après avoir été initié à l’intérêt de la transparence et de la communication via le programme Elite, le groupe a entamé ses démarches pour effectuer son IPO jusqu’à l’éclatement d’un différend judiciaire.

« Nous étions en phase de décollage avec l’entreprise. Le réseau allait doubler en moins de quatre ans, le chiffre d’affaires avait triplé, et l’EBITDA avait été multiplié par quatre. En plein processus de préparation, une affaire judiciaire éclate sur un point de vente pour une question de loyers avec un bailleur. Dans un cadre de confiance et de transparence, une décision s’imposait tout de suite, à savoir arrêter un processus d’IPO pour lequel nous avions travaillé deux ans », confie le PDG.

L’information était en effet paru dans la presse et le point de vente avait été fermé (ce dernier représentait 15% du chiffre d’affaires de l’entreprise, ndlr). « Nous avons décidé de faire une pause pour régler ce problème, et faire un pas en arrière pour faire deux pas en avant », explique le PDG.

En dépit de la situation, la société a pu tirer profit de ses enseignements dans la communication financière pour afficher plus de transparence dans ses opérations. « Le travail effectué n’a pas servi que pour l’IPO, mais aussi à l’ADN de la société. Nous l’avons amenée à un autre stade de gouvernance. Des clôtures mensuelles forcées sont effectuées pour pouvoir piloter les opérations au jour le jour », conclut le PDG.

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