CPS de l’UA : le Maroc plaide pour une IA africaine éthique et souveraine

« L’avenir de l’IA en Afrique ne peut éluder le besoin de construire une IA africaine, par l’Afrique et pour l’Afrique. L’IA que nous voulons doit être éthique, responsable et adaptée à nos réalités », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger dans un discours prononcé par visioconférence devant la réunion ministérielle du CPS-UA, ce jeudi 20 mars 2025.

Dans ce sens, Nasser Bourita, qui a présidé cette réunion ministérielle, a appelé à une mobilisation et à une action collective en vue de faire de l’IA un véritable levier de développement, de paix et de sécurité au profit des Africains et des Africaines.

L’IA que nous voulons doit être éthique, responsable et adaptée à nos réalités

Conscient de cette réalité, le Maroc, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, est résolu à contribuer à l’essor de l’Afrique dans le domaine de l’IA, a-t-il soutenu, réaffirmant l’engagement fort et dynamique du Royaume pour l’émergence d’un leadership africain uni en matière d’IA.

 

Mettant en lumière les défis et les opportunités que représente l’IA pour le continent africain, le ministre a précisé que si l’IA est un outil de développement et de progrès pour l’Humanité, elle est aussi une arme à double tranchant car, mal exploitée, elle peut accentuer les fractures, alimenter l’instabilité et servir d’outil aux acteurs non étatiques les plus destructeurs.

L’Afrique face aux défis des deepfakes, du terrorisme et des cyberattaques

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une augmentation de 900% des vidéos truquées (deepfakes) depuis 2019, une hausse de 300% des cyberattaques utilisant l’IA entre 2019 et 2022, et 40% des groupes terroristes ont déjà eu recours à des drones autonomes dans leurs attaques. Par ailleurs, 47 pays ont été touchés par des campagnes de désinformation en 2023, affectant directement leurs processus démocratiques.

Face à ces enjeux, Nasser Bourita a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de se positionner comme un acteur clé dans la gouvernance mondiale de l’IA.

Le ministre a, en outre, rappelé que l’IA ne recèle pas seulement un enjeu de sécurité et de stabilité, mais qu’elle constitue aussi un formidable vecteur de croissance économique. D’ici 2030, l’IA devrait injecter 15.700 milliards de dollars dans l’économie mondiale, augmenter la production agricole de 10% à 15% et accélérer le taux de croissance de certains pays de 40%, a-t-il expliqué.

Cependant, il a indiqué que l’Afrique devait surmonter des lacunes structurelles pour exploiter pleinement ce potentiel de l’IA. Actuellement, 60% de la population africaine n’a toujours pas accès à internet, moins de 2% des données utilisées dans l’IA sont localisées sur le continent, et seulement 1% des talents mondiaux en IA sont basés en Afrique.

Rattraper le temps perdu

Pour y remédier, le Maroc a proposé une série de mesures concrètes, notamment la création d’un fonds africain pour l’IA, la mise en place d’une stratégie panafricaine de collecte et de valorisation des données, et le lancement d’un programme massif de formation pour structurer une élite africaine en IA.

Le Royaume, pionnier en matière d’IA sur le continent, a poursuivi Nasser Bourita, a déjà pris des initiatives significatives : la stratégie « Maroc Digital 2030 » qui vise à former 100.000 talents par an, le lancement, il y a deux semaines, d’un programme national d’initiation des enfants à l’IA, sans oublier que le Royaume abrite également le premier centre africain de l’UNESCO sur l’IA, « Ai Movement« , opérationnel à Rabat.

Le choix est simple : soit nous nous unissons pour maîtriser cette transformation, soit nous en subirons les conséquences

Sur le plan international, le Maroc a également joué un rôle clé dans l’adoption des premières résolutions de l’ONU sur l’IA et a cofondé le Groupe des Amis de l’IA pour le développement durable, qui réunit plus de 70 pays, a-t-il indiqué.

Dans son discours, Nasser Bourita a, par ailleurs, appelé à une action africaine coordonnée et concrète, soulignant que « l’inaction est notre ennemi commun ».

À cet égard, le Royaume a proposé l’institutionnalisation d’un réseau africain des centres nationaux de l’IA et la mise en place d’un panel d’experts africains pour accompagner la mise en œuvre de la stratégie continentale.

Enfin, le ministre a réaffirmé la volonté du Maroc de travailler main dans la main avec ses partenaires africains pour faire de l’IA un outil de développement et de stabilité.

« L’Afrique doit croire en sa capacité à prendre son destin en main », a déclaré Nasser Bourita, citant le Roi Mohammed VI.

Et le ministre de conclure que « l’IA n’attendra pas que nous soyons prêts. Elle est déjà là, redessinant les rapports de force. Le choix est simple : soit nous nous unissons pour maîtriser cette transformation, soit nous en subirons les conséquences ».

Ouverture de la 46e session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA, Bourita préside la délégation marocaine

Le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, préside la délégation marocaine à cette session qui se tient en prélude au sommet ordinaire des chefs d’Etat, prévu les 15 et 16 février.

La réunion du Conseil exécutif sera notamment marquée par l’élection de cinq membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA.

Elle élira aussi six commissaires de l’UA et se penchera sur l’examen du rapport annuel sur les activités de l’Union et de ses organes.

Cette réunion examinera, d’autre part, les projets d’ordre du jour et des décisions qui seront soumis au 38ème sommet de l’UA.

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Au Conseil de paix et de sécurité de l’UA, le Maroc plaide pour un soutien multidimensionnel aux pays africains en transition

L’ambassadeur, représentant permanent du Royaume auprès de l’UA et la CEA-ONU, Mohamed Arrouchi, qui intervenait lors de la 1211e réunion du CPS qui a pour objectif de faire le point sur les transitions politiques au Burkina Faso, en Guinée, au Mali, au Niger et au Gabon, a mis en avant la pertinence de l’approche multidimensionnelle (Nexus Paix, Sécurité et Développement), comme préconisée dans la Déclaration de Tanger, dans l’accompagnement des pays en transition sur le continent. D’où l’importance de développer des projets nexus adaptés à chaque situation pour s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité et l’insécurité, a insisté le diplomate qui préside la délégation marocaine à cette réunion du CPS.

M. Arrouchi a souligné qu’il est temps d’opérationnaliser la Décision de la Conférence de l’UA qui a adopté la Déclaration de Tanger et de passer à l’étape suivante, qui est celle de développer des projets nexus afin d’acter, concrètement, l’accompagnement des pays en transition et donner sens à cette dimension opérationnelle.

Le diplomate a réitéré que le Maroc demeure fermement attaché au principe de la solidarité agissante afin d’accompagner les pays africains dans leur processus de transition politique vers l’ordre constitutionnel, à la nécessité de ne pas laisser ces pays africains frères isolés en période de crise, et ce, dans un esprit solidaire et bienveillant, et à l’importance d’un accompagnement sécuritaire, socio-économique et humanitaire qui devrait être apporté à ces pays africains frères afin qu’ils puissent reprendre leur place dans le concert des membres de l’UA le plus tôt possible. Le Maroc reste également attaché à la stabilité au Burkina Faso, au Mali, au Niger, en Guinée et au Gabon et continue à exprimer sa confiance indéfectible dans la capacité des autorités nationales et forces vives de ces pays à prendre les mesures susceptibles de renforcer la cohésion nationale et à s’engager dans une voie durable pour la paix et la stabilité, a réaffirmé le diplomate.

En outre, le Maroc souligne l’importance d’œuvrer dans le cadre d’un dialogue serein et inclusif afin de prioriser la stabilité de ses pays, a ajouté M. Arrouchi.

Insistant sur la dimension opérationnelle, en s’inscrivant dans une approche orientée vers l’action, l’ambassadeur et représentant permanent a souligné la nécessité de maintenir des consultations informelles régulières avec ces pays en transition, qui revêtent une importance capitale dans le processus de leur accompagnement en vue de rester attentif à leurs attentes et besoins spécifiques ainsi qu’à celles de leurs populations respectives et de garder les canaux de communication ouverts, et ce, conformément au Protocole du CPS et ces pertinents communiqués en la matière, notamment le communiqué 1180 du CPS, adopté le 23 octobre 2023.

(Avec MAP)

Au Conseil de paix et de sécurité de l’UA, le Maroc appelle à la lutte contre les crimes haineux en Afrique

La délégation marocaine a souligné la riche histoire du Royaume en matière de coexistence pacifique entre différentes communautés religieuses et a affirmé que le respect de l’autre est au cœur de ses valeurs.

Le Maroc a consenti d’importants efforts dans la lutte contre la discrimination raciale et les discours de haine au niveau aussi bien national qu’international, concrétisés notamment par les avancées entérinées par la promulgation de la Constitution de 2011, a relevé la délégation marocaine au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine.

La délégation a également mis en exergue la contribution indéniable apportée par le Maroc aux initiatives internationales visant à combattre les discours de haine qui alimentent la peur et la division. C’est d’ailleurs à l’initiative du Maroc que la Journée internationale de la lutte contre les discours de haine, qui coïncide avec le 18 juin de chaque année, a été proclamée par l’ONU, en juillet 2021, a souligné la délégation.

De surcroit, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté, le 25 juillet 2023, une résolution présentée par le Maroc contre l’autodafé du Saint Coran et le discours de haine. Ladite résolution « déplore vivement tous les actes de violence visant des personnes en raison de leur religion ou de leurs convictions, et tous ceux visant leurs symboles religieux et Livres Saints, ce qui constitue une violation du droit international’’, a rappelé la délégation.

L’inscription, au programme mensuel du CPS pour le mois d’avril, d’une thématique, si importante, relative aux crimes de haine et de lutte contre l’idéologie génocidaire, révèle l’importance cruciale accordée à ce sujet dans une conjoncture mondiale caractérisée par l’exacerbation exponentielle du discours de haine dans toutes ses formes et dimensions et l’accroissement des victimes de ce fléau, pas seulement en Afrique mais partout dans le monde. La délégation a également souligné que les crimes haineux ont un impact dévastateur sur la paix et la sécurité en Afrique, contribuant à un cycle de violence et d’instabilité.

La présidence du Maroc au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour le mois de février 2024 témoigne de l’engagement continu du Royaume en faveur de la paix, de la sécurité et du développement en Afrique. Ce mandat marque la troisième présidence du Maroc au sein de cet organe depuis son retour à l’Union africaine en janvier 2017.

Le Maroc assure la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’UA pour le mois de février

La présidence marocaine du Conseil de paix et de sécurité (CPS), durant le mois de février, est la troisième depuis son retour à l’Union africaine (UA), en janvier 2017, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

En effet, après avoir présidé cet organe en septembre 2019, durant son premier mandat au sein du Conseil (2018-2020), et en octobre 2022, au titre de son mandat triennal (2022-2025), cette troisième présidence « s’inscrit dans la continuité des efforts constants du Royaume du Maroc en faveur de la paix, de la sécurité et du développement en Afrique », souligne le communiqué.

L’accès du Maroc à la présidence du Conseil de paix et de sécurité constitue un prolongement de son engagement visant à répondre aux divers défis sécuritaires guettant le continent africain, dans le cadre d’une nouvelle approche globale et multidimensionnelle, basée sur le Nexus Paix, Sécurité et Développement, telle que consacrée par la 1ère Conférence politique de l’UA sur le Nexus Paix, Sécurité et Développement, tenue à Tanger en octobre 2022.

La présidence marocaine du Conseil, qui coïncidera en février avec la tenue à Addis-Abeba du 37e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, prévoit dans son programme mensuel une réunion ministérielle du CPS autour du thème : « Connectivité : voie vers le renforcement de la paix, de la sécurité et de l’intégration en Afrique ».

Le programme mensuel de la présidence marocaine inclut également une série de réunions des représentants permanents pour délibérer sur des thématiques prioritaires pour l’Afrique et dans lesquelles le Royaume dispose d’une expertise avérée.

Il s’agit des questions liées à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, la sécurité sanitaire et sa relation avec la paix et la sécurité, la justice transitionnelle et la consolidation de la paix post-conflit, la prévention et la lutte contre l’utilisation des enfants soldats, ainsi que le suivi de la Conférence de Tanger sur le Nexus Paix, Sécurité et Développement.

Le deuxième mandat du Maroc au sein du CPS est axé sur la promotion de nouvelles approches visant à relever les défis de paix, de sécurité et de développement en Afrique.

Sommet de l’UA: Bourita met en avant la contribution du Maroc à la sécurité et la stabilité en Afrique

« Le Maroc a rejoint le CPS de l’UA en partant du principe que sa contribution dans la sécurité et la stabilité en Afrique, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de cet organe de l’organisation panafricaine, représente une position constante et inchangée depuis plusieurs années« , a réaffirmé le ministre lors d’une conférence de presse au siège de l’UA en marge de la 35eme session ordinaire du Sommet de l’Union.

Le Maroc est l’un des premiers pays à participer aux opérations de maintien de la paix en Afrique et dispose, aujourd’hui, d’une force de maintien de la paix en République centrafricaine et en République démocratique du Congo. Le Royaume avait déployé aussi une force de maintien de la paix en Somalie, en Côte-d’Ivoire et en Angola, a souligné M. Bourita devant les médias nationaux et internationaux.

Le ministre a noté que le Maroc a été élu au CPS avec une majorité très confortable malgré les manœuvres et les tentatives qui ont été vouées à l’échec, saluant dans ce sens la sagesse africaine qui prévaut toujours.

« Le Royaume du Maroc, dans les trois prochaines années, œuvrera afin d’apporter sa contribution au Conseil de paix et de sécurité et continuera à travailler sur la réforme du Conseil afin qu’il fonctionne en tant que mécanismes d’alerte précoce, de diplomatie préventive et de résolution des crises, au lieu d’être un organe de réaction et de diffusion de communiqué », a-t-il poursuivi.

Ce conseil était auparavant exploité avec ses rapports et ses directives, en dehors du cadre dans lequel il devait opérer, pour servir les agendas et contrer les intérêts du Maroc, a déploré le ministre, assurant qu’aujourd’hui le Royaume est au centre du conseil et défendra donc ses intérêts par lui-même.

(MAP)