Sahara. Le Maroc gagne du terrain au Conseil de sécurité de l’ONU

Ce 3 juin, l’élection de cinq nouveaux membres non permanents au Conseil de sécurité de l’ONU devrait renforcer le soutien à la souveraineté du Maroc sur son Sahara. À partir de janvier 2026, la Colombie, la République démocratique du Congo (RDC), le Bahreïn, la Lettonie et le Liberia siègeront pour deux ans aux côtés des cinq membres permanents et de cinq autres non permanents (élus en 2024). Soit quinze membres au total.

Onze d’entre eux soutiennent ouvertement la marocanité du Sahara. Ce nouveau paysage diplomatique place donc le Maroc en position favorable.

Parmi les cinq pays fraîchement élus, trois ont affiché une position claire en faveur de l’intégrité territoriale du Maroc.

Parmi les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU, 11 soutiennent la position du Maroc sur le Sahara
Parmi les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU, 11 soutiennent la position du Maroc sur le Sahara.

Des soutiens constants

En effet, la RDC a réaffirmé à plusieurs reprises, notamment en 2023, un soutien “sans équivoque” au plan d’autonomie marocain. En 2015, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, ministre congolais en charge des relations avec le Parlement à l’époque, soulignait que la position de son pays avait “toujours été claire » en faveur de la marocanité du Sahara.

Le Bahreïn a également confirmé son engagement. En décembre 2023, le ministre des Affaires étrangères, Abdellatif Ben Rachid Al-Zayani, a réitéré cette position. Dès 2020, Bahreïn avait déjà ouvert un consulat général à Laâyoune, un acte diplomatique fort décidé par le Roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa.

Du côté du Liberia, l’appui au Maroc est également constant. En juin 2024, la ministre libérienne des Affaires étrangères, Sara Beysolow, a rappelé le soutien de son pays à l’intégrité territoriale du Royaume.

Des positions nuancées

La position de la Colombie est, quant à elle, plus nuancée. Mais elle reste globalement favorable. En avril 2021, la ministre des Relations extérieures, Claudia Blum, saluait l’initiative d’autonomie marocaine comme une base sérieuse et réaliste. Toutefois, en 2022, le président Gustavo Petro a décidé de rétablir les relations diplomatiques avec la pseudo-rasd. Cette décision a suscité une vive opposition du Sénat colombien, qui a exprimé son “rejet catégorique” et un désaccord total” avec la décision du président colombien.

Récemment, soit en avril 2025, le Parlement colombien a réaffirmé son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc.

Seule la Lettonie n’a pas encore pris de position publique sur la question du Sahara. Il s’agira de son premier mandat au Conseil de sécurité, et sa future posture reste à observer.

Trois soutiens “permanents”

Ce renouvellement intervient dans un contexte où trois des cinq membres permanents soutiennent déjà le Maroc. Les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara dès décembre 2020. Cette décision, annoncée par Donald Trump, a été maintenue sous l’administration Biden et après la réélection de Trump en 2024.

Du côté de la France, la déclaration officielle date du 30 juillet 2024, puis a été réitérée en octobre 2024 lors de la visite du président Macron au Maroc. On en retient que le président français, Emmanuel Macron, a déclaré : “Le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine”.

Enfin, le dernier pays ajouté à la liste, et non des moindres : le Royaume-Uni. Le 1er juin 2025, les autorités britanniques se sont également alignées sur une position favorable au plan marocain d’autonomie.

En effet, le Royaume-Uni considère la proposition d’autonomie marocaine comme “la plus crédible, viable et pragmatique pour le règlement durable du différend”.

Ainsi, avec l’arrivée en 2026 de membres non permanents majoritairement favorables au Maroc et le soutien de trois membres permanents disposant du droit de veto, le Conseil de sécurité connaîtra une dynamique renforcée en faveur du plan d’autonomie marocain.

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De plus, 5 autres membres non permanents du Conseil de sécurité sont globalement favorables à la position marocaine. Il s’agit du Danemark, de la Grèce, du Pakistan, du Panama et de la Somalie. Tous ont affiché leur soutien à la souveraineté marocaine sur son Sahara.

En septembre 2024, le Danemark a officiellement déclaré que le plan marocain d’autonomie est une contribution sérieuse et crédible au processus en cours de l’ONU. La solution marocaine est considérée comme « une bonne base pour une solution convenue entre les parties ».

La Grèce a, quant à elle, qualifié, en 2020, l’initiative marocaine d’autonomie comme une « approche sérieuse et crédible » pour parvenir à une solution à la question du Sahara.

Du côté du Pakistan, le soutien à l’intégrité territoriale du Royaume a été réaffirmé à plusieurs reprises. Les autorités pakistanaises estiment que le plan d’autonomie constitue le « cadre adéquat » pour le règlement du conflit autour du Sahara.

En 2024, le Panama s’est clairement positionné dans la dynamique internationale suscitée par l’initiative d’autonomie pour les provinces du Sud que ce pays, comme tant d’autres, qualifie de seule et « unique solution » à ce différend. La même année, le pays a décidé de suspendre toute reconnaissance de la pseudo “rasd”.

La Somalie s’est quant à elle déjà exprimée de manière claire. En 2020, le gouvernement somalien a déclaré se tenir “aux côtés du Maroc dans l’ensemble des mesures qu’il entreprend pour protéger sa sécurité et sa souveraineté sur ses territoires”.

En 2022, la Somalie avait même annoncé sa décision d’ouvrir une ambassade à Rabat et un consulat général à Dakhla.

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Ce qu’il faut retenir :

Conseil de sécurité : élection de 5 nouveaux membres non permanents

Il s’agit de la Colombie, de la République démocratique du Congo (RDC), du Bahreïn, de la Lettonie et du Liberia. Les nouveaux membres devront entamer leur mandat de deux ans en janvier 2026.

Les résultats du scrutin secret des États membres de l’AG de l’ONU ont donné à la Colombie 180 voix, la RDC 183, Bahreïn 186, la Lettonie 178 et le Liberia 181.

À l’exception de la Lettonie, qui en est à son premier mandat, les autres nouveaux membres avaient déjà siégé au Conseil. La Colombie a effectué sept mandats, la RDC deux, alors que Bahreïn et le Liberia retrouvent l’instance onusienne pour la deuxième fois.

Ils rejoindront ainsi les cinq membres permanents du Conseil disposant du droit de veto, en l’occurrence les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France, ainsi que les cinq pays élus l’an dernier.

Sahara. Ce que dit le plan d’autonomie, seule base pour de futures négociations

C’est un document qui a 18 ans, mais qui n’a pas pris une seule ride. C’est même le contraire, car il est plus que jamais d’actualité et continue d’enchaîner les expressions de soutien partout dans le monde. Les derniers pays en date à s’ajouter à cette longue liste sont la Moldavie et la Croatie.

Pour la Moldavie comme pour la Croatie, où Nasser Bourita était en visite les 15 et 16 avril, le plan proposé par le Royaume est « la base la plus sérieuse et crédible » pour mettre fin à ce conflit vieux d’un demi-siècle.

Bien avant la Moldavie et la Croatie, des dizaines de pays ont exprimé leur soutien à ce plan, dont deux membres permanents du Conseil de sécurité (les États-Unis et la France).

Aujourd’hui, les autres options ayant été abandonnées, il est la seule base possible pour des négociations sérieuses afin de trouver une issue à ce différend.

« Cette initiative de compromis constitue une réponse du Royaume aux appels réitérés du Conseil de sécurité aux parties et aux États de la région à continuer de coopérer pleinement avec l’ONU pour mettre fin à l’impasse actuelle et progresser vers une solution politique ». Vous conviendriez avec moi que l’Initiative marocaine représente, aujourd’hui, la seule dynamique nouvelle et positive, et qu’elle offre les meilleures perspectives pour une solution politique, définitive et mutuellement acceptable à ce différend régional », écrivait feu El Mostapha Sahel, ancien ambassadeur représentant permanent du Maroc à l’ONU, dans une lettre aux membres du Conseil de sécurité, le 11 avril 2007. Des déclarations toujours d’actualité, 18 ans après.

« À cet égard, le Royaume du Maroc exprime sa disposition à s’engager, avec détermination, dans une négociation sérieuse et approfondie, avec les autres parties, en vue de contribuer concrètement à la réalisation de la solution politique, définitive et mutuellement acceptable, tant attendue par la communauté internationale. Le Royaume du Maroc nourrit l’espoir de trouver auprès des autres parties la même volonté politique et engagement de bonne foi, afin d’aboutir à la résolution définitive de ce différend, permettant, ainsi, de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité régionales et de favoriser la relance de la construction maghrébine », lit-on dans le même courrier.

L’autonomie dans le cadre de la souveraineté du Maroc

L’initiative marocaine est une forme d’autodétermination, terme très galvaudé par les parties adverses. Mais à condition de préserver l’unité territoriale tout en transférant une partie des compétences nationales à la population du Sahara. L’autonomie fait partie des options reconnues d’autodétermination.

Ce plan évoque des compétences administratives, législatives et judiciaires. Cela pourra se traduire par la mise en place d’un gouvernement local, dirigé et formé par un chef de gouvernement élu par le Parlement régional et investi par le Roi.

« Des juridictions peuvent être créées par le Parlement régional afin de statuer sur les litiges nés de l’application des normes édictées par les organes compétents de la Région autonome du Sahara. Leurs décisions seront rendues, en toute indépendance, au nom du Roi », lit-on dans le texte du plan proposé par le Maroc. À ces juridictions s’ajoutera un Tribunal régional supérieur qui tranchera les litiges autour de l’interprétation des lois de la région.

En plus des instances régionales, les populations du Sahara gardent le droit d’être représentées dans le Parlement et au sein des institutions nationales.

Un développement de la région pour la région et ses populations

Le plan d’autonomie prévoit aussi des dispositions dans le domaine de la fiscalité à travers des organes compétents pour fixer des impôts, taxes et contributions territoriales dédiés au financement du développement de la région.

La région pourra aussi bénéficier d’autres ressources financières, dont les « revenus de l’exploitation des ressources naturelles affectés à la Région », « la partie des revenus des ressources naturelles situées dans la Région, et perçus par l’État », « les ressources nécessaires allouées dans le cadre de la solidarité nationale » ainsi que « les revenus provenant du patrimoine de la Région ».

Comme dans toutes les formes d’autonomie, l’État conserve des attributs de souveraineté comme la sécurité, la défense, le drapeau et la monnaie, en plus d’autres attributs liés par exemple au statut constitutionnel et religieux du Roi.

Le Maroc disposé à « expliquer et élargir »

La mi-octobre 2024, Staffan De Mistura avait défrayé la chronique en demandant au Maroc « d’expliquer et élargir » le plan d’autonomie qu’il avait proposé. Et c’est justement ce que demande Rabat, mais dans quel cadre ? Le Maroc, en présentant son plan en 2007, n’a jamais fermé la porte à la négociation, mais sur la base exclusive de ce document.

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara a jusqu’à octobre prochain pour ramener l’Algérie à la table des négociations. La balle est dans son camp et dans celui d’Alger.

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Sahara. Conseil de sécurité: vers des négociations dans le cadre du plan d’autonomie marocain

La réunion a eu lieu lundi 14 avril 2025, dans un contexte d’attente palpable, nourri par les récentes déclarations américaines sur la marocanité du Sahara.

Ce lundi donc, à 10H00, heure de New York, les 15 membres du Conseil ont écouté deux briefings : un de l’envoyé spécial et chef de la Minurso; l’autre de l’envoyé personnel du secrétaire général Staffan de Mistura.

Comme les précédentes, la réunion s’est tenue à huis clos, sans communiqué, ni retransmission sur la web TV de l’ONU.

Comme l’a souligné Omar Hilale, représentant permanent du Maroc à l’ONU, dans une intervention en direct lundi soir sur Médi1 TV, ce fut « une réunion ordinaire de consultations à huis clos ».

Un ton nouveau, porté par le contexte américain

De cette réunion du conseil de sécurité, l’AFP rapporte en quelques mots: l’envoyé Staffan de Mistura a déclaré que les trois prochains mois seraient l’occasion de « produire une désescalade régionale et, séparément, une feuille de route redynamisée vers la résolution du conflit du Sahara occidental ». Le reste de la dépêche est un rappel du contexte international du moment.

Or, cette déclaration prend tout son sens à la lumière d’un événement-clé : les entretiens du 8 avril à Washington entre Marco Rubio, secrétaire d’État, et Nasser Bourita.

A l’issue des entretiens de Marco Rubio, secrétaire d’Etat, avec Nasser Bourita, le 8 avril à Washington, le département d’Etat avait publié un communiqué qui comportait une phrase clé: « Le Secrétaire d’État a réaffirmé l’appel du président Trump à ce que les parties s’engagent sans délai dans des discussions, en utilisant la proposition marocaine d’autonomie comme unique cadre, afin de négocier une solution mutuellement acceptable. Le Secrétaire a indiqué que les États-Unis faciliteraient les avancées vers cet objectif« .

Le reste du communiqué américain est une réaffirmation de la marocanité du Sahara et du fait que le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine est la seule issue.

Les Etats-Unis ont donc indiqué une direction. Ont-ils pesé directement sur l’envoyé personnel? Probablement puisque ce dernier a eu l’occasion d’échanger avec Lisa Kenna, sous-secrétaire d’Etat US, le 10 avril.

Le bras droit de Marco Rubio avait deux messages à transmettre au diplomate onusien : l’informer du renouvellement de la position de l’administration Trump au sujet du Sahara. « Une véritable autonomie sous souveraineté marocaine est la seule solution envisageable », a déclaré la responsable américaine sur son compte X.

Quant au deuxième message, non moins clair, Lisa Kenna a déclaré à De Mistura que « les parties doivent s’asseoir à la table des négociations pour parvenir à un résultat mutuellement acceptable ».

C’est certainement pour cela que dans son briefing, De Mistura semblait pour la première fois pressé d’agir. Et cette fois-ci, n’a cité ni référendum ni partition. Seulement la reprise des discussions et le plan d’autonomie.

Pour lui, les déclarations américaines après la visite de Bourita sont importantes. Mais il n’en retient que ce qu’il veut: il faut une « véritable autonomie », insiste-t-il. Et la solution doit être « mutuellement acceptable », écrit-il en rappelant le communiqué américain. Or,c’est l’ONU qui répète depuis longtemps que la solution doit être politique et mutuellement acceptable.

La nouvelle position américaine était donc omniprésente dans le briefing de l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU.

De Mistura insiste également sur la position française, s’agissant « du deuxième membre permanent du Conseil de sécurité ». « L’engagement diplomatique de deux membres permanents du Conseil dans la région témoigne d’une attention renouvelée aux opportunités, mais aussi aux risques existants. En réalité, nous n’avons constaté aucune amélioration dans les relations algéro-marocaines, bien au contraire. Une telle amélioration serait indispensable pour éviter les risques de conflit régional, compte tenu des tensions constantes, de l’absence de contacts diplomatiques, de la fermeture des frontières et de l’augmentation récente et substantielle des acquisitions d’équipements militaires de pointe et des dépenses connexes ». De Mistura tire une conclusion implicite : sans amélioration entre Rabat et Alger, les risques de conflit régional demeurent élevés.

De Mistura considère donc que la solution doit être politique et mutuellement acceptable, que l’autonomie doit être crédible et constate que les Etats-Unis ont l’intention de s’engager directement pour aboutir à une solution. Il précise que « de véritables négociations sont nécessaires entre les parties concernées pour parvenir à une solution ». Sous la forme de tables rondes  ? Il ne dit rien à ce propos.

Après une longue digression dans laquelle il ne parle que des camps de Tindouf et de ceux qu’il appelle les réfugiés ainsi que des sentiments que cette situation lui inspire, il conclut que « 2025 marquera cette année le cinquantième anniversaire de l’inscription de la question du Sahara occidental à l’ordre du jour des Nations Unies. Les trois prochains mois seront, à mon avis, l’occasion de vérifier comment un nouvel élan, fondé sur un engagement renouvelé et actif de certains membres de ce Conseil, y compris les membres permanents, peut conduire à une désescalade régionale et, séparément, à une feuille de route redynamisée vers la résolution du conflit du Sahara occidental. Dans ce cas, nous pourrons apporter un soutien efficace, et la session d’octobre 2025 pourrait devenir un événement très important pour ce Conseil. Ma détermination, approuvée par le Secrétaire général, à faciliter une telle issue, demeure intacte ».

En définitive, et malgré sa forme « normale », la réunion du Conseil de sécurité est peut-être un événement. Nous avons vu un briefing fortement imprégné du poids de l’engagement américain et de sa position. On verra si les trois mois seront propices à des échanges dans le cadre de l’initiative marocaine d’autonomie. Quant à l’envoyé personnel, il a clairement changé de posture mais n’a pas hésité à jouer sur la corde émotionnelle en évoquant la population de Tindouf, jamais identifiée ni recensée, et en lui consacrant une partie non négligeable de son propos. Posture nouvelle, imposée par le nouveau contexte international  ; mais le fond a-t-il changé? Toute décision dépendra des 15 membres du Conseil desécurité avec un poids particulier pour les membres permanents.

Sahara. Le briefing d’adieu de De Mistura au Conseil de sécurité ?

Un petit rappel de faits s’impose d’abord. Le traditionnel briefing du mois d’avril des envoyés personnels du SG de l’ONU pour le Sahara est précédé par une tournée dans la région qui englobe généralement le Maroc, l’Algérie (entre Alger et Rabouni à Tindouf ) et la Mauritanie.

Le 24 mars, Staffan De Mistura était reçu à Rabat par Nasser Bourita. Lors de cette rencontre, le chef de la diplomatie a rappelé la position du Maroc : aucune solution au conflit du Sahara ne peut être négociée et acceptée en dehors de l’intégrité territoriale du Maroc et de sa souveraineté.

Après cette étape à Rabat de la tournée de M. De Mistura, aucune communication officielle ne nous a renseignés sur ses déplacements en Algérie et en Mauritanie ni sur la teneur de ses rencontres avec les autres protagonistes. Que cacherait donc l’émissaire du SG de l’ONU ? On en saura plus après le briefing du 14 avril, mais il ne faut pas s’attendre à un miracle.

Staffan De Mistura, malgré les relances qui lui ont été adressées par M. Guterres, a été dans l’incapacité d’amener les parties au conflit autour de la table de négociations informelles et de redonner vie au processus de Genève interrompu en 2019 après deux rounds seulement.

Au lieu de faire entendre raison à l’Algérie, principale et véritable partie au conflit, le diplomate onusien était allé déterrer une vieille proposition de partition du territoire datant de l’ère de James Baker, soit de plus de deux décennies. Une proposition que le Maroc n’a même pas jugé utile de commenter. « Un non-événement », comme nous le déclarait un ancien diplomate marocain.

Au briefing, les mains vides

Quelle serait alors la teneur du prochain briefing de De Mistura devant le Conseil de sécurité que préside, pour ce mois d’avril, la France, membre permanent qui reconnaît la souveraineté du Maroc sur son Sahara ?

Pas grand-chose, si ce n’est l’appui grandissant, de par le monde, à la position marocaine et au plan d’autonomie comme l’une des formes très évoluées de cette autodétermination très chère aux adeptes d’une idéologie morte et enterrée depuis longtemps. Ou alors faire un round-up des quelques escarmouches, sans lendemain, du polisario sous les yeux des membres de la Minurso.

En parlant de la Minurso, il ne faut pas oublier que cette mission est de plus en plus décriée dans le camp du président américain Donald Trump. Onéreuse pour la communauté internationale, son mandat est devenu caduc : l’option du référendum n’est plus à l’ordre du jour depuis près de 20 ans. Sur le terrain, sa mission de surveiller le cessez-le-feu devient de plus en plus improbable du fait des séparatistes qui empêchent ses membres d’accéder à l’information, voire de disposer de carburant et de denrées alimentaires pour accomplir leur mission. Et cela est consigné noir sur blanc dans les précédents rapports de la Minurso.

Faudrait-il s’attendre alors, et aussi, à la fin de la Minurso quelques mois après le départ de De Mistura ?

Sahara et Minurso. Au Conseil de sécurité, le Maroc dénonce la « manipulation politique sélective » de l’Algérie

« Une délégation, la seule parmi les nombreuses délégations qui ont pris la parole devant le Conseil lors de ce débat, a mentionné la composante des droits de l’Homme et a essayé de la lier à la Minurso », a souligné d’emblée la diplomate marocaine, Majda Moutchou, en riposte à l’intervention de l’ambassadeur algérien, lundi, lors d’un débat public du Conseil de sécurité sur le renforcement de la capacité d’adaptation des opérations de paix de l’ONU.

Elle a relevé que la délégation marocaine a été surprise et étonnée par cette intervention, car « elle reflète une masterclass en manipulation politique sélective », notant que l’ambassadeur algérien « a soudainement retrouvé une passion nouvelle pour les droits de l’Homme et le droit international ».

Éclairant l’intervenant avec des réalités « qui sont soit volontairement ignorées, soit commodément oubliées », la diplomate a indiqué que le mandat de la Minurso est on ne peut plus clair, car il a été établi par le Conseil de sécurité pour superviser le cessez-le-feu.

« Ce mandat a été clairement défini par le Conseil de sécurité, et toute tentative de la délégation algérienne de déformer son rôle est soit mal informée, soit délibérément trompeuse », a-t-elle précisé, ajoutant que, contrairement à ce qui a été suggéré, sept opérations de paix de l’ONU sur onze ne disposent pas de mandat de surveillance des droits humains.

« Nous aussi, nous nous demandons pourquoi la délégation algérienne, faisant preuve d’un deux poids, deux mesures flagrant et sélectif, se concentre uniquement sur la Minurso et ferme les yeux sur les autres opérations de maintien de la paix », a souligné Majda Moutchou.

Et de poursuivre que le Conseil de sécurité attribue ces mandats en fonction de la situation spécifique sur le terrain. « Il ne s’agit ni d’une règle systématique ni d’une exception ; il s’agit d’une décision prise au cas par cas ».

« De plus, malgré les tentatives persistantes et désespérées de cette même délégation, en octobre 2024, le Conseil de sécurité a rejeté en bloc l’inclusion d’un mécanisme de surveillance des droits de l’Homme dans le mandat de la Minusro. Ce rejet n’était pas accidentel : il réaffirmait que la situation des droits de l’Homme au Sahara marocain ne nécessite pas un tel mécanisme », a affirmé la diplomate.

Pour la Représentante permanente adjointe du Maroc à l’ONU, il s’agit d’un message clair que le Conseil de sécurité est parfaitement conscient des manœuvres politiques de certaines parties.

La situation dans les camps de Tindouf

Toujours en réponse à la déclaration de l’ambassadeur algérien qui « semble si profondément préoccupé » par les droits de l’Homme, Majda Mouchou l’a interpellé sur une « question bien plus urgente : les camps de Tindouf, situés sur le territoire algérien, où la population vit sous une oppression quotidienne, privée de ses droits fondamentaux et soumise à de sévères restrictions de mouvement et à des violations flagrantes du droit international ».

Elle a, par ailleurs, fait observer que le Maroc a toujours démontré son engagement indéfectible en faveur de la promotion des droits de l’Homme et du respect des droits et libertés fondamentaux de tous les individus, ajoutant que le Royaume a constamment collaboré avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

Le Maroc a également accueilli plusieurs visites d’experts de l’ONU et coopéré de manière constructive afin de favoriser la transparence, le dialogue et le progrès, a-t-elle dit, notant que les efforts du Maroc en matière de promotion des droits de l’Homme ne se limitent pas à des paroles, mais se traduisent par des actions concrètes visant à garantir le bien-être et la dignité de chaque citoyen.

En réponse à la mention par l’ambassadeur algérien du droit à l’autodétermination, la diplomate marocaine a révélé une « contradiction troublante », expliquant que, pour l’Algérie, l’autodétermination « est un concept sélectif utilisé comme arme politique contre l’intégrité territoriale du Maroc, et pourtant commodément ignoré lorsqu’il s’agit des aspirations légitimes d’autres peuples, qui vivent encore sous occupation et oppression étrangères ».

« L’ONU doit prêter attention à toutes ces aspirations, sans exception ni sélectivité, y compris sur le territoire des États qui prônent l’autodétermination pour les autres tout en la refusant systématiquement aux peuples opprimés sur leur propre territoire », a-t-elle encore indiqué.

Elle a enchaîné en soulignant que « le droit à l’autodétermination ne peut être un outil politique utilisé de manière sélective, invoqué par certains et ignoré par d’autres. Ce n’est pas une carte jouée par commodité ».

Et la diplomate de conclure en réitérant que « le Sahara a toujours fait partie intégrante du Maroc. Il est marocain et le restera à jamais. Il ne s’agit pas d’une revendication fondée sur des événements récents, mais du reflet de siècles de liens historiques, culturels et géographiques ».

(Avec MAP)

Le Maroc est « le mieux placé » pour représenter l’Afrique au Conseil de sécurité (Omar Hilale)

Dans une interview avec la MAP, vendredi 13 décembre, en marge des travaux de la 13e édition de la Conférence internationale annuelle du Policy Center for the New South (PCNS) « The Atlantic Dialogues », Omar Hilale a souligné que le Royaume, sous le leadership du Roi Mohammed VI, a justement cette capacité de représenter le continent et de défendre les causes et les intérêts de l’Afrique.

« Le Royaume est éligible à devenir membre du Conseil de sécurité parce que, tout simplement, le critère fondamental pour devenir membre est de contribuer à la paix et la sécurité dans le monde notamment en contribuant aux forces de maintien de la paix », a expliqué l’ambassadeur.

A cet égard, il a rappelé que depuis les années 1960, le Maroc a été parmi les pays les plus constants à déployer ses soldats dans le cadre des missions de maintien de la paix de l’ONU dans les quatre coins du monde.

L’ambassadeur marocain a souligné que les Forces armées royales ont joué un rôle fondamental notamment en Afrique, grâce à leur connaissance de la culture africaine et de la langue, mais aussi par l’action sociale en faveur des populations et la promotion du dialogue entre les différentes communautés, conformément aux orientations du Roi.

L’autre critère pour contribuer à la sécurité internationale est la démocratie, a poursuivi M. Hilale, soulignant que « le Royaume, État démocratique et de droit, reste attaché aux valeurs universelles et au respect de la Charte et des principes des Nations Unies ».

Il s’agit également de la capacité du Royaume à représenter le continent africain et défendre les causes et les intérêts de l’Afrique et de ses pays, a ajouté le diplomate marocain, mettant en exergue la solidarité agissante du Maroc, sous la conduite éclairée du Roi, avec les États africains.

Le Maroc est aussi pleinement investi dans la coopération bilatérale et trilatérale, outre ses efforts et initiatives en matière de médiation, a-t-il noté, ajoutant que le rôle et l’action du Royaume dans le domaine de la coopération et de l’assistance humanitaire ont été reconnus et salués par les Nations Unies.

« De ce fait, le Maroc a des atouts qui lui permettent légitimement d’être éligible, le moment venu, à un poste permanent au sein du Conseil de sécurité », a assuré M. Hilale.

(Avec MAP)

Résolution sur le Sahara : les explications des votes de la France et des Etats-Unis

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le jeudi 31 octobre, le projet de résolution Res.2756/2024 proposé par le penholder américain et qui prolonge d’une année le mandat de la Minurso. Le texte a été adopté par 12 voix, tandis que la Russie s’est abstenue avec le Mozambique alors que l’Algérie a décidé de ne pas participer au vote.

Portant cette résolution, les Etats-Unis ont réaffirmé leur soutien au plan marocain d’autonomie, le qualifiant de solution « sérieuse, crédible et réaliste » pour clore définitivement le différend régional autour du Sahara.

« Comme l’a réaffirmé récemment le secrétaire d’Etat Antony Blinken, les États-Unis continuent de considérer la proposition marocaine d’autonomie comme sérieuse, crédible et réaliste en vue d’une solution politique » à ce différend régional, a souligné le représentant-adjoint des États-Unis auprès des Nations Unies, l’ambassadeur Robert Wood, dans une intervention à l’issue du vote.

Le diplomate américain a souligné « l’urgence de parvenir à une solution politique » à ce conflit, tout en insistant sur la nécessité de mettre à profit la « dynamique » en cours. Expliquant le vote de son pays en faveur de la nouvelle résolution, M. Wood a mis en avant le soutien du Conseil de sécurité aux efforts des Nations Unies pour faire avancer le processus politique en vue d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable au différend régional sur le Sahara.

« Nous espérons que cette résolution permettra de franchir une étape cruciale pour la stabilité de la région et la reprise du processus politique », a-t-il ajouté​.

Pour la France, « le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine »

Devant le Conseil de sécurité, la France a, de son côté, réaffirmé que « le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine », réitérant son soutien « clair et constant » au plan d’autonomie pour résoudre définitivement ce différend régional.

« Notre position est connue. Pour la France, le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine”, a déclaré l’ambassadeur-représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Nicolas de Rivière, à l’issue du vote.

L’ambassadeur français a ajouté que l’autonomie sous souveraineté marocaine est « le cadre dans lequel cette question doit être résolue, et notre soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007 est clair et constant ».

« Pour la France, celui-ci constitue la seule base pour aboutir à une solution politique juste, durable et négociée, conformément aux résolutions de ce Conseil”, a poursuivi M. de Rivière en relevant qu’un « consensus international de plus en plus large se dégage en ce sens ».

Pour l’ambassadeur de France, « il était important que le Conseil prenne note de cette dynamique comme il le fait désormais dans cette résolution ».

Dans son explication du vote en soutien à la nouvelle résolution, le diplomate français a tenu à saluer les efforts du Maroc en faveur du développement socio-économique dans les provinces du Sud, en soulignant « l’impératif » de poursuivre cette dynamique.

« Nous saluons tous les efforts investis par le Maroc à cet égard. La France l’accompagnera dans cette démarche au bénéfice des populations locales« , a-t-il dit.

Selon l’ambassadeur de France, « il est temps d’avancer », en appelant toutes les parties concernées par cette question à « se réunir » en vue d’une solution politique « qui est à portée de main ».

Le diplomate a fait part, à cet égard, du soutien de son pays aux efforts de l’Envoyé personnel de l’ONU en vue de « la relance des discussions dans le format des tables rondes », saluant « l’engagement du Maroc dans ce sens ».

La Russie ne vote pas les amendements algériens

La Russie, qui s’est abstenue lors des votes, a exprimé son refus concernant les amendements proposés par l’Algérie, estimant qu’il était « inopportun de développer de manière excessive la composante relative aux droits de l’Homme dans ce contexte ».

Le représentant russe a également exprimé le soutien de son pays aux efforts d’organisation de pourparlers directs entre les parties.

L’Algérie, De Mistura, les tables rondes…, les petites phrases de Hilale après le vote de la résolution 2756

« Cette nouvelle résolution répond aux attentes du Royaume et elle promeut l’initiative marocaine d’autonomie, demande la reprise du processus politique, interpelle sur les violations des droits de l’Homme et l’enregistrement des populations séquestrées des camps à Tindouf et satisfait aux requêtes marocaines », souligne l’ambassadeur-représentant permanent du Royaume à l’ONU.

Pour le diplomate marocain, cette résolution vient consacrer, pour la 17ème année consécutive « la prééminence de l’initiative marocaine d’autonomie, la qualifiant d’effort sérieux et crédible et la positionnant en tant que seule et unique base pour la négociation d’une solution politique au différend régional dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume ».

« Cette résolution demande au Conseil de sécurité de prendre en considération la dynamique internationale et le momentum au profit de l’initiative marocaine d’autonomie qui jouit du soutien de 20 membres de l’Union européenne, deux membres permanents du Conseil de sécurité (…) et plus d’une centaine de pays, d’organisations internationales et régionales à travers le monde », se félicite Omar Hilale.

De la responsabilité de l’Algérie

« Le Conseil de sécurité demande la reprise du processus politique en exhortant toutes les parties de s’y engager de manière constructive ». Pour Omar Hilale, « cet appel s’adresse plus particulièrement à l’Algérie, qui est citée à cinq reprises en tant que partie prenante, parce qu’elle s’oppose au processus politique et surtout elle s’oppose depuis trois ans à la tenue des tables rondes ».

« Nous l’espérons. Bien que nous ne sommes pas certains. Tout simplement parce que l’Algérie s’arc-boute sur sa position de rejeter les tables rondes alors qu’elle avait participé à ces tables rondes« , répond Omar Hilale à une question concernant la reprise des négociations en présence du voisin de l’Est.

« L’Algérie, depuis pratiquement le départ de l’ex-envoyé personnel, M. Kohler, a refusé de reprendre sa place autour de ces tables. Nous le regrettons amèrement, mais cela n’absout pas l’Algérie de sa responsabilité. Elle est responsable du blocage, elle est responsable de cette situation où l’Envoyé personnel ne peut rien faire, elle est responsable de ce qui se passe dans les camps, elle est responsable également de l’armement du polisario, de son financement, elle est responsable pratiquement de toute cette tragédie du peuple algérien qui s’appauvrit alors qu’on finance à bras ouverts un groupe séparatistes, on finance également les campagnes médiatiques, les campagnes diplomatiques. ou aurions souhaité que l’Algérie reprenne sa place et que ce qu’elle a à dire ici au Conseil, ce qu’elle a à dire à l’Assemblée générale ou à la quatrième commission, qu’elle vienne, qu’elle le dise », explique le diplomate marocain.

De Mistura: « S‘il doit partir, on ne va pas le retenir »

« Nous étions très surpris par ce commentaire et cette affirmation. Pour nous, c’est très clair. L’ambassadeur général a un mandat très clair », répond le diplomate marocain à une question sur De Mistura qui avait déclaré qu’il rendrait le tablier, dans six mois, faute de progrès.

Omar Hilale accuse l’Envoyé personnel du SG de l’ONU de complaisance avec l’Algérie et l’appelle à « agir avec autorité ». Cette autorité que lui confèrent les contours de son mandat. Cette autorité dont avait usé Christopher Ross, par exemple.

« Je voudrais rappeler ici que pour les discussions de Manhasset, l’ancien Envoyé spécial, Christopher Ross, n’a pas demandé l’opinion du Maroc, de l’Algérie ou de la Mauritanie. «Est-ce que vous pourriez venir à Manhasset?». Il a juste décidé de la date et du lieu et il a envoyé l’invitation », argumente l’ambassadeur marocain. Horst Köhler, autre ancien Envoyé spécial, a agi de même quand il a convoqué les tables rondes de Genève.

« Nous lui faisons confiance, mais s’il doit partir, on ne va pas le retenir, parce qu’on doit respecter sa volonté. Mais j’insiste, reposez-lui la question. S’il vous dit quelque chose, tenez-moi informé, s’il vous plaît », ajoute Omar Hilale à propos de De Mistura.

Un menu ? Mais où sont les invités ?!

Quant à l’appel de De Mistura au Maroc pour détailler son Plan d’autonomie, l’ambassadeur marocain a été on ne peut plus clair. Il a répondu que le texte de ce plan était public pour qui voudrait en prendre connaissance. Pour plus de détails, cela ne serait pas faisable faute de tables rondes.

« J’invite le secrétariat qui suit le dossier du Sahara marocain, au département politique ici, à donner le compte rendu à M. de Mistura pour qu’il sache que ça a été déjà discuté, nous avons détaillé. Mais pour détailler encore, nous avons besoin d’un partenaire. Le Maroc a été très clair. Dès qu’ils acceptent l’autonomie en tant que solution définitive dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Maroc, tout devient possible et on détaillera autant qu’ils le voudront et nous serons ouverts à la discussion », précise le diplomate marocain qui réaffirme que le Royaume a présenté une offre négociable.

« Nous n’avons jamais dit que c’est un texte à prendre ou à laisser. Nous avons dit que c’est un texte négociable. Et nous avons dit que nous sommes prêts à faire de ces cinq pages une centaine, cinq cents pages de détails », conclut M. Hilale sur ce volet.

Sahara : le Maroc se félicite de l’adoption de la résolution 2756 du Conseil de sécurité

Cette résolution intervient dans un contexte marqué par la trajectoire irréversible imprimée par le Roi Mohammed VI au dossier de l’intégrité territoriale du Royaume, à travers les soutiens croissants de membres permanents du Conseil de sécurité et de pays influents à la marocanité du Sahara et à l’Initiative Marocaine d’Autonomie et la poursuite des retraits des reconnaissances de la pseudo « rasd », précise le ministère dans un communiqué.

La résolution, adoptée ce jeudi 31 octobre 2024, préserve tous les acquis du Maroc. Elle introduit également de nouveaux éléments importants pour l’évolution future du dossier au sein des Nations Unies, souligne la même source.

En effet, le nouveau texte consacre le cadre, les parties et la finalité du processus politique. Ainsi, le Conseil rappelle de nouveau que les tables rondes constituent le seul et unique cadre pour parvenir à une solution politique au différend régional sur le Sahara marocain.

De plus, la résolution identifie clairement les parties au différend, notamment l’Algérie qui est citée dans la résolution autant de fois que le Maroc. De même, le Conseil de Sécurité réaffirme que la solution politique ne peut être que réaliste, pragmatique, durable, et basée sur le compromis, des éléments cardinaux de l’Initiative Marocaine d’Autonomie, dont la prééminence a été réaffirmée.

Par ailleurs, la résolution 2756 consacre deux évolutions importantes qui confortent la position du Royaume:

Dans le premier ajout, le Conseil « s’est félicité du momentum récent et a demandé instamment à ce que l’on construise autour ».

De ce fait, le Conseil fait sienne la dynamique internationale que connaît le dossier du Sahara marocain sous l’impulsion du Roi Mohammed VI en faveur de la marocanité du Sahara et l’Initiative marocaine d’Autonomie, ajoute le communiqué, notant que désormais, l’action de l’ONU ne peut que s’inscrire dans le cadre de cette dynamique.

Le deuxième ajout concerne l’appel du Conseil de sécurité aux autres parties « d’éviter les actes qui pourraient compromettre le processus politique« , fait observer le ministère, relevant que le Conseil se fait, ainsi, écho de la position officielle claire du Royaume, soulignant qu’il n’y pas de processus politique sans respect du cessez-le-feu.

Notant que la résolution 2756/2024 a été adoptée par 12 voix pour, 2 abstentions et la non-participation du pays voisin, membre non-permanent du Conseil de sécurité, le communiqué souligne que cette non-participation démontre l’isolement de la position de ce pays au sein du Conseil de sécurité et de la communauté internationale en général.

Elle dévoile, également, de manière flagrante ses contradictions: il prétend défendre la légalité internationale, les résolutions du Conseil de sécurité et les efforts de l’ONU, tout en refusant de soutenir ces mêmes efforts et en s’accrochant à une logique obstructionniste.

Comme l’a réaffirmé le Roi Mohammed VI dans son discours, le 11 octobre dernier, à l’occasion de l’ouverture de la session du Parlement: « Cette évolution vient appuyer les efforts déployés dans le cadre des Nations Unies pour asseoir les fondements d’un processus politique devant conduire à un règlement définitif de cette question dans le cadre de la souveraineté marocaine », conclut le communiqué.

 

 

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Le premier draft de la résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara constate l’impasse

Pour la deuxième année consécutive, le Conseil de sécurité s’achemine, sauf changement de dernière minute, vers une résolution reprenant l’essentiel de celle de l’année précédente, sauf une mention spéciale au sujet de la prééminence du processus politique.

Les grandes lignes de cet avant-projet de résolution ont été publiées en primeur par nos confrères de Yabiladi.

De son côté, Médias24 a lu le document. Voici notre lecture.

Cet avant-projet, qualifié de brouillon ou de draft, est préparé par le porte-plume (penholder), comme le veut la coutume au sein du Conseil de sécurité. En l’occurrence, il s’agit des Etats-Unis. Après avoir été rédigé, le document est transmis au groupe dit des amis du Sahara (France, Russie, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis). Quatre membres permanents du Conseil de sécurité donc, ainsi que l’Espagne. Par la suite, le penholder tient ou pas compte de leurs observations. A ce stade, l’avant-projet est encore modifiable. Il n’est qu’un premier jet. Ensuite, la mouture finale est transmise au reste des membres du Conseil de sécurité et mise en bleu. Ce qui signifie qu’elle sera soumise au vote en l’état.

A noter que le premier jet est déjà le fruit de briefings et consultations bilatérales. Il reflète déjà une perception, un état d’esprit, une ou des positions.

Ce draft reprend donc l’essentiel, mot à mot, des deux dernières résolutions (ici et ici). Rien que ce point constitue un acquis pour le Maroc et surtout une défaite pour ses ennemis, de moins en moins nombreux d’ailleurs sur ce dossier. En effet, aucune des tentatives telles que la partition, n’y figurent.

En réalité, pour la troisième année consécutive, le Conseil de sécurité constate en substance l’impasse et le blocage dans lesquels se trouve le dossier. Et pour cela, il insiste sur la solution « politique, pragmatique, durable et basée sur le compromis ». L’objectif du processus politique est ainsi clairement indiqué.

Comme moyen d’y parvenir, il rappelle le processus des tables rondes en indiquant qu’il est nécessaire de construire sur cet acquis.

Il salue le plan marocain d’autonomie et fait mention de l’élan récent. Il désigne les protagonistes. L’Algérie y est citée 5 fois, presqu’autant que le Maroc (6 fois).

Seul changement notable à ce stade des consultations, cette phrase du préambule: « Considérant que le statu quo n’est pas acceptable, exhortant à éviter tout acte susceptible de mettre en péril le processus politique et notant en outre qu’il est essentiel que les négociations progressent pour que la qualité de vie des habitants du Sahara occidental s’améliore dans tous les domaines ».

Médias24 suivra donc l’évolution au sein du Conseil de sécurité. Le vote est programmé pour le 30 octobre 2024.

Staffan de Mistura a perdu la confiance du Maroc (Analyse)

Le 6 octobre 2024, soit à quelques jours de son briefing devant le Conseil de sécurité, Staffan de Mistura a bouclé trois ans au poste d’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara.

Dans son rapport de 2023, Antonio Guterres insistait sur la reprise, dans les plus brefs délais, du processus des tables rondes pour faire progresser la recherche d’une solution à ce conflit régional vieux de près d’un demi-siècle.

Staffan de Mistura a été incapable d’amener les parties à reprendre le chemin des négociations, processus interrompu en mars 2019 après deux rounds. L’Algérie s’y oppose, clamant qu’elle n’était pas partie prenante dans ce différend régional alors qu’elle en est le principal protagoniste et instigateur. Un rôle que semble minimiser le haut diplomate onusien.

Que fait alors de Mistura devant le Conseil de sécurité ? Faute d’un bilan, il exhume une vieille option datant de 22 ans et qui a été enterrée sitôt mise sur le tapis : la partition du Sahara, une idée de feu Abdelaziz Bouteflika relayée par James Baker.

Staffan de Mistura va jusqu’à poser une sorte d’ultimatum aux parties. Faute d’un progrès dans les six mois à venir, il pourrait rendre le tablier.

Pourtant, il sait que le seul progrès possible est que les parties au conflit se retrouvent autour des tables rondes pour trouver une issue et sur la base du plan d’autonomie avancé par le Maroc, en total respect de son intégrité territoriale, et jouissant du soutien d’une grande partie de la communauté internationale, dont deux membres permanents du Conseil de sécurité : les États-Unis et la France.

À Rabat, la diplomatie marocaine réagit en réaffirmant que l’intégrité territoriale du Maroc et son unité sont des lignes rouges. Nasser Bourita avait eu une réponse similaire lorsque Staffan de Mistura avait évoqué la question de la partition en avril dernier, lors d’un déplacement au Maroc. Le Royaume n’avait pas réagi de manière officielle à l’époque.

« C’était un non-événement. Il ne faut pas tomber dans le piège et focaliser sur cette histoire de partition au moment où le Royaume engrange soutien après appui à son plan d’autonomie », avertit un ancien diplomate qui suit l’évolution du conflit depuis le début.

Il ne faut pas tomber dans le piège et focaliser sur cette histoire de partition au moment où le Royaume engrange soutien après appui à son plan d’autonomie

En plus de cette vieillotte histoire de partition, Staffan de Mistura a trouvé une autre parade à ses échecs en demandant au Maroc de « développer » son plan d’autonomie.

« Le Maroc développera son plan au moment où les autres parties accepteront de revenir à la table des négociations. Quand il a présenté son plan d’autonomie, le Royaume a affirmé qu’il s’agissait d’une mouture négociable », commente l’ancien diplomate.

D’ici là, et au cas où par miracle Staffan de Mistura arriverait à convaincre l’Algérie de reprendre le chemin des tables rondes, quelle serait l’attitude de Rabat envers l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU?

« Il y aura de la méfiance, mais le Maroc continuera à traiter avec De Mistura comme un haut fonctionnaire onusien. Notre pays respecte les usages diplomatiques à la règle », répond notre interlocuteur qui rappelle comment la page d’un autre incident avec De Mistura avait été tournée, après un ferme rappel à l’ordre de Rabat.

Le Maroc développera son plan au moment où les autres parties accepteront de revenir à la table des négociations

C’était en janvier dernier quand l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU était parti en Afrique du Sud, l’un des principaux et derniers soutiens des séparatistes sur le continent, évoquer le dossier du Sahara. « Qu’il aille sur la planète Mars ! », avait réagi Nasser Bourita en rappelant que l’Afrique du Sud n’avait aucun droit au chapitre concernant ce conflit, dont la solution se trouve entre les mains de l’ONU. Et à Alger.