La Comader et la FMDC s’allient pour sensibiliser les consommateurs aux risques des produits non conditionnés

À l’occasion de la Journée d’étude sur la protection des consommateurs, organisée le 12 décembre à l’initiative de la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC), un accord de partenariat a été signé avec la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader) pour renforcer leur collaboration en matière d’amélioration de la qualité des produits, garantir la sécurité des consommateurs et promouvoir des pratiques de contrôle plus rigoureuses.

« La sensibilisation des consommateurs est le point d’attaque de l’accord signé », nous dit Rachid Benali, président de la Comader.

Des problèmes existent parfois au niveau de la commercialisation, notamment avec la présence de l’informel et la circulation de produits non conditionnés

« S’il est vrai que le maximum est fait au niveau de la sécurité alimentaire que nous essayons d’assurer entièrement, il n’en demeure pas moins que nous ne pouvons pas assurer le suivi sur tous les plans. Au bout de la chaîne, les produits sortants sont de bonne qualité, mais ils n’arrivent pas toujours en l’état chez les consommateurs. Des problèmes existent parfois au niveau de la commercialisation, notamment avec la présence de l’informel et la circulation de produits non conditionnés. C’est à ce titre qu’intervient l’accord de partenariat avec la FMDC. Nous cherchons en effet à sensibiliser le consommateur final ».

Il est impossible de contrecarrer toutes les mauvaises pratiques de commercialisation, estime Rachid Benali.

« Je pense, à titre d’exemple, au lait ou bien à l’huile d’olive surexposés au soleil et qui pourtant sont commercialisés, que ce soit dans les épiceries ou au bord de la route. Le seul qui puisse nous aider à éradiquer ce genre de pratiques est le consommateur. Si le consommateur renonce à ce type de produits, moins de produits non conditionnés seront commercialisés ».

Pourquoi les Marocains consomment-t-ils ces produits non conditionnés ? Est-ce une question de prix plus compétitifs ?

« C’est loin d’être le cas. Si nous considérons l’exemple de l’huile de l’olive, celle-ci se vend beaucoup plus cher en vrac (bidons) que l’huile d’olive conditionnée et étiquetée proposée dans les grandes surfaces », affirme le président de la Comader.

Le contrôle des produits alimentaires et industriels ainsi que le cadre réglementaire pour la protection des consommateurs ont été au centre de la Journée d’étude tenue à l’initiative de la FMDC.

Lors de cette journée organisée en partenariat avec le ministère de l’Industrie et du commerce, les discussions se sont articulées autour des enjeux cruciaux liés à la régulation des produits et à la sécurité des consommateurs, dans le contexte d’un cadre législatif renforcé visant à garantir la conformité des produits et à protéger la santé publique.

Centrale Danone obtient la certification B Corp™

La certification couvre l’ensemble des activités de Centrale Danone, et consacre le double projet économique et social de l’entreprise conformément à la mission de Danone : « Apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre », peut-on lire sur un communiqué de Centrale Danone. « Elle reconnaît l’engagement de l’entreprise à aller au-delà de la simple rentabilité financière, en plaçant la responsabilité sociale et environnementale au cœur de sa stratégie », poursuit-on.

« Cette certification B Corp™ est une reconnaissance des efforts de nos équipes pour avoir un impact positif sur notre communauté et l’environnement de notre pays. Nous sommes fiers de contribuer à un avenir durable, en harmonie avec nos valeurs. La certification B Corp™ est en parfaite ligne avec la vocation économique et sociale de Danone, qui vise à créer un impact positif pour l’ensemble de ses parties-prenantes », a déclaré Hervé Orama Barrère, PDG de Centrale Danone, cité dans le communiqué.

Lucy Muigai, directrice exécutive de B Lab Africa, a ajouté : « Nous sommes ravis d’accueillir Centrale Danone dans la communauté B Corp™. Ce mouvement regroupe des entreprises engagées à changer la façon dont le business opère, prouvant que l’entreprise peut vraiment être une force pour le bien. Centrale Danone sera une addition fantastique à cette communauté et continuera de faire avancer la conversation ».

Octroyée par l’organisme indépendant B Lab®, cette certification atteste du respect de normes rigoureuses en matière de performance sociale et environnementale, de transparence et de responsabilité, en auditant l’entreprise de manière scrupuleuse sur 5 volets :

• Gouvernance : assurer la transparence et l’engagement envers une mission sociale qui bénéficie à tous ;
• Environnement : mise en œuvre pratiques de gestion des ressources qui préservent la planète pour les générations futures ;
• Collaborateurs : créer un cadre épanouissant qui favorise le développement de carrière, le bien-être, l’engagement et la satisfaction de tous les employés ;
• Communautés : s’engager activement dans des initiatives de responsabilité civique pour renforcer le tissu social local ;
• Consommateurs : cultiver une relation de confiance avec les clients en intégrant des pratiques durables et éthiques dans la chaîne d’approvisionnement.

Contre les pesticides, la nécessaire éducation des utilisateurs et des consommateurs: un cri d’alarme de Bouazza Kharrati

« Il est inconcevable qu’un secteur aussi important que celui des pesticides, qui représente même un problème de santé publique, ne soit pas dûment réglementé », regrette Bouazza Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs, joint par Médias24.

« La problématique des pesticides est internationale. Elle pose de plus en plus de verrous pour l’exportation des produits agricoles vers l’Union européenne, qui utilise cette barrière sanitaire en fonction de ses besoins« .

Pour illustrer ses propos, Bouazza Kharrati évoque une dérogation du ministre français de l’Agriculture datant d’avril 2024 relative à l’emploi d’un herbicide pour le traitement des rizières de la Camargue, alors même qu’il n’est pas homologué par l’UE… et est reconnu cancérigène « Pourtant, lorsque des traces de pesticides sont détectées sur les produits agricoles marocains, c’est la levée de boucliers ! »

Il rappelle, par ailleurs, que les pesticides inquiètent aussi bien le consommateur marocain qu’européen au vu des graves dangers sanitaires qu’ils peuvent induire par effet cumulatif et synergique. « Le consommateur ingurgite des substances toxiques qui s’accumulent dans sa matière lipidique. A un certain niveau, elles deviennent cancérigènes ou causent d’autres maladies. Ce sont des intoxications chroniques, car les symptômes n’apparaissent qu’au delà de 5 ans et plus ».

Pour Bouazza Kharrati, la seule solution est l’éducation des utilisateurs et des consommateurs. Elle devient « l’axe principale pour atténuer les méfaits » des pesticides.

Agriculteurs, élus et consommateurs, des cibles à sensibiliser

Bouazza Kharrati estime qu’un cadre légal est de mise, mais aussi une éducation des utilisateurs et des consommateurs. Les utilisateurs se répartissent entre les agriculteurs et le personnel communal.

Concernant les agriculteurs, notre interlocuteur souligne que « le problème est celui de la formation« . Selon lui, le ministère de l’Agriculture doit sensibiliser les professionnels du secteur à la problématique des pesticides et aux dangers que représentent ces substances. Un danger d’autant plus sérieux en l’absence de normes de dosage, de matériel de protection (masque, lunettes, etc.), mais aussi d’hygiène (réutilisation des bidons de pesticides vides).

Quant aux collectivités territoriales, Bouazza Kharrati rappelle qu’elles sont « responsables du traitement des parasites à travers des campagnes de désinsectisation menées chaque année en début d’été dans les villes, les périphéries, les marécages, etc. Or ces pesticides pénètrent directement dans les maisons, que ce soit à travers l’air ou les souliers ».

Au sujet des consommateurs, notre interlocuteur estime que l’éducation doit passer par une sensibilisation des mesures à adopter en cas de réutilisation des contenants qui ont servi à transporter les pesticides, mais aussi celles à adopter avant de consommer les fruits. Il estime qu’il est indispensable d’éplucher les fruits tels que la pomme qui contient, au minimum, sept variétés de pesticides. « Ce qui peut aller jusqu’à 21 molécules. Et c’est très grave », souligne-t-il.

Par ailleurs, il prévient contre l’utilisation chaotique des aérosols dans les intérieurs. « Ce sont des substances toxiques qui sont autorisées par le ministère de la Santé et non pas par le ministère de l’Agriculture », rappelle notre interlocuteur.

Ce dernier espère que ces deux autorités gouvernementales collaborent davantage pour « sensibiliser et in fine diminuer le risque d’intoxication chronique chez le consommateur marocain, mais aussi chez les professionnels qui, eux, sont susceptibles d’être intoxiqués de manière plus grave ».

Encadrer l’usage et la vente

Au-delà de la sensibilisation nécessaire, Bouazza Kharrati estime qu’un changement doit être opéré en matière de commercialisation. Pour lui, la procédure d’autorisation d’importation se passe très bien. « Là où le bât blesse, c’est lorsque les produits arrivent au niveau de l’étalage des marchands. »

« N’importe qui peut les vendre. Or les pesticides sont des médicaments, à l’instar des médicaments à usage vétérinaire et humain. Pour les utiliser, il faut des années d’études, voire un bac+7, alors que les pesticides peuvent être utilisés par n’importe qui et n’importe comment. Il existe une anarchie dans la vente », déplore le président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs.

Notre interlocuteur regrette également l’abandon d’un projet de loi qui devait réglementer ce secteur mais qui n’a « jamais vu le jour ». Aujourd’hui, il estime qu’il est indispensable de prévoir un cadre de vulgarisation de l’utilisation des pesticides, de respect des doses, de volume d’appareillage, de conseils quant au climat à choisir avant de traiter, car il faut éviter les jours de pluie ou de forts vents qui contribuent à faire disperser les pesticides.

Pour lui, il faut octroyer des autorisations de vente à des spécialistes formés. Par exemple, à des biologistes détenteurs d’un bac +3. Le but est de s’assurer de leurs compétences et de leur créer de l’emploi. C’est à des personnes dûment formées de vendre des produits dont les risques sont importants.

« La prévention en matière d’utilisation des pesticides va permettre de diminuer le nombre de cancers. Même s’il y a plusieurs facteurs derrière cette maladie, les pesticides jouent un rôle très important à son développement. La maîtrise de leur usage contribue à sauvegarder la biodiversité. Plus de 60% des insectes ont disparu à cause des pesticides. Et cela conduit à la disparition d’animaux qui s’en nourrissent. Il y a une rupture du cycle biologique de la vie », conclut Bouazza Kharrati.

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La FNAC alerte sur une possible entente sur la hausse des prix du pain

Suite à l’annonce du ministère de l’Economie et des finances concernant le maintien du prix du pain à base de farine de blé à 1,2 dirhams par unité, la Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC) annonce, dans sa lettre, avoir constaté une hausse des prix au niveau des boulangeries concernant l’ensemble des variétés de pain, et pas uniquement celui à base de farine de blé.

La FNAC rappelle que la hausse des prix reste légale, mais pas dans le cas d’un cautionnement de la part de l’Association des pâtisseries et boulangeries, ou suite à une entente entre ses membres. Il s’agirait, dans ce cas, « d’une infraction à la loi 140-12 relative à la liberté des prix et à la concurrence », précise la FNAC.

La FNAC appelle ainsi le Conseil de la concurrence à s’enquérir du sujet, mener une enquête et vérifier s’il s’agit bien d’une entente.

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31% des emprunteurs ont recours à un second crédit pour rembourser le premier (étude FNAC)

A travers une enquête menée entre septembre 2020 et février 2021 auprès de 2.082 personnes, la fédération nationale des associations du consommateur vise à “comprendre le phénomène de l’endettement au Maroc”.

Elle définit l’endettement comme étant “le recours efficace pour l’acquisition rapide d’un bien ou d’un appareil de consommation”.

Les résultats de cette enquête ont permis à la FNAC de mettre en exergue le comportement des Marocains vis-à-vis de l’endettement et de proposer des recommandations “pour que le consommateur soit averti, informé et protégé”. Ils ont été présentés lors d’une conférence de presse, ce vendredi 28 mai, et rassemblés dans un rapport de 40 pages.

Selon l’étude de la FNAC, le rythme de l’endettement des ménages marocains est certes en ralentissement, mais en 2017, il représentait 30% du PIB du pays, ce qui “reste très élevé en comparaison avec d’autres pays à économies émergentes”.

Les principaux facteurs de l’endettement des ménages au Maroc sont les crédits à la consommation et les prêts à l’habitat, sachant que, selon cette étude, ce sont “les formules et facilités proposées par les acteurs du secteur financier” qui incitent les consommateurs “à prendre des crédits et micro-crédits”.

Selon l’enquête menée par la FNAC, un ménage sur 3 se trouve obligé de s’endetter ou de puiser dans son épargne pour boucler ses fins de mois. 25% des personnes interrogées déclarent avoir souscrit un crédit pour l’achat d’une voiture, tandis que 19% y ont eu recours afin d’équiper leur logement et 17% pour financer les frais des études de leurs enfants.

Les raisons les moins citées (7%) sont le financement de fêtes ou de soins médicaux.

Près de 30% des emprunteurs gardent moins de 25% de leur salaire mensuel

Les personnes interrogées sont salariées, retraitées ou exerçant des fonctions libérales. 67,7% d’entre elles ont un revenu mensuel supérieur à 5.000 DH et 2,4% disposent d’un revenu mensuel inférieur à 1.000 DH.

Plus de la moitié (62,5%) paient des mensualités qui dépassent les 30% de leurs salaires, sachant que le tiers (29,3%) déclarent garder moins de 25% du salaire mensuel, après remboursement des crédits. Et 12% seulement affirment garder plus de 40% du salaire.

A noter que selon la FNAC, une personne est “légalement” considérée comme surendettée, lorsqu’il ne lui reste, après le paiement de ses échéances, que 35% de son revenu mensuel net.

La tranche d’âge la plus concernée par le phénomène de l’endettement est celle des 35-45 ans qui représente plus de 79% selon les résultats de l’enquête menée par la FNAC.

Celle-ci indique, par ailleurs, que plus de la moitié (51,9%) sont titulaires d’au moins deux crédits à la consommation. Sachant que 34,70% déclarent avoir deux crédits et près du quart (23,4%) déclarent en avoir trois.

“L’enquête a révélé que plus le nombre de crédits souscrits par une personne est important, plus cette personne cherche à souscrire de nouveaux crédits quelles qu’en soient les conditions”, précise la FNAC dans son rapport.

En effet, 31% des personnes ayant souscrit des crédits affirment avoir eu recours à un autre crédit pour rembourser le premier.

Si 2 personnes sur 5 indiquent ne pas avoir de mal à rembourser leur premier crédit, il convient de noter que 4 personnes sur 5 affirment avoir des difficultés de remboursement. Pourtant, le recours au crédit à la consommation est la dernière option choisie par les consommateurs en cas d’imprévu. Ceux-ci préfèrent piocher dans leurs épargnes ou emprunter auprès de leurs proches avant de souscrire un crédit.

Les personnes interrogées indiquent que “le surendettement incombe d’abord aux gens qui vivent au-dessus de leurs moyens (32%), ensuite aux établissements de crédit qui incitent leurs clientèles à prendre des crédits de façon inconsidérée (12%) et d’une façon générale aux deux à la fois (58%)”.

Selon la FNAC “une grande partie des Marocains succombent aux offres alléchantes de sociétés spécialisées”.

“Les organismes de crédits proposent des formules adaptées à toutes les classes sociales, en profitant de chaque occasion (ramadan, vacances d’été, rentrée scolaire et fête du mouton). Ainsi, les opportunités ne manquent pas pour communiquer à propos des offres de financement auprès des ménages marocains”, indique la fédération.

Celle-ci estime que “le risque de surendettement des ménages” ne disparaîtra que le jour où ils comprendront “que le crédit n’est pas un complément de salaire mais une avance sur salaire. Une avance sur une épargne à constituer, dont le montant a servi à l’acquisition d’un bien utile”.

Elle met également en garde contre le risque “grave” du surendettement “pour l’industrie de la micro finance”, puisque ce phénomène “peut accentuer la pauvreté de ses clients et menacer leur position sociale”. Il peut même “conduire à des troubles psychologiques”, entre autres problèmes de santé.

Un emprunteur sur 4 ne connaît pas le montant de ses mensualités

Ainsi, pour lutter contre le phénomène, la fédération nationale des associations du consommateur a mis en place un simulateur de crédit (disponible sur son site: fnacmaroc.org) qui permet au consommateur, de mesurer sa capacité d’endettement.

Par ailleurs, elle propose de former et d’informer la population car, les plus touchés sont ceux dont le niveau de formation est faible.

“La majorité signent les contrats de crédits sans comprendre le type, les règles ni l’étendue de leurs dettes. Leur formation limitée les empêche de bien comprendre tout le contenu du contrat. Un emprunteur sur 4 ne connaît pas le montant de ses mensualités de remboursement, un sur 3 ignore sa durée et plus de 2 emprunteurs sur 3 n’ont pas la moindre idée du taux d’intérêt de leur crédit”, indique la FNAC qui estime que “le pire” est que “4 débiteurs sur 5 ne connaissent absolument pas le mode de calcul des intérêts”.

“Les supports et le contenu de l’information qui circulent sur le marché doivent être réglementés comme le stipule la loi 31.08, que ce soit au niveau de la publicité mensongère, de l’affichage des prix et tarifs de remboursement ou au niveau des clauses des contrats de crédits”, souligne la FNAC.

“La loi doit protéger le consommateur contre le déséquilibre entre lui et le prestataire des services de crédit. C’est-à-dire protéger le consentement du consommateur, en réglementant la concurrence déloyale et l’introduction du délai de réflexion, lutter contre les conditions contractuelles abusives, imposées au consommateur et lutter contre les prix excessifs à travers un contrôle”, poursuit la même source.