Le groupe Marjane prévoit de mettre en service sa plateforme de frais en 2025

Dans un secteur déstructuré, le groupe Marjane prévoit de passer à la vitesse supérieure pour apporter davantage de valeur ajoutée à sa clientèle. Après la « filière M« , qui lui permet d’assurer en amont l’approvisionnement de ses surfaces de produits frais contrôlés, l’opérateur a mobilisé un investissement d’environ 100 millions de DH pour construire sa plateforme de frais complète, apprend-on de source sûre.

Mise en service prévue vers février-mars 2025

Selon nos informations, la construction de cette plateforme a démarré en février 2024 pour une opérationnalisation prévue en février ou mars 2025. La durée des travaux est fixée à une année.

Il s’agit, concrètement, d’une plateforme de centralisation complète des produits frais (fruits, légumes, viandes rouges, poisson…), pour garantir le respect de la chaîne de froid sur tout le circuit.

Ces produits seront directement transportés depuis les champs jusqu’à ladite plateforme en camions frigorifiques, pour les y entreposer avant de les livrer aux magasins du groupe, dans le respect des normes en vigueur et, spécifiquement, de la chaîne de froid.

Outre la vente de ces produits frais à l’état brut, cette plateforme servira également pour leur transformation et la création de valeur ajoutée. Elle permettra notamment d’accompagner l’expansion des magasins de proximité du groupe, à savoir les Marjane City lancés en novembre 2023. Ils seront fournis directement de barquettes et de sous-vides de viande d’abats par exemple, ou encore de saucisses fabriquées dans les ateliers Marjane…

En effet, le chiffre d’affaires de ces magasins de petite taille ne leur permet pas de supporter les frais supplémentaires d’un boucher sur place, comme on le voit au niveau des supermarchés et hypermarchés du groupe Marjane.

Une plateforme pour gérer 20.000 tonnes de fruits et légumes par mois

Cette plateforme est basée à Casablanca. Selon nos sources, elle est attenante à l’entrepôt logistique du groupe qui se trouve à Sapino, l’objectif étant de mutualiser les ressources et la logistique.

Marjane pourrait également mobiliser, au départ de cette plateforme, des camions bi-températures avec deux compartiments, un réfrigéré et un autre non réfrigéré, qui pourront, à la bonne fréquence, alimenter les villes éloignées telles que Tanger, Laâyoune ou Guelmim.

La mise en service de cette plateforme bénéficiera également au consommateur. Grâce à cette logistique optimisée, ce dernier bénéficiera de produits frais livrés fréquemment, ce qui garantit une fraîcheur et une qualité constantes. Les magasins de Tanger seront par exemple livrés tous les jours, dans le respect de la chaîne de froid. Les économies d’échelle permettront par ailleurs au groupe de réduire ses coûts, rendant les produits plus accessibles.

En termes de quantité, le groupe prévoit d’y gérer près de 20.000 tonnes de fruits et légumes par mois, et 26.000 carcasses de viande par an.

Bien que la plateforme traitera l’ensemble des produits frais (fruits, légumes, viandes, poissons), la « filière M » occupera une place prépondérante.

Ce projet novateur marque une avancée majeure dans le secteur du frais et de la grande distribution au Maroc. Alliant transformation, logistique et respect des normes les plus strictes, cette plateforme devrait transformer durablement l’expérience consommateur et le paysage de la distribution.

Importation de viandes rouges : des contrôles stricts prévus, la liste des pays exportateurs fixée

Le premier point sur lequel insistent nos sources est celui de la qualité des viandes rouges importées.

Des contrôles stricts seront effectués

« La viande importée sera d’une qualité supérieure », assurent d’emblée nos interlocuteurs. « Tous les contrôles et les mesures sanitaires pour garantir la qualité et la salubrité de ces aliments seront réalisés et respectés par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), ainsi que les organismes internationaux des pays exportateurs ».

« Les exigences en matière d’importation de viande rouge depuis l’Europe vers le Maroc seront élevées, de manière à ce que la sécurité sanitaire et alimentaire soit garantie », insistent nos sources. « Nous passons donc à un niveau supérieur en termes de contrôle ».

En effet, dans une décision publiée ce 15 octobre à ce sujet, et qui prend effet à compter de la même date, l’ONSSA précise que « toutes les viandes importées doivent être accompagnées d’un certificat sanitaire, délivré par les autorités compétentes du pays d’origine, ainsi qu’un certificat d’abattage halal, délivré par l’organisme islamique habilité du pays d’origine ».

Et d’ajouter : « Les viandes importées seront contrôlées au niveau des postes d’inspection frontaliers, conformément à la réglementation en vigueur ».

Les viandes seront importées en carcasses

Toujours d’après les opérateurs joints par nos soins, « ces viandes, qui seront importées en carcasses, seront stockées au Maroc dans des unités spécialisées qui disposent de tous les moyens et équipements nécessaires afin de garantir leur qualité et maintenir leur salubrité à un niveau très élevé ». C’est en effet l’une des exigences de l’ONSSA dans sa décision de ce 15 octobre.

L’Office précise que « l’importateur doit disposer d’un lieu d’entreposage des viandes agréé ».

« À leur arrivée, ces viandes vont subir un contrôle sanitaire et seront estampillées pour prouver qu’elles sont passées par les services sanitaires marocains avant d’être distribuées ».

L’importateur doit disposer d’un lieu d’entreposage des viandes agréé

« Elles seront également accompagnées d’un certificat ‘halal’ d’un organisme certifié. Ce n’est toutefois pas n’importe quel organisme ‘halal’ qui sera validé par le gouvernement. Il s’agira seulement des organismes de référence en termes de contrôle de la qualité ‘halal' », soulignent nos interlocuteurs.

« Pour baisser les prix, tous les intervenants de la chaîne doivent jouer le jeu »

« Ces viandes seront distribuées au niveau de tous les revendeurs, notamment les bouchers et les grandes surfaces ». Ces derniers pourront commander leur viande auprès des importateurs et seront livrés par la suite.

« À la livraison, la viande importée sera accompagnée d’un certificat sanitaire qui justifie qu’elle a passé tous les contrôles sanitaires, en plus d’une copie du certificat ‘halal’ qui pourra être affichée dans les magasins », entre autres, pour rassurer la clientèle.

Dans ces points de vente, la viande sera vendue normalement, sans aucune mention spéciale affichée, nous explique-t-on, mais « le prix fera la différence ». Le boucher est également tenu d’informer les clients si des questions se posent quant à l’origine des viandes.

À la livraison, la viande importée sera accompagnée d’un certificat sanitaire qui justifie qu’elle a passé tous les contrôles sanitaires, en plus d’une copie du certificat ‘halal’

Notre source souligne par ailleurs que « cette opération ne va bien fonctionner que si tous les opérateurs de la chaîne jouent le jeu. Le boucher ne doit pas acheter moins cher et vendre au même prix que la viande locale ».

Tous les intervenants doivent alors être « corrects », à savoir l’importateur, le boucher et les grandes surfaces, dans la détermination des prix des viandes importées, l’objectif principal de cette mesure étant de fournir de la viande rouge de bonne qualité à des prix plus bas. Et pour éviter les spéculations, le gouvernement est également en train d’étudier les mécanismes possibles : il peut s’agir du plafonnement des prix, ou encore de la fixation d’un prix de référence.

Quid du niveau de baisse prévu pour les prix de vente au consommateur final ? « Personne ne peut prédire de combien sera cette baisse pour le moment », expliquent nos sources. « Ce que nous pouvons confirmer, c’est que les prospections sont en cours, et que le marché international est actuellement moins cher par rapport au Royaume ».

Les pays exportateurs fixés

Pour ce qui est des pays d’importation, la liste a été fixée par l’ONSSA. L’importation des viandes rouges fraîches (congelées ou réfrigérées) au Maroc pourra être effectuée à partir des pays suivants :

– pour les viandes ovines et caprines : tous les pays de l’Union européenne, Andorre, Albanie, Argentine, Australie, Canada, Chili, Etats-Unis d’Amérique, Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande, Russie, Serbie, Singapour, Suisse, Uruguay.

– pour les viandes bovines : tous les pays sus-cités, en plus du Brésil, du Paraguay et de l’Ukraine.

Cette liste peut toutefois être modifiées en cas d’émergence d’un risque sanitaire pour la santé humaine ou animale lié à l’importation des viandes, souligne l’Office.

Une opération à durée déterminée

Cette opération ne sera en vigueur que pour une durée déterminée. « Les opérateurs du secteur disent qu’ils seront à même de baisser les prix des viandes locales dans les prochains mois. Pour leur permettre d’arriver à des prix compétitifs, le gouvernement a donc décidé de gérer ce gap, en assurant la disponibilité des viandes rouges sur le marché à des prix plus bas ».

« Lorsque les prix des viandes locales seront moins élevés, les importations s’arrêteront automatiquement », concluent nos interlocuteurs.

Mutandis révise à la hausse ses prévisions annuelles pour 2024

Cette performance est tirée principalement par la progression des marges dans les segments d’hygiène et des boissons, ainsi qu’une solide performance de la filiale américaine Season USA. Ces résultats témoignent de la solidité financière de l’entreprise qui a révisé à la hausse ses prévisions annuelles : Mutandis table désormais sur une croissance de 20% pour l’EBE et le résultat net courant (RNC), contre une estimation initiale de 10% à 15%.

Par ailleurs, le RNC a également augmenté de 20% au premier semestre, atteignant 52 MDH. Cette hausse compense la montée des amortissements liés à l’ouverture de trois nouvelles usines. Le résultat net global, incluant une plus-value nette de cession, a atteint 106 MDH, renforçant encore davantage la solidité du groupe.

En ce qui concerne la gestion de la dette, l’entreprise a par ailleurs réduit sa dette nette de manière significative, passant de 1,1 milliard de DH à 710 MDH, en grande partie grâce à la cession de son activité de bouteilles et bouchons en avril. Parallèlement , les investissements (capex) de l’entreprise ont atteint 124 MDH durant la période, dépassant le niveau habituel, en raison de la poursuite des travaux de construction de la nouvelle usine d’hydrolysats à Dakhla, spécialisée dans la production d’hydrolysats de sardine, une première en Afrique. La fin des travaux est attendue pour le quatrième trimestre 2024.

Analyse des performances par secteur d’activité

Le segment de l’hygiène a réalisé un chiffre d’affaires de 366 MDH, en hausse de 9% par rapport à la même période en 2023. Cette performance est essentiellement due à une reprise des volumes de vente, après une année 2023 marquée par la stagnation des tonnages suite aux augmentations de prix opérées en 2022. Les produits liquides, tels que la lessive liquide et l’eau de javel, ont été les principaux moteurs de cette croissance.

Le lancement de la nouvelle marque d’hygiène personnelle, Vitaia, s’est déroulé conformément aux attentes, contribuant également à la croissance de cette catégorie. Aucun ajustement de prix n’a été appliqué en 2023 et 2024, confirmant que la progression est portée uniquement par l’augmentation des volumes.

Quant aux produits de la mer, leur chiffre d’affaires a chuté de 43%, atteignant 142 MDH. Cette baisse s’explique par un démarrage tardif de la saison de pêche, les stocks de poisson congelé n’étant pas disponibles en début d’année pour répondre à la demande toujours forte des marques Anny (Afrique Centrale) et Season (USA).

La production n’a donc pas pu suivre la cadence habituelle. Cependant, Mutandis prévoit un rattrapage au second semestre, avec une amélioration de la disponibilité des ressources halieutiques depuis juin et juillet, ce qui devrait permettre de récupérer une partie du retard accumulé. Le lancement de la marque Marine, spécialisée dans la sardine sans peau ni arêtes, dans le commerce traditionnel marocain a reçu un accueil favorable, soutenu par une vaste campagne de communication.

D’autre part, le segment des boissons a enregistré une performance exceptionnelle avec une augmentation de 74% du chiffre d’affaires, atteignant 176 MDH. Cette progression est principalement tirée par les marques Frut et Vitakids, qui ont vu leurs volumes augmenter plus rapidement encore que les revenus.

Le premier semestre a également été marqué par le déménagement de l’usine de Marrakech à Kénitra, ce qui a permis d’accroître de manière significative la capacité de production et d’améliorer la flexibilité industrielle. Ain Ifrane, marque d’eau minérale désormais intégrée à Mutandis, a connu une première année pleine de forte croissance, marquée par une utilisation optimale de sa capacité de production.

In fine, pour ce qui est de la filiale Season USA, aux États-Unis, son chiffre d’affaires a augmenté légèrement de 3% en dollars, en raison d’une réduction des mois de promotion intense imposée par les grandes surfaces américaines. Néanmoins, cette stratégie a permis une hausse des marges, contribuant positivement à la rentabilité globale de l’entreprise. Les effets de change sont restés légèrement défavorables au cours du semestre.

Qualité et sécurité sanitaire des sauces commercialisées : voici les nouvelles normes édictées par le gouvernement

Le nouveau projet de décret n°2.24.394 instaure des critères stricts en matière de composition et de qualité des sauces. Il définit les ingrédients autorisés dans leur fabrication et fixe des limites quant aux additifs et conservateurs utilisés. Ces normes sont destinées à garantir que les produits disponibles sur le marché répondent à des standards de qualité élevés, « protégeant ainsi les consommateurs de substances potentiellement dangereuses ».

L’un des points essentiels du décret, élaboré par le ministère de l’Agriculture, est le renforcement des mesures de sécurité sanitaire. Les fabricants seront tenus de garantir la traçabilité des ingrédients utilisés dans leurs produits. Cela implique une surveillance stricte de l’origine des matières premières et le respect des bonnes pratiques d’hygiène tout au long du processus de fabrication. 

Les autorités comptent également intensifier les contrôles pour s’assurer que les sauces commercialisées ne contiennent pas de contaminants pouvant nuire à la santé des consommateurs. L’objectif est de réduire les risques liés à l’usage d’ingrédients mal contrôlés ou à des conditions de production non conformes.

Des règles d’étiquetage claires pour une meilleure transparence

Le projet de décret n°2.24.394 prévoit aussi des règles d’étiquetage strictes destinées à fournir aux consommateurs toutes les informations nécessaires pour faire des choix éclairés. Parmi les informations obligatoires figurent :

Pour veiller au respect de ces nouvelles dispositions, le décret introduit des mesures de contrôle régulier des installations de production et des échantillons de sauces vendues sur le marché. En cas de non-conformité, des sanctions seront appliquées, allant d’amendes à des interdictions de commercialisation. Ces mesures visent à dissuader toute infraction aux normes sanitaires et à s’assurer que seules des sauces sûres et de qualité sont mises en vente.

Habillement : la friperie, les sites de vente chinois et l’inflation freinent la reprise du secteur

Tout comme les autres secteurs, l’habillement n’a pas échappé à l’inflation et à la hausse des prix après la crise du Covid-19. Malgré la légère baisse de l’indice national des prix à la consommation des articles d’habillement et chaussures du HCP enregistrée en juillet 2024 (-0,1% par rapport à juin 2024), les coûts avaient continuellement augmenté depuis trois ans, comme en témoignent les indices mensuels.

Une hausse des coûts qui ne peut être sans conséquence sur la consommation de l’habillement par les Marocains. Pour en saisir l’impact, Médias24 a sollicité deux acteurs du secteur.

« 2024 n’est pas une bonne année pour la consommation locale de l’habillement »

« En général, la baisse du pouvoir d’achat commence par impacter  les produits qui ne sont pas de première nécessité, notamment l’équipement de la personne (vêtements, produits de beauté…) et l’équipement de la maison (ameublement, électroménager…). C’est ce qui explique la baisse du commerce de détail ayant affecté ces secteurs depuis la crise du Covid », explique à Médias24 un important industriel du textile.

« Par rapport à 2019, qui demeure l’année de référence pour tous les commerçants, 2024 n’est pas une bonne année pour la consommation locale de l’habillement, malgré la légère reprise constatée en août suite à l’arrivée massive des Marocains du monde qui s’achètent des vêtements pour eux-mêmes et versent de l’argent à leurs familles. Il faut bien sûr attendre le dernier quadrimestre pour avoir les résultats définitifs de l’exercice 2024″.

Le président régional pour Casablanca de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH), Abderrahmane Atfi, va dans le même sens : « L’inflation a fait que les produits de première nécessité ont été priorisés par rapport aux produits dit secondaires comme l’habillement. Si les consommateurs marocains n’ont pas complètement arrêté l’achat des articles d’habillement, les distributeurs constatent néanmoins que leurs ventes ont baissé« .

Friperie et sites de vente chinois : coups de cœur des consommateurs fidèles

D’où proviennent aujourd’hui les vêtements achetés par ces Marocains qui n’ont pas renoncé à leur consommation ? C’est la question que nous avons posée à nos deux interlocuteurs.

« Nous constatons la montée en puissance de la consommation de la friperie destinée aujourd’hui presque entièrement au commerce, alors que seulement 20% des fripes importées peuvent être revendues, selon la loi en vigueur. Cette loi prévoit en effet que 80% des habits d’occasion importés soient exploités en faveur des associations à but non lucratif ou à des fins de recyclage en vue d’en extraire les fils qui serviront plus tard à la production de vêtements neufs », décrit l’industriel du textile.

« Pire, la friperie est détournée par certains commerçants qui importent des marques neuves, mais les déclarent comme étant des produits de la friperie pour échapper aux droits de douane, payant seulement 6 dirhams le kilo, tarif correspondant aux droits de douane à l’importation des fripes. C’est une concurrence déloyale massive pour l’industrie nationale », déplore ce dernier.

« Le réseau de distribution local est alimentée à 95% par l’informel »

« Le réseau de distribution de l’habillement est alimenté à 95% par l’informel, que ce soit au niveau de l’importation ou encore de la production locale. Hormis le détournement de la friperie, l’informel provient également des sites chinois, des importations de contrebande et de la production informelle locale. La douane est aujourd’hui très vigilante, intensifiant les saisies d’articles d’habillement de contrefaçon », relève notre interlocuteur.

« L’habillement marocain qualitatif et compétitif aura toujours du succès. Pour accélérer son développement, la réduction de la concurrence déloyale est une nécessité. Il en va d’ailleurs de même pour les autres secteurs industriels ».

« Intégrée surtout dans la maille et la jeanerie, l’offre marocaine de l’habillement n’est malheureusement plus majoritaire, à cause des alternatives informelles d’achat, souvent moins chères. Il s’agit notamment de sites chinois, tels que Temu ou SheIn, et de la friperie qui perturbent l’offre locale, exposée en outre à une concurrence déloyale à cause des offres turques et égyptiennes plus avantageuses et du détournement des origines des articles », conclut pour sa part le président régional pour Casablanca de l’AMITH.

Voici les données concernant la consommation d’eau potable à Figuig

Au cours de la réunion organisée par le ministère de l’Intérieur à Bouarfa, jeudi 21 mars, le ministère de l’Equipement et de l’eau a fourni des données sur l’état des ressources en eau à Figuig, où des manifestations contre les sociétés régionales multiservices (SRM) ont été organisées. Le déploiement des SRM au niveau des différentes régions du Royaume suscite des inquiétudes chez les locaux qui craignent une privatisation de l’eau et/ou une augmentation des tarifs.

Ces tensions ont poussé le ministère de l’Intérieur à organiser, ce jeudi 21 mars à Bouarfa, une rencontre d’information avec la société civile locale, pour expliquer et apporter des réponses aux interrogations. Dans le sillage de cette rencontre, une présentation de la situation hydrique dans la région a été faite.

« Le niveau des nappes phréatiques dans la ville de Figuig connaît une baisse, en raison de l’exploitation excessive des eaux souterraines, due à la rareté des précipitations. En février 2024, le débit de la source Meghni, à Figuig, s’est établi approximativement à 10 litres par seconde, contre 15 litres par seconde en février 2020″, constate le ministère de l’Eau.

Ce dernier est revenu sur la baisse des précipitations dans l’ensemble de la région de l’Oriental (Oujda, Dar Driouch, Bouarfa et Guercif). Celles-ci ont diminué de 30% entre 1980 et 2023. Le ministère s’est également arrêté sur les dysfonctionnements de la gestion de l’eau potable dans la commune de Figuig. Premier constat : la consommation de l’eau potable excède la moyenne de consommation individuelle quotidienne.

Jusqu’à 136 litres d’eau potable consommés quotidiennement 

La consommation d’eau potable à Figuig dépasse largement la moyenne quotidienne de consommation par individu, qui est établie à 70 litres, observe le ministère de l’Equipement et de l’eau. Ci-dessous la répartition de la consommation d’eau potable (l/j) dans la commune de Figuig :

– Ksar Hammam Tahtani : 136,75 ;

– Ksar Zernaka : 92,73 ;

– Ksar Hammam Fougani : 92,5 ;

– Ksar Loudaghir : 80,97 ;

– Ksar Lamaïz : 77,87 ;

– Ksar Laabidat : 65,57 ;

– Ksar Ouled Slimane : 57,94.

Parmi les autres dysfonctionnements soulevés par le ministère, citons :

– le manque de personnel et ressources humaines non qualifiées (deux assistants administratifs et deux ouvriers de nivellement) et absence totale de techniciens et d’ingénieurs spécialisés ;

– un réseau de distribution délabré qui complique, avec les ressources financières limitées de la commune, le fait de garantir sa maintenance ;

– le recours à la tarification forfaitaire illégale qui compromet le principe de l’accès équitable à l’eau. Quelque 1.208 compteurs forfaitaires ont été recensés au 31 décembre 2023 ;

– la connexion directe et aléatoire ;

– l’utilisation de l’eau potable pour l’irrigation des vergers de palmiers dattiers ;

– les arriérés de paiement des redevances pour la consommation d’eau potable, dont le total s’élevait à plus de 2 MDH au 31 décembre 2023.

Les SRM n’auront aucun impact sur la tarification selon l’Intérieur 

Le premier éclairage apporté par ailleurs par la délégation du ministère de l’Intérieur concernait la politique tarifaire. À ce sujet, on s’est montré catégorique : « La mise en place des sociétés régionales multiservices n’aura aucun impact sur la tarification« , a assuré Mustapha El Habti, gouverneur, directeur de la Direction des réseaux publics locaux.

Le responsable s’est montré également rassurant sur la vocation des futures SRM. Si ces entités sont érigées en « sociétés anonymes », c’est, entre autres raisons, pour leur faciliter l’accès au financement, notamment via l’endettement.

Il ne s’agit pas pour autant de « privatiser l’eau. Au contraire, elle permettra une gestion de ce secteur pour et par les Marocains », a expliqué Mustapha El Habti. « Le projet vise à asseoir le pouvoir des collectivités sur ce service, qui demeure un service public ».

Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 23% depuis février 2022 !

Pour le mois d’octobre 2023, le haut-commissariat au Plan (HCP) a annoncé une baisse du taux de l’inflation sur une année à 4,3%. Ce chiffre est interprété (à raison) comme un relâchement , un ralentissement de l’inflation, qui avait culminé à 10,1% en février dernier. Mais cela signifie-t-il que les prix ont baissé, comme le laissent entendre plusieurs analyses ? Pas du tout. Les prix du panier de produits pris en compte par le HCP dans ses calculs continuent d’augmenter de mois en mois. La seule différence avec les mois précédents réside dans l’ampleur de cette hausse, qui s’allège de plus en plus. Ce qui est plutôt bon signe. Mais cela ne veut en aucun cas dire que les prix sont revenus à des niveaux normaux. Loin de là.

Le budget de l’alimentation des familles a augmenté du quart en vingt mois…

Si on veut faire une lecture globale des effets de l’inflation, l’analyse la plus parlante est de comparer la valeur de l’indice des prix à la consommation avant le début de la guerre en Ukraine, qui a produit les tensions inflationnistes dans le monde et au Maroc ; soit février 2022 et octobre 2023. Cela élimine l’effet de base qui peut être trompeur dans les calculs des variations annuelles et donne une idée plus claire de l’emballement des prix dans l’économie marocaine.

La courbe de hausse de l’indice des produits alimentaires et celle de l’indice général des prix ont la même forme et montrent bien que les produits alimentaires tirent l’inflation générale.

Calculs étant faits, par type de produit, on s’aperçoit que le chiffre de 4,3% communiqué par le HCP dans sa dernière note sur les prix à la consommation est loin de rendre compte, de manière parfaite, du sentiment général de cherté de la vie.

Exemple : le HCP annonce dans sa dernière note que le taux d’inflation générale de 4,7% comprend une hausse de l’indice des prix à la consommation des produits alimentaires de 8,8%, et celui des produits non alimentaires de 1,3%. Le HCP signale même des baisses de prix sur certaines catégories de produits alimentaires… Des conclusions qui ne sont pas en cohérence avec la perception des consommateurs et le discours que tiennent plusieurs acteurs de la société civile, experts de l’économie et partis politiques de l’opposition.

Car la réalité est bien plus grave que ce que laissent entrevoir les variations annuelles. Prenons l’exemple des « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées ». Les prix de cette catégorie de produits ont augmenté depuis l’éclatement de la crise ukrainienne de 23,6%. Autrement dit, le budget d’un ménage en produits alimentaires et boissons non alcoolisées a dû augmenter du quart en vingt mois. Une famille qui dépensait par exemple 2.000 dirhams pour ses courses alimentaires a vu sa facture, dans l’hypothèse de quantités achetées inchangées, passer à 2.472 dirhams, soit 472 dirhams de plus.

Transport, école, restaurants… Ces services qui s’emballent

Et ce, sans compter les autres produits et services indispensables à la vie de tous les ménages, comme les « Transports », dont les prix ont augmenté sur la même période de 10,36%. Cette hausse aurait pu être plus importante si le gouvernement n’avait pas débloqué les aides directes aux professionnels du transport. Mais à plus de 10%, cette hausse des prix dans les transports reste tout de même assez marquée. Elle s’explique de toute évidence par la hausse des prix des hydrocarbures, le gasoil essentiellement.

Autre exemple parlant : le coût de l’enseignement. L’indice des prix à la consommation du HCP montre que ce service vital s’est renchéri de 6,62%. Et ce n’est encore une fois qu’une moyenne, puisque la hausse peut être plus importante pour certains ménages que d’autres, selon le type d’établissements scolaires fréquentés et leur politique de prix.

Les « Meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer » sont aussi concernés par cette vague de hausse des prix, avec une progression moyenne de 7,49% sur vingt mois. Même tendance à la hausse pour les « Articles d’habillement et chaussures » qui ont vu leurs prix augmenter de 7,02%.

La catégorie « Restaurants et hôtels » n’est pas en reste, comme le ressentent d’ailleurs beaucoup de familles. Le prix de ce service a connu une hausse moyenne de 9,20% depuis février 2022. Ce qui explique pour beaucoup l’atonie dans ce secteur des services que nous avons évoquée, témoignages à l’appui, dans cet article.

LIRE AUSSI : Ce que dit la baisse de la consommation de la situation financière des familles marocaines

Bref, la vie à fin octobre 2023 est beaucoup plus chère qu’en février 2022, mois durant lequel la situation des prix était encore stable, avant de s’emballer en mars avec l’invasion, par la Russie, de l’Ukraine. Et cette situation ne s’estompe pas, bien au contraire, puisque l’inflation dépasse la norme admise des 2% tous les mois, ajoutant aux hausses des prix déjà consommées de nouvelles hausses que le consommateur subit de plein fouet sur les produits les plus essentiels à sa vie : alimentation, ménage, école, transport, habillement, sorties…

Voici par ailleurs l’historique et les détails de l’indice des prix et du taux d’inflation, puisés dans les tableaux de bord de Médias24:

 

Ce que pensent les milieux d’affaires de l’année 2023 et leurs prévisions pour 2024

De nos échanges avec ces grands patrons, deux grandes tendances se dégagent à propos de la conjoncture en 2023 et 2024.

2023 a tenu toutes ses promesses positives soit-elles ou négatives : la confirmation de la stabilisation des prix des intrants, la hausse des taux d’intérêts, la stagnation de la demande des ménages et l’effet salvateur de la bonne dynamique d’investissement dans le pays, poussée à la fois par le privé et par la commande publique. Le dumping monétaire turc et égyptien a également plombé l’activité de plusieurs opérateurs actifs sur le marché intérieur, mais aussi à l’export.

Pour 2024, un optimisme est à noter par rapport à la tendance sur le marché intérieur, avec un grand espoir porté sur la redynamisation de la demande des ménages, la fin des tensions inflationnistes qui peut provoquer une détente des taux d’intérêt et l’accélération de l’investissement privé. Mais des incertitudes liées à la conjoncture internationale planent toujours sur l’activité des entreprises, avec le risque d’un emballement au Proche-Orient et en Ukraine et l’apparition de fortes tensions dans la relation Etats-Unis / Chine.

Voilà en gros les facteurs clés qui ont marqué cette année qui s’achève et celle qui s’annonce. Et qui font, comme nous le dit un grand patron qui dirige plusieurs unités industrielles, que l’on n’est pas encore sorti véritablement de la crise que le monde et notre pays vivent depuis l’éclatement de la pandémie du Covid en 2020. Une crise qui touche pratiquement tous les secteurs, exception faite du tourisme qui a repris de plus belle, permettant au secteur hôtelier et celui des services de reprendre du souffle après deux années de dèche.

La prévision de la croissance du PIB en 2023 (3,3%)*, qui reste à confirmer, et la projection pour 2024 (3,6%) reflètent bien ce sentiment mitigé des milieux d’affaires, même si la croissance dans l’absolu n’est pas la variable déterminante de l’activité des entreprises, puisque d’autres données entrent en jeu dans cette conjoncture spéciale, telles que l’inflation, la demande, les taux d’intérêts, le climat social…

La stagnation de la demande des ménages contrebalancée par l’accélération de la commande publique

En 2023 par exemple, la tendance inflationniste a joué plutôt en faveur de certaines activités industrielles. L’agro-alimentaire à leur tête. Ce secteur a été le plus touché par la hausse des prix des intrants en 2022, poussant certains acteurs à augmenter leurs prix au risque de sacrifier les ventes en volume, quand d’autres ont pris le pari de ronger sur leurs marges pour sauvegarder leurs parts de marché. En 2023, nos sources sont unanimes sur la tendance générale de la baisse des prix des intrants, qui a soulagé les besoins de trésorerie des entreprises, avec une baisse du besoin en fonds de roulement par rapport à 2022, rétablissant un peu les marges commerciales.

Mais l’augmentation des prix appliquée en 2022 a eu un effet direct sur la demande, comme nous le confirment nos sources, encore une fois à l’unanimité. Et cette baisse de la demande, ou de la consommation des ménages, impacte de manière brutale le chiffre d’affaires en volume de plusieurs filières. « Ça risque de ne pas se voir sur les comptes de résultats qui peuvent afficher des hausses de chiffre d’affaires, mais cette amélioration est tirée essentiellement par l’effet prix, car les volumes n’ont pas connu réellement de croissance », précise notre source dans la grande distribution.

Sur un plan plus macro, cette baisse de la demande des ménages ne va pas être trop perceptible, comme nous le signale notre banquier. Car la demande globale dans le pays, comprenant une bonne part de la demande publique, est en nette hausse par rapport à 2022. C’est un point très positif que notent tous les patrons consultés par Médias24. Merci qui ? Au gouvernement et à sa politique budgétaire expansionniste que le monde des affaires salue à l’unisson. Une politique budgétaire qui a fait de l’investissement public, passé à un record de 300 milliards de dirhams, le principal moteur de l’activité économique, surtout dans des secteurs comme l’eau, l’énergie, l’équipement, la santé… L’effet de la baisse de la consommation des ménages est ainsi contrebalancé de manière globale par la commande publique qui a donné un grand coup de pouce à plusieurs entreprises, grandes comme moyennes ou petites.

Taux d’intérêt et valeur du dirham : la double peine de la politique monétaire

Deux ombres au tableau sont toutefois signalées par nos sources : d’abord, l’effet de la hausse des taux d’intérêts sur les marges, conséquence directe de l’augmentation du taux directeur de 150 points de base en 2022. Ceci a eu un effet direct et plein, selon nos sources, sur les taux pratiqués par les banques en 2023, aussi bien quand il s’agit de renouvellement de lignes de trésorerie ou pour les nouveaux crédits à l’investissement ou à court terme. L’impact sur les marges est estimé par notre industriel à au moins 100 points de base, ponctionné directement sur la marge nette des entreprises.

Autre facteur pesant pour plusieurs activités, comme le textile et habillement, l’agro-industrie ou encore la sidérurgie : le dumping monétaire pratiqué par des concurrents du Maroc, à l’image de la Turquie, la Tunisie ou l’Egypte. Ce phénomène déjà soulevé en 2022 par les milieux d’affaires s’est accentué en 2023, créant une concurrence déloyale aussi bien sur le marché local qu’à l’export. Ici, nos sources déplorent le manque de réactivité des pouvoirs publics face à cette concurrence par la monnaie, mais aussi et surtout la rigidité de la politique de change marocaine qui ne favorise pas la souplesse du dirham et par ricochet la compétitivité des entreprises marocaines.

Pour nos trois sources, le gouvernement et Bank Al-Maghrib doivent prendre ce sujet à bras le corps, en décrétant des mesures de protection pour les filières touchées et en avançant dans la politique de flexibilité du dirham. Objectif recherché : permettre aux entreprises marocaines de se battre à armes égales avec leurs concurrents régionaux.

Ce sujet continuera de peser lourd sur les filières concernées en 2024 également. Et le Maroc ne peut pas continuer, selon nos sources, à l’ignorer, surtout quand le pays est mobilisé pour attirer de nouveaux investissements privés, nationaux et étrangers.

La réforme des retraites et le risque de paralysie de l’économie nationale

Ce motif d’inquiétude n’est pas le seul que nous relevons auprès de la communauté des affaires par rapport à 2024, qui s’inquiète à la fois du climat international mais aussi du climat social qui risque d’être tendu l’année prochaine.

A l’international, nos interlocuteurs notent l’exacerbation des incertitudes, une variable qui est devenue presque une constante dans la gestion des affaires. « Nous entrons dans une année où les choses risquent d’être encore plus compliquées. Nous ne savons pas quelle issue aura la guerre au Proche-Orient, avec le risque que cela comporte sur la stabilité de la région et les prix de l’énergie. Nous oublions aussi que la guerre en Ukraine n’est pas finie et que les choses peuvent s’emballer à tout moment, surtout que 2024 sera une année électorale aux Etats-Unis et que ce sujet risque d’être exploité politiquement dans la campagne présidentielle. Tous les experts prévoient également, en cette année électorale, un durcissement du ton de l’administration américaine vis-à-vis de la Chine. Les tensions seront grandes dans cette partie du monde. Et si la Chine et les Etats-Unis entrent en conflit, déclaré ou pas, ça risque d’impacter toute l’économie mondiale », estime un homme d’affaires, qui craint à la fois une hausse de la volatilité des prix des intrants énergétiques et agricoles, mais aussi une baisse de la demande extérieure adressée au Maroc.

A ce risque s’ajoute l’apparition de tensions sociales en interne, en relation, comme le note une de nos sources, à la réforme des retraites. « 2024 sera en principe l’année de la réforme des régimes de retraite. C’est un sujet très brûlant qui s’accompagne toujours de protestations et de mouvements de grève. Nous n’allons pas échapper à cela, surtout quand on connaît un peu les grands axes de la réforme qui doit être déroulée », explique notre source.

Ce risque est effectivement très présent et peut impacter l’activité économique, ajoute notre source, surtout si les secteurs du transport ou de l’administration de manière générale sont touchés. Et ce qui rend les choses plus compliquées, signale notre source, c’est l’absence d’encadrement dans le monde du travail, comme tout le monde a pu le constater dans le blocage actuel de la réforme de l’éducation.

« La faiblesse des syndicats est un facteur aggravant, puisque ni l’Etat ni le secteur privé ne peuvent gérer des situations de grèves prolongées face à des syndicats qui n’ont pas la main sur leur base. D’autant que nous avons pris beaucoup de retard sur deux textes fondamentaux que sont le Code du travail et la loi organique sur le droit de grève. Ces deux textes doivent être promulgués avant la réforme des retraites pour permettre un encadrement légal des grèves au cas où elles sont déclarées », estime notre source.

Grands espoirs portés sur la demande intérieure

Au-delà de ces motifs d’inquiétudes, légitimes il faut le dire, le sentiment général par rapport à la conjoncture en 2024 est plutôt bon. Surtout sur le volet de la demande intérieure.

Nos interlocuteurs sont tous unanimes sur ce point. Surtout avec la poursuite de la dynamique de l’investissement public et privé, mais aussi et surtout avec le lancement dès le mois prochain des aides directes aux ménages les plus défavorisés. Nos sources estiment qu’il n’y a pas meilleure politique économique pour relancer la demande que d’injecter directement du pouvoir d’achat chez les populations qui consomment le plus.

La consommation est appelée donc à croître, par la force des choses. Et cela sera d’autant plus salvateur si le taux d’inflation descend à 2 et 3% comme prévu par la banque centrale et le gouvernement.

« Toutes choses étant égales par ailleurs, l’inflation devrait revenir à des niveaux normaux. On ne reviendra pas bien sûr aux niveaux de prix de 2021, mais les hausses seront au moins limitées », estime une de nos sources.

Ceci permettra également, espèrent les patrons que nous avons sollicités, de marquer le début du processus de retour à la normale au niveau des taux d’intérêts, avec tous les effets positifs que cela peut avoir sur le coût de financement des entreprises et des ménages, et par ricochet sur l’investissement et la consommation.

(*) Note de la rédaction: il s’agit de la projection officielle. En réalité, le taux de croissance de l’année 2023 n’atteindra (difficilement) 3% que si les exportations et la production agricoles de ce dernier trimestre connaissent une forte amélioration. Sinon, le tau de croissance annuel se situera plus probablement entre 2,6 et 2,8% en 2023.

Importations de blé tendre : plus de trois mois de consommation sécurisés à des prix raisonnables

« La situation est très confortable aujourd’hui », apprend Médias24 auprès d’un opérateur du secteur. « Les importations se poursuivent toujours, dans de bonnes conditions », précise-t-il.

Plus de trois mois de consommation sécurisés

« A ce jour, nous disposons d’un stock qui couvre plus de trois mois de consommation au niveau des unités industrielles. Nous sommes donc à l’abri », rassure notre source.

« Nous attendons encore le blé argentin, qui arrive sur le marché durant les mois d’octobre et novembre, et d’autres bateaux qui viennent de Russie », les importations depuis ce pays ayant repris il y a quelques semaines dans le but de sécuriser une quantité de 25 millions de quintaux, pour laquelle les importateurs profitent d’une prime forfaitaire de l’Etat dans le cas où le prix de revient sorti port serait supérieur à 270 DH le quintal.

Les 25 millions de quintaux en passe d’être sécurisés ?

Pour rappel, vers la fin du mois de juin dernier, l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (ONICL) avait annoncé la mise en place d’un système de restitution à l’importation du blé tendre entre le 1er juillet et le 30 septembre 2023, pour une quantité maximale de 25 millions de quintaux.

« Cette quantité correspond à six mois de consommation. Ce stock pourrait être sécurisé, comme il pourrait ne pas l’être, en raison de plusieurs facteurs limitants », nous explique-t-il, assurant toutefois que les opérateurs « font de leur mieux ».

« Importer une quantité aussi importante en trois mois revient à exercer une pression sur les ports, ce qui peut causer des problèmes d’ordre logistique. Les banques ne facilitent pas non plus la tâche. 25 millions de quintaux, c’est l’équivalent de 7,5 milliards de DH, qu’il faut mobiliser avec un taux de financement qui atteint 7 à 8%. Ce n’est pas évident ; le volet financier pose problème en effet ».

Toujours concernant l’aspect financier, notre source indique que « le retard de remboursement des restitutions sur le prix du blé tendre importé auparavant s’élève à près de 1,7 MMDH », ce qui place les opérateurs dans une situation financière délicate.

Cependant, « ceci n’empêche pas la poursuite des importations durant les mois d’octobre et novembre prochains pour y parvenir. Nous continuons d’importer d’Europe également, notamment de France, de Roumanie, de Pologne et d’Allemagne, et allons bientôt nous orienter vers l’origine d’Amérique latine« .

Du blé à un prix référentiel de Russie ?

Notre interlocuteur de rappeler : « Nous avons lu ces derniers jours dans les médias que la Russie compte fournir le Maroc en blé tendre à un prix référentiel. Reste à savoir quelles sont les quantités prévues, quel est le type de blé qui sera importé et quelle est sa qualité. Ce sont des questions qui restent, à ce jour, sans réponse ».

En effet, Vladimir Baibakov, ambassadeur de Russie au Maroc, a récemment déclaré à l’agence de presse russe TASS que son pays est prêt à fournir du blé au Maroc à un prix raisonnable.

« La Russie et le Maroc s’achètent mutuellement les produits les plus demandés sur leurs marchés respectifs. Le charbon et les produits pétroliers représentent une grande partie des importations marocaines, tandis que la Russie achète des agrumes et du poisson. Nous sommes prêts à fournir du blé à un prix raisonnable au marché marocain. Dans un contexte de nouvelles conditions géopolitiques et d’exacerbation des crises énergétique et alimentaire, un tel partenariat est particulièrement important », a-t-il indiqué.

Quid des prix ?

« Le niveau de prix est très intéressant », confirme notre opérateur, « en comparaison avec les autres marchés. L’Etat égyptien, à titre d’exemple, importe du blé tendre à 270 dollars le quintal, tandis que nos opérateurs l’importent à 240 dollars/q. Le gap est très important, ce qui démontre que notre système est performant. »

Et de conclure : « Actuellement, le coût de marchandise, avec toutes les charges, départ port de Casablanca, se situe aux alentours de 285 DH le quintal, ce qui reste raisonnable » au vu des rebondissements à l’échelle internationale.

L’inflation ralentit encore : +5,5% en juin grâce à une baisse des produits alimentaires

10,1% en février, 8,2% en mars, 7,8% en avril, 7,1% en mai et 5,5% en juin 2023. L’inflation sous-jacente (hors produits administrés ou volatiles) est de 5,6%.

Baisse de 0,9% de l’indice des prix à la consommation, résultant de la baisse de 2,4% de l’indice des produits alimentaires et de la hausse de 0,1% de l’indice des produits non alimentaires.

Les baisses des produits alimentaires observées entre mai et juin 2023 concernent principalement les « poissons et fruits de mer » avec 6,4% ; les « légumes » avec 5,5% ; les « viandes » avec 4,3% ; les « fruits » avec 3,5% ; le « lait, fromage et œufs » avec 1,0% ; les « huiles et graisses » avec 0,4% ; le « pain et céréales » avec 0,2%.

En revanche, les prix ont augmenté de 1,3% pour les « eaux minérales, boissons rafraîchissantes, jus de fruits et légumes ».

Pour les produits non alimentaires, la baisse a concerné principalement les prix des « carburants » avec 0,2%.

Les baisses les plus importantes de l’IPC ont été enregistrées à Béni Mellal (2,2%) ; Safi (2,1%) ; Settat (1,9%) ; Kénitra et Dakhla (1,8%) ; Meknès et Al Hoceima (1,5%) ; Oujda (1,4%) ; Fès (1,2%) ; Tétouan et Errachidia (1,1%) ; Marrakech, Tanger et Laâyoune (0,8%) ; Casablanca (0,7%).

Comparé au même mois de l’année précédente, l’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse de 5,5% au cours du mois de juin 2023, conséquence de la hausse de l’indice des produits alimentaires de 12,7% et de celui des produits non alimentaires de 0,6%. Pour les produits non alimentaires, les variations vont d’une baisse de 5,6% pour le « transport » à une hausse de 6,0% pour les « restaurants et hôtels ».

Ci-dessous, le tableau de bord de Médias24 de l’évolution de l’inflation et de l’indice des prix.


INDICE DES PRIX A LA CONSOMMATION                                              

EVOLUTION PAR DIVISION DE PRODUITS

Divisions de produits Indices mensuels
Mai 2023 Juin 2023 Var.%
Produits alimentaires 130,9 127,7 -2,4
  01 – Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 130,6 127,4 -2,5
  02 – Boissons alcoolisées et tabac 136,7 136,8 0,1
Produits non alimentaires 109,7 109,8 0,1
  03 – Articles d’habillement et chaussures 113,8 113,8 0,0
  04 – Logements, eau, électricité et autres combustibles 104,5 104,7 0,2
  05 – Meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer 110,9 111,3 0,4
  06 – Santé 102,4 102,4 0,0
  07 – Transport 117,1 117,1 0,0
  08 – Communication 104,3 104,2 -0,1
  09 – Loisirs et culture 105,8 105,7 -0,1
  10 – Enseignement 116,7 116,7 0,0
  11 – Restaurants et hôtels 112,8 113,4 0,5
  12 – Biens et services divers 112,5 112,7 0,2
Ensemble 118,0 116,9 -0,9

Source : Division des indices statistiques

Divisions de produits Indices mensuels Indices des six premiers mois
Juin

2022

Juin

2023

Var.% 2022 2023 Var.%
Produits alimentaires 113,3 127,7 12,7 110,2 128,1 16,2
  01 – Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 112,6 127,4 13,1 109,4 127,7 16,7
  02 – Boissons alcoolisées et tabac 129,8 136,8 5,4 129,8 136,7 5,3
Produits non alimentaires 109,1 109,8 0,6 107,2 109,8 2,4
  03 – Articles d’habillement et chaussures 109,8 113,8 3,6 108,3 113,1 4,4
  04 – Logements, eau, électricité et autres combustibles 103,6 104,7 1,1 103,3 104,4 1,1
  05 – Meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer 107,5 111,3 3,5 105,2 110,7 5,2
  06 – Santé 101,9 102,4 0,5 101,8 102,3 0,5
  07 – Transport 124,0 117,1 -5,6 116,0 118,7 2,3
  08 – Communication 104,0 104,2 0,2 103,8 104,3 0,5
  09 – Loisirs et culture 105,3 105,7 0,4 102,7 105,9 3,1
  10 – Enseignement 111,7 116,7 4,5 111,7 116,7 4,5
  11 – Restaurants et hôtels 107,0 113,4 6,0 105,7 112,2 6,1
  12 – Biens et services divers 110,0 112,7 2,5 109,4 112,1 2,5
Ensemble 110,8 116,9 5,5 108,4 117,0 7,9

Source : Division des indices statistiques

INDICE DES PRIX A LA CONSOMMATION

EVOLUTION PAR VILLE

Villes Indices mensuels Indices des six premiers mois
Mai 

2023

Juin

2023

Var.% 2022 2023 Var.%
Agadir 116,1 115,5 -0,5 107,1 115,2 7,6
Casablanca 116,7 115,9 -0,7 108,9 116,0 6,5
Fès 119,8 118,4 -1,2 109,2 118,4 8,4
Kénitra 119,4 117,3 -1,8 108,3 118,0 9,0
Marrakech 119,5 118,6 -0,8 109,0 118,7 8,9
Oujda 118,1 116,4 -1,4 107,3 117,2 9,2
Rabat 115,1 114,5 -0,5 107,9 114,6 6,2
Tétouan 117,8 116,5 -1,1 106,8 116,5 9,1
Meknès 118,4 116,6 -1,5 108,0 116,8 8,1
Tanger 118,3 117,3 -0,8 108,4 117,1 8,0
Laâyoune 118,7 117,7 -0,8 107,2 116,9 9,0
Dakhla 116,7 114,6 -1,8 107,5 115,6 7,5
Guelmim 119,2 118,5 -0,6 109,7 118,7 8,2
Settat 116,9 114,7 -1,9 108,0 116,0 7,4
Safi 123,5 120,9 -2,1 111,4 122,1 9,6
Beni-Mellal 125,1 122,3 -2,2 109,5 122,5 11,9
Al Hoceima 124,0 122,2 -1,5 107,9 122,3 13,3
Errachidia 121,1 119,8 -1,1 107,7 119,6 11,0
Ensemble 118,0 116,9 -0,9 108,4 117,0 7,9

Source : Division des indices statistiques

Voici le système de taxation des produits à base de sucre envisagé pour 2023

En discussion depuis de longues années, le sujet de la TIC sur les produits transformés à base de sucre sera probablement instauré en 2023. Il devrait figurer dans la prochaine mouture du PLF attendue pour la mi-octobre, selon nos sources.

Le principe général de cette TIC fortement envisagée dans le prochain projet de loi de finances est le suivant : cette taxe ne sera pas uniforme, mais dépendra du taux de sucre utilisé dans chaque produit.

Pour les produits contenant moins de 20% de sucre, aucune taxe ne sera payée. La taxe n’est redevable qu’à partir du dépassement de ce seuil. Et son taux sera progressif selon un barème qui sera rendu public dans le PLF. Le taux maximal sera appliqué dès qu’un produit dépassera 50% en contenu.

Mais une période transitoire de trois ans est prévue avant d’arriver à ce format final.

En 2023, première année d’entrée en vigueur de la nouvelle TIC, le seuil d’exonération sera de 40%. Il baissera en 2024 à 30% avant de passer à 20% en 2025, nous apprennent nos sources.

Prendre d’une main ce que l’on donne de l’autre…

L’instauration de la TIC sur les produits industriels à base de sucre vise deux objectifs principaux.

Le premier est de permettre à l’Etat de reprendre d’une main ce qu’il donne en subventions au sucre pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

La subvention sur le sucre versée par la caisse de compensation a atteint sur les cinq dernières années une moyenne de 3,4 milliards de dirhams, selon une étude présentée en mars dernier par le ministère des Finances au Parlement, pour une quantité consommée d’une moyenne de 1,2 million de tonnes. Or, 25% de cette quantité est consommée par les industries agroalimentaires, comme le précise la même étude.

La TIC vise ainsi ces 25% qui ne doivent pas, en principe, bénéficier des aides de la caisse de compensation.

Ce n’est pas la première fois que l’Etat recourt à ce mécanisme pour récupérer les subventions au sucre. Entre 1999 et 2006, l’Etat récupérait, selon le département des Finances, pas moins de 400 millions de dirhams par année chez les agro-industriels qui utilisent le sucre subventionné comme intrants. Un mécanisme instauré par le gouvernement El Youssoufi qui a été abandonné en 2007, sous le gouvernement El Fassi, sur toutes les industries, à l’exception des limonadiers qui ont continué à payer la TIC. Les montants récupérés par l’Etat sont passés depuis à 70 millions de dirhams.

Le retour de la TIC sous sa forme actuelle permettra de corriger cette aberration et renflouera un peu les caisses de l’Etat pour les prochaines années budgétaires.

Mais un grand professionnel du secteur nous déclare que les raisons qui ont poussé le gouvernement El Fassi à abandonner cette taxe sont toujours présentes et qu’il ne voit pas l’intérêt de sa réinstauration : « La TIC sur les produits transformés avait à l’époque boosté les ventes de l’informel, ce qui a motivé sa suppression. Le secteur informel est toujours présent et s’est même renforcé, sans parler des produits importés et de la contrebande. L’instauration de cette taxe grèvera la compétitivité du secteur organisé et profitera essentiellement à l’informel et aux importateurs, sauf si le gouvernement prend des mesures parallèles en instaurant la même TIC sur les importations et en luttant contre l’informel », explique un producteur.

Une TIC pour limiter les maladies non contagieuses, vraiment ?

Dans tous les cas, cet argument du mauvais ciblage de la subvention au sucre n’est pas celui qui est mis en évidence pour justifier le retour de la TIC par le gouvernement Akhannouch, qui préfère y aller par un argument de santé publique. S’appuyant sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui font un lien direct entre la consommation de sucre et la prolifération des maladies non contagieuses, comme l’obésité, le diabète et autres maladies devenues courantes de nos temps, l’exécutif vise principalement, à travers cette taxe, comme nous le révèlent des sources sûres, à réduire la consommation globale de sucre dans le pays pour protéger la santé des citoyens. C’est le principal objectif ciblé par l’instauration de cette taxe, soutiennent nos sources.

Et le format de la taxe (progressive selon le taux d’usage de sucre avec une exonération totale sous le seuil de 20%), montre bien que l’idée est de pousser au maximum les industriels à réduire l’utilisation de sucre dans leur processus de production.

Intuitivement, on peut penser que cette TIC, qui agira à la fois sur la quantité de sucre utilisé dans le chocolat, les confiseries, les biscuits, les yaourts et autres laitages, mais aussi sur le prix de ces produits qui risque d’augmenter sur le temps, réduira effectivement la consommation de sucre par les citoyens et agira de facto sur leur exposition aux différentes maladies non transmissibles. Mais ce raisonnement est contesté par la Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri), à partir d’une étude financée et réalisée sous la houlette du ministère du Commerce et de l’industrie, et que les professionnels mettent en avant depuis le début de l’année dans leur lobbying pour dissuader le gouvernement de mettre en place cette TIC.

Une étude dont Médias24 détient copie et selon laquelle la taxation des produits industriels de sucre au Maroc aura un effet contraire sur l’objectif souhaité de limiter la propagation des maladies dues à la consommation de sucre.

Cette étude avance d’abord que cette TIC ne vise que le quart du sucre consommé au Maroc, car les trois quarts sont consommés de manière directe. Et que l’instauration de telles taxes dans d’autres pays du monde a produit les effets inverses : « Le taux de consommation indirecte de sucre est très élevé dans les pays qui ont instauré cette TIC comme en France, au Mexique ou en Afrique du Sud (85, 73 et 62% respectivement), ce qui montre que la mise en place de cette taxe n’a aucun effet sur la consommation de sucre et qu’il faut prendre en compte les spécificités de chaque pays », avance l’étude.

Autre argument avancé : le Maroc, contrairement à beaucoup de pays dans le monde, n’est pas concerné par ce phénomène d’excès dans la consommation de produits industriels transformés à base de sucre.

« Au Maroc, la consommation de produits industriels à base de sucre est très faible comparée aux pays de la région et aux pays développés : moins de 1,5 fois la consommation dans les pays d’Afrique du Nord et 2,5 fois moins dans des pays comme la France, la Turquie, l’Espagne ou l’Italie », signale l’étude.

Preuve par l’obésité. Cette maladie a connu, selon l’étude que présente la Fenagri, une hausse de 18% entre 2010 et 2016 au moment où la consommation de sucre a baissé de 5% sur la même période. Ce qui fait dire aux industriels qui se sont appuyés sur l’avis d’experts en nutrition que les maladies non contagieuses dont parle le gouvernement ne sont pas dues à la seule consommation de sucre, mais aux traditions et habitudes alimentaires de la société (20 à 30% seulement de la population veille à une nutrition équilibrée), ainsi qu’à l’absence d’une culture de l’exercice physique (seuls 20% des Marocains ont une activité physique régulière).

Des arguments et contre-arguments qui promettent un débat animé et fort intéressant lors de la discussion de cette mesure fiscale dans le cadre du projet de loi de finances 2023.

Nouvelle hausse de l’inflation : +7,2% à fin juin 2022

Comparé au même mois de l’année précédente (donc sur douze mois glissants), l’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse de 7,2% au cours du mois de juin 2022, conséquence de la hausse de l’indice des produits alimentaires de 10,6% et de celui des produits non alimentaires de 4,9%. Pour les produits non alimentaires, les variations vont d’une hausse de 0,2% pour la « santé » à 17,6% pour le « transport ».

Dans ces conditions, l’indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatiles et les produits à tarifs publics, aurait connu au cours du mois de juin 2022 une hausse de 0,8% par rapport au mois de mai 2022, et de 6,4% par rapport au mois de juin 2021. Cela signifie que la tendance, dans la durée, reste haussière.

Pour le seul mois de juin, voici l’évolution de l’indice des prix :

– Les hausses des produits alimentaires observées entre mai et juin 2022 concernent principalement les « huiles et graisses » avec 2,7% ; le « lait, fromage et œufs » avec 2,1% ; les « eaux minérales, boissons rafraîchissantes, jus de fruits et de légumes » avec 0,8% ; et le « café, thé et cacao » avec 0,4%. En revanche, les prix ont diminué de 3,1% pour les « légumes » ; de 2,4% pour les « poissons et fruits de mer » ; de 0,2% pour les « fruits » ; et de 0,1% pour les « viandes ». Pour les produits non alimentaires, la hausse a concerné principalement les prix des « carburants » avec 9,2%.

– Les hausses les plus importantes de l’IPC (indice des prix à la consommation) en juin par rapport à mai ont été enregistrées à Meknès et Beni-Mellal avec 0,9% ; à Casablanca et Marrakech avec 0,8% ; à Tétouan et Laâyoune avec 0,7% ; à Agadir et Oujda avec 0,6% ; et à Kénitra, Rabat, Guelmim et Settat avec 0,5%. En revanche, une baisse a été enregistrée à Fès avec 0,7%.

                                                                            EVOLUTION PAR DIVISION DE PRODUITS

Divisions de produits Indices mensuels
Mai 2022 Juin 2022 Var.%
Produits alimentaires 113,2 113,3 0,1
  01 – Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 112,5 112,6 0,1
  02 – Boissons alcoolisées et tabac 129,8 129,8 0,0
Produits non alimentaires 108,2 109,1 0,8
  03 – Articles d’habillement et chaussures 109,6 109,8 0,2
  04 – Logement, eau, électricité et autres combustibles 103,4 103,6 0,2
  05 – Meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer 106,6 107,5 0,8
  06 – Santé 101,9 101,9 0,0
  07 – Transport 119,7 124,0 3,6
  08 – Communication 103,8 104,0 0,2
  09 – Loisirs et culture 104,6 105,3 0,7
  10 – Enseignement 111,7 111,7 0,0
  11 – Restaurants et hôtels 105,5 107,0 1,4
  12 – Biens et services divers 109,8 110,0 0,2
Ensemble 110,2 110,8 0,5

Source : Division des indices statistiques.

 

Divisions de produits Indices mensuels Indices des six premiers mois
Juin

2021

Juin

2022

Var.% 2021 2022 Var.%
Produits alimentaires 102,4 113,3 10,6 102,2 110,2 7,8
  01 – Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 101,4 112,6 11,0 101,2 109,4 8,1
  02 – Boissons alcoolisées et tabac 125,5 129,8 3,4 125,4 129,8 3,5
Produits non alimentaires 104,0 109,1 4,9 103,7 107,2 3,4
  03 – Articles d’habillement et chaussures 104,5 109,8 5,1 104,0 108,3 4,1
  04 – Logement, eau, électricité et autres combustibles 102,6 103,6 1,0 102,3 103,3 1,0
  05 – Meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer 101,7 107,5 5,7 101,3 105,2 3,8
  06 – Santé 101,7 101,9 0,2 101,7 101,8 0,1
  07 – Transport 105,4 124,0 17,6 104,9 116,0 10,6
  08 – Communication 103,6 104,0 0,4 103,8 103,8 0,0
  09 – Loisirs et culture 100,0 105,3 5,3 99,8 102,7 2,9
  10 – Enseignement 110,3 111,7 1,3 110,3 111,7 1,3
  11 – Restaurants et hôtels 104,4 107,0 2,5 104,2 105,7 1,4
  12 – Biens et services divers 105,5 110,0 4,3 104,9 109,4 4,3
Ensemble 103,4 110,8 7,2 103,1 108,4 5,1

Source : Division des indices statistiques.

 

EVOLUTION PAR VILLE

Villes Indices mensuels Indices des six premiers mois
Mai 

2022

Juin

2022

Var.% 2021 2022 Var.%
Agadir 108,5 109,2 0,6 103,2 107,1 3,8
Casablanca 110,4 111,3 0,8 103,5 108,9 5,2
Fès 111,3 110,5 -0,7 103,2 109,2 5,8
Kénitra 110,5 111,0 0,5 102,1 108,3 6,1
Marrakech 111,0 111,9 0,8 102,9 109,0 5,9
Oujda 109,4 110,1 0,6 102,3 107,3 4,9
Rabat 109,8 110,4 0,5 103,2 107,9 4,6
Tétouan 108,4 109,2 0,7 101,8 106,8 4,9
Meknès 109,8 110,8 0,9 102,9 108,0 5,0
Tanger 110,3 110,7 0,4 103,0 108,4 5,2
Laâyoune 108,3 109,1 0,7 103,8 107,2 3,3
Dakhla 108,2 108,6 0,4 103,5 107,5 3,9
Guelmim 110,3 110,8 0,5 105,0 109,7 4,5
Settat 109,4 110,0 0,5 102,7 108,0 5,2
Safi 113,0 113,1 0,1 105,6 111,4 5,5
Beni-Mellal 111,0 112,0 0,9 103,1 109,5 6,2
Al-Hoceima 110,6 110,6 0,0 102,7 107,9 5,1
Errachidia 109,8 110,1 0,3 102,1 107,7 5,5
Ensemble 110,2 110,8 0,5 103,1 108,4 5,1

Source : Division des indices statistiques.

 

Voici par ailleurs notre tableau de bord de suivi de l’inflation:

Medias24
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https://medias24.com/2022/07/17/ahmed-lahlimi-linflation-deviendra-une-donnee-structurelle-de-leconomie-marocaine/

https://medias24.com/2022/07/14/conjoncture-economique-le-diagnostic-choc-de-ahmed-lahlimi/

https://medias24.com/2022/06/23/quand-linflation-fait-perdre-de-largent-aux-epargnants/