Construction : une croissance en valeur, sans gain de poids dans l’économie

Sur la période 2014–2024, la valeur ajoutée du secteur de la construction au Maroc est passée de 58,4 à 89,8 MMDH, soit une hausse de 53,8%. Ce rythme est presque aligné avec celui de la valeur ajoutée globale, qui a progressé de 56% sur la même période.

Malgré cette croissance en valeur absolue, le poids relatif de la construction dans l’économie n’a pas connu d’évolution positive. En réalité, le constat dominant est celui d’une stagnation, voire d’un léger recul, de son importance structurelle.

Explication : tant que le rythme de croissance du secteur ne dépasse pas celui de l’économie dans son ensemble, sa part relative ne peut progresser. Elle tend même à se replier légèrement lorsque sa dynamique reste inférieure à la moyenne nationale, comme cela a été le cas pour la construction au cours de la période considérée.

Une croissance sans emprise

La part de la construction dans le PIB nominal est passée de 5,8% en 2014 à 5,6% en 2024, avec des variations modestes mais constantes d’année en année, oscillant entre un minimum de 5,3% en 2021 et un maximum de 5,9% en 2016 et 2017.

Source : HCP

Dans le même temps, sa contribution à la valeur ajoutée totale est passée de 6,4% à 6,3%, atteignant un point bas de 5,9% en 2021. Ces chiffres traduisent une dynamique en demi-teinte : la construction croît, mais au même rythme que l’ensemble de l’économie, sans parvenir à capter une part accrue de la richesse nationale. En termes relatifs, sa trajectoire est donc plutôt neutre, voire marginalement négative.

Source : HCP

Cette inertie soulève plusieurs paradoxes. Dans un pays comme le Maroc, où l’immobilier constitue le principal vecteur d’investissement des ménages et où l’épargne nationale se dirige massivement vers la pierre en l’absence d’une culture boursière mature, l’on aurait pu s’attendre à une montée en puissance du secteur dans la structure économique nationale.

Pourquoi la construction stagne

La culture patrimoniale marocaine, fortement orientée vers l’acquisition de biens immobiliers, conjuguée à un faible taux de bancarisation de l’investissement financier, confère à la construction un rôle clé dans la canalisation de l’épargne. Ce canal, pourtant si central dans la logique économique des ménages, ne semble pas se traduire par un renforcement de la contribution sectorielle à la croissance.

La construction croît sans parvenir à capter une part accrue de la richesse nationale

Ce constat est d’autant plus surprenant que l’État a multiplié les dispositifs de soutien au secteur. Ces efforts institutionnels, bien que notables, n’ont pas réussi à inverser la tendance relative. La structure productive reste marquée par une prédominance de l’informel, une faible industrialisation du secteur, une spécialisation limitée et une dépendance chronique à la commande publique.

Face à cette stagnation, quelle lecture pourrait-on en faire ? Contacté par Médias24, un expert du secteur apporte son éclairage. Selon lui, la valeur ajoutée de la construction est déjà structurellement sous-dimensionnée dans l’économie nationale.

« En Espagne, la construction représente entre 16% et 25% du PIB, selon les périodes. Au Maroc, le problème réside principalement dans la branche immobilière. Si les travaux publics ont affiché une performance significative sur la dernière décennie, cette dynamique a été freinée par les difficultés structurelles du secteur bâtiment« , explique-t-il.

« Le problème du secteur du bâtiment vient principalement de la production de logements, qui a fortement ralenti ces dernières années. Cela a entraîné une contraction de l’activité d’achat et de vente. Bank Al-Maghrib a d’ailleurs signalé cette problématique, en soulignant une baisse des transactions immobilières« , conclut-il.

Métiers de l’immobilier. Travailler dans un bureau d’études, mode d’emploi

Dans cet article, réalisé en partenariat avec Yakeey, spécialiste de l’immobilier, Médias24 vous fait découvrir un métier méconnu et pourtant essentiel dans la conception et l’optimisation des projets de construction ou de rénovation : ingénieur en bureau d’études.

Tout d’abord, il faut noter que le bureau d’études techniques (BET) intervient principalement dans les phases d’avant-projet et d’exécution pour garantir la faisabilité technique des travaux et la mise en œuvre par les entreprises.

En quoi consiste le métier ?

Au quotidien, le BET réalise les études de faisabilité, en s’appuyant sur les données de l’étude de sol du laboratoire et les esquisses de l’architecte pour évaluer les contraintes techniques potentielles du projet.

Le bureau conçoit et dimensionne les structures, les systèmes énergétiques et les réseaux (électricité, plomberie, ventilation) selon les esquisses et les plans fournis par l’architecte. Il effectue les calculs de structure pour la dimensionner et propose des optimisations potentielles. D’autre part, il propose des solutions innovantes pour réduire les coûts de construction tout en respectant les normes et la qualité.

Son rôle consiste à coordonner avec tous les autres acteurs pour assurer le bon déroulement du projet (architectes, promoteurs, entreprises de construction et bureau de contrôle). Pendant les travaux, le bureau d’études vérifie que l’exécution des travaux respecte les plans et les études techniques réalisées en amont.

Les bureaux d’études peuvent être généralistes, mais ils sont souvent spécialisés en fonction des aspects techniques à analyser et à optimiser.

Comment devenir ingénieur dans un BET au Maroc ?

Pour devenir ingénieur en bureau d’études techniques (BET) dans l’immobilier et la construction, l’idéal est de suivre une formation en ingénierie du bâtiment, généralement un Bac+5 en génie civil ou en génie énergétique et fluides.

Quelles écoles pour apprendre ce métier ?

Au Maroc, plusieurs écoles d’ingénierie publiques proposent des cursus qui peuvent mener au BET. L’École nationale des sciences appliquées (ENSA), l’École Mohammédia d’ingénieurs (EMI), l’École Hassania des travaux publics (EHTP) et l’Institut national des postes et télécommunications (INPT).

Dans le privé, ce sont surtout des universités qui offrent ce type de cursus, comme l’Université internationale de Rabat (UIR), l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P) et l’École marocaine d’ingénierie de Rabat et de Casablanca (EMG).

Quelles catégories de bureaux d’études ?

Différents types de bureaux d’études se distinguent. Chacun sa spécialité :

Chaque type de bureau d’études peut intervenir seul ou en collaboration avec d’autres pour assurer la réussite du projet immobilier. Un ingénieur en bureau d’études peut se spécialiser dans l’un de ces domaines selon ses compétences et son intérêt.

En images, fin des travaux de la CMC de Marrakech-Safi à Tamansourt

Cette CMC s’inscrit dans le cadre du vaste projet national visant à doter chaque région d’un établissement de formation professionnelle moderne et adapté aux besoins locaux. Avec sept cités déjà opérationnelles, l’ouverture de celle de Marrakech-Safi est prévue dans les mois à venir.

La CMC Marrakech-Safi offrira un éventail diversifié de filières adaptées aux besoins du marché, regroupant les secteurs de l’industrie, du digital, de l’artisanat, de la santé, du tourisme, entre autres. Voici une sélection des formations qui y seront dispensées :

Outre les formations, la CMC dispose d’installations modernes et d’espaces adaptés à l’apprentissage pratique. Les apprenants bénéficieront d’un environnement propice au développement de leurs compétences, en adéquation avec les besoins des entreprises locales et nationales.

Intelligence artificielle : l’urbanisme et la construction, ces secteurs marocains en retard

Dans le cadre de notre série d’articles consacrés à l’intelligence artificielle et son impact sur les secteurs, nous nous focaliserons dans cet article sur l’intégration de l’IA dans la construction et l’urbanisme. Au Maroc, l’intelligence artificielle n’a toujours pas fait son entrée dans ces secteurs, explique à Médias24, Khalil Morad El Ghilali, architecte et enseignant à l’Université euro-méditerranéenne de Fès.

« Nous sommes encore au stade du Building Information Modeling (BIM), un procédé collaboratif d’organisation du domaine de la construction qui permet de voir, en temps réel, comment la construction avance sur des logiciels dédiés. Mais ce n’est pas de l’intelligence artificielle », précise-t-il.

Une mauvaise structure organisationnelle et des procédés d’application défaillants

Pourquoi l’IA n’a-t-elle toujours pas fait son entrée au Maroc dans ces secteurs-là ? « Tout simplement parce que les procédés d’application réels sur terrain font défaut. Nous avons encore beaucoup de retard quand il s’agit d’organisation, que ce soit l’organisation du chantier, l’organisation des entreprises ou l’organisation même des architectes et des bureaux d’études. Il y a encore beaucoup de travail à accomplir pour atteindre le degré de structure que certaines entreprises internationales arrivent à asseoir. À cela s’ajoute également la très faible culture numérique au Maroc », nous répond Khalil Morad El Ghilali.

Pourtant, à l’échelle internationale, l’IA est très exploitée dans le domaine de la construction. « L’IA est utilisée pour développer des images de synthèse pour permettre d’avoir les rendus les plus réalistes. L’IA, à l’échelle internationale, est également développée de façon un peu plus académique, notamment en ce qui concerne la partie conception et conceptualisation des espaces. Il existe ainsi tout un volet consacré à la phase d’idéation du projet qui utilise l’intelligence artificielle, que ce soit au niveau de la préconception des esquisses ou de la proposition rapide des perceptions du projet », précise notre interlocuteur.

Quel impact sur les métiers ?

Comment l’intelligence artificielle finira-t-elle par impacter les métiers liés à ces secteurs ? « Il y a souvent cette fascination face à un nouvel outil. Quand il émerge, nous avons tendance à croire que celui-ci va complètement modifier, voire effacer des pratiques. Certes, certains métiers seront complètement impactés par l’intelligence artificielle. Et comme pour tous les outils, cela dépend du degré de maîtrise et de comment nous pourrons réellement les utiliser en notre faveur. Mais avec des métiers comme l’architecture, le rapport à la main, à l’esquisse et à la matière reste irremplaçable », souligne Khalil Morad El Ghilali.

« Peut-être que dans un avenir lointain, une nouvelle ère d’architecture pourra émerger. L’intelligence artificielle pourrait potentiellement prendre son essor dans la partie architecture spatiale. L’IA peut servir d’outil intéressant pour faire des recoupements de sujets très complexes sur proposition. Mais cela dépend encore une fois de la fiabilité de ces outils et du degré de développement qu’ils pourront atteindre », conclut notre interlocuteur.

Suhail Global Company présente ses solutions innovantes au Salon international du bâtiment à El Jadida

Lors de ce salon, Suhail Global Company dévoilera une gamme de solutions novatrices destinées à répondre aux enjeux actuels du secteur de la construction :

Ces innovations seront présentées dans un pavillon interactif, avec des démonstrations en direct permettant aux visiteurs d’apprécier les avancées technologiques proposées par l’entreprise, indique un communiqué de l’entreprise.

Le Maroc, considéré comme une passerelle stratégique entre l’Afrique et l’Europe, constitue une priorité pour Suhail Industrial Holding Group. « Nous sommes honorés de participer au Salon International du Bâtiment au Maroc. Cet événement offre une plateforme idéale pour établir des relations internationales solides, explorer de nouvelles opportunités et soutenir notre vision d’expansion », a déclaré Mohammed Sair, directeur général de Suhail Global Company pour le Maroc et l’Afrique, cité dans le communiqué.

Cette participation s’inscrit également dans les efforts du groupe pour favoriser des partenariats économiques et contribuer au développement du secteur de la construction à l’échelle mondiale, souligne la même source.

Suhail Industrial Holding Group, acteur majeur basé au Qatar, opère dans plusieurs secteurs industriels à travers ses 12 usines spécialisées, parmi lesquelles :

La participation de Suhail Global Company au Salon international du bâtiment s’inscrit dans les objectifs de la Vision Nationale du Qatar 2030, qui vise à promouvoir la diversification économique et la durabilité, note le communiqué. Ce salon permettra également de consolider les liens économiques entre le Maroc et le Qatar, tout en renforçant la position du groupe sur les marchés africains et internationaux.

À l’occasion de cet événement, Suhail Industrial Holding Group et sa filiale ont exprimé leur gratitude au Roi Mohammed VI et au gouvernement marocain pour leur rôle dans la promotion des initiatives internationales favorisant les échanges et les partenariats économiques solides, conclut la même source.

Buildings & Logistic Services lance la construction de sa plateforme à Tit Mellil et acquiert Marbar Logistics et Advisor Logistics

Buildings & Logistic Services (BLS) a annoncé ce jeudi 25 janvier le démarrage du chantier de sa nouvelle plateforme à Tit Mellil sur un terrain de 51.500 m² dont 39.000 m² construits. Cette unité sera dotée de 55 quais et aura une capacité de stockage de 69.000 palettes.

Lachèvement de la construction est prévue fin 2024. La capacité de stockage de la plateforme sera doublée un an après, a précisé Moncef Belkhayat, président de H&S Invest Holding, lors d’une conférence de presse ce jeudi 25 janvier. 

Reda Quermane, directeur d’Asset Management de Buildings & Logistic Services, a pour sa part déclaré que « la plateforme de Tit Mellil sera bientôt connectée aux réseaux autoroutiers et sera la plus grande d’un seul tenant du Royaume. Elle permettra à Buildings & Logistic Services de gérer 250.000 positions palettes. La construction du projet a été confiée à l’entreprise Gidna, qui le livrera en décembre 2024″.

L’entreprise Gidna réalisera la construction de cette plateforme logistique pour un budget de 190 millions de dirhams. Ce projet a été financé par un consortium BERD et BMCI. 

Par ailleurs, cette plateforme sera dotée de panneaux voltaïques qui pourront assurer 40% de sa consommation énergétique, et d’un système de recyclage d’eau pluviale qui permettra d’assouvir ses besoins en termes d’arrosage des espaces verts et d’eau sanitaire, a-t-on appris lors de cette conférence de presse.

Acquisition de Marbar Logistics et Advisor Logistics pour 33 MDH 

Buildings & Logistic Services a également annoncé l’acquisition de la totalité des parts des sociétés Marbar Logistics, acteur du secteur du transit et du fret forwarding au Maroc, comme l’a déjà annoncé Médias24, ainsi que de la société Advisor Logistics, spécialisée en transport international de marchandises à l’import et à l’export.

Ces acquisitions ont été réalisées pour un montant de 33 millions de dirhams, précise Moncef Belkhayat. 

Avec cette nouvelle plateforme et ces deux acquisitions, BLS va pouvoir garantir à ses clients une prestation sur mesure et end-to-end, couvrant toute la chaîne de valeur logistique du freight forwarding, transit, transport et logistique 3PL (gestion des flux et gestion de stock), de l’entreposage (stockage pharmaceutique, stockage à température contrôlée, stockage à température ambiante, stockage high value) et de la personnalisation de produit.

Voie express Tiznit-Laâyoune : plus de 9 MDH pour la déviation des réseaux d’eau

Une enveloppe budgétaire de plus de 9 millions de DH sera dédiée à ce marché.

Le premier lot, auquel une enveloppe budgétaire de 1.136.073 DH sera consacrée, concerne les travaux de déplacement des conduites en PVC (DN 63, 75, 90, 110 ET 125 PN16) et conduite PEHD (DN 50 PN 16) dans la province de Sidi Ifni.

Un deuxième lot est consacré aux travaux de déplacement des conduites en PVC (DN 250 ET 315 PN16) et en fonte ductile (DN 300) dans la province de Guelmim. Une enveloppe budgétaire de 3.775.248 DH sera dédiée à ce lot.

Le dernier lot concerne, pour sa part, les travaux de déplacements des conduites en fonte ductile (DN 400 PFA 30) dans la province de Tan-Tan. En somme, 4.189.320 DH seront consacrés à ce lot.

La voie express Tiznit-Laâyoune est une composante du projet de la voie express Tiznit-Dakhla, qui s’inscrit dans le Nouveau Modèle de développement des provinces du Sud. Lancé par le Roi en 2015, ce projet consiste à dédoubler et élargir la route nationale n°1 sur 1.055 km.

La voie express entre Tiznit et Laâyoune est composée du tronçon Tiznit-Guelmim entre PK0 et PK 114, avec un contournement de la ville de Tiznit et la ville de Guelmim − celui-ci est développé sur une nouvelle emprise et en partie dans une zone montagneuse − et du tronçon Guelmim-Laâyoune entre PK 114 et PK 520.

A fin 2023, la voie express entre Tiznit et Laâyoune affichait un taux d’avancement de 90%. Le taux d’avancement des travaux pour l’élargissement de la RN1 Laâyoune-Dakhla a atteint 100%.

LafargeHolcim et l’UM6P s’allient pour promouvoir la R&D de l’industrie de la construction

Ce partenariat de coopération a pour objectif principal de développer et tester des techniques et des solutions innovantes répondant aux besoins spécifiques des deux parties, peut-on lire dans un communiqué conjoint. Il s’agit notamment de collaborer sur la promotion de pratiques durables pour réduire l’empreinte carbone de l’industrie de la construction. Cela implique l’exploration de nouvelles technologies et la gestion efficiente des ressources, notamment par l’analyse du cycle de vie, l’économie circulaire, l’optimisation énergétique et le traitement des eaux usées.

L’objectif majeur est de repousser les limites de la durabilité dans la production de ciment, tout en explorant des solutions respectueuses de l’environnement. Les axes clés de cette collaboration comprennent la recherche de matériaux de construction durables, la diminution des émissions de carbone associées à la fabrication du ciment, ainsi que l’élaboration de technologies innovantes pour favoriser une construction écologique.

La convention de partenariat concerne également l’apport d’expertise et de conseil pour adapter les programmes de formation aux évolutions de l’industrie, assurant ainsi une meilleure préparation des diplômés aux exigences spécifiques du secteur.

« Cette collaboration met en avant la volonté de LHM de contribuer au développement de solutions et techniques innovantes de construction durable et l’encouragement de la recherche scientifique, notamment dans les domaines de la valorisation de coproduits industriels et de l’économie circulaire », affirme José Antonio Primo, administrateur directeur général de LafargeHolcim Maroc, cité dans le communiqué.

« Ce partenariat reflète l’engagement de l’UM6P pour promouvoir l’innovation au service d’une urbanisation durable. Notre objectif est d’introduire des pratiques novatrices, fondées sur la recherche scientifique, afin de faciliter une transition vers des méthodes plus respectueuses de l’environnement, a déclaré pour sa part, Hicham El Habti, président de l’Université Mohammed VI Polytechnique.

Un fort engouement attendu autour des aides au logement

Très attendu, le programme d’aide au logement a démarré le 2 janvier. Il permettra aux personnes bénéficiaires de recevoir une aide étatique en vue d’acquérir leur futur logement.

Pour rappel, les montants de l’aide directe seront répartis à hauteur de 100.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est inférieur ou égal à 300.000 DH TTC, et à 70.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est compris entre 300.000 DH TTC et 700.000 DH TTC.

De plus, le décret qui énonce les modalités d’octroi impose aux futurs bénéficiaires d’être de nationalité marocaine, de n’avoir bénéficié d’aucun avantage accordé par l’État en matière de logement et de ne pas être propriétaire à la date d’acquisition d’un bien immobilier destiné au logement.

Les professionnels s’attendent à un véritable engouement

Actuellement, toute personne désireuse de bénéficier de cette aide peut s’enregistrer sur une plateforme dédiée. Muni du permis d’habiter du promoteur et de son numéro de CIN, le candidat remplira le document en ligne. Une réponse sera envoyée par le ministère sous sept jours.

Médias24 a pu obtenir les premiers chiffres auprès du ministère de l’Habitat. Il s’avère que, depuis l’ouverture du programme des aides aux logements jusqu’au vendredi 5 janvier à midi, un total de 7.961 inscrits a été recensé dans le pays. Le quart est constitué de MRE.

Un peu plus des deux tiers des demandes [68%, ndlr] concernent des aides pour des acquisitions de biens de moins de 300.000 DH. 32% des demandes sont orientées sur des biens d’un montant compris entre 300.000 et 700.000 DH.

Interrogé peu avant l’obtention de ces chiffres, un acteur du secteur assure que « l’engouement sera énorme. Les gens attendaient cela, donc une forte demande est prévue. Pour les conventions qui ont été signées dans le cadre des appartements à 250.000 DH, il y a encore du stock. Des logements sont donc déjà prêts pour les personnes éligibles à ce programme d’aide ».

Au-delà de ce programme national, notre interlocuteur rappelle que la demande sera également soutenue par d’autres programmes. C’est le cas de ‘Villes sans bidonvilles’. « La ville de Casablanca est en train de se préparer pour éradiquer les bidonvilles dans le cadre du programme ‘Villes sans bidonvilles’. Un recensement a été effectué, et 62.000 ménages ont été enregistrés ». Pour rappel, les promoteurs doivent s’engager à livrer les logements dans un délai maximal de 24 mois à partir de la date de signature de la convention.

Concernant le programme national d’aide au logement, se pose désormais la question de la réalisation conformément aux critères.

Un effort collectif s’impose dans les grandes villes

La faisabilité du projet est au cœur des discussions. Car si l’engouement est là, reste à savoir si les professionnels pourront respecter les critères tout en couvrant leurs frais.

« Le plus important est que le programme réussisse. Les promoteurs immobiliers ont une sorte de crainte quant à la faisabilité des logements à 300.000 DH dans les grandes villes, étant donné le prix du foncier et la cherté des matériaux de construction. Ailleurs, cela sera réalisable », indique notre interlocuteur.

Pour notre interlocuteur, la faisabilité pourrait être facilitée par un effort collectif de la part de l’ensemble des parties prenantes. « Dans les grandes villes, le plus important, c’est que tout le monde mette la main à la pâte. Il faut que des efforts soient consentis de la part des banques pour l’octroi des prêts et les taux d’intérêt. Il faudrait, uniquement concernant ces produits-là, que la conservation foncière fournisse un effort sur les droits à payer pour l’éclatement des titres, etc. Le but étant de tirer le prix de revient vers le bas pour que l’on puisse réaliser des logements qui répondent aux attentes », explique notre source.

Récemment, Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Habitat, et le président du Conseil national de l’Ordre des notaires du Maroc, Hicham Sabiry, ont signé une convention qui durera tout le long du processus d’octroi des aides au logement sur la période 2024-2028. Celle-ci permettra l’application d’une tarification globale des notaires n’excédant pas 2.500 DH TTC, au lieu d’environ 6.000 DH TTC, soulignant que ce montant englobe les honoraires du notaire, ainsi que les frais de dossier, incluant l’ensemble du processus, depuis l’établissement du compromis de vente jusqu’à l’obtention du certificat de propriété, en dehors des frais de l’Etat, et ce, en faveur des citoyens désireux d’acquérir un logement dont le prix de vente est inférieur ou égal à 300.000 DH TTC.

TGCC : de bonnes perspectives se dessinent

Le groupe TGCC a connu une forte ascension en bourse l’an dernier, après une année 2022 défavorable sur le marché boursier. En 2023, le cours de l’entreprise de construction a connu un fort redressement de près de 50%, pour terminer à 186 dirhams après avoir été introduit à 150 dirhams deux années auparavant.

La hausse du cours a d’abord été portée par les bonnes performances du groupe tant sur les revenus que la profitabilité. À fin septembre, le produit d’exploitation de TGCC progressait de 78% sur une année glissante à 4,9 MMDH. Le groupe affichait un carnet de commandes en progression de 13% sur la même période, à 7,4 MMDH.

Le groupe a également bénéficié d’un redressement de sa profitabilité, notamment grâce à l’accalmie sur les prix des intrants. À fin juin, les bénéfices progressaient de 30% à 122 MDH. Cette année, les perspectives s’annoncent encore encourageantes.

Dans son document de référence relatif à l’exercice 2022 et au 1er semestre 2023, publié en ce début d’année 2024, le groupe est revenu sur les perspectives dans le Royaume et à l’international.

Une stratégie tournée vers l’internationalisation

Déjà dans ses projections sur l’année 2023, le groupe notait « une baisse des tensions sur certains produits, en raison de la baisse de la demande à l’étranger et du repli des coûts de l’énergie ».

De fait, le groupe devrait connaître un allègement de sa chaîne d’approvisionnement et une amélioration de la production. En 2024, avec une inflation qui devrait s’orienter à la baisse, la situation devrait s’améliorer et bénéficier à l’industrie. Le contexte global est également positif avec l’annonce de grands projets d’infrastructure (ports, barrages), ainsi que les développements engendrés par la Coupe du monde 2030 qui devraient bénéficier à TGCC.

Le groupe dispose d’une stratégie de développement bien établie pour assurer sa croissance future. Cette dernière passe notamment par l’internationalisation. Entamée il y a dix ans, sa présence sera renforcée en Côte d’Ivoire d’ici 2025, et de nouveaux projets sont prévus dans la sous-région, ainsi qu’au Cameroun. Le groupe s’est plus récemment développé en créant une filiale en Guinée, en France et en Libye.

TGCC souhaite se renforcer dans les travaux publics

Dans son document relatif à l’année 2022 et au S1 2023, le groupe affiche sa volonté de diversifier ses activités pour garantir sa croissance et consolider sa position sur le marché. Cela passera par l’augmentation de sa présence dans les marchés de travaux publics. « Notamment les barrages, les ports et les ouvrages d’art », précise le groupe, tout en rappelant que « le nouveau plan stratégique 2020-2027 du ministère prévoit la construction de 20 barrages et 3 stations de dessalement de l’eau de mer, avec un coût de 115,4 MMDH ».

Ce renforcement dans les travaux publics permettra à TGCC d’avoir une plus grande empreinte à l’international, notamment au niveau de l’Afrique de l’Ouest où le marché dédié aux travaux publics est nettement plus important que celui du bâtiment.

« Ce développement se fera soit par croissance externe, si des opportunités d’acquisition de sociétés existantes se concrétisent, soit par création », explique le groupe.

Dans sa stratégie de développement, le dernier pilier après l’internationalisation et la diversification est la verticalisation. Une manière d’optimiser sa chaîne de valeur.

Une optimisation de la chaîne de valeur à travers des filiales dédiées

Le groupe a également pour objectif de développer l’intégration verticale dans le but d’améliorer la qualité de ses produits, notamment pour une plus grande maîtrise de la chaîne de valeur et une meilleure compétitivité pour les réponses aux appels d’offres, et pour une meilleure absorption de la rentabilité.

Le groupe, qui dispose de 4 filiales spécialisées, a récemment lancé Deco Excell, une filiale spécialisée dans les domaines de l’agencement, de la décoration, de l’aménagement et de la rénovation, venue enrichir son portefeuille de services.

« Au-delà des filiales déjà intégrées au sein du groupe, la direction stratégique de TGCC a poussé sa réflexion vers d’autres pistes de verticalisation. Il s’agit notamment des métiers des lots techniques (MEP), étant donné le volume critique qu’ils représentent pour le groupe », explique TGCC. In fine, cette stratégie à terme permettra au groupe de devenir une entreprise tous corps d’état. Une stratégie qui lui permettrait de mieux respecter le délai de livraison et la qualité des produits finis.

Le secteur cimentier pâtit toujours d’un attentisme de l’immobilier, optimisme pour 2024

À fin octobre, les ventes de ciment dans le pays affichaient une baisse de 1,52%, à 10,27 Mt, par rapport à la même période en 2022. C’est une légère amélioration par rapport au mois précédent, où la consommation cumulée à fin septembre affichait un retrait de 2,1% par rapport à 2022.

Une amélioration de la consommation nationale, qui demeure cependant bien faible. Un opérateur du secteur nous livre sa vision de l’évolution du marché, des secteurs porteurs dans le marché cimentier et des perspectives à moyen terme.

Léger effet de rattrapage observé en octobre, mais absence de dynamisme 

Cette année est globalement dans le sillage de 2022, à savoir une année morose, marquée par le ralentissement des ventes. Notre opérateur du secteur rappelle : « Il faut se souvenir que l’an dernier déjà, le marché perdait un peu plus de 10% de ses volumes de vente, à 12,5 Mt à peine, par rapport à 2021. Actuellement, nous sommes encore en négatif par rapport aux performances de l’année dernière. Donc, il n’y a pas un marché dynamique, malgré l’amélioration observée en octobre ».

Cette amélioration provient notamment d’un rattrapage mécanique après un mois de septembre compliqué. « Au mois d’octobre 2023, il y a eu une légère amélioration par rapport à septembre, car c’est lié à une récupération après le tremblement de terre », explique notre interlocuteur. En effet, le mois de septembre à lui seul a été marqué par un recul des ventes de ciment de 11%, à un peu plus de 1 Mt. Le mois d’octobre, lui, a vu les ventes progresser de 3,7%, à 1,09 Mt.

Cette reprise s’est amorcée dans le sillage du redémarrage des chantiers après l’arrêt engendré par le séisme. « Le séisme a fortement impacté le mois de septembre, et encore un peu le mois d’octobre. Nombre de chantiers ont arrêté de fonctionner, car les ouvriers originaires de cette région sont allés sur place rejoindre leurs familles et aider à reconstruire. Cela a marqué un ralentissement dans tout le pays, et le redémarrage est en cours », indique notre source.

Une amélioration mécanique attendue en fin d’année, et une nouvelle dynamique en 2024

Les mois de novembre et décembre devrait cependant afficher de meilleures couleurs, non pas parce que le secteur va redécoller avec plus de force, mais par simple effet de base positif. « Les mois de novembre et décembre 2022 étaient très mauvais, avec des baisses respectives de 10% et 25% par rapport aux mêmes mois en 2021. Donc cette année, il devrait y avoir une récupération légère qui devrait se dessiner sur les deux derniers mois de l’année », détaille notre source.

Actuellement, le marché est marqué par un fort attentisme. Malgré les signaux positifs envoyés par les grands promoteurs immobiliers cotés au premier semestre, le secteur est dans une phase de temporisation. « Le secteur immobilier est le moins dynamique, car les promoteurs sont en attente de 2024. En bourse, on observe un véritable redressement du secteur de la promotion immobilière qui dégage des profits, mais cela provient principalement de la vente de stocks, et non de la réalisation de nouveaux projets », explique notre opérateur.

Pour lui, le redémarrage attendu se rattache à trois facteurs clés. Premièrement, à travers la loi de Finances 2024. Pour le secteur cimentier, il s’agit des aides au logement qui rebattront la donne dans le secteur immobilier national. « Cela va générer beaucoup d’impacts sur le financement pour le logement social. De nombreux promoteurs attendent l’implémentation de la LF 2024 pour lancer les chantiers, c’est logique ».

Les efforts de reconstruction après le séisme auront une incidence positive sur la demande en infrastructures et dans le bâtiment. « Cependant, nous n’estimons pas de grands impacts, car la région est surtout rurale, et la contribution concernant le ciment se fera dans la partie infrastructure », poursuit l’opérateur.

Enfin, l’effet Coupe du monde et les objectifs affichés dans le domaine du tourisme sont également cités. « Tous les plans d’infrastructures dans le sillage de la Coupe du monde 2030 et pour le fort développement du tourisme, dont les objectifs sont importants, donnent de la visibilité sur le marché. On parle d’aéroports, de chemins de fer, de stades, de réaménagements de plusieurs villes. Cela donnera dans le futur un impact positif, mais ce n’est pas encore visible. Si l’on termine l’année 2023 comme 2022, ou avec une légère évolution, ce sera une bonne chose », conclut-il.

La construction du Grand Théâtre de Fès confiée à Cematec

Le délai d’exécution des travaux, qui comprennent le gros œuvre, l’étanchéité, les revêtements, les faux plafonds et la peinture, a été fixé à 15 mois.

Le futur théâtre aura une capacité totale de 1.010 places réparties sur deux niveaux : niveau orchestre (690 sièges) et niveau balcon (320 sièges). Un espace de 640 m² est réservé au hall d’accueil et à la cafétéria.

Le projet est également doté d’un grand parvis, lui-même capable d’accueillir des spectacles, concerts, halqa, etc. Il sera aménagé de bancs et de fontaines à jet d’eau.