Terrorisme. Interpol coordonne une opération dans 14 pays dont le Maroc, 66 personnes arrêtées

Baptisée Neptune VI, cette opération internationale, menée en coopération avec l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) et Europol, s’est déroulée dans plusieurs pays, dont le Maroc. Elle a permis de renforcer la sécurité le long des routes maritimes de la Méditerranée, ainsi que dans les aéroports et aux frontières terrestres des pays participants.

Selon Interpol, cette opération de deux semaines s’est concentrée sur l’identification et l’analyse des mouvements de combattants terroristes étrangers et d’individus ayant des liens avec le terrorisme, ainsi que de groupes criminels responsables d’infractions transfrontalières telles que le trafic de drogues, la contrebande d’armes et la traite d’êtres humains.

Tout au long de cette opération, des véhicules volés et des passeports perdus ou volés, essentiels pour faciliter le financement et la mobilité des terroristes, ont également été identifiés, a ajouté l’organisation.

Au terme de Neptune VI, douze millions de données avaient été recoupées et une douzaine d’individus les plus recherchés par Interpol avaient été arrêtés, outre 54 autres personnes recherchées par les autorités de certains pays pour des délits liés à la drogue et à la fraude, ainsi qu’à la contrebande d’or, d’argent et d’armes.

Cette opération sécuritaire a aussi donné lieu à des saisies importantes, dont 549.000 euros non déclarés, de quantités d’or d’une valeur de 10 millions d’euros, de 25 kilogrammes de cannabis, de 35 véhicules volés et de plusieurs fusils et munitions.

(Avec MAP)

Saisie de plus de 4 millions de cigarettes de contrebande au port Tanger Med

Dans le cadre d’une opération de contrôle routinière, les éléments relevant de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII), ont soumis la cargaison chargée à l’intérieur d’un conteneur à une inspection minutieuse, a indiqué une source douanière citée par l’agence MAP.

L’opération a permis la découverte de cette quantité de cigarettes, réparties sur 469 cartons de 50 cartouches chacun.

Selon les premiers éléments de l’enquête, ces cigarettes de contrebande proviennent de Bosnie-Herzégovine. Elles étaient destinées à pénétrer le marché national sans autorisation nécessaire auprès de l’ADII, précise la même source.

(Avec MAP)

Le taux de pénétration des cigarettes de contrebande en hausse entre 2020 et 2021

L’Administration des douanes et des impôts directs (ADID) a publié une « Étude de prévalence des cigarettes de contrebande ». L’objectif est d’estimer le taux de pénétration des cigarettes de contrebande sur le marché marocain et de dresser une cartographie de ce phénomène.

Au total, 60.160 paquets ont été collectés et analysés en juillet 2021. La couverture géographique de cette étude s’étend sur 40 provinces et préfectures réparties sur l’ensemble des régions marocaines. L’étude précise que « les opérations de ramassage se sont déroulées dans différentes zones (centre ville, ancienne médina ou quartier populaire, quartier résidentiel, quartier de standing intermédiaire, quartier industriel et quartier périphérique) ».

Les principales conclusions de l’étude relèvent un taux de pénétration pondéré des cigarettes de contrebande en hausse entre 2020 et 2021, passant de 1.37% à 1.91%. Les régions les plus touchées sont l’Oriental, le Sahara et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

De plus, l’étude note « une structure des paquets de cigarettes de contrebande qui évolue par rapport à l’année 2020, à savoir : une baisse importante de Manchester et de Winston ; une augmentation significative de Marlboro ; une émergence de nouvelles marques (Monsieur, Moral Special, Marquise Classic) ».

Enfin, la destination initiale de vente des cigarettes est en consolidation : 89% sont destinées à la vente en Mauritanie (contre 45% en 2019 et 79% en 2020) ; 4% des paquets n’ont pas d’indication sur le lieu initial de vente (contre 37% en 2019 et 9% en 2020) ; 0,2% seulement des paquets de cigarettes de contrebande collectés sont destinés initialement à la vente sur le marché algérien (contre 8% en 2019 et 1% en 2020).

Manchester arrive en tête des marques faisant l’objet de contrebande

Plus précisément, il ressort de l’étude que les quatre régions les plus touchées représentent environ 89% du nombre total de paquets illégaux collectés (1.390) : Casablanca-Settat (8%), Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (16%), trois régions du Sahara marocain (28%) et, enfin, la région de l’Oriental, qui cumule 38% des paquets illégaux de cigarettes collectés dans tout le royaume.

Les provinces et préfectures les plus touchées sont : Laâyoune (36%), Tan-Tan (7.8%), Mdiq-Fnideq (7%), Tétouan (6.4%), Nador (7.3%), Berkane (15.1%), Oujda-Angad (15.9%). Quant aux provinces et préfectures les moins touchées, il s’agit de Tiznit (0%), Taroudant (0.1%), Settat (0%), Skhirat-Témara (0%), Salé (0.1%) et Taza (0.1%).

Concernant les marques de cigarettes qui font l’objet de contrebande, Manchester arrive en tête à hauteur de 41%, suivie de Marlboro (20%), Winston (9%), American Legend (7%), Monsieur (5%), LD Classic (4%), Moral Special (4%), Autres marques (3%), Empire Royals (2%), Miami (2%), Marquise Classic (2%) et Oris (1%).

Contrebande: grosse saisie de vêtements de prêt à porter à Tanger

Le colonel Abdelkader Battani, commandant régional des brigades des douanes à Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a souligné que cette opération est liée aux trois autres opérations menées au cours de cette semaine. Les investigations et les recherches menées ont permis de localiser un entrepôt clandestin de vêtements de contrebande, situé dans le quartier de Mghogha Kbira, près de la zone industrielle de Mghogha.

La perquisition a été effectuée par les éléments des douanes relevant de la brigade douanière de Tanger, sous la supervision effective du commandement régional, avec le soutien des éléments de la brigade de police judiciaire relevant du district de Béni Makada de Tanger. Elle a permis de mettre la main sur plus de 26.000 unités de vêtements de prêt à porter pour femmes, hommes et enfants, de marques mondiales.

Dans une déclaration à la presse, M. battani a relevé que l’opération s’est soldée aussi par la saisie de 3,5 tonnes de tissus de contrebande, 1,2 tonne de sachets plastiques d’emballage et 1,3 tonne de déchets de vêtements de prêt à porter, notant que la valeur globale des marchandises saisies est estimée à environ 1,2 million de DH.

Le colonel Abdelkader Battani a, par ailleurs, fait savoir que le parquet général a ordonné l’ouverture d’une enquête pour identifier tous les acteurs impliqués dans cette opération et démanteler ce réseau criminel actif dans la contrebande de tissus et de vêtements de prêt à porter.

Mercredi 7 octobre, les éléments des douanes avaient effectué trois perquisitions ayant permis de saisir 28 tonnes de tissus et 4.670 unités de vêtements de prêt-à-porter pour femmes, hommes et enfants, d’une valeur d’environ 2,5 millions de DH.

(Avec MAP)

Tanger-Med: saisie de marchandises d’une valeur de plus de 3 MDH

Les éléments de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) ont soumis un véhicule utilitaire immatriculé en Belgique, à une fouille méticuleuse qui a permis de mettre la main sur les différentes marchandises.

Le conducteur, un Marocain résidant en Espagne, tentait d’introduire ces marchandises sur le territoire marocain sans une déclaration au préalable auprès de l’ADII.

Il s’agit de 120 kilogrammes de bijoux en argent, environ 30.000 produits de beauté, 315 vêtements neufs et 75 kilogrammes d’amandes.

(Avec MAP)

Nabyl Lakhdar: « Les mesures appliquées à Sebta bientôt étendues à Melilia »

Dans une interview accordée à l’agence espagnole EFE, le directeur de l’Administration des douanes et impôts indirects, Nabyl Lakhdar, laisse entendre que la fin de la contrebande avec Sebta et Melilia est irréversible, même s’il comprend que les deux villes « pourraient en souffrir. »

Les portes de Sebta et Melilia « ne sont pas et n’ont jamais été des points de passage commerciaux, mais des points de passage pour les personnes« . « Elles doivent devenir comme des aéroports, où les passagers entrent avec des marchandises pour leur consommation personnelle à petite échelle », a-t-il souligné.

« Aucune intention politique »

Le responsable marocain a affirmé que les mesures de lutte contre le commerce irrégulier « n’ont pas de portée politique » et n’ont pas été coordonnées avec la diplomatie marocaine. « Il s’agit de l’application de la loi et la réglementation en vigueur », a-t-il insisté.

« Sebta et Melilia n’ont pas de production ou d’industrie locale et tout vient de l’extérieur », a-t-il dit, soulignant que le Maroc reste la destination finale de 80% de ce qui arrive dans ces villes, ce qui représente un chiffre d’affaires annuel compris entre 15 milliards et 20 milliards de DH« .

Le responsable a qualifié de « trompeur » l’argument selon lequel la contrebande employait des milliers de personnes (9.000 transporteurs à Sebta et beaucoup d’autres à Melilla): « Chaque emploi dans la contrebande en détruit cinq dans le circuit officiel », a-t-il souligné.

Melilia dans le viseur

La dernière campagne contre la contrebande a été appliquée pour le moment à Sebta, mais la prochaine étape sera Melilia, a-t-il, par ailleurs, noté, rappelant qu’une première mesure de fermeture a déjà commencé en 2018.

Nabyl Lakhdar explique la fermeture du poste frontière par la forte concurrence entre les ports de Melilia et de Beni Nsar à Nador.

« Après le lancement de la ligne maritime Beni Nsar-Melilia, j’ai ordonné la fermeture du poste frontière », pour inciter les importateurs à passer par le port marocain », a expliqué le DG de l’ADII.

Comment Lakhdar imagine-t-il l’avenir une fois que la contrebande aura cessé? Il souligne que les solutions peuvent passer par « l’industrialisation de Sebta et Melilia avec des produits complémentaires à ceux du Maroc, ou leurs transformation en villes touristiques ».

A Derb Ghallef, les commerçants s’adaptent à la fin de la contrebande

Mardi 18 février 2020, marché de Derb Ghallaf. Après avoir fait le tour d’une quinzaine de boutiques dans l’aile réservée aux commerces alimentaires, il y a indéniablement peu de produits de contrebande.

La contrebande progressivement remplacée par des produits dûment facturés

Dans un premier temps méfiants, plusieurs commerçants visiblement oisifs se sont attroupés pour nous faire part de leur désœuvrement lié indirectement à la fin de la contrebande issue de Sebta.

Selon leur « Amine » (doyen), depuis l’arrêt de l’entrée des produits alimentaires de contrebande, 80% des marchandises vendues à Derb Ghallab proviennent de sociétés qui leur délivrent des factures.

« Que ce soit des produits alimentaires (thon, riz, maïs, fromages …) ou ménagers, ils sont désormais issus de producteurs locaux ou de sociétés d’importation qui payent toutes leurs taxes (TVA …).

« Les transactions au noir et en cash sont de moins en moins courantes et doivent représenter 20% mais cette part ne va pas cesser de diminuer à l’avenir jusqu’à disparaitre dans moins de cinq années ».

Les prix ont flambé puis revenus à la quasi-normale

A la question de savoir si les prix des produits légaux avaient flambé, notre interlocuteur déclare que c’était le cas au lendemain de l’arrêt de la contrebande mais que les choses sont en train de changer.

« En fait, avec la baisse des tarifs douaniers, la différence avec les produits issus de la contrebande est en train de s’amenuiser.

« Du coup, on ne peut pas dire que l’arrêt du trafic a provoqué une crise à Derb Ghallaf car s’il y a une crise, c’est d’abord et surtout à cause de la baisse du pouvoir d’achat.

Une crise économique qui n’arrange rien

« Certains commerçants spécialisés en produits de contrebande ont eu du mal à se reconvertir dans le secteur formel. Ils ont perdu une partie de leur clientèle mais c’est la crise économique qui a aggravé les choses en entraînant plusieurs fermetures de boutiques.

« Du coup, plusieurs propriétaires d’échoppes essayent de louer leur local pour s’assurer un revenu garanti mais comme ils n’y arrivent pas, le tarif  des nombreuses locations disponibles s’est effondré.

« Si vous regardez autour de vous, les seuls commerçants présents sont des personnes âgées qui viennent plus pour tuer le temps que pour vendre des produits qui ne trouvent plus d’acquéreur.

« Dans le passé, nous arrivions à dégager des marges confortables avec les produits de contrebande mais ce n’est plus le cas car 80% de l’activité est désormais légale et donc moins lucrative.

Les consommateurs sont les principales victimes

« Hormis les commerçants, ce sont surtout les consommateurs qui souffrent le plus car les prix des produits de contrebande permettaient de remplir un panier et donc de boucler le mois.

« En effet, la différence de prix est encore comprise entre 20% et 30% mais pour être honnête, plus le temps passe, plus les tarifs des produits légaux et de contrebande commencent à se rapprocher.

« N’ayant pas le choix, le consommateur s’adapte mais le vrai problème est que l’arrêt de la contrebande a coïncidé avec la crise économique qui s’éternise au Maroc et pas seulement à Derb Ghallaf.

« L’impact n’est donc pas négligeable car nous avons constaté que le panier de la ménagère a sensiblement baissé. Sachant que les commerçants réalisent les mêmes marges qu’avec des produits de contrebande, c’est donc le consommateur final qui paye le surplus et réduit son budget.

Melillia, dernière porte de la contrebande

« Ceci dit, il y a encore quelques produits de contrebande qui arrivent clandestinement de Sebta dans le coffre de particuliers mais l’essentiel provient de Melillia où la pression douanière est moindre.

« En quelques mois, nous sommes donc passés d’un Derb Ghallaf qui vendait 80% de produits non déclarés à un marché qui écoule l’équivalent en produits légaux (nationaux ou importés légalement).

« Ainsi, certains produits très populaires comme les couvertures, ont quasiment disparu des étalages car leur prix a pratiquement doublé (200 à 350 dirhams) et il vaut mieux en acheter au supermarché.

« Concernant le petit électroménager ou les téléviseurs, le coup d’arrêt de ces produits de contrebande a commencé en 2017 avec des prix devenus très abordables dans le commerce légal.

« Dans cet ilot d’inactivité, la seule activité commerciale qui arrive à survivre est la vente et la réparation de téléphones et d’ordinateurs.

Derb Ghallef souffre mais s’en sort mieux que le marché de Fnideq

 « Au final, les vraies victimes de la fermeture du point de passage de Bab Sebta sont les habitants de la région de Tétouan (Mdiq, Fnideq, Martil …) qui arrivaient à survivre avec la contrebande.

« En effet, la situation dans le marché de Fnideq est bien pire qu’à Derb Ghallaf. Ce marché est devenu tellement sinistré que les loyers de ses boutiques est passé de 5.000 à 1.500 dirhams par mois. Nous vivons la même chose mais en moins grave avec des loyers qui ont baissé de 30% à 40%.

« Faute de solutions gouvernementales de rechange, cette crise ne fait que commencer car plusieurs commerçants de Derb Ghallef commencent à licencier du personnel pour alléger leurs charges », conclut pessimiste notre commerçant qui n’a pas réalisé une seule vente en une heure de discussion.

L’idée d’un arrêt définitif de la contrebande de Sebta et Melilia fait du chemin

Tabac, produits alimentaires, matériels électroniques… tous constituent des produits qui transitent de manière illégale par Sebta et Melilia vers le Maroc. Selon un calcul effectué par Médias24, la valeur des produits de contrebande issus des deux villes est estimée au moins à 10MMDH chaque année. Cette contrebande exerce un impact très négatif sur l’économie marocaine. Elle constitue une concurrence déloyale envers les producteurs et les importateurs marocains.

Pour Nabyl Lakhdar, DG de l’administration des douanes, il existe 2 options : soit tolérer la contrebande et détruire des emplois, soit y faire face. C’est la deuxième option que le Maroc semble suivre aujourd’hui. Les passages par lesquels transitaient les produits de contrebande de Sebta et Melilia ont été fermés du côté marocain.

Le message des autorités marocaines semble avoir été compris du côté espagnol. Lundi 2 décembre, le journal espagnol El Confidencial a écrit que « le Maroc met fin à la contrebande avec Sebta et étouffe la ville ». L’idée de la fin de la contrebande semble donc faire son chemin chez les espagnols. Le président de l’Association des résidents à Sebta a d’ailleurs déclaré au même journal que « de nombreux symptômes indiquent que le Maroc ait mis fin au phénomène de contrebande ».

Les contrebandiers espagnols contestent

La décision de fermeture a lourdement impacté les gros trafiquants, notamment du côté espagnol. Les contrebandiers de Sebta ont protesté vis-à-vis des autorités de la ville pour que celles-ci demandent aux autorités marocaines un moratoire afin qu’ils puissent restituer leurs stocks. La demande a été rejetée.

Le journal espagnol a rapporté que les contrebandiers espagnols s’attendaient à des mobilisations de masse du côté marocain qui allaient obliger la douane marocaine à rouvrir les passages à la frontière. Ces mobilisations n’ont finalement pas eu lieu. Dès le printemps dernier, la douane marocaine a déclaré son intention de procéder à un recensement des porteurs afin que seuls les plus vulnérables puissent continuer à traverser la frontière.

Une alternative pour les femmes porteuses

Si la fin de la contrebande peut impacter les revenus des familles qui y vivent, elle aurait un impact très positif sur l’économie à long-terme. De plus, le Maroc envisage, selon Nabyl Lakhdar, de mettre en place un programme de soutien aux femmes porteuses.

Nabyl Lakhdar nous avait déjà confié qu’il existe actuellement une réflexion menée conjointement avec la société civile afin de trouver une solution aux porteuses. Plusieurs alternatives sont sur la table : encourager les entreprises à s’installer dans la région ou mettre en œuvre des projets dans le cadre de l’INDH. Quelle que soit la solution, elle serait beaucoup moins coûteuse que la contrebande.  

Au final, l’idée que la décision marocaine est définitive et irréversible fait son chemin. C’est un premier pas.

Sebta et Melilia: au moins 10 MMDH de contrebande déversée au Maroc chaque année

Sebta et Melilia constituent les deux principales portes d’entrée des produits de contrebande au marché marocain. Si elle permet à de nombreuses familles de subsister, cette contrebande profite surtout aux gros trafiquants et exerce un impact très négatif sur l’économie marocaine. Le passage de Bab Sebta a été d’ailleurs fermé par les autoritaires marocaines, et ce depuis 2 mois.

La contrebande provenant de Sebta et Melilia semble tellement bénéfique aux deux villes qu’une grande partie des produits qu’elles importent sont destinés à être déversés de manière illégale sur le marché marocain. Quelles sont ces importations ? Quelle est leur valeur ? Quelle est la valeur des marchandises transportées via les circuits de contrebande ?  

Médias24 a collecté et parcouru les données relatives aux importations de Sebta et Melilia. Voici notre reconstitution:

Bab Sebta : au moins 5 milliards de DH de contrebande par an

EN 2017, Sebta a importé des marchandises pour une valeur globale de 842 millions d’euros dont 62% en provenance d’Espagne et le reste en provenance d’Europe et d’Asie essentiellement, y compris la Chine. Environ 32% de ces importations (270 millions d’euros) ont concerné des produits alimentaires, des boissons et du tabac.

Où vont toutes ces importations ? La valeur totale des produits importés semble fortement disproportionnée par rapport aux données démographiques de la ville. En effet, Sebta ne compte que 85.209 habitants.

Selon les chiffres officiels, Sebta a exporté par les canaux légaux vers le Maroc pour une valeur de 1,72 million d’euro en 2017 et seulement 201.000 euros en 2018 !

Mais un rapport de Procesa (Société de développement public de Sebta) a indiqué que 54% des importations de la ville de 2017 étaient destinées à la frontière avec le Maroc contre 38% en 2009. Cela veut dire qu’en 2017, Sebta a déversé 454,6 millions d’euros (ou 5 milliards de dirhams) de produits et marchandises sur le marché marocain, dont 452,88 millions d’euros à travers les circuits de contrebande. 

Un chiffre proche d’une estimation fournie à Médias24 par Nabyl Lakhdar, DG de la Douane, qui a mesuré la valeur de la contrebande en provenance de Sebta entre 6 et 8 milliards de DH par an.

Le tabac et les produits alimentaires sont les principaux produits importés

Les importations de Sebta sont très diversifiées. D’Espagne seule, la ville a importé des produits et marchandises d’une valeur de 518,93 millions d’euro en 2017 et de 534 millions en 2018. Environ 38% de ces importations (201,5 millions d’euros) concernent uniquement des produits alimentaires, des boissons et du tabac.

L’autre grande partie des importations, d’une valeur d’environ 100 millions d’euros, concerne des produits chimiques, agricoles et textiles. On trouve aussi dans la liste des produits importés des tenues vestimentaires, des moteurs et véhicules, des médicaments, des radios et des télévisions.

Les importations de Sebta en provenance du reste du monde sont également caractérisées par une prédominance des produits alimentaires et du tabac. Plus de 68 millions d’euro ont été dépensés par la ville pour importer ces produits en 2017 et 99,5 millions en 2016.

Cette marchandise transmise par des canaux de contrebande étouffe plusieurs secteurs économiques marocains. De plus, certains des produits alimentaires présentent de grands risques sanitaires pour les consommateurs.

Nabyl Lakhdar, DG de l’administration des douanes, avait déjà confié à Médias24 que certains produits alimentaires périmés ou d’autres dont la date de péremption arrive bientôt à échéance sont souvent mis sur le marché. « Nous avons trouvé dans des dépôts des machines étiqueteuses qui donnent une nouvelle vie à des produits périmés », nous avait-il expliqué. Le Maroc semble aujourd’hui déterminé à assécher progressivement les circuits de contrebande.

Le rapport de Procesa de 2017 a indiqué qu’une éventuelle entrée de Sebta dans l’Union douanière de l’UE aggraverait les flux de sortie des produits de la ville vers le Maroc. Cela entrainerait selon les rédacteurs du rapport une « chute de 3,5 points du PIB de la région de Tanger-Tétouan-Hoceima ».

70% des importations de Melilia sont acheminées vers le Maroc

Enrique Alcoba, président de la plate-forme des entreprises de Melilia avait expliqué à la presse espagnole que la contrebande avec le Maroc constitue le principal moteur de l’économie de la ville. « Sur l’ensemble des marchandises qui entrent à Melilia, 70% sont destinées au Maroc », avait-il déclaré au journal espagnol El-Mundo en septembre 2018. Le reste est consommé par les habitants locaux.

Melilia a importé en 2017 des produits et marchandises d’une valeur totale de 771,5 millions d’euros, dont 69% en provenance d’Espagne. Comme Sebta, la plus grande part des importations de Melilia concerne des produits alimentaires, des boissons et des produits de tabac (250 millions d’euros).

Selon les chiffres avancés par Enrique Alcoba, Melilia déverse donc des produits d’une valeur de 540 millions d’euros, soit 5,9 milliards de DH. Une partie de ces exportations est effectuée de manière légale. En effet, 95% des exportations légales de Melilia sont destinées au Maroc. Celles-ci ont atteint une valeur totale de 47,03 millions d’euros. Ces exportations concernent essentiellement des fruits, légumes secs, céréales (15 millions d’euros) et du matériel électronique (23,8 millions d’euros). D’un autre côté, seulement 1% des importations de Melilia proviennent du Maroc.

En enlevant le volume des exportations légales de Melilla vers le Maroc, la part de la contrebande s’établit à 492,97 millions DH.

Tanger: saisie d’environ 17 MDH de marchandises de contrebande

Les éléments de la douane ont réussi à intercepter, sur la base d’informations précises fournies par le service des enquêtes, du contrôle à posteriori, et de la subdivision de Tanger Ville des douanes, deux camions semi-remorques transportant des marchandises de contrebande à l’entrée de l’autoroute au niveau de la commune de Melloussa, aux environs de Tanger. La quantité de marchandises à bord de chacune des deux remorques avoisine les 24 tonnes.

La valeur des marchandises saisies lors de cette opération atteint environ 17 MDH. Ces marchandises ont été importées en présentant une fausse déclaration auprès de l’ADII.

Selon les données préliminaires, le premier camion semi-remorque contient des produits interdits à l’importation, notamment des pétards, outre des produits neufs de différentes marques, dont des vêtements de prêt-à-porter, des chaussures en cuir et des chaussures de sport, ainsi que des sacs à main.

Quant au deuxième camion, il avait des équipements électroménagers, environ 2.000 smartphones nouvelle génération et une quantité importante de produits de beauté, de vêtements de prêt-à-porter et de chaussures.

(Avec MAP)

Saisie à Bouznika de 6 tonnes de vêtements de contrebande

« Dans la nuit du 23 au 24 octobre, vers 3 heures du matin, des éléments de la BND ont pris en filature un camion-citerne depuis la ville de Tiflet. Arrivé à la gare de péage de Bouznika, celui-ci a été soumis à un contrôle minutieux », précise l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) dans un communiqué.

A l’ouverture d’une portière aménagée sous le dispositif de jonction du tracteur et de la citerne, l’équipe de la BND a constaté la présence de 100 ballots contenant chacun 60 kilos d’effets vestimentaires de contrebande.

Grosse saisie d’appareils électroniques au port de Tanger-Med

Les éléments de la douane ont ainsi saisi, lors d’une première opération, 121 smartphones et 20 ordinateurs d’occasion soigneusement dissimulés dans des boîtes de lait à bord d’un bus de transport international en provenance du port d’Algésiras.

Quant à la deuxième opération, elle a permis aux douaniers de saisir 30 smartphones neufs haut de gamme qu’un marocain résidant à l’étranger tentait d’introduire au sein du territoire national à bord de son véhicule immatriculé en France.

Les éléments de la douane ont également avorté, au port de Tanger-Med, une troisième opération de trafic de 30 ordinateurs et 500 disques durs dissimulés dans une voiture immatriculée à l’étranger.

(Avec MAP)