Campagne sucrière 2025-2026 : Cosumar vise près du double des superficies cultivées

Le groupe Cosumar a lancé la campagne sucrière 2025-2026 dans un contexte toujours marqué par la sécheresse. Cette nouvelle campagne intervient après une saison 2024-2025 jugée encourageante, marquée par une amélioration notable des rendements et des volumes de production, malgré des conditions climatiques difficiles.

Bilan de la campagne sucrière 2024-2025

L’introduction progressive d’outils technologiques, tels que les drones pour le suivi cultural, la plateforme Attaissir ou encore les systèmes de pilotage intelligent de l’irrigation, a également permis d’optimiser la gestion des ressources hydriques et d’améliorer les performances agricoles, peut-on lire dans un communiqué de Cosumar.

Lors de la précédente campagne, la filière sucrière nationale a bénéficié de l’implication conjointe des agriculteurs, des associations professionnelles, des Comités techniques régionaux et des autorités locales, ajoute la même source.

Programme de la campagne 2025-2026

Pour la campagne actuelle, les comités techniques régionaux du sucre ont arrêté un programme prévisionnel de 60.000 hectares de betterave à sucre et 8.000 hectares de canne à sucre, dont 3.000 hectares de nouvelles plantations, en fonction de la disponibilité des ressources hydriques.

Les semis ont débuté le 10 septembre 2025 dans l’ensemble des périmètres sucriers, précise le groupe.

La répartition des superficies destinées à la betterave à sucre se présente comme suit :

Dispositif d’accompagnement mis en place

Afin d’assurer de bonnes conditions de culture, Cosumar a mis en place un dispositif complet d’accompagnement comprenant :

Cosumar projette une production de 600.000 tonnes de sucre local à l’horizon 2026

Malgré un contexte climatique contraint, la filière sucrière marocaine a réussi à emblaver 40.000 hectares dans les cinq périmètres agricoles concernés. Si les conditions étaient difficiles en début de campagne, les retenues au printemps ont permis d’améliorer les indicateurs agronomiques, en particulier les rendements et la teneur en sucre, deux éléments déterminants pour la rentabilité des cultures, indique un communiqué de Cosumar.

Cette performance repose sur la diffusion à grande échelle de technologies agricoles de précision. Cosumar et ses partenaires ont généralisé l’usage de drones, de capteurs intelligents et de systèmes d’irrigation optimisés, tout en renforçant les pratiques de fertilisation raisonnée, poursuit la même source.

Ces outils permettent une réduction significative des intrants. D’ailleurs, la consommation d’eau a diminué jusqu’à 55% grâce à des solutions intelligentes, tandis que les volumes d’engrais ont diminué de 30%.

L’irrigation goutte-à-goutte, désormais standardisée, engendre une économie moyenne de 25% d’eau par rapport aux pratiques conventionnelles.

Objectif 2025-2026 : emblaver 68.500 hectares en plantes sucrières

Dans la continuité de cette dynamique, Cosumar prépare l’élargissement de ses surfaces agricoles pour la campagne 2025-2026.

L’emblavement prévu s’élève à 68.500 hectares, dont 60.000 hectares de betteraves à sucre. Cette extension représente une hausse de plus de 50% par rapport à la campagne en cours.

Le niveau de production visé correspond à celui de la campagne exceptionnelle de 2016. Il permettra de couvrir une partie substantielle des besoins du marché national, tout en ouvrant la voie à un renforcement des volumes destinés à l’export. Le plan stratégique du groupe prévoit d’atteindre, à partir de 2026, un niveau d’exportation de 1 million de tonnes par an.

Des conditions hydriques plus favorables pour soutenir la filière

Ce déploiement repose également sur des perspectives hydriques favorables. Les barrages alimentant les zones sucrières affichent des taux de remplissage en hausse, tandis que les projets de dessalement lancés par les autorités publiques progressent. En réallouant les ressources en eau vers les besoins agricoles, ces dispositifs contribuent doucement à renforcer la sécurité alimentaire et la pérennité de la filière sucrière.

À travers cette feuille de route, Cosumar consolide sa contribution à un modèle agricole plus autonome, plus efficace et plus résilient face aux aléas climatiques, conclut le communiqué.

Cosumar : RNPG en baisse de 15,7% en 2024

Le RNPG du Cosumar s’établit à 850 MDH, en baisse de 15,7% par rapport à 2023 (1.009 MDH). Cette évolution s’explique par l’absence, en 2024, de la plus-value générée l’année précédente lors de la cession de la raffinerie saoudienne Durrah. Hors cet élément non récurrent, le RNPG de 2024 ressort en amélioration.

Le chiffre d’affaires consolidé atteint 10.239 MDH, en légère hausse de 0,1% par rapport à 2023 (10.233 MDH). Cette performance est portée par une croissance du marché national de 2,6% et une hausse de 10% des ventes à l’export, rendue possible par l’extension des capacités de raffinage.

L’excédent brut d’exploitation consolidé ressort à 1.758 MDH, en baisse de 3,6% par rapport à 2023 (1.824 MDH), principalement en raison d’une campagne agricole réduite, conséquence du stress hydrique. Cette baisse a été partiellement compensée par une augmentation des volumes vendus et une amélioration des performances industrielles.

Sur une base sociale, l’excédent brut d’exploitation de Cosumar SA s’élève à 1.592 MDH, soit une légère baisse de 0,7% par rapport à 2023 (1.603 MDH). La baisse de la production des sucreries a été atténuée par la mise en service de la nouvelle raffinerie.

Le résultat net social ressort à 938 MDH, en recul de 17,5% comparé à 2023 (1.137 MDH), en raison de l’impact exceptionnel de la cession de Durrah en 2023.

Le chiffre d’affaires social atteint 9.643 MDH, en hausse de 1,9% par rapport à 2023 (9.462 MDH).

Activité industrielle et commerciale

Le groupe, opérateur historique du sucre au Maroc, a franchi une étape importante en 2024 avec la mise en service industrielle de sa nouvelle raffinerie de Sidi Bennour. Dotée d’une capacité annuelle de 500.000 tonnes, cette installation porte la capacité de production globale à 2,5 millions de tonnes. Elle a permis une hausse notable des volumes de vente sur le marché local et à l’export.

Sur le plan industriel, Cosumar a enregistré une production record de sucre blanc raffiné de 1,852 million de tonnes, un niveau historique. Cette performance a contribué à limiter l’impact d’une campagne sucrière affectée par le stress hydrique.

Perspectives pour 2025

Cosumar anticipe une hausse significative de la production locale en 2025, soutenue par des conditions climatiques favorables depuis janvier et une augmentation de 50% des superficies agricoles emblavées. Le groupe vise également un renforcement de sa présence à l’international et explore des pistes de diversification.

Le conseil d’administration propose la distribution d’un dividende de 10 DH par action au titre de l’exercice 2024.

Campagne agricole 2024-2025. Augmentation significative des superficies de cultures sucrières

À l’instar des céréales, la filière sucrière joue un rôle socio-économique important dans le pays. La consommation nationale de sucre est estimée à plus d’un million de tonnes par an et augmente de 1,8% annuellement. D’où l’importance d’augmenter ou au moins de stabiliser les superficies cultivées afin d’éviter la hausse des importations.

D’après le ministère de l’Agriculture, les besoins nationaux en sucre sont satisfaits à seulement 49% par la production locale provenant de la transformation des cultures sucrières. C’est dans ce contexte que les premiers semis des cultures sucrières ont débuté pendant ce mois d’octobre.

« Les superficies cultivées en cultures sucrières à l’occasion de la campagne agricole 2024-2025 atteindront 48.000 hectares, dont 45.000 de betteraves sucrières et 3.000 hectares de cannes à sucre », précise Hassan Mounir, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine du sucre (Fimasucre).

Les superficies seront donc doublées pour la betterave sucrière et quasiment triplées dans le cas de la canne à sucre. La superficie semée en betterave à sucre lors de la campagne agricole 2023-2024 était de 22.672 ha, soit 42% du programme. Pour la canne à sucre, la superficie plantée à l’automne dernier s’élevait à près de 1.055 ha, soit 35% du programme (3.000 ha).

Ce faible taux de réalisation est dû essentiellement à la non-disponibilité en eau d’irrigation dans les principaux bassins de production, notamment Doukkala. Après le Gharb (25.000 ha), c’est le périmètre irrigué où les plantes sucrières prospèrent le plus, en particulier la betterave (21.500 ha). Mais principalement lors des années pluvieuses. 

Hassan Mounir, qui porte également la casquette de directeur général de la Compagnie sucrière marocaine de raffinage (Cosumar), assure que « des dotations agricoles seront réservées à cette culture pour irriguer les plantations des cinq zones de production du Royaume ». En général, la culture de la betterave nécessite entre 5.000 et 7.000 m³ d’eau par hectare pour un rendement optimal, tandis que la canne à sucre demande entre 12.000 et 15.000 m³ par hectare dans les zones les plus productives.

Pour la campagne agricole 2024-2025, la quantité d’eau nécessaire pour irriguer les 45.000 ha de betterave sucrière est de 270 millions de m³. Les 3.000 hectares de cannes à sucre auront besoin de 40,5 millions de mètres cubes. Si les terres sucrières du Gharb relèvent d’un bassin où les ressources hydriques sont abondantes (2,2 MMm³), en l’occurrence le bassin hydraulique du Sebou, c’est moins le cas de celui d’Oum Er-Rabia (243 millions de m³), qui doit normalement irriguer les cultures sucrières de Doukkala mais aussi de Béni Mellal (13.500 ha).

Ainsi, l’utilisation de techniques d’irrigation efficaces s’avère primordiale dans ces zones de production. « L’introduction du système de goutte-à-goutte a permis une gestion plus efficiente de l’eau, avec une réduction de 30% de sa consommation », précise Hassan Mounir.

Par ailleurs, les engrais azotés seront subventionnés « afin d’être mis en vente à des prix historiquement bas, compris entre 240 et 330 DH par quintal », indique-t-il. Un élément important dans la réussite de la campagne des cultures sucrières, puisque, d’après l’Office national de conseil agricole (ONCA), la betterave à sucre se distingue des autres cultures par une grande consommation en éléments minéraux, dont l’azote, le potassium et le phosphore.

Cosumar : baisse de 3% du chiffre d’affaires à fin mars

Le chiffre d’affaires consolidé à fin mars 2024 s’établit à 2.439 MDH, en légère baisse par rapport à la même période de l’année précédente. Cette évolution s’explique par le retrait des volumes de ventes disponibles à l’export.

Les ventes de sucre sur le marché local à fin mars 2024 enregistrent une augmentation de +3,7% comparé au premier trimestre de l’année précédente.

Les investissements comptabilisés s’élèvent à 54 MDH à fin mars 2024 et concernent principalement la poursuite des mises à niveau et maintenance de l’outil industriel.

Le groupe affiche un endettement négatif de -137 MDH contre un endettement net de 1.458 MDH à fin décembre 2023.

Le groupe Cosumar entreprend la réalisation d’un projet de raffinage de sucre brut importé à la sucrerie de Sidi Bennour pour une capacité de 500/000 tonnes. La mise en service programmée pour le quatrième trimestre 2024 permettra de consolider la flexibilité et l’agilité du business model du groupe.

 

SIAM. Pour contrer la sécheresse, Cosumar adopte une gestion durable de l’eau

Aujourd’hui, tout l’enjeu au Maroc est de bâtir des systèmes de production durables et résilients. Ces dernières années de sécheresse ont réduit à néant les réserves hydriques de certains périmètres sucriers importants. Ce qui, à l’évidence, a impacté la filière sucrière. Toutefois, de l’avis de Hassan Mounir, la filière sucrière a su démontrer une grande résilience pour continuer à contribuer grandement à la souveraineté alimentaire du pays. Et ce, dans le contexte d’une pluviométrie de plus en plus critique.

Pratiques novatrices dans la gestion de l’eau

Sous l’impulsion du groupe agrégateur de plus de 80.000 agriculteurs, encadrés par une équipe de 120 techniciens et ingénieurs agronomes, les producteurs de plantes sucrières ont été accompagnés dans la mise en œuvre de pratiques novatrices. Il y a lieu de citer la réalisation de forages profonds autorisés et l’équipement des parcelles en énergie solaire. Ce qui offre une solution durable pour réduire les coûts tout en adoptant des méthodes respectueuses de l’environnement.

« L’introduction du système de goutte-à-goutte a permis une gestion plus efficiente de l’eau, avec une réduction de 30% de sa consommation. Le projet baptisé ‘Supplant’ a également marqué une avancée majeure, exploitant les nouvelles technologies pour équiper les parcelles en vue de rationaliser l’irrigation et d’optimiser l’utilisation des ressources hydriques », a expliqué le DG du groupe, porté par un programme d’investissement de plus de 10 MMDH visant la modernisation de ses opérations et la réalisation des avancées significatives en matière d’innovation et de R&D.

Concrètement, cet effort d’investissement massif a permis à Cosumar de réduire de 90% la consommation d’eau depuis 2005. Notons que l’approche innovante dont l’objectif est de réduire le besoin en eau des parcelles de 50% a été mise en œuvre dans les différentes régions de production des plantes sucrières.

Le groupe qui mise sur une gestion durable de l’eau, incorporant des techniques avancées et l’usage de capteurs intelligents, revendique d’ores et déjà des résultats prometteurs. D’ailleurs, les études de généralisation de cette technologie ont été lancées. La structure dont la raffinerie affiche une capacité de traitement de 1,5 million de tonnes annuellement s’appuie sur le pilotage intelligent de l’irrigation.

Les avantages du pilotage intelligent de l’irrigation

Le programme de recherche et développement visant la digitalisation des cultures sucrières du groupe sucrier, qui a exporté en 2023, plus de 750.000 tonnes de sucre blanc vers plus de 80 pays, a été abordé par Hassan Mounir lors de la rencontre en marge du SIAM.

Le pilotage intelligent de l’irrigation adopté par Cosumar fournit, entre autres, des informations cruciales sur l’humidité, la température du sol et la croissance des racines de la betterave à sucre. Concrètement, cette approche pilotée par l’intelligence artificielle offre la possibilité de communiquer les exigences en matière d’irrigation, les prévisions météorologiques, les alertes et conseils sur les conditions météorologiques extrêmes ainsi que les alertes de déficit hydrique. De plus, un planning d’irrigation intégrant les besoins en quantité d’eau pour la plante peut être émis par la solution en temps réel.

Autre avantage de cet outil expliqué lors de la rencontre : le suivi de l’évolution de la croissance des betteraves à sucre en parallèle avec leurs besoins en eau. Cette méthode permet de définir précisément les quantités d’eau nécessaires. Ce qui constitue une optimisation de l’irrigation. Enfin, selon les explications apportées, l’agriculteur peut effectuer un suivi en temps réel de la parcelle en recevant quotidiennement les notifications sur son téléphone comprenant des recommandations de planning d’irrigation ainsi que les besoins hydriques de la plante. En résumé, les gains de cette solution sont la réduction de la consommation d’eau en attribuant à la betterave à sucre les besoins exacts en eau tout en assurant une bonne croissance de la racine et une richesse élevée en sucre.

Le Casablanca improbable de… Karim Rouissi (1/2)

Le positionnement touristique de Casablanca est intimement lié à son architecture protéiforme. Pour le visiteur, initié comme novice, une simple flânerie dans les principales artères de la ville donne accès à cette âme rebelle de la capitale économique. C’est que la ville blanche ne choisit pas une seule voie quand il s’agit de style architectural. Depuis des décennies, elle entremêle agréablement, d’un quartier à l’autre,  Art déco, style baroque et autres mouvements néo-classiques, pour ne citer que ceux qui ont pignon sur rue.

C’est un secret de polichinelle, la ville a été un laboratoire architectural durant le XXe siècle et, pendant très longtemps le terrain d’exploration de célèbres architectes européens ayant laissé un témoignage en béton armé de cette effervescence de jadis. Or, si l’on veut saisir cette âme purement casablancaise, un tour dans les lieux incontournables de la ville ne suffit pas. Tout visiteur intéressé doit se plonger aussi dans l’histoire et aller à la découverte des racines de cette philosophie de l’habitat, peut-être la seule constante du développement de la ville blanche, qui continue à accueillir chaque année plus de monde, venu de tous bords.

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Il est alors fort indiqué pour le visiteur curieux, qui aurait déjà vu l’essentiel de Casablanca, de chercher plus loin, de regarder sous le voile et peut-être alors rencontrer l’improbable au milieu de l’habituel. C’est toute la promesse de l’architecte Karim Rouissi. Car, justement, le Casablanca de Karim Rouissi est celui des « lieux improbables ». En acceptant de participer à l’exercice du choix subjectif du paysage architectural emblématique de la ville blanche, notre interlocuteur nous prévient d’emblée : « Je préfère sortir des sentiers battus, évoquer plutôt des lieux qui ne sont pas forcément connus ». Vendu !

Au fil de la discussion avec le président de l’association Casamémoire, c’est tout un pan de l’histoire de l’habitat urbain à Casablanca qui affleure des sédimentations mémorielles. Rappelons que des circuits touristiques pour découvrir ou redécouvrir ce patrimoine architectural sont régulièrement organisés par l’association Casamémoire, qui œuvre justement pour sa promotion et sa sauvegarde.

Casablanca a toujours couru derrière la possibilité d’offrir du logement à ses habitants

Karim Rouissi, architecte et président de l’association Casamémoire.

 

Karim Rouissi nous guide à travers les dédales des anciennes Cités marocaines et européennes de la capitale économique. Il retrace cette épopée de bâtisseurs menée de main de maître par des architectes visionnaires, témoins privilégiés de l’effervescence de cette époque. L’architecte reconstitue minutieusement la trame de cette période, en rappelant que Casablanca s’est toujours inscrite dans cette course effrénée au logement… qui se poursuit encore aujourd’hui.

Vue aérienne sur la zone industrielle de Aïn Sebaâ à Casablanca – Photo d’archives

 

Pour capter le Zeitgeist architectural du logement du siècle dernier, il est nécessaire de rappeler brièvement le contexte démographique indissociable de l’urbanisation de la ville blanche. « Casablanca a été pendant tout le XXe siècle une ville avec une population qui connaît une croissance vertigineuse. Elle est passée de 20.000 habitants au début du siècle dernier à près 4 millions d’habitants à la fin du siècle. Et si l’on donne des dates intermédiaires, la ville logeait 500.000 âmes en 1953 pour atteindre les 2 millions en 1981. Ce sont des dates clés faisant référence à des événements marquants pour l’histoire de la ville [l’attentat au Marché central en 1953 et les émeutes du pain à Casablanca en 1981, ndlr] », analyse ce diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse en 2001, aujourd’hui architecte à Casablanca. Notre interlocuteur est, aussi, professeur en master ‘Urbanisme, villes héritées et développement durable’ de l’Université de la Sorbonne et enseigne la théorie architecturale et urbaine à l’Université Euro-Med de Fès.

La cité ouvrière Cosuma, bâtie par l’architecte Edmond Brion, est une sorte de réinterprétation moderne de l’architecture marocaine   

Mosquée dans la cité Cosuma à Casablanca – Photo d’archives

 

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 « La population casablancaise a ainsi beaucoup augmenté. Et la ville a toujours couru derrière la possibilité d’offrir du logement à ses habitants. La question du logement est donc primordiale dans le développement urbain et architectural de Casablanca », souligne l’architecte.

Pour suivre cette course au logement, Karim Rouissi commence son récit architectural, tiré au cordeau, par la cité ouvrière Cosuma et les immeubles Sémiramis et Nid d’abeilles. Deux projets qui retracent deux périodes du protectorat français, et qui font l’objet de cette première partie du « Casablanca improbable de… Karim Rouissi ».

La Cité ouvrière Cosuma ou la tradition de l’urbanisme « culturaliste »

« La Cosuma est une cité ouvrière qui a été construite pour les ouvriers de l’usine de sucre à Aïn Sebaâ. Appelée la Cosuma à l’époque, elle est connue aujourd’hui sous le nom de Cosumar. Réalisée de 1932 à 1937, cette cité ouvrière a été bâtie à côté de l’usine par l’architecte Edmond Brion, dans la tradition de l’urbanisme ‘culturaliste’. C’est une sorte de réinterprétation moderne de l’architecture marocaine. On y retrouve un certain nombre d’éléments semblables à ceux des Habous, avec notamment les modénatures, les arcades, le plâtre sculpté, etc., mais avec un peu moins de décorations. Il est intéressant de rappeler qu’Edmond Brion est également l’architecte des Habous, en compagnie d’Auguste Cadet.

 La Cosuma a été bâtie à côté de l’usine par l’architecte Edmond Brion, dans la tradition de l’urbanisme ‘culturaliste’

La Cité ouvrière Cosuma – Photo d’archives

 

La cité est composée de logements modestes de deux ou trois pièces, en plus d’équipements intégrés à la cité, comme l’école, les commerces, les fontaines, les fours ou la mosquée. Le lieu offrait donc un cadre de vie idéal pour les ouvriers de l’époque, bien qu’il laissait transparaître la logique du paternalisme ouvrier qui régnait en Europe à la fin du XIXe siècle. Dans cette logique, le patron construisait des logements tout en essayant d’encadrer et de surveiller la vie de ses protégés. Du reste, c’est une super architecture ! Elle est appelée ‘culturaliste’ parce qu’elle emprunte à la culture marocaine un certain nombre de principes. Il faut imaginer que ce sont de petites maisons à patio, avec des venelles rappelant la médina, sauf que là les rues sont droites. On modernise ainsi la trame de la médina. C’est une cité très intéressante de ce point de vue-là.

 

La cité Cosuma se distingue par la présence d’un certain nombre d’éléments semblables à ceux des Habous, avec notamment les modénatures, les arcades, le plâtre sculpté, etc.

 

Il faut rappeler que la Cosuma n’était pas la seule cité ouvrière. Il y en avait d’autres : la Socica (Société chérifienne de la cité ouvrière marocaine de Casablanca), la cité Lafarge, aujourd’hui appelée Bechar El Kheir, et bien d’autres. Elles méritent d’ailleurs toutes d’être protégées ».

 

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Les immeubles Sémiramis et Nid d’abeilles, un éloge à « l’habitat adapté »

« Dans la seconde moitié de la colonisation, et à partir de 1946 avec la naissance du mouvement national et les premières manifestations pour l’Indépendance, le colonisateur français décide d’y répondre en achetant la paix sociale à travers l’urbanisme et la construction. Il se lance donc dans des grands projets de construction. Et c’est là que naît le quartier phare de cette période-là : Hay Mohammadi, appelé à l’époque ‘Les Carrières centrales’.

Ces projets d’urbanisme sont réalisés en 1952 par l’AT-BAT Afrique (Atelier des Bâtisseurs) composé des architectes Georges Candilis et Shadrach Woods et de l’ingénieur Vladimir Bodiansky. Il s’agit de trois immeubles qui s’inscrivent au centre de la trame horizontale (8×8) des maisons à patio dessinées par Michel Écochard aux Carrières centrales de Casablanca. Ces immeubles prototypes représentent aux yeux de leurs concepteurs la forme définitive de l’habitat adapté. Les appartements ont tous un patio en façade.

Ces immeubles prototypes, Sémiramis et Nid d’abeilles, représentent aux yeux de leurs concepteurs la forme définitive de l’habitat adapté   

 

Les architectes Georges Candilis et Shadrach Woods en 1952, derrière les maquettes du Nid d’abeilles et Sémiramis

 

Michel Écochard était un urbaniste très moderne faisant partie des CIAM (Congrès international des architectes modernes). Quand il arrive au Maroc, il constitue un groupe d’architectes marocains ou travaillant au Maroc. Il ramène aussi des jeunes architectes occidentaux, très modernes, réputés à l’époque, pour l’aider à construire ces quartiers.

Parmi ces architectes figure alors l’architecte grec George Candilis qui était le patron d’AT-BAT Afrique. Avec ses associés, Candilis construira deux immeubles, le Nid d’abeilles et le Sémiramis, qui ont marqué l’histoire de l’architecture moderne, non seulement au Maroc ou dans la région, mais de par le monde. Ces projets ont été publiés dans des revues du monde entier, faisant notamment la couverture, en 1953, du magazine spécialisé L’Architecture d’aujourd’hui.

Le Nid d’abeilles et le Sémiramis ont marqué l’histoire de l’architecture moderne, non seulement au Maroc ou dans la région, mais de par le monde

Couverture du magazine L’Architecture d’aujourd’hui en 1953, faisant référence au projet « Les Carrières centrales »

 

Pour ces bâtiments, le défi majeur était d’arriver à faire ce qu’ils appelaient à l’époque ‘l’habitat adapté’. On pense alors à l’habitat adapté aux Marocains et aux Européens installés au Maroc. Il était important à leurs yeux de respecter la culture de chaque communauté, mais aussi leur gestion de l’intimité dans le logement, leurs pratiques, us et coutumes… D’où cet enjeu de produire une architecture différente et adaptée.

Le Nid d’abeilles est par exemple un logement où l’on va disposer dans chaque appartement d’une cour extérieure. L’idée de la cour est une sorte de représentation ou de reprise du patio qui est généralement au centre de la maison, sauf que là, ce sera en façade. À partir de là, on on va se dire que les activités quotidiennes qui se font généralement dans une maison traditionnelle pourront avoir lieu en terrasse.

Les architectes ayant travaillé avec Candilis durant cette période parlaient de l’architecture comme d’une œuvre ouverte

Le projet Nid d’abeilles à Casablanca – Photo d’archives

 

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Plébiscités dans le monde entier, ces bâtiments mythiques d’une certaine époque ont connu malheureusement des transformations de la part de leurs habitants et occupants, considérant que ces habitations ne répondaient pas aux besoins attendus. Donc, quelque part, c’était de l’expérimentation.

Il faut dire aussi que les architectes qui ont travaillé avec Candilis durant cette période parlaient de l’architecture comme d’une œuvre ouverte. Dans leur esprit, les habitants devaient changer et transformer des éléments de la construction. J’imagine qu’ils ne s’attendaient pas à ce niveau de transformation. Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que bien des années plus tard, ces cités sont aujourd’hui pour le moins originales, de par leur conception d’abord, mais aussi au regard de l’ingéniosité des transformations qui y ont eu lieu, même si le résultat esthétique des façades n’est pas des plus agréables ! Quand on visite les appartements de l’intérieur, on voit comment les habitants, très ingénieux donc, ont pu créer des espaces supplémentaires, trouver de nouvelles possibilités dans ces logements qui étaient exquis, mais qui ne répondaient pas finalement à leurs besoins ».

À suivre…

Vue aérienne sur Les Carrières centrales à Casablanca – Photo d’archives

 

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Cosumar va lancer une raffinerie de sucre brut dans les Doukkala

Cosumar est en train d’achever un projet de raffinage de sucre brut à la sucrerie des Doukkala pour une capacité de plus d’un demi-million de tonnes, apprend Médias24-LeBoursier de source sûre. Cette activité de raffinage dont le démarrage est imminent viendra en complément des activités actuelles du site, notamment l’extraction du sucre à partir de la betterave. Selon nos sources, cette nouvelle activité permettra à Cosumar de répondre au marché croissant de l’export et de renforcer la résilience de son business model tout en ayant un impact positif sur la région.

Cosumar soumissionne également à un appel international à candidature pour la construction et l’exploitation d’un grand complexe sucrier dans un pays africain, apprend-on de mêmes sources.

Hausse du résultat net et du dividende en 2023

Le chiffre d’affaires consolidé du sucrire marocain à fin décembre 2023 atteint 10.233 MDH, en légère baisse de 1,9% par rapport à l’année précédente. Cette évolution s’explique par le retrait des volumes de ventes disponibles à l’export. Les ventes de sucre sur le marché local à fin 2023 enregistrent une augmentation de 0,4% par rapport à l’année précédente.

L’excédent brut d’exploitation consolidé IFRS s’établit à 1 824 MDH à fin décembre 2023, enregistrant une amélioration de 6,2% par rapport à l’année précédente (1.718 MDH). Cette progression s’explique principalement par les bonnes performances de l’activité export et de l’activité industrielle de la raffinerie de Casablanca. Elles ont en effet permis de compenser l’impact de la baisse de la production locale due aux conditions climatiques difficiles.

Le résultat net consolidé franchit le milliard de dirhams, en hausse de 183 MDH en valeur due aux performances industrielles et commerciales de la raffinerie et à la cession, par Cosumar, de l’intégralité de ses parts dans la raffinerie de sucre en Arabie Saoudite « Durrah Advanced Development ».

Le dividende global du groupe s’affiche à 10 dirhams [7 dirhams de dividende ordinaire et 3 dirhams de dividende exceptionnel, ndlr] par action au titre de 2023 contre 7 dirhams par action au titre de 2022.

Cosumar : des relais de croissance limités en 2024

Cosumar a connu une année 2023 mouvementée. Le groupe a notamment acté un changement important d’actionnariat avec la sortie de Wilmar qui détenait 30% des parts de Cosumar. L’industriel français Sucden, ainsi que des institutionnels marocains, ont repris cette part du capital.

Le groupe a également cédé sa raffinerie saoudienne de Durrah à Wilmar.

Parallèlement, d’un point de vue opérationnel, il a connu une saison agricole compliquée, avec des précipitations nettement insuffisantes. À fin septembre, le groupe affichait des revenus en baisse de 3,1% à 7,6 MMDH, à cause notamment du retrait des volumes de ventes disponibles à l’export. Mais avec des niveaux de précipitations toujours inquiétants et « la perte » du relais de croissance à moyen terme que représentait la raffinerie de Durrah, comment se profile l’année 2024 ?

Peu de facteurs pourraient changer la donne en 2024

De plus en plus, le groupe est assujetti à des évolutions climatiques défavorables. Comme nous le rappelle, une source du marché, « 2023 n’était pas une bonne année en termes de précipitations, car nous étions sur un taux d’autosuffisance de l’ordre de 18%. À ce niveau, les marges dégagées sur les activités au Maroc sont plus faibles, car le raffinage de sucre brut génère moins de marge que le raffinage et la production de sucre effectués à partir des plantes locales sucrières ».

Dans les faits, toute baisse de l’amont agricole au Maroc va impacter les marges et le résultat du groupe. À l’export, dans les chiffres à fin juin, il y a eu une baisse des volumes, mais une amélioration des marges de raffinage qui a partiellement compensé ce retrait.

Le groupe devra, cette année, faire sans la contribution de l’usine saoudienne de Durrah. Cependant, d’un point de vue de profitabilité, cela n’impactera pas le groupe. D’après notre source, « Durrah ne va factuellement pas changer la vie de Cosumar sur le court terme. Il s’agissait d’une intégration par mise en équivalence, ce qui implique que l’impact était simplement ressenti au niveau des résultats et non au niveau des autres agrégats. Il s’agit qui plus est de raffinage qui ne renferme pas un niveau de rentabilité aussi important. La société était déficitaire et tirait le résultat du groupe vers le bas, donc à court terme, cela est plutôt positif. Mais à moyen terme, elle aurait contribué à améliorer les résultats qui auraient été d’environ 100 MDH ».

Concernant les marges, s’il est encore difficile de se positionner sur le comportement à venir en 2024, notre interlocuteur fait remarquer que « l’amont à l’international est globalement bon. La croissance internationale devrait être meilleure que l’an dernier. Mais il n’y a pas d’événements qui viendraient changer la donne cette année ».

La demande sera donc probablement plus soutenue à l’export, et les marges pourraient être légèrement affectées du fait d’un meilleur amont international face à une production locale affectée par les niveaux de précipitations inférieurs à la normale.

Des leviers de croissance limités

Le comportement des marges étant difficile à prévoir pour cette année, il faut surveiller trois indicateurs clés pour évaluer la tendance dans la profitabilité de Cosumar.

Premièrement, la prime de blanc, puis l’amont agricole, et enfin le prix de la tonne de charbon sur le marché international, intrant utilisé par le groupe dans son procédé industriel. « En réalité, ce qui importe, c’est la prime de blanc, qui est la différence entre le prix du brut et le prix du raffiné. Actuellement, il est difficile de se prononcer sur ce facteur-là. C’est d’ailleurs sur ce facteur que repose la rentabilité de l’activité export », explique notre source.

Sur son marché local, l’activité de Cosumar est globalement sécurisée, mais la croissance est limitée par une certaine capacité de production et par une demande qui évolue légèrement à la baisse. « La consommation de sucre au Maroc est élevée par rapport à la moyenne mondiale, mais elle est en légère baisse, notamment pour des raisons sanitaires », explique notre source.

De fait, le groupe devra investir pour générer de la croissance à terme. Avec la cession de ses parts dans Durrah, il a différentes options.

Consulter ici : toute la communication financière de Cosumar

Cosumar cède ses parts dans Durrah à Wilmar pour 65 millions de dollars

Suite aux communiqués de presse du 29 juillet et 30 novembre 2023, Cosumar a procédé ce jeudi 28 décembre 2023 à la cession de l’intégralité de sa participation dans la société Durrah Advanced Development Company (Durrah), représentant 43,275% du capital social et des droits de vote de Durrah au profit de Wilmar Sugar PTE LTD au prix correspondant à la contrevaleur en dirhams de 242.800.000 SAR, soit environ 65 millions de dollars par rapport à une participation initiale d’environ 45 M$ et ce, à l’issue de la levée de l’ensemble des conditions suspensives auxquelles était soumise ladite cession, annonce un communiqué de l’opérateur sucrier.

« Cette opération revêt un caractère stratégique en ce qu’elle vise à renforcer la stratégie de développement au Maroc afin d’accroître davantage la valeur ajoutée à l’échelle nationale, ainsi qu’un repositionnement de Cosumar à l’échelle internationale », ajoute le communiqué.

Au-delà de son importance économique, l’investissement initial de Cosumar dans Durrah a permis de démontrer la capacité de Cosumar à réaliser des projets industriels majeurs « Green Field » à l’international, conclut la même source.

Cosumar : les annonces de seuils franchis suite à la cession des parts de Wilmar

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) porte à la connaissance du public que la société Wilmar Sugar Holdings PTE. LTD a déclaré avoir cédé sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023, 26.861.505 actions Cosumar au cours unitaire de 210 dirhams, à plusieurs investisseurs (Groupe Sucden, MCMA, MAMDA, RCAR, CIMR, BCP et certains OPCVM), franchissant directement à la baisse les seuils de participation de 20%, 10% et 5% dans le capital de ladite société.

Suite à cette transaction, la société Wilmar Sugar Holdings PTE. LTD déclare ne plus détenir aucune action Cosumar directement ou indirectement (à travers sa filiale Wilmar Sugar PTE LTD avec laquelle elle déclare agir de concert).

Par ailleurs, la Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA) a déclaré avoir acquis sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023, 4.924.291 actions Cosumar au cours unitaire de 210 dirhams, auprès de Wilmar Sugar Holdings PTE LTD, franchissant directement à la hausse le seuil de participation de 5% dans le capital de ladite société. La participation totale, directe et indirecte, de la MAMDA dans le capital de la société Cosumar est de 7,02%. Dans les six mois qui suivent le franchissement du seuil précité, la MAMDA envisage de poursuivre ses achats sur la valeur Cosumar.

L’opération a également été marquée par l’entrée dans le capital de Cosumar du français Sucden. Sucre et Denrées SA et sa filiale Sucden Maroc SAS ont indiqué avoir acquis sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023 auprès de Wilmar Sugar Holdings PTE LTD, au cours unitaire de 210 dirhams, des actions Cosumar comme suit :

Les sociétés envisagent de poursuivre leurs achats sur la valeur Cosumar et siéger à son conseil d’administration.

La Mutuelle centrale marocaine d’assurances (MCMA) a déclaré avoir acquis sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023, 5.800.000 actions Cosumar au cours unitaire de 210 dirhams, auprès de Wilmar Sugar Holdings PTE LTD et Wilmar Sugar PTE LTD, franchissant directement à la hausse le seuil de participation de 5% dans le capital de ladite société.

Suite à cette transaction, la MCMA déclare détenir 9.309.354 actions Cosumar, soit 9,85% du capital de Cosumar. Dans les six mois qui suivent le franchissement du seuil précité, la MCMA envisage de poursuivre ses achats sur la valeur Cosumar.

Dans le cadre de l’opération, le Régime collectif d’allocation de retraites (RCAR) a déclaré avoir acquis sur le marché de blocs, le 30 novembre 2023, 2.761.904 actions Cosumar au cours unitaire de 210 dirhams, auprès de Wilmar Sugar Holdings PTE LTD, franchissant directement à la hausse le seuil de participation de 10% dans le capital de ladite société. Suite à cette transaction, le RCAR déclare détenir :

Ainsi, la participation totale, directe et indirecte, du RCAR dans le capital de Cosumar est de 11,91%. Dans les six mois qui suivent le franchissement du seuil précité, le RCAR envisage d’arrêter ses achats sur la valeur Cosumar.

Cosumar : Wilmar cède ses parts au français Sucden et à des institutionnels marocains

En début d’après midi, entre 13h30 et 13h31 précisément, selon le site de la Bourse de Casablanca, près de 6 MMDH ont été échangés sur le marché de blocs. Cette transaction a été effectuée au prix unitaire de 210 dirhams le titre, et correspond à la cession des parts de Wilmar dans le capital du groupe sucrier national.

Dans un communiqué publié l’après-midi même, Cosumar confirme le départ de Wilmar de son actionnariat et annonçait la nouvelle composition et répartition de son capital.

« MAMDA, MCMA, CIMR, RCAR, le groupe Sucden (opérateur sucrier français) et d’autres investisseurs marocains ont procédé ce jeudi 30 novembre 2023 à l’acquisition en bourse de l’intégralité de la participation du groupe Wilmar dans Cosumar, représentant 30,05% du capital de la société », indique le groupe.

Désormais le capital se répartit comme suit :

– Le groupe Sucden à hauteur de 10% (via ses deux entités « Sucres et Denrées » et « Sucden Maroc »)

– MCMA à hauteur de 6,14% ;

– MAMDA à hauteur de 5,21% ;

– CIMR à hauteur de 3% ;

– RCAR à hauteur de 2,92%.