World Football Summit. Walid Regragui : “Mon rêve est de remporter la Coupe du monde avec le Maroc”

À eux trois, le sélectionneur national Walid Regragui, Frédéric Kanouté et Geremi Njitap totalisent le plus de matchs au plus haut niveau. À l’image du sélectionneur national, le monde du ballon rond n’a plus de secrets pour le Malien Frédéric Kanouté, consultant, et le Camerounais Geremi Njitap, président de la FIFPRO Division Afrique.

À l’occasion du World Football Summit, qui se tient les mercredi 9 et jeudi 10 avril sur le campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Salé, ces trois anciens internationaux qui ont fait honneur au continent africain sur la scène européenne ont partagé leur expérience, ainsi qu’une analyse pertinente de l’évolution du football africain, mais aussi des défis à surmonter pour son développement.

À ce titre, Walid Regragui considère que le parcours historique réalisé par les Lions de l’Atlas lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar était un signal fort envoyé au continent africain sur la capacité du football continental à se sublimer et à prétendre à une place de choix sur l’échiquier mondial. « La Coupe du monde était la cerise sur le gâteau. Car c’est le résultat d’une restructuration du football national dans la lignée des plus grandes nations ».

Parce que rivaliser avec les plus fortes nations n’est pas impossible, à condition de faire les choses par étapes. « Grâce au travail de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), nous avons d’abord structuré le pays en termes de formation. D’ailleurs, dans le groupe qui a disputé le Mondial 2022, quatre joueurs étaient formés à l’Académie Mohammed VI », a souligné Walid Regragui.

 

« Nous sommes heureux en tant que Marocains d’avoir été un exemple à suivre », ajoute-t-il. « Il faut continuer à être régulier, gagner des matchs et des titres pour faire partie des plus grandes nations mondiales sur le long terme ».

S’il convient qu’une dynamique s’est installée en Afrique, le technicien marocain nuance ses propos en indiquant qu’il y a « encore beaucoup de travail, en termes de droit des joueurs, d’académies et de mentalités ».

Frédéric Kanouté ne dit pas autre chose. « Nous devons repenser le football en Afrique à différents niveaux. Nous avons du talent plus que dans n’importe quel autre continent, mais malheureusement, ce talent doit être exploité et accompagné par l’ensemble des parties prenantes ».

Les premiers concernés sont bien évidemment les joueurs. « En tant qu’anciens joueurs, nous essayons de transmettre des valeurs d’exigence et de professionnalisme aux nouvelles générations. C’est la meilleure manière d’aider nos jeunes à devenir de grands joueurs en étant prêts à faire des efforts, à être sérieux et à avoir un mental à toutes épreuves »,

Mais encore faut-il que tous les moyens soient mis à leur disposition pour leur permettre d’exploiter pleinement leurs talents. « En Afrique, on parle des académies, mais la plupart n’ont pas d’infrastructure, ils n’ont même pas de ballons. Alors que, pour réussir, les joueurs doivent être mis dans les meilleures conditions », corrobore Geremi Njitap.

« Les fédérations doivent prendre leur responsabilité, en mettant en place notamment un système de formation en sport-étude », insiste-t-il. « Il ne faut pas rater le nouveau Lionel Messi, car le continent africain est capable de nous donner un joueur d’une telle trempe », complète Walid Regragui.

« Nous avons besoin d’honnêteté et de compétence pour parvenir à développer un écosystème vertueux en formant des joueurs qui auront une grande valorisation sur le marché des transferts et qui apporteront des revenus qui seront investis dans les centres de formation », explique l’ex-international malien.

Si cette projection teintée d’optimisme se réalise, les différents championnats et clubs africains ont à charge de respecter leurs obligations. D’autant que, jusqu’à présent, l’un des plus gros défis en Afrique est la reconnaissance du statut de footballeur professionnel.

« Le football est un métier, les joueurs ont des droits et des engagements. Mais les clubs ne respectent pas les engagements, en ne payant pas toujours les salaires des joueurs, les bonus… Il faut améliorer l’organisation dans l’application des textes et la gouvernance », recommande le président de la FIFPRO Division Afrique.

« Il y a quelques années, la FIFA a fait des recommandations en ce sens à ses associations membres en Afrique. Mais nous sommes confrontés au non-respect des contrats en Afrique », regrette l’ancien latéral camerounais.

Au-delà du respect des clauses contractuelles, le développement du football en Afrique passera également par une meilleure estime de soi. « Il faut qu’on se respecte nous-mêmes, car on a encore beaucoup de complexes par rapport à notre potentiel », précise justement Walid Regragui.

Pour cela, il ne faut pas avoir peur de placer la barre très haut. « J’espère que, comme les joueurs, les entraîneurs et les dirigeants africains pourront occuper des postes dans d’autres continents du monde », ambitionne le sélectionneur national.

« Dans dix ans, mon rêve est que le Maroc soit le premier pays africain à soulever la Coupe du monde. Et si ce n’est pas le Maroc, que ce soit un pays africain pour qu’on puisse être respectés. Mais pour cela, il va falloir qu’on s’organise et qu’on ait une régularité pour qu’on devienne un interlocuteur sérieux », conclut-il.

Des aspirations légitimes et à la hauteur des carrières réalisées par ces trois figures fortes du football africain.

Qatar 2022. Du PSG au Barça, voici les montants que les mondialistes marocains ont rapporté à leurs clubs respectifs

La FIFA a publié la liste des clubs ayant bénéficié de reversements d’une partie des recettes du Mondial 2022 pour avoir mis des joueurs à la disposition des équipes nationales. On a ainsi appris que le Wydad et le Raja ont été les seuls bénéficiaires au Maroc. Mais l’institution du football mondial n’a pas fourni tous les détails sur ce qu’a rapporté chaque joueur ni à quel club. Médias24 a donc reconstitué:

-quels sont les joueurs à l’origine des versements au Raja et au Wydad.

-combien a rapporté chaque joueur de l’équipe du Maroc et à quel club.

On apprend ainsi qu’en plus du WAC et du Raja, plusieurs clubs prestigieux ont bénéficié des reversements au titre des joueurs marocains: PSG, Fiorentina, Chelsea, Ajax amsterdam, Bayern de Munich, Inter de Milan, Al Ahly, Barça et d’autres encore…

Reconstitution, calcul, répartition et infographies.

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Au total, les internationaux marocains ont permis à leurs clubs respectifs d’empocher la coquette somme de 92,74 millions de DH (9,63 millions de dollars). Sur les 37 clubs concernés, le Wydad de Casablanca a remporté la plus grosse part du gâteau, en récoltant environ 13 MDH (1,4 million de dollars).  

Le WAC est talonné de près par le FC Séville. Le pensionnaire du championnat espagnol, dont les finances sont exsangues actuellement, a bénéficié d’un peu plus de 7 millions de DH (741.200 $) grâce aux excellentes prestations de Yassine Bounou (3,5 MDH, 370.600 $) et Youssef En-Nesyri (3,5 MDH, 370.600 $) qui ont hissé l’équipe nationale dans le dernier carré du mondial. 

Comment est calculée la répartition ? 

Avant de détailler le programme de répartition des bénéfices, il s’agit d’abord d’expliquer la formule du calcul. D’après la circulaire de la FIFA n° 1844, datée du 4 mai 2023, le montant brut à distribuer (2,01 milliards de DH, 209 millions de dollars) a été divisé par le nombre total de jours cumulés, ce qui aboutit à un montant arrondi par joueur et par jour de 10.950 $ (105.400 DH), dont il convient de retrancher les taxes et autres déductions éventuelles. 

« Ce montant arrondi est multiplié par le nombre de jours de présence de chaque joueur dans la compétition, à partir de la date de mise à disposition des joueurs pour la Coupe du Monde Qatar 2022, jusqu’au jour suivant le dernier match de leur sélection respective », ajoute la même source. 

Sachant que la date de la mise à disposition des joueurs pour le Mondial a été fixée au 14 novembre 2022, et que le dernier match du Maroc date du samedi 17 décembre 2022 (défaite 2-1 contre la Croatie lors de la petite finale), les Marocains auront été engagés lors de la Coupe du monde pendant 34 jours. Une durée qu’il faut multiplier par 10.900 dollars (104.919 DH), soit 370.600 dollars (3,56 millions de dirhams) pour chaque joueur ayant été présent pendant les 34 jours.

Le total par joueur est divisé par trois, puis distribué au(x) club(s) dans le(s)quel(s) il a été enregistré lors des deux années précédant la phase finale de la compétition, comme suit : 

– un tiers est distribué au club dans lequel le joueur était enregistré durant la compétition (saison 2022-2023) ;

– un tiers est distribué au club dans lequel le joueur a été enregistré au cours de l’année précédant la compétition (saison 2021-2022) ;

– un tiers est distribué au club dans lequel le joueur a été enregistré entre une et deux années avant la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022 (saison 2020-2021). 

Trois clubs remportent la mise

En s’appuyant sur cette formule, plusieurs joueurs de l’équipe nationale ont permis à un seul club d’empocher la totalité (les trois tiers) de la dotation, dont : 

– Le Wydad de Casablanca a encaissé environ 13 MDH (1,4 millions de dollars), grâce à Reda Tagnaouti (3,56 MDH), Yahya Attiat Allah (3,56 MDH), Yahya Jabrane (3,56 MDH), mais aussi Achraf Dari (2.37 MDH), dont une partie de la dotation a toutefois été attribuée à son club actuel, le stade brestois.

– Le FC Séville a encaissé plus de 7 MDH, grâce à Yassine Bounou (3,5 MDH) et Youssef En-Nesyri (3,5 MDH).

– Le Real Valladolid a empoché 3,5 MDH, grâce à la participation de Jawad El Yamiq.

Dans le cas de certains joueurs, la répartition des bénéfices a concerné au moins deux clubs. Par exemple : 

– Achraf Dari : Stade brestois 29 (1,18 MDH) / WAC (2,37 MDH) ;

– Badr Benoun : Qatar SC (1,37 MDH) / Al Ahly (1,88 MDH) / Raja de Casablanca (307,422 DH) ; 

– Nayef Aguerd : West Ham United (1,18 MDH) / Stade Rennais (2.37 MDH) ; 

– Romain Saïss : Beşiktaş JK (1,18 MDH) / Wolverhampton (2,37 MDH) ; 

– Achraf Hakimi : Paris Saint-Germain (2,37 MDH) / Inter de Milan (1,18 MDH) ; 

– Noussair Mazraoui : Bayern Munich (1,18 MDH) / Ajax Amsterdam (2,37 MDH) ;

– Azzedine Ounahi : Angers SCO (2,37 MDH) / US Avranches (1,18 MDH).

Par ailleurs, le football marocain a empoché 1,49 million de dollars américain (13,4 MDH) sur les 4,5 millions de dollars (43,3 MDH) alloués aux clubs du continent africain. Soit le deuxième meilleur total, derrière la Tunisie (1,43 million de dollars, l’équivalent de 13,7 millions de DH). 

https://medias24.com/2023/07/13/la-fifa-verse-au-wydad-et-au-raja-une-part-des-fonds-du-mondial-qatari/

Football. Les règles du penalty changeront le 1er juillet 2023

Certains règlements qui régissent le football professionnel évolueront dès la saison prochaine. En effet, ce vendredi 24 mars, l’International Football Association Board (IFAB), en collaboration avec la FIFA et d’autres fédérations, a publié plusieurs amendements aux lois du jeu qui entreront en vigueur à partir du 1er juillet 2023

A commencer par l’attitude d’Emiliano Martinez lors de la séance des tirs au but de la finale du Mondial 2022, qui ne pourra plus se reproduire. Afin de respecter le jeu et le fair-play, les gardiens n’auront plus le droit de distraire abusivement le tireur d’un penalty, sous peine de sanction. 

« Le gardien ne peut distraire abusivement le tireur, par exemple en retardant l’exécution du penalty ou en touchant les poteaux, la barre transversale ou les filets », prévient l’IFAB, qui a également en ligne de mire les célébrations trop longues.

« Les célébrations de but seront dorénavant décomptées séparément afin de souligner qu’elles génèrent souvent une grande quantité de temps perdu, qui doit être compensée par l’arbitre », estime l’IFAB. De fait, l’arbitre décomptera les secondes perdues pendant les scènes de joie et les rajoutera au temps additionnel.

D’autres légères modifications ont été apportées, notamment lorsque l’arbitre se rend compte avant la reprise du jeu qu’une personne supplémentaire était sur le terrain au moment où le but a été marqué et que cette personne a interféré avec le jeu. « L’arbitre devra refuser le but si la personne supplémentaire était un joueur, un remplaçant, un joueur remplacé, un joueur exclu ou un officiel de l’équipe qui a marqué le but », liste l’IFAB. 

Et de poursuivre : « Le jeu doit reprendre par un coup franc direct à l’endroit où se trouvait la personne supplémentaire. En revanche, si le but est marqué alors qu’un agent extérieur n’ayant pas interféré dans le déroulement est entré sur le terrain, l’arbitre doit valider le but. »

Enfin, concernant les hors jeu, « un joueur en position illicite qui reçoit un ballon joué délibérément par un adversaire, y compris de la main ou du bras, n’est pas considéré comme tirant un quelconque avantage de sa position, sauf en cas de sauvetage délibéré par un adversaire », conclut l’IFAB. 

Football. Une équipe brésilienne en pleine reconstruction s’apprête à défier le Maroc

Le Maroc et le Brésil vont s’affronter le samedi 25 mars à 22 h, sur la pelouse du Grand Stade de Tanger. Deux sélections aux dynamiques sportives diamétralement opposées. A l’inverse de l’équipe nationale qui souhaite surfer sur sa formidable épopée au Mondial 2022, le Brésil a lancé un immense chantier provoqué par des désillusions à répétition. 

Malgré son statut de numéro un du classement FIFA, le Brésil reste sur deux éliminations en quart de finale d’une Coupe du monde, aux penalties face à la Croatie (2022) et la Belgique (2018). Sans oublier l’humiliation subie en mondovision, et à domicile, des mains du futur champion du monde 2014, l’Allemagne.

Excepté un rajeunissement de l’effectif, la ligne directrice n’a pas encore été définie par les dirigeants du football brésilien, en l’absence du sélectionneur qui doit l’incarner. Des entraîneurs de renom ont été sondés ces derniers mois (Ancelotti, Mourinho, Zidane), sans succès.

Plusieurs stars mondiales absentes

L’ex-international et actuel entraîneur par intérim, Ramon Menezes, est toujours aux commandes depuis l’éviction de Tite. Pour sa première sur le banc auriverde, l’ancien technicien de Vasco da Gama a écarté plusieurs mondialistes, dont certains pour cause de blessures. Exit Alisson, le gardien de but des Reds de Liverpool, mais aussi les latéraux de la Juventus, Danilo et Alex Sandro. 

Thiago Silva a été laissé à disposition de son club, Chelsea. Dani Alves, qui avait cristallisé les critiques de la presse brésilienne lors du Mondial 2022, est quant à lui englué dans une affaire judiciaire où il est accusé de viol. Au contraire de son compère du milieu de terrain à Manchester United, Casemiro, le gaucher Fred n’a pas été convoqué. 

Même chose pour le milieu défensif de Liverpool, Fabinho, ainsi que celui de Newcastle, Bruno Guimaraes. Everton Ribeiro, lui non plus, n’a pas été appelé par Ramon Menezes. Sur le front de l’attaque, le Brésil devra faire sans Neymar (PSG), Richarlyson (Totenham), Rapinha (FC Barcelone) et les Gunners, leaders de Premier League, Gabriel Jesus et Martinelli. 

En lieu et place, le groupe qui a effectué sa première séance d’entraînement, ce lundi 20 mars sur les terrains annexes du Grand Stade de Tanger, est composé de dix nouvelles têtes, dont le portier Mycael (Athletico-PR) et le latéral droit de 19 ans, Arthur (America-MG). 

En défense centrale, Ibañez (Roma) et Robert Renan (Zenit) vont découvrir la Selecao, à l’image d’André (Fluminense), Andrey Santos (Vasco), Joao Gomes (Wolverhampton), et Raphael Veiga (Palmeiras) dans l’entrejeu.  Pour épauler le Mancunien Antony et les Madrilènes Rodrygo et Vini Júnior, le sélectionneur brésilien a fait appel à Yuri Alberto (Corinthians), Rony (Palmeiras), Vitor Roque (Athletico-PR). 

Voici la liste des joueurs convoqués :

Gardiens : Ederson (Manchester City), Mycael (Athletico-PR) et Weverton (Palmeiras)

Latéraux : Arthur (America-MG), Emerson Royal (Tottenham), Alex Telles (Séville) et Renan Lodi (Nottingham Forest)

Défenseurs centraux : Ibañez (Roma), Éder Militão (Real Madrid), Bremer (Juventus) et Robert Renan (Zenit) 

Milieux de terrain : André (Fluminense), Andrey Santos (Vasco), Casemiro (Manchester United), Joao Gomes (Wolverhampton), Lucas Paquetá (West Ham) et Raphael Veiga (Palmeiras) 

Attaquants : Antony (Manchester United), Yuri Alberto (Corinthians), Rodrygo (Real Madrid), Rony (Palmeiras), Vini Júnior (Real Madrid) et Vitor Roque (Athletico-PR)

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La marque “Maroc” fortement boostée après l’exploit des Lions au Mondial (Étude)

Réalisée par le cabinet de conseil et d’accompagnement Officium et l’agence de marketing digital Archipel Digital, cette étude vise à analyser, d’un point de vue marketing, des chiffres clés liés au rayonnement mondial de la marque « Maroc », à la suite de la performance réalisée par les Lions de l’Atlas lors du Mondial 2022.

Plusieurs axes ont été examinés, notamment le volume de recherche sur la marque « Maroc », l’évolution des principales métriques et l’impact sur les secteurs économiques.

Un volume de recherche sans précédent

Officium et Archipel Digital ont évalué le volume de recherche sur la marque « Maroc », sur la base des tendances Google.

Les recherches liées à la marque « Maroc », sur les douze derniers mois, ont atteint leur pic durant la période de la Coupe du monde, du 20 novembre au 18 décembre 2022. La même tendance a été observée au niveau des recherches liées à la marque sur les cinq dernières années et depuis 2024.

Les recherches liées au Maroc au titre des douze derniers mois représentaient 100% des recherches Google durant la période du Mondial 2022, en comparaison avec les recherches relatives aux autres pays maghrébins, en l’occurrence la Tunisie, l’Algérie, la Libye et la Mauritanie.

Les recherches en relation avec la Tunisie, pays maghrébin ayant également participé à la dernière Coupe du monde, représentaient par exemple à peine 25% des recherches durant la même période.

Officium et Archipel Digital se sont également intéressés au volume des recherches relatives au Maroc en 2022, en comparaison avec quelques destinations touristiques connues comme l’Espagne, la Turquie et la France.

Ex æquo avec les recherches relatives à la France, les requêtes liées au Maroc accaparaient 100% des recherches Google pendant la période de la Coupe du monde, dépassant largement les recherches relatives à l’Espagne et à la Turquie qui représentaient, respectivement, environ 50% et 15% du total des recherches.

Le sentiment anti-Maroc a baissé de 25%

Les mentions « Maroc » dans les journaux et les réseaux sociaux à travers le monde représentaient 2 à 3 millions de mentions par mois avant la Coupe du monde 2022. Selon l’étude réalisée par Officium et Archipel Digital, ce chiffre a décuplé pendant la période de la Coupe du monde, passant ainsi à 20 millions de mentions.

Entre 200.000 et 300.000 différents auteurs citaient la marque « Maroc » dans leur contenu avant cette grand-messe footballistique. Ce chiffre a sextuplé pendant le Mondial : +1,5 million d’auteurs en un mois. Le nombre d’auteurs identifiés comme étant des « célébrités » dans leurs profils et qui se sont intéressés à la marque Maroc a été multiplié par treize.

La marque « Maroc » a également gagné en capital sympathie durant la Coupe du monde : le sentiment positif moyen à son égard est passé à près de 36% alors qu’il plafonnait entre 18% et 22% auparavant. Le sentiment négatif à l’égard du Maroc, lui, atteignait moins de 14% durant la Coupe du monde. Il s’agit d’une baisse de 25% par rapport à l’avant-Mondial, période durant laquelle ce sentiment se situait autour de 18%.

L’ensemble de ces résultats ont été obtenus via la plateforme spécialisée en intelligence consommateur « Talkwalker ».

L’impact sur les secteurs économiques

L’intérêt pour des sujets en lien avec l’univers gastronomique et culinaire dans les mentions associées à la marque « Maroc » a été de plus de 117% pendant le Mondial, par rapport à la moyenne mensuelle habituelle, relève l’étude d’Officium et d’Archipel Digital.

Pour sa part, l’intérêt pour des sujets en lien avec le Maroc en tant que destination touristique, dans les mentions associées à la marque pendant le Mondial, s’élevait à plus de 157% par rapport à la moyenne mensuelle habituelle.

Quant à l’intérêt pour des sujets en lien avec les produits cosmétiques et de bien-être à base d’ingrédients marocains, celui-ci a été de plus de 39% par rapport à la moyenne mensuelle habituelle.

Ces résultats ont été obtenus via la plateforme marocaine de social listening « Achgal Listening ».

Mondial des clubs 2022. Analyse : les forces et les faiblesses d’Al Hilal

Si vous n’avez raté aucune miette de la Coupe du monde 2022, alors le champion d’Arabie saoudite, Al Hilal, n’a plus de secrets pour vous. Plusieurs joueurs du club phare de Riyad constituent l’ossature de l’équipe nationale, à l’origine d’un exploit retentissant en phase de groupe face à l’Argentine de Lionel Messi, sacrée Championne du monde. 

Al-Owais, Al-Shahrani, Al-Bulaihi, Al-Burayk, Abdulhamid, Al-Faraj, Kanno, Al-Malki, Otayf, N. Al-Dawsari, S. Al-Dawsari, Al-Shehri , Nawaf Al-Abed. Ils étaient tous de l’aventure au Qatar. « Ils ont gagné deux C1 (asiatique) et sont habitués aux matches à forte pression« , décrypte dans les colonnes du journal sportif L’Equipe Bafétimbi Gomis, ex-pensionnaire de la Saudi Pro League. 

Bien que certains d’entre eux ont choisi de voguer vers d’autres cieux, la plupart portent toujours les couleurs d’Al Hilal, tenant du titre en Championnat et club le plus titré d’Arabie saoudite. Vivier de joueurs pour l’équipe nationale, Al Hilal bénéficie des retombées de son épopée au Qatar. Ses joueurs sont plus matures, d’autant qu’ils se connaissent depuis des années, ce qui leur a permis de progresser ensemble.  

Depuis le succès contre les Argentins, ce sont devenus de véritables héros dans un pays où le football tient une place prépondérante, encore plus dans le cas du club d’Al Hilal. Fondé en 1957 sous le nom d’El Olympy, le club a eu la bonne idée de changer d’identité, par décret du roi Saoud une année plus tard. 

Considéré comme l’un des huit fondateurs du championnat national, dont il remporte la première édition en 1977, Al Hilal est une place forte du football dans la région, remportant quatre Ligue des Champions asiatique.

Pensionnaire du Stade du roi Fahd (67 000 places), le club bénéficie d’une puissance financière hors normes qui lui a permis d’enrôler des techniciens de renom, à l’image du Brésilien Mario Zagallo ou du Portugais Leonardo Jardim.

Ces dernières années, l’effectif dirigé actuellement par le technicien argentin, Ramón Díaz, a été renforcé par une constellation de stars. Actuellement, les têtes d’affiche se nomment Matheus Pereira, Michael, André Carrillo, Moussa Marega ou encore Odion Ighalo.

Ajoutez-y les internationaux saoudiens et vous obtenez une équipe extrêmement compétitive offensivement, mais dont les errements défensifs, notamment en termes de placement et de replis, sont largement exploitables par le Wydad de Casablanca, lors du quart de finale du Mondial des clubs 2022, ce samedi 4 février, sur la pelouse du Complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat (15h30).

 

Un plan de jeu audacieux…

A l’image de la sélection d’Arabie saoudite, Al Hilal, 3e meilleure attaque du championnat (26 buts), propose un jeu attrayant. A la différence notable qu’il est axé sur la possession du ballon (62%) et la multiplication de passes courtes (600 par match). 

Le coach argentin est un adepte de la philosophie catalane. Il déploie son équipe autour d’un système offensif en 4-3-3. On peut résumer ses intentions de jeu en deux séquences. La première, qui se répète le plus souvent, se traduit par une progression dans le camp adverse via une triangulation de passes, principalement sur le flanc droit, afin de contourner les défenses en bloc bas. 

C’est d’ailleurs l’équipe qui centre le plus dans la Saudi Pro League (20 centres par match à 36% de réussite). La seconde option offensive privilégiée par les hommes de Ramón Díaz est palpable au moment de la récupération du ballon dans sa propre moitié de terrain. 

Dans cette situation, le porteur du ballon doit progresser et gagner des mètres vers la surface de réparation adverse, en attendant les appels coordonnés de ses coéquipiers. Ce n’est jamais le premier appel qui est dangereux car c’est un leurre. En phase de repli, les joueurs du Wydad de Casablanca auront la tâche de surveiller le second appel en profondeur.

 

Suite à un premier appel en profondeur qui attire les défenseurs adverses, un milieu de terrain propose un second appel afin de profiter de lespace créé.

…mais périlleux à la perte du ballon 

En partant du principe que le plan de jeu d’Al Ahli prône une possession du ballon à outrance, sa ligne défensive est souvent attirée vers le but adverse. Elle se situe très haut, parfois au niveau de la ligne médiane, créant ainsi de l’espace pour les attaquants adverses dans le dos de ses défenseurs.

La ligne défensive dAl Hilal est très haute et lespace entre les joueurs qui la compose est beaucoup trop important, surtout entre le défenseur central droit et larrière latéral.

Par ailleurs, les joueurs offensifs goûtent très peu aux tâches défensives. Le repli laisse souvent à désirer et offre des boulevards aux contre-attaques adverses. Une sale manie qui risque de leur coûter cher face à des adversaires plus solides, plus organisés et moins fougueux que leurs opposants asiatiques ou nationaux, à l’instar du WAC. 

Salem Al Dawsari à surveiller 

Face au Wydad de Casablanca, les joueurs dAl Hilal pourront se reposer sur leur gardien, Al-Owais, un mur à toute épreuve. Contre l’Argentine en Coupe du monde, le gardien a tout arrêté, sauf un penalty de Lionel Messi. À 31 ans, le portier d’Al Hilal, né au Soudan et venu à 3 ans en Arabie saoudite, s’est imposé comme le numéro 1 du poste. 

Auteur de sauvetages époustouflants, il est aussi capable de jouer très haut pour couvrir sa défense. Mais il n’est pas le seul à attirer les regards. Saleh Al-Shehri est un attaquant percutant qui possède des qualités techniques au-dessus de la moyenne. 

Toujours face à l’Argentine, il avait claqué un but formidable au bout d’une course et d’une frappe à ras de terre devant Romero. Le joueur de 29 ans s’est révélé comme l’une des étoiles montantes du pays, à l’image de son compère, Salem Al Dawsari, dont la vision de jeu n’a d’égal que sa virtuosité. 

Le milieu de terrain est un titulaire indiscutable. Il est considéré comme l’un des meilleurs joueurs du championnat saoudien, où il a effectué toute sa carrière, à l’exception d’une courte pige d’un match à Villarreal. Ses statistiques et sa justesse dans le camp adverse sont éloquentes.

 

Scandale des tickets au Mondial : report de l’annonce des conclusions de l’enquête menée par la FRMF

« Les résultats de l’enquête seront publiés dès qu’ils seront prêts, y compris les sanctions« , indique une source sûre à Médias24.

Pour rappel, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), a diligenté une commission au sein de la FRMF afin d’enquêter sur le scandale de la vente au noir des tickets des matchs de l’équipe nationale lors du Mondial au Qatar.

Les conclusions de cette enquête étaient attendues pour ce lundi 16 janvier.

Au moment des faits, Fouzi Lekjaa avait dénoncé les mauvaises pratiques de certains individus issus de la famille du football national.

« Je ne ménagerai aucun effort, personnellement et avec vous (le comité directeur de la FRMF, ndlr), pour prendre toutes les mesures strictes, dans les plus brefs délais, contre ces misérables qui ont profité de cet événement, quels que soient leurs postes ou leurs responsabilités », avait affirmé le président de la FRMF.

Et d’ajouter : « Toute personne qui s’avère impliquée de quelque manière que ce soit dans la manipulation des tickets n’aura plus sa place dans le secteur du foot. »

LIRE ÉGALEMENT :

https://medias24.com/2022/12/27/une-commission-de-la-frmf-enquete-sur-le-scandale-des-tickets-au-mondial/

Walid Regragui à L’Équipe : « Les joueurs y ont cru jusqu’au bout”

En succédant à Vahid Halilhodzic à la tête de l’équipe nationale en août 2022, Walid Regragui a réussi son pari en un temps record. Surfant sur les succès glanés avec le Wydad de Casablanca, le sélectionneur national a mené les Lions de l’Atlas à des hauteurs inespérées, lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, trois mois à peine après sa nomination. 

Première équipe africaine à atteindre les demi-finales d’un Mondial, le Maroc a changé la face du football marocain, africain et arabe. Après un coup de fatigue lié à la charge émotionnelle qui accompagne tout exploit, le technicien est revenu dans les colonnes du quotidien sportif L’Équipe, ce vendredi 13 janvier, sur les ingrédients qui ont permis aux Lions de l’Atlas de créer la surprise et de gagner les cœurs aux quatre coins du monde. 

« Ziyech ne répondait plus, donc je suis passé par un ami en commun »

Conscient de l’importance de sa mission, Walid Regragui n’a pas perdu de temps et a d’emblée posé les bases de son animation. « On a disséqué tous les matchs avec mon staff pour définir un style. J’opte pour le 4-1-4-1, un système que j’utilisais au WAC et qui nous convient », confie-t-il. Il ne lui restait plus qu’à en convaincre les joueurs. « J’ai multiplié les appels en visio et j’ai aussi voyagé et parlé à 40 ou 45 joueurs. »

« Les premiers que j’ai vus étaient Romain Saïss, Achraf Hakimi et Yassine Bounou pour savoir comment ils voyaient les choses », poursuit-il. Du pain bénit en comparaison avec le cas épineux de Hakim Ziyech. Le milieu offensif de Chelsea boudait la sélection depuis sa brouille avec Vahid Halilhodzic.

« Ziyech ne répondait plus, donc je suis passé par un ami en commun », révèle Regragui. « On s’est parlé en visio. Il fallait que l’on soit unanimes, les joueurs comme moi, sur son retour. » Une fois l’entente installée au sein du groupe, le sélectionneur national a mis en place une ambitieuse feuille de route pour la Coupe du monde 2022.

« L’objectif était d’abord de passer le premier tour. Je n’aurais jamais accepté ce challenge sans cette condition. J’ai dit aux joueurs que nous avions une équipe qui pouvait battre n’importe qui. » L’histoire lui a donné raison. Et à force de persuasion, « les joueurs y ont cru jusqu’au bout« .

En atteste l’envie de se surpasser démontrée par son groupe, mais aussi la cohésion et l’esprit de camaraderie dont ses hommes ont fait preuve tout au long de la compétition. « Il n’y a pas eu une seule embrouille en cinq semaines », se réjouit Walid Regragui, et ce en dépit de la barrière linguistique.

« Les causeries étaient en arabe, c’est notre identité »

« L’organisation était claire : tous les meetings, les causeries étaient en arabe, c’est notre identité. Et on avait une personne qui parlait une autre langue à côté de ceux qui ne la comprenaient pas. Romain Saïss traduisait pour les anglophones« , souligne le sélectionneur, comme pour assurer que l’équipe nationale parlait d’une même voix.

Il n’en fallait pas moins pour se qualifier dans le groupe F, le plus relevé de la compétition. La solide entrée en lice des protégés de Walid Regragui face à la Croatie a représenté un véritable tournant. « Il ne fallait pas le perdre, rester vivant. Le nul (0-0) nous a rassurés et j’étais persuadé ensuite qu’on serait durs à battre« , relate l’entraîneur. 

Les victoires contre la Belgique (2-0), puis le Canada (2-1), ont offert au Maroc la première place du groupe, ce qui a permis de créer une dynamique positive et de conforter l’équipe dans ses aspirations. Le succès en huitièmes face à l’Espagne fut une libération psychologique.

« L’Espagne est la meilleure équipe qu’on ait jouée. Si on ne les avait pas sortis, ils auraient pu aller au bout« , souligne le sélectionneur, qui n’a pas hésité à jouer sur une corde sensible pour galvaniser ses joueurs. « Pour préparer ce match, c’était assez simple puisque la presse espagnole avait expliqué qu’ils avaient perdu en poules contre le Japon (1-2) pour affronter le Maroc en 8èmes. En gros, le message a été qu’ils ne nous respectaient pas. »

L’élimination de la Roja a permis aux Marocains de croire plus que jamais en leurs capacités et leurs chances d’aller plus loin dans la compétition. Forts de leurs succès, les Lions de l’Atlas ont fait pleurer Cristiano Ronaldo en écartant le Portugal en quart de finale (1-0). « Pour les jeunes, c’était extraordinaire de jouer contre lui. Dans le vestiaire, ils voulaient le consoler. C’était beau« , se souvient Walid Regragui.  

« La marche était un peu trop haute pour nous »

Mais l’équipe nationale a été rattrapée par les blessures et la fatigue liées à une fabuleuse mais énergivore épopée. « Selim Amallah a joué avec une petite entorse au genou, Hakimi un début d’élongation, Mazraoui s’est blessé aux côtes dès le premier match avant d’attraper une grippe comme Aguerd », regrette le sélectionneur. 

Ajoutez-y la cuisse endolorie de Romain Saïss et vous obtenez une défense remaniée par obligation, au moment d’affronter les champions du monde, lors du rendez-vous le plus important de l’histoire du football marocain. Pour s’adapter à ces contraintes, Walid Regragui a certainement pris un gros risque, en titularisant Romain Saïss, alors blessé.

Pis, le technicien marocain a changé un système de jeu adopté depuis le début de la compétition pour lui permettre de tenir sa place. « On a eu la belle surprise de voir Aguerd et Saïss aptes. Mais juste après l’échauffement, en entrant dans le vestiaire, Aguerd s’est senti mal. Achraf Dari a eu une minute pour entrer dans le match et ça a poussé Jawad El-Yamiq, qui avait travaillé à droite pendant la préparation, à gauche. »

« Et on prend le but d’entrée sur ce côté », déplore le sélectionneur qui ne regrette pourtant aucun de ses choix. Après le match, il a uniquement concédé le fait que les incertitudes et les changements de dernière minute n’ont pas mis ses joueurs dans les meilleures dispositions face à une équipe de France qui se nourrit de chaque erreur de l’adversaire, aussi insignifiante soit-elle.

« À la mi-temps », reprend-il, « j’ai dit à mes joueurs que la France était la moins bonne équipe depuis le début des matchs à élimination directe. Mais je ne suis pas naïf. Le très très haut niveau, tu penses toujours que tu n’es pas loin mais, en fait, tu l’es. La marche était un peu trop haute pour nous », consent le sélectionneur avec lucidité, en dépit de ses ambitions affichées avant le début de la compétition.

« C’est le choix du cœur qui compte, pas le projet individuel »

“Quand nous sommes allés en reconnaissance au Qatar voir les deux stades où l’on devait jouer, j’ai demandé à voir celui de la finale », se souvient-t-il encore. « On y a prié avec mon adjoint et on l’a filmé pour le montrer aux joueurs, car on venait pour gagner et les gars se sont pris au jeu. » Un jeu qui s’est transformé en doctrine à confirmer dès la prochaine compétition.  

« L’objectif est de gagner la CAN en Côte d’Ivoire (janvier-février 2024) », insiste le sélectionneur. « On se doit d’avoir des objectifs élevés. Je viens pour gagner, sinon je laisse la place à un autre, car je dois montrer l’exemple. Et le prochain sélectionneur saura qu’il y a encore des défis importants à relever. Il faut faire entrer l’ADN de la gagne dans cette sélection. »

Des objectifs dont la concrétisation est tributaire des meilleurs joueurs. Notamment les binationaux, repérés de plus en plus tôt, par des scouts missionnés en Europe par la Fédération royale marocaine de football. « On essaye de prendre contact avec les jeunes pour les sensibiliser, pas pour imposer un choix mais pour les accompagner », avance-t-il. Et de prévenir que le talent ne suffira pas. « Ma politique est claire, c’est le choix du cœur qui compte, pas le projet individuel« , prévient-il.  

« Celui qui vient par dépit ne respectera pas trop la sélection. Si tu choisis le Maroc, tu passes dans le processus comme Hakimi, Ziyech, en commençant en sélection de jeunes », annonce Walid Regragui. Bilal El-Khannouss (Genk) en est le parfait exemple. Alors qu’il avait la possibilité de jouer pour la Belgique, il a accepté sans broncher de jouer pour les U23 marocains.

« C’était donc le choix du cœur », se félicite le sélectionneur. « À l’arrivée, il a fait la Coupe du monde. Personne ne pourra me faire de chantage, on ne joue pas avec l’amour du maillot. Et si tu choisis le Maroc, je ne garantis rien. » Excepté d’appartenir à une sélection composée de joueurs de très haut niveau et dont l’avenir s’annonce encore radieux.

Achraf Hakimi ovationné par les fans des Nets à New York

A l’occasion, les deux stars du PSG ont reçu une ovation de la part du Barclays Center, l’antre des Brooklyn Nets à New York. La Panenka convertie par Achraf Hakimi lors de la séance des penalties face à l’Espagne a même été projetée sous les acclamations du public américain, tombé sous le charme de l’épopée marocaine lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar. 

L’international marocain a également visité les vestiaires des Nets, où l’attendaient Kyrie Irving, Kevin Durant, Ben Simmons ou encore le vétéran Patty Mills. 

Walid Regragui : « Il faut gagner une Coupe d’Afrique pour rentrer dans l’histoire « 

À l’image de sa première conférence de presse à la veille de l’entrée en lice du Maroc dans cette Coupe du monde 2022, Walid Regragui a encore une fois fait passer un message d’espoir lors de son dernier point presse. A l’issue de la défaite (1-2) de l’équipe nationale face à la Croatie, à l’occasion de la petite finale, ce samedi 17 décembre, le sélectionneur national n’a pas caché que la déception était encore de la partie.

Mais pas assez pour minimiser une épopée digne des plus grandes nations du football. « Quand on se réveillera, on se rendra compte de ce qu’on a fait. La marche était un peu haute. Sur ces tournois, il faut tout le monde à 100%. Mais bravo aux garçons, ils ont tout donné », a-t-il souligné.

« Félicitations à la Croatie, c’est une très belle équipe, qui mérite sa troisième place. Ils ont beaucoup d’expérience, ils ont su gérer le match pour gagner cette troisième place ». Et d’ajouter : « On n’a pas été au niveau qu’on voulait, surtout en première mi-temps. En deuxième mi-temps, c’était mieux, mais ils ont su garder le résultat ». 

« On a réussi à réunir tout le monde »

Ce fabuleux parcours restera à jamais gravé dans les mémoires d’un groupe qui a non seulement émerveillé la planète foot par sa fraîcheur, mais aussi rendu fou de joie un peuple qui ne s’attendait pas à un tel parcours au début de la compétition.

« De ce mondial, je retiens le peuple marocain qui sort dans la rue sur chacune de nos victoires. Le fait que le Roi Mohammed VI soit sorti fêter les succès dans la rue avec le peuple. Cela montre qu’on a eu un impact extraordinaire. »

Des sentiments positifs nourris par le caractère unique d’une aventure où l’équipe nationale « a joué contre de grandes équipes. On n’a eu que des gros matchs ». Une page écrite en lettres d’or dans le livre d’histoire du football marocain et qui servira à redorer le blason d’un football africain qui donne parfois l’impression de tourner au ralenti.

« Nous avons prouvé que le continent africain travaille et apprends de ses erreurs. L’objectif des africains et du Maroc c’est de gagner la Coupe du monde un jour. On a montré qu’on était capable. Les matchs se sont joués sur des détails. »

« Gagner la prochaine Coupe d’Afrique des Nations »

Des détails et quelques erreurs qui ont été préjudiciables à l’équipe nationale. Cependant, Walid Regragui a refusé de les voir comme tel. « Il faut respecter le football. La France est plus forte que nous, la Croatie est plus forte que nous. Pas de beaucoup mais elle est plus forte, donc il faut travailler. Si j’avais quelque chose à changer ? Rien. »

Dans son esprit, le sélectionneur ne retient que les axes d’amélioration en vue des prochaines échéances, dont l’édition suivante de la Coupe du monde. « En 2026, j’aurai plus d’expérience et je changerai peut-être des choses ».

En attendant, le sélectionneur envisage pour ses protégés des attentes élevées en leur fixant pour objectif ni plus ni moins que de « gagner la prochaine Coupe d’Afrique des Nations », repoussée à janvier 2024, en Côte d’Ivoire. Condition sinéquanone pour que cette génération puisse prétendre à être la meilleure génération du football marocain et africain. 

Un continent qui a vibré au rythme des exploits des hommes de Walid Regragui. Communion inestimable aux yeux du sélectionneur. « On a réussi à faire rêver quelques gamins qui peuvent ambitionner de devenir footballeurs pros. Cela n’a pas de prix ».

« La barre est élevée désormais » reprend-il. « Il va y avoir beaucoup de pression. Mon travail consiste à ramener les pieds sur terre et dire que ce qu’on a fait, c’est extraordinaire. Avec ce genre de performances, un jour on pourra gagner la Coupe du monde ».

En ce sens, le sélectionneur s’est dit convaincu qu’une équipe africaine finira par gagner le Mondial. « D’ici une vingtaine d’années, l’Afrique sera sacré en Coupe du monde. A condition de travailler et de gagner en expérience », a-t-il assuré. 

Et de conclure sa dernière conférence de presse dans ce mondial avec un « Vive l’Afrique et Dima Maroc ».

 

MERCI LES LIONS

La fatigue, les crampes, les blessures… l’équipe nationale était trop handicapée pour créer une énième surprise face aux Croates, lors de la petite finale de la Coupe du monde 2022, ce samedi 17 décembre. Les hommes de Walid Regragui ont tenté le tout pour le tout jusqu’au bout, mais Youssef En-Neysiri n’a pas réussi à cadrer sur un dernier coup de tête.

Sur la pelouse du stade Khalifa, les Croates avaient pris l’avantage en première mi-temps grâce à Gvardiol et Orsic. Achraf Dari avait égalisé entre-temps. Mais cela n’a pas été suffisant pour faire tomber Modric et ses coéquipiers, sûrs de leur force. « Certes, c’est notre seconde défaite consécutive, mais je n’ai rien à reprocher à mes joueurs » a déclaré Walid Regragui au micro de la chaîne Arryadia.

« On va apprendre de cette défaite. Il faudra revenir encore plus fort car on sera désormais attendus. Nous avons cassé le plafond de verre des quarts de finale. Cependant, il y a encore du travail pour faire partie des meilleurs » a ajouté le sélectionneur, forcément déçu du résultat.

Contraint par les blessures et la nécessité de donner du temps de jeu à des éléments qui n’en ont pas eu jusqu’à présent, Walid Regragui a aligné un onze de départ remanié face à la Croatie. Disposé en 4-3-3 (4-1-4-1 en défense), le sélectionneur a opéré quatre changements par rapport à la demi-finale face aux Bleus. 

Azzedine Ounahi, Romain Saïss, Noussair Mazraoui et Selim Amallah ont laissé leurs places à Bilal El Khannouss, Achraf Dari, Abdelhamid Sabiri et Yahya Attiat Allah. Ils n’ont pas tous réussi leurs matchs, mais ils auront dans l’ensemble tenu leur rang. 

L’une des quatre meilleures équipes au monde  

A l’image de l’ensemble des Lions de l’Atlas, les supporters n’ont pas boudé leur plaisir pour exprimer gorge déployée, leur fierté d’avoir une équipe nationale à ces altitudes, considérée comme l’une des quatre meilleures au monde. 

Dans cette première mi-temps vivante mais peu intense, l’équipe nationale a rapidement égalisé après avoir concédé l’ouverture du score sur une combinaison parfaitement exécutée sur coup franc par les Croates et conclut d’une superbe tête plongeante de Gvardiol sur laquelle Yassine Bounou n’a rien pu faire (7’). 

Le coup de tête piqué d’Achraf Dari dans la foulée a offert l’égalisation au Maroc et a permis à ses coéquipiers de ne pas laisser le doute s’immiscer dans leurs rangs, à l’inverse des nombreuses approximations qui ont entaché les combinaisons offensives de l’équipe nationale. L’absence d’automatismes entre les joueurs y est certainement pour beaucoup. 

Outre Yassine Bounou qui a fait peur à tout le monde en dévissant sa relance (3′), le Maroc n’a pas réussi à limiter l’influence de Luka Modric. Le Madrilène a d’ailleurs inquiété le gardien marocain sur un tir à ras de terre, arrêté en deux temps (24′). 

Cette action a été possible à cause des pertes de balles dangereuses dont se sont rendus coupables les Nationaux et qui ont donné l’occasion aux Croates d’inquiéter Y. Bounou (12′, 18′). Le portier n’a rien pu faire sur le tir enroulé de Orsic synonyme de médaille de bronze pour les Vatreni.

Des attaques énergiques mais brouillonnes

Offensivement, les Marocains ont été dangereux sur des combinaisons rondement menées sur le flanc gauche de la défense adverse. Comme cette une-deux entre Ziyech et Hakimi que le madrilène a conclu par une centre tendu vers Youssef En-Neysiri. Un peu trop avancé, l’avant-centre n’a pas réussi à reprendre le ballon (37’). 

Malgré les sorties sur blessure d’Achraf Dari (64) et Jawad El-Yamiq (67), qui ont eu pour effet de casser un peu le rythme et montré qu’il était temps que le tournoi se termine pour les deux équipes, la seconde mi-temps fut beaucoup plus débridée que la première.

Avec un peu plus de lucidité dans le dernier geste, les Lions de l’Atlas auraient pu inscrire le but égalisateur. Les montées et courses énergiques d’Achraf Hakimi n’ont pas été efficaces, à l’image des tentatives de l’attaquant de pointe, Youssef En-Neysiri.     

Le sévillan a raté les deux occasions les plus nettes de la seconde mi-temps. Il a d’abord perdu son face à face contre Livakovic, le gardien adverse (74’), avant d’échouer au moment de cadrer sa tête à la fin du temps réglementaire (94′). 

Avant de rentrer têtes basses aux vestiaires, les Lions de l’Atlas ont rendu hommage aux supporters. Dans leurs yeux, on pouvait apercevoir la douleur de ne pas décrocher le podium, la fierté d’avoir réalisé un parcours d’exception, mais surtout la promesse de jours meilleurs et de moments de joie encore plus intenses. 

Walid Regragui: « Nous sommes allés au bout du bout »

Dans une première déclaration d’après-match, diffusée par beIN sports, le coach Walid Regragui a été franc comme à son habitude. « Nous avons été au bout du bout. Aujourd’hui, le moteur a cassé. Nous avons essayé d’amener de la fraîcheur avec les jeunes. Nous avons souffert d’énormément de blessures », rappelant que la défense a été décimée et en particulier son axe central.

Regragui est resté malgré tout positif: « Nous faisons quand même partie des 4 meilleures équipes au monde. La défaite est amère mais la Croatie a mérité cette victoire ».

Interrogé sur le meilleur souvenir ou le moment le plus fort de cette coupe du monde, il a cité le match contre l’Espagne et la séance des penaltys. Il a conclu: « nous avons uni les Marocains pendant un mois et il n’y a que le football pour faire ça ».

Mondial 2022. Face à la Croatie, le Maroc espère quitter le tournoi par la grande porte

Le dimanche 18 décembre aurait pu être une belle journée de football pour le peuple marocain. Celle qui l’attend ce samedi 17 décembre (16h) n’est pas mal non plus. Habituellement, le match pour la troisième place ne donne envie à personne. Encore moins à ceux qui le disputent. 

“Ce match m’embête un peu. J’aurais aimé jouer la grande finale. Nous sommes à la place du con” a déploré Walid Regragui en conférence de presse. Mais la rencontre de ce samedi sur la pelouse du stade Khalifa entre les déçus qui prétendaient à mieux, est différente cette année. Car rares sont les personnes qui s’attendaient à voir le Maroc et la Croatie à ce stade de la compétition. 

La petite finale du mondial 2022 revêt un enjeu inhabituel par sa dimension historique pour les deux pays qui l’animeront. Parce que ce sera une première pour une nation africaine et un moment fondateur pour le football marocain. Et aussi car c’est une deuxième pour les Croates, après celle de 1998 (2-1 contre les Pays-Bas). 

L’occasion aussi pour les deux sélectionneurs de récompenser les éléments qui ont été moins en vue tout le long de la compétition, sans se départir du sérieux et de l’envie de gagner qui a accompagné cette épopée au long cours, qui s’achèvera comme elle avait commencé, face au même adversaire.   

“Il nous reste encore un match contre la Croatie qu’il faudra aborder avec le même sérieux que nous avons montré lors des précédentes rencontres. Le groupe a vraiment montré qu’il était capable de concurrencer les grandes sélections” assure Walid Regragui. 

Un banc en action

Pourtant, il sera difficile de trouver des similitudes entre ces deux rendez-vous espacés d’environ un mois. “Lors du premier match, les deux équipes ont énormément calculé pour prendre au moins un point afin d’avancer dans la compétition” a décrypté le sélectionneur. “Je m’attends à une rencontre plus débridée, où il y aura beaucoup plus d’espace.”

L’état de fatigue avancé de part et d’autre, conjugué à la titularisation des joueurs qui étaient sur le banc et dont la cohésion est moins évidente, vont certainement contribuer à offrir aux supporters un match plus ouvert que le précédent. 

Romain Saïss officiellement out, Noussair Mazraoui et Nayef Aguerd étant très incertains, le sélectionneur national sera obligé de remanier sa défense et plus largement un onze de départ qu’il avait quasiment gravé dans le marbre. D’autant que ceux qui ont cirés le banc ont des choses à prouver et des souvenirs à créer. 

La gestion de la fatigue sera donc une donnée centrale de la confrontation pour les deux sélectionneurs. Les Croates devront certainement faire sans Marcelo Brozovic et Josip Juranovic, blessés.

“C’est un pays de quatre millions d’habitants qui a réussi à former des joueurs de talent et un esprit d’équipe très fort. C’est un exemple pour nous” assure le sélectionneur marocain. “Ils prouvent qu’en travaillant bien, en structurant les clubs, on peut avoir de bons résultats”. 

Entre gentlemen, les amabilités fusent.  “Nous avons beaucoup de respect pour le Maroc, qui a été une grande surprise. Ils sont dans le même état d’esprit que le nôtre, à savoir remporter la médaille de bronze” a annoncé le sélectionneur Croate, Zlatko Dalic lors de son point presse. 

Modric, principal danger

Au Qatar, la Croatie a manqué d’un avant-centre de talent pour accéder à la grande finale. Heureusement pour eux, Modric a comme d’habitude émerveillé son monde. Le milieu croate de 37 ans a donné l’impression d’être éternel, enchaînant les prestations magiques pour écarter d’un revers de la main toutes les allusions à sa retraite internationale. 

Ses coéquipiers lui donnent le ballon quand c’est compliqué. Il sait aussi récupérer et ne rechigne pas à la tâche. Bref, il fait l’unanimité. Adversaire scompris. “Luka Modric est l’un des génies du football moderne” a lancé Walid Regragui en conférence de presse avec des étoiles dans les yeux. “Je ne sais pas si ce sera son dernier match en Coupe du monde, mais connaissant le joueur, un compétiteur, il va avoir à cœur de bien terminer la compétition, il faudra s’en méfier” a-t-il averti. 

Jusqu’ici, le Maroc a eu beaucoup de cœur, même s’il a parfois trop souffert et manqué de maîtrise pour atteindre le niveau supérieur. La désillusion fut immense face à la France. Mais ne mégotons pas sur notre plaisir. Quel que soit le résultat de la petite finale, l’équipe nationale mérite un très bel accueil qui lui donnera l’envie de s’imaginer la ferveur d’un sacre en Coupe du monde.