Pas de nouvelle vague Covid, juste un pic saisonnier des virus respiratoires (Dr Merabet)

La question d’un éventuel retour d’une vague de Covid-19 refait surface. Contacté par Médias24, le Dr Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique, apporte des éclaircissements : « Il y a eu une vaguelette, mais plus maintenant. C’est la grippe qui circule à présent ».

Une circulation saisonnière des virus respiratoires

Chaque année, avec la baisse des températures, divers virus respiratoires refont leur apparition. « En cette période de froid, nous observons, dans l’hémisphère nord, une circulation des virus respiratoires saisonniers », explique le Dr Merabet. Cette circulation commence généralement en octobre et se poursuit jusqu’à la fin mars. Parmi les virus en circulation, on retrouve principalement :

Qu’en est-il du Covid-19 ?

Le SARS-CoV-2, responsable de la maladie Covid-19, continue de circuler, mais sous une forme atténuée. « Le SARS-CoV-2 circule sous forme de vagues entrecoupées de périodes d’intervagues », précise le Dr Merabet. Toutefois, ces vagues sont de moins en moins marquées et dépendent de l’apparition de nouveaux variants.

« Depuis Omicron en 2022, aucun nouveau variant préoccupant ou variant d’intérêt n’a été enregistré « , rassure-t-il. Seuls des sous-variants et sous-lignés d’Omicron ont été observés, sans impact significatif sur la gravité ou la transmissibilité du virus.

La grippe en première ligne

Cet hiver, une légère augmentation des cas de Covid-19 a été observée, mais elle est en train de disparaître. « Nous sommes désormais dans une période où le virus circule faiblement, sans grande vague », indique le Dr Merabet, qui parle de « vagues de troisième génération de Covid-19 », moins intenses qu’auparavant.

C’est la grippe qui domine actuellement. « En premier lieu, c’est le virus de la grippe qui circule », souligne le Dr Merabet, suivi du rhinovirus et du SARS-CoV-2. Les autres virus respiratoires, tels que le VRS ou le parainfluenza, circulent également, mais avec une intensité moindre.

Si le SARS-CoV-2 n’a jamais disparu et ne disparaîtra probablement jamais, il a perdu en gravité et en létalité. « On peut dire que la gravité et la létalité du SARS-CoV-2 rejoignent actuellement celles des autres virus respiratoires saisonniers », conclut le Dr Merabet.

Ainsi, la situation sanitaire actuelle ne présente aucun caractère inhabituel. Comme chaque hiver, la vigilance reste de mise, notamment pour les populations vulnérables, face à la circulation des virus respiratoires.

Covid-19 : le ministère de la Santé rassure sur la situation épidémiologique au Maroc

Dans un communiqué publié ce mardi 16 janvier, le ministère précise que le variant Omicron-XBB fait partie des souches mondialement répandues depuis 2022. Le Maroc avait enregistré une petite vague de la troisième génération en avril et mai 2023, qui avait duré huit semaines et s’était caractérisée par une propagation modérée du sous-variant Omicron-XBB et de ses sous-variants, avec 12 cas graves et un décès enregistrés au cours de cette période.

Le ministère explique que la situation épidémiologique de la Covid-19 est normale, et que les souches découvertes au Maroc ne représentent pas de danger sanitaire supplémentaire par rapport aux variants précédents. Il a en outre confirmé que les vagues de la Covid-19 continuaient de s’atténuer en termes de gravité et d’intensité, grâce à l’immunité naturelle et à l’immunité acquise par la vaccination, ainsi qu’à la réduction constante de la gravité des variants en circulation.

Le ministère indique suivre de près la situation épidémiologique de la Covid-19, tant au niveau national qu’international. Aucun avertissement n’a été émis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant un nouveau variant préoccupant, précise-t-il. Il existe actuellement plusieurs sous-variants d’Omicron classés comme préoccupants ou sous surveillance.

De plus, le ministère informe que, outre la Covid-19, plusieurs virus saisonniers circulent actuellement au Maroc, provoquant une hausse des cas d’infections respiratoires aiguës observés, en particulier le virus de la grippe saisonnière.

Ainsi, le ministère recommande aux citoyennes et citoyens, en particulier aux personnes atteintes de maladies chroniques et aux personnes âgées, de se faire vacciner contre la grippe saisonnière et de compléter leur vaccination contre la Covid-19 pour éviter toute complication en cas d’infection. Le ministère appelle également toute personne présentant des problèmes respiratoires à porter un masque et à consulter un médecin pour recevoir le traitement approprié, tout en évitant tout contact avec autrui.

Le ministère appelle enfin les citoyens à « vérifier les informations auprès de sources officielles et fiables ».

Filière laitière. Une conversation avec Nathalie Alquier, PDG de Centrale Danone

Plus de 50.000 éleveurs marocains collaborent avec Centrale Danone pour assurer 30% de la production nationale de lait transformé. L’entreprise qui est présente depuis 1940 dans le Royaume est devenue au fil du temps un acteur majeur de la filière laitière sur le territoire national. 

Une filière qui depuis la pandémie de Covid-19, traverse une crise sans précédent qui s’est accentuée l’année dernière. Comment Centrale Danone a-t-elle vécu l’importante baisse de production et quels sont les leviers à activer pour éviter pareille situation ? Médias24 a posé la question à Nathalie Alquier, PDG de Centrale Danone. 

Suite au lancement de la seconde phase du programme « Hlib Bladi », ce jeudi 4 mai, en marge de la 15ème édition du Salon international de l’agriculture (SIAM), Nathalie Alquier revient donc sur la période compliquée traversée par la filière laitière, sans éluder aucune question. Une baisse de la production laitière d’environ 20%

La pénurie de lait de l’année dernière n’est pas passée inaperçue. Le consommateur avait parfois du mal à s’approvisionner en ce produit alimentaire de base. Dans certains quartiers, il fallait parfois se réveiller de bonne heure pour acheter sa brique de lait. Une situation dont les causes sont multifactorielle, née lors de la crise sanitaire et qui s’est aggravée à cause des épisodes de sécheresse successifs. 

« Le Covid avait déjà un peu désorganisé la filière et perturbé les circuits d’insémination, en raison des difficultés de déplacement. L’inflation des matières premières et en particulier des aliments composés a également eu un impact négatif. Pendant un temps, la production laitière n’était plus rentable et plusieurs éleveurs ont préféré abattre du bétail ou dans le meilleur des cas, diminuer l’alimentation destinés aux vaches laitières ». 

L’effectif du cheptel bovin a en effet perdu 400.000 têtes depuis le début de la crise sanitaire. « Une situation qui a provoqué une baisse du rendement d’au moins 20% en termes de production laitière. Nous avons commencé à observer ce recul en septembre 2022, alors que par le passé, la production était plutôt excédentaire ». 

Une pénurie qui a favorisé le colportage de lait 

En parallèle, la pénurie a également favorisé le développement d’un véritable fléau, le colportage de lait. « Le problème lorsqu’il y a une pénurie, c’est le colportage qui gagne du terrain. Le tiers du lait en circulation passe par des circuits informels, qui ne respectent pas la chaîne du froid et ne sont pas concernés par des contrôles pour détecter par exemple la présence d’antibiotiques ». 

Mme Alquier estime que l’impact est avant tout un problème de santé publique. « Le lait au Maroc a une charge bactérienne importante. Mais ce n’est pas nécessairement un problème, du moins si la chaîne du froid est respectée, le produit traité et pasteurisé avec soin ».

En revanche, le passage de cette charge bactérienne par un circuit désorganisé participe à la multiplication de germes qui peuvent être pathogènes. Pour notre interlocutrice, la sensibilisation est le principal remède au colportage de lait. « Certes, les autorités luttent contre le lait colporté, mais le consommateur doit être convaincu du danger inhérent au lait colporté, surtout que ce sont des produits que consomment les enfants ».

Il fallait redonner confiance aux fermiers 

Une fois les problématiques liées à la pénurie de lait identifiées, il fallait apporter des réponses adéquates, d’autant que le lait colporté représentait un réel danger de santé publique. Centrale Danone a soutenu davantage les fermiers qui sont en réalité le cœur de l’activité de l’entreprise agroalimentaire.

« Nous avons pris le parti de soutenir nos éleveurs avec une augmentation des prix aux fermiers. C’était indispensable et c’est aller de pair avec la hausse des prix à la consommation ». L’augmentation du prix de la brique de lait constatée il y a quelques mois correspond ainsi à la hausse des prix aux fermiers.

« Il fallait leur redonner confiance en l’écosystème. Autrement, la situation risquait d’empirer ». Cette mesure a permis de stabiliser la production et les prix de vente, grâce notamment à l’arrêt de l’abattage. « Il y a aussi eu d’autres mesures importantes d’accompagnement, prises par le ministère de l’Agriculture, à l’image des subventions des aliments composés ». 

Une fois les prix stabilisés, la phase de reconstruction a pu être enclenchée avec une augmentation progressive du nombre de vaches laitières. D’autant que les pluies d’avant ramadan ont offert du répit aux éleveurs en améliorant les parcours et donc l’alimentation du bétail. 

« Ces précipitations nous ont donné un élan qui a été consolidé par les subventions pour les génisses locales ou importées. C’est ainsi que le ministère de l’Agriculture et Centrale Danone ont réussi à relancer la filière et la production laitière, dont la matière première a d’ailleurs récemment été marquée par une meilleure lactation« . 

Davantage d’attractivité et moins de pénibilité 

La reconstruction de la filière laitière en vue de retrouver des performances normales ne se fait pas en un claquement de doigt. Cet objectif nécessite d’entreprendre plusieurs actions pour augmenter l’attractivité du secteur et réduire sa pénibilité. 

« Les jeunes générations considèrent le métier d’agriculteur comme peu attrayant. Dans le cadre de “Hlib Bladi”, l’un de nos objectifs est justement de redonner de l’attractivité, en assurant des revenus décents à travers l’augmentation du rendement de chaque vache laitière et du nombre de têtes par ferme ». 

Le second axe réside dans la diminution de la pénibilité qui caractérise la profession à travers une mécanisation du processus de production, ainsi qu’une gestion collaborative entre Centrale Danone et les fermiers, notamment en matière d’alimentation. 

« Ceci implique un investissement dans les fermes consenti par notre entreprise, en termes de bien-être animal et d’aménagement général de la ferme pour assurer de meilleures conditions de production ». La formation des éleveurs est également un élément déterminant.

Alors que par le passé, le taux de retour du lait au fermier était important, “il est devenu extrêmement faible, en dessous de 1%”, assure Nathalie Alquier. Pour en arriver là, il y a eu un accompagnement de l’agriculteur, jusqu’au plus petit maillon de la chaîne, au niveau de la ferme, pour améliorer les pratiques, augmenter le niveau d’hygiène.

« Enfin, nous tenons particulièrement à assurer l’éducation des enfants des éleveurs afin que les familles conservent leurs terres ». Centrale Danone est convaincue de la relance du secteur laitier à l’avenir. Même si le coût des matières premières importées ne risque pas de baisser et que la sécheresse semble perdurer.

« Grâce à la vision du Roi Mohammed VI, incarnée par la stratégie Génération Green, nous sommes optimistes en l’avenir ». De surcroît, « les consommateurs marocains sont friands de produits laitiers et nous sommes l’acteur majeur qui fait le pont entre le fermier et nos clients ». 

Covid : les adultes en bonne santé n’ont pas besoin de dose supplémentaire de vaccin, selon l’OMS

Pour ce groupe de personnes de moins de 60 ans dit à risque moyen – auquel s’ajoutent les enfants et adolescents avec des comorbidités, de 6 mois à 17 ans -, il n’y a aucun risque à recevoir des injections supplémentaires, mais « les retours en termes de santé sont faibles », ont déclaré les experts en vaccins de l’OMS.

Le Groupe consultatif stratégique d’experts sur la vaccination (SAGE) de l’OMS a publié des recommandations mises à jour après sa réunion cette semaine à Genève. Les nouvelles recommandations du SAGE reflètent l’impact d’Omicron et du haut niveau d’immunité désormais atteint dans la population mondiale, à cause des infections et grâce à la vaccination, a déclaré l’OMS.

Le SAGE a proposé trois nouvelles catégories de priorité pour la vaccination Covid, en fonction du risque de développer une forme grave de la maladie ou de décès : élevé, moyen et faible. En revanche, les personnes plus âgées, les autres adultes avec des comorbidités, toutes les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les travailleurs de santé en première ligne sont invités à davantage de vaccination, à raison d’une dose de rappel après le régime initial de vaccination et un premier rappel.

Cela dit, le SAGE recommande un intervalle de 6 à 12 mois entre les boosters en fonctions des morbidités. Néanmoins, les preuves « manquent de cohérence » en ce qui concerne l’impact des vaccins anti-Covid sur le Covid long, qui voit la maladie initiale se développer en symptômes souvent très handicapants, comme une extrême fatigue ou une incapacité à se concentrer.

Près de 13,3 milliards de doses de vaccin Covid ont été administrées dans le monde. L’OMS recherche de nouveaux vaccins Covid qui couvrent un large éventail de variants, ont un effet plus durable et affichent de meilleures performances contre l’infection et la transmission.

L’Organisation examine également de nouvelles méthodes d’administration des sérums, par voie nasale, orale ou cutanée. Evoquant deux vaccins administrés par voie nasale, dont un utilisé en Chine, le secrétaire exécutif du SAGE, Joachim Hombach, a souligné : « Nous savons qu’ils sont immunogènes… mais ce dont nous avons vraiment besoin, ce sont des données qui étudient réellement l’impact sur la transmission, parce que cela pourrait en effet faire une grande différence. »

Electroménager : en hausse de 30 % depuis le covid, les prix vont encore augmenter en 2023

Difficile d’obtenir une fourchette des hausses prévues en 2023 par les différentes marques d’électroménager présentes au Maroc, mais ces augmentations auront bien lieu. C’est ce que s’accordent à dire plusieurs professionnels du secteur interrogés, qui   soulignent que de nombreux facteurs rentrent en compte, notamment le produit lui-même, la marque et sa présence dans une catégorie de produits.

« C’est sûr qu’il y aura des augmentations en 2023, mais l’on ne peut avancer aucun montant pour l’instant », nous indique Laurent Chevrot, dirigeant de la société Socimar, distributeur d’appareils électroménagers au Maroc. « Les augmentations dépendent de chaque marque et de la capacité de chacune à absorber les flambées des différentes matières entrant dans la production de leurs appareils », précise-t-il.

Depuis le début de la crise du Covid-19, les prix ont d’ailleurs connu jusqu’à 30% d’augmentation sur certains produits, nous apprennent ces professionnels. Pour le reste de l’année, aucune baisse n’est prévue.

Les produits turcs, les plus impactés

L’exemple le plus éloquent est celui du réfrigérateur turc, qui représente 40% du marché marocain. Ce produit, « taxé à 36% à l’importation depuis mai 2022, a connu entre 20% et 30% d’augmentation depuis la crise covid à aujourd’hui », nous confie Youssef Essaban, ex-directeur commercial d’une marque de la place, actuellement consultant sénior et négociant dans le secteur de l’électroménager. « La machine à laver, dont le droit de douane n’a pas changé, a subi entre 15% et 20% d’augmentation », poursuit-il.

« Ces hausses étaient prévisibles et n’étonnent pas les professionnels du secteur », ajoute Youssef Essaban. « C’est le résultat d’une succession d’évènements depuis la crise du Covid-19, en l’occurrence la hausse des prix des matières premières et du transport, renchéris par la guerre en Ukraine, qui a conduit à une flambée des prix du pétrole et d’autres matières premières. »

Même constat auprès de Yassine Boufloussen, directeur de l’offre commerciale et marketing chez Electroplanet (groupe Marjane). « Il y a eu des hausses de prix au cours de ce mois de janvier 2023, et il y en aura d’autres dans les prochains mois. »

Notre source, qui nous confirme avoir reçu « des augmentations pour 2023 pour certaines marques », note que chaque enseigne résiste à sa manière à la conjoncture actuelle, marquée par l’incertitude et la volatilité.

« Les marques internationales commercialisées via des distributeurs impactent systématiquement les augmentations sur les clients, à la différence des filiales qui, elles, peuvent les supporter en partie, en l’absence d’intermédiaires. Elles pourront ainsi réduire leurs marges ou injecter le budget marketing sur le prix du produit, pour absorber les augmentations. »

« Par ailleurs, les marques multi-familles vont diminuer l’impact d’une catégorie sur les autres catégories commercialisées. » D’autres « vont plutôt arrêter de commercialiser un produit qui devient hors marché, ou choisir de l’appauvrir techniquement en réduisant certaines de ses caractéristiques, pour pouvoir rester sur le prix du marché ».

« Tout dépend de la stratégie de chaque marque pour conserver sa part de marché », souligne Youssef Essaban. « Le marché marocain est restreint et le pouvoir d’achat des consommateurs reste faible. »

La crise du Covid et la guerre en Ukraine à l’origine de cette flambée

La flambée des prix des appareils électroménagers s’explique aussi par une pénurie de pièces détachées. « Pendant la pandémie, de nombreuses usines chinoises de fabrication d’intrants du matériel électroménager, notamment les semi-conducteurs et les plaques électroniques, étaient à l’arrêt ; ce qui a conduit à une rupture des pièces entrant dans la fabrication des réfrigérateurs, lave-vaisselle et machines à laver, entre autres », souligne Youssef Essaban.

« Il y a donc eu un problème de matières premières, dont le prix a fortement augmenté, ainsi qu’une hausse des prix du transport. Il a certes baissé récemment, mais il est encore loin d’atteindre le niveau des prix pratiqués avant le Covid-19. C’est une des raisons pour lesquelles toutes les usines d’électroménager ont augmenté leurs prix », estime notre interlocuteur.

Yassine Boufloussen fait le même constat : « Le Maroc est tributaire de la matière première importée, dont le prix a augmenté depuis le début de la crise du Covid. Sur le fret, les choses commencent à se normaliser.  Il y a également la situation du dollar et de l’euro, qui est instable. Lorsque le fret commence à se normaliser, le dollar augmente. »

Laurent Chevrot, pour sa part, évoque le prix de l’énergie qui continue d’augmenter. « Généralement, les hausses interviennent dans le secteur en début d’année, mais il peut y avoir plusieurs hausses sur l’année, comme cela a été le cas l’an passé », conclut-il.

Covid. Surconsommation et stockage provoquent des ruptures temporaires en médicaments

Prescrits dans le cadre du protocole thérapeutique pour la prise en charge des patients Covid, la vitamine C, le zinc et l’azithromycine se font de plus en plus rares dans certaines pharmacies du Royaume. Une situation qui rappelle les ruptures qu’a connues le pays au début de la pandémie, en conséquence de l’explosion du nombre de cas.

« Les citoyens cèdent à la panique »

Jointe par nos soins, une source de haut niveau dans le secteur pharmaceutique nous confirme qu’il « s’agit plutôt de perturbations au niveau de la disponibilité de ces produits, et non de ruptures, ce qui est compréhensible », vu l’explosion des chiffres de nouveaux cas ces derniers jours. Les gens cherchent à se protéger, d’autant plus que le zinc et la vitamine C stimulent l’immunité.

Différentes raisons expliquent cette situation, d’après notre source, dont la première est relative à « la pression exercée sur la matière première et le transport international, et qui se poursuit depuis le début de la pandémie ».

« Les perturbations dépendent également de la gestion faite par chaque pharmacie », ajoute notre interlocuteur, notant que parfois, « même si on commande des produits pour aujourd’hui par exemple, ils n’arrivent que le lendemain ».

« Par ailleurs, il y a une frustration chez les citoyens. Par peur de tomber malade, ces derniers achètent ces médicaments en grandes quantités pour les garder chez eux. »

La hausse du nombre de cas de Covid, due au variant Omicron, coïncide également avec la saison hivernale, connue pour la grande circulation du virus de la grippe, qui nécessite presque le même traitement.

Notre interlocuteur assure que « les unités de production font un grand effort pour répondre aux besoins des citoyens. Nous avons une chance inouïe d’avoir une production locale de médicaments, et ce grâce à la clairvoyance de Feu Hassan II et du Roi Mohammed VI. Nous avons une industrie pharmaceutique de pointe. Aujourd’hui, l’humain est entré dans un cycle de pandémie, et le système de santé doit être en mesure d’y faire face, notamment en matière de disponibilité du médicament ».

Enfin, notre source pointe du doigt l’ambiguïté autour des tests antigéniques, qui pourraient être vendus en pharmacie, et qui pourraient réduire le nombre de cas graves, nécessitant l’hospitalisation. « Il est vrai que les pharmaciens n’ont pas le droit de réaliser ces tests, mais ils peuvent les vendre comme partout dans le monde. Lorsqu’ils ont les premiers symptômes, les citoyens se dirigent vers la pharmacie, et non chez le médecin privé, par manque de moyens financiers, ni à l’hôpital public qui est saturé. Les gens doivent pouvoir se tester de manière très large, par anticipation, et pour éviter que leur cas ne s’aggrave. »

« La production a été multipliée par trois »

Rappelons que le Maroc dispose d’une production locale, assurée par les laboratoires Laprophan et Galenica pour la vitamine C et le zinc, et par Galenica notamment pour l’azithromycine.

Contactés par Médias24, les deux laboratoires nous confirment que la rareté de ces produits en pharmacie et chez les grossistes répartiteurs est due à quelques perturbations induites par la panique des citoyens et par la surconsommation, et non à des ruptures de stock. Ils assurent par ailleurs que la production a augmenté depuis le début de la pandémie et se poursuit de manière régulière.

« Ce qui se passe actuellement, c’est que les gens passent dans une première pharmacie, achètent tous les médicaments prescrits par le protocole thérapeutique de prise en charge du Covid, refont le même exercice dans la deuxième, puis dans la troisième pharmacie et stockent chez eux. On ne peut pas assurer un marché avec ces spécificités », nous fait savoir le laboratoire Galenica.

« On comprend que les gens aient peur, mais ils achètent plus qu’il n’en faut », perturbant tout le marché.

« La demande paraît donc énorme, alors que les stocks se trouvent dans les domiciles. Au lieu de prendre une seule boîte par exemple de vitamine C, ils en achètent quatre ou cinq, et personne ne peut gérer ce paramètre, à moins que les pharmaciens ne commencent à doser le nombre de boîtes » pour permettre à tout le monde d’être servi.

Quid du niveau de production ? Avant, le marché était régulier. Les deux laboratoires savaient combien ils vendaient par mois et par an. Mais la crise du Covid a désorganisé le marché.

« Avec Laprophan, nous sommes les seuls laboratoires au Maroc à produire de la vitamine C par exemple. Et pour répondre à la demande marocaine, nous travaillons 24h/24, à raison de trois shifts. On ne peut pas faire plus », nous confie une source de Galenica, notant que « la production a été multipliée par trois par rapport au début de la pandémie ».

Notre source souligne cependant un ensemble de problématiques auxquelles l’industrie pharmaceutique fait face actuellement. « La matière première devient de plus en plus difficile à trouver suite à la consommation mondiale, et les prix de ces matières ont triplé. »

« Par ailleurs, le délai de livraison a été allongé. Il n’y a plus de visibilité sur ce paramètre. Également, les prix du fret ont largement augmenté avec la crise du Covid. Ils ont triplé, si ce n’est davantage, et ce dans le monde entier et dans tous les secteurs. »

« C’est devenu des médicaments sur lesquels nous maintenons la production, mais que nous vendons pratiquement à perte. Malgré tous ces paramètres, leur prix, fixé par le ministère de la Santé, n’a pas bougé depuis des années. Heureusement que chez Galenica, nous avons anticipé, et on a surstocké la matière première. »

« Les gens doivent donc se discipliner et n’acheter en pharmacie que ce qu’il leur est nécessaire », conclut notre interlocuteur.

« Les autorités doivent inciter à la rationalisation des achats »

Même son de cloche auprès de Laprophan. « Il est vrai que lors de la première vague, nous avons été pris au dépourvu. Mais nous en avons tiré la leçon et, actuellement, on est dans la troisième vague. On a l’habitude de gérer ce genre de crise. On travaille à présent avec trois shifts, 24h/24 et 7j/7″, nous apprend une source du laboratoire jointe par Médias24.

« La production est donc là, contrairement à la première vague. Un état des stocks est d’ailleurs partagé chaque vendredi avec l’observatoire national relevant de la Direction des médicaments et de la pharmacie (DMP) au ministère de la Santé. Le ministère fait également des inspections à l’improviste pour s’assurer que la quantité que nous nous engageons à produire l’est réellement. »

« Notons aussi que dans l’industrie pharmaceutique, le délai d’approvisionnement varie entre trois et quatre mois, le temps d’effectuer la commande de matières premières et de la recevoir. Actuellement nous avons suffisamment de matières premières. » Tout comme Galenica, Laprophan a anticipé. « Ce qui nous pénalise, c’est plutôt la surconsommation au niveau des grossisteries et pharmacies. »

« La situation est compréhensible, d’autant plus que la vitamine C produite par Laprophan coûte à peine 15 DH, et 45 DH pour le zinaskin (zinc), contre environ 200 DH pour les autres compléments importés. Mais nous sommes étonnés de constater des perturbations tous les jours. Nous avons un quota journalier à livrer. À titre d’exemple, avant la crise du Covid, on produisait 50.000 boîtes de zinc par an. Actuellement, on peut produire jusqu’à 100.000 par mois, et tout s’évapore. Heureusement que nous avons assez de matières premières. »

Notre source estime enfin que les citoyens devraient rationaliser leurs achats, d’autant plus que l’on est à peine au début de la troisième vague. « En tant qu’industriels, on ne peut pas inciter les gens à n’acheter qu’une ou deux boîtes, mais je crois que les autorités compétentes doivent se concerter et prendre des mesures pour inciter les gens à la rationalisation », conclut-elle.

https://medias24.com/2022/01/11/covid-le-ministere-de-la-sante-rassure-sur-la-disponibilite-des-medicaments/

Covid-19 : Le pic de la troisième vague est derrière nous

Coordinateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique au ministère de la santé, Dr Mouad Merabet a annoncé à Médias24 que le pic de la vague actuelle du Covid-19 est derrière nous. « Le pic a été atteint lors de la deuxième semaine d’août, nous vivons aujourd’hui la première ou la deuxième semaine de la descente ». Cette imprécision (première ou deuxième semaine) est due au fait que la propagation du virus est différente d’une province à une autre. « Le pic a été dépassé au niveau national, mais certaines provinces y sont toujours, notamment la province d’Al Hoceima » ajoute le spécialiste.

Le pic de cette troisième vague, résultante du variant Delta, a duré deux semaines contrairement à la première vague de transmission du virus où il n’a duré qu’une semaine. Se déclenchant en général deux semaines après les contaminations, le nombre des cas graves a connu son pic ces deux dernières semaines, et nous vivons aujourd’hui, malheureusement, le pic des décès.

Interloqué par les interventions de certains professionnels de la santé qui estiment que nous n’avons toujours pas entamé la descente de cette troisième vague, Dr Merabet explique que « chaque vague a une phase ascendante, un pic puis amorce naturellement une descente. Le pic ne veut pas dire que la transmission est faible mais qu’elle est maximale. ».

Attention au retour des vacances

Il insiste toutefois sur l’importance du respect des mesures sanitaires : « Le risque de résurgence est toujours présent, surtout avec le retour des vacanciers. Nous devons garder le cap et respecter les mesures préventives de manière rigoureuse. ».

Concernant la capacité du Maroc à faire face à l’augmentation du nombre de personnes admises en réanimation, le responsable reste confiant : « A chaque fois que le nombre de personnes développant une forme grave de la maladie augmente dans une province, de nouveaux services provisoires sont ouverts, avec une capacité litière conséquente ». Rappelons que le taux d’occupation des lits de réanimation dépasse 50% aujourd’hui.

Pour le Dr Merabet, il est extrêmement important de continuer à respecter les mesures sanitaires. Gestes barrières, distanciation, port du masque, lavage des mains… toutes ces petites habitudes que nous avons apprises durant le confinement doivent être respectées de manière rigoureuse.

Aussi, il rappelle qu’en cas d’apparition des symptômes, il est primordial de se faire tester, « pour se protéger, et pour protéger les autres. ». Et appelle les citoyens à se faire vacciner car « l’efficacité des vaccins a été prouvée à travers le monde », et ce n’est qu’à travers elle que nous pouvons surmonter cette épidémie.

Enfin, notre interlocuteur conseille à ses concitoyens de s’éloigner des rumeurs, surtout celles concernant le traitement : « En cas de contamination, le protocole thérapeutique national doit être suivi. L’hydroxychloroquine est un très bon médicament, qui réduit la charge virale, permet d’éviter la probabilité de complications en cas de contamination par le variant delta et réduit la probabilité de propagation dans l’entourage. ».

Faisant face quotidiennement à un flot de désinformation, Dr Merabet conclut : « nous gérons aujourd’hui deux épidémies, celle du Covid-19 et celle des fake news. »

Les décontamineurs d’air, une innovation technologique en ces temps de pandémie

Les décontamineurs d’air pourraient être la prochaine étape dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. Au Maroc en tout cas, ceux conçus par l’entreprise finlandaise Genano sont distribués, depuis avril dernier par la société Dago.

Concrètement, il s’agit d’appareils de décontamination de l’air, dont la forme évoque celle d’un frigo, qui ont pour fonction de capter les bactéries présentes dans l’air (moisissures, virus, particules fines) et de les désactiver.

« Ils sont plus performants que les filtres HEPA qui, eux, captent les virus mais ne les détruisent pas », indique à Médias24 une source proche de Genano. « Un filtre HEPA capte mais ne tue pas les virus. Les filtres installés dans nos appareils, eux, captent et tuent les virus », abonde Guillaume Ooms, directeur de la filiale belge de Genano, également joint par Médias24.

Montées sur des roulettes, ces unités ont recours à une technologie de décontamination de l’air à l’échelle nanométrique.

Concrètement, ce processus passe par quatre étapes : dans un premier temps, l’air est conduit à l’intérieur de l’unité. Ensuite, ses particules sont chargées négativement en effluves puissants (autrement dit, elles sont désactivées). Dans un troisième temps, un collecteur de charbon actif élimine les odeurs et les gaz présents dans les composés organiques volatils (COV), ces derniers pouvant être toxiques pour la santé. Enfin, l’air est entièrement purifié et peut donc être libéré de l’appareil pour circuler à nouveau dans la pièce.

L’installation de cet appareil n’empêche pas d’aérer la pièce

« Une fois que l’air pénètre à l’intérieur de l’appareil, il est filtré par précipitation électrostatique. En d’autres termes, les électrons des particules d’air sont transformés du positif au négatif, c’est-à-dire désactivés, puis bombardés par un plasma froid de 25.000 volts à l’intérieur de l’appareil et, enfin, détruits », nous explique encore la source proche de Genano. Le filtre à charbon actif, similaire à une cartouche d’encre, doit idéalement être changé tous les neuf mois.

« Le virus passe à travers un champ électrifié ; une sorte de nuage électrique que l’on créé au sein de l’appareil », précise de son côté Guillaume Ooms. Ces unités peuvent filtrer des particules d’un diamètre de 3 nanomètres. A titre de comparaison, le diamètre du Covid-19 est d’environ 100 nanomètres, souligne-t-il encore.

Genano propose deux types de décontamineurs d’air : le Genano 52-50 et le Genano 350.

Le premier dispose d’une capacité de 500 mètres cubes/heure avec un système auto-nettoyant. « Une fois le système de lavage programmé, l’appareil s’auto-nettoie. La maintenance, dans ce cas, se fait tous les deux ans », précise notre source.

Le second dispose d’une capacité de 350 mètres cubes/heure et sa maintenance est nécessaire une fois par an. Les deux appareils sont adaptés à des superficies de 100 m² environ. « Ils décontaminent 90% de l’espace en un quart d’heure et 99.9% en deux heures. »

Il n’y a pas d’emplacement particulier, ni de contre-indication concernant l’endroit où ils doivent être installés : « Idéalement, l’appareil doit être situé au centre de la pièce pour pouvoir brasser l’air de façon optimale », indique notre source. En revanche, l’installation de ces unités n’empêche pas d’aérer la pièce et d’en ouvrir les fenêtres. « Elles peuvent d’ailleurs s’ajouter au système de ventilation existant. » Et être installées dans n’importe quelle structure : restaurants, écoles, immeubles, hôpitaux, blocs opératoires, open space, bureaux fermés, crèches, universités… En somme, dans tous les espaces confinés.

Dans le Maroc rural, la sécheresse donne plus de fil à retordre que le Covid

Dans le monde rural, le Covid-19 a laissé des traces, mais en a-t-il laissé autant que la sécheresse ? Mohamed Mahdi et Hind Ftouhi, tous deux sociologues du monde rural, sont allés s’enquérir des conditions de vie des populations rurales après 15 mois de crise sanitaire.

Des récits qu’ils ont recueillis ressort une inquiétude concernant le manque d’eau et ses répercussions sur la production agricole, la réduction des transferts d’argent en provenance d’autres villes ou de l’étranger, et l’incertitude du lendemain… La vie semble donc revenue « à la normale », car ce sont bien ces problématiques qui rythment – et rythmaient leur quotidien, crise sanitaire ou pas.

Les constats et témoignages ci-dessous ont tous été collectés par Mohamed Mahdi et Hind Ftouhi.

La rareté de l’eau, véritable épidémie ?

« Le Covid est toujours là, mais c’est la sécheresse qui pose problème. L’agriculture est en état d’arrêt. Les palmiers n’ont pas donné de dattes. Même ceux qui ont des puits ne trouvent plus d’eau. Les gens ont du mal à assurer leurs besoins car ils ne parviennent plus à produire. Je connais des jeunes qui ne partaient jamais en ville ; ils restaient travailler dans l’exploitation familiale. Mais cette année, ils ont dû partir chercher du travail ailleurs, même ceux qui ont de la terre et des puits, car l’eau est rare », témoigne une habitante de Ksar Tissergate, près de Zagora.

« Cette année, nous n’avons pas senti les effets du Covid. Nous avons vendu les pastèques à bon prix. Me concernant, j’ai vendu ma production à 70.000 DH/ha pour environ 25.000 dirhams dépensés pour produire un hectare. Avec la levée des restrictions, il n’y a pas eu de complications. Par contre, il y a un problème d’eau. Il n’y a pas eu une goutte de pluie cette année. Et même si mon forage n’a pas tari, l’eau pompée a diminué par rapport aux années passées », explique pour sa part un jeune producteur de pastèques originaire de Oued Mird, dans l’extension de l’oasis de Ktaoua, toujours dans la province de Zagora.

« Le Covid nous a affectés à travers nos enfants émigrés qui travaillent en ville ou à l’étranger. Avec toutes les restrictions, le travail n’est pas très disponible ; ils arrivent à peine à couvrir leurs besoins, « yallah hazzin ryosshom ». Les transferts ont diminué mais ça commence à s’améliorer. Le manque d’eau affecte l’agriculture. Notre source de revenus dans la vallée, ce sont les dattes. Mais le manque d’eau fait crever les palmiers. C’est le travail de trente ou quarante ans qui est réduit à néant », raconte enfin un agriculteur dans l’oasis de Fezouata.

« Les témoignages recueillis dressent un tableau sombre sur le vécu de ces paysans et mettent le doigt sur les fragilités de leurs écosystèmes et, de façon plus générale encore, sur les difficultés de l’agriculture familiale au Maroc, qui proviennent de deux sources majeures d’incertitude : le climat et le marché », explique Mohamed Mahdi, joint par Médias24. « Les effets des séquelles de la période du Covid-19 sur les familles d’agriculteurs varient en fonction des régions agro-écologiques du pays (plaine fertile ou non fertile, montagne, oasis, steppe, pré-Sahara et Sahara) et du modèle d’exploitation agricole en leur sein », poursuit-il.

« L’un des critères de différenciation des exploitations agricoles familiales pourrait être la place et l’importance du revenu généré par les activités de l’exploitation dans le revenu global. Ce dernier est composé des revenus de l’exploitation (tirés de la production végétale et animale) et des revenus drainés par les activités exercées hors exploitation (journalier, commerce, transport, BTP, etc.) et par les transferts. Les exploitations agricoles familiales qui souffrent le plus sont celles qui dépendent hautement du revenu agricole. Autrement dit, plus une famille dépend des revenus agricoles, plus elle est fragile ; les familles qui s’en sortent le mieux sont celles qui diversifient les sources de revenus. »

Mohamed Mahdi en donne un exemple : « Dans les communautés du versant sud du Haut-Atlas, marquées par une ancienne tradition d’émigration à l’étranger et dans les villes marocaines, et par une forte mobilité de travail vers les centres proches, les familles ne vivent que peu des revenus agricoles et comptent plus sur des revenus drainés par le travail hors exploitation des membres de la famille, des transferts et les aides communautaires ».

Et un autre : « Dans la plaine du Saïss, à potentiel agricole important, la part du revenu agricole dans le revenu global est très élevée, ce qui place l’économie des familles paysannes dans une forte dépendance du marché et à la merci de ses fluctuations. Dans les régions d’élevage extensif (l’Oriental, le Moyen Atlas, le pré-Sahara et le Sahara), les familles d’éleveurs vivent dans une quasi-spécialisation et dépendent majoritairement des revenus générés par la vente du bétail. »

« Une troisième année de sécheresse, c’est beaucoup plus grave que le Covid »

Yassine Jamali, vétérinaire et agriculteur à El Kelâa des Sraghna, dans la région Marrakech-Safi, constate, lui aussi, que les effets de la crise sanitaire pèsent moins dans la balance que ceux de la sécheresse. « Les gens ont été incontestablement beaucoup plus impactés par la très mauvaise récolte céréalière que par le Covid. Bien sûr, ils ont été impactés dans leur quotidien par le fait qu’il n’y avait plus de marchés hebdomadaires. Or ce sont les lieux où ils s’approvisionnent et vendent leurs produits, leur bétail, pour avoir un peu de visibilité et faire tourner la marmite. Sur cela, oui, ça a été difficile. D’ailleurs, à partir du moment où on a levé l’interdiction sur les marchés hebdomadaires, la vie a repris son cours. Mais même si je n’irais pas jusqu’à dire que la population ne s’est pas rendue compte qu’il y avait une pandémie, il faut dire que dans une région aride, la pluie compte beaucoup plus que toute autre chose. La crise sanitaire passe au second plan. Le Covid-19 est arrivé en 2020, lors d’une très mauvaise année climatique qui suivait deux mauvaises années. C’était donc la troisième mauvaise année, et c’était beaucoup plus grave que le Covid. Heureusement, l’année 2021 a été très bonne sur le plan pluviométrique. Cela a masqué les effets de la crise sanitaire », raconte-t-il à Médias24.

Il ajoute : « En termes de déplacement, j’ai entendu dire que des exploitants agricoles avaient eu du mal à avoir des ouvriers puisque les déplacements, en période de confinement, étaient très limités. Chez nous, on ne s’en est pas rendu compte parce que les déplacements se font à toute petite échelle. Les gens viennent d’un rayon de 8 km maximum ; il n’y a donc eu aucun souci pour se déplacer. »

Des propos qui rejoignent ceux formulés par Mohamed Mahdi, lorsqu’il explique que « le paysan a été confiné à sa manière, dans son douar et pas dans son foyer. Le monde rural a le privilège du grand espace et de la liberté du mouvement que requièrent les activités quotidiennes des femmes et des hommes pour nourrir le bétail, irriguer les champs, entretenir les plantes, etc. ; activités qui ne peuvent être remises à plus tard. Si bien que le confinement n’a suspendu ni l’activité agricole, ni la vie communautaire ».

Désormais, place à la vaccination. « Les gens vont se faire vacciner au dispensaire du village », explique Yassine Jamali, qui salue un système vaccinal « très fluide, très bien organisé ».

Covid. 211 nouveaux cas ce dimanche 23 mai

211 nouveaux cas de contamination au coronavirus ont été détectés ce dimanche 23 mai, portant le cumul à 517.023 cas, soit 1.421,3 par 100.000 habitants.

Sur les dernières 24 h, l’incidence est de 0,6 cas par 100.000 habitants. La majorité des nouveaux cas (104) ont été détectés à Casablanca.

D’autre part, 8.290 tests ont été effectués. Le taux de positivité est de 2,54%.

3 nouveaux décès ont été enregistrés, portant le cumul à 9.122 décès et le taux de létalité reste stable à 1,8%.

178 nouvelles guérisons ont été annoncées, soit un total de 505.228 guérisons et un taux de rémission de 97,7%.

Le nombre de cas actifs augmente ainsi à 2.673 cas et celui des cas sévères ou critiques baisse à 160. Le taux d’occupation des lits de réanimation dédiés au Covid 19 est de 5,1%.

8 nouveaux cas sévères ou critiques ont été admis sur les dernières 24 h. 5 sont sous intubation et 79 sous ventilation non invasive.

 

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A Dakhla, la détection de cas Covid et le couvre-feu ont freiné la dynamique touristique

La détection de quarante cas porteurs du variant britannique du Covid-19, à Dakhla, en mars dernier, a considérablement freiné la dynamique touristique qui était alors observée dans la perle du Sud, contrastant avec les autres villes du Maroc.

« A Dakhla, les autorités ont effectivement recensé une quarantaine de cas d’un seul coup en mars, alors que tout le monde était habitué à des chiffres de contamination très bas. Cela a donc eu un impact très négatif sur l’image de la ville, alors que d’autres villes marocaines enregistrent des chiffres beaucoup plus importants. En réalité, ce sont les restrictions qui sont à l’origine de l’arrêt de cette bonne dynamique touristique. Auparavant, le couvre-feu tournait autour de 22-23 heures, contre 20 heures actuellement », indique Khalil Ajana, directeur régional du groupe Dakhla Attitude, joint par Médias24.

Des problèmes de communication ?

Leila Ouachi, présidente de l’Association Lagon Dakhla et directrice générale de l’agence de communication OL Consulting, déplore également « un problème de communication » : « Les gens ont pensé que les vols nationaux à destination de Dakhla s’arrêtaient alors qu’ils n’ont jamais été interrompus. Ils ne savaient donc plus s’ils pouvaient voyager ou pas et cela a généré beaucoup d’annulations. »

Même son de cloche du côté de Kenza Fenjiro, directrice de l’établissement Ocean Vagabond Dakhla Lagon : « Il y a effectivement eu une rumeur – pourtant jamais confirmée par le gouvernement – selon laquelle les vols nationaux à destination de Dakhla avaient été suspendus. Cette rumeur a couru en même temps que l’annonce de la suspension des vols internationaux. C’est cela qui a généré de la confusion auprès de nos clients et, par conséquent, a mis un coup de frein aux réservations. Quant aux cas de Covid qui ont été détectés en mars dernier, il y a bien eu un mouvement de panique pendant quelques jours, avec des annulations, mais nous avons pu rassurer nos clients sur le déroulement du séjour : notre établissement est situé à 30 km de Dakhla, les tests PCR sont effectués à chaque arrivée à l’aéroport et nos bungalows sont très éloignés les uns des autres. Le risque de contamination est donc minime. »

Leila Ouachi se veut aujourd’hui rassurante quant à la capacité « sanitaire » de la ville à recevoir des touristes : « Les cas de Covid qui ont été détectés en mars dernier, c’était des locaux. Des mesures ont été prises pour leur isolement et un dépistage massif au niveau de la population a été effectué. Les choses ont été très bien gérées. Dakhla a donc aujourd’hui la possibilité de recevoir des touristes marocains. A nous, les opérateurs touristiques, de communiquer pour confirmer que les mesures sanitaires sont toujours bien en vigueur. »

Très peu de visibilité sur les mois à venir

En revanche, difficile d’avoir de la visibilité sur les mois à venir. La seule visibilité que les opérateurs touristiques ont concerne le long week-end de l’Aïd el-Fitr qui s’annonce : « Nous avons beaucoup de réservations pour ce long week-end », souligne Kenza Fenjiro. Même chose au sein du Dakhla Club Hotel, dont la direction de l’hébergement nous a indiqué que le week-end de l’Aïd était « complet ».

Tout autre constat pour Khalil Ajana : « Les réservations pour l’Aïd sont très faibles car personne ne sait si les restrictions nocturnes vont être maintenues. Rentrer dans la chambre d’hôtel à 20 heures, cela n’intéresse pas les touristes. Il y a donc quelques réservations qui ont été faites, mais vraiment pas beaucoup, alors que les conditions étaient pourtant réunies pour que ce week-end soit plein. »

Tous s’accordent à dire qu’ils n’ont pas de visibilité concernant la saison estivale. « Les réservations que nous avons enregistrées pour les mois à venir ne sont que d’anciennes réservations ; des clients qui ont déjà réservé il y a longtemps. Les frontières rouvrent, ferment… Les gens ne savent pas ce qui va se passer. Ils sont donc réticents à s’engager sur un billet d’avion qui ne sera pas remboursé, ou sur des vols reportés à une date ultérieure dont on ne connaît pas l’échéance. C’est tout à la dernière minute », nous dit-on au sein du Dakhla Club Hotel.

« Des clients annulent leur réservation à la dernière minute », confirme Khalil Ajana. « On était censés avoir beaucoup de clients en mai. Beaucoup de touristes européens (allemands, français, italiens et espagnols) voulaient venir mais la fermeture des frontières jusqu’au 10 juin leur a coupé l’herbe sous le pied. Ceux qui ont maintenu leurs réservations annuleront au dernier moment, s’ils voient que les frontières ne rouvrent pas. Tout le monde manque de visibilité à cause de la fermeture des frontières et du maintien du couvre-feu. Franchement, on n’y croit pas trop ; on s’attend à revivre le même film que l’année dernière », ajoute-t-il.

« Nous avons une forte demande de touristes étrangers, mais pas de visibilité hormis ce qui a été communiqué concernant la réouverture des frontières le 10 juin et sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire. Nous avons également beaucoup de demandes de clients marocains, qui s’apprêtent à passer l’été au Maroc », indique pour sa part Kenza Fenjiro.

Seule Leila Ouachi semble plus optimiste : « Nous avons énormément de demandes de touristes étrangers, principalement français, espagnols, belges et, dans une moindre mesure, allemands. Je ne m’inquiète pas pour Dakhla pour la saison estivale. »

Les faillites d’entreprises ont augmenté de 15% au premier trimestre 2021

Contre toute attente, les défaillances d’entreprises ont enregistré un recul de 21,6% en 2020, selon les chiffres d’une étude d’Inforisk publiée début février. Une situation paradoxale alors que le Maroc vivait la pire récession de son histoire. Cette diminution des faillites résultait des aides gouvernementales, notamment à travers les programmes Relance et Oxygène. Elle s’expliquait également par le gel de l’appareil administratif, incapable de traiter les dossiers dans les tribunaux durant la période de confinement.

Cette même étude d’Inforisk tablait sur une forte augmentation des faillites en 2021. Ce pronostic se confirme. Contacté sur le sujet, Amine Diouri, directeur des études et de la communication chez Inforisk D&B, nous livre les premières analyses de 2021 avec les chiffres agrégés.

Une accélération des faillites depuis février

Selon les chiffres communiqués par Inforisk, 2.694 défaillances d’entreprises ont été enregistrées depuis le début de l’année 2021. Soit 15% de plus qu’en 2020 à la même période et 6% de plus qu’en 2019 :

Tableau des défaillances d’entreprises sur les trois premiers mois de l’année (2019-2021)

Janvier Février Mars Total
2019 1.032 848 663 2.543
2020 1.171 713 462 2.346
2021 1.053 886 755 2.694

Source : Inforisk D&B

Pour Amine Diouri, le rythme de progression des faillites s’est redressé depuis le mois d’octobre 2020 pour revenir à un niveau « normal », à savoir celui observé sur l’année 2019. Mais depuis 2021, une accélération du nombre de défaillances se fait sentir. Donc au-delà du retour à la tendance haussière normale des faillites, il y a en plus actuellement un effet crise Covid.

Et si cet effet Covid reste modéré pour le moment, la situation ne durera probablement pas. Selon notre interlocuteur, la probabilité que l’impact de la crise sur les entreprises s’accélère dans les prochains mois est très élevée.

Le premier semestre 2021 sera naturellement marqué par une hausse des défaillances par simple effet mécanique. Car si les tribunaux de commerce étaient paralysés de mars à juin 2020 à cause du confinement, ce ne sera pas le cas cette année. Pour notre interlocuteur, il faudra s’attendre à une augmentation substantielle des défaillances d’entreprises sur la période. « De mars à juin 2020, il y avait environ 700 défaillances. En période normale, il devrait en avoir trois fois plus. Désormais, ce qu’il faut voir sur le premier semestre 2021, c’est s’il y a, en plus de l’effet mécanique, un fort effet des répercussions de la crise. La question est de savoir si l’on va être dans la normale ou bien au-delà de la normale ».

Une hausse de 65% minimum attendue sur le premier semestre 2021

D’après les anticipations d’Inforisk, en plus de la hausse mécanique, les effets de la pandémie se feront très probablement ressentir. « D’après nos chiffres, si sur le second trimestre 2021, le trend est le même qu’en 2019, ce qui serait le minimum auquel il faut s’attendre, nous arriverons à la fin du premier semestre à une hausse de 65% des défaillances par rapport à 2020. Je tiens à préciser que ce chiffre est le minimum à envisager. L’effet additionnel Covid sera probablement observé sur cette période et alourdira les chiffres » nous explique Amine Diouri.

Comme le signalait l’étude d’Inforisk début février, avec l’arrêt prévu des mécanismes Oxygène et Relance, les entreprises devront commencer à faire face à des difficultés. « Entre les aides perçues et les réductions salariales opérées en 2020, certaines entreprises ont réussi à tenir le choc, mais en 2021, seront-elles capables de faire face sans Damane Oxygène ? Ce n’est pas garanti », poursuit notre interlocuteur.

Sur le premier trimestre 2021, si l’information détaillée n’est pas encore disponible pour savoir quels secteurs et quelles zones géographiques ont été les plus impactés, les secteurs traditionnels devraient être naturellement touchés. Mais avec la crise, d’autres secteurs devraient également plus souffrir qu’à l’accoutumée. « Les trois secteurs qui composent 70% des créations et défaillances d’entreprises sont le commerce, le BTP et l’immobilier. Maintenant, avec la crise, des secteurs fortement exposés comme celui du tourisme devraient lourdement en pâtir. Nous n’avons pas de chiffres officiels pour le moment, il s’agit de supposition, mais je pense que les branches d’activité comme l’hôtellerie/restauration, les agences de voyage et les services de locations de voitures seront plus touchés que les autres », estime Amine Diouri.

Concernant les structures d’entreprises, si les chiffres au premier trimestre 2021 sont agrégés, les TPE sont naturellement les plus exposées car les plus fragiles. D’ailleurs, il est à rappeler que dans son étude début février, Inforisk informait que 98,9% des entreprises qui ont fait faillite en 2020 étaient des TPE.

>>Lire aussi: Une vague de faillites de TPME est attendue pour fin 2020 début 2021