L’encours des crédits bancaires progresse de 13,6 MMDH en juin 2024

La dernière publication des statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib montre une hausse des crédits bancaires en juin 2024 par rapport au mois précédent. Globalement, par objet économique, tous les encours sont en hausse. Dans le détail :

L’encours global des crédits bancaires se situe à 1.110,5 MMDH, en hausse de 1,2% ou 13,6 MMDH par rapport à mai 2024. Si l’on compare avec la même période en 2023, le crédit bancaire affiche une progression de 3,2%, soit 34,2 MMDH.

L’encours des crédits immobiliers progresse de 0,6% par rapport au mois précédent, à 306,6 MMDH. Par rapport à la même période l’an dernier, l’encours des crédits immobiliers a légèrement progressé de 1,2%.

Les comptes débiteurs et crédits de trésorerie affichent une légère hausse d’un mois sur l’autre de 0,5%, soit 1,3 MMDH. L’encours atteint 251,3 MMDH.

Concernant les encours des secteurs institutionnels, ils sont tous en hausse, excepté celui au secteur public, dont l’encours affiche une baisse de 5,9% d’un mois sur l’autre, à 95,8 MMDH. Sur 12 mois glissants, l’encours a progressé de 4,4% ou 4 MMDH.

Les créances en souffrance ont baissé de 1,2% par rapport au mois précédent. En juin, elles atteignent 95,4 MMDH. Sur une année glissante, les créances en souffrance augmentent de 3,1 MMDH.

L’encours des crédits bancaires progresse de 48 MMDH en 12 mois

La dernière publication des statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib montre une très légère baisse des crédits bancaires en mai 2024 par rapport au mois précédent. Dans le détail :

L’encours global des crédits bancaires se situe à 1.096,9 MMDH, en baisse de 0,1% ou 612 MDH par rapport à avril 2024. Si l’on compare avec la même période en 2023, le crédit bancaire affiche une progression de 4,6% soit 48 MMDH.

L’encours des crédits immobiliers progresse de 0,3% par rapport au mois précédent à 304,8 MMDH. Par rapport à la même période l’an précédent, l’encours des crédits immobiliers a augmenté de 1,3%.

Les comptes débiteurs et crédits de trésorerie affichent une baisse d’un mois sur l’autre de 0,5%, soit 1,2 MMDH d’un mois sur l’autre. L’encours atteint 250 MMDH.

L’encours des crédits à l’équipement en mai progresse de 4,5 MMDH en valeur d’un mois sur l’autre à 204,7 MMDH. Sur une année glissante, l’encours progresse de 22,8 MMDH en valeur.

Par secteur institutionnel, on observe en mai une progression de 1,4% de l’encours des crédits aux ménages à 395 MMDH. Sur une année glissante, l’encours progresse de 9,5 MMDH.

Les créances en souffrance sont stables par rapport au mois précédent. En mai, elles atteignent 96,6 MMDH. Sur une année glissante, les créances en souffrance augmentent de 3,7 MMDH.

 

Fort ralentissement du crédit bancaire en janvier et hausse des impayés

La dernière publication des statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib montre une baisse notable des crédits bancaires en janvier 2024 par rapport au mois précédent. Globalement, les encours sont en retrait ou stable, dépendant des objets économiques ou des secteurs institutionnels. Dans le détail :

L’encours global des crédits bancaires se situe à 1.090 MMDH, en baisse de 2,2% ou 24,2 MMDH par rapport à décembre 2023. Si l’on compare avec la même période en 2023, le crédit bancaire affiche une progression de 5,5% soit 56,8 MMDH.

L’encours des crédits immobiliers recule de 0,3% par rapport au mois précédent à 302,2 MMDH. Par rapport à la même période l’an précédent, l’encours des crédits immobiliers a légèrement progressé de 0,7%.

Les comptes débiteurs et crédits de trésorerie affichent une baisse notable d’un mois sur l’autre de 4,6%, soit 12 MMDH d’un mois sur l’autre. L’encours atteint 249,1 MMDH.

Concernant les encours aux secteurs institutionnels, ils sont tous en baisse, excepté celui aux ménages en stagnation.

Les créances en souffrance ont également augmenté par rapport au mois précédent. En janvier, elles atteignent 94,1 MMDH, en hausse de 1,1% par rapport au mois précédent. Sur une année glissante, les créances en souffrance augmentent de 4,8 MMDH.

Les crédits de trésorerie repartent à la hausse en octobre, les impayés progressent

D’après les derniers chiffres des statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib à fin octobre, les créances en souffrance atteignent 95,1 MMDH, en hausse de 6,4% ou 5,7 MMDH sur 12 mois.

Avec l’accroissement du portefeuille des créances en souffrance, le chantier de création d’un marché secondaire des créances impayées semble devenir un impératif.

L’encours des crédits bancaires a baissé de 0,2% par rapport au mois précédent à 1.081 MMDH. Sur une année glissante, les crédits affichent une progression de 4,9% ou 50 MMDH en valeur.

Ce qui ressort principalement des chiffres, c’est une reprise soutenue des crédits de trésorerie de 3% en octobre à 258 MMDH par rapport au mois précédent. Sur un an, ils reculent néanmoins de 3,8%.

Les crédits à l’équipement progressent de 0,6% à 190,7 MMDH. Les crédits aux promoteurs sont en quasi stagnation par rapport au mois précédent à 52,3 MMDH. Ces derniers ont affiché une baisse de 1,7% depuis le début de l’année, dans le sillage du resserrement monétaire.

Hausse du crédit bancaire et des impayés en septembre

La dernière publication des statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib montre une hausse notable des crédits bancaires en septembre 2023 par rapport au mois précédent.

L’encours des crédits bancaires se situe à 1.084 MMDH, en hausse de 2,2% ou 22,8 MMDH par rapport à août 2023. Si l’on compare avec la même période en 2022, le crédit bancaire affiche une progression de 4,6% soit 47,8 MMDH.

L’encours des crédits immobiliers en septembre 2023 est stable par rapport au mois précédent à 301,7 MMDH. Par rapport à la même période l’an précédent, l’encours des crédits immobiliers a progressé de 1,5%.

Les comptes débiteurs et crédits de trésorerie ont affiché une accélération de 2,1% d’un mois sur l’autre. L’encours en septembre atteint 250,4 MMDH, en hausse de 5,2 MMDH par rapport à août. Par rapport à septembre 2022, l’encours a baissé de 6,1%. Depuis le début de l’année, l’encours a reculé de près 13,6 MMDH.

Les créances en souffrance ont également augmenté par rapport au mois précédent. En septembre, elles atteignent 95,1 MMDH, en hausse de 1,2% par rapport au mois précédent. Sur une année glissante, les créances en souffrance augmentent de 6,57 MMDH.

Crédit bancaire : léger recul des impayés en avril 2022

La dernière publication des statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib montre une baisse des crédits bancaires en avril 2022 par rapport au mois précédent.

L’encours des crédits bancaires se situe à 980 milliards de dirhams, en hausse de 0,8% ou 7,9 milliards de dirhams par rapport à mars 2022. Si l’on compare avec la même période en 2021, le crédit bancaire affiche une progression de 3,2% mais accuse une baisse de 0,5% en YTD (Year to date, ou cumul annuel jusqu’à ce jour).

Dans le détail, le crédit immobilier en avril 2022 a affiché une légère hausse de 0,2% par rapport à mars 2022, à 293 milliards de dirhams. Par rapport à la même période l’an dernier, l’encours des crédits immobiliers a progressé de 2,3%.

Les comptes débiteurs et crédits de trésorerie ont affiché une hausse de 4,2% d’un mois à l’autre. En mars, l’encours atteint 236,4 milliards de dirhams. Par rapport à fin avril 2021, l’encours a progressé de 10,5%.

Le crédit à l’équipement s’affiche à 175,5 milliards de dirhams, en légère progression de 0,3% par rapport au mois dernier. Comparé à la même période l’an dernier, il régresse de 2,9%.

Le crédit à la consommation évolue légèrement de +0,3% à 56,3 milliards de dirhams. Sur une année glissante, il progresse de 2,3%.

Baisse des encours au secteur financier en avril 2022

Concernant les différentes catégories d’emprunteurs, l’encours des crédits aux ménages s’élève à 371,5 milliards de dirhams, en hausse de 0,3% par rapport au mois dernier. Par rapport à fin avril 2021, l’encours a augmenté de 3,4%.

L’encours aux entreprises privées s’élève à 415,7 milliards de dirhams, en progression de 1,6% par rapport au mois dernier. Sur un an, l’encours aux entreprises privées affiche une hausse de 5,6%.

Concernant le secteur financier, l’encours des crédits bancaires a connu une forte contraction de 10,9%, ou 15,4 milliards de dirhams en valeur par rapport au mois dernier, à 126,4 milliards de dirhams. D’une année sur l’autre, l’encours a progressé de 3,2%.

L’encours au secteur public baisse légèrement de 0,3% à 66,9 milliards de dirhams par rapport au mois dernier. D’une année sur l’autre, l’encours affiche une baisse de 10,3%.

Les impayés stagnent en avril mais reculent concernant les entreprises privées

Les créances en souffrance s’élèvent à 86 milliards de dirhams en avril, en baisse de 0,2% par rapport au mois précédent. Sur un an, elles ont augmenté de 6,1% ou 4,95 milliards de dirhams.

Celles des ménages ont légèrement progressé de 0,2% par rapport à mars 2022. Elles atteignent 36,6 milliards de dirhams. Sur une année, elles affichent une progression de 5%.

Les impayés des sociétés non financières privées, en revanche, reculent d’un mois sur l’autre à 48,5 milliards de dirhams, en baisse de 0,6% par rapport au mois précédent. Sur une année glissante, ils affichent une croissance de 5,2%.

Medias24
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Délais de grâce : Les demandes fusent, l’activation n’est pas automatique

Le délai de grâce ou l’outil salvateur du consommateur défaillant, est un mécanisme encadré par l’article 149 de la loi sur la protection du consommateur. Il rend possible la suspension du paiement d’un crédit immobilier ou à la consommation.

Cette suspension peut durer jusqu’à 2 ans pendant lesquels les sommes dues peuvent ne pas produire d’intérêts. Ce mécanisme est à distinguer de la mesure qui consiste à reporter les échéances bancaires, mise en place par le Comité de veille économique (CVE) en mars 2020 pour une durée de 3 mois renouvelable une seule fois (soit 6 mois au maximum). 

La mesure lancée par le CVE concerne à la fois les consommateurs et les professionnels, tandis que le délai de grâce, prévu par la loi 31-08 sur la protection du consommateur, vise uniquement les emprunts pour des raisons personnelles ou familiales

Il convient de préciser que les deux mécanismes peuvent être combinés. Certains ont d’abord eu recours au report des échéances bancaires, volontairement proposé par leurs banques, avant d’introduire (après les 3 ou 6 mois de reports accordés par la banque) une demande de délai de grâce. D’autres ont eu recours à cette dernière procédure après avoir essuyé un refus de leur banque. 

Le mois de septembre a justement marqué la fin de la mesure mise en place par le CVE, ce qui pourrait partiellement expliquer la hausse des demandes de délais de grâce dont témoignent des avocats joints par Médias24. 

Selon ces derniers, ces demandes ont explosé depuis la rentrée. Et pour cause, il s’agit d’un mécanisme idéal pour dépasser une période de crise telle que celle que nous vivons aujourd’hui et qui, jusqu’à présent, continue de toucher plusieurs secteurs d’activités.

En effet, étant donné que la crise économique s’installe, certaines personnes qui ont été épargnées durant les 6 premiers mois en ont finalement subi les effets. Les restructurations d’entreprises continuent et engendrent de plus en plus de pertes d’emplois. 

La crise ne cesse d’impacter de nombreuses entreprises qui ont remercié plusieurs salariés ou largement réduit leurs salaires. Conséquence: des personnes endettées en situation de précarité. Solution: demander un délai de grâce pour reporter les échéances de crédits immobiliers ou à la consommations ainsi que d’autres produits financiers. 

Cela dit, même si « la grande majorité des décisions judiciaires ont été favorables aux consommateurs », comme en témoigne Maître Mourad Elajouti, il faut souligner que dans certains cas, les demandes sont rejetées et ce, même en prouvant une diminution conséquente de revenus.

Méconnue il y a peu, très convoitée aujourd’hui

« Cette procédure était méconnue du grand public », déclare Maître Elajouti qui impute, en grande partie, l’augmentation des demandes de délais de grâce aux « efforts de sensibilisation » des professionnels du Droit.  

Selon l’avocat, les litiges entre consommateurs et établissements bancaires ont mis en exergue le mécanisme encadré par l’article 149 de la loi 31-08, faisant de lui l’un des dossiers les plus traités en cette période de crise, aux côtés des loyers impayés et des procédures d’entreprises en difficultés.

« Il faut souligner qu’avant, on ne traitait que rarement la procédure de délais de grâce », martèle Maître Elajouti. 

Sa consoeure, Maître Nesrine Roudane, confirme cette tendance haussière. Selon l’avocate, et en l’absence de statistiques officielles, « un benchmark rapide auprès des confrères permet de constater non seulement une augmentation des demandes en référé auprès des juridictions compétentes mais aussi des demandes de consultations juridiques y afférentes ».  

Cette augmentation a été observée depuis la reprise des activités judiciaires. Elle a été marquée par la présence de nombreuses demandes « introduites pour bénéficier des dispositions de l’article 149 de la loi 31-08 en pensant, à tort, que les délais de grâce seraient accordés de façon systématique », indique Maître Roudane. 

L’activation du délai de grâce n’est pas automatique

Le 8 septembre 2020, une ordonnance a été rendue par le TPI de Casablanca, à travers laquelle une demande de délai de grâce a été rejetée à un emprunteur et ce, malgré la réduction conséquente de son salaire.

Ce dernier est passé de 23.947 DH à 2.572 DH dans certains cas, sachant que la mensualité du prêt est établie à 3.566 DH. 

Dans cette affaire, le TPI a considéré que « l’application de l’article 149 suppose une perte de salaire ». 

Autre cas de refus: celui où, l’emprunteur a été licencié pour faute grave. Là encore, ce n’est pas automatique, les tribunaux risquent de considérer le licenciement comme un fait imputable au demandeur et non un fait imprévisible et étranger à sa volonté.

« Les demandes des délais de grâce sont appréciées « In concreto »Les juridictions compétentes procèdent, au cas par cas, à une analyse concrète de la situation en s’appuyant sur les éléments liés aux faits justifiant la demande d’un délai de grâce de façon à éviter les demandes abusives ou intempestives afin de préserver tous les intérêts en jeu. Les juges pourront, en prenant en considération la position du débiteur, notamment et pas seulement, en cas de licenciement ou de situation sociale imprévisible user de leur pouvoir d’appréciation souverain pour accorder ou non des délais de grâce qui ne peuvent excéder deux ans », explique l’avocate.

Ainsi, la demande de délai de grâce est un droit que peuvent activer les consommateurs en difficultés, mais encore faut-il répondre à certains critères et ce, même dans le cadre de la situation pandémique et de l’état d’urgence sanitaire qui « ne vont pas justifier une activation systématique des délais de grâce », précise Maître Roudane.

« Aujourd’hui, nous constatons que les demandes sont introduites de façon régulière mais avec plus de lucidité concernant leurs chances d’aboutissement », ajoute-t-elle.

La crise n’a pas encore dit son dernier mot

Certains pourraient penser que les effets de la crise sont passés et que les rescapés sont immunisés. C’est faux.

En effet, selon Maître Nesrine Roudane, « l’état d’incertitude et d’imprévisibilité que nous vivons en raison de la crise économique va forcément influer sur le nombre des demandes introduites ». Autrement dit, il faut s’attendre à ce que cette tendance haussière se poursuive. 

Pour Maître Elajouti, « le nombre de ces dossiers va certainement continuer à augmenter, surtout que la crise bat son plein ce qui va naturellement impacter les échanges commerciaux et le flux des services ». 

Voici comment devrait évoluer l’activité bancaire en 2020, selon CFG bank

Il ne faut pas espérer une forte baisse globale des taux d’intérêt (banquier)

Bank Al-Maghrib a réduit son taux directeur de 50 points de base, ce mardi 16 juin, le ramenant à 1,5%. Il faut remonter à 2003 pour voir une baisse aussi forte du coût de l’argent. Cet abaissement a été précédé d’un autre d’une ampleur traditionnelle : 0,25 points de base en mars dernier.

En tout, le taux directeur a donc été abaissé de trois quarts de point en 3 mois pour soutenir la relance économique. Les attentes des différentes catégories d’emprunteurs sont fortes.

Sauf qu’il ne faut pas trop espérer de cette décision de politique monétaire en matière de coût des emprunts, prévient le DG d’une banque qui tient à garder l’anonymat. Du moins pas dans l’immédiat.

Les crédits Relance indexés sur le taux directeur, pas les autres

Certes, pour certaines catégories d’emprunteurs, l’impact de la baisse du taux directeur sera significatif sur le coût du financement.

Il s’agit en premier de toutes les entreprises qui vont contracter les crédits Relance garantis par l’Etat et dont le taux d’intérêt a été fixé par le CVE. Ce taux est équivalent au taux directeur, majoré de 200 points de base. Alors qu’il était de 4% avant mardi 16 juin, ce taux passe automatiquement à 3,5% compte tenu de l’indexation sur le taux directeur.

Il s’agit aussi de l’Etat pour ses emprunts sur le marché domestique. Le taux directeur étant la base de la courbe des taux obligataires, sa baisse tirera automatiquement cette dernière vers le bas, avec toutefois une ampleur différente en fonction des maturités des bons du Trésor et un certain décalage dans le temps.

Mais pour tous ceux (ménages et entreprises) qui solliciteront les banques pour les crédits conventionnels (consommation, habitat, fonctionnement et investissement), la baisse du coût des financements ne sera pas immédiate et de la même ampleur que celle du taux directeur.

Les avances de BAM ne représentent qu’une petite partie des ressources bancaires

Et pour cause. Le DG de la banque contacté par Médias24 explique que les avances de Bank Al-Maghrib accordées aux banques pour financer leur déficit de trésorerie, et qui sont facturées au taux directeur, ne constituent qu’une toute petite partie des ressources des banques (entre 5 à 10% de l’ensemble des ressources des banques, selon notre source). Une baisse du coût de ces avances n’induit donc qu’une petite baisse du coût global des ressources bancaires.

Et il ne s’agit que de financements à court terme, indique notre source : « les refinancements au taux directeur se font à 7 jours. Ils sont renouvelables bien sûr, mais ça reste des ressources qu’on mobilise sur le court terme. On ne peut donc pas s’engager par exemple sur des crédits immobiliers à très long terme sur la base du taux directeur ».

En 2018 (dernières données agrégées disponibles), les ressources des banques émanant des autres établissements de crédit ne représentaient que 10% de leur passif, et ce, malgré l’augmentation du recours aux avances de BAM. De plus, ces dernières représentaient moins de 60% des ressources contractées auprès des autres établissements de crédit.

En fait, l’essentiel des ressources des banques (70%) est constitué des dépôts de la clientèle. Certes, 60% de ces dépôts sont à vue, donc gratuits. Mais les 40% restants ont un coût. Les dépôts à terme coûtaient entre 2,6% et 3% en moyenne en avril, en fonction de la durée de placement. Et les comptes sur carnet coûtent 1,8% au premier semestre.

 En 2018, le coût moyen des dépôts s’élevait à près de 1%.

 A ces deux types de ressources s’ajoutent les financements des banques auprès du marché (dettes obligataires, certificats de dépôts…) qui représentent 8% et qui ont un coût supérieur au taux directeur ; ainsi que les capitaux propres (10%) dont le coût est encore plus élevé, les actionnaires exigeant généralement un ROE à deux chiffres.

Il faut attendre que le coût de toutes les catégories de ressources baisse

Il faut donc que le coût de toutes ces catégories de ressources baisse pour espérer obtenir un recul significatif des taux des crédits. En 2018, le coût moyen des ressources s’élevait à 1,37%, en légère baisse depuis 2017.

 Certes, la baisse du taux directeur tirera également vers le bas les taux créditeurs des dépôts rémunérés, ceux des obligations et certificats de dépôts… Mais il faudra attendre un certain temps, et la baisse ne sera pas de la même ampleur.

« Cette question dépend aussi de la concurrence entre banques, de la structure des ressources de chacune d’entre elles, des objectifs commerciaux… Il y en a qui vont consentir des baisses plus importantes que d’autres sur les prochains mois, mais ce qui est sûr c’est que ces baisses ne calqueront pas parfaitement la baisse du taux directeur, car c’est juste impossible »

Bank Al-Maghrib a souligné lors de son dernier conseil qu’elle veillera à la transmission par les banques des décisions de politique monétaire et que celles qui ne suivront pas seront pénalisées en termes de refinancement. Mais la structure et le coût des ressources sont ce qu’ils sont.

En attendant de voir comment les choses évolueront, rappelons que les taux des crédits à la consommation et à l’habitat ont augmenté au 1er trimestre 2020 par rapport à la même période en 2020, et ce, malgré l’abaissement du taux directeur de 0,25 point en mars. Les taux pour les TPME ont également augmenté. Preuve que la transmission de la politique monétaire à l’économie réelle n’a jamais été évidente…

Report des échéances des crédits : le délai de grâce, joker du consommateur

Les banques ont entamé la mise en œuvre du moratoire sur les échéances des crédits bancaires. Un dispositif qui cible, entre autres, les particuliers impactés par la crise du Coronavirus. A leur demande, ces derniers peuvent bénéficier d’un report des traites des mois de mars, avril, mai et juin.

Cette mesure a été instaurée par le comité de veille économique. Une mesure ponctuelle, qui répond à l’urgence du moment.

Mais il est important pour les emprunteurs en difficulté, de savoir qu’il existe une procédure complémentaire. La loi offre une autre carte : Le délai de grâce. Après le mois de juin et le report des échéances de mars, avril, mai et juin, l’emprunteur peut actionner cette procédure complémentaire qui peut lui offrir jusqu’à 24 mois supplémentaires et qui plus est, sans intérêts.

Ce mécanisme est prévu par la loi 31-08 édictant des mesures de protection des consommateurs. Son article 149 permet au débiteur, après saisine du président du tribunal, de bénéficier d’une « suspension » des échéances bancaires en cas « de licenciement ou de situation sociale imprévisible ». C’est une loi qui est d’ordre public et qui donne à l’emprunteur encore plus d’avantages que ce qui a été octroyé par le comité de veille économique.

L’article 149 s’applique aussi bien au crédit à la consommation qu’au crédit immobilier. Il concerne – évidemment – uniquement les consommateurs (crédit pour un usage personnel). Il permet au juge de « décider que, durant le délai de grâce, les sommes dues ne produiront point intérêt. » Il peut, en outre, déterminer « les modalités de paiement des sommes qui seront exigibles au terme du délai de suspension »…qui peut durer 2 ans.

Report sur ordonnance, qui rime avec urgence

Une disposition qui semble taillée sur le contexte actuel. « L’article cite les cas de licenciement ou de situation sociale imprévisible. On fait ainsi référence à l’incapacité du contractant à assurer ou à remplir une obligation pour une raison étrangère à sa volonté et qu’il ne peut prévoir. Ce qui s’applique en ce moment à de nombreuses personnes », commente Me Mourad Elajouti, avocat au barreau de Casablanca.

« L’idéal est que l’emprunteur se dirige d’abord vers sa banque. S’il n’est pas satisfait des termes qu’elle propose, il peut alors saisir la Justice », note Me Elajouti. « Les dispositions de la loi 31-08 sont d’ordre public. L’emprunteur peut s’en prévaloir même après avoir bénéficié des mesures décrétées par le comité de veille économique », explique sa consœur, juriste d’affaires.

Le délai de grâce est rendu par ordonnance…ce qui rime avec urgence. « La procédure ne prend généralement pas plus d’un mois », explique-t-on. « Dans certains cas, elle est rendue le jour même de la requête. On parle ici de situations extrêmement urgentes, où la suspension de l’échéance est nécessaire pour la subsistance du demandeur », explique notre interlocuteur.

La loi 31-08 prévoit un délai de grâce qui peut théoriquement atteindre 2 ans. « Dans la pratique, les juridictions accordent généralement 1 an de suspension », selon cette avocate habituée de ce type de dossiers.

Les dossiers sont traités au cas par cas. Les décisions varient donc selon les situations.

En aout 2019, une salariée licenciée avait bénéficié de « la suspension de ses obligations découlant du contrat de crédit » et ce, « jusqu’à obtention des indemnités de licenciement – objet d’une action judiciaire qui était en cours- sans que le délai de grâce ne puisse dépasser deux ans ».  

Cette décision a été rendue par le tribunal de commerce d’Oujda (Dossier n° 2019/8101/135). La juridiction commerciale avait également ordonné l’interruption du cours des intérêts pendant toute la période du délai de grâce.  

Dans un autre dossier (n°2017/1101/3137), datant de 2017, le tribunal de première instance de Casablanca avait suspendu les échéances au profit d’un salarié ayant perdu son travail suite à un licenciement. Dans cette affaire, le juge des référés a accordé un délai de grâce en attendant que le demandeur « retrouve un emploi ».

En 9 ans, les impayés bancaires des entreprises ont triplé

Comme pour les particuliers, les impayés bancaires des entreprises privées se sont envolés ces dernières années. La dégradation a commencé en janvier 2011, un peu plus de deux ans après le déclenchement de la crise internationale.

Les créances en souffrance des entreprises sont passées de 13 milliards de DH à près de 40 milliards à fin novembre 2019, soit une hausse de 205% !

 Sur la même période, l’encours global des crédits aux entreprises n’a progressé que de 22%, passant de 295 à 361 milliards de DH.

Face à la montée des impayés, il était normal que les crédits se tassent et que les banques se montrent plus prudentes. Le taux d’impayés atteint désormais 11% contre 4,4% il y a 9 ans. Un niveau élevé qui n’a pas manqué d’alerter les agences de notation internationales.

Qu’est-ce qui explique l’envolée des impayés ? Et quels secteurs sont les plus sinistrés ? Les statistiques de Bank Al-Maghrib ne détaillent pas les créances en souffrance par secteur d’activité.

A l’origine, le boom du crédit, notamment à l’immobilier

Il faut savoir que la dégradation des créances en souffrance a démarré après un boom du crédit aux entreprises. Entre 2005 et 2011, soit en 7 ans, il a plus que triplé, passant de 106 à 336 milliards de DH (+215%).

Les crédits au secteur de la construction (immobilier et BTP) ont été multipliés par 4 entre décembre 2006 et septembre 2011 (les données trimestrielles par activité ne remontent pas plus loin). Ceux aux industries chimiques ont progressé de 137%, à la métallurgie de 94%, à l’énergie de 190%, à l’hôtellerie de 164% et au commerce de 105%.

Après cette période de boom, le tassement a concerné ces mêmes secteurs. Les prêts à la construction ont littéralement stagné, ceux aux industries chimiques ont baissé de 11%, l’hôtellerie a vu ses financements reculer de 26%, les crédits à la métallurgie ont faiblement progressé de 11%…

On peut donc lier l’aggravation des impayés aux difficultés économiques et financières (baisse de la demande, concurrence étrangère, allongement des délais de paiement publics et privés…) qu’ont vécues plusieurs entreprises de certains secteurs d’activité, comme l’immobilier (les grands promoteurs), la métallurgie (Stroc, DLM, Buzichelli)…

Redressement progressif

Et le tassement du crédit qui a accompagné cette tendance n’a pas arrangé les choses.

Cela dit, depuis juin 2016, les créances en souffrance des entreprises privées se stabilisent. Et le crédit bancaire global à cette clientèle, qui a poursuivi son ralentissement jusqu’à fin 2018, commence à se redresser en affichant une croissance satisfaisante en 2019.

Avec la réduction des délais de paiement publics, le remboursement des crédits de TVA, l’appel lancé aux banques pour s’impliquer davantage dans le financement de l’économie…, on peut parier sur la fin d’un cycle difficile qui aura duré 9 ans.

Voici qui a bénéficié de la reprise du crédit bancaire en 2019

Dans un article publié il y a deux jours, Médias24 attirait l’attention sur deux tendances qui se dégagent des dernières statistiques monétaires de Bank Al Maghrib relatives au mois d’octobre.

D’un côté, il y a une stagnation des dépôts et une hausse du cash en circulation, reflétant la confiance toujours dégradée des opérateurs économiques. De l’autre, il y a une accélération du crédit bancaire qui constitue plutôt un signal positif pour les milieux d’affaires dans un contexte de ralentissement économique et d’attentes plutôt négatives.

En effet, le crédit bancaire a augmenté de 3,2% ou 27,7 milliards de DH depuis le début de l’année, atteignant un encours de 898,4 milliards. Sur une année glissante, la variation est beaucoup plus significative : +6,1% ou +51,7 milliards.

A qui a profité cette manne de financements supplémentaires ? A l’Etat qui a longtemps évincé les créateurs de richesse en levant massivement des fonds auprès du secteur bancaire ? Ou plutôt aux producteurs et aux consommateurs ?

Moins de 7 milliards de DH supplémentaires pour le secteur public

L’analyse de l’évolution du crédit bancaire depuis le début de l’année montre que le secteur public (y compris l’administration centrale) n’a mobilisé que moins de 7 milliards de DH. Les sociétés financières ont, elles, carrément enregistré une baisse de leurs financements de 2,5 milliards de DH. In fine, les entreprises et les ménages ont concentré plus de 31 milliards de DH de nouveaux crédits.

Voici en détails l’évolution depuis le début de l’année du crédit bancaire par catégorie d’emprunteur :

– Administration centrale : +3,7% ou +7,5 milliards de DH, à 210,5 milliards (ce chiffre n’est pas inclus dans l’encours du crédit bancaire)

– Entreprises et établissements publics et collectivités territoriales : -1,4% ou -960 MDH, à 69,9 milliards de DH

– Entreprises privées : +5% ou +17,3 milliards de DH, à 360,1 milliards

– Particuliers et MRE : +4,3% ou 12,5 milliards de DH, à 301,7 milliards

– Entrepreneurs individuels : +3,4% ou +1,4 milliard de DH, à 41,9 milliards

– Sociétés financières : -2% ou -2,5 milliards de DH, à 123,5 milliards.

Les impayés des ménages augmentent fortement

Par catégorie de financement, les comptes débiteurs et crédits de trésorerie ont cru de 4,7% ou 8,3 milliards de DH, à 186 milliards. Ce sont les entreprises privées qui ont profité le plus du financement additionnel (+10,4 milliards), suivis des ménages (+1,3 milliard), alors que les sociétés financières ont subi une baisse des financements (-3,8 milliards).

Les crédits à l’équipement ont augmenté de 2,5% ou 4,4 milliards de DH, pour atteindre 178,4 milliards. Là aussi, ce sont les entreprises privées qui ont concentré l’essentiel de cette manne (+4,5 milliards), suivies des administrations locales (+1,1 milliard), alors que les entreprises publiques ont connu une baisse des prêts à l’investissement (-3,1 milliards).

Les crédits immobiliers ont, eux, progressé de 3% ou 8 milliards de DH, à 275,3 milliards. Les crédits aux acquéreurs se sont améliorés de 7 milliards, les prêts aux grands promoteurs de 3 milliards, alors que les financements des petits promoteurs ont diminué de 2 milliards.

Pour leur part, les crédits à la consommations destinés aux ménages ont cru de 4,3% ou 2,3 milliards de DH, à 56,4 milliards.

Quant aux créances diverses, elles ont fait du surplace à 132,5 milliards de DH, elles sont contractées essentiellement par les sociétés financières.

Un point négatif vient enfin ternir ces réalisations : les créances en souffrance se sont aggravées de 6,8% ou 4,4 milliards de DH, pour atteindre 69,7 milliards. L’aggravation est quasi exclusivement le fait des ménages, dont les impayés se sont renforcés de 3,7 milliards ou 14,7%, atteignant 28,9 milliards. Les impayés des entreprises privées ont, eux, stagné à 39,7 milliards de DH.