Les crédits de trésorerie repartent à la hausse en octobre, les impayés progressent

D’après les derniers chiffres des statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib à fin octobre, les créances en souffrance atteignent 95,1 MMDH, en hausse de 6,4% ou 5,7 MMDH sur 12 mois.

Avec l’accroissement du portefeuille des créances en souffrance, le chantier de création d’un marché secondaire des créances impayées semble devenir un impératif.

L’encours des crédits bancaires a baissé de 0,2% par rapport au mois précédent à 1.081 MMDH. Sur une année glissante, les crédits affichent une progression de 4,9% ou 50 MMDH en valeur.

Ce qui ressort principalement des chiffres, c’est une reprise soutenue des crédits de trésorerie de 3% en octobre à 258 MMDH par rapport au mois précédent. Sur un an, ils reculent néanmoins de 3,8%.

Les crédits à l’équipement progressent de 0,6% à 190,7 MMDH. Les crédits aux promoteurs sont en quasi stagnation par rapport au mois précédent à 52,3 MMDH. Ces derniers ont affiché une baisse de 1,7% depuis le début de l’année, dans le sillage du resserrement monétaire.

Pourquoi les crédits de trésorerie ont-ils connu une forte hausse en 2022 ?

Les derniers chiffres des statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib montrent que les comptes débiteurs et crédits de trésorerie sont, en 2022, en hausse de 16% par rapport à l’année précédente, soit 36 MMDH pour atteindre un encours de près de 262 MMDH.

L’évolution mensuelle montre une légère baisse de l’encours entre octobre et novembre, passant de 268 MMDH à 259 MMDH, suivie par une hausse à fin décembre.

Cette augmentation reste remarquable comparée aux autres types de crédits, comme ceux à l’habitat, à l’équipement ou à la consommation, qui ont connu des rythmes de progression plus contenus en 2022, respectivement de 2,7%, 8,8% et 3,9%.

Medias24
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Trois raisons à la hausse du BFR des entreprises

Cette hausse, en 2022, a été provoquée par différents facteurs, dont évidemment l’inflation. C’est particulièrement le cas des sociétés importatrices. Une entreprise a recours à un crédit de trésorerie pour financer généralement son besoin en fonds de roulement, qui est en hausse.

« Les prix des matières premières ont flambé à cause de l’éclatement de la guerre en Ukraine. Cela est venu se répercuter sur les lignes de financement des entreprises. Que ce soient les hydrocarbures, les céréales ou les métaux, tout a été impacté à la hausse. Pour acquérir ces biens et services, il faut donc débourser plus, ce qui pèse sur la trésorerie », explique une source bancaire.

L’autre facteur responsable du recours aux crédits de trésorerie est, selon notre source, l’allongement des délais de paiement. « Il y avait déjà une problématique à ce sujet dans le pays, mais la crise n’a rien arrangé. Je pense que la détérioration de la trésorerie des entreprises provient également de l’allongement de ces délais de paiement, notamment à cause de la demande atone dans certains secteurs en raison de la détérioration du pouvoir d’achat », poursuit notre source.

Une forte reprise de certains secteurs pourrait également expliquer l’augmentation de ce besoin en fonds de roulement. En 2022, cela a été le cas pour le secteur touristique notamment. « Je crois aussi que la hausse des recours aux crédits de trésorerie est liée au fait que certains secteurs ont redémarré fortement, en particulier le tourisme. Il s’agit donc d’une hausse du volume d’activité qui engendre un besoin de trésorerie », souligne encore notre interlocuteur.

Le secteur du tourisme a en effet connu une année très dynamique. Les derniers chiffres à fin novembre 2022 témoignent d’une progression de 12% des recettes touristiques par rapport à une année normative comme 2019. Elles atteignaient 87 MMDH contre seulement 32,2 MMDH à fin novembre 2021. Sur la période, le solde excédentaire des voyages se situait à 67 MMDH, presque multiplié par trois par rapport à fin novembre 2021.