Somia en liquidation : face à un passif de plus de 460 millions de DH, le syndic prospecte des entités connexes

Somia : une vente immobilière douteuse annulée par la justice

La période suspecte frappe encore dans le dossier Somia. Quatre mois après une première annulation, le tribunal de commerce de Marrakech a retoqué une nouvelle vente immobilière conclue par la filiale marocaine du groupe Crespo, aujourd’hui en liquidation.

Le jugement date du 16 septembre. Il vise un terrain industriel de plus de 1.300 m², objet d’un acte de vente signé en janvier 2024 entre Somia et la société de promotion immobilière Hellenic.

Le conservateur foncier de Marrakech-Ménara a été sommé de radier l’acte du registre. Résultat, le bien retourne dans le giron de la liquidation au profit des créanciers.

Une vente à la veille de la procédure collective

La copie intégrale du jugement n’est pas encore disponible. Les motivations précises ne sont donc pas connues à ce stade. Mais, d’après les documents judiciaires consultés par Médias24, le syndic de la liquidation Abdelouahed Bensinan avait saisi la justice en invoquant deux griefs majeurs :

  • La vente est intervenue en période suspecte, c’est-à-dire après la date de cessation des paiements et avant l’ouverture officielle de la procédure collective.
  • Le prix de cession, fixé à 9,67 MDH (7.250 DH/m²), était selon lui nettement sous-évalué, loin des standards du marché industriel de Marrakech, estimés autour de 15.000 DH/m².

De son côté, la société Hellenic avait plaidé sa bonne foi, affirmant avoir payé le prix intégralement et soutenant que les 7.250 DH/m² convenus étaient conformes, voire supérieurs aux transactions locales, de sorte qu’aucune fraude ni atteinte aux créanciers ne pouvait lui être reprochée.

Avant de trancher, le tribunal avait ordonné une expertise confiée à Hassan Fattas. Ce dernier devait notamment déterminer la valeur réelle du terrain et établir la comparaison avec le prix de vente contesté.

Une première cession court-circuitée par les juges

Ce deuxième revers pour Somia survient après une première décision rendue le 15 mai 2025. Dans ce dossier, le tribunal avait annulé la vente d’un terrain de 4.000 m² à Marrakech-Ménara, cédé fin 2023 à la société Ghita Développement pour 10,5 MDH. Les juges avaient alors retenu la double caractéristique d’une période suspecte et d’une sous-évaluation manifeste, concluant à un acte de « mauvaise foi ».

La période suspecte correspond à l’intervalle entre la cessation des paiements et l’ouverture officielle d’une procédure collective (voir article 712 du Code de commerce). Annuler une vente survenue lors de cette phase permet d’empêcher qu’une entreprise en difficulté ne brade ses actifs à la veille d’une faillite, et ce, au détriment de ses créanciers.

Dans le dossier Somia, les deux annulations successives renseignent sur la stratégie du syndic : récupérer les biens cédés par l’entreprise à la veille de sa déroute financière et les réintégrer dans le périmètre de la liquidation.

Pour les créanciers – dont les banques, titulaires d’une bonne partie des 460 MDH de dettes de Somia –, chaque actif rapatrié est une chance supplémentaire de récupérer une partie de leurs créances.

Ce nouveau jugement confirme les déboires de Somia, branche marocaine du groupe français Crespo, connu mondialement pour sa marque éponyme d’olives en conserve.

D’autres décisions sont en attente. Elles visent précisément les dirigeants, objet d’une expertise en cours pour fautes de gestion.

Période suspecte : une vente immobilière de Somia court-circuitée par les juges

La justice vient d’annuler la vente d’un bien immobilier appartenant à Somia, filiale marocaine du groupe français Crespo, aujourd’hui en liquidation.

Conclue avec la société Ghita Développement le 25 décembre 2023, l’opération portait sur un terrain situé à Marrakech Menara, cédé pour un montant de 10,5 millions de dirhams.

Le jugement d’annulation a été rendu le 15 mai 2025 par le tribunal de commerce de Marrakech. Il fait suite à une demande introduite par le syndic en charge de la liquidation, Me Abdelouahed Bensinan, qui dénonçait une vente conclue dans des conditions préjudiciables aux créanciers : non seulement le bien aurait été cédé à un prix nettement inférieur à sa valeur réelle, mais l’acte aurait également été passé durant la période suspecte, alors que la société était déjà en situation de cessation de paiement.

Une vente remise en cause dans le cadre de la procédure collective

La procédure de sauvegarde visant Somia a été ouverte par jugement du 20 février 2024, avant d’être convertie en redressement judiciaire le 16 juillet, puis en liquidation. Or la cession du bien immobilier est intervenue en amont, alors que, selon le syndic, les difficultés financières de la société étaient déjà avérées.

Le cœur de l’argumentation du syndic repose sur deux axes :

D’une part, le caractère sous-évalué du prix de vente, évalué à 2.575 dirhams/m², pour un terrain situé dans le quartier de Guéliz, classé dans les documents d’urbanisme comme zone autorisant la construction d’immeubles de cinq étages.

D’autre part, le contexte dans lequel la vente a été conclue, à savoir une entreprise en déclin économique et financier, agissant potentiellement au détriment de ses créanciers.

Dans sa requête, le liquidateur soutenait que le prix de cession était « dérisoire » au regard du marché, en affirmant qu’un bien équivalent, dans la même zone, ne se vend pas à moins de 12.000 à 13.000 dirhams/m².

Cette décote apparente laissait selon lui soupçonner une opération destinée à sortir un actif significatif du patrimoine de Somia avant son entrée formelle en procédure collective, au risque de priver les créanciers d’un levier de remboursement.

La période suspecte désigne l’intervalle entre la date de cessation des paiements et le jugement d’ouverture de la procédure collective. Durant cette phase critique, les actes réalisés par l’entreprise peuvent être réexaminés a posteriori.

Selon l’article 715 du Code de commerce, les ventes, paiements, garanties ou cessions d’actifs réalisés après cette date peuvent être annulés par le tribunal, notamment s’ils sont accomplis de mauvaise foi, ou dans des conditions anormales, comme une sous-évaluation manifeste.

Une expertise judiciaire en soutien à la demande

Pour éclairer sa décision, le tribunal avait ordonné, en novembre 2024, une expertise confiée à Hassan Fattas, expert judiciaire, avec pour mission de déterminer la valeur réelle du terrain, en tenant compte de sa localisation, des documents d’urbanisme et de la réalité du marché local.

L’expert devait également comparer le prix de vente avec sa propre évaluation et, en cas d’écart, indiquer si celui-ci pouvait être objectivement justifié. Les conclusions de cette expertise, bien que non encore publiées, ont manifestement conforté les arguments du syndic, ouvrant la voie à l’annulation de la vente.

Les motifs détaillés du jugement du 15 mai 2025 ne sont pas encore disponibles. Mais les éléments versés au dossier suggèrent que la combinaison d’une vente en période suspecte et d’un prix inférieur aux références du marché a pesé dans la décision des juges.

La procédure d’annulation d’actes passés durant cette période est un outil pour assurer l’équité entre créanciers, en empêchant des transactions qui videraient le patrimoine de l’entreprise au moment où elle devient insolvable.

Le bien sera réintégré dans le périmètre de la liquidation, au profit des créanciers

Somia traîne une dette dépassant les 460 MDH, dont plus de la moitié invoquée par des banques. Parmi les établissements bancaires, beaucoup sont titulaires de sûretés et voient d’un bon œil la restitution du bien immobilier au périmètre de la liquidation.

Cela permet d’optimiser, un tant soit peu, les chances de remboursement. Il ne s’agit pas de l’unique procédure visant des cessions opérées par Somia.

Selon nos informations, le syndic a déposé une demande similaire portant sur un terrain de 13 hectares cédé début 2024 à un promoteur immobilier. Conclue pour 9 MDH, l’opération a été soumise à une expertise qui n’a pas encore été livrée au tribunal. Une audience est programmée au 3 juin 2025.

Dette, actifs et période suspecte : le point sur le dossier Somia

Placée en liquidation judiciaire, Somia appartient officieusement à ses créanciers. Salariés, fournisseurs et établissements financiers se bousculent pour déclarer leurs créances, en attendant les expertises destinées à évaluer les actifs de cette filiale de Crespo, grand groupe français spécialisé dans la production d’olives.

Début 2024, l’endettement global de l’entreprise dépassait les 460 millions de dirhams (MDH), dont 103 MDH de dettes fournisseurs et 269 MDH de dettes bancaires. Selon nos informations, cette dernière enveloppe se répartissait entre Attijariwafa bank (50 MDH), Crédit du Maroc (40 MDH), Bank of Africa (25 MDH), BMCI (103 MDH) et Banque populaire (51 MDH).

Certaines créances ont évolué depuis. En juillet dernier, par exemple, la Banque populaire a obtenu un jugement reconnaissant une créance de 91 MDH. Ce dossier est actuellement à l’examen devant la cour d’appel. Une expertise a été ordonnée par le tribunal pour déterminer précisément le montant en jeu.

À ce jour, le processus de remboursement n’a pas encore commencé. Les créanciers ont déclaré leurs créances qui sont en cours de vérification. Parallèlement, le juge-commissaire doit diligenter des évaluations afin d’estimer la valeur des actifs de Somia. Depuis, l’entreprise s’est enfoncée dans la crise. L’arrêt complet de son activité, combiné à un conflit ouvert entre associés, a accentué sa dégradation.

« Les seuls biens présentant encore une certaine valeur sont les actifs immobiliers de Somia. Nous attendons les expertises ordonnées par le tribunal pour fixer leur prix, avant leur mise en vente. Ce n’est qu’ensuite que nous pourrons envisager un remboursement, qui sera de toute façon partiel », confie un salarié de l’entreprise, aujourd’hui au chômage. Son cas s’applique à près de 400 autres personnes en perte d’emploi suite à la fermeture de cette entité industrielle emblématique de Marrakech. Plusieurs d’entre elles ont obtenu des jugements pour licenciement abusif et se sont jointes à la liste des créanciers.

Parmi les actifs les plus convoités figure le terrain sur lequel est implantée l’usine, ainsi que d’autres terrains situés dans la ville ocre. Deux de ces biens, cédés en octobre 2023 et janvier 2024, sont au centre d’un contentieux. Le syndic judiciaire chargé de la liquidation a engagé une action en justice pour faire annuler ces ventes, estimant qu’elles ont eu lieu durant la « période suspecte« , c’est-à-dire à un moment où l’entreprise était déjà en situation de cessation de paiement. L’objectif est de faire réintégrer ces biens dans le périmètre de liquidation, ce qui bénéficierait aux créanciers.

Ces derniers suivent également de près une autre procédure : l’enquête pour faute de gestion visant les dirigeants de Somia. Si des manquements sont établis, la liquidation pourrait être étendue aux patrimoines personnels des dirigeants, ce qui permettrait là aussi d’augmenter les chances de remboursement. Cette expertise, confiée en octobre 2024 à l’expert Mohamed Amzil, n’a pour l’instant connu aucune avancée notable.

Crespo au Maroc : salariés dans l’impasse, gestion sous expertise

Deux ans après avoir fêté son centenaire, le Français Crespo vit des moments chaotiques au Maroc. L’entreprise française à la marque d’olives mondialement connue a vu sa filiale marocaine, Somia, tomber en liquidation judiciaire, constat de sa situation irrémédiablement compromise.

Endettée et secouée par de lourds litiges entre actionnaires, Somia est aujourd’hui à l’arrêt après soixante ans d’activité au Maroc. Sur le carreau, plus de 400 salariés sont pris de court par une faillite qu’ils croyaient évitable. L’entreprise avait d’abord bénéficié d’un jugement de sauvegarde puis d’un redressement, synonymes de chance de survie, avant de basculer définitivement dans la liquidation.

« La plupart des salariés ont déposé des actions sociales pour licenciement abusif. Ces requêtes ont été gagnées, même si beaucoup de jugements contiennent des erreurs matérielles, ce qui risque de ralentir la procédure », confie un ancien cadre de Somia, aujourd’hui au chômage. Les employés ont besoin de ces jugements pour pouvoir justifier leurs créances auprès du syndic chargé de la liquidation.

Le total des créances déclarées n’a pas encore été arrêté. Selon un document soumis au tribunal en janvier 2024, l’entreprise évalue elle-même sa dette bancaire à 269 MDH et sa dette fournisseurs à 37 MDH. Ces données ne correspondent pas à la dette déclarée par les créanciers, qui est largement supérieure.

Devenus créanciers, les salariés devront attendre l’issue des vérifications de créances pour réclamer le paiement dans le cadre de la procédure collective. Sollicités, certains ne se font pas grand espoir quant aux montants recouvrables. « Les biens de l’entreprise ne sont pas conséquents par rapport à la dette, à l’exception du foncier sur lequel s’établit l’unité de production qui nécessitera énormément de temps avant une mise en vente », estime cet ancien responsable.

Les salariés ont saisi plusieurs administrations pour tenter d’attirer l’attention sur leur situation sociale issue d’une gestion qu’ils qualifient de « désastreuse ». D’ailleurs, nos sources fondent beaucoup d’espoir sur une expertise en cours pour « fautes de gestion » amorcée par le tribunal de commerce en octobre 2024.

Cette mission a été confiée à Mohamed Amzil, un expert reconnu, qui n’a pas encore remis son rapport. L’opération est compliquée par l’absence d’interlocuteurs parmi les dirigeants et par le manque de documents comptables, des problèmes déjà signalés au tribunal avant l’ouverture de la liquidation.

« Ces fautes de gestion, si elles sont avérées, pourraient voir les dirigeants fautifs objets de sanctions patrimoniales telles que l’extension de la liquidation à leur patrimoine personnel, la déchéance commerciale ou même encore des poursuites pénales pour banqueroute », explique notre interlocuteur.

L’expertise a été ordonnée par le tribunal de commerce à la demande d’Abdelouahed Bensiane, syndic chargé de la liquidation. Ce dernier mise sur deux autres actions pour élargir le périmètre des actifs à liquider. Elles visent l’annulation de cessions immobilières effectuées par Somia quelques semaines à peine avant l’ouverture de la sauvegarde.

Les deux demandes du syndic ont été déposées entre fin 2024 et début 2025. L’objectif est d’annuler des transactions effectuées lors de la « période suspecte », c’est-à-dire au moment où l’entreprise était déjà en cessation de paiement. Le requérant soupçonne également le vendeur d’avoir cédé ces terrains situés à Marrakech à des prix dérisoires par rapport à la valeur du marché. Des expertises sont en cours pour déterminer la valeur réelle des biens litigieux, histoire de baliser le terrain à une décision judiciaire.

Dissensions internes à Somia, filiale du groupe Crespo

Aujourd’hui en liquidation judiciaire, Somia, filiale marocaine du groupe Crespo, doit également faire face à de lourdes dissensions entre actionnaires.

Nommé lors d’une assemblée générale extraordinaire, tenue en avril 2024, un groupe complet d’administrateurs a été radié du registre de commerce de la société suite à une contestation de Philippe Crespo, figure majeure de l’entreprise spécialisée dans la production d’olives.

La radiation a été actée par un arrêt de la Cour d’appel de commerce de Marrakech, en date du 11 février 2025. Cette décision entraîne l’annulation des résolutions prises par le conseil d’administration lors de cette assemblée, y compris la nomination des administrateurs. Sept dirigeants sont concernés par cette mesure, parmi lesquels Henri Crespo, nommé président du conseil d’administration, et Sbai Conti Patrick, nommé directeur général.

Le procès a été initié par Philippe Crespo, révoqué de son poste de PDG lors de la même assemblée. Ce dernier a contesté sa révocation ainsi que la nomination des nouveaux administrateurs. Sa défense s’est focalisée sur l' »illégalité » de la nomination de Sbai Conti Patrick au poste de directeur général. Philippe Crespo l’accuse de « conflit d’intérêts », arguant que ce dernier dirige également la société Comolive, qui a un litige en cours avec SOMIA.

Comolive, une entité du groupe Crespo, avait auparavant été condamnée pour une créance due à Somia (jugement rendu en novembre 2011). Philippe Crespo reproche à Sbai Conti Patrick des « déclarations mensongères », ce dernier ayant omis de préciser son implication dans ce « conflit d’intérêts ».

La requête de Philippe Crespo avait été rejetée en première instance. Toutefois, il a obtenu gain de cause devant la Cour d’appel qui a déclaré nulles et non avenues les résolutions du conseil d’administration du 3 avril 2024, ainsi que les nominations qui en découlaient.

Comment la Cour d’appel a justifié la radiation des administrateurs ? L’argument du conflit d’intérêts n’a pas été à l’origine de cette décision. Pour la Cour, « la déclaration faite par le nommé Sbai Conti Patrick lors de sa nomination en tant que directeur général de la société Somia ne peut être considérée comme une fausse déclaration, puisqu’il s’agit d’une déclaration concernant sa propre personne et non son rôle de représentant légal de la société Comolive. Bien qu’il existe un litige judiciaire entre les deux parties concernant le solde de la dette restante de cette dernière, cela ne peut être interprété comme un conflit d’intérêts, étant donné l’indépendance de la personne morale par rapport aux personnes physiques qui la représentent ».

En outre, selon les documents du dossier, les actionnaires de la société Comolive sont les mêmes que ceux de Somia.

En réalité, la radiation des administrateurs a été motivée par le fait que l’assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle les nominations avaient eu lieu avait été annulée par une autre décision de justice antérieure. Ce jugement rendu en juillet 2024 avait constaté la nullité de l’AGE en raison d’irrégularités de procédure. La Cour d’appel s’est ainsi appuyée sur l’annulation de cette assemblée pour invalider les décisions qui en découlaient, notamment la révocation de Philippe Crespo et la nomination des nouveaux administrateurs.

Faillite actée pour SOMIA, filiale du groupe français Crespo

Filiale du groupe français Crespo, la Société marocaine d’industries alimentaires (SOMIA) est officiellement en liquidation. Le jugement a été rendu le 19 novembre 2024 par le tribunal de commerce de Marrakech.

La décision intervient quatre mois à peine après la mise en redressement de ce producteur d’olives en conserve basé à Marrakech, un des plus importants du pays. La liquidation a été demandée par Abdelouahed Bensinane, syndic judiciaire chargé de cette procédure de redressement.

Cet expert devait produire un bilan complet de l’entreprise, couplé à une proposition de solution sous forme de « plan de continuation », de cession ou de liquidation. Le syndic a finalement opté pour la dernière option, tous les éléments penchant vers une « situation irrémédiablement compromise » de SOMIA.

À l’appui de la demande de liquidation, le syndic a versé un rapport négatif sur la situation de l’entreprise. Des sources proches du dossier évoquent des pertes estimées à plus de 430 MDH au début de janvier 2024, conjuguées à un déficit dépassant les 250 MDH.

Dans les faits, SOMIA est aujourd’hui à l’arrêt total et ne réalise aucun chiffre d’affaires. Les mêmes sources indiquent que le syndic n’a pas trouvé d’interlocuteur auprès de la société, secouée par des conflits entre actionnaires. Les dirigeants de l’entreprise n’ont pas non plus déposé de proposition de plan de continuation.

Ces éléments ont servi de base à la décision du tribunal qui pointe chez SOMIA un « dysfonctionnement structurel  » touchant tous les niveaux : économique, financier et social. D’où la décision de basculer du redressement à la liquidation judiciaire. Les juges ont décidé de reconduire Abdelouahed Bensinane dans ses fonctions de syndic.

Avant son redressement et sa liquidation, SOMIA avait bénéficié d’une procédure de sauvegarde judiciaire. Mise en place en février, cette procédure a été abandonnée en raison de la constatation de la cessation de paiement de l’entreprise.

Basée à Marrakech, SOMIA est une société emblématique de la ville ocre. Sur le marché de l’agroalimentaire, sa présence remonte aux années 1960. Encore en 2019, l’entreprise dirigée par Philippe Crespo réalisait un chiffre d’affaires dépassant les 434 MDH. Avant ses difficultés, le groupe employait près de 800 salariés. Ils sont aujourd’hui autour de 600.

Somia, filiale du français Crespo, placée en redressement judiciaire

La Société marocaine d’industries alimentaires (Somia) ne bénéficie plus de la sauvegarde judiciaire. En cessation de paiement, cette filiale du groupe français Crespo a été placée en redressement par un jugement rendu le 16 juillet.

La décision a été prononcée par le tribunal de commerce de Marrakech. Elle fait suite à la demande de Abdelwahed Bensinane, syndic chargé de la sauvegarde, qui a été reconduit pour mener la nouvelle procédure.

Selon nos informations, le redressement a été acté en raison de la situation financière fragile de l’entreprise, marquée par un déficit de trésorerie culminant à 300 MDH. Ce chiffre a été établi dans un bilan économique dressé par le syndic.

L’autre élément concerne la fonte du chiffres d’affaires, passé de 286 MDH en 2021 à 87 MDH début 2024. Le rapport conclut à l’incapacité de Somia à faire face à ses dettes exigibles. La cessation de paiement aurait même précédé la mise en sauvegarde en février 2024, selon les mêmes données.

Ces éléments ont conduit le tribunal à convertir la sauvegarde en redressement judiciaire. Le syndic a été invité à élaborer un nouveau bilan, couplé à une proposition de solution en vue de redresser la situation de l’entreprise. À terme, l’enjeu est l’adoption d’un plan de continuation qui acterait des rééchelonnements de dettes.

Basée à Marrakech, Somia est une société emblématique de la ville ocre. Elle opère sur le marché de l’agroalimentaire depuis les années 1960. Encore en 2019, l’entreprise dirigée par Philippe Crespo réalisait un chiffre d’affaires dépassant les 434 MDH. Avant ses difficultés, le groupe employait près de 800 salariés. Ils sont aujourd’hui autour de 600.

Que doit-on retenir du jugement de redressement ? La société est en cessation de paiement, mais sa situation n’est pas irrémédiablement compromise. Pas pour le moment du moins. Selon des échos provenant de sources internes, Somia s’active toujours sur le marché des olives et des câpres, capitalisant sur sa marque presque centenaire.

En parallèle, l’entreprise semble surtout secouée par des conflits entre associés. Le tribunal de commerce de Marrakech examine d’ailleurs une demande visant l’annulation d’une assemblée générale ordinaire. Ce dossier, enclenché par un groupe d’actionnaires, sera tranché le 25 juillet 2024.

Somia avait été citée en 2015 dans une affaire d’interdiction de commercialisation d’olives marocaines exportées par cette entité vers les Etats-Unis. L’Agence des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) avait justifié cette mesure par la présence de quantités anormales de l’insecticide chlorpyrifos dans ces olives.

Somia, filiale marocaine du groupe Crespo, placée en sauvegarde judiciaire

La Société marocaine d’industries alimentaires (Somia) est placée en sauvegarde judiciaire. Cette filiale marocaine du groupe français Crespo a fait l’objet d’un jugement rendu le 20 février 2024 par le tribunal de commerce de Marrakech.

Basée à Marrakech, Somia opère sur le marché de l’agroalimentaire depuis les années 1960. Encore en 2019, l’entreprise dirigée par Philippe Crespo réalisait un chiffre d’affaires dépassant les 434 MDH, avec un résultat net positif de 11 MDH. En 2022, le chiffre d’affaires et le résultat net sont tombés respectivement à 286 MDH et 1,5 MDH.

Somia avait été citée en 2015 dans une affaire d’interdiction de commercialisation d’olives marocaines exportées par cette entité vers le territoire des Etats-Unis. L’Agence des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) avait justifié cette mesure par la présence de quantités anormales de l’insecticide « chlorpyrifos » dans ces olives.

La procédure a été ouverte à la demande de la société. Le tribunal a nommé le syndic Abdelouahad Bensiane pour dresser le bilan financier, économique et social de Somia, en vue de l’adoption d’un plan de sauvegarde pour redresser la situation de l’entreprise.

Nous n’avons pas eu accès à la requête de l’entreprise, ni aux motivation de jugement de sauvegarde. Théoriquement, ce régime est ouvert lorsqu’une entité vit des difficultés sans être en cessation de paiement. Des sources proches du dossier rapportent des tracas en lien avec une importante dette bancaire.