Crise des études médicales : une nouvelle offre pour mettre un terme au boycott

Suite à une première rencontre entre les nouveaux ministres de tutelle et les représentants des étudiants en médecine, que ces derniers ont jugée « positive » et marquée par « un dialogue ouvert et constructif », un accord préliminaire a été trouvé, à l’issue d’une nouvelle médiation menée par le Médiateur du Royaume.

Selon nos informations, la nouvelle offre s’est penchée sur les principaux points de blocage. En tête de liste, la durée de la formation, point que les anciens ministres de tutelle refusaient catégoriquement de discuter.

L’accord préliminaire propose ainsi que la durée de la formation pour les 2e, 3e, 4e et 5e années reste fixée à 7 ans. Le parcours de 6 ans ne concernera que les étudiants de la première année.

Le deuxième sujet a, quant à lui, trait aux modalités de reprise. Sur ce point, des options sont envisagées mais non encore confirmées selon nos sources. Il s’agit de 4 sessions sans décalage et 2 sessions avec décalage.

Les autres points négociés, toujours selon nos informations, concernent d’un côté la levée des sanctions et le retour des bureaux des étudiants avec leur intégration à la loi interne de la faculté.

La nouvelle offre sera soumise à un vote général des étudiants le mardi 5 novembre.

A suivre.

Les représentants des étudiants en médecine rejettent la dernière offre gouvernementale

La Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie (CNEMEP) s’est réunie durant les deux derniers jours pour s’accorder sur le vote, les propositions, les résultats et les prochaines étapes, après avoir reçu la dernière proposition ministérielle via le Médiateur du Royaume.

Des formulaires unifiés au niveau national ont été distribués par les représentants des étudiants dans chaque faculté, apprend Médias24 auprès de la CNEMEP. 

81,4% des étudiants rejettent la dernière offre ministérielle

Selon les mêmes éléments obtenus de la part de la Commission, « la dernière offre ministérielle a été rejetée par 81,4% des étudiants en médecine », car « jugée insuffisante et en décalage avec les attentes des étudiant ».

Concernant les points en suspens, ces derniers estiment en outre que la proposition comporte plusieurs reculs par rapport à des points précédemment convenus.

« 86,9% des étudiants se disent aussi favorables au boycott de la rentrée universitaire et au maintien de l’agenda militant, compte tenu de l’absence de réponse concernant les points en suspens ».

Reconnaissant que les points relatifs à la réduction de la durée de la formation, à l’annulation des suspensions disciplinaires et à la réautorisation des bureaux des étudiants ont reçu des réponses satisfaisantes en partie, les futures blouses blanches considèrent que les conditions de reprise et la gestion des examens restent néanmoins à développer.

Les étudiants appellent à prolonger le délai fixé pour la médiation

Dans une correspondance adressée au Médiateur du Royaume, le mardi 8 octobre, pour émettre leurs observations et demandes concernant le dossier de règlement, la CNEMEP a appelé à prolonger le délai fixé pour la médiation.

« Nous vous soumettons, monsieur le Médiateur, une série de demandes afin d’approfondir le débat et de lever les ambiguïtés sur plusieurs points, à savoir :

– la programmation d’une réunion technique avec des responsables pédagogiques du ministère de l’Enseignement supérieur afin d’approfondir la discussion sur la proposition soumise ;

– le maintien des acquis convenus avec les deux ministères et le gouvernement lors des précédentes discussions ; l’implication des responsables du ministère de la Santé  dans le dialogue et la prolongation du délai fixé pour la médiation afin de traiter les points mentionnés ».

Ils justifient leur demande au Médiateur par :

– l’absence de nombreuses clarifications sur certains axes et points ;

– l’absence de dialogue avec les représentants du ministère de la Santé, département de tutelle et acteur direct dans ce dossier ;

– l’absence de discussions techniques approfondies qui pourraient lever l’ambiguïté sur plusieurs axes ;

– le non-traitement de plusieurs acquis que les deux ministères et le gouvernement avaient accepté de mettre en œuvre.

Crise des études médicales : à une semaine de la fin du rattrapage, les examens toujours fortement boycottés

Les décanats ont décidé de prolonger le calendrier des examens de la session de rattrapage, qui a démarré le 5 septembre, apprend Médias24 auprès d’une faculté de médecine et de pharmacie. Le but ? Permettre aux étudiants qui ont décidé de passer leurs examens d’augmenter leurs chances de réussir les épreuves.

« Les examens sont toujours en cours. La session de rattrapage s’achèvera dans une semaine. Nous avons prolongé le calendrier des examens pour maximiser les chances des étudiants. Cette décision a été généralisée à toutes les facultés », affirme notre source.

Il semble néanmoins que cette initiative n’ait pas trouvé écho parmi les étudiants qui sont toujours nombreux à boycotter. Selon le responsable joint par nos soins, « le taux de participation à la session en cours est actuellement aux alentours de 20%, avec quelques disparités intervilles ».

« Le taux de boycott actuel est de plus de 90% » (étudiants)

Le corps étudiant, lui, avance des chiffres différents. « Le boycott des examens se poursuit. Le taux de boycott est supérieur à 90%, tous niveaux confondus. Les chiffres relayés par les parties officielles ne prennent en considération que les niveaux où la participation était élevée, d’où l’écart entre leurs données et nos chiffres qui restent plus représentatifs. Il faut aussi noter que leurs données tiennent également compte des étudiants en médecine militaire, en plus des étudiants étrangers qui ne sont pas concernés par le boycott », nuance une source estudiantine.

Rappelons qu’à la suite d’une réunion tenue entre l’Institution du médiateur du Royaume et des représentants des étudiants, il a été proposé que cette institution intervienne pour jouer les bons offices de manière officielle et sérieuse, après l’échec du dialogue entamé avec le gouvernement. « Le médiateur du Royaume s’est saisi de notre dossier revendicatif. À ce stade, l’institution est en train d’examiner nos doléances et les points de blocage. Elle nous reviendra une fois l’étude du dossier achevée », indique notre source estudiantine.

Et cette dernière d’ajouter que les étudiants ont répondu à l’appel à protester . « Les différents sit-in organisés à l’échelle nationale, notamment à Rabat, Tanger, Casablanca et Oujda, ont connu un succès. Une marche nationale est prévue ce mercredi 11 septembre à Marrakech. Un sit-in sera également organisé à Fès ».

Crise des études médicales : maintien des examens, session exceptionnelle du 2e semestre pour les étudiants qui passeront les évaluations

Dans des avis aux étudiants publiés les 2 et 3 septembre, les facultés de médecine et de pharmacie ont rompu le silence apportant une réponse aux nombreuses interrogations exprimées par les étudiants. Elles précisent que la session du 5 septembre est maintenue. Les évaluations prévues à partir du 5 septembre se dérouleront ainsi selon le calendrier précédemment affiché.

Les facultés ont par ailleurs annoncé une session exceptionnelle du 2e semestre, mais à condition de passer les évaluations de la session du 5 septembre. Cette session permettra l’annulation de la note zéro (due à l’absence), précisent les décanats, notant que la validation des modules correspondants sera considérée sur la base de données (APOGEE) et figurera automatiquement sur le relevé de notes de l’étudiant.

Quant aux étudiants faisant l’objet de sanctions disciplinaires et ayant introduit un recours, ceux-ci conservent, conformément aux pratiques précédentes, le droit de se présenter à toutes les évaluations en cours, lit-on encore dans les avis aux étudiants.

 

« Les étudiants qui boycotteront le rattrapage referont automatiquement l’année »

« Il y a deux scénarios. Les étudiants qui vont boycotter la session de rattrapage du 1er semestre échoueront tout simplement. Ils referont automatiquement l’année. Logiquement, nous ne pouvons valider l’année à un étudiant qui s’est absenté. C’est aussi simple que cela. En revanche, une formule de souplesse sera proposée aux étudiants qui passeront le rattrapage, notamment une session exceptionnelle pour rattraper le 2e semestre« , explique un responsable à Médias24.

Habituellement, les examens des deux semestres se passent d’abord en première session, dite session ordinaire. Pour valider le semestre en session ordinaire, l’étudiant en médecine doit obtenir une note supérieure ou égale à 10 dans chaque matière, faute de quoi il passe directement à la deuxième session, dite session de rattrapage. En cas d’obtention d’une note inférieure à 10 dans une matière en session de rattrapage, l’étudiant en médecine invalide automatiquement l’année.

Un système de compensation existe néanmoins pour ceux souhaitant équilibrer bonnes et mauvaises notes entre les différentes matières. Par ailleurs, l’étudiant ayant obtenu une note inférieure à 10 dans une matière donnée peut bénéficier d’un « rachetage » pour améliorer sa moyenne, après réunion entre les professeurs de la matière qui, selon la difficulté de l’examen, vont proposer un seuil de « rachetage ».

« Les facultés sont en mesure de gérer la situation en cas de redoublement effectif »

Pour revenir à l’année universitaire en cours (2023-2024), nous rappelons que la fin du premier semestre a été annoncée par les ministres de tutelle le 22 février dernier, après avoir programmé les examens à deux reprises dans chacune des facultés et eu égard au temps gaspillé (l’équivalent de deux mois). Une session de rattrapage de ce premier semestre a été organisée à la fin de l’année universitaire, notamment à partir du 5 septembre. Quant au deuxième semestre, les examens de la session ordinaire ont été programmés fin juin. La session de rattrapage, elle, a eu lieu en juillet.

« Mathématiquement, les étudiants, même s’ils passent les examens de rattrapage du premier semestre,  sont considérés comme étant redoublants puisqu’ils ont raté les deux sessions du deuxième semestre, notamment l’ordinaire et le rattrapage. Maintenant, ils peuvent encore sauver l’année s’ils passent les évaluations de rattrapage du premier semestre », explique le responsable.

« En cas de redoublement effectif, les facultés sont en mesure de gérer la situation. Certaines facultés ont même la capacité d’accueillir jusqu’à trois promotions simultanément », affirme-t-il.

Les études médicales attirent toujours autant !

Malgré le blocage que connaissent les études en médecine depuis neuf mois, le concours d’accès aux facultés de médecine et de pharmacie continue de susciter l’intérêt des bacheliers.

« Le boycott n’a pas impacté l’engouement pour les inscriptions. Le taux d’inscription dans la liste principale a atteint 92% dans certaines facultés. La liste d’attente arrivera aussi », confirme notre source. « De toutes les manières, la médecine n’a jamais perdu de son charme. Après, pour éviter le scénario de 2019, année durant laquelle les nouveaux admis avaient rejoint à leur tour le mouvement de boycott, il faut régler l’affaire actuelle d’une manière radicale pour éviter qu’elle resurgisse« .

Contre vents et marées, les étudiants campent sur leur position

Les étudiants campent sur leur position malgré les nouvelles annonces faites par les facultés. La satisfaction de leurs revendications est la seule condition pour sauver l’année, insistent-ils.

« La reprogrammation des examens est importante, mais ce n’est pas le fond du problème. Certes, la session exceptionnelle est un pas positif. Mais ce n’est pas suffisant pour faire revenir les étudiants sur leur décision de maintenir le boycott, puisque la satisfaction de leurs revendications demeure la priorité des priorités pour eux », affirme à Médias24 une source estudiantine.

90% disent en effet être prêts à boycotter les prochains examens de rattrapage. En l’absence d’un dénouement favorable, une grande partie est prête à subir une année blanche, en particulier les étudiants du deuxième cycle qui ont été lésés plus que d’autres dans leurs stages et lors de l’année universitaire.

Crise des études médicales. Fidèle à sa position, le gouvernement adopte deux textes relatifs aux stages mais maintient la nouvelle 6e année

Réuni le mercredi 24 juillet, le Conseil de gouvernement a adopté deux projets de décret relatifs à la formation aux métiers de la santé. L’approbation de ces deux textes, dont Médias24 détient copie, s’inscrit dans le cadre des propositions gouvernementales pour répondre aux revendications des étudiants, notamment en ce qui concerne le point des terrains de stage.

Ce que disent les deux projets de décret

D’abord, le projet de décret n° 2.24.687 qui concerne les superviseurs et encadrants de stages au sein des établissements de santé relevant des groupements sanitaires territoriaux, au profit des étudiants en métiers de santé, notamment les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie (externes, internes et résidents) ainsi que les étudiants des Instituts supérieurs des professions infirmières et techniques de santé.

Par superviseurs, le projet de décret entend les enseignants-chercheurs des Facultés de médecine, de médecine dentaire et de pharmacie pour les externes, internes et résidents, et les enseignants-chercheurs des Instituts supérieurs des professions infirmières et techniques de santé pour les étudiants de ces instituts.

La catégorie des encadrants regroupe quant à elle, outre les enseignants- chercheurs des Facultés de médecine, de médecine dentaire et de pharmacie pour les internes, internes et résidents, les médecins, les dentistes et les pharmaciens, les fonctionnaires chargés de l’enseignement dans les Instituts des professions infirmières et techniques de santé, les infirmiers, les sages-femmes, les techniciens de santé, les rééducateurs et les assistants dans le domaine médico-social.

En coordination avec les encadrants, les superviseurs sont chargés de : la planification et coordination des programmes de stages, l’élaboration et organisation des programmes de stages, y compris les stages cliniques et pratiques, veiller à la bonne exécution des programmes de stages cliniques, orientation et suivi des stagiaires à toutes les étapes des stages, évaluation des performances des stagiaires, formulation de recommandations pour améliorer les performances des stagiaires à la lumière des résultats des évaluations cliniques et des examens écrits.

Les superviseurs et les encadrants perçoivent une indemnité pour les tâches qui leur sont attribuées en vertu de ce décret. Le montant de cette indemnité est fixé par une décision conjointe des autorités gouvernementales chargées de la Santé, de l’Enseignement supérieur et des Finances.

L’autre projet de décret approuvé est le projet de décret n° 2.24.646 relatif aux commissions régionales mixtes pour la coordination de la formation appliquée dans les professions de santé. Ce texte de loi permettra d’insuffler une nouvelle dynamique en matière de formation en professions de santé et d’élargir ses champs d’application en vue d’accompagner les évolutions dans ce domaine.

Chaque commission régionale mixte est composée du directeur général du groupement sanitaire territorial concerné ou son représentant, en tant que président, du directeur d’un établissement de santé relevant du groupement sanitaire territorial, nommé par son directeur général, et des doyens des Facultés de médecine, de médecine dentaire et de pharmacie relevant de l’enseignement supérieur public, situées dans le ressort du groupement sanitaire territorial, les vice-doyens des Facultés et du directeur de l’Institut supérieur des professions infirmières et techniques de santé situé dans le ressort du GST.

La commission régionale mixte se charge de la détermination des besoins et des exigences de la formation pratique dans les professions de santé, la détermination des lieux de stage ainsi que des modalités de leur organisation et de leur répartition, la validation des calendriers de stages pour les étudiants dans les professions de santé, la détermination des besoins en superviseurs et en encadrants à moyen terme, l’établissement d’une liste des superviseurs et des encadrants de stages, et de la validation du rapport annuel de ses activités.

Pour les étudiants en médecine, ce pas est insuffisant sans mesures concernant la nouvelle 6e année

« Effectivement, les deux décrets répondent indirectement à nos revendications sur le point des stages. La commission régionale mixte se chargera du volet réglementaire lié aux stages (terrains de stage, accréditations…). Les superviseurs, ou ce que nous appelons maîtres de stage, vont permettre de combler la pénurie des professeurs », explique à Médias24 un membre de la Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie.

A ce propos, les étudiants revendiquaient en effet la création d’une commission des stages hospitaliers au niveau de chaque Faculté, incluant des représentants de la Commission ou du bureau des étudiants, chargée d’organiser, de gérer et de résoudre les problèmes liés aux stages.

Ils réclamaient également d’établir une charte des stages hospitaliers qui définit les objectifs du stage, les tâches des étudiants au sein du service et les compensations pour ces tâches, dans le cadre d’un contrat entre la Faculté et les centres hospitaliers ; de déterminer des quotas à ne pas dépasser concernant les étudiants accueillis dans chaque service hospitalier, en se basant sur l’effectif du personnel, le nombre de professeurs, le nombre de lits et de patients, en accord avec les commissions des Facultés; respecter les vacances universitaires et officielles pendant la formation théorique, la période des examens, ainsi que pendant les stages hospitaliers (ne pas programmer de gardes de jour ou de nuit) ; et établir un cahier des charges pour les stages hospitaliers (durée du stage dans la journée, durée des gardes, période de repos après les gardes, repas pendant les gardes).

Les étudiants en médecine jugent néanmoins que ce pas est insuffisant tant que la nouvelle 6e année est maintenue, elle demeure le principal point de discorde entre le gouvernement et les futures blouses blanches.

95% des étudiants boycottent la session de rattrapage des examens du 2e semestre ; possibilité de boycott de la rentrée universitaire

La session du rattrapage des examens du deuxième semestre a démarré le 22 juillet. « Le taux de boycott de cette session a atteint 95%. Les étudiants maintiennent leur position, notamment le refus catégorique de la réduction de la durée des études. Si le gouvernement tient au cursus de 6 ans, il faut qu’il mette en place une réforme adéquate qu’il appliquera uniquement aux nouvelles promotions pour éviter de perturber la formation des promotions plus anciennes. Dans le cas contraire, la rentrée scolaire peut aussi être boycottée par les étudiants« , souligne notre source estudiantine.

Si l’année universitaire touche presque à sa fin, il faut toutefois attendre l’achèvement de la session de rattrapage en cours pour savoir quelle sera l’issue finale de ce bras de fer. Une année blanche sera-t-elle in fine déclarée en l’absence de l’adhésion de la grande majorité des étudiants aux examens des deux semestres ou bien est-ce que tous les étudiants ayant boycotté, nombreux qu’ils soient, vont fatalement redoubler? Le dossier reste à suivre…

« Les étudiants en médecine ignorent aujourd’hui leur sort » (Commission nationale des étudiants)

Dans une conférence de presse organisée le lundi 15 juillet, la Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et en pharmacie (CNEMEP) appelle le gouvernement à renforcer la confiance entre étudiants et ministères de tutelle.

Signature d’un PV, refus catégorique de la réduction de la durée de formation et levée des sanctions sont des revendications qui ressortent encore une fois des discours des étudiants en médecine.

« La politique de l’oppression ne fait que nourrir l’emportement des étudiants. Le meilleur moyen pour atteindre des solutions réalistes reste l’approche participative et le dialogue. Nous étions clairs dans nos revendications. Il faut lever toutes les sanctions, notamment les suspensions qui ont concerné 11 étudiants, et le zéro attribué aux 20.000 étudiants qui doit être retiré. En outre, il faut ouvrir et réglementer les bureaux régionaux relevant de la Commission nationale des étudiants. Autre point sur lequel nous étions aussi clairs : la nécessité d’inscrire les conclusions [avec le gouvernement, ndlr] dans un procès-verbal qui est une pratique courante dans n’importe quelle médiation gouvernementale », souligne la CNEMEP.

« Nous avons soumis nos propositions. Nous leur avons dit que nous croyons en le Parlement et en la médiation gouvernementale. En jeu, la santé des citoyens qui n’est pas un sujet de négociation. Les conclusions relatives à ce point doivent être bâties sur des arguments logiques qui profitent aux patients », insiste le corps estudiantin.

« Nous ignorons actuellement notre sort »

« Les grands perdants de ces sept mois de boycott sont les étudiants de la 1re à la 5e année, en particulier les étudiants de la 5e année. Impactés plus que d’autres par la période Covid, ces derniers ont été formés essentiellement à distance. Cela étant, le système de la nouvelle 6e année sera un autre obstacle à leur formation. La moindre des choses serait donc de dispenser ces promotions de ce nouveau système », précise la CNEMEP.

« Nous ignorons actuellement notre sort. Certes, nous saluons le rôle joué par le Parlement et la médiation gouvernementale. Mais est-ce que le gouvernement reviendra vers nous ou pas ? Continuerons-nous à boycotter jusqu’à nous acheminer vers une année blanche ? Ces questions restent en suspens ».

« Contrairement à ce qui est répandu, cette situation – encore moins une année blanche – n’arrange pas les étudiants en médecine qui souhaitent rejoindre les bancs des facultés et leurs stages. Mais la politique de désaveu pousse les étudiants à boycotter encore… », conclut-on.

Rappelons que le corps étudiant avait lancé le 7 juillet dernier « la Semaine de la Colère ». Une annonce à la suite de laquelle les ministères de tutelle avaient présenté en commission parlementaire, point par point, l’offre gouvernementale pour répondre au dossier revendicatif des étudiants.

Les propositions du Pr Jaâfar Heikel pour surmonter la crise des études médicales

Au cours des huit derniers mois de crise, nous nous sommes enquis des versions de chacune des parties en conflit, notamment le gouvernement et le corps étudiant. Aujourd’hui, nous donnons la parole à un fervent connaisseur du sujet qui privilégie le compromis. Jaâfar Heikel, professeur de médecine et docteur en économie, nous livre sa propre lecture de la situation. Il propose une série de solutions afin de surmonter le bras de fer entre le gouvernement et les étudiants en médecine.

« Les deux parties doivent trouver un compromis puisque aucune d’entre elles n’a totalement raison. Sur le fond, le gouvernement et les étudiants sont animés par le même objectif, celui de la refonte du système de santé qui se fera notamment à travers l’augmentation du nombre de professionnels de santé, et donc de médecins », explique notre interlocuteur.

« Le gouvernement juge que la réduction de la durée des études médicales est un moyen efficace pour parvenir à renforcer le corps médical. Un avis qui n’est pas partagé par les étudiants qui rejettent catégoriquement cette option. Maintenant, il faut trouver des solutions qui arrangeraient les deux bords ».

Diplôme de médecin et doctorat d’État en médecine : la formule proposée par le Pr Heikel

« Dans chaque communication, il faut comprendre que l’autre n’a pas toujours tort et qu’il peut avoir ses propres raisons. Il est important que les étudiants écoutent le gouvernement, comme il est crucial que le gouvernement écoute les étudiants. À mon avis, le gouvernement peut s’accrocher à son objectif qui demeure noble et logique, notamment celui d’augmenter le nombre de médecins, mais tout en optant pour une autre méthode« , estime le Pr Heikel.

« Cela peut se faire, par exemple, en gardant les six ans académiques qui donneront accès à un diplôme de médecin, mais en ajoutant une année de clinicat, voire une année de pratique clinique qui débouchera sur un doctorat d’Etat en médecine. Le diplôme de médecin permettra à ses détenteurs de pratiquer ce que l’on appelle la médecine préventive (éducation pour la santé, soins de santé primaires…), alors que le doctorat d’Etat en médecine offrira l’accès à la pratique d’actes de soins dans les cliniques, les hôpitaux et les cabinets. C’est un modèle qui est appliqué par exemple en Espagne », suggère le professeur.

« Grâce à cette formule, il n’y aura pas de perdants. Le gouvernement garde les six ans qu’il souhaite et les étudiants en médecine auront pour leur part un encadrement et une formation de qualité, toujours dans le cadre de la refonte du système de santé », souligne-t-il.

Un doctorat en médecine requiert 9 ans d’études minimum dans plusieurs pays

« Or, si vous regardez les textes de l’enseignement supérieur au Maroc, le doctorat national s’obtient au bout d’au moins 8 ans. Pour être un docteur national, il faut passer par ce que l’on appelle le système LMD (licence-master-doctorat) : 3 ans pour la licence, 2 ans pour le master, et un minimum de 3 ans pour le cycle doctorat. Nous ne pouvons donc concrètement avoir un doctorat national au Maroc, selon la loi marocaine, que si nous faisons 8 ans d’études au moins après le bac. Avant, dans le domaine médical, on avait en moyenne 8,2 ans pour devenir docteur en médecine », rappelle le Pr Heikel.

« Les étudiants en médecine terminaient d’abord 7 ans d’études avant de soutenir leur thèse de doctorat à la 8e année, ce qui leur permettait d’obtenir le doctorat national. Aujourd’hui, on comprend l’objectif de la réduction de 7 à 6 ans, mais le problème, c’est que dans la majorité des cas, les étudiants estiment que cette dernière année (7e année), est une année de pratique qui est fondamentale pour acquérir les compétences, non pas théoriques puisqu’ils les ont déjà acquises au cours des 6 années d’études, mais des compétences pratiques extrêmement importantes pour soigner les Marocains de façon optimale ».

Il enchaîne : « Des normes internationales existent même si, effectivement, chaque pays est souverain pour décider du volet académique et du nombre d’années d’études. Par exemple, si vous voulez former un ingénieur d’État partout dans le monde, dans 95% des cas, c’est un bac+5 qu’on exige. On ne peut donc pas venir dire, nous on veut former un ingénieur au Maroc avec un bac+3. Ce n’est pas possible. De manière générale dans le monde, tel qu’il ressort des pratiques médicales dans la majorité des universités dans le monde, reconnues sur le plan médical, la médecine, c’est 6 ans minimum d’études académiques et 3 à 4 ans pour obtenir un doctorat en médecine générale. Il faudra ensuite rajouter d’autres années pour être spécialiste ».

« Un doctorat en médecine générale en France, c’est 6 ans d’études académiques et 4 ans de pratique. En Espagne, c’est 6+3. Même chose en Belgique, au Canada ou aux Etats-Unis. La médecine générale est en effet considérée dans ces pays-là comme étant une spécialité« .

« Réduire la durée des études n’est pas  forcément la solution idéale »

La réduction de la durée des études n’est pas la solution idoine pour augmenter le nombre de médecins, d’après le Pr Heikel. Ce dernier propose d’autres alternatives comme l’augmentation de l’accès aux facultés de médecine à travers les passerelles, la mobilisation du secteur privé et la garantie de la mobilité entre les régions.

« Après, même si l’on réduit la durée des études médicales de 7 à 6 ans, ce n’est pas demain que nous allons gagner plus de médecins. Nous n’assurerons qu’une seule promotion tous les 6 ans, mais pas avant. Or, aujourd’hui, il faut plutôt augmenter l’accès aux facultés de médecine en créant des passerelles, comme en pharmacie, à partir des facultés de sciences. Il y a plein de jeunes Marocains qui sont inscrits dans les facultés de science à qui l’on peut offrir l’opportunité de devenir médecins ».

Pour remédier à la pénurie des professeurs qui va de pair avec l’augmentation du nombre de nouveaux inscrits, il faut considérer la mobilisation du secteur privé, recommande le Pr Heikel.

« Nous avons aujourd’hui quelque 900 professeurs qui sont dans le privé, qui sont sortis du public, auxquels nous pouvons faire appel pour appuyer le travail des 3.000 professeurs opérant dans les facultés publiques de médecine. Cela étant, si nous accréditons ou agréons le secteurs privé, ce dernier peut contribuer dans le cadre d’un partenariat public-privé qui soit bien structuré et coordonné », note-t-il.

« Aujourd’hui, tous les stages des étudiants, des internes et des résidents, y compris ceux du privé, se font dans les hôpitaux publics. Or, les hôpitaux publics n’ont pas la capacité d’encadrer tout le monde. Certains étudiants ne partent même pas tous les jours en stage, puisque, malheureusement, on ne peut pas les accueillir tous », déplore notre interlocuteur.

« Autre point à souligner, c’est que l’augmentation du nombre de médecins intervient principalement du fait qu’il y ait des régions au Maroc où il n’y a pas suffisamment de médecins. Une solution rapide, qui n’a pas besoin d’attendre 6 ou 7 ans, consisterait à créer un décret qui accorde aux médecins la mobilité entre les régions. Autrement dit, je détermine les besoins en fonction des régions. Si je constate par exemple que la région de Guelmim-Es Semara a besoin de cardiologues ou de pneumologues, je vois dans les autres régions, les cardiologues et les pneumologues qui sont prêts à aller une ou deux fois par semaine pour exercer là-bas », préconise-t-il.

« Ce qui me permet, en attendant 6, 7, 8 ans, de combler les besoins de santé de la population, d’autant que cela ne coûtera rien à l’Etat. Pour augmenter le nombre de médecins, la solution idéale n’est donc pas forcément de réduire la durée des études de 7 à 6 ans ».

« L’année universitaire n’est pas perdue à condition de s’y remettre le plus tôt possible »

Pour Jaâfar Heikel, il ne faut ni politiser ni personnaliser la question. « L’objectif et le bien sont communs, notamment garantir la santé de la population et réussir la refonte du système de santé. L’année universitaire n’est pas perdue, à condition de s’y remettre le plus tôt possible« , affirme-t-il.

« Il est encore possible de rattraper les stages en prévoyant un maximum de stages lors des vacances. Les examens sont quant à eux programmés fin septembre, conformément au calendrier proposé par le ministère de l’Enseignement supérieur et les facultés. Je crois aussi que les étudiants doivent eux-mêmes rentrer dans cette nouvelle perspective, puisqu’encore une fois, il faut que chacun y mette du sien. Les étudiants doivent ainsi reprendre leurs stages et passer leurs examens », souligne le professeur.

Tel que nous l’avions signalé dans d’autres articles, les étudiants refusent de fléchir en l’absence de l’inscription dans un procès-verbal des solutions discutées avec le gouvernement. Selon le Pr Heikel, la signature d’un procès-verbal est une question légitime puisqu’elle engagera les deux parties.

« Ce n’est même pas une question de confiance, mais plutôt une question pour la postérité, pour le futur, d’avoir un document engageant les parties. Il n’y a pas de conflit. Il n’y a pas de perdants. Mais il y a, en revanche, une volonté commune d’arriver à un objectif, sans que chacun ne se sente lésé. Au final, ce n’est ni le gouvernement ni les étudiants qui sortiront perdants, mais c’est le pays, le système de santé et les citoyens qui payeront cher », conclut-il.

Crise des études médicales : la réponse du gouvernement point par point, en commission parlementaire

Interagissant avec la situation, le gouvernement a tenu, de décembre 2023 à février 2024, 14 réunions avec les représentants des étudiants des facultés concernées au niveau national, avec la participation de représentants des ministères de tutelle ainsi que des doyens des facultés, lit-on dans la présentation du ministère de l’Enseignement supérieur projetée à l’occasion de la réunion conjointe, dont nous détenons copie.

Ces réunions avaient pour objectif d’informer les étudiants de l’état d’avancement du projet de réforme des études médicales, de prendre connaissance des doléances des étudiants et de les examiner, de fournir les clarifications nécessaires, de s’enquérir des points de vue des parties prenantes, de proposer un ensemble de solutions concrètes pour répondre aux demandes des étudiants et leur accorder un délai pour la consultation, et de maintenir le dialogue ouvert avec une participation intensive des doyens.

Les doléances des étudiants vs les propositions du gouvernement 

Dans sa présentation devant les deux commissions parlementaires, le ministère de l’Enseignement supérieur a passé en revue les doléances des étudiants et les propositions faites à ce propos par le gouvernement :

*1er point : la durée de formation pour l’obtention du diplôme de docteur en médecine 

*2e point : les thèses 

*3e point : terrains de stage 

*4e point : l’augmentation des sièges pédagogiques 

*5e point : statut du résident 

*6e point : statut et droits des étudiants 

*7e point : indemnités accordées aux externes 

« Certaines revendications dépassent la mesure » (ministère de l’Enseignement supérieur)

Le ministère de l’Enseignement supérieur juge dans sa présentation que « certaines revendications dépassent la mesure ».

« Certaines revendications sont peu objectives » :

« Certaines revendications relèvent des compétences pédagogiques essentielles des enseignants-chercheurs et des structures pédagogiques des facultés » :

« Certaines revendications, impliquant une gestion conjointe obligatoire avec les étudiants, dévient des objectifs de l’approche participative » :

Le ministère de l’Enseignement a rappelé in fine devant les deux commissions parlementaires les engagements du gouvernement sous réserve du passage des examens et du retour à la normale dans les facultés. Il s’agit notamment de la reconsidération des sanctions disciplinaires, de la modification des relevés de notes et du remplacement de la note zéro par la note obtenue lors de la session de rattrapage pour le premier semestre, de la possibilité de poursuivre la formation après la réussite des examens, avec la programmation des stages hospitaliers pour rattraper les périodes de boycott à partir de la prochaine année universitaire, en veillant à compléter tous les stages avec leur durée totale.

Nous rappelons que les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie poursuivent leur mouvement de protestation et annoncent des sit-in dans les différentes facultés et une marche nationale le 16 juillet 2024.

Réaffirmant leur engagement pour des « réformes rationnelles », les étudiants insistent sur la nécessité d’une réponse positive à leurs revendications.

Atos dans la tourmente, quid de l’activité du groupe au Maroc ?

Le géant informatique français Atos, présent au Maroc, est dans une situation financière délicate. Il manque de liquidité et traîne une dette faramineuse de près de 5 milliards d’euros.

Le groupe dont l’action traitait à Euronext à plus de 60 euros il y a 4 ans, s’échange désormais timidement au-dessus de la barre de 1 euro. En 5 ans, le groupe a perdu 98% de sa valeur.

Depuis plusieurs mois, voire années, des médias français racontent la fuite des grands cadres d’Atos et des dirigeants successifs qui ont quitté le navire comme Rodolphe Belmer en 2022 et Bertrand Meunier en octobre 2023.

L’entreprise est clairement dans une mauvaise passe. Elle est, d’ailleurs, depuis plusieurs mois, à la recherche d’un sauvetage économique. Cette situation, qui plonge le groupe et ses actionnaires dans l’incertitude, aura-t-elle des répercussions au Maroc ?

Si personne ne peut dire de quoi sera fait l’avenir de l’entreprise dans le Royaume, tant l’avenir de la maison mère, elle-même, est incertain, la question mérite d’être soulevée.

Présente dans plus de 70 pays dans le monde, elle détient également des activités au Maroc depuis sa base située à Casanearshore.

Restructuration des participations d’Atos au Maroc

Contacté sur le sujet, le groupe, aussi bien au Maroc qu’en France, n’a pas donné suite à nos sollicitations et demandes d’entretien. L’objectif était de savoir si l’onde de choc en France et le plan de restructuration à venir auront un impact au Maroc ou non. L’autre aspect que nous souhaitions interroger est le type d’activités opérées par Atos au Maroc et si les temps extraordinaires vécus par le groupe amèneront un changement stratégique d’activité d’Atos dans le pays.

Si aucune réponse ne nous a été fournie concernant ces interrogations, des événements juridiques consultés par Médias24 montrent d’importants changements dans les participations marocaines d’Atos laissant supposer que la restructuration du groupe à l’international a également touché le Royaume.

Selon les informations disponibles, ces changements ont démarré début 2023 avec la création d’une nouvelle entreprise d’Atos au Maroc sous l’appellation de Atos Technologies Maroc.

 Cette dernière est portée par deux filiales du groupe français, l’une en France et l’autre au Maroc, respectivement Bull SAS et Atos ITS Nearshore Center Maroc représentées à l’époque par Yannick Tricaud. Ce dernier était, jusqu’à son départ annoncé en mars dernier par la presse française, le directeur des opérations d’Atos en Europe du Sud.

En juin 2023, Atos Technologies Maroc réalise une augmentation de capital de 162 MDH réservée à Atos ITS Nearshore Center Maroc, dont 107 MDH intégralement libérées en rémunération de l’apport du fonds de commerce d’ATOS ITS Nearshore Center Maroc relatif à ses activités digitales et 55,7 MDH par apport en numéraire.

Quatre mois plus tard, nous sommes donc en septembre 2023, Atos Technologies Maroc change de dénomination sociale et devient Eviden Technologies Maroc portant le nom de l’entité d’Atos en charge de la Big Data et la sécurité mise en place en 2022.

Car, dans le cadre de la recherche de solutions pour s’en sortir, le géant français a décidé en 2022 de scinder en deux son activité entre deux entités indépendantes nommées: la première, Tech Foundations, regroupe les activités historiques d’infogérance du groupe ; la seconde, Eviden, englobe les activités big data et sécurité.

A l’évidence, les activités marocaines ont rejoint donc le giron de cette dernière, Eviden, que les observateurs estiment être la pépite du groupe Atos.

Depuis, nous n’avons pas relevé d’autres actualités relatives au capital ou aux participations d’Atos. Le seul évènement, juridiquement marquant, signalé est un changement dans le management en date du 9 mai 2024.  Yannick Tricaud quitte la présidence d’Eviden Technologies Maroc, après avoir quitté le groupe en France. Il est remplacé par Hélène Bringer.

Autre évènement à signaler, celui-ci a par contre été publiquement annoncé par le groupe fin mai dernier, est la nomination de Safia Faraj au poste de directrice d’Atos en Afrique. Dans le communiqué, le groupe français explique que celle qui a été directrice des opérations en Afrique pendant quatre ans, puis dirigeante d’Atos au Maroc pendant plus de dix ans, « poursuivra la trajectoire de croissance à deux chiffres du groupe sur le continent et conduira la vision ambitieuse d’Atos pour l’Afrique, axée sur le développement de services cloud et de solutions basées sur l’intelligence artificielle, tout en accélérant la transformation numérique du secteur public, des services financiers et des opérateurs de télécommunications ».

Un paquebot en sauvetage économique

Dans sa communication officielle, le groupe français annonce des ambitions pour le continent africain qui semble se développer à deux chiffres. Le discours optimiste pour les activités sur le continent ne reflète pas la situation économique critique que traverse le groupe.

L’entreprise avait annoncé avoir besoin de 1,1 milliard d’euros de liquidités pour 2024-2025 et vouloir réduire de 3,2 milliards d’euros sa dette brute, qui a atteint près de 5 milliards d’euros, pour sauvegarder son activité.

La chute du géant des services numériques est également un sujet politique du fait de ses activités. L’État français s’est positionné pour reprendre certaines branches du groupe, notamment dans le domaine de la sécurité et des supercalculateurs, essentiels à la simulation d’essais nucléaires ou à la gestion du parc des centrales nucléaires. L’État a proposé 700 millions d’euros pour les acheter, mais son offre doit encore être acceptée par le groupe.

Pour s’en sortir, le groupe a même cherché à se délester de toute l’activité historique d’infogérance regroupée dans Tech Foundations. Il était en négociation avec le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Mais le deal ne se fera pas. Challenges.Fr a révélé en février dernier qu’après plusieurs mois de négociations tendues, « les discussions entre Atos et Daniel Kretinsky pour la vente de Tech Foundations sont rompues. Le milliardaire tchèque ne serait toutefois pas hostile à la présentation d’une offre globale de reprise du géant français en cas de mise en place d’un plan de sauvegarde. »

Le 11 juin dernier, le conseil d’administration a choisi le consortium mené par Onepoint, son principal actionnaire, pour parvenir à un accord définitif sur la restructuration financière qui sera mise en œuvre d’ici juillet 2024, au détriment de celle de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky.

Le 25 juin au soir, un coup de théâtre s’est produit avec le retrait des négociations de Onepoint et son consortium, jugeant que les conditions n’étaient pas réunis pour conclure un accord.

De fait, cette récente décision remet dans l’arène Daniel Kretinsky. Rachètera-t-il l’ensemble ou une partie ? d’autres acheteurs se manifesteront-ils ? Les actifs marocains seront-ils dans le lot de cessions ou pas ? Le potentiel futur acquéreur décidera-t-il de garder un pied dans le royaume ? Des questions qui restent en suspend pour l’heure…

Conjoncture amère pour les producteurs d’amandes douces

Ils sont trois producteurs locaux à témoigner auprès de Médias24 de la fragilisation de la production nationale d’amandes douces. D’après eux, l’importation massive d’amandes américaines est à blâmer. Ils alertent sur les éventuels arrachages d’amandiers et appellent à l’application urgente des mesures de sauvegarde.

« Actuellement, nous vivons une situation alarmante au niveau des amandes douces. Les acheteurs se désintéressent totalement des amandes marocaines étant donné qu’il y a eu des importations massives d’amandes américaines. Le volume a été multiplié par 15 tandis que les montants importés ont été multipliés par 11 de 2018 à 2023« , s’indigne une productrice d’amandes dans la région de Fès-Meknès.

Rappelant les derniers chiffres de l’Office des changes (image ci-dessous), elle souligne que le volume des importations a augmenté de 40% entre 2022 et 2023. « Le stock créé fait que les amandes marocaines ne sont plus recherchées, d’autant plus que leurs rivales américaines sont moins chères. Le constat est que les transactions nationales sont quasiment à l’arrêt, et les prix proposés impliquent de vendre à perte« .

À l’origine de la crise, le démantèlement tarifaire progressif imposé par l’accord de libre-échange Maroc-USA

« La crise chez les producteurs d’amandes au Maroc n’a pas seulement été aggravée par l’explosion des importations depuis les États-Unis, mais elle a été aussi, et surtout, provoquée par celle-ci. À l’origine de cette crise, l’accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis qui a progressivement levé les droits d’importation sur les amandes douces. Aujourd’hui, les quotas d’importation sont complètement levés« , explique un agriculteur dans la région de Fès-Meknès.

Il est rejoint sur ce point par un producteur et concasseur d’amandes dans la même région : « On parle d’un remplacement progressif, voire une substitution de la production locale par les importations d’amandes américaines. Historiquement, le Maroc est connu pour sa grande production d’amandes, qui est la deuxième production arboricole après l’olivier ».

« Auparavant, le Maroc était protégé par des droits d’importation qui étaient élevés, lesquels droits bloquaient ou freinaient les importations américaines et même européennes. Ensuite, il y a eu l’accord de libre-échange avec l’Europe et avec les États-Unis. Dans le cas de l’Europe, les droits d’importation ont été maintenus, ce qui fait que l’importation était pénalisée à partir des pays européens. Mais dans le cas de l’accord d’association avec les États-Unis, il y a eu un démantèlement progressif qui a pris fin officiellement en 2018. Depuis, les droits d’importation sont devenus nuls à partir des Etats Unis ».

Signé en 2004, l’accord de libre-échange entre le Maroc et les États-Unis d’Amérique s’applique au commerce des marchandises agricoles et industrielles ainsi qu’au commerce des services. Il prévoit l’établissement de listes correspondant à des rythmes de démantèlement variant de 0 à 10 ans, comprenant principalement les semences, les plants, les animaux reproducteurs, les aliments pour l’élevage, les graines oléagineuses, le beurre et certains produits frais ou transformés pour lesquels le Maroc dispose d’avantages comparatifs.

Une exception, en termes de traitement et de période de démantèlement a été néanmoins retenue pour certains produits agricoles sensibles pour le Maroc, dont le droit de douane sera démantelé sur une période de 10 jusqu’à 25 ans. Cette liste comprend essentiellement le lait et les produits laitiers, les amandes, l’orge, le miel, les œufs, les préparations alimentaires, les produits contenant du sucre, les viandes ovines et caprines ainsi que les légumineuses.

« La problématique vient du fait que les amandes douces ne font pas partie de l’annexe 3-A détaillant les mesures de sauvegarde agricole dans l’accord de libre échange liant le Maroc aux Etats-Unis « , précise notre première interlocutrice.

Les explications du ministère de l’Agriculture 

Contacté par nos soins, le ministère de l’Agriculture nous explique que l’augmentation des importations se justifie par la faible production d’amandes, liée à la sécheresse des dernières années. « La situation devrait se rétablir avec l’entrée en production des nouvelles plantations et les conditions climatiques favorables ».

Les trois producteurs joints par Médias24 contestent néanmoins l’insuffisance de la production locale d’amandes.

« L’importation des amandes américaines ne se justifie en aucun cas par la pénurie d’amandes au Maroc. Aujourd’hui, le prix est le principal motif d’importation. Les amandes américaines, qui arrivent à un prix très faible, entraînent ainsi une concurrence déloyale », note le concasseur d’amandes.

« La Californie à elle seule est le premier producteur mondial et le premier exportateur mondial d’amandes. Nous nous ne battons pas à armes égales avec les États-Unis qui ont une puissance énorme puisqu’ils accaparent 75% à 80% de la production mondiale. Les Américains bénéficient donc d’une infrastructure de production, de commercialisation, de logistique qui est énorme. Tous ces éléments-là font que leurs prix à la sortie sont inférieurs aux nôtres », explique-t-il.

« Les deux tiers de la consommation locale des amandes proviennent aujourd’hui des Etats-Unis »

« Les deux tiers de la consommation locale des amandes proviennent aujourd’hui des Etats-Unis, alors que jusqu’à 2018, celle-ci était entièrement satisfaite par la production marocaine », ajoute ce dernier.

« Le Maroc est autosuffisant en termes de production d’amandes. Mais ce qui va se passer, c’est que les gens vont commencer à arracher. Certains ont déjà commencé, du seul fait que la culture n’est plus rentable. On parle là d’une éventuelle perte d’un capital important au Maroc. Derrière, une dépendance totale pour un produit qui est très consommé au Maroc, par rapport à l’extérieur, notamment par rapport aux Etats-Unis. Si demain vous avez une flambée des prix, comme cela peut exister sur les matières alimentaires, le Maroc va se retrouver complètement fragilisé par ce type d’importations. Alors qu’à la date d’aujourd’hui, il est encore une fois autosuffisant », appuie son confrère.

« Le consommateur marocain était habitué à l’amande marocaine. Sauf que l’amande américaine a commencé au fil du temps à entrer dans les mœurs, surtout chez les industriels », observe celui-ci.

Des mesures de sauvegarde s’imposent selon les producteurs

« Malgré le coût plus compétitif de l’amande américaine, les prix de l’amande sur le marché marocain n’ont cessé d’augmenter pour le consommateur marocain. En grande surface, l’amande américaine est vendue à 109 DH/kg alors qu’elle est importée à moins de 50 DH/kg », précise pour sa part la productrice d’amandes dans la région de Fès-Meknès.

Elle enchaîne : « Face à une telle concurrence, si des mesures de subvention directe aux agriculteurs (à l’image de ce qui a été mis en place pour la culture de la pomme de terre et de l’oignon) ou des barrières non tarifaires ne sont pas mises en place rapidement, tous les producteurs actuels d’amande vont devoir arracher leurs arbres ».

« En effet, il s’agit d’une situation structurelle délibérément créée et confirmée par le gouvernement marocain au moment de la signature des accords de libre échange avec les Etats-Unis. À terme, cela signifie la destruction de toute une filière sur le sol national et la mort de l’amande marocaine. Les Etats-Unis, déjà producteurs de 80% de la production mondiale, auront à terme le contrôle et le monopole du marché marocain des amandes, avec tout ce que cela suppose de risques ».

« Pour remédier à la situation, il faut revoir l’accord de libre-échange et prévoir des mesures de protection. Il faut mettre en place une barrière à l’entrée des amandes, comme ce qui a été fait pour le blé et pour différentes spéculations », conclut de son côté le concasseur d’amandes.

Au cours de la saison 2022-2023, la superficie totale occupée par les amandiers s’élevait à 230.510 hectares au niveau national, selon les dernières données fournies par le ministère. Les principales zones de production sont concentrées dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès et l’Oriental. La production moyenne d’amandes non décortiquées est estimée à 146.096 tonnes.

Crise en médecine : +90% des étudiants se disent ouverts au boycott des prochains examens

Un pas en avant, deux en arrière ? Au moment où les choses semblaient s’arranger entre les futures blouses blanches et le gouvernement, la grande majorité des étudiants se disent aujourd’hui ouverts au boycott des examens de la session de printemps, malgré les dernières propositions gouvernementales qui laissaient présager le début d’une trêve.

Si les représentants des étudiants en médecine se sont réunis récemment avec les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé ainsi que le porte-parole du gouvernement, les conclusions de cette rencontre n’ont pas été suffisamment convaincantes pour le corps étudiant. En cause, l’absence de signature d’un PV pour officialiser les points d’accord trouvés et d’une reprogrammation convenable des examens.

« Le pourcentage des personnes en faveur du boycott dépasse largement les 90% »

« La situation est pour le moment délicate. Tant qu’il n’y a pas un accord et une reprogrammation convenable des examens, les prochains examens [examens de la session du printemps, ndlr] seront boycottés. Les sondages effectués auprès des étudiants, à l’échelle nationale, affichent une tendance pro-boycott ; le pourcentage des personnes en faveur du boycott dépassant largement les 90%« , affirme une source estudiantine à Médias24.

« Le ministère a insisté sur la nécessité de passer les examens en promettant le règlement de la situation. Mais, selon lui, il n’y a pas lieu de signer un PV », précise-t-elle.

En effet, la réunion du vendredi 21 juin s’est soldée par une présentation verbale des points suivants par le gouvernement, en les considérant comme « le maximum » de ce qu’ils pouvaient offrir, lit-on dans un communiqué de la Commission nationale des étudiants en médecine, en médecine dentaire et en pharmacie.

Maintien de la programmation actuelle des examens et suppression de la note zéro du relevé de notes

Il s’agit notamment du maintien de la programmation actuelle des examens, avec l’ouverture de la session de printemps le 26 juin, suivie de la session de rattrapage afférente avant la fin du mois d’août. Les examens de rattrapage du premier semestre auront lieu en septembre, souligne le communiqué.

Les mêmes périodes de stages hospitaliers qui ont été boycottées seront par ailleurs rattrapées à partir de la prochaine année universitaire.

Concernant les terrains de stages hospitaliers, deux décrets seront émis, promet le gouvernement ; le premier concernant les comités régionaux de coordination de la formation, et le second pour les superviseurs des stages hospitaliers.

Quant aux stages complémentaires, ceux-ci se dérouleront sur une période de trois mois minimum et d’un an maximum. Durant ces stages, l’étudiant recevra les mêmes indemnités que celles de la sixième année dans la nouvelle structure. Concernant l’affectation, une demande sera soumise au doyen de la faculté, laquelle sera examinée par le comité régional compétent selon les besoins en ressources humaines et les données de chaque région.

Le gouvernement s’est également engagé, à l’issue de la dernière réunion, à reporter la nouvelle formule des études médicales, comprenant le système 2+4, de manière à ce que ses dispositions soient appliquées à partir de la promotion 2024-2025.

Les indemnités pour les tâches seront fixées comme suit : 1.200 DH pour la troisième, la quatrième et la cinquième année en médecine, 1.200 DH pour la quatrième et la cinquième année en pharmacie, et 2.400 DH pour la sixième année dans les deux filières.

Pour la filière de pharmacie, l’accord de principe oral a été donné sur la proposition sans l’inclure par écrit.

Crise des étudiants en médecine : enfin, l’espoir d’un accord

Des propositions gouvernementales visant à surmonter la crise des étudiants en médecine se sont dégagées des dernières réunions de médiation tenues avec les représentants des étudiants en médecine, en présence du porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.

Ces propositions ont fait l’objet d’une assemblée générale nationale organisée par la Commission nationale des étudiants en médecine, le lundi 10 juin. Elles sont soumises au vote à l’ensemble des étudiants ce mardi.

Différents points ont été examinés grâce à la médiation gouvernementale. En tête de liste, la réduction de la durée des études médicales de 7 à 6 ans, principal point de discorde entre les étudiants et les ministères de tutelle.

Une 7e année facultative 

Joint par notre rédaction, un membre de la Commission nationale des étudiants en médecine raconte : « Pour le moment, les étudiants n’ont pas encore tranché sur les propositions gouvernementales, dont la principale proposition concerne une 7e année au choix. Le gouvernement suggère que les étudiants ayant terminé leurs six ans d’études de base, et souhaitant avoir des stages supplémentaires, déposent un avis pour faire une 7e année au choix ».

Les étudiants de 6e année bénéficieront à ce titre de tous les privilèges et acquis matériels et moraux conférés par le statut des étudiants en médecine en charge de la fonction de médecin interne.

Les propositions gouvernementales prévoient en outre la mise en place de stages cliniques internes à temps plein, facultatifs, pour les étudiants en médecine ayant terminé les stages de la 6e année avant de soutenir leur thèse. Ils bénéficieront, sur une année, d’un certain nombre de stages d’une durée minimale d’un mois pour chaque stage (renouvelable).

Pendant cette période, les étudiants vont jouir du même statut juridique qu’au cours de leur dernière année. Ils bénéficieront également, pour ces tâches, des mêmes indemnités qu’ils percevaient durant la 6e année. Les étudiants choisiront les services hospitaliers pour effectuer les stages complémentaires avant la fin de la 6e année, après notification à la faculté. Ils seront affectés dans les services hospitaliers selon la liste qu’ils ont soumise. Les stagiaires vont recevoir une attestation de la faculté après avoir complété chaque période de stage.

Les deux unités de médecine de famille, durant la 6e année, ne seront pas considérées comme des unités obligatoires pour l’obtention du diplôme de doctorat en médecine ou pour la soutenance de la thèse, mais plutôt comme des unités complémentaires donnant lieu à une attestation de formation.

Pas de levée du boycott avant la signature d’un PV

Certes, l’option d’une 7e année au choix est une solution gagnant-gagnant, mais elle ne déterminera pas à elle seule la levée définitive du boycott. Exigeants, les étudiants veulent être rassurés au maximum. Ils ne céderont pas sans la signature d’un procès-verbal (PV) et sans accords fixant les modalités de reprogrammation des cours et concernant la note zéro attribuée aux étudiants qui avaient boycotté les examens.

« En principe, les propositions seront votées ce mardi par les étudiants, mais le vote ne sera pas forcément décisif, parce qu’il y a beaucoup de contraintes. Les étudiants demandent en effet plus de détails et de visibilité, chose que nous avions remontée au médiateur gouvernemental. Ils veulent un programme détaillé qui va les rassurer », souligne notre interlocuteur.

« Le boycott ne sera pas levé automatiquement après le vote. La levée de celui-ci ne peut se faire sans la signature d’un PV et sans accords par rapport aux modalités de reprogrammation des cours et au zéro attribué aux étudiants ayant boycotté les examens ».

Si le tour n’est pas encore joué, les propositions gouvernementales laissent toutefois présager une trêve. Outre la 7e année facultative, la médiation a également débouché sur d’autres suggestions, dont voici l’essentiel à retenir.

Mise à jour du système d’études médicales dans tous ses cycles

Modification du cahier des charges pédagogiques national pour le diplôme de docteur en médecine selon ce qui suit : maintien de la valeur juridique, académique, morale, matérielle, nationale et internationale du diplôme, avec un volume horaire total de formation d’au moins 4.800 heures d’enseignement et d’évaluation ; mise en œuvre des procédures relatives aux accréditations internationales des formations au niveau de chaque faculté d’ici la prochaine année universitaire.

Mise à jour du système d’études médicales dans tous ses cycles, tout en conservant les accords précédents, pour qu’il prenne la forme suivante : restructuration du système de formation dans les premier et deuxième cycles, et harmonisation des unités d’étude et des unités de stages hospitaliers pour qu’elles correspondent aux compétences et capacités attendues d’un médecin généraliste. L’obtention du diplôme de doctorat en médecine par le biais de cette formation sera considérée comme une qualification pour exercer la médecine de famille.

– La formation pendant le cursus médical se divisera comme suit : les quatre premiers semestres sont consacrés à l’enseignement des unités scientifiques de base et des sciences fondamentales précliniques, incluant une immersion dans le système de santé et une immersion en médecine sociale ; les semestres 5 à 8 sont dédiés aux stages cliniques externes à mi-temps et aux cours théoriques, visant à permettre à l’étudiant d’acquérir et de développer des compétences cliniques ; les semestres 9 à 12 sont consacrés aux stages cliniques à temps plein.

Ce système s’applique aux étudiants inscrits en première et deuxième année durant l’année universitaire 2023-2024, à condition que le dossier descriptif de la formation soit publié avant la rentrée universitaire prochaine. L’ancien dossier descriptif s’applique aux étudiants en troisième, quatrième et cinquième année durant l’année universitaire 2023-2024.

Gestion des thèses et de la sortie de deux promotions

Concernant les thèses :

– accepter les thèses purement théoriques et ne pas limiter le nombre de cas étudiés dans la partie analytique, afin d’augmenter le nombre de thèses pouvant être encadrées simultanément ;

– réduire les contraintes temporelles concernant la soutenance de la thèse à un maximum de 3 mois ;

– mettre en place une plateforme numérique pour faciliter l’accès aux sujets de thèse au niveau de chaque faculté avant la rentrée universitaire 2024-2025.

S’agissant de l’année qui va connaître la sortie de deux promotions :

– s’engager à doubler le nombre de postes budgétaires pour le concours de résidanat en médecine, sur la base du nombre de places ouvertes lors du concours de résidanat de la session de janvier 2024, à travers deux concours correspondant au nombre de diplômés des deux promotions pendant l’année universitaire de transition 2025-2026 pour chaque spécialité, tout en continuant à respecter les augmentations convenues précédemment ;

– augmenter le nombre de places pour les concours de résidanat et d’internat dans toutes les spécialités de médecine, en fonction du pourcentage d’augmentation du nombre d’étudiants et des nouveaux inscrits ;

– doubler le nombre de postes pour le concours d’internat pendant l’année universitaire de transition 2026-2027, en fonction du taux d’accès de ces deux promotions ;

– doubler les terrains de stage hospitaliers agréés pour les spécialités, selon des proportions respectant des critères objectifs.

Maintien des cursus d’internat et de résidanat

Le gouvernement suggère, pour ce qui est de l’accès au troisième cycle, la modification du contenu, des modalités de passage et de l’organisation des concours du troisième cycle, avec une participation active des représentants des bureaux et des conseils des étudiants.

Le maintien des cursus d’internat et de résidanat est l’autre proposition qui s’est dégagée des réunions de la médiation :

– Les étudiants bénéficient des cursus d’internat et de résidanat dans leur forme actuelle jusqu’à la publication de la nouvelle version, dont la mise en œuvre débutera à la rentrée universitaire suivant sa publication.

– Les étudiants ayant complété les quatre premières années peuvent passer le concours d’internat dans la nouvelle structure. Ce système s’applique aux étudiants inscrits en première et deuxième année durant l’année universitaire 2023-2024. Le système actuel reste en vigueur pour les étudiants en troisième, quatrième et cinquième année durant l’année universitaire 2023-2024.

3e cycle : le cahier des charges pédagogiques est attendu avant janvier 2025

Voici les propositions relatives au cahier des charges pédagogiques pour le 3e cycle :

– publication du cahier des charges pédagogiques national pour le troisième cycle et élaboration de l’arsenal juridique qui l’encadre avant le 1er janvier 2025, avec la participation active des représentants des bureaux et des conseils des étudiants ;

– assurer des opportunités de formation à l’étranger pour les résidents pendant la durée du résidanat en leur permettant de bénéficier de ces stages à partir de l’année universitaire prochaine ;

– formulation et activation d’une procédure claire pour le changement de spécialité et le transfert pendant la période du résidanat, à partir de l’année universitaire prochaine.

Échéances fixées pour la livraison des futurs CHU 

Les terrains de stage ont également fait l’objet des réunions de médiation. Voici les propositions s’y afférant :

– Fournir les terrains de stage hospitalier nécessaires à la formation des étudiants en médecine et en pharmacie à partir de l’année universitaire prochaine, au niveau de chaque faculté, en impliquant activement les représentants de la Commission nationale des étudiants en médecine au sein des comités régionaux conjoints pour la coordination de la formation dans les professions de santé, tout en respectant les normes convenues.

– Élaborer les textes réglementaires relatifs aux superviseurs des stages effectués par les étudiants et établir des comités régionaux conjoints pour la coordination de la formation, en préparant les projets de décrets suivants ; décret sur les comités régionaux conjoints pour la coordination de la formation dans les professions de santé, décret sur les superviseurs de stages et les formateurs dans les établissements de santé appartenant aux groupements de santé territoriaux au bénéfice des étudiants dans les professions de santé, avec une participation active des représentants des étudiants en médecine.

– Fournir la liste des hôpitaux capables d’accueillir les étudiants dans le cadre de la commission chargée d’approuver les terrains de stage chaque année, avant le début de chaque année universitaire, à partir de l’année universitaire prochaine.

– Définir des quotas à ne pas dépasser concernant le nombre d’étudiants accueillis dans chaque unité hospitalière, en se basant sur le nombre du personnel, de lits et de patients.

– Terminer les travaux de construction, l’équipement et la réhabilitation des centres hospitaliers : le CHU d’Agadir avant la prochaine rentrée universitaire 2024-2025 ; les CHU de Laâyoune, Errachidia, Guelmim et Béni Mellal à l’horizon 2027.

– Équiper les centres hospitaliers régionaux et provinciaux à Laâyoune, Errachidia, Guelmim et Béni Mellal pour les adapter aux exigences de la formation.

Augmentation des sièges pédagogiques et des bourses

Ci-dessous les suggestions relatives à l’augmentation des sièges pédagogiques au sein des facultés de médecine, de médecine dentaire et de pharmacie et aux bourses :

– adapter l’augmentation du nombre de nouveaux inscrits dans les facultés de médecine, médecine dentaire et de pharmacie via les commissions régionales conjointes hospitalo-universitaires, à partir de l’année universitaire 2025-2026 ;

– réguler l’augmentation du nombre de nouveaux inscrits en respectant la capacité d’accueil des amphithéâtres, des installations de la faculté et des terrains de stage hospitalier ;

– accompagner l’augmentation du nombre de nouveaux inscrits en augmentant la capacité d’accueil des terrains de stage hospitalier, celle des amphithéâtres et des salles de classe ;

– garantir une bourse d’enseignement supérieur aux étudiants méritants tout au long des différentes années de formation, en tenant compte des conditions approuvées dans le cadre du registre social unifié à partir de la prochaine année universitaire ;

– développer et approuver une plateforme informatique au niveau du ministère de la Santé pour gérer les indemnités pour les tâches, permettant leur versement sur une base mensuelle à partir de janvier 2025 ;

– augmenter les indemnités pour les tâches avec effet rétroactif à partir de septembre 2024, dont le versement commencera en janvier 2025 ;

– plus de 1.000 DH pour la troisième, quatrième et cinquième année ;

– plus de 2.000 DH pour la sixième année et l’année de stage complémentaire.