Des retards administratifs reportent à 2025 la mise en place d’un palais des congrès à Casablanca
« Les travaux n’ont toujours pas démarré mais, lors d’une récente réunion avec la présidente du conseil communal de Casablanca, le nouveau wali a confirmé l’intérêt stratégique de ce projet, qui aurait dû être opérationnel en 2024, en déclarant qu’il fallait faire valider toutes les conventions préalables le plus rapidement possible », nous a déclaré le président du conseil régional du tourisme.
« Un montage administratif qui s’éternise »
Et de préciser que le retard s’explique par les formalités administratives préalables qui n’ont toujours pas été accomplies par la ville, alors que le financement de 80 millions de DH a déjà été débloqué par les différents acteurs impliqués, à savoir le conseil régional de Casablanca-Settat, le conseil communal, le ministère délégué auprès du chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, la société de développement local (SDL) Casa Events et Animation, ainsi que le conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat.
Inscrit dans la feuille de route ministérielle visant à développer la filière du tourisme d’affaires, ce projet structurant avait en effet été définitivement acté en mars 2023, lors de son adoption par les élus dans le cadre du Plan de développement régional (PDR 2023-2027) de la région du Grand Casablanca, suivie d’autres réunions du conseil communal et préfectoral au cours des mois suivants.
Dans un premier temps, il faudra attendre deux à trois mois avant que l’appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner un maître d’ouvrage soit lancé, puis bouclé juste avant le début du chantier.
« Une ouverture prévue en juin 2025 »
« Après quoi, le montage de l’amphithéâtre, qui accueillera le palais des congrès d’une superficie de 5.940 m² et le parc des expositions de 11.880 m², nécessitera environ 12 mois de travaux à partir d’aujourd’hui », estime Othmane Cherif Alami. Il table sur une ouverture au début de l’été 2025, permettant de créer 2.200 emplois directs et indirects et de générer une hausse des nuitées de 6%.
Le président du CRT de Casablanca-Settat rappelle que le palais des congrès, d’une capacité comprise entre 1.500 et 2.000 congressistes, permettra d’organiser environ six congrès durant les mois qui suivront son ouverture, puis une quarantaine d’événements du même type en 2033, alors que sa composante ‘expositions’ permettra d’accueillir une trentaine de salons au même horizon.
D’ici là, Othmane Cherif Alami indique que la récente transformation de l’église du Sacré-Cœur en un centre de conférences et d’expositions, qui vient répondre aux besoins de la capitale économique en matière d’événements M.I.C.E, commence à susciter un intérêt grandissant à l’international.
Casablanca. Du laboratoire d’architecture du XXe siècle à la capitale africaine contemporaine
Casablanca est le territoire de tous les possibles. Économie, histoire, architecture, art ou culture… la ville n’a cessé de se réinventer et de surprendre au fil des siècles. Ainsi, la petite ville portuaire de la province de Tamesna s’est muée d’abord en une médina d’à peine 45 km2 en 1900, avant de se métamorphoser en métropole contemporaine africaine avec ses 1.650 km2 de nos jours. Si le saut historique semble vertigineux, il témoigne néanmoins de l’évolution phénoménale de ce territoire. Et ce n’est certainement pas la ligne d’arrivée. Car la ville blanche continue de déployer ses branchements territoriaux comme ses ambitions de grandeur, tous azimuts.
Photo d’archives : Casablanca en 1916.
La métamorphose
Le président du Conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat, Othmane Cherif Alami, nous confirme cet état de fait. « Avec les lignes de tramway, le busway, les ponts, les routes, ainsi que le Grand Théâtre de Casablanca, la rénovation du parc de la Ligue arabe, de l’ancienne église du Sacré-Cœur, transformée en centre culturel et d’événementiel, du zoo de Ain Sebaâ, etc., le visage de Casablanca a changé pour le Casablancais et pour le visiteur, avec une meilleure qualité de vie, de l’animation et des moyens de transport modernes ».
Le Grand Théâtre de Casablanca
Le Grand Théâtre de Casablanca
Le Grand Théâtre de Casablanca
Le Grand Théâtre de Casablanca
Le Grand Théâtre de Casablanca
Le Grand Théâtre de Casablanca en miniature
À ce bilan de réalisations au beau fixe s’ajoutent les projets d’avenir. Pour le renouveau de Casablanca et de sa région, notre interlocuteur compte aussi sur la rénovation « actée » du centre de congrès et d’expositions du palais de la foire, d’une capacité de 2.000 places à l’horizon 2025, sur l’ouverture prochaine du Grand Théâtre de Casablanca (conçu par le tandem d’architectes Christian de Portzamparc et Rachid Andaloussi), sur le quai de croisière de la ville et sur le lancement des travaux du terminal 3 de l’aéroport Mohammed V. « Tous ces projets programmés vont permettre définitivement, après douze ans de grands travaux, de positionner cette belle ville en capitale contemporaine africaine », projette Othmane Cherif Alami.
Tous les projets programmés permettront définitivement, après douze ans de grands travaux, de positionner cette belle ville en capitale contemporaine africaine
Othmane Cherif Alami, président du Centre régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat
Un musée à ciel ouvert
Cette mue, qui semble ne jamais s’arrêter, ne date pas d’hier. L’histoire de Casablanca est inextricablement liée à celle de son architecture qui accompagne le passage des époques et marque l’évolution des tendances. La spécificité de la ville réside dans cette capacité à ne jamais se cloisonner dans un seul courant, à être dans un continuel « tout à la fois ». Une simple balade dans les principales artères de la ville permet d’apprécier le caractère protéiforme de ses styles architecturaux, allant de l’Art déco au baroque, en passant par les mouvements néo-classiques. « La ville était un laboratoire architectural pendant le XXe siècle et a accueilli plusieurs architectes européens qui ont construit des bâtisses de style Art déco », rappelle à juste titre le président du CRT de Casablanca-Settat.
Vue aérienne du centre ville de Casablanca
Vue aérienne du centre ville de Casablanca
Vue aérienne du centre ville de Casablanca. Photo MEDIAS24
Vue aérienne du centre ville de Casablanca
Vue aérienne du centre ville de Casablanca
Vue aérienne du centre ville de Casablanca
Vue aérienne du centre ville de Casablanca
Parmi les grandes constructions architecturales de la ville, on peut citer l’immeuble Assayag sur le boulevard Hassan Seghir, réalisé par l’architecte français Marius Boyer à partir de 1930. Ce bâtiment, à la fois très moderne et intemporel, a su traverser l’histoire et le temps sans prendre une ride. « On a l’impression qu’il a été construit hier », nous confiait, en février 2022, l’architecte Rachid Andaloussi.
Immeuble Assayag, réalisé par l’architecte français Marius Boyer à partir de 1930.
Il y a aussi l’immeuble Liberté, avec ses 17 étages construits entre 1949 et 1951 par l’architecte suisse Léonard René Morandi, et qui évoque l’élégance et la sensualité du style architectural dit « Paquebot ».
L’autre bijou architectural de Casablanca est la Villa ronde construite en 1965 par l’architecte allemande Wolfgang Ewerth sur le haut de la colline d’Anfa, permettant de contempler la ville à 360°. Il s’agit tout simplement d’un beau manifeste et d’une leçon d’architecture casablancaise. Des circuits pour découvrir ou redécouvrir ce patrimoine architectural sont régulièrement organisés par l’association Casamémoire, qui œuvre justement pour sa promotion et sa sauvegarde.
L’immeuble Liberté, conçu par l’architecte suisse Léonard René Morandi et construit entre 1949 et 1951.
L’Eglise Notre Dame de Lourdes Casablanca
L’Eglise du Sacre-Coeur à Casablanca
La plantation de palmiers est désormais interdite à Casablanca.
L’autre circuit très attendu, qui viendrait enrichir la palette des visites de la ville blanche, est celui portant sur le quartier des Habous. Et bonne nouvelle : ce circuit est déjà envisagé par le CRT de Casablanca-Settat pour 2024, nous confie Othmane Cherif Alami. Ce projet s’inscrit dans la mission de promotion du tourisme culturel du CRT. Dans ce quartier, on peut déjà visiter la Mahkama du Pacha, un condensé du génie artisanal des mâalems marocains. Zellige, ébénisterie, arcades et portails, ce bâtiment symbolise l’architecture musulmane dans toute sa splendeur.
Casablanca est finalement cette ville qui opte autant pour l’élégance ivoire aux éclats dorés du marbre que pour la sobriété grise du ciment. Ne pas choisir entre l’une et l’autre relève de l’audace. Et il en fallait pour ériger la Grande Mosquée Hassan II, construite aux deux tiers sur la mer.
La Mosquée Hassan II.
Un circuit touristique dédié au quartier des Habous est prévu par le CRT de Casablanca-Settat pour 2024
Mahkama du Pacha.
En plus du quartier des Habous, d’autres lieux casablancais incontournables méritent le détour. Pour Othmane Cherif Alami, il s’agit notamment de « l’ancienne médina, de la magnifique mosquée Hassan II, du boulevard Mohammed V avec ses bâtiments Art déco et son marché central, de la corniche de Casablanca avec ses restaurants et sa nightlife, en plus de ses lieux d’animation ». Le CRT de la région Casablanca-Settat a d’ailleurs procédé au lancement d’outils marketing afin de promouvoir ces lieux, notamment à travers des capsules vidéo de promotion, des photos HD et des flyers dédiés.
Wilaya du grand casablanca
Wilaya du grand casablanca
Vue sur la ville de Casablanca
Le bâtiment de Bank Al-Maghrib, au centre ville de Casablanca
La région Casablanca-Settat est la première destination du pays dans les catégories du tourisme d’affaires, médical, de shopping et des foires et expositions
Le tourisme d’affaires en capitale
Au-delà de son architecture éclectique offrant un voyage inédit dans le XXe siècle où baroque et brutalisme s’entremêlent sans complexe, Casablanca se targue avant tout d’être le premier pôle économique du Royaume. Cette région est d’ailleurs « la première destination du pays dans les catégories du tourisme d’affaires, médical, de shopping et des foires et expositions », grâce à ses infrastructures prestigieuses conçues pour fédérer le monde des affaires. Il s’agit notamment de « l’Office des foires et expositions de Casablanca, l’Office des changes et le Parc d’exposition Mohammed VI, à proximité d’El Jadida », rappelle le président du CRT. Casablanca est donc la destination MICE (Meeting, Incentive, Conferences, Events) par excellence.
Le pont à haubans de Sidi Maârouf
Le pont à haubans de Sidi Maârouf
Le pont à haubans de Sidi Maârouf
Le pont à haubans de Sidi Maârouf
Le pont à haubans de Sidi Maârouf
En plus, pour accueillir visiteurs nationaux et internationaux dans les meilleures conditions en termes de transport et de mobilité, la région s’est dotée, au cours des dernières années, de nombreuses infrastructures, lui conférant ainsi une place de choix sur l’échiquier touristique du Royaume. On citera les lignes de tramway et de busway, son nouveau terminal de croisière, la ligne LGV reliant Casablanca à Tanger, l’aéroport international Mohammed V et son hub financier Casablanca Finance City (CFC), dont le quartier homonyme est considéré comme le « Manhattan » de la ville blanche. Les groupes bancaires du pays et autres sociétés nationales et internationales de haut vol prévoient de s’y installer progressivement dans les années à venir. Des architectes marocains et étrangers ont ainsi doublé d’ingéniosité pour concevoir des bâtiments aux lignes aussi audacieuses que futuristes, faisant de ce quartier, le « QG » de l’avenir économique de Casablanca. Preuve, ci-après, en images.
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville.
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville
Le quartier Casablanca Finance City (CFC), le « Manhattan » de la ville
En termes de liaisons aériennes, il faut savoir que l’aéroport Mohammed V est desservi par 24 compagnies aériennes, opérant 840 fréquences hebdomadaires reliant Casablanca à plus de 96 villes à l’étranger. Ce qui permet à cette dernière de tenir, confortablement, son rang de destination internationale.
Casablanca-Settat prévoit de recevoir 5 à 6 millions de visiteurs à l’horizon 2030
Au-delà des sentiers battus
Les acteurs du tourisme entrevoient même la possibilité de développer davantage les liaisons aériennes, avec un aéroport dédié aux vols low cost, opérés par des compagnies internationales vers la région Casablanca-Settat. Pour faire de cette ambition une réalité, le président du CRT de la région estime que l’aéroport de Benslimane pourrait être une solution, en accueillant les compagnies low cost. Ce qui permettrait aux touristes nationaux et internationaux de bénéficier de vols à des prix compétitifs. D’ailleurs, dans le cadre de la feuille de route régionale, suivant celle nationale 2023-2026, la région prévoit un objectif de 5 à 6 millions de visiteurs à Casablanca-Settat à l’horizon 2030, avec une moyenne de séjour de 3,5 nuitées contre 2,2 nuitées par séjour, aujourd’hui.
En attendant, Casablanca se veut déjà « une véritable capitale contemporaine mondiale avec plus de 7 millions d’habitants », souligne Othmane Cherif Alami. Et ce, grâce aussi à un arrière-pays « incroyable » et une très belle côte balnéaire de 235 kilomètres de plages, dont des spots renommés allant de Bouznika à Oualidia. S’y ajoutent 8 golfs de prestige, 4 barrages propices aux activités nautiques, des forêts verdoyantes, des sentiers de randonnée et des terrains de chasse, avec un terroir favorable au tourisme rural à Benslimane, Settat, Berrechid et El Jadida. « Notre mission au sein du Conseil régional du tourisme de Casablanca-Settat, créé en 2002, est de ‘marketer’ les territoires et de promouvoir les différents produits touristiques, tant au niveau du tourisme d’affaires que des week-ends city break et du tourisme rural. D’ailleurs, 70% du territoire de Casablanca-Settat relève du périmètre rural », souligne Othmane Cherif Alami. Mettre à profit ce « capital » rural est sans doute le prochain challenge de la ville aux mille visages.
Après sa réélection au CRT Casablanca-Settat, Othmane Alami: voici mon programme jusqu’à 2025
Unique candidat à l’élection qui s’est tenue le mercredi 21 juin au siège de la wilaya de Casablanca, le président sortant Othman Cherif Alami a été réélu pour un deuxième mandat à la tête du CRT de la région Casablanca-Settat (CRT-CS), qui court jusqu’au 31 décembre 2025. L’occasion de faire le bilan sur sa première mandature et d’évoquer ses futurs projets.
« Triplement du budget annuel de gestion et de promotion »
Après le désistement en juin 2020 de l’ancien président Omar Kabbaj qui l’a poussé à se présenter, Othman Cherif Alami s’est porté candidat pour un premier mandat de président du CRT Casablanca-Settat dont il nous dévoile les principales réalisations.
Selon notre interlocuteur, le CRT-CS ne disposait d’aucune convention avec l’ONMT ni avec la région, sachant qu’entre 2010 et 2022, la ville était en pleine rénovation avec des grands travaux de mise à niveau, de mobilité, de construction de nouvelles infrastructures…
Un contexte qui empêchait le lancement de grandes campagnes de promotion.
« A partir de là, notre priorité a été de signer des conventions avec la région, la commune et l’ONMT qui n’existaient pas avant mon arrivée, puis de réaliser une mise à niveau juridique du CRT qui nous a permis d’obtenir ensuite plusieurs subventions pour financer nos actions de gestion et de promotion », explique Alami.
De cette manière, le CRT a pu obtenir près de 5 millions de DH par an de la part des professionnels, de la ville, de la région et de l’Office du tourisme.
Soit un budget annuel multiplié par trois comparé aux 1 à 3 MDH qui étaient récoltés tous les deux ans grâce aux événements organisés auparavant par la ville de Casablanca, comme le marathon ou le festival de musique qui généraient certaines recettes indirectes pour le CRT-CS.
« De nouvelles recettes pour renforcer la visibilité de la destination »
Des recettes dont le flux s’est complètement tari après la création de la Société de développement local (SDL) Casa Events et animation qui a pris le relais du CRT pour gérer ces événements, dont une partie des recettes lui permettaient de financer son budget de gestion et de promotion.
Selon notre interlocuteur, ce sont les conventions signées durant son premier mandat qui ont permis au CRT d’obtenir un volume de subventions à la hauteur des ambitions touristiques de la région Casablanca-Settat.
Et d’ajouter que grâce au budget obtenu auprès de la ville, la région et l’ONMT, son équipe a pu mettre en œuvre de nouveaux outils de marketing et de promotion, mettre à jour le site web obsolète du CRT, ainsi et surtout passer de 2 à 12 employés permanents.
Un budget qui a aussi permis au CRT de renforcer la visibilité internationale de la destination grâce à sa participation à cinq foires internationales par an et de repositionner la destination Casablanca-Settat auprès des prescripteurs étrangers de voyages pour le tourisme d’affaires, tourisme de séjour, city break…
« Un centre de congrès de 2.000 places, validé à 90% »
En dehors de la multiplication de la participation du CRT-CS aux plus grands salons touristiques du monde, Alami tient à citer sa proposition de transformer une partie de l’Office des foires en centre de conférences, très rapidement retenue par les partenaires publics qui l’ont validée à 90%.
Nécessitant un investissement de 80 MDH, ce projet consistera à transformer le tiers de l’espace de l’Office des foires en un centre de congrès qui comptera 2.000 places assises.
En effet, l’amphithéâtre sera réalisé sur 6000 m2 et les 12.000 m2 restants pour les expositions habituelles.
Grâce à l’accueil favorable de ses partenaires publics, la région lui a alloué 30 millions de DH, la ville 10 MDH, le conseil préfectoral 15 MDH et le ministère de l’Investissement 25 MDH, soit un total de 80 MDH.
« En attendant la construction d’un grand palais des congrès de 5.000 places, promise pour 2030 par le Plan de développement régional, cette solution intermédiaire qui nécessitera 14 mois de travaux pourra être achevée en décembre 2024 », indique Alami.
Ainsi, Casablanca pourra devenir, au début de sa dernière année de mandat (1er trimestre 2025), une grande ville africaine de congrès.
« Un forum pour mettre en place une matrice commune du développement touristique »
Concernant ses projets pour les trente prochains mois, le président cite le lancement le 5 juillet prochain de la 2e édition du Forum interactif du tourisme de Casablanca, qui connaîtra la participation d’élus et du secteur privé pour préparer une matrice du développement touristique de la région.
« Elle sera composée du Plan de développement régional (PDR) 2023-2027 qui comprend des axes stratégiques importants pour le tourisme, le Plan d’action communal (PAC) jusqu’à 2028 qui recèle aussi des éléments utiles et enfin, la feuille de route régionale présentée par la ministre en mai dernier », explique Alami.
Le président compte d’ailleurs sur le partage de la matrice avec les élus et professionnels pour proposer un cadre de pilotage et de gouvernance du CRT avec l’ensemble des parties prenantes.
« Augmenter de 50% le nombre de croisiéristes »
Une feuille de route qui prévoit de parvenir à 6 millions d’arrivées pour la destination Casablanca-Settat à l’horizon 2026 contre 2,4 millions de visiteurs auquel il faudra ajouter 300.000 croisiéristes prévus d’ici fin 2023.
Autre priorité de son mandat : convaincre les autorités concernées d’ouvrir le nouveau quai réservé aux grands paquebots de croisière, qui est prêt depuis longtemps, mais toujours fermé pour des raisons inconnues.
Pour le président, cette ouverture permettra de passer d’ici 2025 à 450.000, voire 500.000 croisiéristes par an.
Réaliste, Alami avance que le CRT devra trouver des moyens financiers supplémentaires, mais surtout disposer d’une méthodologie et initier une vraie synergie entre acteurs publics et privés.
« 4,5 millions d’arrivées et 4 millions de nuitées à la fin du nouveau mandat »
De plus, Alami fait le pari de doubler le nombre de nuitées dans les hôtels classés et appart-hôtels, pour passer de 2 millions à 4 millions de nuitées grâce au futur centre de congrès destiné aux événements nationaux et étrangers, qui devrait être utilisé un minimum de 25 semaines par an.
Même calcul optimisme pour le nombre d’arrivées qu’il espère porter à 4,5 millions à la fin de son mandat, grâce notamment au tourisme rural qui recèle un potentiel de 500.000 visiteurs, dont 80% de nationaux.
« Transformer l’aéroport de Benslimane en espace spécialisé en low cost«
Dernier projet de taille, faire en sorte que le petit aéroport de Benslimane actuellement réservé à l’aviation privée, soit connecté aux lignes aériennes des compagnies low cost du monde entier.
« Avec ses pistes d’atterrissage permettant d’accueillir un 747, nous espérons qu’en 2025 au plus tard, Benslimane puisse devenir l’aéroport low cost de la région, à l’image de certains petits aéroports belges ou français qui n’accueillent que ce genre de compagnies économiques », promet le président.
A terme, Royal Air Maroc et les compagnies étrangères régulières resteraient au hub de l’aéroport Mohammed V, tandis que les low cost migreraient toutes à Benslimane.
Un sujet qu’il compte traiter avec les parties concernées pour ne pas nuire à la compagnie nationale.
Tourisme : élections à la présidence du CRT Casablanca-Settat
L’assemblée élective du Conseil régional du tourisme de la région Casablanca-Settat, qui s’est tenue le mercredi 21 juin à la wilaya de Casablanca-Settat en présence des autorités, élus et membres du CRT-CS, a permis de réélire le président sortant Othman Cherif Alami et de reconduire son bureau exécutif jusqu’à 2025.
Sous la présidence du secrétaire général de la wilaya, la réunion, composée des représentants des autorités de la wilaya, des élus de la région et de la ville de Casablanca et des représentants des professions touristiques du secteur privé, a procédé à l’approbation du quitus du bilan 2022 en soulignant l’importance du budget de subvention du conseil de la région, de l’ONMT et de la ville de Casablanca.
Lors de cette réunion, il a été procédé dans un premier temps à la présentation des rapports moral, financier et d’activité, ainsi qu’à celle du plan d’action stratégique et du budget prévisionnel 2023-2024.
Enfin, après approbation des rapports, le Plan de développement touristique de la région Casablanca-Settat a été exposé. Ce plan ambitionne d’attirer 6 millions de touristes à l’horizon 2026.