En images, les dégâts des dernières intempéries à Tanger et à Casablanca
La ville de Tanger a été frappée dans la soirée du mercredi 29 janvier par de fortes précipitations qui ont provoqué d’importantes inondations. Ces intempéries ont entraîné des perturbations de la circulation et causé d’importants dégâts matériels.
Des images et vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des rues complètement submergées, avec des commerçants tentant désespérément de sauver leurs marchandises endommagées par l’eau.
Un vaste système dépressionnaire
Selon la Direction générale de la météorologie (DGM), ces intempéries s’inscrivent dans le cadre d’un vaste système dépressionnaire qui affecte le Maroc depuis mercredi soir. Ce système a d’abord touché le nord-ouest du pays, notamment la région du détroit, avant de s’étendre aux autres régions. La DGM avait alerté sur des pluies abondantes, des chutes de neige et des vents violents.
Du mercredi 29 janvier à 6 h du matin au jeudi 30 janvier à la même heure, Tanger a enregistré 27 mm de pluie, faisant de la ville l’une des plus touchées par ces intempéries. À Salé, les précipitations ont atteint 16 mm, tandis que Fès et Ifrane ont chacune enregistré 13 mm. Casablanca a reçu 12 mm de pluie, tandis que Chefchaouen et Tétouan ont enregistré 10 mm. Meknès et Kénitra ont relevé respectivement 9 mm et 8 mm de précipitations.
À Casablanca, les vents violents ont également causé des dégâts, notamment au niveau de la Corniche où des structures ont été endommagées, comme l’a constaté Médias24 sur place.
La DGM avait déjà mis en garde contre des rafales de vent localement fortes, estimées entre 75 et 90 km/h, du mercredi à 19 h au jeudi à 7 h dans plusieurs provinces.
La Météorologie nationale prévoit la poursuite de ces conditions instables dans les prochaines heures. Des averses sont toujours prévues sur le Rif, le Moyen Atlas, les plaines atlantiques et la région orientale.
Des chutes de neige sont attendues à partir de 1.200 mètres sur les reliefs, tandis qu’une baisse des températures et de fortes rafales de vent sont également prévues dans plusieurs régions du pays.
2023, année la plus chaude jamais enregistrée au Maroc et la plus sèche depuis au moins 80 ans
La direction générale de la météorologie vient de publier un rapport sur l’état du climat du Maroc en 2023. Selon ce document, dont Médias24 détient copie, l’année 2023 est l’année la plus chaude jamais enregistrée au Maroc depuis au moins le début du 20e siècle avec 1,77°C au-dessus de la normale calculée sur la période 1981-2010, battant ainsi l’ancien record de 2022 de 0,14 °C.
Cette tendance au réchauffement est particulièrement notable dans les régions de Chichaoua, Rehamna (plaines centre) et Tinghir (versant Est), où l’anomalie de température moyenne a excédé +3 °C. Ailleurs, l’anomalie est restée inférieure à 3°C, illustrant une variabilité climatique moins marquée mais néanmoins significative.
Les mois de mars, avril, août et octobre ont été les plus chauds jamais enregistrés. Les températures moyennes quotidiennes ont été supérieures à leurs normales durant 279 jours , soit 79% des jours de l’année, précise la même source. De plus, un nouveau record national absolu de la température maximale quotidienne de 50,4°C a été enregistré à Agadir le vendredi 11 août 2023 dépassant ainsi la barre symbolique des 50°C pour la première fois au Maroc.
En 2023, l’analyse des températures a révélé des variations significatives de la température moyenne annuelle à travers le Maroc. Sur les sommets des Haut et Moyen Atlas, la température a oscillé entre 4,8 et 12°C, illustrant les conditions climatiques typiques de ces régions montagneuses. Dans le Rif et les zones avoisinantes, la température s’est maintenue entre 12 et 16°C. Sur le reste du territoire, notamment dans les plaines et les zones côtières, elle a varié entre 18 et 24°C. Des températures particulièrement élevées ont été enregistrées sur les versants sud-est du pays, ainsi que dans les régions de Marrakech et de Laâyoune-Sakia El Hamra, où elle ont fluctué entre 22 et 24,9°C.
L’année la plus sèche depuis au moins 80 ans
Concernant la pluviométrie, 2023 est l’année la plus sèche depuis au moins 80 ans avec un déficit pluviométrique d’environ 48%. D’autre part, 2023 est la cinquième année sèche consécutive au Maroc, constituant ainsi la période la plus longue d’années sèches consécutives dans l’histoire contemporaine du Maroc. Ces cinq dernières années ont accusé un déficit pluviométrique moyen d’environ 35% considéré comme « déficit extrême ».
En 2023, la pluviométrie au Maroc a été marquée par des cumuls inférieurs aux normales de la période de référence 1981-2010, révélant ainsi un déficit pluviométrique notable. Les zones du Tangérois et du Rif ont enregistré des précipitations entre 400 et 600 mm, des valeurs nettement moindres que les normales habituelles pour ces régions.
Tanger, qui a affiché le cumul le plus élevé avec 588,1 mm, a tout de même connu une pluviométrie inférieure à sa normale qui est de 696,7 mm (-15%). Des écarts significatifs ont été observés à Chefchaouen et Tétouan où les cumuls respectifs de 383 mm et 369 mm se situaient bien en-dessous de leurs normales respectives de 1018 mm (-62%) et 692 mm (-47%).
D’autre part, Laâyoune et Dakhla, situées dans des zones habituellement arides, ont continué de présenter de faibles cumuls, ne dépassant pas les 100 mm. Errachidia fait exception à cette tendance se distinguant par un cumul pluviométrique de 128 mm qui surpasse légèrement sa normale pluviométrique qui est 124 mm.
En somme, le déficit pluviométrique a varié généralement entre 50 et 80% sur les régions situées à l’Ouest des Haut et Moyen atlas.
Cartographie des événements extrêmes
Le climat du Maroc est fortement influencé par la circulation à grande échelle aux moyennes latitudes, de l’Oscillation Nord-Atlantique « North Atlantic Oscillation (NAO) » durant la saison d’hiver. De nombreux autres facteurs, tels que l’ENSO (El Niño-Southern Oscillation), la température de surface des mers méditerranéennes et tropicales atlantiques, l’Oscillation Pacifique « Pacific Decadal Oscillation (PDO)« , l’Oscillation quasi-biennale « Quasi Biennal Oscillation (QBO)« , le flux solaire « Solar Flux (SF)« , la concentration de la glace de mer « Solar Ice Concentration (SIC) » et la couverture neigeuse « Snow Cover (SC) » en Eurasie, peuvent impacter de manière indirecte le climat du Maroc, explique la Direction générale de la météorologie dans son rapport.
En 2023, le Maroc a connu l’occurrence de 26 évènements météorologiques extrêmes qui ont fait l’objet de bulletins météorologiques d’alerte. Certains de ces phénomènes extrêmes ont causé des dommages plus ou moins importants.
Les phénomènes météorologiques extrêmes en 2023 sont répartis comme suit : fortes averses orageuses (35%), vagues de chaleur (30%), chutes de neige (19%) et vents forts (16%).
Néanmoins, et malgré une année globalement sèche, des chutes de neige particulièrement importantes ont eu lieu en février sur certaines régions du Haut-Atlas et de l’Anti-Atlas, avec des hauteurs atteignant jusqu’à 2 mètres.
(Source : DGM)
Averses orageuses, grêle et rafales de vent, ce dimanche, dans plusieurs provinces du Maroc
Des averses (15-30 mm) sont ainsi prévues dans les provinces d’Azilal, de Béni Mellal, Tinghir, Midelt, Boulemane, Ifrane et Ouarzazate dimanche de 05h à 18h, a indiqué la DGM dans un bulletin d’alerte de niveau de vigilance « orange ».
Inondations du sud-est du Maroc : des aides financières de 80.000 à 140.000 DH pour réhabiliter les habitations affectées
Cette réunion a été consacrée à l’examen des axes majeurs de ce programme, des projets qu’il prévoit, des mécanismes et moyens de les mettre en œuvre de manière rapide et efficace, ainsi qu’à la programmation des crédits nécessaires, arrêtés à 2,5 milliards de DH, enveloppe qui sera déposée auprès du Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles, indique un communiqué du Département du chef de gouvernement.
En application des instructions du Roi Mohammed VI, et dans le volet de la réhabilitation des habitations sinistrées, le gouvernement accordera des aides financières directes pour la réhabilitation de 1.121 habitations, dont 269 habitations ont été détruites totalement et 852 partiellement, souligne la même source.
Le montant de ces aides sera de 80.000 DH pour le financement des travaux de réhabilitation des habitations effondrées partiellement, et 140.000 DH pour les habitations effondrées totalement.
Le programme de réhabilitation des zones sinistrées par les inondations dans le sud-est du Royaume comprend également des volets relatifs à la réhabilitation de l’infrastructure routière, des réseaux de télécommunications, de distribution d’électricité et d’eau potable et des réseaux d’assainissement.
Le programme prévoit, par ailleurs, un soutien aux activités agricoles, notamment à travers la réfection des ouvrages de petite et moyenne hydraulique et le soutien aux éleveurs afin de permettre une reconstitution du cheptel dans les régions sinistrées, ainsi que la reconstruction et la réhabilitation des édifices publics sinistrés, relève-t-on.
Ont pris part à cette réunion, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, la ministre de l’Economie et des finances, Nadia Fettah, le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka, la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri, le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des finances, chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, et le ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.
Orages et précipitations dans le Sud : vers un déplacement des phénomènes météorologiques ?
Selon les explications fournies par la Direction générale de la météorologie (DGM), les événements météorologiques ayant touché ces régions entre le 19 et le 22 septembre 2024 s’expliquent par la montée de masses d’air tropicales, chaudes et instables, en provenance du Sud, qui ont rencontré des masses d’air froides venant du nord du Maroc. Cette confrontation a provoqué une forte instabilité atmosphérique, entraînant des averses orageuses intenses, avec des précipitations variant de 30 à 130 mm en 24 heures.
Dans certaines zones, comme à Aqqa (province de Tata), des niveaux de pluie atteignant 127 mm en une journée ont été enregistrés, provoquant des crues importantes et des dégâts. La province de Tata, notamment en raison de son relief accidenté, s’est transformée en une zone de collecte des eaux, contribuant à l’augmentation rapide du niveau des cours d’eau locaux.
Entre le 14 septembre 2024 et le 24 septembre 2024, les données cumulées des précipitations indiquent que certaines stations auxiliaires du sud du Maroc ont enregistré des valeurs remarquables. Par exemple, Tata-TATA a reçu 105,2 mm, tandis que Tata-AKKA a reçu 77,5 mm. D’autres stations auxiliaires comme Zagora-NKOB et Zagora-TANSIFTE ont enregistré respectivement 63 mm et 60,5 mm. Ces chiffres illustrent bien l’intensité des précipitations dans ces régions traditionnellement arides.
Selon les données cumulées des précipitations sur la même période, les résultats des stations principales sont les suivants :
Ouarzazate – Zagora : 42,2 mm
Ouarzazate : 29,3 mm
Meknès : 17,2 mm
Errachidia : 16 mm
Figuig – Bouarfa : 1 mm
Midelt : 15.,8 mm
Taourirt : 14,2 mm
Nador : 11 mm
Ifrane : 9,2 mm
Tétouan : 5 mm
Es-Semara – Smara : 5 mm
Taza (Aéro) : 4 mm
Oukaimeden : 3,8 mm
Fès-Saïss : 3 mm
Oujda-Angad : 2,4 mm
Al Hoceima : 2,2 mm
Larache : 2 mm
Kénitra : 0,6 mm
Benslimane : 0,4 mm
Béni Mellal : 0,4 mm
Rabat : 0,2 mm
Les stations auxiliaires ont également enregistré des valeurs remarquables :
Tata – TATA : 105,2 mm
Tata – AKKA : 77,5 mm
Tata – TAMANARTE : 49,8 mm
Tata – TAGMOUT : 50 mm
Tinghir – TINGHIR : 54,5 mm
Guercif – BARKINE : 53 mm
Ouarzazate – SIROUA : 58 mm
Zagora – NKOB : 63 mm
Zagora – TANSIFTE : 60,5 mm
Zagora – TINZOULINE : 58,1 mm
Errachidia – AGHBALOU N KERDOUS : 57 mm
Zagora – AGDZ : 55 mm
Zagora – BNI ZOLI : 52 mm
Zagora – TAMEZMOUTE : 50 mm
Zagora – TAZARINE : 49 mm
Midelt – ER-RICH : 49,5 mm
Tinghir – SOUK LAKHMIS DADES : 45,5 mm
Tata – AGUINANE : 34 mm
Ouarzazate – TAZNAKHT : 51,5 mm
Figuig – TALSINT : 51 mm
Tinghir – BOUMALNE DADES : 43,5 mm
Ouarzazate – IDELSANE : 43 mm
Guercif – ASSEBBAB : 44 mm
Tinghir – KALAAT MGOUNA : 35,5 mm
Boulemane – BOULEMANE : 35 mm
Errachidia – TADIGHOUST : 36,9 mm
Le rôle du changement climatique
Selon Mohamed Benabou, expert en climat et développement durable, joint par Médias24, ces précipitations abondantes ont eu un effet bénéfique sur les réserves en eau du pays, contribuant à remplir les barrages dans les zones touchées. Il souligne toutefois que les orages observés sont des phénomènes météorologiques extrêmes, responsables de pertes matérielles importantes dans plusieurs régions.
Pour Mohamed Benabou, ces phénomènes ne sont pas simplement le fruit du hasard. Ils sont directement influencés par le changement climatique qui modifie progressivement les régimes climatiques mondiaux. Les événements météorologiques deviennent ainsi plus violents et imprévisibles. « Le changement climatique rend les phénomènes météorologiques plus extrêmes, ce qui explique l’intensité de ces orages« , explique-t-il.
Interrogée sur la manière dont ces changements de précipitations pourraient influencer les régimes climatiques à long terme, la DGM nous indique qu’elle utilise des modèles climatiques pour anticiper l’évolution du climat. Ces modèles montrent une réduction pluviométrique qui s’accentue avec le réchauffement global, accompagnée d’une augmentation des phénomènes extrêmes tels que les inondations.
« Le Maroc pourrait connaître une diminution des précipitations annuelles de 10% à 30%, avec un impact particulièrement marqué dans les régions arides », précise la DGM. « Cela engendrera des précipitations de plus en plus irrégulières, avec des périodes de sécheresse plus longues, ponctuées d’épisodes de fortes pluies. Cette occurrence des événements extrêmes a déjà été observée avec les récentes inondations dans le sud et le sud-est du pays, entrecoupant une longue période de sécheresse. »
Bien que ces événements soient locaux et concernent des régions habituellement caractérisées par un climat aride, leur impact à long terme sur les régimes de précipitations reste difficile à prédire avec précision.
Un glissement des fronts pluvieux vers le Sud ?
Ces récentes vagues de précipitations soulèvent la question d’un changement durable dans la répartition des pluies au Maroc. Si ces événements restent pour l’instant ponctuels, certaines tendances semblent émerger : un glissement des fronts pluvieux vers les régions sud du Maroc, autrefois réputées pour leur aridité. Bien qu’il soit encore trop tôt pour affirmer avec certitude que le Sahara marocain et les zones sud-est atlassiques deviendront des zones pluvieuses permanentes, les experts estiment que ces précipitations, dues à des masses d’air tropicales, pourraient devenir plus fréquentes à l’avenir, sous l’influence du changement climatique. Ce déplacement des précipitations pourrait également avoir des implications importantes pour la gestion de l’eau et l’agriculture dans ces régions.
10 morts et 8 portés disparus dans les crues de l’oued Tata
Selon un nouveau bilan fourni par la délégation provinciale de la Santé et de la protection sociale, 10 personnes ont trouvé la mort, 13 autres ont été secourues et 7 sont toujours portées disparues.
Le délégué provincial de la Santé et de la protection sociale, Lahbib Aznag, a affirmé que l’ensemble des intervenants et parties prenantes ont mobilisé « tous les moyens logistiques et humains pour poursuivre l’opération de recherche des personnes portées disparues ».
Ces crues exceptionnelles ont également touché d’autres zones de la province. Une habitante du douar Ighourten, dans la commune de Tagzmirt, est portée disparue.
L’oued Tata a enregistré un débit record de 2.300 m3/s, tandis que l’oued Zguid a atteint 1.900 m3/s, provoquant des dégâts matériels considérables : effondrement total ou partiel de certaines habitations et installations techniques, ainsi que des dommages aux infrastructures routières, perturbant la circulation sur plusieurs axes.
Les efforts se poursuivent pour retrouver les disparus et rétablir le fonctionnement des réseaux routiers et de services dans la province.
Alerte météo. Averses orageuses et rafales de vent, 5 provinces en « vigilance rouge »
Les averses orageuses (30 – 50 mm) intéressent du samedi à 20h30 au dimanche à 6h, les provinces de Assa-Zag, Es-Semara, Boujdour, Oued Ed-Dahab et Aousserd, a précisé la DGM dans un bulletin d’alerte de niveau de vigilance « rouge ».
Le même phénomène d’un niveau de vigilance « orange » (15 – 30 mm) était annoncé pour ce samedi de 20h30 à 23h dans les provinces de Tata, Tinghir, Zagora, Figuig, Errachidia, Taroudant, Guelmim, Ouarzazate et Tiznit, ajoute la DGM.
Dans un autre bulletin d’alerte de niveau de vigilance « orange », la DGM annonce des averses orageuses (20 – 40 mm) accompagnées de grêle et de rafales de vent, ce dimanche de midi à 23h, dans les provinces d’Al Haouz, Azilal, Zagora, Ouarzazate et Aousserd.
Les prévisions météo pour ce dimanche 22 septembre
Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le dimanche 22 septembre 2024 :
– Averses orageuses avec de la grêle et des rafales de vent sur les provinces du Sud, l’Anti-Atlas et l’Oriental.
– Ondées sur les reliefs des Moyen et Haut-Atlas et sur le Sud-Est.
– Rafales de vent assez fortes sur le Sud et le Sud-Est.
– Températures minimales de l’ordre de 20/25°C sur l’Est des provinces Sahariennes, de 08/12°C sur l’Atlas et de 14/20°C partout ailleurs.
– Températures du jour en hausse.
– Mer belle à peu agitée en Méditerranée, belle sur le Détroit, belle à peu agitée entre Tanger et Assilah, peu agitée à agitée entre Laâyoune et Lagouira ainsi que peu agitée ailleurs.
Voici les températures minimales et maximales prévues :
Min Max
– Oujda 18 24
– Bouarfa 17 23
– Al Hoceima 18 23
– Tétouan 15 26
– Sebta 15 24
– Melilia 19 24
– Tanger 16 26
– Kénitra 19 26
– Rabat 19 24
– Casablanca 19 24
– El Jadida 20 27
– Settat 17 29
– Safi 19 28
– Khouribga 16 28
– Béni Mellal 21 30
– Marrakech 21 32
– Meknès 17 26
– Fès 18 26
– Ifrane 11 21
– Taounate 20 26
– Errachidia 19 24
– Ouarzazate 16 29
– Agadir 21 30
– Essaouira 18 22
– Laâyoune 21 36
– Smara 22 32
– Dakhla 22 24
– Aousserd 26 39
– Lagouira 23 32
– Midelt 16 26
Alerte météo. Averses orageuses encore ce samedi dans 14 provinces
Ces averses orageuses (30 – 60 mm) intéresseront samedi de 12h à 23h, les provinces de Tata, Tinghir, Zagora, Figuig, Errachidia, Taroudant, Aousserd, Es-Semara, Guelmim, Ouarzazate, Assa-Zag, Oued Ed-Dahab, Boujdour et Tiznit, a précisé la DGM dans un bulletin d’alerte de niveau de vigilance « orange ».
Crues, inondations et routes coupées à Tata : 2 morts et 15 portés disparus
Suite aux fortes pluies orageuses qui ont frappé la province de Tata et provoqué des crues exceptionnelles, un autocar a été emporté vendredi 20 septembre par les eaux au niveau de l’Oued Tata. Selon un bilan provisoire des autorités locales, l’accident a fait deux morts, 13 personnes ont été secourues, et 14 passagers sont toujours portés disparus.
Suite à ces crues exceptionnelles, une dame a été également portée disparue au niveau du Douar Ighourten, commune Tagzmirt relevant de la Caidat de Ides.
Ces fortes pluies orageuses ont entraîné une montée sans précédent du niveau de nombreux cours d’eau, avec un débit de plus de 2.300 mètres cubes par seconde pour l’Oued Tata, et de 1.900 mètres cubes par seconde pour l’Oued Zguid.
En ce qui concerne les dégâts matériels, la plupart des zones de la province ont subi divers dommages. Un bilan provisoire fait état de :
– L’effondrement total ou partiel de certaines habitations, dont les habitants avaient été évacués au préalable.
– L’effondrement total ou partiel de plusieurs infrastructures.
– Des dommages à plusieurs tronçons routiers, provoquant l’interruption de la circulation sur plusieurs axes.
Les efforts se poursuivent pour retrouver les personnes portées disparues et rétablir les réseaux routiers et services dans la province.
Routes coupées
Des images partagées sur les réseaux sociaux ont illustré l’ampleur des crues qui ont frappé la province.
Dans un bulletin d’alerte de niveau de vigilance « rouge », la Direction générale de la météorologie (DGM) avait annoncé des averses orageuses fortes accompagnées de grêle et de rafales de vent dans les provinces d’Es-Semara, Assa-Zag, Tata, Zagora, Ouarzazate, Tinghir et Errachidia.
Des averses orageuses (30 – 60 mm) sont toujours attendues, ce samedi, dans les provinces de Tata, Tinghir, Zagora, Figuig, Errachidia, Taroudant, Aousserd, Es-Semara, Guelmim, Ouarzazate, Assa-Zag, Oued Ed-Dahab, Boujdour et Tiznit, a annoncé la DGM dans un bulletin d’alerte de niveau de vigilance « orange ».
Analyse. Comprendre le passé des crues catastrophiques du Maroc
Le Maroc a été régulièrement frappé par des inondations, catastrophes naturelles ayant causé de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables au fil des années. Bien que d’autres risques naturels existent, les inondations représentent l’une des principales menaces en termes de fréquence et d’impact au Maroc.
À l’échelle historique, les inondations, récurrentes et de plus en plus dévastatrices, ont frappé le pays à plusieurs reprises.
Dans la nuit du 7 au 8 septembre 2024, de fortes intempéries ont provoqué une montée des eaux des oueds Guir, Ziz, Ghris et Drâa. Des précipitations de plus de 100 mm en 24 heures ont été enregistrées, atteignant même 170 mm à Tagounite (sud de Zagora), transformant ainsi les lits habituellement secs de ces oueds en cours d’eau puissants.
Si les inondations au Maroc se sont faites plus rares ces dernières années en raison de la récurrence de six années de sécheresse, les régions du Sud-est restent périodiquement touchées par des crues dévastatrices.
L’inventaire de l’historique des inondations qui ont touché le Maroc confirme ce constat et indique que plus du tiers des crues ont été enregistrées particulièrement dans les régions du Sud-est.
Un historique des principales crues documentées
Date
Localité de l’inondation
Nombre de morts
25/09/1950
Sefrou
100
01/04/1995
Tata
18
17/08/1995
Ourika Setti Fatma
289
04/09/1995
Taza (Oued Amlil)
43
28/09/1997
El Hajeb, Taza, Khénifra
40
25/11/2002
Mohammedia, Settat et Fès
35
17/11/2003
Nador
5
28/05/2006
Errachidia
6
28/02/2008
Marrakech, Kalâat Seraghna
9
03/11/2008
Driouch
28
12/02/2009
Gharb
29
28/11/2014
Guelmim
32
28/08/2019
Taroudant
8
08/09/2019
Errachidia
17
08/09/2024
Tata, Zagora, Errachidia,Tinghir, Guelmim
18
L’année 1995, le Maroc secoué par la sécheresse et les inondations
Malgré une sécheresse exceptionnelle ayant marqué l’année 1995, le Maroc a été frappé par trois inondations meurtrières. En avril 1995, la crue de l’Oued Tata a causé la mort d’au moins 18 personnes et a rendu sans abri 350 familles dans la région de Tata, une région où la majorité des ménages vivent dans le milieu rural, principalement aux environs d’oasis.
Le 17 août 1995, la vallée de l’Ourika a été frappée par une catastrophe naturelle d’une ampleur inhabituelle. Des orages violents, avec plus de 100 mm de pluie en moins d’une heure, ont provoqué une montée brutale des eaux de l’Oued Ourika.
Cette crue exceptionnelle, emportant de grandes quantités de débris, a déclenché d’importants glissements de terrain dans la région. Elle a surpris de nombreux vacanciers installés dans la vallée de Tnin Ourika, Tahanaout et Setti Fatma provoquant un bilan humain très lourd : 289 personnes ont perdu la vie.
Les images de l’événement sont restées gravées dans les mémoires de tous les Marocains ayant vécu cette période : un ciel noirci, des torrents d’eau emportant tout sur leur passage, des ponts, des routes et des maisons détruites, et malheureusement, de nombreux corps retrouvés sans vie.
Ces crues torrentielles des petits bassins de montagne sont les plus dangereuses car elles se caractérisent par une très rapide montée des eaux entre 7 et 8 mètres, de très fortes vitesses d’écoulement (4 à 6 m/s), et des capacités de charriage énorme.
D’après les travaux du Pr Mohamed El Mehdi Saidi (2003), l’examen des données hydrologiques de la station d’Aghbalou indique qu’à peine un quart d’heure après les précipitations du 17 août 1995, le débit est monté jusqu’à 1.030 m3 /s et les eaux ont mobilisé un volume de 3,3 millions de m3.
Les mêmes travaux scientifiques ont démontré que les fortes pentes et les terrains imperméables de la vallée d’Ourika favorisent des écoulements torrentiels et boueux, ainsi que des crues soudaines.
Hydrogramme* de l’inondation d’Ourika (station Aghbalou), le 17 août 1995 (Saidi, 2003). *Graphique de la variation temporelle du débit d’écoulement d’eau, mesurée au sol.
Outre sa violence, la catastrophe de l’Ourika 1995 était une référence quant à la brutalité, la violence et le danger que constitue une inondation et a souligné la vulnérabilité de la région face aux phénomènes météorologiques extrêmes, un phénomène qui s’est répété durant les années 1997 et 1999, 2006, 2010, 2012, 2016, 2018, 2022.
Depuis le drame d’août 1995, de nombreux programmes, à la fois structurels et non structurels, ont été mis en œuvre pour réduire l’impact des crues sur la région. Ces efforts ont abouti, en 2002, à la mise en place d’un système de prévision et d’alerte opérationnel permettant la surveillance permanente de toute la vallée.
Quelques semaines seulement après la catastrophe de l’Ourika, une autre inondation a frappé le Maroc, le 4 septembre 1995. Cette fois-ci, c’est l’Oued Amlil, dans les régions de Taza et Taounate, qui a été touché, causant la mort de 43 personnes.
Les crues dévastatrices du Sud-est du Maroc
Situé en climat pré-désertique, le Sud-est du Maroc est caractérisé par des précipitations rares mais intenses. Concentrées sur de courtes périodes, ces pluies génèrent d’importants cumuls qui constituent l’essentiel des précipitations annuelles.
Les oueds et leurs affluents, généralement à sec, dépendent étroitement de ces événements pluvieux pour leur recharge en eau.
Ces précipitations soudaines et violentes engendrent des crues de forte amplitude dans les oueds qui resurgissent de manière périodique.
Précipitations annuelles enregistrées dans la ville d’Errachidia (infoclimat.fr)
En 2019, d’importantes inondations ont touché les régions d’Errachidia et Taroudant. En août et septembre, sept personnes ont perdu la vie au douar Tizrt suite à des inondations causées par de fortes pluies.
Quelques semaines plus tard, près du barrage Hassan Addakhil, un autocar a été emporté par les eaux de l’oued Dramchane en crue, causant la mort d’au moins 6 personnes et 27 blessés.
Mobilisation des forces publiques suite aux inondations de Taroudant (28 aout 2019).
Crue de l’Oued Ghris, à proximité des lieux du drame, photographiée samedi 7 septembre 2019.
Située entre Oued Drâa et Oued Akka, la province de Tata a été impactée par plusieurs inondations causant à chaque fois la perte de vie et un grand nombre de sans-abris à cause du caractère brutal de ce type d’inondation et aussi de la vie oasienne et nomade dominante dans la région.
Plus à l’Est, l’étude d’une inondation de l’Oued Guir qui a eu lieu dans les provinces d’Errachidia et Boudenib, le 10 octobre 2008, indique l’ampleur dévastatrice de ces types de crues qui se répètent dans ces zones et causent à chaque fois un lourd bilan.
Situé dans la région d’Oriental, l’Oued Guir prend sa source depuis Jbel El Ayachi (3.721 m) et traverse Boudenib avant de se déverser dans l’Algérie. La lecture des données hydrométriques de la station de Tazouguert indique une montée graduelle du débit, qui s’est accentuée après 9 heures et qui a atteint son pic après 11 heures, avec un débit de pointe d’environ 3.000 m3/s.
En amont de Gourrama, le débit pointe de la crue a été évalué à 2.260 m3/s (Aït Hssaine, 2014).
Hydrogramme de la crue d’Oued Guir, le 10 octobre 2008 (Aït Hssaine, 2014).
Ces crues des affluents principaux se répètent lors de fortes intempéries. Elles sont caractérisées par une montée rapide des eaux (6 à 24 heures) et une durée moyenne de 1 à 2 jours, pouvant générer des débits exceptionnels de plusieurs centaines de millions de mètres cubes.
À l’échelle nationale, la prévision de ces crues reste encore bonne avec les moyens de suivi météorologique et hydrologique existants, mais les temps nécessaires à l’annonce des crues, à la mise en sécurité des personnes, à la signalisation ou la fermeture des voies de communication exposées, se raccourcit à quelques heures.
Les crues catastrophiques qui ont frappé les provinces du sud
Présentant les mêmes caractéristiques de crues que dans le Sahara du sud-est, les provinces de sud ont aussi connu des crues importantes dont la plus connue est celle de Guelmim en 2014.
Suite à de fortes intempéries enregistrées dans tout le pays, les routes de Guelmim-Tata ont été coupées. Le 28 novembre 2014, la région de Guelmim a reçu des précipitations exceptionnelles qui ont atteint 50 mm à Guelmim, 208 mm à Taghjijt et 230 mm à Assaka.
À cause de ces précipitations, plusieurs villages de Guelmim ont été encerclés par les oueds en crues et les quartiers de la ville se sont retrouvés inondés. Le bilan enregistré dans ce sinistre a fait état de 35 décès et des centaines de personnes se sont retrouvées sans abri.
Bien que rares, de tels événements soudains sont possibles. L’exemple de l’oued Sakia El Hamra, qui n’avait pas atteint l’océan depuis des décennies, en témoigne. Les fortes précipitations d’octobre 2016 ont provoqué une crue exceptionnelle, atteignant un débit de pointe de plus de 3.000 m³/s. En seulement 18 heures, le volume d’eau stocké dans le barrage de Sakia El Hamra est passé de 7 à 203 Mm³, causant son effondrement.
Contrairement aux crues rapides, ce type d’événements se développe lentement sur plusieurs jours. Les volumes d’eau mis en jeu sont bien plus importants (plusieurs centaines de millions de mètres cubes), entraînant des élévations de niveau significatives dans le cours d’eau. Ces crues sont associées à un charriage important de tout ce que l’Oued trouve sur son chemin.
Il était une fois, Sefrou en 1950
Le 25 septembre 1950, l’Oued Aggay, qui scinde cette ville en deux, a été alimenté par de fortes pluies. En quelques heures, cette ville a reçu près de 70 mm de pluies alors que la moyenne mensuelle à cette époque était de 16 mm.
Les crues ont tout ravagé sur le passage de l’Oued et des quartiers de l’ancienne médina ont carrément été rasés: en plus de la prestigieuse piscine municipale, des pans entier du Mellah (quartier juif), Chebbak, Bestna, Rahbat Laâouad, Kasba, Beni Medrek…
Ayant tout perdu, les populations sinistrées ont dû trouver refuge chez des membres de leurs familles à Sefrou même, voire à Fès ou Meknès.
Ces crues avaient suscité un vif émoi chez les Marocains à cette époque où il n’y avait pas de réseaux sociaux et où la presse (gérée en grande partie par les colons français) était le seul moyen de s’informer.
Le défunt Roi Mohammed V s’était rendu sur place en solidarité avec les populations de Sefrou et des photos d’archives, assez rares, le montrent pataugeant dans les flaques avec ses babouches.
Une plaque commémorative est toujours visible entre les quartiers Chebbak et Mellah et qui a été placardée au niveau atteint par les eaux à l’époque. Un niveau hallucinant qui pousse le visiteur à se demander comment cette petite ville n’a pas été rayée de la carte.Bilan officiel: au moins 100 morts.
Visite du défunt Sultan Mohammed V à la ville de Sefrou suite aux inondations d’oued Aggay.
Un plan d’urgence pour réparer les dégâts causés par les dernières pluies sur les infrastructures agricoles
Le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts s’est rendu le mardi 10 septembre 2024 dans la province de Ouarzazate pour constater l’impact des dernières précipitations sur l’agriculture dans les zones touchées, indique un communiqué de son département.
Mohammed Sadiki s’est arrêté au niveau du site Oum Rman relevant de la commune territoriale de Ghessate pour constater la nature et l’ampleur des dégâts enregistrés. Au niveau de ce site, les dégâts ont affecté principalement les infrastructures hydrauliques (seguias, murs de protection, siphons,…) et l’arboriculture fruitière, notamment l’olivier, le figuier, le palmier dattier et les cultures annuelles, note le ministère.
40 MDH pour les actions urgentes de réparation
Le ministre a tenu une réunion avec les membres du bureau de la Chambre régionale d’agriculture représentant toutes les provinces de Drâa-Tafilalet, en la présence du gouverneur et du président de la région, ainsi que des responsables du ministère. Cette rencontre a porté sur la situation liée à ces conditions climatiques particulières dans les provinces de Ouarzazate, Tinghir, Zagora, Errachidia et Midelt, et à son impact sur l’agriculture.
Le ministère affirme avoir dépêché ses services immédiatement après le passage des intempéries pour estimer les dégâts. Sur la base de ce diagnostic, un programme d’action a été arrêté. Ce dernier a été présenté lors de la réunion, puis lancé pour réparer les infrastructures endommagées par les averses en vue d’atténuer l’impact des dégâts au niveau des provinces de Ouarzazate, Tinghir, Errachidia, Midelt et Zagora.
Un montant de de 40 millions de DH sera alloué, dans un premier temps, aux actions urgentes de réparation des dégâts à l’échelle de la région. Un autre programme est en cours d’élaboration pour la province de Tata, qui a été frappée par des crues importantes.
Les averses orageuses enregistrées depuis le 23 août ont provoqué des crues intenses au niveau des oueds des provinces de Ouarzazate et Tinghir. Les précipitations ont atteint des records au niveau de certains sites, notamment dans la commune territoriale de Tagounite dans la province de Zagora.
Les crues ont affecté les cultures et les infrastructures hydro-agricoles des exploitations situées en bordure des oueds. Les crues ont ainsi causé des dégâts sur des arbres fruitiers (palmier dattier, pommier, olivier, figuier, …) et des cultures de maïs, de maraîchage et de fourrage, poursuit le ministère de tutelle.
Les dégâts causés aux infrastructures hydro-agricoles à l’échelle de la région ont porté notamment sur la détérioration de 29,7 km de seguias, 6 km de routes rurales et pistes agricoles, des équipements hydromécaniques, des équipements d’énergie solaire et des stations de pompage.
Les crues ont toutefois eu un impact très positif sur le remplissage des barrages (barrage Mansour Eddahbi, barrage Moulay Ali Chrif, barrage Agdez, barrage Kaddoussa, barrage Hassan Addakhil), sur l’irrigation des périmètres de petite et moyenne hydraulique (PMH), sur la nappe phréatique et sur le couvert végétal.