Bitcoin. La chute continue et efface une année de gains

Le recul du Bitcoin s’explique d’abord par la situation des marchés mondiaux. Depuis plusieurs semaines, les investisseurs sont préoccupés par les tensions commerciales américaines, l’incertitude politique et les valorisations des entreprises technologiques.

Dans ce contexte, le Bitcoin n’a pas servi de valeur refuge. Au contraire, il a bougé presque exactement comme les actions américaines, mais en plus violent. Chaque fois que le S&P 500 baisse, le Bitcoin amplifie la chute.

La corrélation a grimpé vers ses niveaux extrêmes de 2022, montrant à quel point la cryptomonnaie dépend encore du cycle macro financier américain.

Taux, politique et liquidité : les causes directes de la chute du Bitcoin

La Fed a joué un rôle aussi important. Quand Jerôme Powell a laissé entendre que les baisses de taux pourraient prendre plus de temps que prévu, les anticipations de détente monétaire se sont affaiblies. Or le Bitcoin dépend énormément de la liquidité mondiale.

Autrement, moins la Fed apporte de visibilité et de confiance, plus l’actif devient fragile. La baisse des taux espérée début décembre est loin d’être réalisée, et le marché crypto a immédiatement corrigé.

La situation politique américaine a ajouté une nouvelle couche d’incertitude. Le principal texte censé clarifier le cadre réglementaire des cryptos a été mis en pause au Sénat après l’épisode du shutdown. Ainsi, l’idée que les institutions allaient soutenir le marché crypto apparaît désormais plus fragile que prévu.

Mais le problème le plus sérieux concerne la liquidité. Depuis octobre, les carnets d’ordres sont devenus très fins, reflétant moins d’acheteurs. Les ETF, qui avaient servi de pompe à liquidités au début de l’année, se sont mis à enregistrer des sorties continues, contribuant à évaporer plus d’un trillion de dollars de capitalisation sur l’ensemble du marché.

Le signal le plus inquiétant est venu des détenteurs de long terme. Ces investisseurs, historiquement les plus patients, ont cédé plus de 800.000 BTC en un mois.

Crypto. Un vendredi noir historique le 10 octobre 2025

Vendredi 10 octobre, c’était un jour pas comme les autres pour les investisseurs en cryptomonnaies.

Trump secoue la « cryptosphère »

Quand l’histoire des cryptos se racontera, ce jour-là devra être annoté d’un astérisque rouge. Ce n’était pas un vendredi ordinaire, c’était un jour de purge, un moment où des économies, parfois énormes, ont été pulvérisées en quelques heures.Les marchés avaient frissonné suite à l’annonce de Donald Trump

Le président des États-Unis a annoncé des mesures douanières draconiennes à l’encontre de la Chine. Il s’agit de 100% de droits de douane sur les exportations technologiques chinoises et de contrôles renforcés à l’exportation sur les logiciels critiques. Ce coup de tonnerre inattendu a frappé les marchés de plein fouet.

Dans le monde des cryptos, l’impact a été immédiat et brutal. Bitcoin a plongé de plus de 8% immédiatement, Ethereum et beaucoup de « altcoins » ont subi des pertes encore plus sévères.
Certains tokens ont vu leur valeur s’effondrer de 30% ou plus en quelques heures.
Source : Financial Times.

En l’espace de quelques heures, des milliers d’investisseurs, des particuliers aux fonds très exposés, ont vu leurs placements s’évaporer.

Si on agrège les pertes, le chiffre peut donner le vertige. Le marché dans son ensemble aurait effacé des centaines de milliards de dollars de valeur latente. La célèbre plateforme Binance elle-même évoque près de 800 milliards de dollars de valeur évaporée, valeur comptable, pas seulement levier.

L’effet Trump

L’annonce de Trump a été l’étincelle qui a mis le feu à la mèche. Dans un contexte déjà incertain, ce type de message agit comme un catalyseur. Les marchés à risque, notamment ceux de la crypto et de la technologie, sont souvent les plus sensibles aux signaux politiques extrêmes.

Ce qui distingue ce crash, c’est qu’il est survenu après la fermeture des marchés actions américains. Les cryptos ne dorment jamais. Le monde des actions a encaissé, fermé, puis laissé le marché crypto absorber le choc, amplifié par la panique des investisseurs. Cela a aggravé l’intensité de la chute des prix.

Il convient de noter que la crypto a connu ces dernières années une explosion de l’utilisation du levier, c’est-à-dire le trading avec des fonds empruntés. Beaucoup de positions étaient longues, autrement dit des paris à la hausse. Quand le marché dérape à la baisse, ces positions sont liquidées automatiquement pour protéger les prêteurs. Cette cascade de liquidations entraîne encore plus de ventes et crée un effet boule de neige.Après le carnage, Trump a tenté de désamorcer la situationDans les heures qui ont suivi, des signes de stabilisation sont apparus. Le marché crypto a rebondi modérément. Trump lui-même a adouci le ton, diffusant des messages conciliants sur la relation avec la Chine, une tentative visible de calmer les marchés. Ce retour en arrière a contribué à restaurer un peu de confiance, mais l’ombre de la volatilité reste immense.

Les leçons froides : pourquoi la crypto « sans close » est un risque

Quand on dit « pas de close », on entend pas de fermeture, pas de circuit breakers généralisés, pas de limites intraday universelles. Ce n’est pas une critique morale, c’est une caractéristique structurelle. Cette absence de pause rend la crypto sauvagement volatile.

En quelques minutes, vous pouvez passer du statut de millionnaire à celui d’investisseur sans épargne. Beaucoup l’oublient, car dans l’univers des cryptomonnaies, le potentiel exceptionnel s’accompagne toujours d’un risque tout aussi extrême.

Dans les marchés traditionnels, il existe des garde-fous, des heures de transaction limitées, des pauses automatiques, des vacations de fin de journée. En crypto, si le marché s’emballe ou s’effondre à trois heures du matin à Tokyo, il n’y a personne pour suspendre l’hémorragie. Le marché absorbe seul, en mode à vue.

Et cela crée une vérité paradoxale : la crypto attire ceux qui veulent être là quand ça monte mais elle détruit ceux qui sont là quand ça plonge, surtout si vous avez joué avec du levier.

Vendredi 10 octobre restera dans les mémoires comme un moment de révélation. On a vu la crypto dans sa forme la plus impitoyable. L’annonce politique a servi d’étincelle, le levier et la faible liquidité ont transformé cette étincelle en explosion.

Un faux compte usurpe l’identité du chef du gouvernement sur X, ses services démentent

Le département du chef du gouvernement a mis en garde contre un faux compte sur la plateforme X qui usurpe l’identité du chef de l’exécutif, Aziz Akhannouch. Ce compte factice promeut une prétendue monnaie numérique marocaine, ainsi que des transactions financières inexistantes.

Dans un communiqué officiel, les services du chef du gouvernement ont catégoriquement démenti ces allégations, soulignant que ce compte pourrait véhiculer de fausses informations ou des contenus sans aucun lien avec l’institution du chef du gouvernement ou la personne de Aziz Akhannouch.

Le communiqué rappelle que l’unique compte officiel chargé de relayer les activités du chef du gouvernement et de son institution sur X est : @ChefGov_ma.

Une première : le Bitcoin frôle les 100.000 dollars

Depuis le 24 octobre 2024, soit en l’espace d’un mois, le Bitcoin est passé de 66.510 dollars à plus de 98.000 dollars, offrant ainsi des gains de plus de 30.000 dollars aux spéculateurs. Incroyable !

En effet, le vendredi 22 novembre, le Bitcoin a franchi le seuil psychologique des 99.000 dollars, après quatre jours consécutifs de hausse, atteignant un pic de plus de 99.200 dollars. Ce rallye impressionnant est porté principalement par l’espoir d’une réglementation plus favorable sous l’administration Trump.

Un élan soutenu par divers facteurs

Selon le baromètre des opérations de trading sur les cryptomonnaies, l’élan haussier semble loin de s’essouffler. Le baromètre affiche le statut « strong buy » (fort achat) indiquant une demande solide pour le Bitcoin, renforcée par des facteurs externes. Parmi ceux-ci figurent l’effet des élections américaines, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Ukraine, qui continuent de peser sur les marchés mondiaux.

Cette ascension spectaculaire est également attribuée à des éléments spécifiques, notamment le départ prochain de Gary Gensler, président de la SEC (Securities and Exchange Commission). Gensler, réputé pour sa ligne dure en matière de régulation des cryptomonnaies, quittera ses fonctions le 20 janvier 2025, un événement perçu comme un vent favorable pour l’industrie des cryptomonnaies.

Ainsi, seize ans après sa création, le Bitcoin semble également à l’aube d’une reconnaissance institutionnelle plus large. Certains investisseurs institutionnels et fonds négociés en bourse (ETF) intensifient leurs efforts pour promouvoir l’adoption et l’intégration de cette cryptomonnaie dans les portefeuilles financiers traditionnels.

Opportunités et précautions

En franchissant ce cap historique, le Bitcoin réaffirme son rôle dans le paysage financier mondial, séduisant à la fois les investisseurs institutionnels et particuliers. Cependant, cette montée en flèche appelle à une certaine prudence. La volatilité inhérente à la cryptomonnaie demeure un facteur à ne pas négliger.

Le Bitcoin poussé par la décision de la FED et en attente des élections américaines

Depuis le début de l’année, le Bitcoin a connu une progression de plus de 41% de son cours à plus de 62.000 dollars. Mais cette forte hausse a été portée principalement en début d’année. Depuis, le cours de la monnaie numérique évolue de façon assez erratique.

Plusieurs événements influent sur le cours du Bitcoin. Contacté sur le sujet, Badr Bellaj, expert dans la technologie Blockchain nous explique les récentes mouvements de la monnaie virtuelle et ses potentielles évolutions futures.

Une pression baissière induite par une vente importante du gouvernement allemand

Entre mi-juin et mi-juillet, le cours de la crypto monnaie a connu une forte baisse passant d’environ 69.000 dollars l’unité à 55.000 dollars. Un recul important qui a été poussé par plusieurs facteurs dont un majeur. Il s’agit comme nous le rappelle Badr Bellaj, « d’une opération effectuée par le gouvernement allemand qui a cédé plus de 50.000 bitcoins sur le marché ».

En effet, en janvier 2024, le gouvernement allemand avait saisi l’équivalent de 50.000 bitcoins dans une affaire de site de streaming illégal. Après avoir confisqué les bitcoins de cette plateforme, il a procédé à la vente des cryptomonnaies pour un total de près de 3 milliards de dollars. « Cela a participé à la baisse des cours du Bitcoin pour la simple raison que cela a créé de l’offre supplémentaire sur le marché. Cette liquidité en Bitcoin supplémentaire a fait baisser le cours », explique Badr Bellaj.

Il y a également eu la chute des marchés après le lundi noir à Wall Street le 5 août dernier. En cause la hausse du taux directeur de la banque centrale japonaise ce qui a renforcé le yen face au dollar et les chiffres peu rassurants sur le chômage aux Etats-Unis. « Cela a engendré une baisse des marchés risqués et des craintes quant aux conditions économiques », explique notre interlocuteur.

Mais depuis quelques jours, les marchés, ainsi que le cours du Bitcoin ont profité d’un regain d’optimisme.

Les annonces de la FED et les élections américaines dans le viseur

Le 23 août dernier, le président de la FED, Jerome Powell, a annoncé que le temps était venu pour un ajustement de la politique monétaire américaine. Une annonce qui laisse présager une baisse imminente du taux directeur visant à dynamiser l’emploi et l’économie.

« La première baisse du taux directeur est attendue pour le mois de septembre et tous les marchés en ont tiré profit lors de l’annonce. Le phénomène a été le même concernant le cours du Bitcoin qui a été impacté positivement. Les projections futures semblent bonnes et si la FED tient promesse, cela pourrait propulser le cours à 70.000 dollars », considère Badr Bellaj.

Cependant, l’un des facteurs capitaux qui est surveillé par la communauté des investisseurs en Bitcoin est bel et bien l’élection présidentielle américaine. Dans le cas ou Donald Trump est élu, un saut important pourrait être observé au niveau de la cryptomonnaie.

« Si Trump gagne, il est possible que le cours passe à plus de 80.000 dollars. Les promesses qu’il a faites concernant le Bitcoin sont importante et il n’a jamais caché son côté pro-Bitcoin. Lors de la conférence Bitcoin à Nashville, il a dit que le pays doit utiliser de plus en plus la cryptomonnaie dans son panier d’actif. Il pourrait avoir un impact très fort dans le fait de banaliser la mentalité visant à faire détenir du Bitcoin par un état ou les banques centrales. Si le pays passe le cap, on pourrait voir un effet boule de neige important », conclut notre interlocuteur.

Cela pourrait, in fine, jouer le même rôle que les ETF en bourse et catalyser la demande en Bitcoin de par le monde et faire atteindre à la monnaie virtuelle de nouveaux sommets.

Un appel d’air historique se dessine pour les cryptomonnaies

Le 11 janvier 2024 a marqué un tournant dans le monde des cryptomonnaies, et particulièrement du bitcoin. Le gendarme financier américain, le SEC [Security and Exchange Commission, ndlr] a approuvé l’ETF du fonds d’investissement Grayscale.

Cette décision du régulateur vient avec son lot d’implications qui, à terme, changera la donne pour les cryptomonnaies. Il a autorisé 11 différentes sociétés et fonds d’investissement à lancer leur ETF spot adossé au bitcoin. Une première. Et ce dénouement intervient après plusieurs mois de suspense et de procès. En effet, le SEC avait rejeté par le passé de nombreuses demandes de dépositaires, mais à la fin août 2023, il a perdu un procès face à Grayscale, fonds d’investissement en monnaie numérique suite à sa demande d’ETF adossé sur bitcoin. Après cela, le SEC a décidé de ne pas faire appel de cette décision.

L’autorisation inédite, non pas de l’ETF de Grayscale, mais de ceux de 11 entreprises tels que d’immenses fonds d’investissement comme Fidelity et BlackRock, va changer la donne sur la perception des monnaies virtuelles.

Une reconnaissance inédite

Autoriser un ETF adossé à un actif comme le bitcoin n’avait jamais été fait. La nouvelle va transformer le marché, selon Badr Bellaj, spécialiste du bitcoin et des cryptomonnaies. « Cette décision aura une conséquence sur la régulation des cryptomonnaies aux Etats-Unis et dans le reste du monde. Autoriser un ETF adossé à une cryptomonnaie est une reconnaissance de son actif sous-jacent, à savoir le bitcoin. Il y a une légitimité qui est actée », explique Badr Bellaj.

Autrefois utilisé pour des opérations sur le dark web, le bitcoin et sa notoriété ont fortement évolué au cours des dernières années, jusqu’à atteindre la reconnaissance des plus grands acteurs de la finance classique. « Il est possible que cela engendre des ramifications sur les marchés financiers internationaux. L’Europe suivra probablement le pas. Cette reconnaissance-là est fondamentale car elle permettra d’ouvrir d’autres portes par la suite », indique notre interlocuteur.

Dans un premier temps, elle permettra d’élargir considérablement la base d’investisseurs sur le marché des cryptomonnaies et surtout du bitcoin.

Une démocratisation de l’investissement crypto

Pour simplifier, un ETF est comme un OPCVM. C’est un fonds négocié en bourse qui réplique le fonds sous-jacent. « Au lieu d’investir dans le bitcoin, vous investissez dans un ETF spot adossé sur le bitcoin, ce qui limite le risque. En fait, on ouvre aux investisseurs un indice qui traque l’évolution du bitcoin. C’est une sorte d’investissement indirect, mais à travers un instrument financier régulé, contrairement au bitcoin. C’est une solution encadrée pour un investisseur, où le risque est pris par le fonds d’investissement », nous expliquait déjà Badr Bellaj dans un article précédent.

Le marché du bitcoin est un marché globalement restreint et réservé à des initiés malgré les milliards de dollars échangés chaque jour sur la monnaie virtuelle. Désormais, « ce marché va s’ouvrir au grand public, c’est-à-dire, même aux personnes qui n’ont jamais été exposées au bitcoin. Elles pourront investir dans le bitcoin indirectement, via des ETF. Mais ce qui est important, c’est l’évangélisation qui se fera autour de ces investissements », souligne Badr Bellaj.

En effet, les fonds d’investissement tels que Fidelity ou BlackRock ont une force de communication et de promotion forte sur les produits financiers qu’ils proposent. « Il y aura de la conversion d’investisseurs inexpérimentés en bitcoin vers ces produits. BlackRock a une armée de brokers qui vont aller chez leurs clients pour proposer ces nouveaux produits financiers adossés au bitcoin. D’ailleurs, ces produits sont proposés à moindre frais pour encourager les gens à rejoindre ces fonds et apporter de la liquidité sur le marché », précise Badr Bellaj.

Un rallye haussier pas si évident

Une telle reconnaissance et une telle ouverture aux investisseurs internationaux devraient apporter un supplément de liquidité au marché. Le cours du bitcoin, qui traite aujourd’hui à plus de 457.000 dirhams, devrait connaître une forte progression du fait de l’augmentation de la demande et de l’apport additionnel en liquidité sur son marché.

Néanmoins, il convient de se montrer prudent. Malgré une évolution très positive du cours de plus de 135% sur 12 mois glissants, une nouvelle phase de bull market n’est pas totalement garantie. « Ce qu’il faut prendre en compte, c’est qu’il y a un problème de liquidité sur le marché pour les raisons économiques que l’on connaît. Donc, il ne faut pas s’attendre à une forte progression de la liquidité sur ce marché. Les investisseurs classiques ont une aversion au risque et vont sur des assets refuges, ou plus sécurisés. Mais dans les années à venir, il est clair que la tendance évoluera positivement », explique Badr Bellaj.

In fine, les divers ETF pousseront l’actif sous-jacent à progresser en valeur. Mais lorsqu’une stabilisation du marché et un environnement moins volatile seront de mise, le rallye pourra s’amorcer et faire passer la valeur au-delà des 60.000 dollars, valeur record atteinte en novembre 2021. « Le problème de liquidité dans le marché en général va freiner le démarrage de ce trend haussier. Mais si un rallye haussier démarre, le seuil record du bitcoin sera dépassé. Cependant il faudra aussi s’attendre à ce que les baisses soient plus fortes qu’auparavant », poursuit notre spécialiste.

En effet, l’arrivée d’une nouvelle catégorie d’investisseurs sur le bitcoin, qui connaît assez peu le produit, peut favoriser l’émergence de nouvelles stratégies de placement et de nouveaux comportements d’achat ou de vente. « Ils peuvent faire des achats et des exits inattendus auxquels les investisseurs initiés au bitcoin ne sont pas habitués. C’est un nouveau type d’investisseurs dont les mouvements et les stratégies sont inconnus », conclut Badr Bellaj.

Badr Bellaj : comment la nouvelle réglementation MiCA sur les crypto-actifs peut inspirer le Maroc

Dans la ligne de mire de ce nouveau dispositif juridique, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Le nouveau règlement européen MiCA (Market in crypto assets) apporte plusieurs changements, alors que la faillite de la plateforme d’échange de cryptomonnaies FTX, sur fond de fraude massive, est encore dans les mémoires. Jusque-là, le secteur des cryptomonnaies se caractérisait par l’absence d’une réglementation à l’échelle européenne. Ce qui, à l’évidence, n’a pas été sans conséquences sur les utilisateurs et investisseurs dont plusieurs ont été floués par des plateformes de crypto-actifs peu scrupuleuses.

Interrogé par Médias24 sur l’apport du nouveau règlement européen et sur l’impact de celui-ci sur le Maroc – en passe de légiférer dans le secteur des cryptomonnaies –, Badr Bellaj, expert en blockchain et fin connaisseur des cryptoactifs, explique : « Le règlement MiCA est en quelque sorte un dispositif juridique d’harmonisation et d’amélioration des lois régissant les cryptomonnaies dans l’espace de l’UE. Jusque-là, chaque pays européen avait sa propre réglementation ».

Le patron de la société MChain indique également que cette nouvelle réglementation est de nature à booster le jeune marché de la cryptomonnaie en le rendant plus sécurisé, au bénéfice des utilisateurs et des investisseurs.

« Les principales dispositions applicables aux émetteurs et aux négociants de crypto-actifs portent sur la transparence, la publication d’informations, l’autorisation et la surveillance des transactions. Les consommateurs seraient mieux informés des risques, des coûts et des frais liés à leurs opérations. En outre, le nouveau cadre juridique soutiendra l’intégrité du marché et la stabilité financière en réglementant les offres publiques de crypto-actifs », détaille le communiqué du Parlement européen, daté du 20 avril 2023.

La même source précise que MiCA comprend des mesures contre les manipulations de marché (délit d’initié) et pour prévenir le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et plusieurs activités criminelles.

D’autres pays, dont le Maroc, pourraient en faire de même

« L’initiative du Parlement européen, qui est une grande institution de législation reconnue à l’échelle mondiale, pourrait pousser des pays comme le Maroc ou d’autres espaces régionaux à adopter promptement une réglementation en la matière. Ce qui est une bonne chose pour une industrie relative récente », soutient notre interlocuteur. Ce dernier fait aussi remarquer que MiCA accorde une grande importance aux règles de conformité (compliance) des sociétés de cryptomonnaies. Ce qui reflète le parti pris des parlementaires européens pour la protection accrue des investisseurs et utilisateurs et pour la souveraineté européenne dans le domaine des cryptomonnaies.

Badr Bellaj est aussi d’avis que le régulateur national, qui n’est autre que Bank Al-Maghrib, doit s’inspirer de MiCA pour, in fine, élaborer un projet de loi adapté au contexte marocain (spécifique) et international.

« L’adaptation du futur dispositif juridique au contexte local est d’autant plus essentielle que le dirham n’est pas une monnaie convertible, contrairement à l’euro ou au dollar. A cela s’ajoutent le coût prohibitif des transferts d’argent à l’étranger et le faible taux de bancarisation des jeunes marocains très friands de cryptoactifs », indique notre source.

Pour rappel, selon un rapport de la plateforme américaine Chainalysis (2021), qui a étudié la part investie en cryptomonnaie par rapport à l’argent disponible dans 146 pays, le Maroc est classé 14e sur les 146 pays. C’est dire la grande appétence des Marocains pour les cryptoactifs, qui présentent plusieurs avantages en termes de coûts, d’accessibilité et de facilité d’usage.

« Au regard, entre autres de la nécessité de capter une partie de la manne financière générée par l’industrie de la cryptomonnaie et des multiples affaires devant les tribunaux marocains, il est raisonnable que le projet de loi visant à réglementer l’usage des cryptoactifs voie le jour entre le quatrième trimestre 2023 et le premier trimestre 2024, au plus tard », conclut notre source.

Le Royaume-Uni envisage une nouvelle monnaie numérique

« Nous lançons un nouveau groupe de travail entre le Trésor et la Banque d’Angleterre pour coordonner les travaux exploratoires sur une potentielle monnaie numérique de banque centrale (CBDC) », a déclaré Sunak lors d’une conférence sur le secteur financier, rapporte Reuters.

La Banque centrale a déclaré qu’une version numérique de la livre sterling ne remplacerait ni les espèces physiques ni les comptes bancaires existants.

« Le gouvernement et la Banque d’Angleterre n’ont pas encore pris de décision sur l’opportunité d’introduire une CBDC au Royaume-Uni, et s’engageront largement avec les parties prenantes sur les avantages, les risques et les aspects pratiques de le faire », a déclaré la banque.

La Turquie interdit les paiements en cryptomonnaies, entrainant la baisse du Bitcoin

Reuters rapporte que dans une législation publiée vendredi 16 avril au Journal officiel, la banque centrale turque a déclaré que les crypto-monnaies et autres actifs numériques ne pouvaient pas être utilisés, directement ou indirectement, comme instrument de paiement.

Le marché en croissance des cryptomonnaies en Turquie a pris de l’ampleur ces derniers mois, alors que les investisseurs se sont joints à un rallye mondial du bitcoin, cherchant à se protéger contre la dépréciation et l’inflation de la lire, qui a dépassé 16% le mois dernier.

Le Bitcoin a ainsi perdu près de 3% à 61.490 USD à 7 h 54 GMT après l’interdiction turque.

Dans un communiqué, la banque centrale a déclaré que les actifs cryptographiques n’étaient « ni soumis à aucun mécanisme de réglementation et de surveillance, ni à une autorité de régulation centrale », entre autres risques de sécurité.

« Leur utilisation dans les paiements peut entraîner des pertes non récupérables… et inclure des éléments qui peuvent saper la confiance dans les méthodes et instruments actuellement utilisés dans les paiements », a ajouté la banque centrale.

Musk annonce que désormais, la voiture Tesla peut être achetée avec du Bitcoin

« Vous pouvez maintenant acheter une Tesla avec du Bitcoin« , a-t-il tweeté mercredi, ajoutant que le Bitcoin payé à Tesla ne sera pas converti en monnaie conventionnelle.

Le constructeur de voitures électriques avait annoncé le mois dernier avoir acheté 1,5 milliard de dollars de Bitcoins et l’accepterait bientôt comme moyen de paiement pour les voitures, faisant grimper le prix de la crypto-monnaie la plus populaire au monde.

Morgan Stanley, première banque américaine à offrir l’accès aux fonds Bitcoin

CNBC a rapporté en exclusivité, mercredi 17 mars, que dans une note interne, la banque a déclaré à ses conseillers financiers qu’elle ouvrirait l’accès à trois fonds permettant la propriété de Bitcoin.

La décision a été prise après que les clients de la banque ont exigé une exposition à la crypto-monnaie.

L’accès aux fonds ne sera autorisé qu’aux personnes qui ont au moins 2 millions de dollars d’actifs détenus par la banque. Les entreprises d’investissement disposant d’au moins 5 millions de dollars à la banque seront également éligibles.

Dans les deux cas, les comptes doivent dater d’au moins six mois, selon la même source. D’autre part, Morgan Stanley limite les investissements en bitcoin à 2,5% de leur valeur nette totale.

Les deux fonds qui seront proposés proviennent de Galaxy Digital, société de cryptographie fondée par Michael Novogratz. Le troisième fonds est un effort conjoint du gestionnaire d’actifs FS Investments et de la société bitcoin NYDIG. Les clients pourraient commencer à investir dans ces fonds dès avril 2021.

Le bitcoin a de nouveau dépassé le seuil de 50.000 dollars

Selon Reuters, le bitcoin, la crypto-monnaie la plus grande et la plus connue au monde, est en hausse de 83,7% par rapport au plus bas de l’année de 27.734 dollars le 4 janvier. Le pic de la devise cette année était de 58.354,14 dollars le 21 février.

Par ailleurs, la même source indique que les actions de l’application de retouche photo chinoise Meitu Inc, cotée à Hong Kong, ont augmenté de 14,4% lundi matin, 8 mars, après que la société a annoncé avoir acheté 40 millions de dollars de crypto-monnaies.

La société a déclaré dans un dossier d’échange dimanche soir, qu’elle avait acheté pour 22,1 millions de dollars d’Ether, la deuxième plus grande crypto-monnaie au monde en termes de capitalisation boursière, et 17,9 millions de dollars de bitcoin le 5 mars.