Bitcoin : les ETF spot réagissent aux prises de bénéfices et aux annonces de la FED

Depuis mi-janvier 2024, l’autorisation, par le régulateur américain, des ETF [fonds négocié en bourse adossé au bitcoin, ndlr] a propulsé le cours de la monnaie virtuelle. A l’heure où ces lignes sont écrites, le Bitcoin vaut un peu plus de 65.700 dollars, en hausse de près de 48,8% depuis le début de l’année.

Plusieurs fonds d’investissement ont donc lancé leurs ETF et rassemblé les capitaux d’investisseurs souhaitant parier sur les performances du Bitcoin. « Ce que l’on observe, c’est une hausse du cours du bitcoin qui est portée par l’annonce des acceptations des ETF de la part du régulateur américain. Depuis, de nombreuses sociétés d’investissement et de gestion d’actifs ont investi dans le bitcoin et ouvert des ETF [fonds négocié en bourse adossé au bitcoin, ndlr]. Ces derniers sont en train de grandir et de prendre de l’ampleur », nous expliquait alors Badr Bellaj, spécialiste de la technologie Blockchain.

Mais à la mi-mars, après avoir vu son niveau historique à plus de 73.000 dollars, une baisse du cours a été observée avant une remontée amorcée à partir du 23 mars. Cette baisse a été induite notamment par une réduction des apports dans les ETF, voire par de fortes sorties de capitaux de certains ETF spot adossés au Bitcoin.

Une accélération temporaire des sorties des ETF par les investisseurs

Pendant plusieurs jours de mars, les apports des investisseurs dans les 11 différents ETF spots se sont raffermis et les sorties des investisseurs se sont accélérées. Pendant cinq jours d’affilée, les flux des ETF spot étaient net vendeurs avec plusieurs centaines de millions de dollars repris par les investisseurs.

« Nous avons vu que Grayscale a perdu plus de 600 millions de dollars d’actifs sous gestion le 18 mars, c’est-à-dire un outflow de la part des investisseurs. Cette tendance avait commencé quelques jours plus tôt. Il y a également plusieurs ETF qui affichent des inflow de 0 ou de quelques dizaines de millions de dollars seulement. C’est-à-dire qu’il n’y a pas tant d’argent qui entre et beaucoup qui sort », nuance Badr Bellaj.

Pour l’expert, cette sortie observée des investisseurs et ce ralentissement des rentrées de capitaux dans les ETF s’explique par « le manque de familiarité des investisseurs avec la volatilité de Bitcoin. Parfois, ces investisseurs peuvent rapidement quitter le navire et le rejoindre une fois que le cours revient à la tendance précédente. Il y a également des mouvements naturels de prise de bénéfices, qui sont des mouvements logiques ».

In fine, la prise de bénéfices et l’incompréhension du caractère volatil de certains investisseurs ont créé des outflows importants. Cependant, ces sorties se sont majoritairement cantonnées à Grayscale. Ces outflows concernant Grayscale sont en lien également avec les problématiques de frais d’opérations, supérieurs aux autres ETF.

Les investissements dans les 11 autres ETF spot ont progressivement repris le 25 mars, avec notamment le fonds de BlackRock en vaisseau amiral qui, au 28 mars, comptait 14 milliards de dollars d’actifs sous gestion dans son fonds ETF spot. Le second fonds en termes de taille, loin derrière, est celui du gestionnaire d’actifs Fidelity Investments, avec plus de 7,5 milliards de dollars sous gestion.

Une reprise des investissements propulsée par la décision de la FED

Vers le 26 mars, les investisseurs se sont manifestés plus franchement et plusieurs fonds ont vu les inflows repartir à la hausse. C’est notamment le cas du numéro un du marché, BlackRock.

« BlackRock a une force d’attraction et de commercialisation de leur ETF. Les frais d’ETF de BlackRock sont également moindres que ceux du reste du marché tout confondu. C’est aussi ce qui rend cet ETF attractif », explique Badr Bellaj.

Ce qui a aussi reconduit les investissements à la hausse sur les ETF depuis les quatre derniers jours, c’est le discours de la Fed concernant le taux directeur. Si la Banque centrale américaine a choisi le maintien à son taux actuel, elle anticipe trois baisses cette année. Cette annonce a poussé le marché à la hausse sur les ETF du fait d’un placement plus alléchant. « Cela a attisé l’appétit des investisseurs vers différents produits financiers, notamment les ETF spot adossés au Bitcoin mais aussi les autres marchés », conclut Badr Bellaj.

Après avoir connu des journées régulières avec des inflows de plusieurs centaines de millions de dollars, l’ETF de BlackRock avait observé une forte baisse de ses afflux financiers à quelques dizaines de millions par jour, pour ensuite repartir sur un trend haussier après l’annonce de la FED. Cela a également été le cas pour les autres ETF, à l’exception de Grayscale.

Il convient également de rappeler que la tendance haussière est également poussée par le halving. Ce phénomène, qui se produit tous les quatre ans sur le Bitcoin, induit une baisse de la production journalière. Du fait que l’offre maximale est fixée à 21 millions d’unités, le mécanisme de récompense se divise par deux tous les quatre ans. Actuellement, un peu plus de 900 bitcoins sont créés par jour, donc après le halving, environ 450 bitcoins seront créés quotidiennement. La rareté pousse ainsi le prix à la hausse. Cette étape interviendra en avril prochain.

https://medias24.com/agence-presse/usa-le-regulateur-autorise-un-nouveau-placement-en-bitcoin-tournant-pour-les-cryptomonnaies/

Bitcoin : +49% en YTD, les explications d’un trend haussier fulgurant

Le bitcoin se rapproche de jour en jour de son record historique de près de 69.000 dollars. Depuis le début de l’année seulement, la première des cryptomonnaies a progressé de plus de 49% à plus de 650.000 dirhams, soit un peu plus de 65.000 dollars dans la matinée du 4 mars.

Une progression quasi constante depuis début 2023, et qui connaît une fulgurance haussière depuis bientôt cinq mois. Contacté à ce sujet, Badr Bellaj, expert du bitcoin et des cryptomonnaies, nous explique les raisons de cette ascension constante.

L’acceptation des ETF propulse l’engouement des investisseurs

En janvier dernier, une décision du régulateur américain avait créé un appel d’air inédit pour l’industrie des cryptomonnaies. En effet, la Securities and Exchange Commission (SEC) avait, vers la mi-janvier 2024, autorisé 11 différentes sociétés et fonds d’investissement à lancer leur ETF spot adossé au bitcoin. Une première. Pour simplifier, un ETF est comme un OPCVM. C’est un fonds négocié en bourse qui réplique le fonds sous-jacent.

« Ce que l’on observe, c’est une hausse du cours du bitcoin qui est portée par l’annonce des acceptations des ETF de la part du régulateur américain. Depuis, de nombreuses sociétés d’investissement et de gestion d’actifs ont investi dans le bitcoin et ouvert des ETF [fonds négocié en bourse adossé au bitcoin, ndlr]. Ces derniers sont en train de grandir et de prendre de l’ampleur », explique Badr Bellaj.

Depuis, les plus grands gestionnaires d’actifs au monde se sont penchés sur le bitcoin et ont lancé leurs ETF. Le plus important d’entre eux, le géant BlackRock gère désormais dans son ETF spot, un total de plus de 10 milliards de dollars d’actifs [valeur au 1er mars 2024, ndlr]. Au total, ce sont plus de 300.000 bitcoins qui sont sous gestion dans des ETF actuellement, soit plus de 20 milliards de dollars.

De fait, l’engouement des grands investisseurs tire le cours à la hausse. Mais un autre facteur qui s’annonce va susciter davantage d’intérêt pour la première des cryptomonnaies.

Un ‘halving’ qui engendrera de la rareté, et donc un prix en hausse

La conception même du bitcoin est arrivée avec une notion de finitude. Il n’y aura pas de nombre indéfini de bitcoins en circulation. Le nombre est capé à 21 millions. Actuellement, plus de 19 millions ont été créés, ou plutôt minés, et un rythme journalier d’environ 900 bitcoins est généré par jour à travers ce minage.

Mais tous les quatre ans, un phénomène appelé halving est opéré. « Le halving est le fait de diminuer le volume de bitcoins généré par jour. La génération de bitcoins vient des mineurs qui valident des blocs. Du fait que l’offre maximale est fixée à 21 millions d’unités, le mécanisme de récompense se divise par deux tous les quatre ans. Nous sommes actuellement à un peu plus de 900 bitcoins créés par jour, donc après le halving on passera à environ 450 bitcoins », explique Badr Bellaj.

Selon le calendrier du bitcoin, le prochain halving aura lieu dans quelques mois. Cela aura pour conséquence de raréfier le bitcoin. Factuellement, il n’y en aura pas moins, mais disons que le robinet de production journalier se refermera un petit peu. « Cela veut dire plus de rareté, et donc cela tire la hausse du cours. Les investisseurs voient un potentiel pour un nouveau plus haut historique. Cela créé un effet catalyseur », indique-il.

Ce trend haussier a probablement limité le potentiel fondamental du bitcoin. Cependant, il est très difficile de savoir jusqu’où ira cette hausse. « Il y a beaucoup d’inconnues à prendre en compte pour savoir comment va se comporter le marché dans les mois à venir. Cependant, ce que l’on peut dire, c’est qu’il est désormais moins opportun d’investir qu’avant l’approbation des ETF ou durant les moments de baisse de marché », conclut Badr Bellaj.

Bitcoin : au plus haut depuis 18 mois, voici ce qui dope le cours de la cryptomonnaie

Le bitcoin a atteint un plus haut depuis 18 mois à plus de 444.000 dirhams ce 6 décembre. La première des cryptomonnaies se rapproche progressivement de ses sommets historiques, qui était proche de 588.000 dirhams il y a deux ans.

Alors que la monnaie virtuelle affichait une contreperformance qui a pu dégoûter certains investisseurs l’an dernier, elle a en revanche de quoi réjouir cette année. En YTD, sa valeur a progressé de 156%. Si les variations de sa valorisation sont globalement erratiques, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce Bull-Market depuis le début de l’année.

L’attente d’un retour du régulateur américain sur des fonds négociés en bourse dope le cours

Pour Badr Bellaj, spécialiste des cryptomonnaies et du bitcoin, une raison en particulier explique cette forte résurgence. Il s’agit de la création d’ETF spot (fonds négocié en bourse, ndlr) adossé au bitcoin qui a été déposé auprès du régulateur financier américain, la SEC (Securities and Exchange Commission, ndlr).

« Il s’agit d’un fonds qui réplique le fonds sous-jacent. Au lieu d’investir dans le bitcoin, vous investirez dans un ETF spot adossé sur le bitcoin, ce qui limite le risque. En fait, on ouvre aux investisseurs un indice qui traque l’évolution du bitcoin. C’est une sorte d’investissement indirect, mais à travers un instrument financier régulé, contrairement au bitcoin. C’est une solution encadrée pour un investisseur, où le risque est pris par le fonds d’investissement. BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, a déposé un dossier dans ce sens auprès du SEC », nous explique Badr Bellaj.

En réalité, le monde des cryptomonnaies est suspendu à la décision du régulateur américain, qui devrait tomber début janvier 2024. Cette dernière concerne les ETF spot de BlackRock mais aussi d’autres dépositaires qui, dans une large majorité, sont des fonds d’investissement. « Si la SEC confirme la création de ces ETF, la tendance haussière se renforcera fortement. Si elle les refuse, le marché redescendra vers des niveaux plus bas », poursuit notre interlocuteur.

Un appel d’air au potentiel énorme se profile

En effet, si début janvier, le SEC approuve les ETF Spot de BlackRock, il est clair que le signal créera un appel d’air très important pour l’industrie. Les autres grands gestionnaires d’actifs et fonds d’investissement se positionneront et le cours du bitcoin en percevra les effets positifs du fait de la hausse de la demande qui en découlera. « L’ouverture potentielle d’un tel ETF ouvrira les portes à une masse d’investisseurs particuliers et institutionnels, et de fait la demande grandira« , note Badr Bellaj.

Si la décision définitive de la SEC se fait encore attendre, il convient de faire un léger rappel historique : le SEC avait rejeté par le passé de nombreuses demandes de dépositaires, mais à la fin août 2023, il a perdu un procès face à Grayscale, fonds d’investissement en monnaie numérique suite à sa demande d’ETF adossé sur bitcoin. Après cela, le SEC a décidé de ne pas faire appel de cette décision. Une nouvelle qui avait alors enflammé le marché. « Le marché est en train de pricer le fait que le SEC n’a pas pu défendre sa position et que la donne pourrait rapidement changer« , poursuit notre interlocuteur.

Un rallye qui renforcera la confiance du marché marocain dans les cryptomonnaies

Le redressement du cours du bitcoin est aussi conduit par l’anticipation, par le marché, d’une fin du resserrement monétaire de la part de la FED. « Nous observons une corrélation entre le cours du bitcoin et de l’Or depuis plusieurs mois. Nous voyons que le marché anticipe cette réaction de la FED et que cela va faire baisser le dollar. De ce fait, l’Or progresse et a d’ailleurs atteint très récemment son pic historique. Cette anticipation de la baisse des taux est également l’une des raisons de la hausse des cours du bitcoin ces derniers mois », explique Badr Bellaj.

Au Maroc, ce nouveau rallye haussier, s’il n’a pas modifié les habitudes des intéressés du bitcoin, aura eu le mérite de les amener à faire de nouveau confiance au monde des cryptomonnaies. « Au Maroc, les actifs sur le marché des cryptomonnaies sont souvent des jeunes qui croient au marché malgré les perturbations. En moyenne, les volumes échangés demeurent stables malgré une année 2022 très perturbée. Je crois que ce nouveau rallye va rafraîchir cette croyance envers le bitcoin et le fait que c’est un actif qui est là pour durer », explique Badr Bellaj.

Pour lui, 2023 marque une évolution positive de la monnaie virtuelle qui en renforcera l’usage par les Marocains.

Badr Bellaj : comment la nouvelle réglementation MiCA sur les crypto-actifs peut inspirer le Maroc

Dans la ligne de mire de ce nouveau dispositif juridique, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Le nouveau règlement européen MiCA (Market in crypto assets) apporte plusieurs changements, alors que la faillite de la plateforme d’échange de cryptomonnaies FTX, sur fond de fraude massive, est encore dans les mémoires. Jusque-là, le secteur des cryptomonnaies se caractérisait par l’absence d’une réglementation à l’échelle européenne. Ce qui, à l’évidence, n’a pas été sans conséquences sur les utilisateurs et investisseurs dont plusieurs ont été floués par des plateformes de crypto-actifs peu scrupuleuses.

Interrogé par Médias24 sur l’apport du nouveau règlement européen et sur l’impact de celui-ci sur le Maroc – en passe de légiférer dans le secteur des cryptomonnaies –, Badr Bellaj, expert en blockchain et fin connaisseur des cryptoactifs, explique : « Le règlement MiCA est en quelque sorte un dispositif juridique d’harmonisation et d’amélioration des lois régissant les cryptomonnaies dans l’espace de l’UE. Jusque-là, chaque pays européen avait sa propre réglementation ».

Le patron de la société MChain indique également que cette nouvelle réglementation est de nature à booster le jeune marché de la cryptomonnaie en le rendant plus sécurisé, au bénéfice des utilisateurs et des investisseurs.

« Les principales dispositions applicables aux émetteurs et aux négociants de crypto-actifs portent sur la transparence, la publication d’informations, l’autorisation et la surveillance des transactions. Les consommateurs seraient mieux informés des risques, des coûts et des frais liés à leurs opérations. En outre, le nouveau cadre juridique soutiendra l’intégrité du marché et la stabilité financière en réglementant les offres publiques de crypto-actifs », détaille le communiqué du Parlement européen, daté du 20 avril 2023.

La même source précise que MiCA comprend des mesures contre les manipulations de marché (délit d’initié) et pour prévenir le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et plusieurs activités criminelles.

D’autres pays, dont le Maroc, pourraient en faire de même

« L’initiative du Parlement européen, qui est une grande institution de législation reconnue à l’échelle mondiale, pourrait pousser des pays comme le Maroc ou d’autres espaces régionaux à adopter promptement une réglementation en la matière. Ce qui est une bonne chose pour une industrie relative récente », soutient notre interlocuteur. Ce dernier fait aussi remarquer que MiCA accorde une grande importance aux règles de conformité (compliance) des sociétés de cryptomonnaies. Ce qui reflète le parti pris des parlementaires européens pour la protection accrue des investisseurs et utilisateurs et pour la souveraineté européenne dans le domaine des cryptomonnaies.

Badr Bellaj est aussi d’avis que le régulateur national, qui n’est autre que Bank Al-Maghrib, doit s’inspirer de MiCA pour, in fine, élaborer un projet de loi adapté au contexte marocain (spécifique) et international.

« L’adaptation du futur dispositif juridique au contexte local est d’autant plus essentielle que le dirham n’est pas une monnaie convertible, contrairement à l’euro ou au dollar. A cela s’ajoutent le coût prohibitif des transferts d’argent à l’étranger et le faible taux de bancarisation des jeunes marocains très friands de cryptoactifs », indique notre source.

Pour rappel, selon un rapport de la plateforme américaine Chainalysis (2021), qui a étudié la part investie en cryptomonnaie par rapport à l’argent disponible dans 146 pays, le Maroc est classé 14e sur les 146 pays. C’est dire la grande appétence des Marocains pour les cryptoactifs, qui présentent plusieurs avantages en termes de coûts, d’accessibilité et de facilité d’usage.

« Au regard, entre autres de la nécessité de capter une partie de la manne financière générée par l’industrie de la cryptomonnaie et des multiples affaires devant les tribunaux marocains, il est raisonnable que le projet de loi visant à réglementer l’usage des cryptoactifs voie le jour entre le quatrième trimestre 2023 et le premier trimestre 2024, au plus tard », conclut notre source.

Meetup Binance à Casablanca : plongée dans la discrète communauté des cryptos

Dimanche 5 mars, la plus grande plateforme de trading de cryptomonnaies au monde, Binance, organisait un événement dans la plus grande discrétion à Casablanca, au Studio des Arts Vivants.

L’événement était réservé aux initiés et aux inscrits sur la plateforme. D’ailleurs, à l’entrée, le numéro d’identifiant de l’individu sur la plateforme Binance est requis pour accéder aux lieux. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant les grilles de l’entrée pour participer à ce meetup, dont le contenu n’avait pas été dévoilé. Dans l’immense majorité, des jeunes hommes de 20 à 35 ans se dirigeant vers la principale salle du Studio des Arts Vivants. Elle est comble. Un carton plein. L’engouement pour les cryptomonnaies au Maroc, régulièrement décrit comme fort, est désormais palpable.

On y rencontre des jeunes hommes connectés, smartphones à la main, scrollant sur des sites de trading de cryptomonnaie ou sur les dernières vidéos YouTube de leurs influenceurs cryptos favoris. Cette communauté s’informe sur le monde de la finance. Dès les premiers échanges avec quelques initiés dans la salle, on y évoque les cycles d’investissement, les taux d’intérêt, l’inflation, le dollar, ou encore « le fait qu’actuellement, nous sommes dans une phase de Bear Market ; c’est donc le moment d’investir, car ça ne va pas baisser davantage ».

Ici, tout le monde s’informe sur les circuits éloignés des médias traditionnels. Facebook, YouTube, Reddit, Discord et autres leur permettent de devenir des traders en herbe. Ils y guettent les informations internationales qui pourraient impacter le monde des cryptomonnaies pour orienter leurs décisions. Ces canaux font également circuler certaines théories complotistes sur le dernier incident en date qui a fait chuter le marché, à savoir la chute de la plateforme FTX en novembre dernier. Pour tous les investisseurs marocains qui avaient investi sur cette plateforme, les actifs sont perdus. « Ces crashs de Luna et FTX étaient prévus pour justifier la baisse des marchés. Il y a des faiseurs de marché, ce sont eux qui contrôlent tout, toutes les fortunes mondiales sont présentes sur le marché des cryptos », nous lance un participant.

Approchés, certains confient avoir déjà gagné de l’argent avec les cryptomonnaies, d’autres assument leur position de débutant, investissant de petites sommes pour apprendre et se faire la main, dans l’espoir de faire mieux.

Un apprentissage que certains souhaitent effectuer auprès de Binance, la plus grande plateforme mondiale d’échange de crypto-actifs. Ce meetup a été l’occasion pour l’entreprise d’évangéliser sur ses valeurs, son fonctionnement et ses offres, pour rassurer, enrôler et motiver les participants.

Binance veut faire connaître ses offres et montrer patte blanche

Scène moderne, logo de l’entreprise, slides qui défilent, vidéos du dernier événement de l’entreprise à Dubaï : tout était là pour démontrer l’influence et la solidité de la plateforme, chiffres à l’appui. La première place d’échange est présente dans 180 pays, compte plus de 120 millions d’utilisateurs et gère en moyenne l’équivalent de 80 milliards de dollars de transaction quotidienne.

Mais la firme, qui a débuté son activité en Chine et ne dispose pas de bureaux ou de siège à proprement parler, cherche aussi à peaufiner son image autour de la ‘compliance’ dans une industrie encore vastement dérégulée.

Trois cadres du groupe de la région MENA ont déroulé, dans un mix de darija et d’anglais, des slides sur l’entreprise, précisant que désormais, la plateforme était approuvée par les organes de régulation de six pays : le Bahreïn, Dubaï, la France, l’Espagne, l’Italie et l’Australie. Cela signifie que ces pays reconnaissent la plateforme comme fournisseur de service d’actifs numériques.

L’entreprise est aussi là pour prôner ses valeurs, intrinsèques au monde des cryptomonnaies et de la blockchain, de l’indépendance financière et de la liberté d’en disposer. L’un des trois intervenants, originaire du Bahreïn, Salman Al Sharif, mentionne que « dans un pays très crypto friendly comme le Bahreïn, tout est payable en cryptomonnaie, même une maison ».

La plateforme joue également son rôle d’éducatrice, diffusant ce qu’il faut savoir sur l’industrie des cryptos, notamment avec Binance Academy. Une plateforme pour suivre des cours et formations gratuites sur les cryptomonnaies. Certaines formations peuvent donner accès à des certificats attestant du suivi de la formation, affichables sur son compte LinkedIn. En somme, elle veut se donner une image saine, structurée et sécurisée, dans une industrie qui s’apparente à une jungle, en proie à de nombreux abus et arnaques.

Afin de montrer des possibilités assez exclusives, Binance renseigne sur ses offres VIP. Ces possibilités donnent des avantages aux utilisateurs, comme le fait de bénéficier de taux d’intérêt réduit pour emprunter de l’argent sur Binance, ou encore de jouir de frais moins élevés lors des transactions. La plateforme dispose même d’offre pour les institutionnels, ou family offices, qui permettent également d’avoir des limites plus élevées pour effectuer des retraits ou des emprunts.

L’industrie évoluant à un rythme effréné et globalement peu régulé, l’auditoire avait naturellement beaucoup à dire lors de la séance de questions-réponses.

Une rencontre informative

L’un des présentateurs a invité les participants à poser leurs questions. Même si tout le monde est marocain, tout se passe spontanément en anglais.

L’auditoire souhaite notamment se renseigner sur les aspects légaux, le paiement de cryptomonnaie depuis un compte marocain, depuis un compte étranger, la position de Bank Al Maghrib… Plusieurs, déjà renseignés sur les opérations de la plateforme à l’international, ont demandé si l’arrivée de la carte Binance était prévue au Maroc. En effet, certains pays, à l’instar du Bahreïn, acceptent des cartes de débit Binance pour effectuer des achats sur leur sol, en convertissant des cryptomonnaies directement en devises. Au Maroc, le cadre légal ne le permet pas, contrairement à certains pays européens où les cartes du groupe sont adossées à Visa.

D’autres questions concernaient les usages au long terme, l’épargne et la possibilité pour des e-commerçants de se faire payer en cryptomonnaie via le service Binance Pay. De nombreuses questions tournaient également autour des arnaques aux cryptomonnaies et du traumatisme vécu par la communauté lors de la chute de FTX fin 2022. Concernant les arnaques sur le secteur des cryptos, la plateforme se veut rassurante et exhorte les utilisateurs à se renseigner et à lire ses articles pour repérer les offres frauduleuses.

Rappelons qu’au Maroc, actuellement, la Banque centrale planche sur un cadre réglementaire sur les cryptoactifs dans l’objectif de réguler les plateformes telles que Binance avec un système de licence ou d’agréments.