2024, année la plus chaude jamais enregistrée au Maroc, la plus sèche depuis les années 60

La situation climatique au Maroc est marquée par une hausse historique des températures, un déficit hydrique critique et des bouleversements dans les régimes de précipitations. Cette conjoncture, a indiqué Nizar Barak, exige une « réponse politique structurée et anticipative ».

Le ministre de l’Eau (et de l’Equipement) s’exprimait vendredi 20 juin à Rabat dans le cadre d’une conférence organisée par la Direction générale de la météorologie, consacrée au bilan climatique de l’année 2024.

Nizar Baraka a livré les chiffres clés de la situation hydrique et de l’évolution climatologique du Maroc.

Avec une anomalie de température moyenne annuelle de +1,49°C par rapport à la période de référence 1991-2020, 2024 est désormais l’année la plus chaude jamais observée au Maroc. La température maximale a atteint 47,7°C à Béni Mellal, tandis qu’Ifrane a enregistré une température minimale de -6,1°C fin décembre. Ce réchauffement a été particulièrement marqué entre janvier et septembre. Il s’agit par ailleurs de la sixième année consécutive de sécheresse dans le pays.

Année hydrologique la plus sèche depuis les années 60

Sur le plan hydrique, l’année hydrologique 2023-2024, allant de septembre à août, a connu un déficit pluviométrique national de 46,6%, avec seulement 248,9 mm de précipitations en moyenne, contre 450,4 mm habituellement. L’enneigement a chuté de manière spectaculaire, passant d’une moyenne de 50.000 km² à 9.900 km² seulement en 2024, limitant fortement la recharge naturelle des ressources en eau.

Ces conditions ont entraîné une baisse importante des apports aux barrages. À fin mai, leur taux de remplissage n’était que de 31%, un niveau historiquement bas. Cette situation affecte directement l’agriculture, l’élevage et l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs régions.

Des phénomènes extrêmes ont également été relevés : des pluies diluviennes de 170 mm en 24 heures à Tata, des rafales de vent atteignant 126 km/h à Tétouan, ou encore des crues soudaines culminant à 300 m³/s dans le Sud, en septembre 2024.

Vers une planification climatique renforcée

Face à l’intensification des phénomènes extrêmes, les pouvoirs publics revoient leur stratégie. Le ministère de l’Équipement et de l’eau s’appuie désormais sur des outils de simulation climatique et hydrologique plus précis, capables de mieux refléter la diversité des contextes régionaux.

« Nous avons mis en place une planification plus fine, fondée sur l’adaptation de nos modèles aux réalités actuelles. Cela nous permet de suivre de près l’évolution des indicateurs et d’ajuster nos décisions », a déclaré Nizar Baraka à Médias24. Il précise : « Nos modèles tiennent désormais compte des bouleversements observés, comme le déplacement des zones de pluie, la baisse de l’enneigement ou l’intensification des extrêmes, et ce, à l’échelle de chaque territoire ».

Cette approche repose sur l’analyse croisée de plusieurs données : évolution des précipitations, niveaux des nappes, enneigement et apports aux barrages. Elle permet d’orienter les priorités en matière de mobilisation et de répartition des ressources.

Il s’agit de passer d’une logique réactive à une gestion préventive, en identifiant les zones vulnérables, en hiérarchisant les investissements et en renforçant les dispositifs d’alerte.

Interrogé par Médias24 sur la répartition géographique des précipitations, le ministre a confirmé l’existence d’un basculement structurel. Certaines régions historiquement arides, comme le Sud-Atlasique et l’Oriental, reçoivent désormais une part importante des précipitations, alors que les zones traditionnellement pluvieuses connaissent une baisse continue. Cette mutation impose une révision des modèles d’aménagement et des seuils de sécurité appliqués aux infrastructures.

En septembre 2024, des crues soudaines ont ainsi été enregistrées dans ces zones, avec des débits atteignant 300 mètres cubes par seconde. Un niveau qui dépasse largement les capacités initialement prévues pour ces territoires. « Cela montre que même dans la conception de nos ponts et de nos ouvrages hydrauliques, il est désormais indispensable d’intégrer ces données et ces nouvelles réalités climatiques », a souligné le ministre.

Ces constats renforcent la nécessité d’inscrire l’action publique dans une perspective structurée avec une volonté d’anticipation renforcée face aux inflexions majeures du climat. L’objectif est de disposer d’outils capables de réagir aux évolutions rapides des équilibres naturels, dans un contexte où sécheresses prolongées, vagues de chaleur et épisodes de précipitations extrêmes risquent de devenir la norme.

Marrakech-Safi. Voici l’état d’avancement de la campagne agricole 2024-2025

Dans un contexte toujours marqué par le stress hydrique, la campagne agricole 2024-2025 en cours dans la région de Marrakech-Safi montre des signes encourageants. Notamment grâce à un cumul pluviométrique de 143 mm, en hausse de 35% par rapport à la saison précédente. De quoi redonner de l’espoir aux agriculteurs.

La reprise des précipitations a permis d’estimer la production céréalière prévisionnelle à 1,1 million de quintaux. « Côté maraîchage, 20.000 hectares ont déjà été semés en cultures printanières, notamment en oignon et en tomate, essentiels à l’approvisionnement du marché national », précise à Médias24 Mbarek Ait Omar, chef de division du développement des filières agricoles à la direction régionale de l’agriculture Marrakech-Safi.

Bien que la superficie agrumicole ait reculé de 24%, passant de 16.500 à environ 12.000 hectares, à cause de la sécheresse, la production de cette année est en amélioration par rapport à la précédente. « La région a produit environ 210.000 tonnes d’agrumes, dont plus de 100.000 tonnes sont exportées. Cette résilience s’explique notamment par la prédominance de la mandarine Afourer, qui représente 65% de la superficie nationale et continue d’offrir une bonne valeur ajoutée », affirme notre interlocuteur.

Les précipitations ont permis la régénération du couvert végétal, améliorant les pâturages. Cela a conduit de nombreux éleveurs à conserver leur cheptel, notamment les brebis.

Concernant les filières animales, un regain d’espoir chez les éleveurs a été constaté. « Les précipitations ont permis la régénération du couvert végétal, améliorant les pâturages. Cela a conduit de nombreux éleveurs à conserver leur cheptel, notamment les brebis, avec en perspective une relance de la production ovine », précise M. Ait Omar.

Par ailleurs, l’aviculture reste un pilier régional avec une production annuelle moyenne de 115.000 tonnes de viande blanche. L’apiculture, de son côté, maintient le cap avec une production moyenne de 750 tonnes de miel, soutenue par une meilleure disponibilité des ressources mellifères cette saison.

Enfin, pour faire face à la raréfaction de l’eau, 163.000 hectares sont équipés en irrigation goutte-à-goutte, dont 56.000 hectares depuis le lancement de la stratégie Génération Green. En parallèle, les agriculteurs de la région adoptent de plus en plus des outils numériques pour optimiser la gestion de l’eau et le suivi des cultures.

https://medias24.com/2025/03/25/apres-la-secheresse-un-printemps-despoir-mais-des-fragilites-tenaces/

Céréales. La région Fès-Meknès espère une récolte meilleure que prévu après les récentes pluies

L’objectif de cette visite est de s’enquérir des impacts des récentes précipitations sur la campagne agricole, notamment les cultures des céréales, des oléagineux et l’arboriculture. La visite a également été l’occasion d’échanger avec des agriculteurs et des éleveurs sur la situation de la campagne agricole, indique un communiqué du département de M. El Bouari.

Un cumul pluviométrique de 332,5 mm

Au niveau de la région Fès-Meknès, après un début de saison marqué par un déficit pluviométrique inquiétant, les dernières semaines ont enregistré des précipitations significatives qui ont amélioré l’état des cultures et ravivé l’espoir des agriculteurs et des éleveurs. À noter que le cumul pluviométrique moyen dans la région s’élève désormais à 332,5 mm.

L’effet positif des dernières pluies est manifeste sur l’état végétatif des céréales d’automne, avec 40% des surfaces jugées en bon état et 49% en état moyen. Cette amélioration laisse présager des rendements supérieurs aux prévisions initiales.

La superficie cultivée en céréales d’automne est de près de 650.000 hectares dont plus de 11.000 hectares irrigués. La culture du blé tendre représente 48% de cette superficie, suivi du blé dur avec 26% puis la culture de l’orge.

La culture des oléagineux occupe près de 1.500 hectares, dont 46% de colza et 54% de tournesol. Les récentes pluies viennent au moment opportun pour l’arboriculture fruitière, notamment pour l’olivier dont la superficie productive est de près de 360.000 hectares, soit 77% de la superficie arboricole.

Les cultures maraîchères de pomme de terre et d’oignon dans la région sont très positivement impactées par ces pluies. Il est à noter par ailleurs, que la région Fès-Meknès produit à elle seule presque la moitié de la production nationale d’oignon et 20% de la production nationale de pomme de terre.

Un bon état végétatif des parcours sylvopastoraux au bonheur des éleveurs

Les parcours sylvopastoraux et pastoraux de la région qui s’étendent sur 1,8 million d’hectares affichent une bonne amélioration du couvert végétal renforçant ainsi la disponibilité des ressources fourragères pour l’élevage extensif. Les races dominantes sont la race Timahdite et la race Beni Guil.

Ahmed El Bouari en visite dans la région de Fès-Meknès, le 21 mars 2025.

Lors de cette visite, le ministre a insisté sur l’engagement continu des services du ministère de l’Agriculture à renforcer l’accompagnement des agriculteurs, à rester à leur écoute, à renforcer les projets de modernisation des systèmes d’irrigation et à promouvoir des solutions innovantes pour une agriculture durable et résiliente.

En effet, l’adoption de technologies intelligentes face au climat apparaît aujourd’hui comme une réponse incontournable pour sécuriser la production agricole, garantir la pérennité du développement agricole et soutenir l’économie rurale.

Maroc : pluies en hausse, mais toujours sous la normale

Depuis le 22 février 2025, le Maroc a enregistré d’importantes précipitations, favorisées par des conditions météorologiques particulièrement humides.

Selon des données de la Direction générale de la météorologie, le Maroc a reçu en moyenne plus du double des précipitations habituellement enregistrées sur cette période.

Du 1er septembre 2024 au 15 mars 2025, la moyenne des précipitations enregistrées a atteint 112 mm.

Cette pluviométrie représente :

– Un excédent de 85,4% par rapport à la moyenne des précipitations enregistrées durant la précédente année agricole et qui s’élevait à 60,5 mm.

-Elle reste cependant déficitaire de 18,4% par rapport à la normale annuelle (137 mm).

Ces précipitations ont contribué à réduire le déficit pluviométrique dans tous les bassins hydrauliques, note la DGM, citant l’exemple du bassin de Guir-Ziz-Ghris qui connaît un excédent depuis le début de l’année hydrologique suite aux précipitations exceptionnelles du mois de septembre sur le Sud-Est du Maroc.

Plus de la moitié des précipitations annuelles normales à Tanger

Sur le plan national, les quantités de pluie relevées varient de 8 mm à Tan-Tan à un maximum de 349 mm à Tanger.

À Tanger, les précipitations cumulées sur cette même période représentent plus de la moitié des précipitations annuelles normales.

À Chefchaouen, on enregistre 341 mm, soit plus du tiers des précipitations annuelles normales, dont 318 mm sont tombées entre le 7 et le 15 mars.

À Ifrane, les cumuls atteignent 275 mm, soit le double de la moyenne des précipitations pour tout le mois de mars.

Par ailleurs, les montagnes du Grand Atlas et du Rif ont enregistré des chutes de neige importantes :

• 60 cm à Jbel Azourki (Azilal).
• 40 cm à Itzer (Midelt ).
• 30 cm à Zaouiat Ahansal et Tabant (Azilal).
• 25 cm à Bouiblane.
• 15 cm à Oukaimden.

Les dernières chutes de neige ont couvert une superficie de plus de 14.000 km2.

Au 14 mars 2025, un cumul de pluie en hausse continue dans la plupart des régions

Les données de la Direction générale de la météorologie montrent des écarts importants entre les saisons 2023-2024 et 2024-2025. Voici les quantités de précipitations enregistrées du 1er septembre au 14 mars 2025 :

Ces pluies, bien qu’inégales selon les régions, représentent une amélioration significative par rapport à l’année précédente. Certaines villes comme Al Hoceima et El Jadida ont connu une augmentation spectaculaire des précipitations, ce qui aura un impact positif sur l’agriculture et sur le remplissage des barrages.

De fortes pluies orageuses et des chutes de neige sont encore annoncées par la Direction générale de la météorologie (DGM) pour le vendredi 14 et le samedi 15 mars.

A Ifrane, les sources d’eau reprennent vie après les dernières pluies (vidéo)

Ces précipitations ont eu un impact immédiat sur les barrages et les sources d’eau de la région, qui montrent des signes visibles de reprise. Plusieurs sources naturelles, dont certaines avaient considérablement réduit leur débit ces derniers mois, retrouvent leur vitalité.

 

Les sommets d’Azilal et de Ouarzazate, grands bénéficiaires des dernières chutes de neige

Voici les principales accumulations relevées entre le 28 février et le 1ᵉʳ mars 2025 :

Dans la province de Midelt :

Cumul des précipitations (du 28 février au 2 mars 2025, 6 h)

Entre le 28 février à 6 h et le 2 mars à 6 h, plusieurs provinces ont connu des précipitations importantes. Voici les cumuls de pluie les plus significatifs :

Le Nord et le Centre, grands bénéficiaires des dernières pluies et chutes de neige

Au cours des dernières 24 heures, le Maroc a été influencé par le passage d’un minimum dépressionnaire accompagné d’air froid en altitude, affectant l’extrême nord. Ce phénomène a généré des précipitations sur le nord et l’est du pays, nous explique la Direction générale de la météorologie (DGM).

Entre le dimanche 2 février à 6h et le lundi 3 février à 6h, les cumuls les plus élevés ont été enregistrés à Tanger avec 28 mm, suivie de Larache (14 mm), Ifrane (13 mm), Meknès (9 mm) et Rabat (8 mm). Casablanca et Mohammedia ont également reçu 7 mm de pluie, tandis que des précipitations plus modestes ont été relevées à Chefchaouen (4 mm), Fès-Saïss (3 mm) et Tétouan (2 mm).

En parallèle, les montagnes marocaines ont connu d’importantes chutes de neige, notamment sur le Haut et le Moyen Atlas, le Rif et les hauts plateaux orientaux, dès 1.200m d’altitude. Les chutes les plus significatives ont été relevées à Taza, avec 10 cm de neige sur les sommets de Bouyablane et de Ghiata Al Gharbia. À Ifrane, les sommets de Jbel Hayane, Habri et Michlifen ont enregistré entre 2 et 4 cm de neige.

En 2024, le Maroc perd 20% de ses superficies cultivées (Sadiki)

Le volume de pluviométrie a atteint 224 millimètres depuis le début de la saison jusqu’en avril 2024, affichant une hausse de 9% par rapport à l’année précédente, a indiqué mardi 16 avril le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohamed Sadiki.

En réponse à une question orale à la Chambre des conseillers, le ministre a souligné que bien que ce chiffre de 224 mm reste inférieur de 27% par rapport à celui d’une année agricole normale, soit la moyenne des 30 dernières années, le total des réserves des barrages utilisées dans l’agriculture s’élève actuellement à 31%, contre 32% l’année dernière, soit environ 4,3 milliards de m3.

« Mis à part les bassins du Loukkos et du Sebou, une réduction significative des réserves d’eau a été enregistrée dans tous les bassins », a observé le ministre.

Il a indiqué que cette situation s’est répercutée sur la part d’eau allouée aux grands périmètres irrigués, qui ne dépasse pas 680 millions m3 pour la saison agricole en cours, dont 300 millions m3 ont été utilisés depuis le début de l’année, précisant que la surface irrigable dans ces grands périmètres ne dépasse pas 400.000 ha sur un total de 800.000 ha, marquant ainsi une réduction de 44%.

Baisse de 31% des superficies emblavées en céréales

Concernant l’état des cultures à ce jour, le ministre de l’Agriculture a relevé que la superficie emblavée en cultures d’automne et d’hiver, notamment les céréales d’automne, s’élève à environ 2,5 millions ha, contre 4 millions ha lors des campagnes normales, soit une baisse significative de 31%, ajoutant que les récentes précipitations dans certaines régions du Royaume pourraient améliorer la situation des céréales.

« Notre pays devrait perdre toutefois cette année 20% de ses surfaces cultivées en raison de la sécheresse persistante », regrette-t-il.

Et de poursuivre que les surfaces des cultures fourragères s’élèvent à 470.000 ha, celles des légumineuses alimentaires à 109.000 ha et celles des cultures sucrières à 22.000 hectares, soit 42% de moins que prévu, en raison de l’indisponibilité de l’irrigation dans les régions de Doukkala et Tadla.

S’agissant des surfaces irriguées et emblavées en légumes d’automne et d’hiver, elles ont atteint 90.000 ha, ce qui représente 90% du programme prévu, dont 57.000 ha sont dédiés aux légumes d’hiver, permettant de répondre aux besoins du marché national jusqu’en juin prochain, selon le ministre.

Pour les cultures de printemps qui ont bénéficié des dernières précipitations, la superficie totale a atteint 112.000 ha, soit plus de 70% du programme établi trois semaines avant la fin du programme, et la production prévue devrait satisfaire les besoins du marché national pendant la saison estivale.

Les subventions ont atteint un niveau « sans précédent »

D’un autre côté, M. Sadiki a souligné que la subvention des prix a atteint un niveau sans précédent, notamment en ce qui concerne les semences, les engrais et les aliments pour animaux, afin de réduire les coûts de production conformément aux instructions du Roi Mohammed VI, visant à atténuer les effets du déficit hydrique sur l’activité agricole. Ce soutien se poursuivra dans les mois à venir.

Pour la première fois au Maroc, un soutien financier de 2,2 milliards de DH a été accordé aux engrais azotés, tous importés, avec la distribution de 1,3 million de quintaux de ces engrais, notamment dans les zones irriguées ou celles ayant connu les récentes précipitations, et la distribution de 672.000 quintaux de semences subventionnées à hauteur de 50 à 70% du prix d’achat, a-t-il fait savoir. Et de noter que cela a permis de réduire les coûts de production et les prix pour les consommateurs, avec environ 18.000 producteurs ayant bénéficié de ces aides d’une valeur totale de 140 millions de DH jusqu’à présent.

La tempête Nelson a provoqué de fortes précipitations dans le nord du Maroc

Selon les chiffres fournis par la Direction générale de la météorologie, enregistrés entre le 29 mars à 6 h et le 1er avril à 6 h, Tanger a affiché le plus important bilan avec un cumul de 262 mm, suivie de Larache avec 213 mm et Chefchaouen avec 211 mm. À Tétouan, le cumul affiche 149 mm.

D’autre part, Kénitra a reçu 88 mm et Ifrane, avec son climat montagneux, a enregistré 80 mm. Rabat et Mohammédia ont reçu 62 mm.

La ville de Casablanca a enregistré 54 mm, Meknès et Taza ont comptabilisé respectivement 52 mm et 49 mm. El Jadida affiche un cumul de 48 mm, alors que les villes de Safi, Sidi Slimane et Benslimane ont chacune enregistré 40 mm de précipitations.

D’autres villes comme Tit Mellil et Nouaceur ont enregistré respectivement 39 mm et 38 mm. Près de l’aéroport, Essaouira a reçu 37 mm de pluie, Fès-Saiss a accumulé 35 mm, et Settat ainsi que Khouribga ont toutes les deux reçu 34 mm.

Par ailleurs, Agadir-Inzgane et Taroudant ont recueilli 23 mm, alors que 19 mm ont été enregistrés à Agadir. Sidi Ifni affiche le cumul le plus bas avec 15,5 mm.

Les explications et les prévisions  de la DGM

Depuis le vendredi 29 mars 2024 et tout au long du week-end précédent, le Maroc a été sous l’influence d’un anticyclone profond, dit tempête Nelson, accompagné de masses d’air froid en altitude, un phénomène qui a également affecté l’ouest de l’Europe, provoquant des vents forts et de fortes précipitations, explique la DGM.

Presque toutes les régions du Maroc ont été affectées par ces conditions météorologiques, en particulier les régions du Nord et du Centre, les montagnes de l’Atlas et du Rif, et le Nord-Est, ainsi que le nord des régions du Sud. Des pluies torrentielles et orageuses ont particulièrement concerné les régions de Tanger et l’ouest du Rif et du Loukkos.

Bien que moins intenses, les pluies persistent ce lundi 1er avril, notamment sur le Moyen Atlas et parfois les plaines du Nord et du Centre, le Rif et le Nord-Est, tandis que le temps se stabilise dans les autres régions.

Les températures afficheront une hausse progressive à partir de ce mardi 2 avril, avec un temps relativement chaud à l’intérieur des provinces du Sud et dans l’extrême sud-est du pays.

Les dernières pluies surtout bénéfiques pour l’arboriculture, les pâturages… et le moral (expert)

Les perturbations qu’a connues le Royaume ont apporté des pluies dans le nord du pays, en particulier dans le Rif et les régions côtières atlantiques, atteignant même le centre du pays, ainsi que l’Atlas et le nord de l’Oriental. Des chutes de neige importantes ont également été enregistrées dans les reliefs de l’Atlas.

Larbi Zagdouni, agroéconomiste et ruraliste, ancien enseignant-chercheur au département des Sciences humaines de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, a partagé avec Médias24 son évaluation sur l’impact de ces pluies sur l’agriculture du pays.

« Ces pluies sont bénéfiques pour les cultures de printemps, pour l’arboriculture fruitière, pour les pâturages, pour la recharge (toute relative) des nappes phréatiques superficielles, surtout avec la fonte des neiges en hautes altitudes, et pour le moral de l’ensemble des Marocains », déclare M. Zagdouni.

Quant aux céréales, le tableau est plus nuancé. « Ces pluies sont bénéfiques là où ces cultures ont été épargnées par la sécheresse des derniers mois », explique M. Zagdouni. Il souligne que les principales zones qui bénéficieront de ces pluies incluent les plaines du Gharb et du Saïss, le nord du Zaer, Khemisset, Taounate et d’autres régions.

Cependant, dans les zones situées au sud de Casablanca, comme la Chaouïa, les perspectives sont moins réjouissantes. « Dans ces zones, les céréales d’automne, telles que le blé dur, le blé tendre et l’orge, sont perdues« , constate l’expert.

M. Zagdouni ajoute également un point déterminant : « On doit mentionner l’effet bénéfique de ces pluies de fin mars pour les zones montagneuses. » Il souligne ainsi que ces précipitations tardives peuvent s’avérer cruciales pour ces régions souvent dépendantes des conditions météorologiques pour leur agriculture.

Céréales et arbres fruitiers, principaux bénéficiaires des dernières pluies à Rabat-Salé-Kénitra

Comparé à d’autres régions agricoles du Royaume, le déficit hydrique enregistré à Rabat-Salé-Kénitra est nettement moins préoccupant. D’ailleurs, les récentes pluies enregistrées participent au bon déroulement de la campagne agricole 2023-2024, en ayant un impact positif sur le cycle de production des céréales notamment. 

Contacté par Médias24, la Direction régionale de l’Agriculture (DRA) de Rabat-Salé-Kénitra affirme que suite aux dernières précipitations, « le cumul pluviométrique moyen régional a atteint 156 mm à la date du 23 février, contre 190 mm durant la dernière campagne à la même période de l’année ». Ainsi, en l’espace de deux mois, le cumul pluviométrique a plus que doublé, passant de 65 à 156 mm.

Au-delà de leurs bénéfices sur le taux de remplissage des barrages, notamment le barrage Sidi Mohamed Benabdellah, ces pluies ont été accueillies avec soulagement par les exploitations agricoles. Elles auront en effet un impact positif sur le déroulement de la campagne agricole, que ce soit au niveau de la production végétale ou animale. 

En particulier, « les céréales d’automne, les légumineuses alimentaires, les cultures fourragères, le maraîchage d’hiver et le couvert végétal des parcours », précise la DRA de Rabat-Salé-Kénitra. Le paysage agricole de cette région se caractérise également par une importante diversité arboricole, dont les agrumes, les fruits rouges et l’olivier. 

En ce sens, les précipitations enregistrées durant le mois de février assureront « un bon développement des jeunes plants et une amélioration des caractéristiques organoleptiques des productions pendantes [l’ensemble des qualités d’un aliment pouvant être perçues par nos cinq sens, ndlr]« , indique la même source.  

Un programme des cultures avancé

En chiffres, des avancées importantes ont été réalisées en matière de programmes des cultures d’automne et d’hiver dans la région de Rabat-Salé-Kénitra. A commencer par la réalisation de 92% (489.800 ha) du programme relatif aux céréales d’automne et « la mise en place d’une superficie de 13.740 ha dédiée à la multiplication de semences », avance la Direction régionale de l’Agriculture de Rabat-Salé-Kénitra. 

La réalisation du programme de légumineuses alimentaires est également en cours d’achèvement, puisqu’il a atteint 93% (20.700 ha).

Alors que les méthodes actuelles de labour intensif des sols augmentent leur vulnérabilité à la sécheresse, à l’érosion et à la perte de leur fertilité, le semis direct représente une innovation technique agricole capable de réduire l’impact de la sécheresse sur les rendements agricoles. Un avantage dont les agriculteurs de la région Rabat-Salé-Kénitra tentent de tirer profit.   

Pour cette campagne agricole, le programme de développement du semis direct régional vise l’atteinte de 60.000 ha.

Un capital de production animale en bonne santé

Sachant que la production laitière et de viande rouge sont des filières phares de la région Rabat-Salé-Kénitra, le maintien du cheptel dans un état sanitaire satisfaisant est d’une importance capitale. Pour l’heure, « l’état sanitaire du troupeau est satisfaisant« , assure la Direction régionale de l’Agriculture. Pour ce faire, des campagnes de vaccination ont été programmées.

Toujours dans le cadre de la production animale, les précipitations enregistrées au cours de cette campagne ont contribué à l’amélioration de l’état des cultures fourragères au niveau des zones irriguées et bour. En complément, les services déconcentrés du département de l’Agriculture de la région Rabat-Salé-Kénitra ont assuré la distribution d’orge et d’aliments composés subventionnés, selon la répartition suivante :