À Tanger, arrestation de Badiss Mohammed Bajjou, l’un des criminels les plus recherchés en France

Une opération sécuritaire conjointe, menée le mercredi 4 juin par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) en coordination avec la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a permis l’arrestation à Tanger d’un ressortissant franco-marocain pour son implication présumée dans des affaires d’enlèvements avec demande de rançon et de blanchiment d’argent, dans le cadre d’un réseau international de criminalité organisée actif en France.

Le mis en cause, Badiss Mohammed Bajjou, âgé de 25 ans, figure parmi les dix Français les plus recherchés au monde. Il est soupçonné d’avoir orchestré une série d’enlèvements particulièrement violents ciblant des détenteurs de cryptomonnaies au cours du premier semestre 2025, rapporte le journal Le Parisien.

Son arrestation intervient dans le cadre de la coopération sécuritaire internationale, immédiatement après la réception par les autorités marocaines d’une plainte formelle émanant de leurs homologues français, détaillant les actes criminels reprochés et commis sur le territoire français, indique un communiqué de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN).

Les perquisitions menées dans le cadre de cette affaire ont permis la saisie de plusieurs armes blanches de différentes tailles (notamment des épées et des coutelas), de dizaines de téléphones portables, ainsi que d’équipements de communication, actuellement soumis à une expertise technique pour en extraire les traces numériques. Une somme d’argent en espèces, suspectée d’être liée aux activités criminelles du prévenu, a également été retrouvée.

D’après les premières données de l’enquête, l’intéressé faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires françaises pour son implication présumée dans des affaires d’enlèvement avec violence, d’extorsion contre rançon et de blanchiment de fonds issus de ces crimes.

Selon le communiqué de la DGSN, le suspect a été placé en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire confiée à la BNPJ, sous la supervision du parquet compétent. Les investigations visent à établir les responsabilités et à déterminer les éventuelles ramifications de ces actes, en application des dispositions du droit national, compte tenu de la nationalité marocaine du mis en cause.

Cette interpellation s’inscrit dans les efforts constants déployés par les services de sécurité du pôle DGSN-DGST pour lutter contre le crime organisé transnational, en privant ses auteurs de tout refuge ou moyen logistique susceptible d’alimenter leurs activités illicites, ajoute la même source.

Le ministre français de la justice, Gérald Darmanin, a salué l’opération sur le réseau X, remerciant « sincèrement le Maroc pour cette arrestation, qui illustre l’excellente coopération judiciaire entre nos deux pays, en particulier dans la lutte contre la criminalité organisée ».

Affaire Jerando : report d’audience et maintien de la détention provisoire pour plusieurs accusés

Dans l’affaire de la famille de Hicham Jerando, le tribunal correctionnel de Aïn Sbaâ a décidé, le 24 mars 2025, de reporter l’audience au 28 du même mois, afin de permettre aux accusés de préparer leur défense. Cependant, toutes les demandes de mise en liberté provisoire ont été rejetées.

Pour rappel, seule Jamila Jerando, la sœur de Hicham, a pu obtenir la libération provisoire le 10 mars dernier. Sa fille, âgée d’environ 15 ans, est également poursuivie en état de liberté provisoire. Contrairement à sa mère, qui a été détenue un certain temps, la nièce de Hicham Jerando a été placée dans un centre de protection de l’enfance et n’a jamais été incarcérée.

Cette affaire, qui implique plusieurs membres de la famille de Hicham Jerando ainsi que des collaborateurs présumés, repose sur de lourds chefs d’accusation. Chacun des accusés est poursuivi, selon son degré d’implication, pour des faits tels que :

• La diffusion et la publication de fausses allégations visant à porter atteinte à la vie privée et à diffamer des personnes ;

• La participation à des menaces ;

• L’outrage à une institution constitutionnelle du Royaume ;

• L’outrage à un corps constitué ;

• L’outrage à un avocat dans l’exercice de ses fonctions ;

• La diffusion de montages d’images de personnes sans leur consentement.

Jamila Jerando, quant à elle, est spécifiquement poursuivie pour cinq chefs d’accusation, incluant notamment l’outrage à une institution constitutionnelle et la participation à la diffusion de fausses informations.

L’affaire trouve son origine dans une plainte contre X déposée par une femme ayant reçu des messages « dangereux ». L’enquête menée par la police judiciaire marocaine a ensuite révélé l’existence d’un réseau de diffamation et de chantage, dont le principal instigateur est Hicham Jerando, un ressortissant marocain installé au Canada. Il est accusé d’avoir orchestré une campagne de dénigrement avec l’aide de proches et de collaborateurs.

D’après le parquet, les membres de ce réseau fournissaient à Hicham Jerando des numéros de téléphone marocains pour créer des comptes anonymes sur les réseaux sociaux, participaient au montage et à la diffusion de vidéos modifiées, recevaient des paiements liés aux activités de chantage et prospectaient des affaires sur lesquelles Jerando allait communiquer via sa chaîne YouTube « Tahadi ».

L’enquête ayant révélé des éléments techniques et matériels corroborant ces accusations, les suspects ont été placés en détention provisoire, sauf pour la mineure qui a été confiée à un centre de protection de l’enfance. La première audience a eu lieu le 3 mars dernier. Le procès se poursuit devant le tribunal correctionnel de Aïn Sbaâ.

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La sœur et la nièce de Hicham Jerando poursuivies en état de liberté provisoire

Du nouveau dans l’affaire de la famille Jerando : la sœur de Hicham Jerando est finalement poursuivie en état de liberté provisoire. Sa nièce, mineure, également poursuivie dans cette affaire, a été remise à sa mère, lundi 10 mars.

Pour rappel, la jeune fille, âgée de 15 ans selon le parquet, n’était pas placée en détention préventive, mais plutôt dans un centre de protection de l’enfance relevant du ministère de la Jeunesse, et ce, même si elle est poursuivie dans cette affaire aux côtés de ses parents et de son frère, ainsi qu’un autre individu dont le rôle, selon le parquet, est de monter des vidéos pour le compte de Hicham Jerando.

La même source indique que les vidéos ont servi à diffamer et à faire chanter plusieurs personnes. C’est ce qui a poussé certaines à porter plainte au Maroc et au Canada.

À noter que lors d’un point de presse tenu le 5 mars 2025, un représentant du parquet a dévoilé plusieurs détails sur les principaux résultats de l’enquête qui se poursuit encore.

Les 5 personnes poursuivies dans cette affaire qui concerne principalement Hicham Jerando sont suspectées de :

• lui fournir des numéros de téléphone marocains utilisés pour créer des comptes sur les réseaux sociaux en vue de menacer des gens ;

• l’assister dans la modification et le montage de plusieurs vidéos, ainsi que la diffusion de fausses informations ;

recevoir l’argent envoyé par les victimes de chantage ;

recevoir ou prospecter des affaires dont Hicham Jerando allait parler.

Cyber-escroquerie forcée au Myanmar : une forme de criminalité qui constitue une menace mondiale

Des dizaines de Marocains séquestrés au Myanmar. L’information semble invraisemblable. Cela dit, ces Marocains se sont bien retrouvés victimes de réseaux criminels spécialisés dans la traite d’êtres humains qui s’activent dans les zones frontalières du Myanmar.

Ils sont tombés entre les mains “d’une organisation criminelle qui profite des cyber-escroqueries et du trafic d’êtres humains, causant ainsi des souffrances à grande échelle. Ces réseaux criminels, engagés dans une campagne de terreur contre la population du Myanmar, touchent désormais les populations du monde entier”, déclare à Médias24 la porte-parole du mouvement activiste “Justice for Myanmar”, Yadanar Maung.

Également contactée par Médias24, l’équipe de “Cyber Scam Monitor” qui se focalise sur l’Asie du Sud-Est, indique avoir pris connaissance de la situation des Marocains détenus au Myanmar, sans avoir été contactée par eux directement.

Alertée par un proche d’une victime marocaine, Cyber Scam Monitor n’a pas pu obtenir la localisation exacte des ressortissants marocains séquestrés.

“Malheureusement, pour de nombreuses personnes, la seule façon de se sortir de l’arnaque est de payer la rançon. Certaines personnes peuvent se retirer si leur gouvernement exerce des pressions sur le gouvernement du Myanmar, mais cela reste un défi. La zone où sont détenus les Marocains est sous le contrôle de groupes armés alignés sur la junte militaire et, en réalité, largement administrée par ces groupes armés”, indique-t-on de même source.

La vitesse à laquelle s’étend cette forme de criminalité nécessite une coopération et une réponse internationale commune. C’est ce que démontrent les différents rapports d’organisations internationales. Ceux-ci rejoignent les constats de Justice for Myanmar qui se bat pour mettre en exergue les différentes formes de criminalité au Myanmar, notamment celles liées à la cyber-escroquerie forcée dont sont victimes des Marocains.

Si l’on entend à peine parler de ce phénomène, il n’est pourtant pas si nouveau. Il a été exacerbé par la pandémie et les situations précaires qui en ont découlé, facilitant la tâche aux criminels pour appâter des personnes dans le besoin.

En 2023, deux ans après les premières alertes, les organisations internationales ont commencé à s’activer davantage. Le haut-commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) a élaboré un rapport sur les “opérations d’arnaques et le trafic en ligne dans la criminalité forcée en Asie du Sud-Est”.

De son côté, Interpol a tiré la sonnette d’alarme et mené, la même année, une importante opération qui a révélé une expansion rapide de cette forme de criminalité.

Premières alertes en 2021

À travers son “document d’information”, le HCDH expose “les préoccupations en matière de droits humains soulevées depuis début 2021 suite à des opérations d’escroquerie en ligne (…)”.

“Les personnes victimes de trafic en ligne sont forcées à la criminalité et confrontées à des menaces (…). Elles sont soumises à la torture et à la cruauté, aux traitements inhumains et dégradants, aux détentions arbitraires, à la violence sexuelle, au travail forcé et autres formes d’exploitation du travail ainsi qu’une série d’autres violences et abus”.

Selon ce rapport, “les opérations d’escroquerie en ligne trouvent leur origine dans l’essor des casinos et les jeux en ligne dans la région de l’Asie du Sud-Est. Les jeux de hasard, en particulier les jeux en ligne, sont officiellement interdits à des degrés divers en Chine, au Cambodge, en Thaïlande et au Laos. Différents efforts ont été déployés depuis 2016 pour fermer de telles opérations dans la région, mais dans de nombreux cas, ces tentatives de lutte les ont simplement amenés à déménager et à s’adapter (…)”.

Le HCDH précise même qu’entre 2014 et 2019, le nombre de casinos en ligne au Cambodge a augmenté de 163 %, en passant de 57 en 2014 à 150 en 2019.

“Les escroqueries visant à arnaquer les gens ont également une longue histoire dans la région; des groupes criminels organisés s’activent dans les opérations d’escroquerie depuis plus d’une décennie, avec une forte augmentation observée depuis 2016”.

Au Myanmar, la criminalité s’est aggravée depuis le coup d’État en février 2021. Et la pandémie de Covid-19 y a également contribué. Selon le rapport du HCDH, la pandémie et les mesures de réponse associées ont eu un impact considérable sur les activités illicites dans la région.

Une pandémie fructueuse

“Les mesures de santé publique ont fermé les casinos dans de nombreux pays et en réponse, les exploitants de casinos ont déplacé leurs opérations vers des territoires moins réglementés et des marchés de plus en plus lucratifs sur l’espace en ligne”. Les groupes criminels se sont donc adaptés à la nouvelle situation, surtout que “l’escroquerie est une industrie rentable dans le monde entier”.

Selon les chiffres indiqués dans ledit rapport, “en 2021, les revenus provenant de l’escroquerie à l’échelle mondiale représentaient 7,8 milliards de dollars de cryptomonnaies volées”.

“En Asie du Sud-Est, des rapports suggèrent que les centres d’escroquerie génèrent des revenus s’élevant à des milliards de dollars américains”, indique le HCDH qui précise, par ailleurs, que “le nombre de victimes en ligne en Asie du Sud-Est est difficile à estimer en raison de sa nature clandestine”. Cela dit, “des sources crédibles indiquent qu’au moins 120.000 personnes à travers le Myanmar sont détenues dans des situations où elles sont contraintes d’effectuer des escroqueries en ligne”. Au Cambodge, il y a, “selon des estimations crédibles”, au moins 100.000 victimes de travail forcé.

“Certaines des victimes sont bien éduquées, parfois déjà en poste ou titulaires de diplômes d’études supérieures voire post-universitaires, maîtrisant l’informatique et multilingues”, précise le rapport qui relève un changement au niveau du profil des victimes ciblées.

Illustration de l’efficacité de la coopération

En 2023, une opération d’interpol nommée “Storm Makers II” a été menée du 16 au 20 octobre. Et ce, “après cinq mois de coordination d’enquêtes” à travers “plus de 270.000 inspections et contrôles de police”, effectuées dans “450 plaques tournantes de la traite d’êtres humains et du trafic de migrants”.

Les résultats de cette opération ont permis d’apporter un nouvel éclairage sur la “mondialisation des centres de cyber-escroqueries”.

Il convient de noter qu’en juin 2023, Interpol a publié une notice orange pour annoncer une alerte mondiale contre des escroqueries reposant sur la traite d’êtres humains ; précisément sur “le système qui consiste à enlever les victimes pour les forcer à travailler dans des centres d’escroquerie en ligne”. L’organisation a averti contre ce qui passait d’une “tendance criminelle régionale” à une “menace mondiale”.

Plus tard, en menant à bien l’opération Storm Makers II, Interpol a réussi à arrêter 281 personnes pour des infractions telles que la traite d’êtres humains, la falsification de passeports, la corruption, l’escroquerie aux télécommunications et l’exploitations sexuelle ; mais aussi de secourir 149 victimes de la traite d’êtres humains et d’ouvrir plus de 306 enquêtes dont beaucoup sont toujours en cours.

En Turquie seulement, 239 passeurs ont été arrêtés lors de l’opération Storm Makers II.

Selon Rosemary Nalubega, sous-directrice des Groupes vulnérables à Interpol, “le coût humain des centres de cyber-escroqueries ne cesse d’augmenter. Seule une action concentrée au niveau mondial peut réellement faire obstacle à la mondialisation de cette tendance criminelle. Si la plupart des cas demeurent concentrés en Asie du Sud-Est, l’opération Storm Makers II apporte à nouveau des preuves que ce mode opératoire s’étend, que des victimes proviennent d’autres continents et que de nouveaux centres de cyber-escroqueries voient le jour jusqu’en Amérique latine”.

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La DGSN met en service sa nouvelle plateforme « E-Blagh » de lutte contre la cybercriminalité

Accessible depuis l’intérieur et l’extérieur du Royaume via tous les supports et applications de navigation Internet, aussi bien sur appareils fixes que mobiles, cette plateforme numérique interactive permet aux internautes et aux utilisateurs des réseaux sociaux de signaler immédiatement et en toute sécurité tout contenu numérique criminel et violent, ou qui inclut une incitation à porter atteinte à la sécurité des individus et des groupes, implique l’apologie du terrorisme ou l’incitation aux actes y afférents, ou affecte les droits et libertés des enfants mineurs et autres, indique la DGSN dans un communiqué.

La conception et le développement de cette nouvelle plateforme a pris en compte un ensemble de mesures et principes d’éthique liés aux mécanismes de réception et de traitement des signalements de citoyens concernant des contenus numériques illicites, notamment en termes de garantie d’une stricte protection des données personnelles des usagers de cette plateforme, a fait savoir la DGSN, soulignant que le mécanisme de signalement offre une multitude d’options permettant aux utilisateurs de déclarer ou non leurs données d’identité.

Concrètement, chaque citoyen ou citoyenne pourra accéder à la plateforme numérique via son site électronique et enregistrer un signalement du contenu criminel qui le menace ou menace autrui, de façon simple, sécurisée et rapide, avant que les éléments de la police technique ne mènent les expertises et les diagnostics nécessaires au sujet des suspects impliqués dans les crimes éventuels et les soumettent à la police judiciaire compétente territorialement, en vue d’aviser le parquet et solliciter son instruction à propos des enquêtes effectuées.

Les services de la Sûreté nationale traiteront tous les signalements et alertes reçus à travers la plateforme E-Blagh avec le sérieux et la célérité nécessaires, du fait qu’il s’agit de plaintes qui requièrent des enquêtes et des investigations, précise le communiqué, notant que toutes les recherches préliminaires nécessaires seront menées sous la supervision des parquets compétents au niveau territorial.

Après avoir été séquestré au Myanmar, un rescapé marocain raconte

Le calvaire se passe au Myanmar, un pays en guerre qui partage ses frontières terrestres avec la Chine et la Thaïlande, entre autres. C’est cette dernière qui servira à la fois d’appât et de passage pour des ressortissants marocains, mais aussi d’autres étrangers rêvant d’une vie meilleure.

Ces personnes sont généralement “invitées” par des connaissances, voire des amis, qui leur proposent de faire “comme eux” et de s’installer en Thaïlande où une société leur versera un salaire important en contrepartie d’un travail légal.

Pour commencer, passage obligé par la Malaisie qui ne requiert pas de visa pour les Marocains. C’est là qu’ils obtiennent leur visa pour la Thaïlande. En tout cas, il en était ainsi au moment des faits. Car à partir du 1er juin 2024, les Marocains seront exemptés du visa pour la Thaïlande.

Ces Marocains se retrouvent finalement piégés, puisque la réalité ne correspond pas au rêve qu’on leur a vendu. Conduits contre leur gré au Myanmar, ils sont livrés à des groupes armés qui les séquestrent dans une sorte de forteresse bien gardée.

Ils sont alors forcés à commettre des arnaques. À défaut, ils sont torturés. C’est ce qu’a vécu ce Marocain de 22 ans qui, contacté par Médias24, décrit trois mois de séquestration vécus comme “90 ans de détention”.

Une offre de travail sur mesure

Tout commence en décembre 2023. Celui que nous appellerons “Hassan”, pour préserver son anonymat, réside à l’époque aux Émirats arabes unis. Il décide de se rendre en Thaïlande pour une nouvelle aventure professionnelle, après qu’un ami marocain rencontré aux Émirats lui a parlé de son expérience réussie dans cette contrée aux paysages époustouflants.

Cet “ami” indique travailler en Thaïlande pour une société chinoise opérant dans la cryptomonnaie. Il lui fait savoir que cette société recherche un graphic designer qui maîtrise l’anglais, en contrepartie d’un salaire alléchant.

Ça tombe bien, c’est son domaine d’activité. Et la langue ? Pas de problème ! Plus aucun obstacle pour entamer cette nouvelle aventure. Mais avant d’arriver en Thaïlande, il fait un arrêt en Malaisie. C’est au niveau de l’ambassade de Thaïlande qu’il dépose sa demande de visa. Aussitôt reçu, il décolle vers sa nouvelle vie.

Mais dès son arrivée, il remarque des comportements douteux. D’abord, il se fait escorter à l’aéroport. En fait, on ne le laisse pas se déplacer seul. Peut-être en raison du prestige de la société ? Après tout, c’est ce qui lui a été vendu par son “ami”. Donc rien d’alarmant jusque-là.

À sa sortie de l’aéroport, un chauffeur le récupère et roule en direction de la ville de Mae Sot. Ils s’y arrêtent et Hassan pense être enfin arrivé à destination. Erreur ! Il doit remonter en voiture, où il s’endort. Pensant se rendre au siège de son employeur, il réalise trop tard que la voiture a roulé vers le Myanmar, où il est livré à un groupe armé.

Pris au piège

“Je me retrouve dans une situation non enviable. Je n’avais pas le choix. J’étais seul face à une mafia. Il n’y avait rien à faire”, confie-t-il.

Selon Hassan, le groupe armé lui confisque son téléphone. Il leur en remet un et cache le second. Ensuite, il est forcé à traverser une rivière et est livré à un autre groupe armé. Celui-ci l’embarque dans une voiture, escortée par un autre véhicule dans lequel se trouvent plusieurs hommes armés. Selon lui, il s’agit de soldats.

“On arrive dans une sorte de petit village, protégé par un mur très haut. À l’intérieur, se trouvent des entreprises et des résidences”. C’est là qu’il est enfermé.

“Il était interdit d’en sortir. De toutes les façons, il était impossible d’y accéder. Tout était sécurisé par des soldats armés. Il n’y avait pas comment faire. Même si l’on arrivait à sortir, à l’extérieur c’était la guerre. L’on pouvait facilement se faire tirer dessus”, poursuit Hassan.

Arnaqueur forcé

Commence alors le “travail”. Un ordinateur lui est fourni avec un dossier présentant plusieurs personnalités fictives, en plus d’un script pour le guider au fil des jours. Le guider à jouer la comédie, faire semblant d’être une de ces personnalités fictives sur les réseaux sociaux, en montrant qu’il mène une vie de rêve dans le but d’attirer les futures victimes. Il s’agit des abonnés de ces comptes sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok.

“On se rend vite compte qu’il s’agit d’escroquerie. Le principe est d’échanger avec les followers de ces comptes fictifs pour les convaincre – de manière indirecte – d’investir leur argent via un site web ou une application. On les persuade que c’est grâce à ces plateformes que l’on a réussi à faire fortune. Or, en réalité, ces sites et applications appartiennent à la société qui nous fait travailler. Elle peut faire croire aux victimes qu’ils gagnent de l’argent, avant de les arnaquer et de prendre tout leur argent”. Selon Hassan, des sommes astronomiques sont soutirées via cette méthode.

“La victime pense échanger avec une personne réelle, alors qu’en réalité elle parle à une grande ‘société’ organisée”, explique Hassan qui dit être forcé à atteindre des objectifs financiers chaque deux jours, chaque semaine et chaque mois.

“Si l’on n’atteint pas ces objectifs, on se fait torturer. Finalement, on se rend compte que l’on se fait torturer et battre quotidiennement”. À moins d’adhérer à cette bande criminelle… Mais ce n’était pas le cas de Hassan qui indique avoir subi plusieurs sévices, notamment des coups et des électrocutions.

“J’ai vu deux Marocains prendre goût à tout cela. En fait, ça leur rapportait de l’argent”, explique notre interlocuteur.

Bien mal acquis

Il était possible de gagner de l’argent en piégeant d’autres personnes. Certains n’avaient pas de conscience et attiraient leurs proches pour les piéger à leur tour. Il était possible d’être libéré après en avoir ramené un certain nombre (5 ou 6). Ou bien, il était possible de recevoir de l’argent en contrepartie. Entre 10.000 et 30.000 DH.

“Un Marocain a ramené 25 personnes à lui seul. Il a, au minimum, gagné 250.000 DH en contrepartie. Cet argent facile en a attiré certains qui ont rejoint la bande criminelle qui les récompensait. Ceux qui n’y adhèrent pas finissent par souffrir”.

Hassan, lui, a refusé de faire subir à quelqu’un d’autre ce qu’il était en train de vivre. Il a tenté, durant ces trois mois, de communiquer en cachette avec les autorités marocaines, les associations locales, etc.

C’est ce qui animait le peu d’heures de répit dont il bénéficiait après 17 à 18 heures de travail forcé quotidien. De toutes les façons, les conditions n’étaient pas propices au repos. Ils étaient plusieurs à vivre dans une seule chambre, une vingtaine pour une douche qui manquait d’eau… Les conditions d’hygiène étaient désastreuses.

Les soins médicaux aussi. “En cas de maladie, ils laissaient mourir les gens qui ne rapportaient pas d’argent. Ceux qui étaient productifs pour eux étaient soignés par un médecin militaire”, raconte Hassan.

Libre mais détruit

Ses différentes tentatives de communication avec l’extérieur ont fini par porter leurs fruits. En fait, ses bourreaux ont découvert qu’un Marocain essayait de prévenir du monde. Ils l’ont torturé avant de lui demander de payer, via sa famille, une rançon de 6.000 dollars en contrepartie de sa libération.

Après trois mois de souffrance, Hassan est libéré et reconduit à Mae Sot. C’est là qu’une association thaïlandaise, qui œuvre en faveur des victimes de la guerre du Myanmar, lui vient en aide.

À son retour au Maroc, Hassan se sent “détruit psychologiquement”. Il a du mal à créer des liens avec les gens. “Je suis devenu solitaire et renfermé sur moi-même. La majorité du temps, je préfère être seul car j’ai peur de tout le monde, et j’ai l’impression que n’importe qui peut me vouloir du mal”.

Hassan a collaboré avec les autorités en étant séquestré, mais aussi à son retour sur le territoire national. Il nous indique avoir déposé plainte et apporté plus de précisions sur ce qui se passe là-bas.

Selon lui, 20 Marocains au moins se trouvaient exactement au même endroit que lui. Mais le complexe résidentiel compte 32 résidences. Il lui est donc impossible de quantifier exactement les ressortissants marocains sur place. “Rien qu’à Burma, il y avait 220.000 étrangers séquestrés, dont la majorité sont des Sri Lankais et Éthiopiens”.

Aujourd’hui, les familles des Marocains séquestrés au Myanmar continuent d’appeler les autorités à l’aide. Ces dernières ont annoncé l’ouverture d’une enquête le 15 mai dernier. Pour l’instant, aucune communication n’a suivi.

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La DGSN enquête sur la récente vague d’arnaque sur WhatsApp

Depuis la mi-août, une arnaque se répand au Maroc par le biais de WhatsApp. Des citoyens lambda  reçoivent des messages d’anonymes leur promettant des rémunérations alléchantes en échange d’un travail partiel de publication de commentaires sur les réseaux sociaux. Une première étape pour appâter les victimes avant de les embarquer dans un engrenage et leur extorquer des montants d’argent qui peuvent être conséquent. Médias24 a consacré deux articles ( ici et ici ) à ce sujet, surtout que plusieurs victimes ont déposé des plaintes.

Dans le cadre du suivi de cette affaire d’escroquerie, nous avons approché la Direction générale de la Sûreté nationale qui nous révèle que l’affaire fait l’objet d’une « enquête en cours ».

« Elle en est précisément à une étape intermédiaire », nous apprend notre interlocuteur au sein de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN). Les détails de son avancement ne peuvent donc pas être révélés pour ne pas perturber l’investigation.

Cela dit, notre source concède à nous confier que « des auditions sont actuellement en cours, notamment avec des individus impliqués dans l’affaire« .

Les premiers éléments des investigations ont fait ressortir que ces individus « se sont avérés de bonne foi », nous précise-t-on à la DGSN.

Ce détail rejoint l’hypothèse d’un expert en cybersécurité contacté auparavant par Médias24. Ce dernier nous avait expliqué que les personnes qui reçoivent les virements des victimes sont elles-mêmes victimes d’un réseau d’arnaqueurs et jouent le rôle d’intermédiaires en totale ignorance d’être des maillon d’une grosse escroquerie.

WhatsApp, un espace très accessible

A notre question de savoir ce qui distingue l’arnaque via WhatsApp et contribue à son succès, la DGSN rappelle certaines caractéristiques de cette application qui permettent aux arnaqueurs de ratisser large et de cibler un maximum de victimes : « WhatsApp est une application de messagerie instantanée très accessible contrairement aux autres réseaux sociaux qui nécessitent plus d’efforts d’apprentissage. C’est aussi un espace d’échange professionnel et personnel, ses utilisateurs sont donc souvent en ligne ».

Par ailleurs, notre interlocuteur nous fait remarquer que récemment, « de plus en plus de transactions passent par WhatsApp« . A titre d’exemple, lorsque l’on désire acheter un produit en ligne, l’échange va démarrer sur une plateforme de vente (Facebook, Avito, etc.) mais se poursuivra systématiquement sur WhatsApp pour conclure.

Les arnaques sur WhatsApp sont légion mais les plaintes concernant celles qui suivent le mode opératoire décrit dans nos précédents articles « ne constituent qu’une infime partie de la totalité des plaintes d’escroquerie via cette application de messagerie instantanée ».

Les modes opératoires sont aussi nombreux que les victimes d’arnaques. Pourtant, la DGSN comptabilise en moyenne pas plus de 300 arnaques sur WhatsApp par an, tous modes opératoires confondus. Il s’agit du chiffre noir de la délinquance : les statistiques officielles ne représentent pas la réalité des faits car plusieurs personnes s’abstiennent de déposer une plainte lorsqu’elles sont victimes d’arnaques, influencées par le jugement social.

 Le suivi des escroqueries en ligne, un travail routinier

Plus globalement, « le suivi des affaires d’escroquerie en ligne est un travail routinier au sein de la police judiciaire », souligne notre interlocuteur.

Suite au dépôt des plaintes, une enquête technique et financière est lancée par la Direction de la police judiciaire et le dossier passe entre les mains de trois services : le service de lutte contre la criminalité liée aux les nouvelles technologies (SLCNT), le service de lutte contre la cybercriminalité et le service de lutte contre la criminalité économique.

Ensuite, il est question de retracer le cheminement de l’argent frauduleux à travers la réquisition des opérateurs (téléphoniques, bancaires, etc.). Et la procédure suit son cours.

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Menaces mobiles: le Maroc au 4e rang mondial des pays les plus affectés en 2020

L’ensemble des appareils mobiles sont vulnérables aux différentes menaces, qui ne cessent de croître. Ces dernières ont représenté en 2020 un risque majeur pour les utilisateurs. C’est la conclusion du rapport annuel de Kaspersky sur l’état des menaces mobiles dans le monde.

En 2020, dans le monde, la technologie mobile de Kaspersky ont détecté plus de 5,68 millions de programmes d’installation malveillants, plus de 156.000 nouveaux chevaux de Troie bancaires mobiles et plus de 20.000 nouveaux chevaux de Troie rançongiciels mobiles.

Avec 31,29% d’utilisateurs concernés, l’Algérie est à la seconde place mondiale des pays les plus affectés par des menaces mobiles, et le Maroc au quatrième rang (22,67%).

L’Iran est en tête du classement (67,78%), le Bangladesh troisième (26,18%) et le Nigéria cinquième (22%).

En revanche, ce qui concerne les chevaux de Troie bancaires, logiciels malveillants qui ont pour but de voler l’argent des utilisateurs depuis leurs comptes bancaires mobiles, le classement est bien différent, tout comme les parts d’utilisateurs concernés. Le Japon est à la première place (2,83 %), suivi par le Taiwan (0,87%), l’Espagne (0,77%), l’Italie (0,71%) et la Turquie (0,60 %).

Enfin, en ce qui concerne les rançongiciels mobiles, logiciels malveillants qui prennent en otage des données personnelles, les Etats-Unis arrivent à la première place avec 2,25% d’utilisateurs concernés, suivis du Kazakhstan (0,77%) et de l’Iran (0,35%).

Par ailleurs, la pandémie du Covid-19 a ainsi été le thème le plus exploité par les attaquants en 2020, à travers le monde. « Il est intéressant de constater que les attaques ont été en baisse pendant la première partie de l’année 2020, les attaquants eux-mêmes ayant été préoccupés par d’autres sujets, mais elles ont connu un vrai pic sur la deuxième moitié de l’année, alors que la pandémie connaissait une sorte d’accalmie et variait en fonction des pays », précise Kaspersky dans son rapport. 

Covid-19: les pirates informatiques à l’assaut des vaccins

Dans un rapport publié jeudi 3 décembre, le groupe informatique IBM a révélé qu’une série de cyberattaques avait ciblé la distribution des vaccins, qui doivent être stockés et transportés à de très basses températures.

« Notre équipe a récemment découvert une campagne mondiale de hameçonnage (« phishing ») visant des organisations associées à la chaîne du froid liée au Covid-19″, ont écrit dans un article de blog Claire Zaboeva et Melissa Frydrych, analystes pour IBM X-Force, un groupe de travail consacré à la cybersécurité.

Le vaccin développé par Pfizer et la société allemande BioNTech, qui a reçu mercredi le feu vert de commercialisation au Royaume-Uni, ne doit pas être exposé à des températures supérieures à -70°C pour garantir son efficacité.

D’après IBM, la direction générale de la fiscalité et des douanes, un service de la Commission européenne, a été l’une des cibles de ces attaques, ainsi que des entreprises européennes et asiatiques impliquées dans la chaîne logistique, dont les noms n’ont pas été dévoilés.

Pour piéger leurs victimes, les pirates auraient notamment employé la méthode du harponnage, ou « spear phishing », qui consiste à se faire passer pour un acteur légitime afin de récupérer des données confidentielles et sensibles auprès de particuliers ou d’organisations.

Ces derniers sont incités dans des courriels à fournir des mots de passe ou des identifiants, ensuite exploités par des logiciels malveillants.

Des cybercriminels ont aussi essayé de s’en prendre directement à plusieurs laboratoires pharmaceutiques développant des vaccins, les Américains Johnson & Johnson et Novavax, le Britannique AstraZeneca et des laboratoires sud-coréens, selon le Wall Street Journal.

Des laboratoires espagnols auraient également été attaqués par des cybercriminels chinois, a rapporté en septembre le journal El Pais.

Le mois dernier, le géant du stockage frigorifique Americold a, lui, signalé au gendarme boursier américain un piratage de ses systèmes informatiques sans préciser si l’attaque était liée au rôle du groupe dans l’entreposage des vaccins.

Motivations 

Dans son rapport, IBM précise ne pas être en mesure de dire qui est à l’origine des piratages, mais assure que leur nature et leur sophistication font penser aux méthodes d’un acteur étatique.

Pour Mark Kedgley de New Net Technologies, un fournisseur de logiciels de cybersécurité, « la propriété intellectuelle liée aux produits pharmaceutiques grand public a une valeur immense et est un prix de choix pour les cybercriminels. »

« Dans le cas des vaccins contre le Covid-19, cela relève du piratage au niveau de l’Etat-nation », estime-t-il.

Les pays dont les noms reviennent fréquemment chez les experts sont la Russie, la Chine et la Corée du Nord, même si aucune preuve formelle de leur implication n’a été établie.

L’éditeur russe d’anti-virus informatiques Kaspersky rappelle à cet égard que les techniques d’usurpation d’identité, par exemple, « ou les adresses électroniques hébergées dans un domaine peuvent être utilisés pour tenter de détourner les soupçons portant sur l’identité, et notamment la nationalité des attaquants. »

Des motivations financières ne sont pas non plus à exclure étant donné l’aspect lucratif de la commercialisation des vaccins.

« Cette série d’attaques n’est pas du tout surprenante », assure Brett Callow d’Emsisoft, une société spécialisée dans la cybersécurité. « Les acteurs étatiques et non-étatiques tentent d’utiliser n’importe quelle situation pour obtenir un avantage, qu’il soit politique ou financier. Cela aurait été inconcevable que les efforts liés au Covid ne soient pas visés. »

 Vigilance 

Les autorités américaines prennent en tout cas la menace très au sérieux comme en témoigne la réaction au rapport d’IBM de l’agence fédérale en charge de la cybersécurité, CISA.

« CISA encourage toutes les organisations impliquées dans le stockage et le transport des vaccins à renforcer leurs protections, notamment pour les opérations de conservation à froid, et à rester vigilantes face à toute activité dans ce secteur », a affirmé dans un communiqué transmis à l’AFP Josh Corman, chercheur pour cette agence sous la tutelle du département de la Sécurité intérieure.

Les laboratoires affirment eux aussi rester sur leurs gardes.

« La plupart de grands groupes pharmaceutiques ont les ressources en matière de cybersécurité pour détecter des codes malveillants et s’en protéger » a assuré Marene Allison, responsable de la sécurité chez Johnson & Johnson, lors d’une visioconférence organisée jeudi par l’Aspen Institute.

« Malheureusement, ce n’est pas le cas de tout le monde dans l’industrie de la santé », a-t-elle complété.

(AFP)

Fake news : Enfin une loi marocaine pour encadrer l’usage des réseaux sociaux

Il était temps. Face à la propagation des fake news et des rumeurs de manière virale sur internet, notamment en ces temps de crise liée au coronavirus, le gouvernement a ajouté le projet de loi n°22.20 à son ordre du jour.

Il a ainsi adopté, ce jeudi 19 mars, le projet de loi n°22.20 relatif à l’utilisation des réseaux sociaux et similaires.

Présenté par le ministre de la Justice, ce projet de loi s’inscrit dans le cadre des mesures juridiques et institutionnelles de lutte contre les nouveaux modèles de cybercriminalité.

Il vient combler le vide juridique en matière de dissuasion de tous les actes commis par le biais des réseaux sociaux et similaires, tels que la diffusion de fausses informations et certains actes criminels portant atteinte aux personnes et à l’ordre public.

Restrictions et sanctions

Parmi les nouveautés de la nouvelle loi:

– garantir la liberté de communication numérique sur les réseaux sociaux, les réseaux de diffusion ouverts et d’autres réseaux similaires, à condition que les intérêts légalement protégés ne soient pas compromis,

– cerner les diverses formes de crimes commis par le biais de ces réseaux, en particulier ceux qui affectent la sécurité et l’ordre public, à travers la publication de fausses informations ou portant atteinte aux personnes, ainsi que certains crimes visant les mineurs,

– imposer des obligations aux fournisseurs de services de médias sociaux et mettre en place une procédure efficace et transparente pour lutter contre les contenus électroniques illicites,

– adopter des sanctions à l’encontre des prestataires de services de réseaux sociaux qui violent leurs obligations.

Coronavirus: attention aux applications et sites web malveillants!

L’Administration de la défense nationale cite, dans un communiqué, l’exemple de l’application du suivi du coronavirus « Covidlock » qui n’est en réalité qu’un ransomware, disponible sur le site « coronavirusapp ».

Ce ransomware chiffre les appareils des victimes, puis demande qu’une rançon de 100 dollars soit payée (en Bitcoin) dans un délai de 48 heures pour récupérer l’accès à l’appareil infecté.

Les auteurs de ce ransomware avertissent les victimes que les contacts, photos et autres contenus seront supprimés et les comptes de médias sociaux seront divulgués, explique le communiqué.

Un autre exemple d’attaques vise spécifiquement les victimes qui s’intéressent aux présentations cartographiques de la propagation de coronavirus sur internet.

Un utilisateur peut télécharger et exécuter une application malveillante qui montre une carte de propagation de la maladie, mais en arrière-plan elle installe un malware afin de compromettre les machines des victimes et voler leurs informations confidentielles.

BlackWater est une autre variante de malwares apparus dans ce sillage, poursuit le communiqué, notant que l’attaque est initiée par des e-mails de phishing contenant des pièces jointes malveillantes qui prétendent être des informations sur le coronavirus pour attirer les victimes. Une fois ces pièces ouvertes, le malware est installé sur l’ordinateur de la victime.

Pour contrer ce type d’attaques, il est conseillé aux utilisateurs de s’assurer que la source des applications de confiance et que les ressources utilisées proviennent d’établissements de santé gouvernementaux ou de médias officiels, insiste le communiqué.

Réseau de cyber-détournements démantelé: quatre nouvelles arrestations

Malgré la publication, mardi 16 avril, d’un communiqué du BCIJ faisant état du démantèlement d’une cellule responsable de cyber-détournements d’importantes sommes d’argent à partir de comptes bancaires domiciliés dans des banques internationales, l’affaire est loin d’être finie.

Après avoir recueilli les déclarations de certains suspects appartenant au groupe de 16 personnes interpellées, les limiers du département de lutte contre le crime organisé multiplient les arrestations.

«L’opération de détournement a été menée par des hackers marocains qui ont utilisé des logiciels malveillants (malware) pour prendre le contrôle et vider des comptes bancaires dont ils ont pu avoir les coordonnées grâce à des complices qui travaillaient dans des centres d’appels.

« En 24 heures, nous avons interpellé 4 personnes supplémentaires sur le territoire national et ce n’est qu’un début.

« Toutes les personnes arrêtées jusqu’ici sont de nationalité marocaine, y compris leur chef qui a été interpellé en Espagne par nos confrères de la Guardia Civil. On peut donc dire que ce réseau transnational est exclusivement marocain », révèle notre source qui préfère rester anonyme.

Interrogé sur le montant total du préjudice bancaire et des fonds détournés, notre interlocuteur déclare qu’il ne sera connu qu’à l’issue de toutes les interpellations et de la fin de l’enquête policière.

« Lors des perquisitions, nous avons trouvé de grosses sommes en cash (moins d’un million de dirhams) mais le vrai butin est certainement en Espagne ou ailleurs au Maroc.

« Sachant que nous avons démarré l’enquête depuis peu et que la garde à vue de 48 heures des suspects doit encore être renouvelée une fois, nous n’avons pas fini de collecter tous les éléments pour interpeller le reste de la bande qui doit sûrement être plus nombreuse que 20 personnes.

« Nous avons la conviction que les victimes sont toutes étrangères et se trouvent uniquement en Espagne mais il nous reste encore à trouver les autres complices en fuite au Maroc ou en Espagne.

« Quand nous aurons la liste exacte des victimes par nos confrères espagnols, nous avancerons plus vite pour boucler l’enquête commune et récupérer les fonds détournés », conclut notre enquêteur.

En attendant de connaître le fin mot de cette histoire qui mêle hackers nationaux (Casablanca, Meknès, Khénifra, Oujda, Marrakech et El Hajeb) et immigrés en Espagne, cette affaire constitue la première enquête commune entre les services marocains et espagnols de lutte contre la cybercriminalité transfrontalière.