Une délégation kenyane en visite dans les provinces du Sud
S’inscrivant dans le cadre du renforcement de la coopération Sud-Sud et de la consolidation des relations entre le Maroc et les pays africains, cet accord a été paraphé par le président du Conseil de la région Laâyoune-Sakia El Hamra, Sidi Hamdi Ould Errachid et le gouverneur de Comté de Mandera, Mohamed Adan Khalifa, en présence des membres des deux conseils.
Cet accord porte notamment sur les moyens à même de renforcer la coopération dans les domaines de la gestion de l’eau, des énergies renouvelables, du tourisme, de l’agriculture et de la pêche maritime.
Par le biais de cet accord, le gouvernement régional de Comté de Mandera souhaite également bénéficier de l’expérience de Laâyoune-Sakia El Hamra en matière de développement économique et de grands projets réalisés dans la région.
En vertu de cet accord, les deux parties s’engagent à fournir un soutien institutionnel et administratif pour mettre en œuvre ses dispositions, échanger des visites et fournir tous documents, informations et données nécessaires pour assurer la réussite de ce partenariat.
Cet accord porte aussi sur les différentes activités économiques, notamment les secteurs liés à la gestion de l’eau et aux énergies renouvelables.
D’autres domaines prioritaires pourraient être identifiés, concernant notamment l’exploration des eaux souterraines et le forage de puits, la construction de barrages et de lacs collinaires et les projets relatifs au traitement des eaux usées.
Il s’agit également d’améliorer le raccordement des quartiers aux réseaux d’eau potable, d’intégrer les énergies propres et renouvelables dans le secteur agricole, d’échanger des expertises dans le domaine des énergies solaire et éolienne, et d’organiser des visites mutuelles d’élus et d’acteurs économiques dans les domaines précités.
En marge de la signature de cet accord-cadre de partenariat, les membres de la délégation kenyane ont suivi un exposé axé sur la remarquable dynamique de développement que connaît la région dans les différents domaines, ainsi que sur les grands projets d’infrastructures.
De même, ils ont suivi une présentation sur le programme de développement régional (2022-2027) couvrant les différents projets de développement inscrits dans le cadre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud.
Au cours de leur séjour, les membres de la délégation kenyane vont effectuer une série de visite à plusieurs projets de développement à Laâyoune, notamment la Cité des métiers et des compétences, la station de dessalement, le port phosphatier, le complexe d’énergie solaire « Noor Laâyoune » et le village des sports.
(Avec MAP)
M24 Tour des Régions. Focus sur l’élan touristique à Dakhla-Oued Eddahab
Dakhla et tourisme sont indissociables. Le joyau du Sud marocain, qui a abrité du 18 au 20 novembre la 3e édition des Journées de la promotion et de l’investissement à Dakhla, affiche une fréquentation touristique en pleine croissance.
Dans le cadre de notre Tour des régions, étape que nous avons fait coïncider avec cette 3e édition, nous nous sommes focalisés sur cet élan touristique que connaît aujourd’hui Dakhla-Oued Eddahab.
« Dakhla regorge d’atouts, notamment un littoral qui s’étend sur 700 km et des plages variées. Elle est également prisée pour sa dune blanche, l’île du dragon et la source chaude. La région est en outre un haut lieu de l’art rupestre, bien qu’encore sous-exploité. Il existe plusieurs programmes pour exploiter ce potentiel. Le ministère de la Culture a procédé au repérage des sites qui regroupent ces gravures. Il manque encore la réalisation d’études et un marketing autour de cet art pour booster davantage le tourisme d’exploration », explique à Médias24 Dahi Ahl El Khattat, secrétaire général du CRT de Dakhla.
La région veut développer d’autres types de tourisme
Si la région est aujourd’hui principalement prisée pour les activités nautiques, des projets sont en cours pour proposer de nouvelles formules touristiques à la carte.
« Plusieurs projets sont prévus à l’avenir. Nous pouvons citer le projet du Centre d’interprétation de la vie nomade, initié dans le cadre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud. Ce projet constituera un musée et un nouveau lieu d’attraction », souligne Dahi Ahl El Khattat.
« Le tourisme sportif prédomine dans la région. Et c’est grâce à cela que Dakhla-Oued Eddahab s’est fait connaître comme destination touristique. Cela n’empêche pas le développement d’autres types de tourisme, comme l’écotourisme ou le tourisme d’exploration ».
La connectivité aérienne, principal défi du tourisme dans la région
Le secteur hôtelier est l’un des premiers bénéficiaires de cet élan. « Il y a énormément de potentiel dans la région de Dakhla. Outre les Marocains, les investisseurs étrangers pensent également qu’il y a énormément de potentiel, ce qui se traduit par un nombre très important de chantiers hôteliers. Il y a de l’espoir pour la région », se félicite au micro de Médias24, Mehdi Bennani, directeur général de l’hôtel Bavaro à Dakhla, complexe touristique de luxe niché dans la perle du Sud.
« La région de Dakhla-Oued Eddahab offre l’opportunité aux jeunes d’exploiter leur potentiel. J’ai personnellement pris le risque de venir à Dakhla, et je ne le regrette pas. Plusieurs projets se sont concrétisés depuis l’année dernière. La région a connu des changements importants au cours des cinq dernières années », poursuit Mehdi Bennani.
Les touristes marocains sont nombreux à choisir Dakhla comme destination de voyage, malgré la prévalence des arrivées de touristes internationaux.
« Chez nous, nous remarquons l’inverse. Autrement dit, nous recevons plus de résidents marocains ou de Marocains résidant à l’étranger que d’étrangers. Nous sommes positionnés sur le segment luxe. Nous constatons ainsi que le touriste marocain cherche lui aussi le luxe. Nous nous attendons à ce que la région offre un certain marketing territorial pour élargir, dans l’avenir, la promotion de la région à l’échelle internationale », indique notre interlocuteur.
La connectivité aérienne demeure le principal défi du tourisme dans la région, selon Mehdi Bennani. « Les nouvelles lignes aériennes annoncées par Ryanair pour relier Dakhla à l’Espagne sont une bonne nouvelle, mais il manque encore des lignes aériennes vers Dakhla. Ryanair nous montre aujourd’hui que c’est possible. Maintenant, nous nous attendons à plus ».
5 centres de santé mis en service dans la région de Dakhla-Oued Eddahab
Il s’agit de deux centres de santé urbains de deuxième niveau « Salam » et « Biranzarane », deux centres de santé urbains de premier niveau « Massira » et « Moulay Rachid », ainsi qu’un centre de santé rural de premier niveau « Argoub ».
Le lancement des services de ces établissements de santé s’inscrit dans le cadre du renforcement des infrastructures sanitaires dans les provinces du sud du Royaume, conformément aux instructions du Roi Mohammed VI, relatives au lancement d’une réforme profonde et radicale du système national de santé, afin d’accompagner la mise en œuvre du chantier de la généralisation de la protection sociale et de la couverture sanitaire universelle, indique un communiqué du ministère de la Santé et de la protection sociale.
Ces centres de santé visent à renforcer l’offre de soins au sein des provinces de la région Dakhla Oued Eddahab, à rapprocher les services de santé des citoyens pour répondre à la demande croissante de services de soins de santé, et à améliorer l’accès et la qualité au services de santé, souligne la même source.
Ils visent également l’amélioration des conditions d’accueil et d’orientation, à travers la réhabilitation d’une nouvelle génération d’établissements de soins de santé primaires, première étape du parcours de soin et principal pilier de la mise en œuvre de la politique de proximité adoptée par le ministère, ajoute le communiqué.
Ces infrastructures offriront une gamme diversifiée de services au profit d’une population estimée à près de 59.000 habitants. Ces services incluent notamment des consultations médicales générales, des soins infirmiers, le suivi des maladies chroniques telles que le diabète et l’hypertension artérielle, la santé de la mère et de l’enfant, l’odontologie, la santé scolaire, les services de sensibilisation et de l’éducation à la santé, ainsi que la vigilance épidémiologique et la santé mobile.
Yanja Al Khattat : « Il y a une ferme volonté royale de faire de la région de Dakhla un vrai pôle économique »
L’ambition de la région de Dakhla est de devenir un hub économique continental, comme l’explique le président de la région au micro de Médias24 dans le cadre du Médias24 tour.
Yanja El Khattat (Istiqlal), interviewé en marge des « journées de la promotion et de l’investissement de Dakhla », nous détaille toute l’effervescence que connaît la ville. Entretien.
– Médias24. La dynamique de développement de la région de Dakhla-Oued Eddahab est évidente. Que pouvez-vous nous dire de cette mutation que vit la ville ?
Yanja El Khattat. La région de Dakhla-Oued Eddahab regorge de beaucoup de ressources naturelles, mais cela ne suffit pas. Il y a une volonté royale ferme de faire de la région de Dakhla un vrai pôle économique. Cela s’est traduit sur le terrain par une vision royale claire et clairvoyante qui a donné naissance à un nouveau modèle de développement des régions du sud.
Cette vision royale tourne autour de la création d’un pôle économique au niveau de la région qui va servir non seulement comme levier économique national, mais qui va aussi servir pour une coopération sud-sud, entre les pays du Sahel, l’Afrique subsaharienne et le Maroc
– C’est l’Initiative Atlantique …
– Je vais citer ici quelques projets clés. D’abord le méga-projet du port Atlantique qui va révolutionner toute la région et qui va ouvrir beaucoup d’opportunités d’investissement. Ce port est tourné vers l’Afrique subsaharienne et les Amériques. Ce sera une plateforme commerciale et logistique importante.
Comme vous le savez, le marché africain est l’un des marchés les plus importants dans l’avenir. En 2050, nous aurons un tiers des consommateurs mondiaux au niveau de l’Afrique. Le Maroc se prépare déjà, se positionne à travers ses potentialités et Dakhla est le fer de lance de cette stratégie économique.
Je pense que des méga-projets comme le branchement de Dakhla au réseau national électrique, qui est un projet réalisé à 100%, le port de pêche de Lamhiriz , qui a été réalisé à 100%, la route nationale, qui est très importante aussi, qui a été réalisée à 100%,…
Donc tout cela nous permet de traduire sur le terrain la vision royale, permettant d’ouvrir la façade atlantique aux pays du Sahel, ouvrir aussi la côte marocaine pour qu’elle serve pour lier le gazoduc qui part du Nigeria et qui va relier 13 pays africains au réseau européen.
Cela, à mon avis, va positionner la région de Dakhla comme un véritable hub économique sur tous les plans, notamment avec tous les secteurs leviers de l’économie régionale, comme l’agriculture avec les 5.000 hectares irrigués…
Des négociations pour connecter Dakhla à Londres sont en cours
– Le projet des 5.000 hectares irrigués est en cours… où est-ce qu’il en est ?
– C’est en cours en effet. La station de dessalement sera finalisée avant juin de l’année prochaine. Cette station va être alimentée par des éoliennes. C’est vraiment un joyau. Elle est d’abord conforme aux normes requises en matière d’environnement. Ce projet va aussi renforcer et positionner la région de Dakhla comme une région agricole de grande valeur car tous les produits agricoles que nous exportons sont des produits de haute valeur marchande qui sont vendus sur les marchés les plus prestigieux, américains, européens et autres. C’est le cas notamment de la tomate cerise, le melon, les myrtilles et autres fruits rouges.
– En matière de tourisme, en arrivant à Dakhla on est frappé par les chantiers des hôtels qui sont en cours…
– Exactement. Et pour développer le tourisme, il a fallu développer la connectivité aérienne. On a travaillé sur cela et on continue de travailler. Il y a quelques jours, nous avions reçu l’une des plus grandes compagnies mondiales, Ryanair, qui va desservir des destinations importantes comme Madrid et Lanzarote. Et on verra avec d’autres destinations comme Londres et autres.
– En cours de négociation ?
– Bien sûr. Et là, je salue le ministère du Tourisme qui travaille en collaboration avec la région pour développer cette connectivité aérienne qui est indispensable au développement du secteur touristique. Mais il n’empêche, Dakhla est aujourd’hui la première destination au Maroc pour les sports nautiques, notamment le kitesurf. Et comme vous l’avez bien dit, vous pouvez l’observer, il y a plusieurs chantiers, des hôtels, des auberges et autres, pour renforcer ce tissu économique touristique et qui vont créer beaucoup d’opportunités et des postes d’emploi.
Nous comptons réaliser ce programme de développement régional avant la fin de notre mandat.
– Justement, les projets structurants sont importants. Il y a un programme de développement régional qui a été validé en juillet 2023, qui porte sur 4,5 milliards de dirhams. Où en est son déploiement ?
– Nous comptons réaliser ce programme de développement régional avant la fin de notre mandat (automne 2026, ndlr). Le programme en lui-même est complémentaire du précédent programme, mais aussi du nouveau modèle de développement des régions du Sud.
J’en citerai quelques projets qui vont être très importants, qui vont booster l’investissement dans la région. Les zones logistiques de Guerguarat et de Bir Gandouz, qui sont dotées de 30 hectares chacune, et qui sont en voie de finalisation. Nous avons également la zone logistique du port West Africa Free Zone, qui est aussi une zone importante pour l’investissement.
D’autres projets sont en cours, notamment des projets de réhabilitation de l’assainissement de la ville, des grandes artères, des projets pour l’eau… Ces chantiers sont importants parce que la ville est en croissance, elle se développe très vite, et avec un nombre d’habitants qui se multiplie. Et le programme de développement régional est venu répondre à ces besoins.
– La ville est en train de croître, et donc on s’attend justement à une multiplication démographique aussi. Qu’est-ce que vous faites justement pour accompagner cette croissance démographique ?
– On a d’abord voulu faire de Dakhla un hub de formation. La région a signé des conventions avec le ministère de l’Enseignement supérieur pour avoir l’ENCG, l’EST et d’autres écoles supérieures. Et nous avons plusieurs écoles de formation professionnelle très importantes, et surtout dans les secteurs économiques clés de la région.
La formation doit être en symbiose avec les secteurs économiques existants et qui vont exister dans l’avenir. Pour répondre exactement au marché du travail. Le deuxième élément, c’est la santé. Comme vous le savez, dernièrement, la clinique Akdital a ouvert ses portes et va renforcer ce secteur vital.
Nous avons aussi une clinique qu’on a réalisée, nous, au niveau de la région, sur deux hectares avec une société espagnole qui va la gérer. Nous avons le CHU qui est en train d’ouvrir ses portes, avec une faculté de médecine et un CHU Mohammed VI.
Je pense qu’au niveau de la santé, la région Dakhla va être dotée de cliniques et de moyens très importants qui vont accompagner cette dynamique de développement.
– On parle d’investissement, de promotion, de développement économique de la région. Il y a quelques jours, il y a eu une importante délégation d’hommes d’affaires français qui a visité la région. On croit savoir qu’il y a aussi des délégations britanniques, d’autres délégations qui viennent. Est-ce qu’il y a des projets concrets qui s’annoncent ?
– D’abord, ces délégations qui nous visitent viennent voir et la première observation qu’ils font, c’est le niveau de développement qu’ont connu les régions du Sud, particulièrement la région de Dakhla.
Les membres de la délégation française, que j’ai eu l’honneur de recevoir, ont tous été ébahis du niveau de développement qu’ont connu les régions du Sud. M. l’ambassadeur a été accompagné de plusieurs investisseurs français qui sont là pour prospecter les terrains, pour développer des idées d’investissement dans les différents secteurs. Ils sont intéressés par le secteur énergétique, le secteur du tourisme, l’agriculture…
Dakhla accueille 18 consulats. Et d’autres consulats vont voir le jour prochainement.
Nous avons déjà des investisseurs français au niveau de la région, mais il faudra que cela se multiplie avec la nouvelle position française, que je salue, de reconnaître la souveraineté marocaine.
Je dirais qu’il y a une dynamique politique qui accompagne la dynamique économique. Vous savez que Dakhla accueille 18 consulats. Et d’autres consulats vont voir le jour prochainement.
Les choses bougent ici à Dakhla. C’est une région en pleine mutation. Nous pensons que l’avenir très proche sera prometteur pour cette région.
Périmètre irrigué de 5.200 ha à Dakhla : tous les détails avec Khalid Yaâlaoui, directeur régional de l’Agriculture
Dessalement, irrigation, énergie éolienne : ce sont les trois piliers d’un projet inédit de production agricole dans la région de Dakhla, réalisé en PPP, où l’Etat dépense 1,5 milliard de DH qu’il va probablement entièrement récupérer au fil des ans, et où 30.000 emplois directs et indirects sont censés être créés. Détails avec Khalid Yaâlaoui, directeur régional de l’Agriculture dans la région Dakhla-Oued Eddahab.
Médias24 :Quel est l’impact de la stratégie Génération Green au niveau de la région Dakhla-Oued Eddahab ?
Khalid Yaâlaoui : Je vais commencer par parler du Plan Maroc vert qui a précédé Génération Green.
Maroc vert a eu des impacts bénéfiques sur le plan économique et sur le plan social. Des résultats très probants ont été obtenus en termes de développement des filières de production, animale ou végétale, et en matière d’organisation de la population, notamment dans les produits de terroir.
La stratégie Génération Green vient préserver les acquis du plan Maroc vert et, en même temps, relever le défi du développement humain.
Maintenant, la priorité est donnée au facteur humain, par exemple à travers la création d’une classe moyenne agricole. Ainsi dans la région Dakhla-Oued Eddahab, des lots ont été attribués dans le cadre du projet agricole de 5.200 ha irrigués par dessalement.
– Vous venez de citer la station de dessalement. Comme disait une personnalité au Maroc, il y a quelques mois, l’agriculture nécessite d’abord de la terre et de l’eau. Ici, dans cette région, il y a la terre, mais il n’y a pas l’eau. Parlez-nous, en quelques mots, de ce projet de 5.200 hectares irrigués situés à proximité de Dakhla, dans la commune de Bir Anzarane.
– Ce projet se trouve à 130 km de Dakhla au nord, dans la commune de Bir Anzarane. C’est un projet qui s’inscrit dans le cadre du modèle de développement des provinces du Sud, lancé par Sa Majesté le Roi en 2016.
C’est un projet novateur, dans la mesure où il fait appel au partenariat public-privé, que ce soit pour la partie dessalement ou pour la partie irrigation du périmètre de plus de 5.000 ha.
Le projet coûte aux alentours de 2,5 milliards de dirhams, avec une contribution de l’Etat de l’ordre de 1,5 MMDH. Il a pour objectif de préserver la nappe existante. Les études ont montré que cette nappe ne peut pas supporter plus de 1.500 ha d’exploitation agricole irriguée. Or, il existe déjà, adossés à la nappe, 1.100 hectares d’exploitations agricoles privées. Et ce chiffre ira certainement vers 1.500 ha. L’utilisation de la nappe arrive donc à son maximum.
– On va y revenir point par point, à présent. Commençons par l’énergie qui va être utilisée pour dessaler l’eau de mer, parce que le dessalement est un processus très énergivore. L’énergie proviendra d’une station éolienne, n’est-ce pas ? Et de ce fait, on suppose que le prix de revient d’un mètre cube d’eau sera probablement inférieur à tout ce qui se fait ailleurs au Maroc en matière de dessalement.
– Logiquement, oui. Effectivement, c’est un projet de dessalement d’eau de mer qui repose sur l’énergie éolienne, qui est très disponible au niveau de la région. Donc, si on parle de composants de projet, il y a d’abord l’installation d’un parc éolien qui va produire aux alentours de 60 MW par an.
Il y a également l’installation de l’unité de dessalement qui va permettre de dessaler 37 millions de mètres cubes par an.
7 Mm3 seront dédiés au renforcement de l’offre en eau potable au niveau de la ville de Dakhla et des environs. Et 30 Mm3 seront réservés pour l’irrigation des 5.000 hectares. L’utilisation de cette énergie verte, qui est abondante au niveau de la région, va nous permettre de produire de l’énergie à moindre coût.
– La station de dessalement doit être maintenant à 60% d’avancement ou 65%…
– En fait l’unité de dessalement est à 35%. Le parc éolien à 88%. Le réseau de canalisations d’irrigation à 70%. Globalement, on tourne autour de 62%.
– Le parc éolien produit donc l’énergie. Celle-ci est transmise à l’unité de dessalement. Elle est utilisée par cette unité pour dessaler l’eau. Ensuite, il y a 130 km de canalisations, de conduites d’irrigation pour transporter cette eau de l’unité de dessalement vers ce nouveau périmètre de 5.200 hectares dans la commune de Bir Anzarane. Alors, quand la station de dessalement sera-t-elle prête ?
– Le démarrage du projet a été effectué fin 2022.
La mise en eau, donc la mise en service, que ce soit de la station de dessalement ou pour le périmètre d’irrigation, est prévue durant le 2e semestre 2025. Donc, on peut espérer une mise en culture à partir de la campagne agricole prochaine.
– Une fois que la station est mise en eau, et que l’eau est transportée et livrée aux agriculteurs du périmètre de 5.200 hectares, il faut combien de temps pour avoir la première production ?
– L’essentiel des cultures qu’on va entamer au niveau de ce périmètre, c’est du maraîchage.
Donc, généralement, c’est entre trois et quatre mois par cycle de culture. On peut supposer que le prochain hiver connaîtra les premières productions.
– Ouvrons une petite parenthèse concernant le périmètre de 1.100 ha qui, lui, est irrigué par la nappe phréatique. Pouvez-vous nous en parler ?
– Actuellement, on exploite au niveau de la région à peu près 1.100 hectares de cultures sous serre, qui sont dédiées à la production des cultures maraîchères, notamment des primeurs.
Parmi les cultures, on trouve la tomate cerise qui donne des niveaux de productivité très importants, dépassant les 140 tonnes l’hectare. On trouve également le melon, qui donne un niveau de productivité consistant, qui dépasse également les 50 tonnes l’hectare.
Et il y a, en petite proportion, la culture de la myrtille avec une productivité de l’ordre de 15 tonnes l’hectare.
– La nappe phréatique se trouve là-bas à quelle profondeur ?
– C’est une nappe profonde. Il s’agit d’une nappe artésienne qui se trouve à une profondeur entre 600 et 700 mètres.
Les pouvoirs publics ont réalisé une étude pour déterminer l’utilisation rationnelle et durable des ressources de la nappe. Et cette étude a montré qu’on ne doit pas dépasser 1.500 hectares pour une utilisation rationnelle.
Nous sommes à 1.100 ha en exploitation. Il y a des demandes. Donc, si on prend en considération les demandes, on a déjà atteint les 1.500 ha.
– Donc, il faut arrêter. Cela a été fait ?
– Cela a été fait, absolument. On ne délivre plus d’autorisation.
– Revenons au périmètre irrigué par eau dessalée de 5.200 hectares, qui n’a rien à voir avec les 1.000 ou 1.500 hectares déjà exploités par ailleurs. Quelles sont les personnes, morales ou physiques, qui vont obtenir des lots dans ce périmètre ?
– En ce qui concerne les 5.200 hectares, ils ont fait l’objet d’un premier appel d’offres. Il s’agit d’un partenariat public-privé.
À l’issue de cet appel d’offres de septembre 2022, 140 lots ont été attribués. En septembre 2024, un deuxième appel d’offres a été lancé en vue d’attribuer 79 autres lots. Le projet a en effet été subdivisé en 219 lots.
Les 140 lots déjà attribués correspondent à peu près à 3.400 hectares. Pour les 79 restants, c’est l’équivalent de 1.788 hectares.
– Peut-on faire une lecture des lots attribués, par catégories de bénéficiaires et par superficies ?
– Sur les 219 lots (superficie totale), il y a 100 petits lots de 5 à 10 hectares dédiés aux jeunes de la région de Dakhla. Uniquement des jeunes et uniquement de la région de Dakhla.
Il y a également 79 lots de taille moyenne, entre 10 et 40 hectares. Il y a 34 lots de grande taille, qui vont de 40 à 100 hectares. Il y a enfin 7 très grands lots qui ont l’obligation de procéder à l’agrégation de la production qui sera obtenue dans les petites superficies.
– Quand on est attributaire d’un lot, quelle est l’étape suivante ?
– Avant de pouvoir commencer à travailler, les attributaires doivent constituer leur dossier. Ce dernier comprend des cautions, aussi bien pour le terrain que pour l’eau d’irrigation. Le terrain est en effet sous forme de location longue durée, entre 20 et 40 ans. Il reste propriété de l’Etat. Les cautions concernent donc la location et le prix de l’eau.
Pour les petits lots, la caution est de 2,5 % du coût d’investissement, et pour les grands lots, c’est 5% du coût d’investissement effectué par le bénéficiaire (*).
– L’adjudicataire paie donc une redevance de 2,5% ou 5% de son investissement, par laquelle il apporte une caution et paie l’eau d’irrigation.
– Lorsque le dossier est complété, on passe à la signature du contrat.
Les attributaires du premier appel d’offres ont commencé depuis le 15 novembre à déposer leur dossier. Donc, on va passer incessamment à la contractualisation.
Une fois qu’il a son terrain, l’adjudicataire commence les travaux, il installe ses serres, son réseau d’irrigation au goutte à goutte pour être prêt le jour J. C’est pour cela que, dès la mise en eau, il suffit de 4 mois maximum pour obtenir la première production.
– Et tout cela va créer combien d’emplois ?
– On s’attend à une création de 30.000 emplois permanents directs et indirects.
– On espère quel tonnage de production et dans quelle catégorie de produits ?
– On table sur une production de 415.000 tonnes de primeurs par an. Et une valeur ajoutée annuelle dépassant légèrement 1 MMDH.
70% à 75% de la superficie seront consacrés aux primeurs. Le reste sera réservé à d’autres cultures, comme les cultures biologiques ou fourragères.
(*) L’investissement est généralement de 600.000 à 1 million de DH par hectare.
Dakhla accueille la 1re édition du Forum international sur le Sahara marocain
Ce forum vise à amorcer un débat académique et à engager une analyse prospective sur les enjeux géo-économiques qui se dessinent dans ce nouvel espace géopolitique, dans lequel les provinces du Sud constitueront des plateformes économiques qui auront des retombées positives à l’échelle régionale et continentale.
Il a été initié par l’Institut universitaire d’études africaines, euro-méditerranéennes et ibéro-américaines, relevant de l’Université Mohammed V de Rabat et le Centre « Rayonnement » pour les études géopolitiques et stratégiques, en partenariat avec l’Ecole nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Dakhla et le Conseil de la région Dakhla-Oued Eddahab.
S’exprimant à cette occasion, le directeur par intérim de l’Institut universitaire d’études africaines, euro-méditerranéennes et ibéro-américaines relevant de l’Université Mohammed V de Rabat, Mohamed Dhafer Kettani, a indiqué que ce forum constitue une opportunité pour les participants, tant experts qu’universitaires, de débattre des moyens de soutenir et de renforcer les fondements du développement durable au Sahara marocain, par le biais de trois axes principaux.
Le premier axe aborde le rôle vital que le Sahara marocain peut jouer dans la composition de l’espace afro-atlantique et du Sahel, de par sa position stratégique, qui en fait un hub pour les projets de développement économique et d’infrastructures visant à renforcer la coopération économique et l’intégration régionale, a-t-il expliqué.
Le second axe concerne les enjeux géo-économiques des projets de développement au Sahara marocain dans le cadre de l’espace afro-atlantique, portant sur le renforcement des infrastructures, le développement des énergies renouvelables, l’agriculture intelligente et durable, la culture sous serre et le tourisme durable.
Quant au troisième axe, a poursuivi Kettani, il porte sur les enjeux géopolitiques de l’espace atlantique et du Sahel sur fond de risques sécuritaires multiformes, tels que la migration, la sécurité transfrontalière, le terrorisme et l’extrémisme violent, ainsi que les conflits internes ou régionaux, où la coopération s’avère nécessaire pour parvenir à des solutions pacifiques et promouvoir le dialogue et la compréhension entre les différentes parties prenantes.
De son côté, le président du Conseil de la région Dakhla-Oued Eddahab, El Khattat Yanja, a souligné que ce forum vise à mettre en avant la vision du Roi Mohammed VI en faveur du développement dans les provinces du Sud du Royaume en particulier, et du continent africain en général, notamment les pays d’Afrique subsaharienne et les pays du Sahel.
Au programme du forum figurent une série de thématiques axées notamment sur « Le Sahara marocain, un déterminant fondamental dans la formation de l’espace afro-atlantique et du Sahel », « Les enjeux géo-économiques des projets de développement au Sahara marocain et à l’espace atlantique et du Sahel », « Les enjeux géopolitiques de l’espace atlantique du Sahel face aux risques sécuritaires » et « Les relations du Maroc avec les pays du Sahel ».
En marge de cette rencontre, trois conventions de coopération ont été signées entre le Centre « Rayonnement » pour les études géopolitiques et stratégiques, l’ENCG de Dakhla, le Centre nigérian des études arabes et le Centre de recherche et des études régionales et internationales au Tchad.
Dakhla-Oued Eddahab lance son offre d’accompagnement des jeunes entrepreneurs agricoles
Ce dispositif d’appui consiste à déployer, à travers le Centre régional des jeunes entrepreneurs en agriculture et en agro-industrie (CRJEAA), une offre d’accompagnement, à la carte, des projets agricoles et agro-industriels dans la région. Celle-ci comprendra un appui personnalisé aux jeunes porteurs d’idées de projets ou d’entreprises et coopératives nouvellement créées, portées par les jeunes, avec un service adapté aux différents profils des jeunes locaux.
Cette assistance aura également à mettre en œuvre des services continuellement co-construits avec les jeunes qui expriment leurs besoins en entrepreneuriat, en agissant en synergie et en complémentarité avec les programmes et initiatives déjà en place au niveau de la région.
L’offre d’accompagnement renfermera également le transfert de compétence avec les ressources humaines dédiées au CRJEAA.
Pour rappel, la stratégie « Génération Green 2020-2030 » a accordé une attention particulière à l’entrepreneuriat des jeunes au niveau régional dans la perspective de faire émerger une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs agricoles.
Cette feuille de route a ainsi identifié quatre leviers pour l’opérationnalisation de cet axe. Le premier, porte sur l’accès des jeunes de la région au foncier agricole du domaine privé de l’Etat, et permettra aux jeunes intéressés de bénéficier de terrains agricoles dans le cadre d’un partenariat public-privé.
Le deuxième levier, quant à lui, concerne la mise en place de mécanismes institutionnels et des incitations financières spécifiques pour l’émergence de nouveaux jeunes agriculteurs.
Le troisième levier comprend la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes dans les services liés à l’agriculture. Sa mise en œuvre devrait permettre la création d’entreprises dans les services agricoles, para-agricoles et digitaux.
Enfin, le quatrième levier concerne une stratégie de formation professionnelle ambitieuse visant à former 4.295 jeunes (hors CMC) à l’horizon 2030.
Premiers détails sur les primes accordées par la Commission des investissements
31,5 milliards de DH d’investissements privés portés par 19 projets. La moisson de la deuxième Commission nationale des investissements (CNI), tenue ce jeudi 20 juillet sous la présidence du chef du gouvernement, est tout aussi historique que la première.
Quatre projets cumulent, à eux seuls, 29,5 MMDH d’investissement, correspondant à la création de près de « 6.000 emplois directs et stables et plus de 40.000 emplois additionnels indirects et induits ». Ils ont été approuvés dans le cadre du dispositif de soutien spécifique aux projets à caractère stratégique. Pour bien comprendre ce qui suit, nous les appellerons les projets A.
Ces quatre projets concernent les secteurs de la mobilité électrique, de l’automobile et des mines. « Leur montant d’investissement total correspond, pour donner un ordre de grandeur, près de trois fois le montant d’investissement de Renault au Maroc », nous explique une source sûre.
« Ils permettront d’ancrer l’économie marocaine dans le futur et généreront de nombreuses externalités positives pour le Royaume, en entraînant avec eux tout un écosystème et/ou en permettant une montée en gamme de l’industrie marocaine », poursuit notre source.
Six projets stratégiques en cours d’examen, au total 133 MMDH dans le pipe
Un projet stratégique passe par un circuit qu’on peut résumer comme suit :
1- Il est soumis à la CNI pour obtenir le caractère Stratégique.
2- Une fois le caractère stratégique obtenu, il est examiné par le Comité technique des projets d’investissement stratégiques (CTPIS).
3- Suite à l’examen, il revient à la CNI pour son adoption finale.
Sur la base de ce qui précède, les quatre projets A adoptés par la CNI de ce 20 juillet faisaient partie des 6 projets qui ont obtenu le caractère stratégique lors de la CNI de mai dernier. Ils ont été par la suite examinés et ont obtenu en moins de deux mois leur approbation. Il reste donc un reliquat de 2 projets stratégiques, que nous appellerons B, qui sont en cours de discussion avancée, nous confie-t-on.
À ces deux projets B, s’ajoutent quatre nouveaux projets que nous appellerons C, et qui viennent de décrocher le caractère stratégique ce 20 juillet. Ce nouveau lot de projets stratégiques C correspond à un potentiel d’investissement de 113,8 MMDH, et devrait permettre la création de 15.720 emplois directs et 99.000 emplois indirects.
En d’autres termes, et selon les calculs de Médias24, le Comité technique des projets d’investissement stratégiques (CTPIS) examine actuellement un pipe de 6 projets stratégiques (B + C) cumulant un investissement total de plus de 133 MMDH. Les emplois directs projetés, eux, se chiffrent à plus de 20.000 postes alors que les indirects sont estimés à plus de 100.000.
Le taux moyen de subvention par projet est à 19,5%
Par ailleurs lors de cette deuxième CNI, 15 projets ont été approuvés dans le cadre du dispositif principal pour 2 MMDH, correspondant à la création de 5.975 emplois directs et 4.276 indirects.
Selon nos informations, 12 projets ont pu bénéficier de primes à l’investissement dans le cadre du dispositif principal de la nouvelle Charte de l’investissement. « Trois projets avec un contenu particulièrement intéressant sont allés chercher la prime maximale de 30% », nous explique notre source. Mais globalement, le taux moyen de subvention reste à 19,5%.
En ce qui concerne les types de prime activés, sur les 12 projets primés nous savons que :
11 projets ont coché le critère d’équité genre dans la masse salariale ;
10 ont validé le critère du ratio emploi ;
5 vont bénéficier de la prime territoriale.
Ces données ne sont pas exhaustives. Mais elles démontrent, selon nos sources, « la pertinence des critères du dispositif principal de la nouvelle charte et son pouvoir d’orientation des projets vers les priorités stratégiques de l’Etat, à savoir la création d’emploi et l’équité territoriale ».
À ce titre, 4 projets sont en dehors de l’axe El Jadida-Tanger. Ils représentent plus d’un tiers (35%) du montant d’investissement total et plus de la moitié (56%) des emplois créés de tous les projets validés dans le cadre du dispositif principal.
« Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab ont été particulièrement bien représentées lors de cette CNI, avec de beaux projets créateurs d’emplois stables, notamment dans le secteur de la pêche. Parmi eux, un projet intégré dans l’aquaculture qui va créer plus de 2.000 emplois directs près de Dakhla », nous confie-t-on.
Tout savoir sur le futur périmètre agricole de Dakhla : un entretien avec Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture
Dans le cadre du Nouveau Modèle de développement des provinces du Sud, lancé par le Roi Mohammed VI, un périmètre irrigué d’une superficie de 5.200 ha entrera en production à l’horizon 2025, dans la province de Dakhla-Oued Eddahab, plus précisément dans la commune de Bir Anzarane.
Ce périmètre agricole sera exclusivement irrigué à partir de la future station de dessalement de Dakhla, dont la mise en service est prévue dans deux ans. Elle sera alimentée par un parc éolien qui produit une énergie allant de 40 à 60 mégawatts. Une station de la plus haute importance, qui a nécessité 2,5 milliards de dirhams (MMDH), dont 1,35 MMDH d’investissement public, pour une capacité de 37 millions de m3, au prix de 2,50 DH/m3.
Le périmètre irrigué de la commune de Bir Anzarane symbolise ainsi la volonté du ministère de l’Agriculture d’apporter une visibilité du secteur à court, moyen et long terme, avec une stratégie d’intervention ciblée. En ce sens, ce périmètre agricole va grandement participer à un approvisionnement régulier du marché national en produits maraîchers.
D’autant qu’il possède des avantages concurrentiels en termes de climat et de précocité. Une aubaine, sachant qu’à l’avenir, le mois de Ramadan, où la demande sur les produits maraîchers atteint son pic, coïncidera avec l’hiver et les températures basses qui retardent le mûrissement des tomates, notamment dans la zone de Souss-Massa. L’entrée en production de ce périmètre devrait satisfaire largement les besoins du marché local en tomates à partir du Ramadan 2025. Pour Médias24, Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, fait le point sur l’état d’avancement de ce projet prometteur.
Des formules de location longue durée allant de 25 à 40 ans, selon la nature des projets
Médias24 : Quelles sont les modalités de l’appel d’offres de partenariat public-privé pour la mise à disposition du foncier agricole du périmètre irrigué de Dakhla ?
Mohammed Sadiki : La mise à disposition du foncier, qui relève du domaine privé de l’Etat, sera effectuée dans le cadre d’un appel d’offres de partenariat public-privé qui permettra la mise en valeur de ce nouveau périmètre irrigué à travers l’attribution de terrains à de jeunes Marocains de la région de Dakhla-Oued Eddahab et aux investisseurs privés pour une location longue durée allant de 25 à 40 ans, selon la nature des projets.
Afin de contribuer à la souveraineté alimentaire de notre pays, notamment en matière de production maraîchère, le cahier des charges de cet appel d’offres a prévu l’obligation de présenter des projets dans la filière des cultures maraîchères à hauteur de 70% à 75% de la superficie, selon le type du projet.
– Quand les résultats de cet appel d’offres seront-ils annoncés ?
– L’appel d’offres a été lancé par le département de l’Agriculture, via l’Agence pour le développement agricole (ADA) le 5 septembre 2022. Actuellement, la phase d’évaluation des dossiers de soumission est en cours.L’objectif est d’annoncer les résultats bien avant la mise en service de la station de dessalement ; et ce, pour permettre aux agriculteurs attributaires de préparer leurs dossiers de contractualisation en vue de signer les conventions de partenariat (contrats de location) et d’accéder au foncier pour réaliser les travaux d’aménagement avant la mise en service de la station.
Ainsi, les producteurs lanceront leurs programmes de production dès la mise en eau, prévue à partir de 2025. S’agissant des cultures annuelles, les premières récoltes sont prévues au cours de l’année de mise en eau selon le cycle de chaque culture.
Tomate ronde, poivron, haricot vert et cultures fourragères
– Quelles sont les principales cultures prévues dans ce périmètre agricole ?
– La mise en valeur de ce périmètre d’irrigation portera sur le développement du maraîchage de primeurs, notamment sous serre, et d’autres cultures à haute valeur ajoutée, au même titre que les cultures fourragères. Le plan d’assolement est à 70% dédié à la production du maraîchage de primeurs, notamment la tomate ronde, le poivron et le haricot vert. Le reste de la superficie sera emblavée par les cultures fourragères pour subvenir aux besoins du cheptel bovin de la région.
En termes de production, la mise en valeur de ce nouveau périmètre vise une production totale de l’ordre de 415.000 tonnes, dont 280.000 tonnes de tomate ronde, 100.000 tonnes de poivron et de haricot vert, et plus de 35.000 tonnes de cultures fourragères, notamment la luzerne et le maïs fourrager.
– Pourquoi le projet de dessalement de l’eau de mer à Dakhla est-il considéré comme une solution appropriée pour le développement agricole de la région de Dakhla-Oued Eddahab ?
– Eu égard au potentiel limité des ressources en eau souterraines dans la région et vu les atouts majeurs et les avantages concurrentiels de la région en matière de climat et de précocité, le projet de dessalement de l’eau de mer à Dakhla pour l’irrigation d’un périmètre agricole de 5.200 ha constitue une solution idoine qui permettra de positionner la région de Dakhla-Oued Eddahab sur l’échiquier du secteur agricole national.
– Quels sont les principaux mécanismes mis en place pour mobiliser les capitaux privés dans le cadre du projet de mise en valeur de ce périmètre agricole ?
– La mobilisation des capitaux privés est un axe primordial afin d’atteindre les objectifs tracés. La mise en valeur de ce périmètre est effectuée par des investissements privés moyennant l’opération de partenariat public-privé lancée par l’Agence pour le développement agricole pour la location de longue durée du foncier relevant du domaine privé de l’Etat.
Cette opération concerne 219 projets, dont 100 petits projets de 5 à 10 ha destinés aux jeunes de la région, 78 moyens projets de 10 à 40 ha, 34 grands projets de 40 à 147 ha, et 7 projets d’agrégation supérieurs à 147 ha.
Une valeur ajoutée annuelle de plus de 1 milliard de dirhams
– Quels sont les avantages et les impacts attendus de la mise en place des projets d’agrégation dans ce périmètre agricole ?
– La mise en place de 7 projets d’agrégation autour d’unités de valorisation permettra une meilleure intégration des filières agricoles au niveau du périmètre. Les attributaires de ces projets d’agrégation s’engageront à agréger la production des attributaires des petits et moyens projets, afin de leur permettre d’accéder à la technologie, au financement et aux marchés.
Ces projets d’agrégation permettront également la massification des flux dans l’objectif d’une meilleure optimisation du fonctionnement des unités mises en place. Le projet de mise en valeur du nouveau périmètre de Dakhla permettra ainsi d’initier une dynamique dans la région, à travers la génération d’une valeur ajoutée annuelle de plus de 1 milliard de DH et la création de plus de 10.000 emplois permanents.
Ce projet permettra également l’utilisation des énergies renouvelables et la pérennité des systèmes de production. Il donnera la garantie et la visibilité nécessaires aux investisseurs pour réaliser leurs investissements et honorer leurs engagements contractuels vis-à-vis du marché. Le projet présente également un potentiel d’attraction des jeunes en termes d’emploi dans les activités agricoles et les services y afférents.
– Le périmètre agricole peut-il entrer en production avant la mise en service de la station de dessalement, grâce à l’eau de la nappe ?
– L’entrée en production est prévue après la mise en eau de la station de dessalement, et ce, compte tenu du fait que l’ensemble du périmètre de 5.200 ha sera irrigué exclusivement à partir de la station de dessalement de l’eau de mer. Tout recours à l’eau de la nappe souterraine sera formellement interdit.
En effet, cette disposition a été prise en considération dans le cahier des charges de l’appel d’offres pour la location desdits terrains, dont le dossier de soumission est constitué également des documents de contractualisation obligatoires pour l’approvisionnement en eau d’irrigation à partir de la station de dessalement, à savoir le contrat d’abonnement au service de l’eau d’irrigation dessalée et le règlement du service de l’eau d’irrigation dessalée.
De plus, les programmes d’action prévisionnels proposés dans les projets des soumissionnaires doivent tenir compte d’une dotation en eau d’irrigation prédéfinie, fournie exclusivement par la station de dessalement de l’eau de mer.
L’ONEE prévoit 64 MMDH d’investissements dans les provinces du Sud d’ici 2030
Afin d’accompagner le plan de développement des régions du Sud, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a initié plusieurs projets liés à “la production, le transport et la distribution de l’énergie électrique, de l’eau potable et de l’assainissement liquide”, précise un communiqué de l’ONEE.
Les investissements de l’ONEE, couvrant la période allant de 1975 à 2022, ont nécessité une enveloppe budgétaire de 29,1 MMDH. Une partie (21,4 MMDH) a été allouée aux projets d’énergie électrique, l’autre (7,7 MMDH) à l’eau potable et à l’assainissement liquide.
D’ici à 2030, l’ONEE prévoit un investissement global de l’ordre de 64 MMDH dans les provinces du Sud, réparti entre les secteurs de l’électricité (58,3 MMDH), de l’eau potable et de l’assainissement liquide (5,7 MMDH). A cet effet, les travaux pour la création d’un poste source (60/22 kV) au poste frontalier de Guerguerat, dans la commune El Argoub, ont été lancés, ce lundi 7 octobre, par Abderrahim El Hafidi, directeur général de l’ONEE.
D’une enveloppe budgétaire de 77 MDH, ce poste source nécessitera la construction d’un réseau de distribution moyenne tension (84 km) et de basse tension (6 km),le renforcement de la centrale de Bir Gandouz et la réalisation d’une centrale solaire dotée d’un système de stockage.
S’agissant des études techniques pour le raccordement des centres de Bir Gandouz et Guerguarate au réseau national de l’électricité, elles “sont en cours de réalisation”, d’après l’ONEE.
Nouveau forage et station de dessalement
En outre, l’Office prévoit la mise en place de plusieurs infrastructures de distribution d’énergie électrique. D’un coût global de 148 MDH, ces infrastructures serviront au raccordement des sites de pêche N’Tireft, Labouirda, Imoutlane, mais aussi des projets agricoles des communes El Argoub et Bir Anzarane.
Ces infrastructures, dont l’achèvement des travaux est prévu en juin 2024, permettront également d’alimenter en énergie électrique la zone touristique de la baie de Dakhla, le nouveau port Dakhla Atlantique et le pôle urbain PK40.
Concernant l’eau potable, un projet d’alimentation en eau potable du poste frontalier Guerguerat a été lancé en novembre 2021. D’un coût global de 30 MDH, ce projet consiste en la réalisation et l’équipement d’un nouveau forage, d’une station de dessalement de l’eau de mer pour un débit de 432 m3/jour, d’un réservoir surélevé avec une capacité de 200 m3 et d’un réseau de distribution d’un linéaire de 5 km.
Les travaux de la station de dessalement et du réservoir ont atteint un taux d’avancement de 70% et leur achèvement est prévu en mars 2023. En attendant l’installation du réseau de distribution en 2023, la desserte de l’eau potable passera dans un premier temps via une borne fontaine et des camions citernes.
Dans la province d’Aousserd, l’Office a par ailleurs lancé un projet d’assainissement liquide au centre Bir Guendouz pour un coût de 57 MDH, financé par la région de Dakhla-Oued Eddahab. Ce projet, dont les travaux sont en phase d’achèvement, prévoit un réseau de collecte des eaux usées sur 15,5 km, deux stations de pompage et une station d’épuration de capacité 500 m3/j.
Un nouveau schéma régional du littoral à Dakhla-Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun
Riche en biodiversité halieutique et paysagère, le littoral marocain concentre de nombreux enjeux économiques et sociaux. Il fournit des ressources pour diverses activités économiques (sylviculture, pêche, activités pastorales et forestières) et se caractérise par une importante densité démographique.
Ces particularités conduisent à l’accroissement des pressions anthropiques sur les côtes marocaines. Mais aussi à des effets extrêmes, conséquence du changement climatique et des conflits d’usage de ce territoire.
Entre les constructions sur les cordons dunaires, les pollutions en tout genre et la surexploitation des ressources, le littoral marocain subit en effet des pressions dues aux diverses activités qui s’y développent (tourisme, pêche, industrie…).
Or ces pressions sont souvent incompatibles avec la préservation d’un environnement fragile, notamment en l’absence de plans d’aménagement, de valorisation et de préservation adaptés.
Pour ces raisons, les littoraux des régions de Dakhla-Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun, font l’objet d’un appel d’offres en deux lots, pour l’élaboration de schémas régionaux du littoral (SRL).
Cet appel d’offres, dont les prestations sont estimées à 600.000 DH par lot, a été lancé par la Direction de l’observation, des études et de la planification du département du développement durable. Sa durée d’exécution a été fixée à six mois, pour remplir trois missions :
– le cadrage et le diagnostic (1 mois) ;
– l’élaboration du schéma régional du littoral (2 mois) ;
– la mise en place d’un dispositif de suivi, d’évaluation et de reporting pour l’application du schéma régional du littoral (3 mois).
Pour chaque lot, il s’agira de fixer les orientations fondamentales de l’aménagement, de la protection et de la mise en valeur du littoral, après avoir recueilli les données nécessaires pour définir la vocation générale des différentes zones, en l’occurrence celles affectées au développement industriel et portuaire, aux cultures marines et aux activités de loisir.
Le prestataire devra ensuite préciser les mesures de protection des écosystèmes du milieu marin et terrestre, à travers l’élaboration du schéma régional du littoral. Ce schéma aura une portée stratégique, déclinée en vision pour le littoral des deux régions, ainsi qu’une portée opérationnelle qui se traduira par des mesures et projets de protection, de conservation, d’aménagement et de mise en valeur.
La troisième mission servira à la réalisation d’un dispositif de suivi, d’évaluation et de reporting de la mise en œuvre du SRL. Cette mission passera par la proposition d’indicateurs de suivi de la mise en œuvre du SRL, pour une gestion intégrée des zones côtières (GIZC).
ONMT: un plan de relance du tourisme balnéaire dans la région de Dakhla
Au programme, visite des principaux sites à promouvoir et réunion de travail avec les membres du Conseil régional du tourisme (CRI) de la région pour préparer le plan de relance régional.
Concrètement, le plan de l’ONMT s’appuie sur l’ouverture de la région à l’international avec le développement de liaisons aériennes, notamment la mise en place d’une liaison directe avec une fréquence de 2 fois par semaine avec une capitale européenne majeure.
L’Office compte également mettre en place un nouveau dispositif de communication pour construire une identité propre à la destination, mettant en avant ses atouts balnéaires afin d’en faire une destination balnéaire à part entière. Une concentration des actions sera menée sur les marchés majeurs de la destination, à savoir la France, l’Allemagne et l’Espagne.
En matière de communication et de distribution, l’ONMT compte aussi renforcer la présence de la marque Dakhla sur le digital et améliorer sa visibilité vis-à-vis du grand public aussi bien sur le marché domestique que sur les principaux marchés émetteurs européens.
« Aujourd’hui, Dakhla est une destination reconnue pour le kitesurf. L’objectif à moyen-long terme est de transformer Dakhla en une marque forte comme destination balnéaire majeure reconnue à l’international en capitalisant sur les atouts indéniables de la région » souligne Adel El Fakir, Directeur Général de l’ONMT.