Top départ pour la 13ᵉ édition du Festival international du film de Dakhla

Organisé du 14 au 20 juin par l’Association pour l’animation culturelle et artistique des provinces du Sud, ce rendez-vous cinématographique s’est affirmé, au fil des années, comme un carrefour culturel continental, ouvert à une nouvelle génération de cinéastes, africains en particulier, et internationaux.

S’exprimant à cette occasion, le président du festival, Charaf Eddine Zine El Abidine, a affirmé que Dakhla consolide, à travers ce festival, sa place sur l’échiquier du cinéma international, en mettant particulièrement en avant la création africaine émergente, tout en offrant un espace d’échange ouvert aux talents nationaux, du continent et d’ailleurs.

Il a souligné que Dakhla se transforme, à travers ce festival, en une véritable plateforme d’échange entre cinéastes venus des quatre coins du monde, qu’ils soient réalisateurs, producteurs ou comédiens, pour partager leurs expériences et découvrir une programmation variée, alliant courts et longs métrages, en plus de rencontres professionnelles et d’ateliers spécialisés.

Cette édition, a-t-il poursuivi, se distingue par une présence marquée du cinéma africain, à travers l’accueil de plusieurs projets cinématographiques émergents.

Cette dynamique constitue, selon lui, une occasion pour accompagner les jeunes talents d’Afrique et du Moyen-Orient dans leurs premières œuvres, renforçant ainsi le positionnement de Dakhla en tant que plateforme de la coopération cinématographique Sud-Sud.

Pour sa part, le directeur par intérim du Centre cinématographique marocain (CCM), Abdelaziz El Bouzdaini, a souligné que le Festival international du film de Dakhla s’impose, au fil des éditions, comme un rendez-vous cinématographique structurant au niveau national, alliant exigence artistique et ouverture sur les talents émergents.

Il a, par ailleurs, mis en avant l’inauguration, en février 2025, de l’antenne de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma (ISMAC) à Dakhla, estimant qu’il s’agit d’un tournant majeur dans la dynamique de formation professionnelle au sein des provinces du Sud du Royaume.

Cette initiative, a-t-il précisé, s’inscrit dans une vision de développement intégrée, visant à faire de Dakhla un centre de rayonnement cinématographique en Afrique, à travers la formation, la production et la projection des œuvres.

L’ouverture de cette édition a été marquée par la présentation des jurys officiels pour les compétitions des courts et des longs-métrages, un hommage rendu à trois figures du 7 art, à savoir le réalisateur français Ladj Ly, la réalisatrice marocaine Maryam Touzani et l’artiste et metteur en scène marocaine Latifa Ahrrare, ainsi que par la projection du film Zazouj de la réalisatrice marocaine Rabia Chajid, dans le cadre de la section Panorama.

(Avec MAP)

La plage PK25, le spot où l’âme de Dakhla est la plus omniprésente

Le vent, cet allié de taille de la ville de Dakhla, en fait une destination de choix pour pratiquer les sports nautiques. À 25 km de la ville du sud du Royaume, se trouve la plage PK25, anciennement connue sous l’appellation plage Trouk. Elle se déroule tout le long de la route côtière. À l’horizon, des centaines de kitesurfs virevoltent au vent, dans une explosion de couleurs qui égayent l’horizon.

Le paysage semble tout droit sorti d’un film. Des enfants s’amusent dans le sable, des adultes bronzent, tandis que certains se lancent dans des aventures nautiques. L’atmosphère est paisible, comme un sentiment de bout du monde. L’immensité du désert enveloppe la plage et lui confère une aura magique.

Autour de PK25, plusieurs établissements hôteliers se sont installés au cours des dernières années. La plupart ont choisi d’élire domicile pour bénéficier de cette vue à couper le souffle. Dépaysement garanti.

Le vent est plus qu’un simple phénomène météorologique, c’est une opportunité en or pour les amateurs de sports nautiques. Pas moins de 300 jours de vents par an, une véritable aubaine. D’après Omar El Alaoui Balrhiti, vice-président du Conseil régional du tourisme (CRT) Dakhla-Oued Eddahab, cette plage reste l’un des spots de kitesurf “les plus emblématiques au monde”. PK 25 se distingue, depuis de nombreuses années, par “la qualité exceptionnelle de son vent, sa sécurité naturelle, et ses conditions idéales” qui attirent aussi bien les débutants que les professionnels.

Il est possible de pratiquer le kitesurf, le wing foil, le windsurf et même le paddle les jours les plus calmes. Ph : CRT Dakhla

Que faire à PK25 ?

L’activité phare de la plage PK 25, c’est bien sûr le kitesurf, grâce aux conditions de vent constantes et à la configuration idéale du plan d’eau. Le responsable nous explique qu’il est possible de pratiquer le wing foil, le windsurf et même le paddle les jours les plus calmes.

L’attrait pour l’hébergement en écolodge ou en caravane charme les amateurs de nature et de tranquillité ; cela permet à des “activités comme le yoga, les balades en bord de lagune ou l’observation des oiseaux » de se développer, mentionne Omar El Alaoui Balrhiti.

Dépaysement garanti. Ph : CRT Dakhla

Et la fréquentation ?

Dakhla n’est plus seulement un spot pour les sports de glisse, mais aussi pour les personnes en quête de détente, de dépaysement et de nature durant l’année. La ville est devenue “un véritable hub touristique”, estime le vice-président du CRT. Il qualifie la fréquentation d’“impressionnante, avec plus de 130 camping-cars installés durant la haute saison”. Et pour cause, le flux touristique autour des clubs et des hôtels de la région reste très soutenu, avec une affluence importante en hiver, une période clé pour le kitesurf et d’autres sports nautiques.

L’hôtellerie sportive a de beaux jours devant elle dans la région de Dakhla-Oued Eddahab. Ph : CRT Dakhla

Les hôtels à Dakhla prolifèrent autour du PK25

L’hôtellerie sportive a de beaux jours devant elle dans la région de Dakhla-Oued Eddahab. Depuis les années 2010, les hôteliers s’installent, de plus en plus, au PK25, séduits par les atouts du lieu. La plupart des grands hôtels de Dakhla ont élu domicile autour de cette plage.

Un des grands opérateurs touristiques de Dakhla explique à Médias24 avoir opté pour le PK25, puisque “la plage se trouve tout au fond du lagon et le plan d’eau se prête mieux qu’ailleurs à la pratique des sports nautiques”. Pour les débutants, cette plage est propice à la pratique du kitesurf, car elle est moins exposée, davantage protégée et l’eau plus plate. Notre interlocuteur précise que PK25 se prête à une hôtellerie focalisée sur le kitesurf.

“La région du PK25 est un peu victime de son succès. Il y a un hôtel tous les 400 mètres. Le monde attire le monde”, souligne notre interlocuteur.

Le vice-président du CRT Dakhla-Oued Eddahab, pour sa part, invoque un emplacement “stratégique” avec un potentiel touristique “exceptionnel”. Il explique que cette zone dispose “d’un environnement naturel préservé, d’une lagune aux eaux calmes et d’un vent régulier qui en font l’un des meilleurs spots de glisse au monde”. PK25 est un lieu paisible, éloigné du tumulte urbain, qui attire une clientèle en quête d’authenticité et de bien-être. D’après Omar El Alaoui Balrhiti, les hôteliers peuvent proposer “des expériences uniques, alliant sport, détente et immersion dans la nature saharienne”.

Une impression de bout du monde. Ph: CRT Dakhla

Touristes en quête d’espace

L’attrait de cette plage a accéléré l’installation de plusieurs hôtels dans le lieu, attirés par le potentiel hors norme du lieu. “Jusqu’aux années 2015-2016, tout allait bien, puis les hôtels ont commencé à sortir de terre, un hôtel, puis dix, puis vingt. Il y a une limite à cela. Nous avons une clientèle étrangère à 90%. Les touristes viennent en quête d’espace. Ils ne viennent pas à Dakhla pour être les uns sur les autres”, déplore l’opérateur touristique de la région.

Ce dernier avait commencé à chercher d’autres endroits sur le lagon pour installer son hôtel, à partir des années 2018, avant la période du Covid-19. Le kitesurf est un sport “qui demande de l’espace” ; si jamais il y a trop de personnes sur l’eau, “cela peut rapidement devenir dangereux”, alerte notre source. Il préconise de laisser au moins 1 km entre chaque hôtel pour préserver le cachet authentique de Dakhla.

Dakhla entre désir d’authenticité et ambitions internationales

La région de Dakhla-Oued Eddahab est en plein essor. Les visites de délégations de haut niveau s’enchaînent, les projets sortent de terre. Cette semaine, le lundi 13 mai, le directeur de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux, s’est rendu à Dakhla afin d’accompagner la dynamique de développement que connaît la région, à travers des partenariats structurants avec les acteurs locaux. Avec cette visite, l’AFD montre qu’elle souhaite contribuer au développement de la région Dakhla-Oued Eddahab.

Ambitions internationales

Cette visite n’est qu’un exemple parmi d’autres de délégations qui se rendent dans le sud du Maroc pour participer au développement de la région. Dakhla est connectée à plusieurs grandes villes européennes, grâce à des vols directs avec Paris, Madrid et Las Palmas.

“D’autres liaisons avec des capitales européennes sont en cours de préparation”, indique Omar El Alaoui El Balrhiti, vice-président du Conseil régional du tourisme de Dakhla-Oued Eddahab. La ville s’adapte “progressivement” aux standards internationaux tout en “capitalisant sur ses atouts uniques”.

Dakhla dispose de vols quotidiens avec Casablanca. “Cette ouverture renforce l’attractivité de Dakhla sur le marché international et permet d’accueillir une clientèle diversifiée, tout en stimulant les investissements touristiques et les partenariats à l’échelle mondiale”, précise notre source.

Omar El Alaoui El Balrhiti, vice-président du Conseil régional du tourisme de Dakhla-Oued Eddahab. Ph : DR

Visiteurs en quête d’authenticité

Quel type de visiteurs aiment se rendre à Dakhla ? D’après le vice-président du CRT Dakhla-Oued Eddahab, la destination attire de plus en plus de visiteurs “en quête d’authenticité, de nature préservée et d’expériences uniques.” Il ajoute que la fréquentation touristique à Dakhla a enregistré une hausse significative, que ce soit au niveau national ou international. D’après notre source, la progression se reflète dans les taux d’occupation des établissements touristiques, l’augmentation des activités sportives comme le kitesurf, mais également dans la demande croissante pour des séjours écoresponsables.

Dakhla s’affirme aujourd’hui comme une destination montante, capable de rivaliser avec les standards internationaux tout en préservant son identité locale, clame le vice-président du CRT Dakhla-Oued Eddahab.

Lors de la visite de la délégation de l’AFD, le 12 mai, le directeur Rémy Rioux a déclaré être “impressionné par les atouts naturels et culturels de la région”. Des atouts qui, selon lui, confèrent à la région un potentiel de développement exceptionnel, notamment dans les secteurs du tourisme, de la culture et de l’économie bleue.

Dakhla attire de plus en plus de visiteurs “en quête d’authenticité, de nature préservée et d’expériences uniques.” Ph : CRT Dakhla-Oued Eddahab.

Un véritable chantier à ciel ouvert

La région de Dakhla connaît actuellement une dynamique touristique remarquable. En chiffres : 50 établissements hôteliers classés, totalisant plus de 3000 lits. D’autres projets en cours d’ouverture “viendront renforcer cette capacité d’accueil”, précise le responsable du tourisme de la région.

Parallèlement, Dakhla est aujourd’hui un véritable chantier à ciel ouvert, avec de grands travaux d’infrastructures de base : routes, assainissement, électricité, espaces verts, zones d’accueil… qui visent à accompagner cette croissance.

L’objectif est de garantir un développement harmonieux, capable de répondre aux standards internationaux tout en valorisant les ressources locales.

Dakhla s’affirme aujourd’hui comme une destination montante, capable de rivaliser avec les standards internationaux tout en préservant son identité locale. Ph : DR

Préserver l’authenticité à tout prix

La stratégie touristique de la région œuvre à préserver l’authenticité de la ville. Le CRT Dakhla-Oued Eddahab travaille main dans la main avec des acteurs locaux pour valoriser l’identité culturelle, les savoir-faire artisanaux et le patrimoine saharien. Comment y arriver ? Omar El Alaoui El Balrhiti explique qu’il faut promouvoir un tourisme durable, soutenir les initiatives locales et intégrer harmonieusement de nouvelles infrastructures dans l’environnement naturel.

Nous veillons également à ce que les projets touristiques respectent l’équilibre écologique de la lagune et des zones sensibles. C’est cette approche qui permet à Dakhla de se développer sans perdre son âme

Et de conclure : “Ce dont je suis le plus fier, c’est justement cette synergie entre les acteurs publics et privés pour bâtir ensemble une vision cohérente, respectueuse de l’environnement et porteuse de développement pour la population locale.”

Cinq lieux touristiques incontournables à visiter dans la région de Dakhla

Dakhla se fait de plus en plus une place de choix parmi les destinations prisées au Maroc. La ville offre une multitude d’activités pour accélérer votre rythme cardiaque comme pour vous ressourcer. À chacun son expérience à Dakhla. Médias24 vous propose un tour d’horizon des lieux incontournables à visiter. Dépaysement garanti.

Des kilomètres de désert à perte de vue se profilent à l’horizon. En 4*4, nous nous apprêtons à découvrir la beauté brute de la région de Dakhla. L’heure est à l’aventure, au vent empêtré de sable et à l’immensité du désert. « Une semaine à Dakhla est largement suffisante pour découvrir les atouts de la ville et de la région », déclare à Médias24, Oualid Boutaleb, guide touristique des espaces naturels à Dakhla.

Le potentiel de la région est « hors norme », nous confie, pour sa part, Khattat Dahi, secrétaire général du conseil régional du tourisme (CRT) de Dakhla, d’autant que « la baie Oued Eddahab s’étend sur près de 700 kilomètres ».

L’immensité du désert qu’offre Dakhla. Ph : Pexels

PK25

Le périple commence sur l’emblématique plage Trouk – plus connue sous l’appellation PK25 – à 25 kilomètres de la ville. À l’horizon, des centaines d’ailes colorées virevoltent au gré du vent. Les passionnés de sports de glisse s’en donneront à cœur joie, même si l’activité reine est sans aucun doute le kitesurf. Des amateurs viennent du monde entier à Dakhla pour son climat tempéré et le vent toujours au rendez-vous.

L’île du dragon comme vous ne l’avez jamais vue. Ph : Moussa Idrissi/ Pexels

L’île en forme de dragon

La marée est basse. L’île du dragon semble facilement atteignable, à pied. Quand la marée est haute, il faut absolument emprunter un bateau pour s’y rendre. Le trajet dure une dizaine de minutes. « Le nom originel est l’île de Trouk. Mais son nom a changé, en raison de sa forme de dragon », nous précise Khattat Dahi. L’île n’est pas très grande. Il est possible d’escalader le promontoire rocheux pour profiter d’une vue à couper le souffle. Vous pouvez aussi vous offrir un bain d’argile blanche ou vous prélasser au soleil, ou encore partir à la chasse aux coquillages.

L’île a une forme de dragon, d’où son appellation. Ph : DR

Des siècles de vents inarrêtables

Quelques kilomètres plus loin se dresse la dune blanche. Des siècles de vents inarrêtables ont déplacé le sable et fait naître ce phénomène naturel d’une beauté rare. La dune ne bouge pas, « même lors des marées hautes », nous apprend notre guide. Le paysage est prenant. Entre sable et mer, le désert se fond dans le paysage. Aucun être humain à l’horizon, seul notre 4*4 teinte l’immensité sableuse d’une tache bleue mouvante. Le vent ne nous quitte pas. Il nous accompagne dans chaque endroit. Ici, seuls les véhicules tout-terrain circulent, puisqu’il faut parcourir plusieurs kilomètres sur des pistes.

Des siècles de vents inarrêtables. Ph : Zainab Aboulfaraj

Plages sauvages

L’aventure continue. Cette fois-ci, nous nous dirigeons vers l’une des plus belles plages du Maroc : Porto Rico, une plage sauvage encore préservée dans son écrin. Peu de touristes se trouvent dans les alentours. L’eau est d’un bleu profond, les vagues sont douces et nous avons comme un sentiment de bout du monde.

« La plage de Porto Rico a toujours une température agréable, parfaite pour nager », nous affirme le secrétaire général du CRT de Dakhla. Le nom de la plage (port riche en français) vient du fait que les pêcheurs s’y rendaient pour la profusion de poissons. « C’est resté sauvage, les gens peuvent venir se baigner, passer la journée ici. C’est un endroit loin du bruit », précise Oualid Boutaleb.

Nous croisons Stephanie, une touriste française. Des étoiles plein les yeux, elle nous confie que « tout est comme à la télé, tout est à l’état sauvage. On en prend plein les yeux. C’est juste magique ». La jeune femme a découvert la destination grâce à des émissions de sports extrêmes et a été fortement intriguée par le caractère authentique de Dakhla. La visiteuse est accompagnée de son mari, d’origine marocaine, qui lui non plus ne tarit pas d’éloges sur la destination.

Des plages sauvages à perte de vue. Ph: Pexels

Imlili

Changement de décor, puisque nous nous engouffrons encore une fois dans le désert, loin de la mer, à 40 kilomètres plus précisément. Soudain, la terre devient rouge. Le paysage est un mix entre le désert et petits trous d’eau, offrant la vue surprenante d’une oasis en plein désert. La Sebkha d’Imlili est un site Ramsar protégé – une zone humide d’importance internationale qui répond à un ensemble de critères, comme la présence d’espèces vulnérables de poissons et d’oiseaux d’eau.

« L’endroit est à forte attraction touristique », déclare Khattat Dahi. Il y a 160 puits d’eau au total. Son aspect insolite attise la curiosité des visiteurs, car ces puits naturels abritent de petits poissons. Certains touristes s’amusent à tremper leurs pieds pour se faire mordiller par les poissons. D’autres s’appliquent l’argile qu’ils prélèvent sur le rebord des trous d’eau. L’endroit est propice à la relaxation, mais aussi aux photos. « L’eau est trois fois plus salée que l’eau de mer », souligne notre guide Oualid Boutaleb.

Sebkhat Imlili. Ph : DR

Bonus

La source thermale Asma est un arrêt incontournable lors des excursions à Dakhla. Les touristes peuvent se faire masser par un jet d’eau chaude puissant d’une eau sulfureuse à 38 degrés. Celle-ci provient du centre de la terre. Cette eau thermale aurait de nombreux bénéfices pour la santé, surtout pour les maladies de peau. Nous n’avons pas pu nous y rendre, mais le lieu nous a été vivement recommandé par les locaux.

Notre périple se termine. La beauté brute de la région de Dakhla nous a laissés sans voix, émerveillés par l’immensité du désert et de ce qu’il peut offrir. Le Maroc est sans conteste un pays de contrastes où tout un chacun peut trouver ce qu’il recherche et planifier le voyage dont il a toujours rêvé.

À Dakhla, découvrez Imlili, un lieu irréel où des puits d’eau salée parsèment le désert

Imlili est un lieu “presque irréel”, décrit d’emblée Omar El Alaoui El Balrhiti, vice-président du Conseil régional du tourisme de Dakhla Oued Eddahab. Imaginez-vous vous engouffrer dans le désert  ; soudain, la terre devient rouge. À l’horizon, des centaines de petits bassins d’eau douce et salée. Dans près de 160 petits puits, des petits poissons virevoltent, en plein cœur du désert. Le paysage lunaire, la rareté du phénomène font que les visiteurs ressortent “fascinés par cette combinaison improbable entre vie aquatique et environnement aride”, poursuit notre source. Selon le responsable, l’attrait d’Imlili provient de sa rareté et de son mystère. Il s’agit d’un site qui offre “une véritable expérience hors du temps, loin des circuits touristiques classiques, et qui séduit en quête de nature brute et d’authenticité”. L’endroit est accessible à condition d’être accompagnés de connaisseurs de terrain.

Depuis 2018, la Sebkha d’Imlili est un site Ramsar protégé – c’est-à-dire une zone humide d’importance internationale qui répond à un ensemble de critères, comme la présence d’espèces vulnérables de poissons et d’oiseaux d’eau. Ce lieu est une relique d’un système aquatique saharien ancien et témoigne du passé tropical récent de l’extrême sud marocain, peut-on lire sur le site Ramsar.

Une Sebkha quesaco ?

Pr Abdeljebbar Qninba, enseignant-chercheur à l’Institut scientifique (université Mohammed V de Rabat), a fait connaître le site d’Imlili. Il se dit “fier d’avoir contribué à faire connaitre à un large public scientifique un lieu exceptionnel et d’avoir pu intégrer indirectement ce lieu dans le réseau de sites touristiques qui connaissent un grand afflux.”

Il explique à Médias24 qu’une sebkha est une étendue plane de sable recouverte d’eau salée à hypersalée ou d’une couche de sel cristallisé. Il en existe des centaines, voire des milliers, en Afrique du Nord, notamment en zones désertiques. Elles correspondent soit à des lacs asséchés, à des tronçons de rivières asséchées ou à des fonds de lagunes ou d’estuaires atteints par l’eau lors des grandes marées et où elle finit par s’évaporer, laissant des dépôts de sel.

Le site d’Imlili est un site Ramsar protégé. Ph : Abdeljebbar Qninba.

Il s’agit d’un “phénomène exceptionnel” qui a permis à la Sebkha d’Imlili de conserver des êtres vivants d’origines variées jusqu’à présent. Parmi les exemples que vous pouvez trouver sur place : une plante aquatique tolérant la salinité, des gastéropodes – l’un d’origine marine, l’autre d’origine d’eau douce stagnante et un autre d’origine d’eau  courante, une crevette d’origine marine, etc.

Comment a été découverte la Sebkha ?

La découverte sur le plan scientifique de la Sebkha d’Imlili a été faite par Pr Abdeljebbar Qninba, enseignant-chercheur à l’Institut scientifique (Université Mohammed V de Rabat). Le chercheur avoue qu’Imlili a été “un événement majeur” dans sa carrière professionnelle.

Revenons quelques décennies en arrière, le chercheur espagnol José Antonio Valverde avait fait la première description du site en mai 1955. Ensuite, le site est tombé totalement dans l’oubli. Le professeur, qui est également membre de l’Association Nature-Initiative de Dakhla, précise que les « Sahraouis connaissaient Imlili, mais qu’ils ne se rendaient pas compte de sa valeur scientifique”.

Pr Abdeljebbar Qninba publie alors un premier article “pour attirer l’attention sur ce site original’. Des discussions avec le chercheur Antoine Pariselle de l’Institut de recherche et de développement (IRD) ont mené le chercheur marocain à rencontrer le président de l’université Mohammed V de Rabat. De ces rencontres est né un projet multidisciplinaire autour d’Imlili, “le début d’une très belle aventure scientifique très enrichissante pour moi en tant que chercheur à l’Institut scientifique (Université Mohammed V de Rabat).

Il s’agit d’un “phénomène exceptionnel” qui a permis à la Sebkha d’Imlili de conserver des êtres vivants d’origines variées jusqu’à présent. Ph : CRT Dakhla Oued Eddahab

Les conditions extrêmes du désert de Dakhla n’ont pas fait disparaître Imlili

Un ensemble de concours de circonstances hydrogéologiques et géologiques, réunies à Imlili, a permis au lieu de ne pas disparaitre. Il représente un tronçon d’un oued fossile asséché qui se jetait plus loin en direction du sud-ouest dans la baie de Cintra. Le professeur Qninba nous indique qu’il occupe le fond d’une dépression, son bassin versant est très large, ce qui fait qu’il reçoit une importante quantité d’eau de pluie – même si c’est de manière rare et aléatoire, et qu’il existe une nappe phréatique proche, ainsi que “le calcaire lumachéllique sous la Sebkha qui joue le rôle d’éponge retenant une grande quantité d’eau lors des épisodes de crues”, poursuit le chercheur.

Ces eaux sont relâchées lors des périodes de sécheresse, ce qui résulte en la pérennité de l’eau dans un environnement désertique. Enfin, certaines failles actives permettent de temps à autre “des effondrements qui permettent de créer des poches d’eau, même si certaines d’entre elles finissent par se colmater sous l’effet de l’ensablement”.

Pr Abdeljebbar Qninba déclare : “Si ces circonstances géologiques et hydrogéologiques ne s’étaient pas réunies à cet endroit précis, ce secteur de rivière aurait disparu depuis des milliers d’années sous l’effet de la désertification. Si une ou deux de ces circonstances venaient à disparaitre, le site disparaitrait. Il faut donc essayer au maximum de sensibiliser le public. Il doit être conscient qu’il est en face d’un site exceptionnel où il est très déconseillé de faire des actions qui risquent de perturber, dégrader ou détruire cette zone humide unique en son genre à l’échelle nationale et mondiale.”

Des tilapias peuplent les trous d’eau. Ph : Abdeljebbar Qninba

Laboratoire à ciel ouvert

L’Institut de recherche et de développement (IRD), un établissement public français, s’est intéressé à la Sebkha d’Imlili. Le chargé de recherche hors classe IRD Antoine Pariselle, cité plus haut par Pr Abdeljebbar Qninba, indique que le lieu est intéressant à double titre ; un attrait scientifique, puisqu’Imlili est “un lieu unique où l’on peut observer un environnement relicte (du temps du Sahara vert, avant les dernières glaciations)”. L’autre raison est que ce milieu aquatique en plein désert héberge des espèces subsahariennes ayant résisté aux sécheresses depuis des milliers d’années. Les centaines de trous d’eau qui fragmentent le milieu “représentent un laboratoire naturel permettant d’étudier in situ la résilience de ce genre de milieu face aux changements climatiques”. Le deuxième attrait concerne le développement, puisque c’est une opportunité d’évolution de l’activité touristique dans une région fréquentée par un public large en quête de “distractions intelligentes”.

La Sebkha d’Imlili est dotée d’un “caractère extraordinaire et d’un intérêt scientifique unique”, précise Pr Antoine Pariselle, surtout pour faire opérer des études autour des changements climatiques.

Un lieu d’une beauté rare. Ph : CRT Dakhla Oued Eddahab

Des poissons dans une eau parfois plus salée que la mer, un phénomène unique ?

Ce qui renforce le côté “irréel” d’Imlili, ce sont ces petits poissons, le tilapia d’Imlili, qui survivent au milieu de nulle part. Le Pr Abdeljebbar Qnina nous explique que ce poisson fréquentait la partie terminale de la rivière qui se jetait dans la baie de Cintra. “Il s’est retrouvé emprisonné dans ce tronçon par l’avancée du désert, comme plusieurs autres animaux”, précise-t-il.

Face à la dureté du climat, le poisson a été forcé à s’adapter. “L’animal a baissé de taille du corps pour réduire ses besoins alimentaires, se dispute n’importe quel apport interne ou externe de matière organique. Il est même devenu cannibale en s’attaquant aux œufs et alevins de ses congénères”, indique le spécialiste du site d’Imlili. La spécificité du tilapia d’Imlili : Une grande tolérance à la salinité du site. La teneur en sel dans les diverses poches est très variable, de 16 à plus de 70 grammes par litre, sans que cela puisse poser le moindre problème. Tout en sachant que la salinité de l’eau de mer tourne autour de 35g/l.

Imlili, un lieu ultra prisé par les touristes. Ph : Abdeljebbar Qninba

Préserver Imlili

La préservation d’Imlili est essentielle, une réelle priorité pour le Conseil régional de tourisme de Dakhla-Oued Eddahab. D’après Omar El Alaoui El Balrhiti, vice-président du CRT de la région, Imlili est intégrée “dans des circuits écotouristiques encadrés, limités en nombre et strictement régulés afin de protéger ce site fragile”. L’éveil des consciences est de mise : “Nous sensibilisons les visiteurs au respect de l’environnement et veillons à ce que l’empreinte humaine reste minimale”, déclare le vice-président du CRT Dakhla.

La Sebkha d’Imlili n’est pas seulement un laboratoire à ciel ouvert, pour Pr Qninba, le lieu peut “jouer un important rôle pédagogique dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur”.

L’un des plus grands souhaits du chercheur est que le site d’Imlili soit inscrit en tant qu’aire protégée, pour qu’il dispose d’un statut juridique permettant aux responsables de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) de le protéger efficacement. D’ailleurs, les Prs Abdeljebbar Qninba et Antoine Pariselle alertent sur les visites quasi quotidiennes des hordes de touristes. “L’impact de cette activité est particulièrement négatif et remet en cause la survie de ce milieu”, mentionne le chercheur marocain. Le chercheur marocain recommande de faire d’Imlili une réserve et/ou un observatoire scientifique.

Imlili, un lieu à préserver à tout prix. Ph : Abdeljebbar Qninba

Et l’accessibilité ?

Atteindre la Sebkha d’Imlili n’est pas une chose aisée, il faut s’attendre à parcourir des kilomètres de piste dans le désert. Omar El Alaoui El Balrhiti nous révèle que l’accessibilité est au cœur des réflexions au sein du CRT Dakhla. “ Bien que nous soyons attachés à la préservation du caractère sauvage du site, nous travaillons à l’aménagement de structures légères et durables, telles que des aires de repos, des points d’information écotouristiques et des pistes d’accès améliorées.” L’objectif annoncé : permettre une visite “encadrée et respectueuse” tout en valorisant l’arrière-pays désertique à travers un tourisme responsable et bien intégré.

Ligne THT Sud-Centre : l’ONEE abandonne le BOOT après une évaluation positive des constructeurs EPC

« Le résultat positif de l’évaluation des candidatures des constructeurs EPC (Engineering, Procurement, and Construction), dans le cadre de l’AMI n° SR401024, a permis notamment de confirmer l’intérêt des principaux constructeurs pour la réalisation du projet et d’établir un état des lieux précis du marché », explique l’ONEE dans un communiqué.

« Il a ainsi été jugé opportun de ne pas poursuivre le processus de sélection des candidats pour la réalisation du projet en mode BOOT (construction, exploitation et transfert) et de clôturer l’AMI à ce stade », conclut le document.

Rappelons que, dans le cadre du développement de cette liaison électrique, l’ONEE avait publié en août dernier un additif à l’AMI relatif à ce projet, qui avait introduit un nouveau mode de réalisation du projet et qui permet aux candidats intéressés de soumettre un dossier pour la réalisation du projet dans le cadre du schéma BOOT (qui a été maintenu) et/ou du schéma EPC (qui a été introduit), car l’AMI lancé en novembre 2023 avec uniquement l’option BOOT était resté infructueux. 

Dans la configuration EPC, le candidat retenu aura la charge de la conception, de la construction et de la mise en service du projet dans le cadre d’un contrat de construction clés en main (EPC). Il sera éventuellement chargé de certains aspects de la maintenance du projet dans le cadre d’un contrat de maintenance à long terme (LTSA) incluant des engagements de maintenance élargis.

Dans cette configuration BOOT, le candidat retenu in fine sera en charge du développement, de la conception, du financement, de la construction, de l’exploitation et de la maintenance du projet, dans le cadre d’un contrat de type build-own-operate-transfer à conclure avec l’ONEE – branche électricité (BE).

Cinq candidats potentiels EPC pour la réalisation de cette ligne

La liste des opérateurs internationaux qui ont manifesté leur intérêt pour le schéma EPC a été dévoilée en novembre 2024. Il s’agit de GE Vernova (États-Unis), de Siemens Energy (Allemagne), de Power China SEPCO1 (Chine), de TBEA (Chine) et de Larsen & Tourbo (Inde).

Dans un autre communiqué, l’ONEE a annoncé le 11 février dernier, les résultats de l’évaluation des candidatures de ces cinq constructeurs EPC, annonçant que les candidats potentiels pour la réalisation de cette ligne sont les suivants :

– Grid Solution SAS/ UK Grid Solution LTD (GE Vernova) ;

– Larsen & Toubro Limited ;

– PowerChina SEPCO 1 Electric Power Construction CO., Ltd ;

– Siemens Energy SAS / Siemens Energy Global GnbH & Co KG ;

– TEBA Co., Ltd.

Le BOOT abandonné, quid du financement de cette ligne ?

Le processus BOOT, jusque-là reporté à plusieurs reprises, ne sera finalement pas poursuivi. En abandonnant le BOOT, l’ONEE devra ainsi assurer le financement de cette infrastructure, dont la valeur de l’investissement est estimée entre 25 et 30 milliards de DH. Pour ce faire, les choix sont assez limités au vu de la situation financière de l’Office, lourdement endetté.

Les investissements dans les infrastructures de transport sont très capitalistiques et demandent de longues périodes pour leur amortissement.

Rappelons que l’ONEE a recouru en février dernier au premier fonds de dette réalisé au niveau national pour financer la centrale électrique Al Wahda, pour 4,2 MMDH, en nantissant les revenus futurs issus de la revente de l’électricité produite par la centrale.

Affaire à suivre…

Marjane ouvrira un hypermarché à Dakhla et un supermarché à Smara

Le groupe Marjane ne compte pas arrêter l’extension de ses activités à la ville de Laâyoune, chef-lieu du Sahara marocain. Il prévoit des ouvertures d’un hypermarché à Dakhla et d’un supermarché à Smara.

Selon une source autorisée, Marjane ouvrira un hypermarché et une galerie commerciale à Dakhla au quatrième trimestre de 2025.

« Le problème de l’assiette foncière et du financement a été surmonté et les travaux ont déjà commencé à Dakhla. Cela prendra une dizaine de mois de travaux et l’hypermarché ouvrira ses portes au 4ᵉ trimestre de l’année en cours », souligne notre source.

Quant à Smara, des études de faisabilité sont toujours en cours par les équipes de Marjane, mais tout porte à croire qu’il serait question de l’ouverture d’un supermarché dans cette ville marocaine, la plus proche des camps de Tindouf en Algérie (près de 80 km).

Smara est au-devant de l’actualité ces derniers temps en raison de l’ouverture imminente d’un nouvel axe routier qui va connecter le Royaume, depuis cette ville, avec la Mauritanie à travers plusieurs postes frontaliers.

Pour rappel, Marjane dispose déjà d’un hypermarché à Laâyoune, depuis mars 2024, et y a inauguré, le 26 février 2025, un impressionnant retail park. Ce dernier projet, pour le volet social, va créer quelque 1.000 emplois directs et indirects avec une priorité à l’embauche pour les jeunes de la ville.

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L’Institut panafricain pour le développement ouvrira bientôt son siège à Dakhla

Le Secrétaire général de l’Institut panafricain pour le développement (IPD), Emmanuel Kamdem, a souligné, mardi à Rabat, que le choix du Maroc comme siège permanent de cet institut témoigne de la place éminente qu’occupe le Royaume sur la scène diplomatique africaine et internationale.

S’exprimant lors d’un point de presse à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Emmanuel Kamdem a mis en avant l’importance stratégique de la ville de Dakhla, « passerelle entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du Nord », où sera établi le siège de l’IPD.

L’IPD, organisation internationale créée en 1964 et présente dans cinq pays (Cameroun, Zambie, Burkina Faso, Sao Tomé et Maroc), disposait jusqu’ici d’un siège en Suisse, a-t-il rappelé, ajoutant que le conseil d’administration a sollicité un accord de siège officiel au Maroc pour développer des programmes panafricains.

Soulignant la volonté du Royaume de soutenir l’IPD dans sa mission de formation, de recherche-action et d’appui-conseil, Emmanuel Kamdem a précisé que le Maroc est « une référence » en matière de développement et un pays d’inspiration à travers ses différents programmes performants et innovants.

L’IPD s’engage à valoriser et à diffuser les initiatives marocaines dans les autres pays d’Afrique, a insisté Emmanuel Kamdem, ajoutant que l’Institut entend aussi contribuer activement à l’émergence et au renforcement de la coopération Sud-Sud pour le développement global du continent.

Nouveaux accords pour renforcer la coopération culturelle entre la France et le Maroc

La ministre française de la Culture a tenu une conférence de presse ce mardi 18 février, marquant la fin de sa visite au Maroc. Accompagnée de Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Rachida Dati a souligné les avancées concrètes dans la coopération culturelle entre la France et le Maroc. Cette visite a permis de mettre en lumière plusieurs initiatives et projets destinés à renforcer les liens entre les deux pays dans des secteurs clés de la culture.

Rachida Dati a rappelé les accords majeurs signés lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron, notamment une feuille de route pour les priorités culturelles et un accord de coopération dans le domaine du gaming. Elle a détaillé les principales initiatives qui découlent de cette feuille de route, en particulier dans les secteurs des industries culturelles, du patrimoine, des bibliothèques, du livre et de l’intelligence artificielle.

 

Industries culturelles et cinéma

Dans le domaine des industries culturelles, plusieurs projets ont été annoncés, à commencer par l’inauguration d’une antenne de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma (ISMAC) à Dakhla. Ce projet s’inscrit dans un effort plus large pour former des étudiants marocains et africains aux métiers du cinéma, soutenu par des partenaires comme le Centre national du cinéma (CNC) et la Cinéfabrique.

Un accord important a été signé entre le Centre cinématographique marocain (CCM) et le CNC pour favoriser les échanges professionnels et la coproduction. Une première édition de rencontres de coproduction est d’ores et déjà prévue au Festival de Cannes 2025.

En matière de films restaurés, un partenariat entre la Cinémathèque marocaine et l’Institut français permettra de restaurer et d’organiser des événements autour de films emblématiques, dont La Falaise de Faouzi Bensaïdi, un des 100 films prioritaires à restaurer.

Concernant le jeu vidéo, la ministre a proposé la participation du Maroc au Game CreaLab francophone et a annoncé un projet de collaboration pour la création de la Cité du gaming.

Valorisation du patrimoine et des archives

Rachida Dati a également mis en avant des projets de valorisation du patrimoine historique marocain. Un accord entre le Centre des monuments nationaux et la Direction du patrimoine marocain prévoit la mise en valeur de sites historiques comme les grottes d’Hercule à Tanger, les grottes du Chameau et le site de Lieus. Un jumelage entre le site de Chellah et le château de Chambord est également envisagé.

Trois conventions ont été signées dans le domaine de l’archéologie et des archives, dont une collaboration entre l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP) du Maroc et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) français. Cela permettra d’intensifier la coopération scientifique et d’organiser des programmes communs sur des sites comme Dakhla et Es-Semara.

Un accord-cadre entre la Cinémathèque marocaine et les Archives de France facilitera la numérisation et la restauration de films historiques. Une autre convention renforcera les infrastructures archivistiques marocaines grâce à l’expertise des Archives de France en matière de législation archivistique et de normes de construction des bâtiments d’archives.

Soutien au secteur du livre

Dans le domaine du livre, un projet ambitieux a été lancé pour renforcer la coopération entre la Bibliothèque nationale de France (BnF) et la Bibliothèque nationale du Maroc (BNRM). Ce partenariat vise à valoriser les fonds documentaires respectifs, favoriser la numérisation des collections et organiser des formations. De plus, le Centre national du Livre a annoncé qu’il prendra en charge 70% des frais de traduction en français pour promouvoir les auteurs marocains de langue arabe en France.

Rachida Dati a également mis l’accent sur l’importance de l’intelligence artificielle pour les industries culturelles et a exprimé le souhait que la France et le Maroc collaborent dans ce domaine. Elle a souligné l’objectif commun de renforcer la coopération culturelle franco-marocaine en Afrique, notamment dans les secteurs du cinéma et de l’édition.

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Ligne THT Sud-Centre : un nouveau report pour le schéma BOOT ouvre la voie à la formation d’éventuels consortiums

« Suite à la préqualification des candidats ayant déposé une offre de candidature pour le schéma EPC (Engineering, Procurement, and Construction) de l’appel à manifestation d’intérêt pour ce projet stratégique, et afin de permettre aux développeurs de disposer des délais nécessaires à la constitution d’éventuels consortiums, la date limite de dépôt et d’ouverture des dossiers relatifs au schéma BOOT (Build-Own-Operate-Transfer) a été reportée », explique l’ONEE dans un communiqué. L’ouverture des plis est donc prévue pour le 2 avril prochain.

Rappelons que, dans le cadre du développement de cette liaison électrique, l’ONEE avait publié en août dernier un additif à l’AMI relatif à ce projet, qui avait introduit un nouveau mode de réalisation du projet et qui permet aux candidats intéressés de soumettre un dossier pour la réalisation du projet dans le cadre du schéma BOOT et/ou du schéma EPC.

La liste des opérateurs internationaux qui ont manifesté leur intérêt pour le schéma EPC a été dévoilée en novembre 2024. Il s’agit de GE Vernova (États-Unis), de Siemens Energy (Allemagne), de Power China SEPCO1 (Chine), de TBEA (Chine) et de Larsen & Tourbo (Inde).

Dans un autre communiqué, l’ONEE a également annoncé, ce 11 février, les résultats de l’évaluation des candidatures de ces cinq constructeurs EPC, annonçant que les candidats potentiels pour la réalisation de cette ligne sont les suivants :

– Grid Solution SAS/ UK Grid Solution LTD (GE Vernova) ;

– Larsen & Toubro Limited ;

– PowerChina SEPCO 1 Electric Power Construction CO., Ltd ;

– Siemens Energy SAS / Siemens Energy Global GnbH & Co KG ;

– TEBA Co., Ltd.

Les candidatures pour le schéma BOOT sont, elles, toujours en cours.

Bien que ce ne soit pas officiellement annoncé, des sources proches du dossier nous avaient expliqué, dans un article précédent, que l’ONEE œuvrerait à terme à trouver des complémentarités entre les soumissionnaires EPC et ceux du BOOT afin de déposer des offres communes.

La ville et le port de Dakhla seront reliés par train au reste du Maroc

Dans le cadre de la volonté royale de construire une ligne ferroviaire entre Tanger et Lagouira, qui permettra de relier le Maroc au reste de l’Afrique, l’ONCF a établi une feuille de route pour connecter les provinces du Sud, dont Dakhla, au reste du pays, apprend Medias24 auprès d’une source proche de l’Office.

Notre source précise que les détails des projets futurs d’extension du réseau seront connus après le Mondial 2030. Car le focus actuel est sur la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech et le renforcement des liaisons avec les villes du Mondial.

 Le schéma directeur prévoit de raccorder Dakhla au réseau ferroviaire national 

Notre source explique que le schéma directeur, qui prévoit dans un premier temps d’étendre la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech, a également pour objectif de densifier le réseau classique aux grandes villes du Maroc qui ne disposent pas encore de connexion ferroviaire au reste du pays.

« Des études de faisabilité ont déjà conclu à la nécessité de construire une gare ferroviaire à Dakhla pour développer le trafic des passagers, qui ne se fait que par route ou par avion, puis préparer le terrain aux échanges portuaires avec l’Afrique qui seront générés par le port de Dakhla Atlantique », indique notre source en ajoutant que l’édifice portuaire en cours de construction devrait être opérationnel avant 2029.

« Un projet qui commencera à prendre forme après l’extension de la LGV jusqu’à Agadir »

Devant notre insistance pour connaître l’agenda de la mise en service d’un chemin de fer desservant la capitale de la région Dakhla-Oued Eddahab-Lagouira, notre interlocuteur temporise avant de révéler qu’elle viendra « dans un deuxième temps », après l’extension de la LGV de Kénitra vers Marrakech, prévue en 2029, puis entre la ville ocre et Agadir, programmée à l’horizon 2035.

Une étape indispensable qui permettra de raccourcir la durée du voyage entre les villes d’Agadir et de Dakhla, qui sont séparées par 1.000 kilomètres de route et nécessitent quinze heures en voiture.

« Un raccordement ferroviaire nécessaire pour faire de Dakhla un hub régional clé »

En effet, à l’image du port de Tanger Med desservi par le rail depuis Kénitra pour faciliter les exportations de véhicules Renault, le futur hub portuaire majeur de Dakhla nécessite une ligne de chemin de fer pour développer les échanges commerciaux du Maroc avec l’Afrique subsaharienne.

Sa connexion au réseau ferroviaire est en effet un atout majeur pour améliorer la compétitivité logistique avec une réduction des coûts de transport routier, fluidifier le trafic du fret, renforcer l’intégration régionale, mais aussi accroître les échanges avec l’Afrique et le reste du monde.

Déjà bien positionné au niveau portuaire avec Tanger Med et le futur port de Nador West, ce raccordement permettra de renforcer la position géopolitique du Maroc comme point d’entrée du commerce transsaharien, et aussi de consolider son intégrité territoriale face aux tensions régionales.

L’IMIS décortique la success story de l’économie bleue à Dakhla

Ce policy paper, commandité par l’IMIS, sur la success story de l’économie bleue à Dakhla examine les voies et moyens nécessaires à l’amélioration des résultats socio-économiques de l’écosystème actuel, ainsi que les meilleures options pour relever cet ensemble de défis situés à l’intersection de la transition climatique, de la géoéconomie et de l’économie du développement.

En vingt ans, une transformation économique rapide et efficace

L’essor de cette économie bleue à Dakhla est un « exemple unique de transformation économique rapide et efficace ». En seulement vingt ans, la ville est passée d’un simple port de pêche à un hub industriel et logistique de premier plan.

Le choix de la région Dakhla-Oued Eddahab pour réaliser ce policy paper n’est pas anodin. Cette zone « porte en elle les caractéristiques marquantes pour la compréhension des facteurs clés de succès de la vaste opération d’industrialisation et de développement en moins de deux décennies ».

Mieux appréhender les ruptures

D’après le document, les travaux qui ont mené à ce rapport ont été réalisés d’octobre 2024 à janvier 2025. Les auteurs qui ont participé à cette étude sont le président du think tank IMIS, Abdelmalek Alaoui, l’avocate Ghalia Mokhtari, l’expert en stratégies de développement économique et énergétique Hicham Kasraoui, le consultant en communication Bechar Benmoumen, et le consultant en stratégie publique privée Victor Pauvert.

Ils ont croisé entretiens sur le terrain et études approfondies des enjeux du secteur pour l’inscrire dans son contexte national, régional, puis international afin de mieux appréhender les ruptures et permanences qui caractérisent « ce secteur ultrastratégique » pour l’économie, l’industrie, mais également la sécurité alimentaire.

Quelques chiffres témoignent de cette dynamique positive :

Quelles recommandations pour une meilleure durabilité ?

Les auteurs du rapport ont présenté dix recommandations, structurées en cinq blocs, afin de garantir la résilience et la durabilité de l’économie bleue marocaine.

Le policy paper souligne que l’économie bleue de Dakhla doit continuer à inspirer le monde. La ville démontre que développement économique et durabilité peuvent aller de pair.