DATA CAN 2025. Le Maroc dans la cour des grands, mais avec des marges de progression

Avant d’affronter la Tanzanie, le dimanche 4 janvier (17 h) à Rabat en huitième de finale, le Maroc a été l’un des pays ayant marqué de leur empreinte le premier tour de la Coupe d’Afrique des nations 2025, aussi bien sur le plan collectif qu’individuel.

Bien qu’ils n’aient pas fait preuve d’une immense force de frappe offensive, les Lions de l’Atlas font partie des équipes qui se sont créé le plus d’occasions dans la compétition. De l’autre côté du terrain, ils ont été solides défensivement.

Sans surprise, ces bonnes dispositions trouvent un prolongement dans les classements individuels. On y retrouve des joueurs comme Brahim Diaz, Azzedine Ounahi, Nayef Aguerd ou encore Noussair Mazraoui, qui fait partie, avec le Madrilène, du « Onze type » de la Confédération africaine de football (CAF).

Brahim Diaz, moteur de l’animation offensive du Maroc

En feu et décisif lors de tous les matchs du groupe A, Brahim Diaz a été le moteur de l’animation offensive du Maroc.

Il n’est pas seulement le meilleur buteur de la compétition avec Ayoub El Kaabi (3), c’est également un élément clé lorsqu’il s’agit de déstabiliser les blocs défensifs adverses et de créer des décalages.

Grâce notamment à sa capacité à dribbler (de même que Abdessamad Ezzalzouli) et à se projeter vers la surface. Mais aussi à sa qualité devant le but, où il cadre plus d’un tir sur deux.

Azzedine Ounahi, joueur ayant subi le plus de fautes du tournoi, s’est montré décisif dans la progression du ballon et la justesse dans les 30 derniers mètres adverses.

En témoignent ses passes décisives (2) et ses nombreuses passes qui cassent les lignes et font progresser les offensives de son équipe.

Dans le registre défensif, Neil El Aynaoui et Nayef Aguerd ont fait preuve de belles dispositions dans les duels défensifs, en particulier ce dernier. Mais les deux joueurs se rejoignent en termes de pourcentage de passes réussies.

Logiquement, Yassine Bounou n’a quasiment rien eu à faire dans cette phase de groupes, ne concédant qu’un seul but. Il a rassuré son équipe dans les rares situations où il a été sollicité.

L’équipe nationale a eu une intéressante maîtrise collective

Le Maroc a affiché de la régularité dans tous les secteurs du jeu. Collectivement, l’équipe se place dans le haut du classement sur presque toutes les statistiques.

Dans la construction du jeu, l’équipe nationale a eu une intéressante maîtrise collective. Avec 1. 564 passes tentées (1ᵉʳ) et 88,8 % de passes réussies (2ᵉ), les Lions ont su faire circuler le ballon; même si parfois cette circulation manquait de rythme et de fluidité lors des deux premières rencontres.

En termes de passes dans les 30 mètres adverses et de passes progressives, le Maroc figure parmi les meilleurs du tournoi. Des statistiques qui ont sans surprise impacté positivement le rendement offensif de l’équipe nationale.

Les Lions de l’Atlas ont marqué 6 buts, se classant 3ᵉˢ du tournoi, et affichent un xG de 6,39 (2ᵉ).

Avec 61 % de possession du ballon (2ᵉ), 43 tirs tentés (3ᵉ) et 59 centres (3ᵉ), le Maroc a souvent fait peser une menace sur l’opposant dans le demi-terrain offensif.

D’ailleurs, Brahim Diaz et ses coéquipiers ont touché 82 ballons dans la surface adverse, le meilleur total du tournoi. Preuve des difficultés des adversaires à contenir les mouvements marocains, ces derniers ont subi 63 fautes (1ᵉʳ).

 

Le Maroc est moins performant en haute altitude

En défense, le Maroc fait partie des équipes les plus solides de la compétition. L’équipe n’a concédé qu’un seul but (1ᵉʳ), avec un xG concédé de 1,36 (1ᵉʳ) et seulement 12 tirs subis (1ᵉʳ). L’intensité défensive mise reste l’une des plus élevées du tournoi (2ᵉ pour les challenges par minute de possession adverse).

Malgré ces performances solides, certains points restent à améliorer. L’efficacité devant le but reste limitée, avec un pourcentage de tirs cadrés de seulement 12,6 % (4ᵉ). Les duels aériens restent perfectibles, avec un pourcentage de réussite d’à peine 42,1 % (18ᵉ). La précision dans les passes en profondeur peut aussi être optimisée (18,2 %, 22ᵉ), ce qui permettrait de mieux exploiter les espaces derrière les défenses adverses.

Ces ajustements seront essentiels pour transformer la domination statistique en résultats concrets lors des phases à élimination directe. Une phase qui commence pour le Maroc par un huitième de finale contre la Tanzanie, le dimanche 4 janvier 2026 à 17 h, sur la pelouse du Complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat.

La Botola Pro décortiquée. Statistiques et comparaison avec les grands championnats

À force de consommer du football de haut niveau à la télévision, une question revient sans cesse. Que vaut réellement la Botola Pro, dont la saison 2025-2026 a débuté le vendredi 12 septembre ?

Si le succès de l’équipe nationale des joueurs locaux pendant le Championnat d’Afrique des nations offre déjà un premier indice sur le poids du championnat marocain sur l’échiquier continental, l’analyse des données statistiques permet d’aller plus loin et de mesurer la Botola face aux grandes ligues africaines et européennes.

À cet effet, Médias24 vous propose une analyse comparative de plusieurs indices de performance, allant de l’efficacité offensive à la solidité défensive, en passant par la qualité du jeu de passes et l’intensité des duels.

Alors qu’en Europe l’analyse se concentre sur les cinq grands championnats qui dominent le football mondial, en Afrique le choix s’est porté sur les ligues égyptienne, sud-africaine et tunisienne. Leurs clubs se distinguent en effet par une présence régulière dans le dernier carré des quatre dernières éditions de la Ligue des champions africaine.

Résultat, la Botola Pro se situe à mi-chemin entre les championnats africains et européens. Les statistiques de la saison 2024-2025 exposent une ligue compétitive, mais encore en retrait par rapport aux standards des grandes ligues européennes, surtout en matière de créativité, d’efficacité offensive et de volume de jeu.

 

Botola Pro: buts par match 2024/2025

Botola Pro: myenne de tirs cadrés par match 2024/2025

En termes de buts (1,06 par match), la Botola se classe derrière les ligues européennes majeures et même derrière la PSL sud-africaine (1,13). Le volume de tirs est globalement positif (9,3 par match), mais le pourcentage de cadrage (33,9%) reste en deçà de la Ligue 1 française (39,2%). Cela traduit un déficit de précision et de finition dans la zone de vérité.

Botola Pro: dribbles réussis 2024/2025

A contrario, le championnat national ne manque pas de bons dribbleurs qui ont la capacité technique pour déséquilibrer l’adversaire. En Botola, 17,3 dribbles sont tentés par rencontre. Loin derrière la Premier League (20,6), mais légèrement inférieur à la Bundesliga.

Sur le plan de la technique de passe, le taux de réussite est intéressant (79,7%). Il est même supérieur à celui du championnat tunisien (77,5%) et proche de l’Afrique du Sud (79,6%), mais encore loin des cadors européens.

Dans le dernier tiers du terrain, là où la pression est généralement la plus forte pour les joueurs puisqu’ils ont moins de temps et d’espace pour s’organiser, le pourcentage de réussite ne dépasse pas 65% au Maroc. Cela reste tout de même supérieur aux championnats sud-africains, mais en retrait de la Ligue égyptienne et de plusieurs compétitions européennes (jusqu’à 72,3% en Angleterre).

Ce manque de qualité technique et de confiance dans le camp adverse explique en partie pourquoi le jeu long est davantage privilégié au Maroc que sur le Vieux Continent. Toutefois, cela reste moins prégnant que dans les autres championnats africains précités. En matière de création d’occasions par la passe, la Botola reste en deçà du championnat égyptien et de l’ensemble des cinq grands d’Europe.

Ce qui dénote un déficit de joueurs créatifs, dotés d’une bonne vision de jeu et surtout d’une capacité à offrir des caviars aux attaquants. Dans l’ensemble, en termes de construction des actions, le nombre de ballons perdus (100,1 par match) reste élevé, ce qui trahit un manque de maîtrise technique et de continuité dans le jeu.

Avec 59 duels disputés par 90’ (63,3%), la Botola se révèle être une compétition rugueuse, où les contacts sont légion. L’intensité défensive est également marquée (5,8 challenges par minute de possession adverse), mieux que l’Angleterre (5,3) mais moins que la Tunisie (6,5).

Néanmoins, ce constat est à relativiser car, en Angleterre par exemple, les défenseurs sont beaucoup plus précis dans leurs interventions et n’ont pas besoin forcément de tacler pour récupérer les ballons. Les meilleurs joueurs défensifs restent ceux qui défendent debout sans aller au sol.

La multiplication des interventions défensives et des duels fait que la Botola concède 11,2 fautes par match, soit une moyenne légèrement supérieure aux grands championnats européens, mais largement inférieure à la Ligue 1 tunisienne.

En somme, la Botola est composée d’équipes solides défensivement et engagées physiquement, mais dont les joueurs offensifs manquent encore d’efficacité et de créativité dans la zone décisive.

Les chiffres dessinent un championnat supérieur aux ligues tunisienne et sud-africaine dans plusieurs catégories statistiques. Souvent, il surpasse également l’Égypte, mais demeure en retrait face aux cadors européens.

Près de 6 milliards de m3 dans les barrages, un niveau inédit depuis novembre 2021

Une situation en évolution

Le taux de remplissage des barrages est de 35,3% ce lundi 17 mars 2025. Un niveau que nous n’avions pas observé depuis novembre 2021, où le taux de remplissage avait atteint 35%.

En termes de volume, les réserves d’eau actuelles dans les barrages s’élèvent précisément à 5,94 MMm³, sur une capacité totale de 16,84 MMm³. Selon les données du ministère de l’Eau et de l’équipement compilées par Médias24.

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Une nette amélioration par rapport aux trois dernières années

Le taux de remplissage maximal actuel de 35,3% enregistré le 17 mars 2025 reste en deçà des niveaux historiques optimaux. Cependant, il représente une nette amélioration par rapport aux pics des trois années précédentes :

  • 32,9% (19 avril 2024) ;
  • 34,9% (19 mars 2023) ;
  • 34,4% (13 avril 2022).

Les réserves des barrages ont atteint en  mars 2025 un volume maximal de 5.944 Mm³ cubes d’eau, contre un maximum de 5.302 millions en avril 2024. Cette augmentation de 641 Mm³ représente une hausse de 12,1% par rapport au niveau maximal de l’année précédente.

De même, par comparaison au pic de 2023 (5.623 Mm³), le volume actuel représente une augmentation de 320 Mm³, soit une progression de 5,7%. Enfin, par rapport au maximum de 2022 (5 541,80 Mm³), nous observons une hausse de 401,97 Mm³, équivalent à 7,3% d’amélioration.

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Les barrages du Maroc ont accueilli plus de 200 millions de m³ d’eau depuis début mars

Au lundi 10 mars 2025, les barrages marocains affichent une amélioration de leur taux de remplissage par rapport au début du mois. Selon les données du ministère de l’Équipement et de l’eau, le taux de remplissage global est passé de 27,82 % à 29,08 %, enregistrant une augmentation de 1,26 point de pourcentage.

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Sur les dix premiers jours de mars, les barrages marocains ont enregistré une hausse globale de 212,17 millions de mètres cubes (Mm³), portant le volume total des réserves de 4.684,25 Mm³ le 1ᵉʳ mars à 4.896,42 Mm³ le 10 du même mois.

Cette amélioration est directement liée aux conditions météorologiques récentes. En effet, le Maroc a connu un début de mars particulièrement pluvieux et marqué par une succession de dépressions atlantiques ayant entraîné d’importantes précipitations et des chutes de neige sur les reliefs de l’Atlas.

Cette progression en volume constitue une contribution essentielle pour l’irrigation agricole et l’approvisionnement en eau potable. Pour bien mesurer l’importance de ce volume recueilli depuis début mars, il faut savoir que la ville de Casablanca consomme annuellement 220 millions de m3 d’eau potable.

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Parmi les barrages ayant le plus bénéficié des récentes précipitations, on note :

  • Sidi Mohamed Ben Abdelah : gain de 32,63 Mm³, le taux de remplissage est passé de 40,97 % à 44,32 % (de 399,37 Mm³ à 432,00 Mm³).
  • Ahmed Al Hanssali : gain de 18,62 Mm³, taux de remplissage passant de 4,78 % à 7,57 % (de 31,95 Mm³ à 50,56 Mm³).
  • Al Massira : gain de 18,16 Mm³, taux de remplissage passant de 2,26 % à 2,95 % (de 60,18 Mm³ à 78,33 Mm³).
  • Al Wahda : gain de 17,46 Mm³, portant le taux de remplissage de 38,28 % à 38,78 % (de 1348,50 Mm³ à 1365,96 Mm³).
  • Bin El Ouidane : gain de 15,30 Mm³, avec une progression de 5,12 % à 6,38 % (de 62,23 Mm³ à 77,53 Mm³).
  • Oued El Makhazine : gain de 13,48 Mm³, taux de remplissage passant de 68,96 % à 70,97 % (de 464,03 Mm³ à 477,50 Mm³).
  • Mohammed V : gain de 11,97 Mm³, taux de remplissage progressant de 43,90 % à 48,91 % (de 104,91 Mm³ à 116,88 Mm³).
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Les barrages du Maroc gagnent 3 points de remplissage en une année

Selon les données du ministère de l’Équipement et de l’Eau, arrêtées au 7 mars 2025, le taux de remplissage des barrages marocains a enregistré une hausse par rapport à la même période en 2024. L’ensemble des barrages affiche un taux de remplissage de 28,26%, contre 25,22% une année auparavant, soit un gain de 3 points de pourcentage.

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En valeur absolue, les retenues totales des barrages du pays ont vu leur volume de réserves passer de 4.066 Mm³ en 2024 à 4.759 Mm³ en 2025, enregistrant une hausse de 693 Mm³, selon les données du ministère de l’Équipement et de l’eau. A titre de comparaison, la ville de Casablanca consomme environ 230 à 240 Millions de m3 d’eau potable par an. L’eau potable consommée par les Marocains est de 1,7 milliard de m3 par an. La part issue des barrages est d’environ 1 milliard de m3 par an. Le reste provient des nappes phréatiques.

Cette amélioration globale du taux de remplissage s’explique par les récentes précipitations qui ont alimenté les retenues des barrages. Toutefois, la situation reste à surveiller en raison des besoins croissants en eau et des épisodes de sécheresse qui peuvent affecter ces réserves.

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Des hausses significatives dans certains barrages

Parmi les infrastructures hydrauliques ayant enregistré les plus fortes progressions, on note :

 

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Source : Ministère de l’Équipement et de l’Eau, traitement par Médias24. 

Maroc Telecom : CFG Bank valorise le titre à 105 dirhams malgré l’amende et le recommande à l’achat

Malgré les déboires judiciaires du groupe, Maroc Telecom affiche un bon potentiel en bourse d’après CFG Bank.

Dans une note sur la valeur, CFG Bank estime que le titre Maroc Telecom est sous-valorisé et dispose d’un potentiel de croissance de 14% à 105 dirhams, contre 92 dirhams à la mi-séance du 10 juillet.

La société de recherche précise dans sa note qu’elle conserve une approche conservatrice, en intégrant l’indemnité de 6,4 MMDH que l’opérateur devra verser à Wana Corporate sur les fonds propres du groupe. « Si toutefois le recours de Maroc Telecom s’avère concluant ou si le groupe parvient à négocier un montant inférieur, le cours cible serait d’autant plus élevé », estime CFG Bank.

Le potentiel de croissance du groupe en bourse est catalysé par plusieurs facteurs opérationnels.

Une activité internationale en bonne tenue portée par la data mobile

La dynamique de croissance du groupe à l’international affiche une croissance bien supérieure à celle observée sur le marché local. « Le chiffre d’affaires réalisé par les filiales africaines a augmenté selon un TCAM de 3,5% entre 2015 et 2023, contre un TCAM de -0,9% pour l’activité au Maroc sur la même période », note CFG Bank.

Les marchés africains où le groupe est présent, notamment le Burkina Faso, la Mauritanie et la Gabon affichent des taux de pénétration du téléphone mobile assez élevés avec, à l’instar du Maroc, une mutation des usages de la voix à la data mobile. Ainsi, l’opérateur cherche à consolider sa position sur ces marchés et à proposer d’autres services tels que la fibre (FTTH) et le mobile money.

D’autres pays comme le Togo, le Tchad ou encore le Niger disposent de taux de pénétration mobile encore faibles et affichent donc un fort potentiel de croissance pour Maroc Telecom. « De manière générale, nous estimons que le secteur des télécoms devrait encore présenter des opportunités intéressantes en Afrique à moyen et long terme. Nous pensons que les caractéristiques démographiques et économiques du continent devraient être les premiers drivers de la croissance du secteur des télécoms, spécialement le segment Mobile », précise CFG Bank.

Cette année, le groupe anticipe un chiffre d’affaires à l’international de près de 19 MMDH pour croître de 3% par an jusqu’en 2027 et atteindre 20,7 MMDH.

Une rentabilité opérationnelle saluée

IAM affiche l’une des rentabilités opérationnelles parmi les meilleures au niveau mondial, par comparaison à d’autres acteurs du secteur si on se concentre sur les activités au Maroc. « La marge d’EBITDA moyenne des opérateurs télécoms serait de 31% au niveau mondial et de 28% dans les pays émergents selon la base de données Damodaran ; alors qu’au cours des cinq dernières années, le groupe a enregistré une marge d’EBITDA consolidée variant autour des 52% après une stagnation sur la période 2014-2018 où elle s’établissait en moyenne à 49% », souligne CFG Bank.

Cette progression de la marge d’EBITDA du groupe a notamment été portée par la hausse de la marge sur les activités africaines qui est passée de 41,2% en 2019 à 44,1% en 2023. L’EBITDA au Maroc devrait légèrement décroître dans les années à venir, compensé par l’EBITDA en croissance dans les pays subsahariens. « In fine, la marge d’EBITDA consolidée devrait rester relativement stable en s’établissant à 52,3% en 2027, contre 52,7% en 2023. Profitant de la croissance de l’activité, l’EBITDA devrait augmenter selon un TCAM de 1,4% pour atteindre 20,4 MMDH en 2027″, précise CFG Bank.

Avec une meilleure dilution des charges de dépréciation et d’amortissement, l’EBIT consolidé devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 2% sur la période 2023-2027. « Nous estimons que le RNPG ajusté d’éléments exceptionnels (provisions, dons, pénalités/amendes, etc.) devrait rester relativement stable à court terme et s’établir à des niveaux similaires à celui observé en 2023. En 2026, il devrait cependant profiter de la non-reconduction de la Contribution sociale de solidarité pour enregistrer un bond d’environ 400 MDH », note la société de recherche. La marge nette du groupe devrait se positionner à 17% en 2027 contre 16,6% en 2023, avec un RNPG ajusté qui devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 2,1% sur la période 2023-2027.

Côté rétribution aux actionnaires, le groupe devrait afficher une amélioration du dividende par action dans les années à venir. « Il devrait croître selon un TCAM de 5,9% sous l’hypothèse d’un taux de distribution stable à 70%. Cette progression émane principalement de l’impact de certaines charges non récurrentes sur le RNPG en 2023, à savoir la provision de 500 MDH pour le litige avec Wana Corporate et le don de 700 MDH au profit du Fonds dédié à la gestion des effets du séisme d’Al Haouz, ainsi que la non-reconduction de la CSS en 2026 », conclut CFG Bank.

Le groupe note que ces prévisions peuvent être impactées par plusieurs facteurs, notamment le litige judiciaire entre Maroc Telecom et Wana Corporate.

D’ailleurs, ce mercredi 10 juillet ont été reprises par la presse des déclarations du management d’Etisalat, actionnaire majoritaire de Maroc Telecom à hauteur de 53%. Si le management a fait part de sa volonté de se conformer aux lois du pays, il déplore néanmoins un environnement réglementaire difficile qui « affecte négativement les perspectives d’avenir de nos investissements au Maroc ».

CAN 2023. L’équipe nationale jouit d’un large éventail de milieux axiaux (Data)

Parmi les internationaux amenés à accompagner Sofyan Amrabat au sein du triangle à pointe basse du milieu de terrain de l’équipe nationale, Walid Regragui a le choix entre deux milieux relayeurs (Ounahi, El Khannouss), deux milieux offensifs (Harit, Saibari) et Selim Amallah, dont les qualités techniques et la culture tactique lui permettent de couvrir les deux postes.

Un quintuplé d’internationaux talentueux qui symbolisent à leur manière une position stratégique et hybride. En effet, dans le football contemporain, les milieux de terrain ont l’obligation d’attaquer comme de défendre.

S’exprimant dans les colonnes du magazine The Blizzard, Roberto Martinez, actuel sélectionneur du Portugal, souligne que « l’importance de la conscience tactique varie en fonction du poste du joueur. Les milieux doivent être capables de lire le jeu ».

Les milieux axiaux ont donc aussi la mission de réguler le tempo du match de par leur position au cœur du jeu. Ils animent, inspirent et sont les détonateurs de l’animation offensive de leur équipe.

Altruiste par nature, le milieu de terrain axial pense d’abord aux autres avant de penser à lui. Et pour cause, les meilleurs relayeurs possèdent un sens du sacrifice aiguisé. Ils sont donc les éléments clés pour la bataille de la possession et de la récupération, ceux qui protègent la défense et alimentent les attaquants.

Justement, la disparition du poste de meneur de jeu (Riquelme, Rui Costa, Zidane) trouve sa source dans le besoin de polyvalence sur le terrain. De nos jours, il est impossible pour une équipe de ne dépendre que d’un seul joueur isolé, comme le fut Maradona à son époque par exemple. Une sorte de chef d’orchestre entre les lignes, qui marche pour se replacer et rechigne à se replier pour aider défensivement ses coéquipiers.

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Bilal El Khannouss, une culture tactique au-dessus de la moyenne

Aujourd’hui, mener le jeu demande non seulement de redescendre d’un cran sur le terrain, mais aussi de s’acquitter d’une part de travail défensif via un bon positionnement.

Autrement dit, c’est dans l’entrejeu que sont placés les joueurs les plus intelligents tactiquement. Selim Amallah est l’un des ambassadeurs de cette vision.

Le milieu de terrain du Valence F.C. brille par sa sobriété balle au pied, mais aussi par sa faculté à enrayer les attaques adverses par un placement efficace. En conséquence, il arrive à gratter et intercepter plusieurs ballons par match.

Dans le système défensif en 4-1-4-1 privilégié par Walid Regragui, le droitier a prouvé lors de la Coupe du monde 2022 son goût pour le combat et les replis défensifs. Tactiquement, il avait pour mission de fermer les lignes de passes intérieures en vue d’orienter le jeu adverse sur les côtés.

Dans la même veine, Bilal El Khannouss a lui aussi une culture tactique au-dessus de la moyenne, en dépit de son jeune âge. Sa technique sûre réduit ses pertes de balles dans les zones dangereuses et lui offre une panoplie individuelle pour se sortir des pièges tendus par les organisations défensives adverses.

Toutefois, le pensionnaire du KRC Genk doit s’améliorer dans la prise de décision par abus de précipitation. C’est également le cas de Azzedine Ounahi, qui a de très fortes chances d’être titulaire face à la Tanzanie, le mercredi 17 janvier à 18 h.

Des similitudes entre Amine Harit et Ismael Saibari

Rapide, technique, doté d’une bonne frappe, Azzedine Ounahi a beaucoup plus de qualités que de défauts. S’ils ne sont pas trop exposés défensivement, ces sauts de concentration lui valent quelques mauvais placements défensifs.

Toutefois, son maniement du ballon et ses dribbles sont d’une redoutable efficacité et lui ouvre des espaces qu’il dévore par des courses progressives rapides.

À moins que le sélectionneur national ne décide de titulariser Amine Harit en tant qu’attaquant sur l’aile gauche, le milieu offensif marseillais possède d’indéniables qualités pour déséquilibrer les blocs défensifs compacts qui tenteraient d’enrayer la mécanique offensive de l’équipe nationale. Grâce à sa vision de jeu périphérique, à sa qualité de passe, mais aussi à ses dribbles et à ses chevauchées balle au pied. De prime abord, le profil d’Amine Harit semble identique à celui d’Ismael Saibari.

Il y a effectivement plusieurs similitudes entre les deux joueurs. En revanche, le milieu du PSV Eindhoven se démarque d’abord par sa qualité d’appel entre les lignes, et surtout ses contrôles orientés.

Des contrôles toujours bien sentis et dans le sens du but qui, de surcroît, lui permettent d’éliminer toute une ligne défensive. En sus, Ismael Saibari est plus décisif dans le dernier geste, que ce soit à la passe ou au tir.

Data. Les championnats du Golfe riment-ils avec déclin sportif pour les internationaux marocains ?

Dans quelques heures, Walid Regragui annoncera la liste des internationaux qui participeront à la Coupe d’Afrique des Nations 2023 (du 13 janvier au 11 février) en Côte d’Ivoire. Il fait peu de doutes que les cadres seront de la partie, mais ont-ils réussi à maintenir un niveau de performance équivalent à celui du Mondial 2022 ? 

Si la question se pose, c’est parce que trois titulaires inamovibles du Onze national ont cédé à l’appel lucratif des championnats du Qatar et d’Arabie saoudite. Si Yassine Bounou, Romain Saïss et Sofiane Boufal jouissent d’une situation financière en or, sportivement, le niveau du football saoudien et qatari suscitent des craintes, surtout quant à la capacité de ces derniers à se maintenir au sommet. 

Qu’en est-il réellement ? Statistiquement, le déclin sportif de Saïss and Co n’est pas si évident. Pour étayer ces propos, il faut d’abord comparer le niveau réel des championnats d’Arabie saoudite et du Qatar par rapport aux ligues où évoluent les internationaux marocains concernés.

Pour les professionnels du ballon rond, les championnats des pays du Golfe se caractérisent par une hétérogénéité entre des clubs super puissants sportivement et financièrement, et d’autres entités dont les ressources sont plus limitées sur tous les plans. Le mercato de grande envergure réalisé par les clubs saoudiens et qataris les plus huppés lors de la dernière fenêtre de transferts estivale, n’a fait que renforcer un constat qui ne plaide pas, a priori, en faveur d’une compétitivité élevée.

Techniquement proche du football européen

Afin de situer le niveau de la Saudi Pro League et de la Qatar Star League par rapport aux championnats européens (Espagne, France, Turquie), Médias24 a sélectionné plusieurs critères techniques, tactiques et physiques : 

– Buts par match ; 

– Tirs par match ;

– Intensité des challenges* ;

– PPDA** ; 

– Passes réussies ;

– Moyenne d’âge.

Il s’avère que les championnats du Golfe n’ont pas usurpé leur réputation de creusets de joueurs trentenaires au crépuscule de leurs carrières. En effet, la Saudi Pro League présente la moyenne d’âge la plus élevée. Au pied du podium, on retrouve la Qatar Star League, devancée par le championnat turc. 

Sur le plan de la maîtrise technique, notamment par la passe, les joueurs évoluant en Arabie saoudite n’ont rien à envier aux pensionnaires des championnats européens. Même la Liga, réputée pour sa technique, présente un taux de passes réussies équivalent ou inférieur. En revanche, la ligue qatarie est à la traîne par rapport à celle d’Arabie saoudite.

Offensivement, le spectacle n’est pas moins au rendez-vous dans les pays du Golfe que sur le Vieux continent. Le ratio but par match est plus élevé en Arabie saoudite et au Qatar qu’en Espagne, Turquie et France. Cette donnée est toutefois à relativiser au vu de l’intensité défensive inférieure, surtout en Arabie saoudite. 

A la lumière de ces éléments, il est légitime de se demander si les performances des joueurs marocains qui ont récemment signé au Moyen-Orient ont été impactées par ce manque d’intensité défensive, qui s’avère être la principale ligne de démarcation entre deux styles de football pas si éloignés l’un de l’autre. 

Yassine Bounou plus décisif

Malgré une saison 2022-2023 riche en émotions, ponctuée par un parcours héroïque lors du Mondial 2022 et un titre en Europa League, Yassine Bounou a vécu une saison mitigée en Liga où il s’est sauvé de justesse de la relégation avec le F.C Séville. La faute à l’une des pires défenses de Liga dont la fragilité laissait le plus souvent le portier marocain livré à lui-même face aux attaquants adverses. 

Mais depuis son transfert au club saoudien d’Al Hilal, Yassine Bounou est auteur de prestations de haute volée. Présent dans le top 5 des meilleurs gardiens du championnat, le Golden Glove africain dirige d’une main de fer la meilleure défense de la Saudi Pro League. Ce n’est pas une surprise qu’Al Hilal soit leader à la mi-saison, avec sept points d’avance sur Al Nassr de Cristiano Ronaldo. 

Romain Saïss moins intraitable dans les airs 

Après une parenthèse de quelques mois en Turquie dans le club de Besiktas, en provenance de la Premier League (Wolverhampton), Romain Saïss a décliné plusieurs propositions, notamment en France (R.C Lens) pour poser ses valises au Qatar (Al Saad), avant d’être prêté quelques semaines plus tard au club saoudien d’Al Shabaab.

Intraitable dans les duels au sol, le capitaine de l’équipe nationale a également maintenu sa qualité de relances courtes ou longues. A contrario, il est moins souverain dans les airs que lors de son escapade turque. Une lacune compensée par une hargne et une lecture du jeu adverse légèrement en recul mais toujours au-dessus de la moyenne.

Sofiane Boufal et les grands espaces  

La signature d’un virtuose comme Soufiane Boufal au Qatar promettait aux fans de l’ailier marocain des dribbles et des actions d’éclats à foison. Sauf que l’aventure de l’ex angevins dans la Qatar Star League a d’abord été contrariée par une blessure qui l’a mis sur le carreau pendant plusieurs semaines. 

Son retour sur les pelouses s’est d’abord accompagné de prestations cahin-caha. Mais globalement, l’international marocain ne s’en sort pas trop mal. Certes le droitier est légèrement moins décisif, mais il réussit plus de dribbles et gagne plus de terrain balle au pied grâce à des courses progressives et à son talent, mais aussi à l’apathie et au manque d’intensité des défenseurs.  

Mondial féminin. Le parcours des Lionnes de l’Atlas en chiffres

Pendant la Coupe du monde 2023 en Australie et Nouvelle-Zélande, les Lionnes de l’Atlas ont réussi un parcours aussi surprenant qu’exceptionnel, dont les statistiques esquissent les contours d’un groupe dont la technique est à parfaire mais d’une remarquable combativité

Malgré l’élimination de l’équipe en huitième de finale de la Coupe du monde 2023 face à la France, la fierté et l’optimisme règnent. La fierté d’être sortie d’un groupe relevé en Australie. Une gageure pour une première participation à l’évènement planétaire. Cette aventure permet aussi au football national d’être optimiste face à l’avenir. 

Une combativité à toute épreuve

Certes, les protégées de Reynald Pedros ont subi deux importants revers, lors de leurs premier et dernier match. Entre-temps, elles ont fait preuve de pragmatisme. Pour résumer, les Marocaines n’ont pas été à la hauteur lorsqu’on s’y attendait, mais l’ont été au bon moment. Les deux succès glanés sur le plus petit des scores (1-0), contre la Corée du Sud et la Colombie, illustrent le réalisme de Chebbak and Co

Les Marocaines ont ainsi converti deux de leurs plus grosses occasions parmi les 12 tirs qu’elles ont cadrés en quatre rencontres. Des matchs où l’équipe nationale n’a pas une seule fois eu une possession supérieure à son adversaire (31% en moyenne)

Cette donnée dessine une prudence parfois exacerbée, mais aussi la capacité du technicien français à garder les pieds sur terre, en optant pour un plan de jeu en adéquation avec les qualités de son effectif. Justement, cette stratégie est basée sur un bloc défensif bas, voir médian, ainsi que sur une volonté de rapidement trouver la paire Lahmari-Jraïdi, les deux pointes du 4-4-2 sur lequel a misé R. Pedros

Cela dit, quand il fallait aller au-delà des considérations tactiques et mettre le bleu de chauffe, les Lionnes de l’Atlas ont répondu présent, réussissant la majorité des duels aériens ou au sol qu’elles ont disputés. Leur indiscipline leur a parfois joué des tours (plus de 11 fautes par match), à l’image de leur manque de précision balle au pied (4 passes sur 10 ratées). Sur ce point, la capitaine Ghizlane Chebbak est sortie du lot

Ghizlane Chebbak, auteure dexcellentes prestations

Il a fallu à la milieu de terrain de l’AS FAR attendre ses 32 ans et plus de 60 sélections cumulées avec l’équipe nationale pour goûter à la plus grande compétition sur la planète foot. Sa prestation a été à la hauteur de l’évènement. Chiffres à l’appui, elle a été de toutes les séquences réussies, même si elle n’a pas ouvert son compteur but en Coupe du monde. 

Ghizlane Chebbak a été quasiment la seule joueuse marocaine à tenter sa chance au moins une seule fois en direction du but adverse à chaque rencontre. Positionnée au sein du milieu de terrain, dans le double pivot qui est censé protéger la défense, Chebbak a fluidifié le jeu de son équipe et s’est baladée au quatre coins de la pelouse.

Sur le plan offensif, elle a été l’auteure de plusieurs tentatives et aussi de centres (2 centres par match). Mais c’est défensivement qu’elle a le plus brillé. Sa hargne et son dévouement lui ont donné la force de récupérer trois ballons par rencontre.

Elle s’est démenée pour défendre en taclant (7 par match), mais aussi en effectuant près de 30 pressings par rencontre sur le porteur du ballon adverse. La lecture du jeu de la capitaine de l’équipe nationale lui a également permis de réaliser jusqu’à trois interceptions par rencontre. Une prestation amplement aboutie qui place Chebbak parmi le gratin du football mondial.  

Une étude data révèle les profils des MRE originaires de Rabat

La ville de Rabat a accueilli vendredi 4 août la première édition du colloque « Diaspora Connect », tenu à l’Université Mohammed V de Rabat, sous le thème « Les chemins des possibles pour un développement local et régional : Jeunesse de la diaspora marocaine dans les perspectives et les attentes ».

L’événement, qui a rassemblé plus de 200 invités, a été organisé par la mairie de Rabat, en partenariat avec l’Association internationale des maires francophones (AIMF), qui assiste 100 maires africains dans la mobilisation de leur diaspora, à travers le programme panafricain « Invest in diaspora », lit-on dans un communiqué de l’association.

Intervenant lors du colloque, Samir Bouzidi, CEO d’Impact Diaspora, une start-up spécialisée dans l’ethno-marketing et la mobilisation 2.0 (via le digital, la data…) des diasporas du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, a dévoilé les principales conclusions d’une étude sur le profilage data de la diaspora marocaine originaire de Rabat.

Présents dans de nombreux secteurs d’activité 

Réalisée auprès d’un échantillon de 25.462 Marocains résidant à l’étranger (MRE) originaires de Rabat, identifiés sur LinkedIn, l’étude fait état de la présence transcontinentale de cette diaspora présente dans les pays d’accueil suivants : France, Espagne, Italie, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Canada, Etats-Unis, Arabie saoudite, Qatar et Emirats arabes unis.

Les MRE originaires de la capitale opèrent dans de nombreux secteurs, notamment les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), les services financiers, l’enseignement et la recherche, le consulting et les services aux entreprises, le sport, la culture et le tourisme, la santé, les médias et communication ainsi que les biens de consommation.

En France par exemple, 20,11% des personnes sondées ont déclaré opérer dans le secteur des NTIC, tandis que 13,91% interviennent dans les services financiers et 11,91% sont dans l’enseignement et la recherche.

En Espagne, 12,33% des MRE sondés ont affirmé opérer dans le secteur de l’enseignement et de la recherche, tandis que 11,17% d’entre eux exercent dans le secteur du consulting et des services aux entreprises. Enfin, 10,43% opèrent dans le domaine sportif, culturel et touristique.

En Italie, 14,31% sont dans l’enseignement et la recherche, contre 10,18% qui opèrent dans le consulting et les services financiers et 9,35% qui exercent dans les sphères sportive, culturelle et touristique.

Des statuts variés

Les statuts des MRE originaires de Rabat sont tout autant divers. Les principaux statuts de cette diaspora sont les suivants : ingénieur, étudiant, directeur, consultant, cadre financier, manager, assistant/coordinateur, chef de projet, agent de services, commercial et conseiller clients.

Si l’on prend les mêmes pays d’accueil cités plus haut, à commencer par la France, l’étude révèle que 25% ont un statut d’ingénieur contre 23% ayant un statut d’étudiant. Enfin, 5% sont des directeurs.

En Espagne, 12% des MRE sondés sont des étudiants, 10% sont des managers et 6% possèdent le statut d’ingénieur. En Italie, 14% ont un statut d’étudiant contre 7% de managers et 5% d’ingénieurs.

En conclusion de sa présentation, Samir Bouzidi a invité les décideurs en charge de la stratégie publique de mobilisation des MRE ainsi que des entités privées telles que les banques à intégrer davantage les potentialités du digital pour affiner la connaissance de la « mosaïque MRE » et mieux mobiliser leurs contributions individuelles et collectives.

Sur la base de modélisation ethno-marketing des MRE, il a prévenu que les MRE qui envoient aujourd’hui massivement de l’argent au Maroc pour aider leur famille diffèrent substantiellement de ceux qui pourraient, demain, investir ou apporter leurs compétences ou réseaux, lit-on encore dans le communiqué de l’AIMF.

Intervenant à son tour lors de cet événement, la maire de Rabat, Asmaa Rhlalou, a affirmé s’engager à mettre en place, prochainement, un guichet unique dédié à la diaspora au niveau de la mairie, afin de faciliter et libérer tous les potentiels. Les préparatifs sont déjà lancés avec les autorités de tutelle et celles en charge des MRE, conclut le communiqué.

Kinetix, la startup innovante qui transforme les mouvements vidéo en animation 3D

Fondée en 2020, Kinetix veut révolutionner l’industrie de l’animation en permettant aux créateurs de contenus visuels de transformer des mouvements vidéo en animation 3D. La technologie de Kinetix est capable d’extraire les données de mouvement à partir de vidéos et de les convertir en modèles d’animation 3D hautement réalistes.

Cette innovation offre de nouvelles possibilités pour la production de contenus visuels, particulièrement dans les domaines des jeux vidéo, de la publicité et de la réalité virtuelle. En effet, « plus besoin d’engager un acteur ou d’utiliser des programmes d’animation 3D », souligne Yassine Tahi, joint par Médias24. Techniquement, le logiciel utilise des algorithmes de pointe en deep learning et intelligence artificielle pour créer des personnages et des environnements réalistes, par l’extraction des mouvements d’une vidéo en 2D pour créer une animation en 3D.

Une empreinte dans le métavers

La startup a bouclé en mai 2022 une levée de fonds de 11 millions d’euros, menée par Adam Ghobarah, fondateur de Top Harvest Capital, avec la participation de plusieurs mondes virtuels et de leaders du Web3.

Cet investissement a pour objectif de continuer à innover et de poursuivre sa mission de simplification et d’automatisation de la plateforme d’animation 3D, et d’étendre sa présence sur le marché mondial en développant des partenariats de haut niveau comme Sandbox ou Decentraland, précise-t-on.

Cette levée de fonds en si peu de temps témoigne de « l’engouement que suscite notre technologie dans l’industrie de la production de contenus 3D grâce à l’intelligence artificielle », tient à souligner le cofondateur. Et d’ajouter : « Nous sommes bien positionnés pour poursuivre sa croissance et réaliser sa vision ambitieuse de transformer l’industrie du contenu 3D. »

Aujourd’hui, la technologie de Kinetix compte des dizaines de milliers d’utilisateurs dans le monde. Qui plus est, Kinetix veut marquer son empreinte dans les métavers, ce monde virtuel parallèle où chacun peut avoir son double numérique sous forme d’avatar, en animation 3D. Selon le réseau britannique d’entreprises PwC, spécialisé dans les missions d’audit, d’expertise comptable et de conseil, ce marché devrait rapporter 1 660 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici à 2030.

Kinetix veut rendre l’animation 3D accessible à tous

Le processus d’animation 3D étant souvent complexe et chronophage, impliquant la création de modèles, de textures, de mouvements et d’effets visuels, Kinetix souhaite faciliter la tâche aux animateurs 3D, et offre de nombreuses fonctionnalités pour les professionnels, mais aussi les débutants

« Notre objectif est de rendre accessible la création d’animation pour tous. On était auparavant sur le marché des professionnels, mais notre levée nous permet désormais de créer une technologie accessible à tous« , nous explique Yassine Tahi. L’usage des animations 3D s’applique, entre autres, à des domaines comme les films, les publicités et l’éducation.

« En rendant l’animation 3D accessible à tous, on permet aux utilisateurs de créer leurs propres mouvements pour qu’ils puissent les jouer dans des jeux afin d’exprimer leur personnalité », souligne notre interlocuteur, jeune entrepreneur qui baigne dans l’écosystème Tech depuis 2013.

L’envie d’entreprendre est revenue le titiller, sans doute influencée par ses multiples expériences dans des fonds d’investissement au Maroc et en France comme 212 Founders, Rocket Internet et Inskip, ou encore dans des organisations à l’esprit startup comme Google. Yassine Tahi a également cofondé en 2019 un think tank parisien, Paris Digitale, dont l’objectif est de rassembler, faire émerger et produire des idées en créant des passerelles entre l’univers startup et la vie publique en faveur du développement de l’écosystème tech à Paris et en région Ile-de-France.

En avril 2020, il se joint au programme Entrepreneur First, où il fait la rencontre de Henri Mirande. Ils sont tous deux experts dans leur domaine respectif : Yassine Tahi avec une formation en business et management à la London School of Economics and Political Science, Sciences Po et HEC Paris, et Henri Mirande, ingénieur en computer à Centrale Supélec, qui apporte son expertise à Dassault System en computer vision et animation 3D.

 

« Nous avons préféré opter pour le défi et l’adrénaline de la création d’entreprise dans un domaine que l’on maîtrise », lance le cofondateur. A deux, animés par la volonté d’avancer, ils ont développé une version bêta (MVP) début 2021 : une plateforme « no code » spécialisée dans la création de contenus visuels en 3D assistée par de l’intelligence artificielle. « Les créatifs ont commencé à générer des animations 3D de personnages en un rien de temps, à partir d’une simple vidéo 2D. C’est une véritable avancée technologique qui a déjà séduit de nombreux utilisateurs, qu’ils soient experts ou non », se targue le jeune cofondateur.

Une levée de 11 millions de dollars

En juin 2021, la jeune pousse lance la version Beta avancée. Elle fait alors un pas de plus vers la simplification et l’accessibilité de la création d’animations 3D. « Cette nouvelle version offre une expérience utilisateur améliorée, grâce à une refonte totale de la version beta et à l’ajout de nouveaux outils d’édition et de création intelligents. »

En février 2022, Kinetix a franchi un nouveau cap en s’associant avec le géant de l’édition de logiciels Adobe pour intégrer une sélection inédite d’animations et de personnages 3D Mixamo dans sa solution. Cette collaboration a permis aux créatifs d’accéder plus facilement à des outils performants pour accélérer leur travail.

La startup ne comptant pas s’arrêter là, elle continue à chercher de nouvelles solutions pour accélérer la démocratisation de son produit. En mai 2022, Kinetix lève 11 millions de dollars en Seed Funding pour favoriser « l’émergence de l’User Generated Content dans le Metaverse ».

Aujourd’hui, si Kinetix ambitionne de devenir une belle pépite de l’intelligence artificielle, c’est avant tout grâce à ses talents. Dans le Sentier, au cœur de Paris, Kinetix a pu attirer 45 ingénieurs créatifs, grâce à la levée de fonds, qui surfent sur les dernières tendances technologiques pour permettre aux spécialistes de l’animation 3D de mieux exercer leur passion de production de contenus visuels.

En deux ans, la startup a pu valider sa vision pour l’avenir de l’industrie de l’animation. « Nous sommes impatients de continuer à travailler avec nos clients dans plus de vingt pays pour leur offrir des solutions innovantes et repousser les limites de ce qui est possible en matière de création de contenu 3D », conclut le jeune entrepreneur.

Mahir Nayfeh (McKinsey) : « Pour se préparer à l’IA, il faut commencer par travailler sur la data »

Médias24 s’est entretenu avec Mahir Nayfeh*, Partner chez McKinsey, en marge de sa participation à la 1re édition des McKinsey Talks, qui s’est tenue le 15 février à Casablanca sur le thème « Comment l’intelligence artificielle pourrait affecter nos entreprises et la société au Maroc ».

Autres sujet abordé : la façon dont les salariés, les entreprises et les gouvernements doivent réagir face à la révolution que représente l’intelligence artificielle (IA), qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans le monde.

Médias24 : Quelles opportunités offre aujourd’hui l’intelligence artificielle aux entreprises ?

Ce à quoi nous assistons peut être assimilé à un grand changement, qui va se manifester à travers les différents environnements professionnels et les différents secteurs. Les applications de l’intelligence artificielle varient selon les secteurs, mais les fondations sous-jacentes communes sont liées à l’efficacité, la performance, la rapidité et l’agilité.

Pour les entreprises, l’intelligence artificielle fera la différence en termes de productivité. Pensez à ce que ChatGPT peut faire ! Il ne peut peut-être pas faire le travail à votre place, mais il peut au moins l’accélérer. L’intelligence artificielle générative est un premier exemple de la façon dont elle peut devenir un outil qui aide à faire les choses plus rapidement.

Quand on pense à l’intelligence artificielle dans le domaine de la fabrication industrielle, on pense à la capacité des machines à travailler avec l’humain pour améliorer la performance des opérations. Certains modèles peuvent par exemple prédire les pannes des équipements et permettre aux équipes de mieux gérer l’infrastructure.

L’un des prérequis, c’est de travailler sur la data, sur les informations qui peuvent par la suite parler aux ordinateurs. C’est vraiment là que le gap se situe actuellement.L’IA peut aussi aider à automatiser les activités. Du côté du back office, elle peut réduire considérablement la quantité de paperasse que vous aviez l’habitude de générer et devenir plus efficace.

Ce sont là quelques exemples des changements auxquels nous sommes en train d’assister. Il faudra aussi réfléchir à la façon dont les machines et les humains peuvent travailler étroitement ensemble, puisque les machines font des choses de plus en plus avancées et compliquées.

Comment les entreprises et les organisations peuvent-elles se préparer à cette révolution ? 

Dans les pays de la région MENA, je pense qu’il y a une certaine conscience du potentiel de l’IA. Le problème, c’est que plusieurs organisations et pays ne sont pas encore totalement digitalisés. L’un des prérequis est donc de travailler sur la data, sur les informations qui peuvent par la suite parler aux ordinateurs. C’est vraiment là que le gap se situe actuellement.

Les gens voient la valeur ajoutée que peut apporter l’IA et constatent que les choses changent rapidement autour d’eux, mais ils se demandent encore ce qu’ils peuvent faire pour avancer. C’est pour cette raison que l’accélération de la digitalisation des entreprises est plus que jamais importante.

Quand on parle intelligence artificielle et machine learning, il s’agit d’entraîner la machine sur des modèles et des comportements, puis de lui permettre d’apprendre, de s’améliorer et d’aller de l’avant.

La chance du Maroc, c’est qu’il possède ce capital humain que bien d’autres pays sont obligés d’importer.

Prenons l’exemple du Deep Blue [un super-ordinateur spécialisé dans le jeu d’échecs, ndlr]. Ils ont commencé par lui apprendre les différents modèles, puis la façon dont les autres jouaient… C’est ainsi qu’il a appris et a commencé à s’améliorer.

Lorsque je souhaite intégrer l’IA ou le machine learning à mon business, je dois lui apprendre mon business. Et pour cela, il faut que je dispose de la data d’une façon telle que je puisse le lui apprendre. Ensuite, la machine apprend et commence à produire.

A ce sujet, il y a deux volets à prendre en compte. Si on parle d’un point de vue sectoriel ou métier, il faut commencer par l’accélération de la création de data tout au long de la chaîne de valeur, et de la conversion du papier. C’est ainsi que l’on pourra mieux se positionner pour adopter la nouvelle technologie.

Nous en parlions avec des dirigeants de PME à Dubaï, qui disaient qu’ils voulaient bien mais qu’ils ne savaient pas par où commencer. « J’entends tout le monde parler d’automatisation et de digital mais je ne sais pas comment faire », disaient-ils.

C’est aussi du côté des salariés qu’il y a beaucoup d’opportunités. L’avantage qu’a le Maroc sur d’autres pays, comme les pays du Golfe notamment, c’est que sa population a un fort potentiel, notamment en termes d’éducation aux mathématiques et aux sciences.

Le Maroc dispose de ce capital humain que bien d’autres pays sont obligés d’importer. Dans les pays du Golfe, il y a une forte dépendance à l’importation des talents. Le Maroc a toute la capacité à créer des entreprises dans le digital, vu qu’il y a des personnes compétentes dans le développement informatique, les mathématiques, les sciences, etc.

On ne peut pas attendre que tout soit digitalisé dans l’entreprise pour commencer à adopter l’IA. Ce pourrait être trop tard.

Là encore, il est question d’accélérer pour construire une forte base de talents qui peuvent soutenir les entreprises et l’économie. Je pense que c’est un grand avantage, une ressource naturelle non plafonnée, que plusieurs autres pays n’ont pas la chance d’avoir.

Il y a une très forte pénurie mondiale de data scientists, comme pour la cybersécurité. Ils sont introuvables ! Je pense que pour le Maroc, tout le challenge est de préserver cet avantage concurrentiel.

Ce qui se passe, c’est que tous ceux qui sont bons partent en Europe parce qu’il y a là-bas une forte demande. Si l’on peut créer plus de demande au Maroc, en invitant les entreprises et les administrations à adopter l’IA, alors il est possible de répondre à cette demande par ses propres talents.

Pour bien comprendre, vous recommandez de commencer par la digitalisation, la data et les talents ?

Ça fonctionne par étape : il y a l’étape de la découverte, où il est question d’expérimenter seulement. Ensuite, l’étape de la digitalisation, puis celle de l’industrialisation. Enfin, il est question de monter en échelle jusqu’à la généralisation, de telle sorte que le digital devienne la nouvelle norme.

On n’est pas obligé de tout digitaliser à la fois. Il faut commencer par les choses qui sont importantes pour vous. Il faut se concentrer sur la chose qu’il est important d’améliorer, commencer à la digitaliser, et ainsi de suite pour avancer. On ne peut pas attendre que tout soit digitalisé dans l’entreprise pour commencer à adopter l’IA. Ce pourrait être trop tard.

Peut-on adopter une stratégie wait and see ? Voir d’abord ce que cela donne chez les concurrents, puis réagir en conséquence ?

Plus vous attendez, plus vous allez prendre du retard. On n’est pas en train de parler de technologies qui sont encore à prouver.

Les choses se présentent ainsi. Ce que nous faisons aujourd’hui n’est pas très différent de ce que nous faisions il y a vingt ans. La différence, c’est que, maintenant, je peux le faire à grande échelle et rapidement parce que la technologie et l’infrastructure le permettent.

Ce je voulais faire il y a vingt ans, qui aurait pu prendre à mon ordinateur un mois, je peux désormais le faire en cinq minutes. La révolution est là, parce que la technologie qui rend cela possible est déjà disponible.

Les employés qui vont apprendre à tirer profit de l’IA et l’utiliser seront le plus à même d’avancer dans leur position.

Mais dans le fond, ce sont les mêmes problèmes que les entreprises ont toujours essayé de résoudre, qui sont en rapport avec l’optimisation, l’efficacité, etc. C’est juste que désormais, on peut le faire plus rapidement.

Si vous me demandez si l’on doit attendre la prochaine grande phase, je réponds ‘non’, puisque quoi que je veuille faire, il faut que j’aie la data, il faut digitaliser. Avec le temps, ces algorithmes vont s’améliorer, et le gap risque de devenir encore plus grand. Si vous n’agissez pas maintenant, vous risquez de devenir obsolète, car les concurrents qui seront déjà automatisés, agiles, rapides, seront beaucoup plus productifs et compétitifs.

Comment les entreprises doivent-elles préparer leurs ressources humaines, qui n’ont pas forcément des compétences IT, à ces changements ? Les employés se font du souci aussi pour leurs emplois, ils se demandent si l’IA ne va pas les remplacer…

Beaucoup d’entreprises sont en train de songer à monter en compétences pour leurs ressources humaines. Tout le monde ne deviendra pas data scientist ou ingénieur IA, mais l’important est d’apprendre aux salariés à travailler avec ces modèles pour mieux accomplir leur tâches.

Il y a donc un travail de montée en compétences à faire, essentiellement sur la compréhension du digital et des outils qui sont développés.

Je pense que les gens ne doivent pas se considérer en concurrence avec les machines. Vous pouvez assister actuellement à beaucoup de discussions sur ChatGPT,  s’il va remplacer les enseignants par exemple. Ceux qui vont apprendre à tirer profit de la technologie et l’utiliser seront le plus à même d’avancer dans leur position.

Je pense que dans ce nouveau monde, avoir ses propres ingénieurs data est fondamental si vous  voulez réellement transformer votre organisation. C’est aussi plus efficace en matière de coût à long terme.

On aura toujours besoin de data scientists et d’ingénieurs IA, mais la grande majorité des employés ne le seront pas. C’est un effet multiplicateur, il y a ceux qui construisent les modèles, et il y a ceux qui doivent travailler avec ces modèles.

Les entreprises doivent raisonner ainsi : il y a une maturité digitale que je dois créer au sein de mon entreprise ; il y a des gens que je dois préparer ; il y a des gens qui doivent monter en compétences pour devenir plus efficace en utilisant la technologie.

Ce n’est pas forcément un remplacement des employés par des robots. Certes, avec l’automatisation, tu peux faire des choses avec moins de gens, mais je ne pense pas que ce serait la seule façon de faire.

 

– Une entreprise non technologique doit-elle avoir des talents IT en interne pour mener ses projets ou bien s’appuyer sur des cabinets de consulting comme le vôtre ? Que préconisez-vous ?

Même quand on travaille avec nos clients, on les aide à construire leurs propres capacités en interne. C’est un avantage concurrentiel. Vous devez avoir des talents et des capacités en interne.

Si des sociétés en externe peuvent aider, cela vous donne une capacité supplémentaire. Cela dépend de la taille de votre organisation. Si vous êtes l’OCP, vous devez avoir vos propres équipes data qui travaillent dessus.

Si vous êtes plus petit, il faut quand même en avoir, tout en se faisant aider par des talents externes, parce que ce sera plus logique financièrement parlant. Mais je peux vous assurer qu’il est très important d’en avoir en interne. Vous n’avez pas besoin d’une armée de gens. Le dimensionnement dépend de votre organisation et combien de modèles vous voulez construire.

Je pense que dans ce nouveau monde, avoir ses propres ingénieurs data est fondamental si vous voulez réellement transformer votre organisation. C’est aussi plus efficace en matière de coût à long terme.

Il faut y penser de cette manière. Ce n’est pas comme quand vous achetez une voiture ; quand vous construisez un modèle, vous avez tout le temps besoin de gérer et de contrôler pour maintenir ce modèle, parce que vous avez besoin de lui fournir plus de data, le réentraîner et le mettre à jour. Parce que si vous construisez un modèle aujourd’hui, basé sur la data d’une année auparavant, le modèle peut apprendre de ce qui s’est passé durant l’année précédente. Donc vous avez besoin de mettre à jour continuellement le modèle, et la seule façon de le faire est d’avoir vos propres data scientists. Donc il faudra savoir équilibrer, mais, nous, quand on travaille avec des clients, nous nous concentrons sur comment ils peuvent construire leurs propre capacités.

 

– Comment voyez-vous le rôle des gouvernements pour accompagner ces changements ?

Tous les gouvernements n’ont pas encore commencé à penser à l’intelligence artificielle comme un avantage concurrentiel pour leur pays.

Les gouvernements doivent investir dans les choses les plus importantes pour le pays et qui feront la différence. L’intelligence artificielle en est une. Il faut par exemple réfléchir comment construire cette nouvelle génération de data scientists.

Les gouvernements doivent se concentrer sur les secteurs stratégiques. Comment on peut encourager les gens à innover et à produire de la connaissance et de la technologie qui va soutenir les secteurs les plus importants pour l’économie. C’est peut-être l’agriculture, l’industrie ou le tourisme, alors que faire des choses pour l’espace pourrait ne pas être particulièrement important pour le Maroc.

Puis il faudra aider à créer des organisations et des entreprises technologiques qui vont servir ces secteurs.

Pendant les cinq dernières années, pas moins de 18 stratégies nationales pour l’intelligence artificielle ont été développées au niveau mondial.

Un autre volet pourrait être celui de la législation. Il y a beaucoup de questions et de préoccupations sur l’intelligence artificielle, des questions liées à l’adaptation à la société marocaine, la gouvernance, etc. Donc il faut être proactif, on ne peut pas interdire sans comprendre profondément la technologie et la mettre en perspective avec le contexte marocain.

Il faut répondre à des questions comme : quelles données est-il permis d’exploiter ? Comment peut-on les utiliser pour prendre des décisions ? etc. Il faut prendre le temps d’étudier avec beaucoup d’attention ces données.

Un dernier volet concerne l’infrastructure, comme par exemple pour la 5G qui facilite la transmission des données, ou les ressources cloud qui permettront aux personnes d’innover et de créer.

Ce sont des domaines sur lesquels les gouvernements se sont concentrés pour faciliter la création d’un écosystème de l’intelligence artificielle au sein de leur pays.

 

– Le Maroc est un pays qui s’intéresse à la compétitivité de son économie. Le fait d’aider les entreprises et les administrations à adopter l’intelligence artificielle serait-il un facteur de compétitivité sur lequel le gouvernement pourrait travailler ?

Pendant les cinq dernières années, pas moins de 18 stratégies nationales pour l’intelligence artificielle ont été développées au niveau mondial. Donc, les pays la considèrent comme un avantage concurrentiel. Il s’agit là des pays les plus avancés : les Etats-Unis, la Chine, Israël… tous accordent une grande importance à l’IA.

Un exemple simple, dans l’agriculture, l’IA peut aider dans la gestion des sols, l’utilisation des pesticides, etc. L’IA sera présente partout et aura un grand impact sur les différents secteurs.

Dans l’industrie, l’Arabie saoudite investit des centaines de millions de dollars dans la dynamisation de sa plateforme industrielle pour l’adapter à l’industrie 4.0. Les pays y voient un moyen sérieux de rester compétitifs au niveau mondial.

On ne peut pas le faire tout seul, surtout si vous n’êtes pas un pays comme les USA où les entreprises et l’environnement académique sont un catalyseur naturel. Dans les autres pays, il faut trouver la recette pour l’aider à croître jusqu’à ce qu’elle commence à se développer par elle-même.

 

– Des pays comme le Maroc et ceux de la région MENA peuvent-ils être producteurs d’IA et pas seulement consommateurs ?

Il faut distinguer deux choses, l’outil IA et l’application de l’IA. Il est possible de créer une société qui va fournir des modèles d’IA, ou être une entreprise qui adopte l’IA. On n’a pas forcément besoin d’être producteur d’IA dans le sens général.

Là où il y aura le plus de valeur ajoutée, c’est dans l’adoption de l’IA. Si l’on voit la part du secteur des TIC dans les différents pays, c’est généralement très petit, pas plus de 5% à 10%. Mais dans les autres secteurs qui occupent une plus grande place dans l’économie, les TIC jouent un rôle de catalyseur.

 

– Les Européens se plaignent de ne pas avoir leur propre GAFA ; pourtant vous dites que le plus important, c’est le rôle que peut avoir la technologie pour faire avancer les autres secteurs de l’économie…

Oui, combien de Google et Apple peut-on avoir dans le monde ? L’aspiration ne devrait pas être de créer un autre Google ou Apple, mais plutôt de créer une technologie qui soit pertinente pour l’économie nationale.

Si vous pensez à un pays comme le Maroc, il peut y avoir une société technologique d’intelligence artificielle qui sert son marché national. Mais il est difficile de créer ce genre d’entreprises technologiques qui ont une portée internationale.

Je pense que ce n’est pas là où il y a le plus d’intérêt, parce que plusieurs autres pays ont essayé d’avoir des champions nationaux dans les TIC et ils ont beaucoup de mal, ce n’est pas facile.

 

* Mahir Nayfeh est associé chez McKinsey depuis 2017. Basé à Abu Dhabi, il est membre de l’équipe Digital et Analytics et dirige les efforts de cybersécurité de la firme en Europe de l’Est, au Moyen-Orient et en Afrique. Avec plus de trente ans d’expérience dans le domaine de la technologie, il conseille les clients du secteur public et privé sur la mise en place de solutions dans les domaines de l’analyse avancée et de l’IA, de la cybersécurité et du numérique.