De Mistura reçu par le président mauritanien

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la tournée qui précède le briefing traditionnel prévu le 14 avril au Conseil de sécurité.

Pour rappel, cette tournée régionale englobe généralement le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie. Le 24 mars dernier, Staffan de Mistura avait été reçu à Rabat par Nasser Bourita. Lors de cette rencontre, le chef de la diplomatie marocaine a réaffirmé la position du Royaume : aucune solution au conflit du Sahara ne peut être négociée et acceptée en dehors de l’intégrité territoriale du Maroc et de sa souveraineté.

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Omar Hilale : « De Mistura doit démontrer l’autorité nécessaire afin de relancer le processus des tables rondes »

Lors de sa rencontre avec la presse à l’issue de l’adoption de la nouvelle résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara marocain, Omar Hilale a souligné que « le mandat de l’Envoyé personnel pour le Sahara est la facilitation de la solution entre les parties », insistant que pour réaliser des progrès significatifs, l’Envoyé personnel doit mettre en œuvre son mandat de facilitation » conformément à sa lettre de nomination par le Secrétaire général ainsi qu’aux résolutions du Conseil de sécurité ».

M.Hilale s’est référé au « guide de l’ONU pour la facilitation des négociations », qui contient « des informations claires sur le rôle des facilitateurs, dont le premier principe est de s’atteler à mettre en œuvre son mandat et le deuxième est de faire preuve d’autorité ».

Le diplomate marocain a appelé l’Envoyé personnel à démontrer l’autorité nécessaire afin de relancer le processus des tables rondes. « Nous lui demandons d’appliquer son mandat et d’agir avec autorité. L’a-t-il fait ? Nous ne le pensons pas », a-t-il déclaré.

« Nous encourageons l’Envoyé personnel à faire usage de son autorité de manière efficace, plutôt que d’obtempérer au refus de l’Algérie », a martelé l’ambassadeur marocain, ajoutant que les anciens envoyés personnels, Christopher Ross et Horst Köhler, n’ont jamais demandé l’avis de l’Algérie et des autres parties, ni sur les dates, ni sur les lieux des négociations, pour convoquer respectivement, les consultations de Manhasset et les tables rondes de Genève. « Nous attendons que M. de Mistura agisse de la même manière, et fasse preuve d’autorité », a-t-il affirmé.

En réponse à une question sur la lecture du Maroc de la déclaration de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara marocain, Staffan de Mistura, dans son dernier briefing au Conseil de sécurité, de réévaluer le rôle des Nations Unies sur la question du Sahara en l’absence de progrès dans les six prochains mois, M. Hilale a répondu que « la réévaluation du rôle de l’ONU sur la question du Sahara ne le regarde pas et ne relève pas de son mandat. Elle relève du mandat du Secrétaire général et des membres du Conseil de sécurité ».

Concernant l’évaluation de la situation, l’ambassadeur Hilale a précisé que « le Maroc ne cherche pas à évaluer le rôle de l’ONU », en insistant que « le succès du progrès en avril prochain sera mesuré par la tenue ou non de tables rondes à Genève”.

A ce titre, M. Hilale s’est référé à la récente déclaration de la Suisse, exprimant sa volonté d’accueillir la troisième série de tables rondes. « Nous avons le lieu. Ce qui manque maintenant, c’est l’autorité de l’Envoyé personnel et la mise en œuvre de son mandat », a-t-il conclu.

(Avec MAP)

De Mistura a proposé un « plan de partition du Sahara »

Lors d’une réunion d’information à huis clos (Briefing) avec le Conseil de sécurité, le mercredi 16 octobre, Staffan de Mistura, cité par l’agence Reuters, a déclaré que la partition « pourrait permettre la création d’un État indépendant dans la partie Sud et, d’un autre côté l’intégration du reste du territoire au sein du Maroc, avec la souveraineté sur celui-ci reconnue internationalement ».

Ni le Maroc ni le polisario n’ont accepté la proposition, a déclaré De Mistura lors du briefing, selon les propos relayés par la même source.

Le Secrétaire général de l’ONU devrait reconsidérer l’utilité de son rôle d’envoyé si aucun progrès n’est réalisé dans les six mois, a déclaré De Mistura.

Alors que le plan d’autonomie du Maroc gagne du terrain, De Mistura a, le mercredi 16 octobre, exhorté Rabat à « expliquer et élargir » sa proposition, poursuit la même source.

Sahara : à New York, Bourita rappelle à De Mistura les 4 fondamentaux de la position du Maroc

Cet entretien, qui s’est déroulé en présence de l’ambassadeur, représentant permanent du Royaume du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, a été l’occasion d’exposer la dynamique internationale actuelle impulsée par le roi Mohammed VI en soutien à la souveraineté du Royaume sur son Sahara et portée par de nombreux pays, en faveur de l’Initiative marocaine d’autonomie, poursuit le communiqué.

A cette occasion, la délégation marocaine a réitéré les quatre fondamentaux de la position du Royaume au sujet du Sahara marocain, tels que définis par le Roi :

1-Le soutien aux efforts du Secrétaire Général et de son Envoyé personnel pour une solution politique réaliste, pragmatique, durable et basée sur le compromis;

2-L’autonomie, sous souveraineté marocaine, comme seule et unique solution à ce différend régional;

3-Les tables rondes avec la participation de toutes les parties, notamment l’Algérie, comme seul cadre de ce processus, et ce conformément à la résolution 2703 du Conseil de Sécurité, du 30 octobre 2023;

4-Le respect scrupuleux du cessez-le-feu par les autres parties comme préalable à la poursuite du processus politique.

M. De Mistura aura, également, des entretiens avec les autres parties, à New York, conclut le communiqué.

Sahara : la surprenante visite de De Mistura à Pretoria suscite des interrogations

Ce mercredi 31 janvier, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU donnait son point de presse quotidien. Des questions lui ont été posées au sujet de la visite à Pretoria que vient d’effectuer Staffan de Mistura, envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara. Des journalistes s’interrogeaient sur le sens à donner à cette visite. Les réponses ont été générales et non convaincantes.

Stéphane Dujarric, le porte-parole, a affirmé que le mandat de l’Envoyé personnel, consistait « à parler à qui il pense devoir s’adresser, aux États membres et à d’autres ». Il a ajouté que « certaines choses doivent être engagées dans une diplomatie discrète. Et parfois, il faut faire les choses sans embarras. De Mistura rend régulièrement un rapport au Conseil de sécurité ».

La visite de De Mistura en Afrique du Sud, « à l’invitation du gouvernement sud-africain », va « compliquer davantage le dossier du Sahara« , nous déclarait, le mercredi 31 janvier, Ahmed Faouzi, ancien diplomate et analyste diplomatique. Notre interlocuteur estimait toutefois qu’il fallait attendre la fin de la visite, et toute communication éventuelle autour, pour pouvoir se faire une opinion définitive. C’est désormais chose faite, puisqu’en plus de la « déclaration » du porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères a également donné sa version.

La version sud-africaine

Grace Naledi Mandisa Pandor, la ministre sud-africaine qui s’est réunie avec De Mistura, a livré une déclaration citée par la presse sud-africaine, qui relève davantage de la propagande et des incantations que de la rationalité.

« Aujourd’hui, j’ai eu une réunion vraiment excellente avec l’envoyé personnel du Secrétaire général Staffan de Mistura. Cela ne fait que poursuivre le rôle que nous espérons jouer pour faire progresser la cause de ceux qui continuent de souffrir de préjudices et de désavantages. En tant que Sud-Africains, nous devons tous travailler dur dans la lutte contre l’apartheid, et nous devrions nous rappeler que beaucoup ont été solidaires avec nous à l’échelle internationale [Ce fut le cas du Maroc, mais elle semble l’oublier, ndlr]. Ainsi, nous estimons aujourd’hui, en tant que Sud-Africains, que nous devons soutenir les autres qui sont opprimés. La manière dont nous avons mené notre lutte pour la liberté nous impose une obligation particulière de faire de même pour les autres, et non pas simplement de profiter de notre liberté et d’avoir accès aux droits de l’Homme, ainsi qu’à une large gamme d’opportunités offertes par la liberté. Il est important de prendre en considération ceux qui ne bénéficient pas de ce que nous avons, et certains d’entre eux ont peut-être même soutenu notre cause alors qu’ils vivaient dans des conditions difficiles. C’est dans ce contexte que je pense que nous assumons certaines de ces obligations. On me demande souvent pourquoi, et j’essaie d’expliquer cette responsabilité particulière que l’Afrique du Sud a de promouvoir cette notion de solidarité internationale, et comment nous devons désormais faire vivre ce concept en façonnant également la solidarité internationale dans l’intérêt des autres ».

L’analyse d’Ahmed Faouzi

« La ministre n’a pas dévié de la politique que mène l’ANC en soutien aux soi-disant peuples opprimés selon la doxa sud-africaine. Si cette politique dogmatique est poursuivie par ce parti, c’est toute l’Afrique qui en paiera les frais par l’irruption de nouveaux États. La réalité est tout autre, c’est que ce pays ne dispose pas de véritables partis politiques puissants comme l’ANC pour porter la contradiction et gouverner autrement. Je pense que De Mistura n’avait pas à se déplacer et aurait pu rencontrer la ministre sud-africaine à New-York ou ailleurs ».

« Un déplacement qui ressemble à une convocation »

« Son déplacement ressemble plus à une convocation pour lui dicter une démarche qu’à une invitation pour échanger sur un sujet qui ne concerne ni l’Afrique du Sud ni sa région. Aller démarcher Pretoria sur un sujet qui ne la concerne pas de près est une attitude vaine qui n’ajoute rien à ce dossier. Cela va diluer encore plus toute possibilité d’y trouver une issue favorable comme le préconise le Conseil de sécurité », ajoute notre source.

« Dans tous les bons offices que Pretoria a menés, les échecs ont été flagrants. En RDC et lors de la confrontation entre l’ex-président Mobuto et Kabila, Pretoria avait suggéré à ce dernier de ne pas entrer à Kinshasa, lui volant sa victoire alors qu’il était aux portes de Kinshasa. Lors de la crise ivoirienne, l’ex-Premier ministre sud-africain a fait pression pour qu’Alassane Ouattara accepte de partager le pouvoir avec Laurent Gbagbo, ce que Ouattara a catégoriquement refusé, lui qui avait gagné les élections. Quant à la crise libyenne, Pretoria a abandonné Kadhafi à son sort malgré les promesses qui lui avaient été faites », rappelle Ahmed Faouzi.

« Sur ces trois crises, RDC, Côte d’Ivoire et Libye, l’Afrique du Sud n’a jamais brillé par l’originalité de ses approches. Pour beaucoup d’Africains, en tant que nouvelle nation gouvernée par l’ANC, l’Afrique du Sud méconnaît totalement l’histoire du continent africain, et spécialement l’Afrique francophone et l’Afrique du Nord », conclut-il.

Sahara : l’étrange visite de De Mistura en Afrique du Sud à l’invitation de Pretoria

Explications – pas convaincantes – de l’ONU sur l’étrange visite de De Mistura à Pretoria

Que veulent-ils construire avec les Brics ?

Explications – pas convaincantes – de l’ONU sur l’étrange visite de De Mistura à Pretoria

Le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a tenu le mercredi 31 janvier son point de presse quotidien au cours duquel le responsable onusien a été interrogé sur la récente visite de De Mistura en Afrique du Sud :

« Vous avez annoncé la visite en Afrique du Sud de l’envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan De Mistura, qui était hors de vue depuis l’adoption de la résolution 2703, il y a trois mois. Tout le monde sait que l’Afrique du Sud n’est pas partie au conflit et qu’elle s’est abstenue sur les trois résolutions adoptées lors de son dernier mandat au Conseil de sécurité sur la question, ce qui veut dire qu’elle ne soutient pas le processus politique de l’ONU. Pourquoi De Mistura est-il allé en Afrique du Sud ? Ne devrait-il pas plutôt rencontrer les parties de la région, ici à New York ou ailleurs ? »

Les explications des Nations unies 

« Vous savez, De Mistura peut être hors de vue, mais il n’est jamais hors de l’esprit. N’est-ce pas ? Juste parce qu’on ne le voit pas ne signifie pas qu’il ne travaille pas. Il est allé dans la région, comme vous le savez. Son mandat consiste également à parler à qui il pense devoir s’adresser, aux États membres et à d’autres, afin de faire avancer le processus simplement parce que − et je ne parle pas spécifiquement de l’Afrique du Sud − simplement parce que le fait que quelqu’un ne puisse pas être d’accord avec sa propre position ou celle de l’ONU ne veut pas dire que nous ne devrions pas leur parler… Il a rencontré ce matin [mercredi] la ministre des Affaires étrangères, Nalini Pandor à… je pense à Pretoria », a affirmé le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU.

À la question « selon le dernier rapport du secrétaire général, il [De Mistura ; ndlr] s’est rendu dans de nombreux pays. Pourquoi a-t-il choisi d’annoncer cette seule visite en Afrique du Sud et non pas d’autres ? », Stéphane Dujarric a répondu :

« Nous avons annoncé les précédents voyages de De Mistura dans la région et ailleurs. Donc vous ne pouvez l’analyser dans un seul sens. Je ne suis pas entièrement d’accord avec votre analyse. De Mistura, je pense, est transparent autant que possible, puisque vous le connaissez bien. C’est un très bon communicateur. Bien sûr, certaines choses, comme dirait le Secrétaire général, certaines choses doivent être engagées dans une diplomatie discrète. Et parfois, il faut faire les choses sans embarras. De Mistura rend régulièrement un rapport au Conseil de sécurité ».

Au final, ces explications n’apportent aucun éclairage et ne sont pas convaincantes.

Une visite qui compliquera davantage le dossier du Sahara (Ahmed Faouzi) 

Contacté par Médias24, l’ancien diplomate et analyste Ahmed Faouzi estime qu’il s’agit là « d’une visite qui ne fera pas avancer le dossier mais, tout au contraire, tendra à le compliquer davantage. La visite de De Mistura dans un pays dont le gouvernement est dirigé par l’ANC n’apportera aucune valeur ajoutée pour faire aboutir la solution préconisée par le Conseil de sécurité, et qui consiste en une solution politique mutuellement acceptable ». En effet, l’Afrique du Sud est, avec l’Algérie, l’adversaire le plus féroce et le plus hostile à la marocanité du Sahara. Comment évoquer une solution mutuellement acceptable avec un pays dont le parti pris est assumé ? Pourquoi De Mistura a-t-il accepté cette visite ? »

« S’agit-il d’une réunion multilatérale à laquelle De Mistura devait absolument assister, et pouvant l’aider à faire avancer positivement l’orientation donnée par les Nations unies aux parties, à savoir être pragmatique et œuvrer pour trouver un compromis mutuellement acceptable ? », s’interroge encore Ahmed Faouzi.

« De Mistura, en responsable avisé et expérimenté, devrait prendre en compte l’attitude de Pretoria qui, sous prétexte d’apporter son soutien au peuple sahraoui, a omis volontairement le fait que jamais dans l’histoire de notre région, une république sahraouie n’a existé et, par conséquent, l’intégrité territoriale du Royaume est un passage obligé vers une solution de ce différend qui nous oppose à l’Algérie », conclut notre interlocuteur.

Sahara : l’étrange visite de De Mistura en Afrique du Sud à l’invitation de Pretoria

L’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura, a eu des entretiens ce mercredi 31 janvier à Pretoria. Il a été reçu par Grace Naledi Mandisa Pandor, ministre des Relations internationales et de la coopération (photo ci-dessous).

L’information avait été annoncée mardi par le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, à New York, au cours de son point de presse quotidien.

« L’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, M. Staffan de Mistura, est en route pour l’Afrique du Sud, à l’invitation du Gouvernement, pour prendre part à des réunions, demain, avec des hauts fonctionnaires sud-africains afin de discuter de la question du Sahara occidental », a annoncé Dujarric sans aucune précision.

L’information est surprenante car on ne voit pas à quel titre l’Afrique du Sud a lancé cette invitation : elle n’est ni partie intéressée, ni concernée de près ou de loin. De plus, au niveau panafricain, la question relève exclusivement de la troïka des chefs d’Etats, une troïka tournante composée de l’actuel président, du précédent et du futur président, ainsi que du président de la Commission.

Contacté par Médias24, l’ancien diplomate et analyste Ahmed Faouzi a estimé que « c’est une visite qui ne fera pas avancer le dossier mais, tout au contraire, tendra à le compliquer davantage. La visite de De Mistura dans un pays, dont le gouvernement est dirigé par l’ANC, n’apportera aucune valeur ajoutée pour faire aboutir la solution préconisée par le Conseil de sécurité et qui consiste en une solution politique mutuellement acceptable« . En effet, l’Afrique du Sud est, avec l’Algérie, l’adversaire le plus féroce et le plus hostile à la marocanité du Sahara. Comment évoquer une solution mutuellement acceptable avec un pays dont le parti-pris est assumé ? Pourquoi De Mistura a-t-il accepté cette visite?

« S’agit-il d’une réunion multilatérale à laquelle De Mistura devait absolument assister, et pouvant l’aider à faire avancer positivement l’orientation donnée par les Nations unies aux parties, à savoir être pragmatique et œuvrer pour trouver un compromis mutuellement acceptable? », ajoute Ahmed Faouzi.

« De Mistura en responsable avisé et expérimenté devrait prendre en compte l’attitude de Pretoria qui, sous prétexte d’apporter son soutien au peuple sahraoui, a omis volontairement le fait que jamais dans l’histoire de notre région, une république sahraouie n’a existé et, par conséquent, l’intégrité territoriale du Royaume est un passage obligé vers une solution de ce différend qui nous oppose à l’Algérie », poursuit notre interlocuteur.

« Mais l’Afrique du Sud, qui a perdu la présidence au Conseil des droits de l’Homme face au Maroc et qui s’enorgueillit excessivement d’avoir porté la question de Gaza à la Cour internationale de Justice, voit le Maroc comme un dangereux concurrent pour ses intérêts en Afrique. Cette animosité se reflète au sein de l’Union africaine, où Alger et Pretoria font un couple idéologique anti-occidental qui tend à vouloir marginaliser les autres nations et à accaparer ce groupement panafricain », souligne Ahmed Fouzi.

« Les promesses faites par l’Afrique du Sud au régime algérien pour le faire admettre au sein du mouvement Brics, lors de la session tenue l’année dernière dans ce pays, se sont traduites par une grande déception à Alger. Depuis, Pretoria tend à consoler l’Algérie autant que faire se peut et fait le maximum pour satisfaire les exigences des militaires algériens, en leur rendant des services similaires à celui-ci ».

« Dans ces temps qui connaissent de grandes transformations dans le monde, l’Afrique du Sud est en train de renforcer son rôle par des initiatives de ce genre pour démontrer qu’elle est incontournable dans toutes les crises africaines. Mais de simples rappels peuvent nous éclairer: les Sud-Africains ont échoué par le passé à aider à pacifier les situations en Côte d’Ivoire, en RDC et même en Libye quand ils avaient abandonné Kadhafi à son sort. Il n’y a aucune crise à laquelle ils ont mis la main et qui a été résolue ».

De Mistura à Laâyoune et Dakhla : une mission discrète, les premiers retours sont positifs

L’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan De Mistura, est arrivé lundi 4 septembre à Laâyoune, dans le cadre de la tournée régionale qu’il effectue avant la publication du rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité en octobre. Le responsable onusien s’est également rendu mercredi 6 septembre à Dakhla, où il a été accueilli par le Wali de la région Dakhla-Oued Ed-Dahab et le président du Conseil de la région.

Ni le Maroc ni l’ONU n’ont rendu compte pour le moment des réunions de De Mistura avec les élus, les autorités locales et les Chioukhs des tribus sahraouies. En réponse aux questions des journalistes sur le sujet, lors de la conférence de presse tenue à l’issue du Conseil de gouvernement de ce jeudi, le porte-parole du gouvernement s’est contenté de souligner que Nasser Bourita fera une déclaration à ce propos vendredi ou samedi.

Si les commentaires officiels n’ont toujours pas été rendus publics au moment où nous publions ces lignes, les premiers retours recueillis auprès des responsables ayant rencontré De Mistura à Laâyoune sont positifs.

Les signaux sont au vert 

Nos confrères de Hespress ont obtenu les détails de la réunion à huis clos, tenue à Laâyoune, entre De Mistura, les élus de la région, les chefs des tribus sahraouies et le représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilal.

De Mistura a évoqué le dynamisme et les développements positifs récents dans la question du Sahara, écrit Hespress. Il a souligné l’intérêt croissant de la communauté internationale pour ce conflit, citant les États-Unis, l’Espagne, Israël et d’autres pays.

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara a également évoqué les signaux positifs qu’il a pu observer lors de sa visite dans les régions objet du conflit, signalant qu’il les inclura dans le rapport qui sera soumis au Conseil de sécurité des Nations unies et au Secrétaire général de l’ONU en octobre prochain, ajoute la même source.

Les tribus sahraouies renouvellent leur soutien au plan marocain d’autonomie 

Le président de la commune de Laâyoune, Hamdi Ould Rachid, a souligné l’importance du rôle des élus locaux et du plan marocain d’autonomie, qu’il considère comme une solution progressiste et crédible pour mettre fin au conflit autour du Sahara, poursuit Hespress.

Il a appelé l’envoyé onusien à transmettre la volonté des habitants de ces régions, majoritaires, de mettre en œuvre ce plan devant les membres du Conseil de sécurité, soulignant qu' »il n’est pas raisonnable qu’une minorité impose des orientations politiques illogiques à une majorité qui soutient et accueille favorablement la proposition d’autonomie dans la région », ajoute-t-on.

Le président de la région de Laâyoune a de son côté souligné que l’attention accordée par le Roi Mohammed VI à ces régions a « engendré un véritable développement dans la région, aboutissant à d’importants projets de développement conçus et réalisés par des Sahraouis, ce qui ne peut être nié ».

Le président de la région a appelé De Mistura à effectuer une tournée sur le terrain pour inspecter les projets achevés et ceux en cours de réalisation « afin de vérifier à titre personnel le développement dont nous parlons toujours ».

De son côté, Hassna El Idrissi, chargée de prononcer un discours au nom des chefs de tribus sahraouies devant l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, a exposé l’histoire de la création de l’institution des chefs de tribus sahraouies à l’époque de la colonisation espagnole jusqu’à leur investiture par feu le roi Hassan II après la récupération des régions du Sud par le Royaume.

Les chefs de tribus ont renouvelé dans leur discours leur accueil favorable à la proposition d’autonomie, qu’ils considèrent comme une solution réaliste et crédible garantissant la coexistence de tous dans le cadre de la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire, écrit Hespress.

Ce qu’ont dit les rescapés de Tindouf 

Lors de sa visite à Laâyoune, De Mistura s’est également entretenu avec un groupe de rescapés de Tindouf dont voici les noms selon nos confrères de Goud.ma : Larbi Weld Ness, directeur du centre « Asalam » pour les études politiques et stratégiques, expert militaire et un des grands intellectuels de la région, Saadani Maalainain, Ahmed Lkher, Chouier, Adnane Rbioueh, Khalil Rbioueh, Zine Al Abidine Al Wali et Ibn Smara Lbassir.

Larbi Weld Ness a déclaré à Goud.ma : « La réunion était riche et très importante. Les discussions ont été excellentes. » Témoignant anonymement, un autre rescapé présent lors de la réunion a confirmé au même journal que De Mistura a affirmé qu’il s’agissait du groupe le plus intéressant qu’il a pu rencontrer durant sa visite à Laâyoune.

Chacun des rescapés a raconté son expérience personnelle, évoquant la torture subie dans les rangs du polisario. Des récits qui ont ému De Mistura.

Cette réunion a également porté sur l’intégration des rescapés de Tindouf au Maroc et sur la façon dont cette expérience pourrait inclure les habitants de Tindouf. Le mouvement des Sahraouis pour la paix et son échec ont par ailleurs été évoqués, selon une autre source consultée par Goud.ma. D’après cette même source, De Mistura écoutait attentivement et laissait à chacun des rescapés le temps nécessaire pour s’exprimer, sans l’interrompre. « Il faisait preuve d’une grande courtoisie. »

Les efforts du CRDH de Laâyoune dans la région salués par De Mistura 

L’envoyé onusien s’est également entretenu avec le Conseil régional des droits de l’Homme (CRDH) de Laâyoune. La réunion a été un franc succès, confirme à Médias24 une source sûre.

« Le CRDH de Laâyoune a accueilli dans son siège l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara, Staffan De Mistura. Le président du Conseil a fait une présentation sur les prérogatives de ce dernier dans le domaine de la protection des droits de l’Homme, au niveau des sphères économique, culturelle, sociale et environnementale. D’autres membres du CRDH ont pris la parole (la commission est composée de 21 membres, la majorité était présente à la réunion). Chaque membre a apporté des éclaircissements sur le dossier qu’il gère. Il y a des dossiers relatifs aux personnes en situation de handicap, à l’environnement, au droit de l’éducation et au travail », explique notre source.

« C’est une réunion très importante qui a duré deux heures. Elle a porté sur le rôle que joue le CRDH de Laâyoune et le CNDH en général dans la protection des droits humains. Certains prétendent qu’il n’y a aucune partie qui défend les droits humains dans la région et qu’il doit y avoir une entité internationale pour assurer cette mission. Le CRDH de Laâyoune a démontré tout le contraire à De Mistura. Le Conseil est en effet indépendant, d’autant qu’il dispose d’une représentativité dans 4 provinces à travers ses 21 membres », précise notre source.

« Le CRDH de Laâyoune reçoit toute sorte de plaintes, qu’elles soient émises par un citoyen ou par un étranger (en situation régulière comme irrégulière) sans aucune discrimination sur fond des opinions politiques, de la nationalité ou autre. Le Conseil étudie l’ensemble des plaintes et émet ses recommandations aux autorités concernées », poursuit notre source.

Et cette dernière d’ajouter : « De Mistura a exprimé son contentement vis-à-vis de la cadence des activités menées par le CRDH de Laâyoune, surtout en matière de droits culturels, en particulier la culture hassanie, en activation de la Constitution de 2011 qui reconnait la diversité culturelle au Maroc et la culture hassanie comme partie intégrante de l’identité marocaine. Il a en outre qualifié les efforts fournis par le CRDH de Laâyoune d’énormes. »

« De Mistura nous a posé une question sur les relations que nous entretenons avec les organisations internationales actives dans le domaine des droits humains. Nous lui avons expliqué que celles-ci visitent constamment le Maroc et que ce dernier est parmi les pays qui s’intéressent aux mécanismes internationaux relatifs aux droits de l’Homme », conclut notre source.