2ᵉ édition du Sustainable Industry Forum : les pistes d’innovation pour repenser la décarbonation industrielle

Après une première édition organisée sous le thème de la mobilité durable, la deuxième édition du Sustainable Industry Forum Meeting s’est terminée le 14 mai 2025 à Rabat, avec d’importantes réflexions sur les enjeux et l’avenir de la décarbonation de l’industrie marocaine.

Cet événement intervient à un moment clé pour évaluer si le Maroc est sur la bonne voie pour décarboner son secteur industriel à temps, tout en préservant sa compétitivité économique. Cette réflexion est d’autant plus importante que le pays accélère la mise en œuvre de ses engagements climatiques.

Le duo gagnant pour la décarbonation du secteur industriel

Lors de son allocution, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a souligné que le Maroc bénéficie désormais d’une énergie abondante et abordable, ce qui ouvre des perspectives de transformation industrielle majeures. Une énergie décarbonée à coût compétitif est aujourd’hui unanimement recherchée. Toutefois, la contrainte majeure réside désormais dans les infrastructures, ce qui impose leur classement comme priorité absolue en termes d’allocations d’investissements.

Outre ce potentiel énergétique, Mezzour a précisé que le Maroc dispose d’une force de talent exceptionnelle, avec 500.000 personnes formées et certifiées chaque année. Ce potentiel humain devrait être accompagné d’opportunités économiques pour en maximiser l’impact.

« De nombreux pays nous soutiennent, car leurs entreprises souhaitent y participer. Lorsqu’un pays peut produire une énergie compétitive et contribuer à la sécurité énergétique de l’Europe, il suscite un intérêt stratégique. Ces relations se développent de manière très positive », a-t-il affirmé.

Détaillant les objectifs du pays, le ministre de l’Industrie et du Commerce a expliqué que le Maroc déploie deux stratégies distinctes : un plan quinquennal et une vision à 25 ans.

Le plan quinquennal, aligné sur la Coupe du monde, a permis d’étendre la couverture sociale à un niveau élevé pour les Marocains, de doter le pays d’infrastructures de classe mondiale et de lancer une stratégie ambitieuse dans tous les secteurs. Ce plan vise, dans les cinq prochaines années, à élever la qualité des infrastructures et des services publics pour atteindre des standards internationaux.

À moyen terme, le Maroc mise sur le projet d’intégration Atlantique-Sahélien, un programme de 500 milliards de dollars visant à renforcer l’intégration logistique et énergétique en Afrique, à fournir de l’électricité à 600 millions d’Africains qui en sont encore privés, et à améliorer la sécurité alimentaire via des engrais et l’optimisation des rendements agricoles.

« C’est de la paix, c’est du développement, c’est de la sécurité énergétique et alimentaire, et c’est du développement inarrêtable porté par notre souverain au cœur duquel notre pays joue un rôle essentiel », a conclu Ryad Mezzour.

Formation continue, emploi durable et transition énergétique

Pour sa part, Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, a souligné que la difficulté réside dans la capacité à faire les bons choix et à les traduire de manière opérationnelle, que ce soit sur le plan institutionnel, des investissements ou des ressources humaines. « Cette infrastructure décisionnelle est précisément ce que nous sommes en train de construire, tout en expérimentant diverses approches », a-t-il ajouté.

Sur le volet formation dans le secteur de la transition énergétique, Sekkouri a identifié trois enjeux majeurs : la mobilité, l’amélioration des compétences existantes (upskilling) et la reconversion professionnelle (reskilling). Il a souligné que ces trois axes requièrent un nouveau modèle de financement centré sur le parcours individuel des travailleurs. Le ministre a rappelé l’importance de l’accord historique signé en avril 2024 avec les partenaires sociaux, qui a permis d’inscrire la réforme de la formation continue parmi les priorités gouvernementales.

Concernant le calendrier de sa mise en œuvre, Sekkouri a fait état d’avancées significatives lors des dernières négociations d’avril 2025. Une échéance a été fixée à juin prochain pour finaliser les réformes. Le travail technique sur les systèmes d’information et les procédures est bien finalisé, alors que les négociations politiques se sont récemment conclues, selon le ministre de l’Inclusion économique.

Bientôt des ESCO au Maroc

De son côté, Mohamed Ouhmed, secrétaire général du département de Transition énergétique, a mis en avant l’engagement du Maroc à faciliter l’accès des entreprises industrielles aux énergies propres à travers un cadre réglementaire modernisé. Il a rappelé que le ministère a modernisé le cadre réglementaire permettant désormais aux industriels de choisir entre deux options : s’approvisionner auprès de producteurs d’énergie verte via le marché libre régi par la loi 13-09 ou opter pour l’autoproduction en installant leurs propres unités de génération renouvelable tout en bénéficiant d’un accès régulé au réseau national.

Parmi les avancées récentes, il a souligné l’ouverture du marché de la moyenne tension, qui a déjà permis l’approbation de trois projets, dont un pleinement opérationnel, ainsi que la libéralisation du stockage d’énergie verte (notamment des batteries) désormais accessible aux acteurs.

Pour renforcer la transparence, un système de certificats d’origine a été instauré afin de tracer la provenance verte de l’électricité, tandis que la régulation du secteur a été améliorée avec la publication périodique des capacités d’accueil du système électrique par l’Autorité nationale de régulation et une baisse significative des tarifs d’utilisation, réduits successivement de 26 % et de 46 % par rapport au tarif appliqué auparavant.

Sur le front de l’efficacité énergétique, M. Ouhmed a annoncé un élargissement des audits obligatoires par la réduction des seuils d’obligation et l’introduction d’un nouveau cadre légal pour les sociétés de services énergétiques (Energy Service Companies, ESCO) qui permettront aux industriels de déléguer la conception, le financement et l’exploitation de leurs projets d’efficacité énergétique.

Des solutions made in Morocco

En marge de cet événement, ATAREC, une startup marocaine ambitionnant de se positionner comme leader des solutions innovantes en énergies renouvelables de troisième génération, a présenté sa solution de production d’énergie houlomotrice, Wave Beat. Cette startup a déjà déployé un pilote au port de Tanger Med. La première mise en marche du prototype en 2021 a prouvé une capacité de 4,5 kW. À terme, Atartec prévoit d’équiper les 5 km de digues brise-lames pour atteindre une capacité totale de 110 MW.

Concernant le secteur minier, Nawal Zine, directrice de Reminex (filiale R&D, ingénierie et gestion de projets du groupe Managem), a exposé lors du forum comment l’innovation et l’IA révolutionnent la production minière du groupe.

Le projet phare de Managem, celui de la mine connectée de Tizert (investissement de 440 millions de dollars), futur plus grand complexe de production de cuivre en Afrique du Nord, intègre des solutions IA à plusieurs niveaux : capteurs intelligents pour le monitoring environnemental en temps réel, systèmes de localisation pour la sécurité des travailleurs, et modèles prédictifs basés sur 100 ans de données historiques du groupe.

Ces technologies permettront à la fois d’optimiser la consommation énergétique (notamment pour l’aération des galeries), d’améliorer les conditions de travail et de réduire l’empreinte environnementale. Pour Nawal Zine, ces innovations concrètes démontrent que le secteur minier, malgré sa complexité, peut concilier performance industrielle, sécurité du personnel et durabilité environnementale.

Dans un autre domaine tout aussi stratégique, le secteur de l’emballage représente un maillon stratégique de la décarbonation, notamment pour les industries agroalimentaire et textile.

Mounir El Bari, directeur général de GPC Papier et Carton, et président de la FIFAGE (fédération des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage) et de la COVAD (coalition pour la valorisation des déchets), a illustré cet enjeu en présentant l’exemple de son entreprise, qui met en œuvre une politique de développement durable incluant des actions concrètes en faveur de la décarbonation.

Depuis 2015, GPC a déjà réduit sa consommation énergétique de 30 % et recycle annuellement environ 70 000 tonnes de papiers et cartons grâce à son modèle d’intégration verticale. La gestion responsable de l’eau constitue un autre pilier de cette démarche. L’usine de fabrication de papier de Kenitra a limité sa consommation à seulement 8 mètres cubes par tonne produite. Un système de circuit fermé a été mis en place, atteignant 85% d’efficacité, tandis que les 15% restants font l’objet d’un traitement physico-chimique sur site avant un traitement final à la station d’épuration de la ville de Kénitra.

Sothema passe à 100% d’électricité verte et réduit son empreinte carbone de 94%

L’accord, signé le 18 mars 2025 avec un acteur majeur de la production d’énergie renouvelable au Maroc, permettra à Sothema de couvrir 100% de sa consommation électrique par de l’électricité verte, conformément à la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables, modifiée et complétée par la loi 40-19.

Avec un volume de fourniture future d’électricité de 20 GWh/an, ce partenariat permettra à Sothema de réduire son empreinte carbone de 94%, évitant ainsi l’émission de 14.000 tonnes de CO2 par an, précise la société dans un communiqué.

Un engagement RSE renforcé et une transition énergétique ambitieuse

Citée dans le communiqué, Lamia Tazi, PDG et présidente du conseil d’administration de Sothema, déclare : « Ce PPA (Power Purchase Agreement) s’inscrit pleinement dans notre politique RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), qui vise à minimiser l’impact de nos activités sur la biodiversité. Il représente une étape clé de notre projet de transition énergétique, qui combine l’efficacité énergétique et la réduction de notre empreinte carbone ».

Marouane Ressani, directeur de projets de Sothema, ajoute : « Cet accord est le fruit d’une démarche proactive et d’un engagement de longue date en faveur du développement durable. Nous sommes fiers de contribuer à la protection de l’environnement tout en assurant la pérennité de nos activités ».

Des initiatives concrètes pour une énergie durable

Ce partenariat s’inscrit dans la continuité des efforts de Sothema en matière de transition énergétique. Depuis 2018, l’entreprise a lancé une chaufferie à biomasse, permettant de recycler 2.000 tonnes de déchets (biomasse) par an et de créer des emplois locaux. Un projet ayant induit une substitution de la consommation de l’énergie fossile par du renouvelable.

Pionnier en matière d’efficacité énergétique, Sothema a réalisé son premier audit énergétique en 2011, en partenariat avec l’AMEE. La société est également certifiée ISO 14001 et en voie de certification ISO 50001, attestant de son engagement en faveur d’une gestion environnementale responsable, ajoute le communiqué.

En 2024, l’IFC a publié les résultats de son étude sectorielle sur l’efficacité énergétique du secteur pharmaceutique en partenariat avec la FMIIP. Cette étude, fruit d’un benchmark international auquel Sothema a contribué, a confirmé son positionnement en tant qu’entreprise efficiente en termes de système de management de l’énergie (SMé).

Étant cotée en bourse, Sothema publie annuellement un rapport ESG, conformément à la circulaire 03-19 de l’AMMC, offrant une transparence totale sur sa politique environnementale et ses performances énergétiques, conclut la même source.

La CGEM publie un white paper sur les enjeux de la souveraineté industrielle

Ce document dresse un état des lieux de plusieurs secteurs de l’industrie marocaine et propose des mesures adaptées à chacun d’eux.

De la souveraineté industrielle au soutien à la compétitivité, en passant par l’énergie, la décarbonation et la gestion de l’eau, ce White Paper se veut une véritable feuille de route pour l’industrie nationale. Son objectif est de répondre aux défis actuels et de saisir les opportunités de demain, afin de renforcer la souveraineté industrielle du Maroc et d’assurer un développement équilibré de ses territoires, peut-on lire sur le document.

Taxe carbone : ce que prévoit le décret sur l’organisation de la certification de l’origine renouvelable de l’électricité

Après 3 ans de travail, le décret sur la certification de l’électricité d’origine renouvelable est fin prêt. Après avoir fait valider le texte par le Secrétariat général du gouvernement (SGG) le 9 septembre, le projet de décret 2.24.761 sera présenté lors du Conseil de gouvernement de ce jeudi 12.

Il vise à organiser le process et les conditions d’accord du certificat d’origine de l’électricité renouvelable ainsi que les autorités compétentes pour superviser ces différentes démarches. Ce texte fondamental pour la certification de la décarbonation d’une production électrique est nécessaire pour se préparer à la fameuse taxe carbone instaurée par l’Union européenne sur ses importations et qui sera exigible dès janvier 2026.

Le ministère de Benali en tant que certificateur

Ce texte introduit aussi dans son scope, en plus de la production électrique de la loi 13-09 permettant aux opérateurs privés de vendre de l’électricité renouvelable directement aux industriels, la toute nouvelle loi 82-21 permettant l’autoproduction de cette énergie.

La loi vise ainsi, selon ses promoteurs, à se conformer aux standards internationaux, notamment en termes d’indépendance de l’autorité de certification.

Selon la loi, dans son article premier, c’est bien le ministère de la Transition énergétique et du développement durable qui aura la charge de la certification. Et c’est là un point important. Car l’indépendance du certificateur est une condition fondamentale pour la reconnaissance de l’origine verte ou pas de l’électricité.

Selon une source interrogée par Médias24, le benchmark de l’étude précédant la conception du texte de loi a conclu que l’indépendance du certificateur est jugée à l’aune de sa non-appartenance à l’une de ces catégories : qu’il ne soit pas producteur, ni distributeur, ni vendeur ou encore transporteur. « Sous ces conditions, il y avait le choix entre l’ANRE, l’AMEE, un privé choisi sur la base d’un appel d’offres ou encore le ministère de l’Energie. Finalement, c’est ce dernier qui a été choisi », détaille notre source.

En plus d’être certificateur, il est aussi le détenteur du Registre national de la certification, deux mécanismes clés définis par la loi.

Selon notre source, il s’agit pour l’autorité certifiante de surveiller un certain nombre de critères reconnus internationalement pour garantir l’origine renouvelable de l’énergie comme la quantité minimum de la production électrique (1 MWh minimum en 1 à 5 mois), la capacité de production et la production effective, la liste des consommateurs finaux, la certification de la précision des compteurs électriques, un rapport attestant la production d’énergie renouvelable par le producteur ou le site de production, etc. Ce dernier, précise le décret, doit être réalisé par l’autorité de tutelle, tel que prévu dans l’article 12 de la loi 13-09.

Pour ce faire, le ministère est tenu de créer une plateforme électronique pour recevoir les demandes de certification. Cette plateforme sera aussi la porte d’entrée du Registre national de certificat d’origine de l’énergie, prévu par la loi.

L’enjeu des moyens et de la compatibilité de la certification nationale

Selon une autre de nos sources, la mise en place de cette autorité sous l’égide du ministère peut soulever plusieurs questions. Il s’agit d’abord de la capacité de traiter toutes les demandes, surtout au vu des critiques qui ont été formulées à l’encontre de la tutelle, y compris par le Conseil de la concurrence qui a pointé la faiblesse de l’octroi des autorisations prévues par la loi 13-09 ainsi que les différents retards de traitement y afférents.

L’autre source de questionnement a trait à la compatibilité de la certification nationale avec celle du MACF (Mécanisme d’ajustement carbone à la frontière). En effet, ce MACF est à la charge de l’importateur européen qui sera obligé de déclarer le contenu carbone de son importation, et qui définit les niveaux de taxe carbone qui vont être payés. Une de nos sources s’interroge sur le fait que l’UE va accepter les certificats nationaux ou non, d’autant que les fraudes sont légion et que les organismes de certification sont agréés par les Etats membres de l’UE qui sont eux-mêmes extrêmement contrôlés par les douanes européennes.

« L’Etat est censé être législateur et contrôleur en deuxième niveau, c’est-à-dire inspecter les certificateurs ; cela n’a pas de sens d’internaliser au niveau du ministère une procédure qui doit être à la base entre opérateurs privés. Quid aussi de la rémunération de ce service et des moyens qui doivent être déployés par le ministère ? », indique un expert à Médias24.

Au-delà de ces remarques, le législateur se donne une année pour mettre en place les mécanismes prévus par le décret.

Pour rappel, les produits concernés par les déclarations trimestrielles de MACF, qui en principe ont débuté depuis le 1er janvier 2024, sont l’acier, le ciment, l’aluminium, les engrais azotés, l’hydrogène et l’électricité. Une phase transitoire est prévue en 2025 avant que la taxe ne devienne effective.

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1,5 MDH pour l’élaboration d’un plan d’efficacité énergétique et de décarbonation pour la région Casablanca-Settat

Ce plan régional d’efficacité énergétique et de décarbonation de la région de Casablanca-Settat devra être réalisé en dix mois. Il a deux principales missions.

La première mission consiste en l’établissement de l’état des lieux de la consommation énergétique des différents secteurs économiques de la région, et ce, tout en mettant l’accent sur les principaux usages, les actions de l’efficacité énergétique déjà réalisées, en cours et planifiées. La réalisation de cette mission se déroulera en deux étapes : la collecte et l’analyse des données énergétiques de la région, et l’élaboration du bilan énergétique global et par secteur.

La deuxième mission consiste dans le développement d’un plan d’action régional d’efficacité énergétique avec la classification et la priorisation des mesures par secteur d’activité.

La SNTL prépare la décarbonation de ses activités

L’objectif stratégique de la décarbonation des activités de la SNTL est l’adoption de modes de production et de consommation durables visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), et la généralisation de cette approche pour ses partenaires institutionnels et transporteurs, peut-on lire sur l’appel d’offres.

En s’engageant dans cette voie de décarbonation, la SNTL dit participer à l’effort global de lutte contre le changement climatique entrepris par le Royaume du Maroc, réduire ses coûts de production, renforcer la sécurité de son approvisionnement en énergie et en intrants, répondre aux exigences croissantes des clients et donneurs d’ordres nationaux ou internationaux et se préparer aux réglementations de plus en plus strictes.

Dans ce cadre, la SNTL a décidé de réaliser son premier bilan de gaz à effet de serre (GES) de l’ensemble de ses sites et activités à l’échelle nationale, qui vise à :

– comptabiliser les émissions de GES au niveau de ses sites et périmètres d’intervention ;

– apprécier la vulnérabilité carbone de ses activités et la dépendance à la consommation des énergies fossiles et principales sources d’émissions ;

– identifier les postes les plus émetteurs par site et les gisements de réduction de GES liés ;

– recommander des orientations stratégiques déclinées en plan d’action à court et moyen terme pour réduire et ou compenser ses émissions.

Périmètres de l’étude

L’élaboration de la feuille de route de décarbonation concernera l’ensemble du territoire de la SNTL, poursuit la même source, ajoutant qu’il s’agit de l’évaluation des émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre générées par toutes les activités.

En ce qui concerne le périmètre temporel, la comptabilisation carbone sera réalisée sur les données les plus récentes, soit les données de l’année civile 2022, ou 2023, en fonction de la disponibilité des données.

L’estimation des coûts de l’étude est de 1,8 million de DH. Quant à sa durée, elle a été fixée à 6 mois.

PWC Advisory et Africa Climate Solutions élaboreront les plans régionaux d’efficacité énergétique

Ce groupement a été sélectionné à l’issue d’un appel d’offres lancé par l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE).

PWC Advisory développe des missions de conseil, d’audit et d’expertise juridique et fiscale pour des organisations de toutes tailles et de tous secteurs d’activité.

De son côté, Africa Climate Solutions (ACS), basée à Casablanca, est une société spécialisée dans le développement durable et le changement climatique qui apporte des solutions d’atténuation et d’adaptation en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre en Afrique.

 

COP 28 : adoption d’une décision historique pour une « transition » vers l’abandon des énergies fossiles

Le texte, adopté par consensus, appelle à « transitionner hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques, d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l’action dans cette décennie cruciale, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément aux préconisations scientifiques ».

Il s’agit d’une décision « historique pour accélérer l’action climatique », a déclaré Sultan Al Jaber, président de la COP 28 lors de la séance de clôture.

« Nous avons une formulation sur les énergies fossiles dans l’accord final, pour la première fois », a-t-il ajouté, relevant que « nous devons être fiers de ce succès historique ».

Don de plus de 548,5 MDH de l’UE au Maroc en soutien aux énergies propres et à la décarbonation

Le Maroc et l’Union européenne (EU) ont signé, samedi 2 décembre à Dubaï, une déclaration conjointe relative à un don que l’UE va accorder au Royaume pour la réalisation d’un programme d’appui aux énergies propres et à la décarbonation dans les secteurs de développement.

La déclaration a été signée par la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, et le directeur général du voisinage et des négociations d’élargissement à la Commission européenne, Gert-Jan Koopman, en marge des travaux de la COP28.

Ce financement, étalé sur 5 ans, comprend notamment un montant de 43,6 millions d’euros d’appui budgétaire et un million d’euros d’appui complémentaire d’assistance technique, de renforcement des capacités et de jumelage.

L’accord s’inscrit dans la mise en œuvre des programmes du Partenariat vert bilatéral, en soutien aux réformes entreprises par le Maroc dans les domaines des énergies renouvelables et nouvelles, y compris l’hydrogène vert, et du renforcement de la recherche et de l’innovation dans ces secteurs, ainsi que la décarbonation des secteurs de développement, a déclaré à la presse Leila Benali, notant que le Royaume est le premier pays à signer un tel partenariat avec la partie européenne.

Pour sa part, M. Koopman a indiqué que l’accord, relatif à la promotion des technologies propres et et des énergies vertes dans le pourtour méditerranéen, revêt une importance vitale pour le développement économique aussi bien de l’Afrique du Nord que de l’Union européenne.

Le responsable européen a mis en avant l’énorme potentiel des sources d’énergie renouvelable dans la région, que “nous voulons exploiter pour l’intérêt des populations des régions nord et sud du pourtour méditerranéen” et pour le développement industriel.

(Avec MAP)

Décarbonation : la Bourse de Casablanca signe la charte Qualit’Air

La Bourse de Casablanca a signé le jeudi 23 novembre la charte Qualit’Air, mise en place par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

« Après la mise en place, il y a quelques jours, d’une nouvelle méthodologie pour son indice phare masi.esg, la Bourse de Casablanca signe la charte Qualit’Air dans l’objectif de se mobiliser davantage et de mobiliser son écosystème en faveur de la protection de l’environnement et du financement vert », indique un communiqué de la Bourse.

En adhérant à la charte Qualit’Air, la Bourse de Casablanca prend cinq engagements majeurs, particulièrement en ce qui concerne l’évaluation et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, ainsi que la sensibilisation et l’incitation de son écosystème à réaliser des actions en faveur du climat.

La Bourse de Casablanca se positionne parmi les principales places en Afrique. À fin 2022, elle comptait 76 sociétés cotées, et sa capitalisation boursière a atteint 561 MMDH.

Round up. La taxe carbone opérationnelle dès le 1er octobre 2023

Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), ou taxe carbone, est un outil lancé par la Commission européenne afin d’inciter les entreprises dans les pays tiers à réduire leurs émissions de CO2. Il s’agit de payer une taxe proportionnelle au carbone émis lors de la production de biens à forte intensité de carbone qui entrent dans l’Union européenne.

« L’objectif de l’Union européenne est d’orienter la consommation des citoyens vers des produits qui ne polluent pas, tout en créant une équité entre les entreprises étrangères et les entreprises européennes, qui paient déjà une taxe carbone depuis 2014 », nous avait expliqué Saïd Guemra, expert en management de l’énergie 4.0, cité dans un précédent article.

« Cette équité va se traduire par le paiement d’une taxe pour le surplus de carbone présent dans certains produits », avait-il poursuivi, précisant que cette taxe pourrait avoir des répercussions sur les prix de vente.

Au Maroc, le bilan carbone de l’électricité est assez pesant, avait également rappelé Saïd Guemra : « Les émissions d’électricité marocaines culminent à environ 750 grammes d’équivalent CO2 par kWh, tandis qu’elles sont d’environ 180 g/kWh en Espagne et 50 g/kWh en France ».

Le règlement MACF est officiellement entré en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel de l’UE, le 16 mai 2023. Toutefois, le paiement de cette taxe ne deviendra obligatoire qu’à partir de janvier 2026.

Entre-temps, une phase transitoire d’application du MACF et de mise en place des procédures administratives débutera le 1er octobre 2023 et s’étalera jusqu’au 31 décembre 2025.

Une entrée en vigueur progressive

Durant cette phase, le règlement s’appliquera aux exportations vers l’UE de cinq produits dont les émissions de carbone sont les plus élevées : fer et acier, aluminium, engrais, électricité et hydrogène. La Commission européenne déterminera ensuite si la portée du mécanisme doit être étendue à davantage de produits et services.

D’après la Commission européenne, cette phase transitoire est « une période pilote (…) qui permettra de recueillir des informations sur les émissions intrinsèques afin d’affiner la méthodologie pour la période définitive ».

Au cours de cette période, les exportateurs marocains de marchandises concernées par la taxe carbone devront transmettre une déclaration trimestrielle à la Commission européenne, sans toutefois payer. L’achat de certificats MACF ne deviendra obligatoire qu’à partir du 1er janvier 2026.

Des informations détaillées sur les obligations de déclaration et les informations demandées aux importateurs de l’UE de marchandises MACF, ainsi que la méthode provisoire de calcul des émissions intrinsèques libérées au cours du processus de production des marchandises MACF, peuvent être consultées dans le règlement d’exécution adopté par la Commission le 17 août 2023.

Un système qui deviendra ensuite permanent

A partir du 1er janvier 2026, les industriels devront déclarer chaque année la quantité de marchandises exportées vers l’Union européenne au cours de l’année précédente et les émissions de gaz à effet de serre qu’elles libèrent, afin d’établir le nombre correspondant de certificats MACF à payer.

Le prix des certificats sera ensuite calculé en fonction de la moyenne hebdomadaire du prix de vente aux enchères des quotas d’émissions exprimés en €/tonne de CO2 émise. La Commission développera dans ce sens des outils informatiques qui permettront aux exportateurs d’effectuer et de déclarer ces calculs, peut-on encore lire sur le site de la Commission.

Hydrogène vert : « L’Afrique du Nord et l’Australie présentent le potentiel d’exportation le plus élevé à l’échelle mondiale » (Deloitte)

L’un des principaux messages à retenir du nouveau rapport du cabinet Deloitte sur l’hydrogène vert est la position de leader de l’Afrique du Nord. Elle sera, à l’horizon 2050, le premier bastion exportateur (110 milliards de dollars par an et 40% des revenus commerciaux liés à l’export), et l’Europe le premier marché importateur de l’hydrogène vert.

Concrètement, les perspectives de Deloitte, issues d’une analyse quantitative basée sur des données et des modèles, explorent l’émergence d’une économie de l’hydrogène propre, neutre en carbone et inclusive, dans les années à venir.

« La transition vers le zéro émission nette sous-tend une croissance rapide de la demande, renforçant le rôle de l’hydrogène en tant que solution polyvalente de décarbonation. D’ici 2050, l’industrie et les transports pourront représenter respectivement 42% et 36% de la demande totale d’hydrogène propre. Dans l’ensemble, les perspectives montrent que l’hydrogène propre permet des réductions cruciales des émissions de carbone », assurent les auteurs de la publication. Cette dernière chiffre à 1.400 milliards de dollars le marché de l’hydrogène vert à l’horizon 2050. 

Deloitte projette que d’ici 2050, quatre régions représenteront environ 45% de la production mondiale d’hydrogène et 90% des échanges. « L’Afrique du Nord et l’Australie ont le potentiel d’exportation le plus élevé (44 MtH2eq et 16 MtH2eq respectivement) par rapport à leur demande intérieure », est-il indiqué. 

Le Maroc, futur hub de production à grande échelle

« Le Maroc a accès à des ressources solaires et ressources éoliennes, ce qui est compatible avec une industrie de production à grande échelle très compétitive, tirant parti de sa proximité avec l’Union européenne », renseigne la publication, qui fait état d’une intensification de l’industrie de l’hydrogène vert à partir de 2030 (hausse de la demande) et d’une maturité en 2050 (baisse des coûts de production).

Les auteurs suggèrent que la création de la voie vers la conformité nette zéro en 2050, nécessitera plus de 9.000 milliards de  dollars américains d’investissements cumulés dans la chaîne d’approvisionnement mondiale en hydrogène. 

Selon le cabinet Deloitte, des financements importants seront levés dans les économies en développement et émergentes, dont environ 900 milliards de dollars en Afrique du Nord, 400 milliards de dollars en Amérique du Sud, 300 milliards de dollars en Afrique subsaharienne et en Amérique centrale. « Dans ces régions, le développement de l’économie verte de l’hydrogène peut être une opportunité unique pour attirer les investissements étrangers », lit-on dans le document.  

L’Afrique du Nord dispose d’un avantage compétitif avéré

Les auteurs de la publications sont formels. En 2050, la production d’hydrogène vert en Afrique du Nord pourrait coûter seulement un quart de la production européenne. C’est dire le niveau de l’avantage compétitif que présente cette région. Il est aussi précisé que bénéficiant de dotations en énergies renouvelables de haute qualité, l’Afrique du Nord, à l’instar d’autres régions du monde, peut présenter des conditions particulièrement attractives pour devenir un grand exportateur d’hydrogène vert. « En 2050, les coûts de production actualisés pourraient tomber en dessous de 1 USD/kgH2 au Chili, et en dessous de 1,1 USD/kgH2 en Afrique du Nord… », mentionne en substance le rapport.

Par ailleurs, l’intensification de la production d’hydrogène vert peut nécessiter de vastes superficies de terrain pour le développement d’installations solaires et éoliennes en vue de produire de l’électricité renouvelable. Ce qui constitue une contrainte majeure pour les pays densément peuplés tels que le Japon, la Corée du Sud et certaines parties de l’Europe. En revanche, la même source fait observer que de nombreux pays en développement peuvent tirer parti de vastes réserves de terres disponibles et inondées de soleil : plus de 80% du territoire en Algérie, au Maroc et en Afrique du Sud par exemple.

Les projections de Deloitte pour 2030

Selon les perspectives de Deloitte d’ici 2030, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Australie exploiteront rapidement leur offre excédentaire à faible coût pour devenir des acteurs clés du marché mondial de l’hydrogène. L’Afrique du Nord, avec 7,5 MtH2eq d’export, bénéficiera d’un important potentiel d’hydrogène vert à coût compétitif. « Ces trois grands exportateurs concentreront près de 90% du commerce mondial de l’hydrogène d’ici la fin de cette décennie », prédisent les auteurs de la publication.

Notons que selon la même source, l’Afrique du Nord est idéalement placée pour répondre à la demande européenne croissante, en s’appuyant sur les relations énergétiques bilatérales existantes, les conditions exceptionnelles d’ensoleillement, les infrastructures d’exportation existantes (y compris les terminaux portuaires) et les nouveaux projets de raccordement de pipelines pour les années 2030, avec 12 MtH2.