Le ministre indien de la Défense attendu au Maroc (médias)

Selon le site spécialisé dans les affaires de défense BharatShakti, cette visite vise à renforcer les échanges en matière de défense déjà existants entre le Maroc et l’Inde. « Avec MKU déjà opérationnel et Tata Advanced Systems Ltd en train de développer des implantations industrielles à long terme, l’Inde construit progressivement une présence diversifiée dans le secteur de la défense en Afrique ».

Basé à Kanpur, MKU est le premier acteur indien du secteur à s’implanter au Maroc. Il a collaboré étroitement avec les Forces armées royales au cours des quatre dernières années et reste actuellement la seule entreprise de défense indienne à disposer d’une présence opérationnelle établie dans le pays.

« MKU a fourni une gamme d’équipements essentiels, comprenant des casques balistiques et des gilets pare-balles, des jumelles de vision nocturne, des systèmes de visée pour lance-grenades ainsi que du matériel de surveillance adapté aux forces opérationnelles ».

Plus récemment, Tata Advanced Systems Ltd (TASL) a signé en 2024 un accord avec le gouvernement marocain, associant l’entreprise aux Forces armées royales pour l’assemblage et la production locale de la plate-forme blindée à roues 8×8 (WhAP) à Casablanca.

Le projet de TASL, bientôt opérationnel à Casablanca, s’étend sur 20.000 mètres carrés. Il constitue la première implantation indienne de fabrication de matériel de défense à l’étranger et au Maroc, intégrant également un pôle d’exportation potentiel destiné aux marchés africains.

Le Maroc, porte d’entrée stratégique de l’Inde vers l’Afrique

La visite de Rajnath Singh aura pour priorité de renforcer la coopération bilatérale en matière de défense, d’évaluer l’avancement des projets en cours et d’explorer de nouvelles opportunités de coentreprises et d’exportations. Elle vise également à poser les bases d’initiatives multilatérales en préparation du prochain sommet du Forum Inde-Afrique, soulignant l’importance du renforcement des liens et de la collaboration en matière de défense entre l’Inde et ses partenaires.

« Pour l’Inde, le Maroc représente non seulement un partenaire stratégique, mais aussi une porte d’entrée vers l’Afrique du Nord et de l’Ouest, ainsi qu’une base pour développer ses initiatives dans la région ».

Cette visite intervient à un moment stratégique, marqué par un intérêt croissant pour l’Afrique, à l’approche du sommet du Forum Inde-Afrique prévu l’an prochain.

Elle s’inscrit également dans un contexte de rivalité avec la Chine, qui renforce sa présence sur le continent à travers l’implantation de bases militaires, l’exportation d’armes et l’octroi de prêts pour les infrastructures. Face à cette stratégie, l’Inde met en avant un modèle alternatif axé sur le renforcement des capacités locales par le biais de partenariats.

Abdeltif Loudyi reçoit la ministre de la Défense éthiopienne

Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre de la consolidation et de la diversification de la coopération bilatérale entre le Maroc et l’Éthiopie, a été marquée par la signature de l’accord de coopération dans le domaine militaire, en présence du général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales et commandant la zone sud, indique un communiqué de l’Administration de la Défense nationale.

L’accord porte sur la coopération dans les domaines de la formation, de l’entraînement et des exercices, de la recherche scientifique, de la santé militaire ainsi que sur l’échange d’expériences et d’expertises dans différents domaines d’intérêt commun. Il prévoit également la création d’une commission militaire mixte devant arrêter les axes de coopération et se réunissant alternativement à Rabat et à Addis-Abeba.

Les deux ministres de la Défense ont passé en revue les différents volets de la coopération bilatérale et les voies et moyens de la renforcer davantage dans les domaines d’intérêt commun, et ont souligné le rôle positif et constructif du Royaume du Maroc et de la République démocratique fédérale d’Éthiopie dans le maintien de la stabilité, de la sécurité et de la paix sur le continent africain, poursuit le communiqué.

Cette rencontre a été également l’occasion de mettre en avant les diverses initiatives de coopération Sud-Sud et d’intégration régionale lancées sous le leadership du Roi, faisant du Royaume du Maroc un acteur dynamique de stabilité et de prospérité partagés au profit du continent africain.

Au terme de cette rencontre, les deux responsables ont manifesté l’ambition et la volonté commune de consolider, à l’avenir, ces relations à travers la mise en œuvre de l’accord de coopération dans le domaine de la défense signé ce mardi, ainsi que la régularité des échanges de visites des responsables des deux pays.

https://medias24.com/chronique/pourquoi-le-rapprochement-diplomatique-ethiopie-maroc-inquiete-lalgerie/

Défense. Le Maroc est devenu « une puissance high-tech incontournable » (rapport)

Loin d’être seulement une simple course à l’armement, la modernisation des Forces armées royales (FAR) est une réponse calculée à un « paysage régional en mutation ». Le rapport allemand identifie plusieurs facteurs : les ambitions d’un voisinage immédiat, « l’instabilité » croissante au Sahel et les « activités séparatistes dans le Sud, soutenues par des acteurs extérieurs ». Face à ce tableau complexe, le Maroc a opté pour une « approche qualitative avec un fort accent sur les systèmes aériens », privilégiant la précision, l’information et la supériorité technologique sur la masse.

L’arsenal de la supériorité technologique

Au cœur de cette transformation figure un arsenal de pointe. Les drones turcs Bayraktar TB2 et, plus récemment, les redoutables Akinci, ont révolutionné les capacités de « renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) » des FAR. L’analyse souligne que l’Akinci, avec « une endurance de 40 heures et une portée de 7.500 kilomètres« , offre une capacité de frappe en profondeur et de guerre électronique qui change la donne, notamment pour surveiller les menaces transfrontalières émanant du Sahel.

Cet arsenal aérien est en train d’être complété par des hélicoptères de combat AH-64 Apache et des chasseurs F-16 Block 70/72, décrits comme des plateformes de pointe garantissant une supériorité aérienne. Au sol, les systèmes d’artillerie de précision comme le Caesar français et l’Atmos 2000 israélien, couplés aux futurs missiles HIMARS, complètent ce dispositif en offrant une puissance de feu mobile, précise et adaptée au terrain.

Un leader régional, partenaire clé de l’Occident

Cette montée en puissance positionne le Maroc bien au-delà de ses propres frontières. Le rapport le décrit comme « un acteur clé dans la lutte contre l’instabilité au Sahel » et un partenaire de plus en plus crucial pour les puissances mondiales. Alors que les États-Unis et la France se retirent de certaines zones, le Maroc, avec ses capacités et sa stabilité, apparaît comme un « partenaire fiable pour ancrer les initiatives de sécurité ».

Son statut de membre du « dialogue méditerranéen » de l’OTAN et d’hôte de l’exercice African Lion témoigne de son « interopérabilité avec les systèmes de l’OTAN », en faisant un allié précieux. « La participation du Maroc le positionne comme un partenaire clé dans la lutte contre les menaces basées au Sahel, renforçant sa souveraineté par des alliances plus profondes », note l’analyse.

Vers une souveraineté industrielle et multidomaine

La vision marocaine ne se limite pas à l’achat d’équipements. L’un des piliers de cette stratégie est le développement d’une « industrie de défense souveraine« . L’annonce de l’ouverture prochaine d’une usine de production et de maintenance de drones Baykar au Maroc est une illustration concrète de cette ambition. L’objectif est de réduire la dépendance extérieure, de favoriser les transferts de technologie et de créer un écosystème industriel local.

Parallèlement, le Maroc diversifie ses partenaires stratégiques – États-Unis, Turquie, France, Israël – pour renforcer son « autonomie stratégique » et éviter une dépendance excessive à l’égard d’un seul fournisseur.

L’avenir, selon le rapport, s’oriente vers deux nouveaux fronts : le domaine naval et le cyberespace. Face à une façade maritime de plus de 3.500 km et à des menaces comme les cyberattaques, le Maroc est « prêt à renforcer ses capacités navales et à développer une expertise en matière de guerre hybride ».

La création d’une « armée cyber robuste » et l’investissement dans une marine capable de protéger sa zone économique exclusive (ZEE) sont les prochaines étapes logiques pour faire du Maroc une « puissance multi-domaine polyvalente », assurant sa souveraineté sur terre, en mer, dans les airs et dans le cyberespace.

Un F-16 ukrainien abat un Su-35 russe : un exploit qui redéfinit la supériorité aérienne

Dans un moment historique pour l’armée de l’air ukrainienne, un avion de chasse F-16 d’ancienne version a abattu pour la première fois un Su-35 russe, rapporte le média allemand Bild. L’engagement s’est déroulé le 7 juin 2025 lors d’une opération menée près de la frontière russe, dans la région de Koursk.

Le pilote ukrainien a tiré un missile air-air AIM-120 AMRAAM qui a touché sa cible près de la ville de Korenevo. Le pilote russe s’est éjecté et a survécu selon la même source.

Cet évènement inédit représente « une information d’une grande richesse stratégique, instructive à plusieurs niveaux », selon notre consultant militaire Abdelhamid Harifi.

Le premier point qu’il souligne est « l’asymétrie technologique apparente entre les deux appareils ». En effet, le F-16 impliqué est un « F-16 AM, une version modernisée mais ancienne, provenant des surplus de la force aérienne néerlandaise ». Contrairement aux versions plus récentes telles que les F-16 Block 52 ou encore le Block 72 « Viper » que le Maroc est en train d’acquérir, cet appareil ne peut être comparé. Face à lui, « le Su-35 représente l’un des fleurons de la technologie de combat aérien russe ». Sur le papier, ce duel semblait donc « joué d’avance« .

Pourtant, ce succès ne repose pas uniquement sur les capacités intrinsèques du F-16. Abdelhamid Harifi met en avant « l’intervention d’un multiplicateur de force : un avion de guet aérien et de commandement suédois », qui utilise « la même technologie que celle du Saab Erieye pakistanais« .

Ce dispositif a joué un rôle décisif à plusieurs égards :

– « Détection à distance » : l’appareil a détecté le Su-35 à une distance estimée entre 250 et 300 kilomètres.

– « Transmission de données » : il a ensuite « transmis les données de ciblage en temps réel au F-16 via une liaison de données sécurisée (Link 16).

Ainsi, « le pilote du F-16 a agi comme un simple exécutant », lançant son missile AIM-120 AMRAAM sur la cible « sans avoir ni à la détecter ni à l’analyser lui-même ». Le pilote est devenu « le bras armé d’un cerveau déporté dans les airs », résume notre expert.

Ce cas illustre parfaitement l’évolution du combat aérien, où « la supériorité ne se mesure plus seulement à la puissance brute d’un avion, mais à l’intégration des systèmes et à la coordination entre plateformes ».

Un enseignement stratégique pour le Maroc face à la montée en puissance régionale

Selon notre consultant, cette démonstration tactique offre « un enseignement stratégique capitale pour le Maroc », dans un contexte marqué par l’annonce de l’acquisition d’avions de chasse de 5ᵉ génération Su-57 par l’Algérie.

« La réponse ne réside pas nécessairement dans une course à l’armement coûteuse », affirme-t-il. À l’heure où le Maroc engage d’importants investissements dans des projets structurants – organisation de la Coupe du monde 2030, développement massif des infrastructures, déploiement de programmes sociaux –, l’acquisition d’appareils de type F-35 « apparaît difficilement soutenable à court terme ».

En revanche, le Royaume aurait tout à gagner à s’inspirer du modèle ukrainien : « investir dans les multiplicateurs de force, tels que les avions de guet aérien (AEW&C), est une alternative intelligente, économiquement viable et stratégiquement redoutable ». Une flotte bien dimensionnée de ce type de plateformes permettrait au Maroc de « compenser un éventuel déficit technologique ou numérique », tout en renforçant considérablement la létalité et la résilience de ses chasseurs existants.

« Ce n’est pas l’avion qui compte, c’est le réseau dans lequel il s’insère », résume M. Harifi. Dans une architecture bien pensée, même un F-16 moins avancé peut devenir « une menace stratégique sérieuse », dès lors qu’il est guidé par des capteurs puissants et intégrés dans un système de commandement efficace.

Une stratégie de dissuasion qualitative

Ce modèle de défense n’implique pas une escalade militaire, mais « une approche de dissuasion qualitative », affirme notre expert. L’idée n’est pas de rivaliser avion contre avion, mais de bâtir un système cohérent, interconnecté et capable de répondre à toute agression de manière crédible.

« Cet événement démontre que la performance individuelle d’un avion ne suffit plus. Ce qui fait la différence aujourd’hui, c’est la capacité à créer un système de systèmes« , souligne-t-il. C’est cette logique d’intégration, déjà mise en œuvre par certaines puissances moyennes, qui permet de « maintenir un équilibre stratégique sans s’engager dans une course quantitative ruineuse ».

Pour le Maroc, qui modernise progressivement son arsenal militaire tout en préservant son équilibre budgétaire, cette voie pourrait constituer une réponse efficace, adaptée à la réalité géopolitique régionale.

Le Maroc réceptionnera en 2026 son patrouilleur de haute mer construit par l’Espagnol Navantia

Ce patrouilleur moderne est financé à hauteur de 95 millions d’euros par un prêt du Banco Santander pour un coût total de 130 millions d’euros.

La construction du navire a débuté en juillet 2023, avec le découpage de la première tôle. La livraison est prévue pour 2026.

Selon le journal espagnol Defensa, spécialisé dans les questions de défense, le futur patrouilleur, d’un déplacement de 2.020 tonnes à pleine charge, affiche une longueur de 87 m, une largeur de 13 m et un tirant d’eau de 4 m.

Il est conçu pour atteindre une vitesse maximale de 24 nœuds grâce à un système de propulsion CODAD (Combined Diesel And Diesel), composé de quatre moteurs MAN 175D et de cinq groupes électrogènes Baudouin, rapporte le journal espagnol.

La plateforme est équipée pour accueillir un hélicoptère ou un drone de type UAS (Unmanned Aircraft System) et dispose de deux embarcations auxiliaires semi-rigides de type RHIB. La modularité du modèle Avante 1800 permet différentes configurations d’armement, bien que les détails concernant l’arsenal prévu pour le navire marocain restent confidentiels, toujours selon la même source.

Le design permet en théorie l’intégration d’un canon principal de 76 mm ou 57 mm, de systèmes d’armes téléopérés de 25 ou 30 mm, ainsi que de missiles.

Interpellé par des députés en France, KNDS s’explique sur l’échec de son 2e contrat marocain

Le fabricant KNDS France, produisant notamment les systèmes Caesar, avait vu un deuxième contrat avec le Maroc échouer en raison de problèmes techniques, comme l’a rapporté le média français LaTribune.fr. Face à ces difficultés, Rabat a opté pour l’acquisition de 36 canons automoteurs Atmos 2000 auprès d’Elbit Systems.

Des tensions avaient émergé entre les FAR et KNDS France après la livraison des premiers canons Caesar en 2022. Les FAR avaient signalé des problèmes récurrents sur ces systèmes d’artillerie, adressant plusieurs réclamations au groupe français, selon l’article fouillé publié par La Tribune.

Lors d’une audition devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale française mercredi 12 février 2025 (vers 2:40:00), Alexandre Dupuy, directeur de la Business Unit Systems chez KNDS, a confirmé ces problèmes techniques. « Les Marocains ont observé quelques problèmes de fonctionnement et de fiabilité sur certains sous-ensembles, notamment hydrauliques. Ces sous-ensembles ne sont pas réalisés chez nous, mais en chaîne de sous-traitance », a-t-il expliqué.

« Il fallait concrètement produire de nouveaux équipements à un moment où l’on était déjà aux capacités maximales de production des équipements pour la montée en cadence pour l’Ukraine ».

« Ces opérations ont pris un peu de temps. Mais aujourd’hui, les deux régiments sont pleinement opérationnels et nous sommes fiers d’équiper les armées marocaines. Elles sont membres du club Caesar et vont continuer à bénéficier des améliorations que nous apportons sur Caesar ».

Par rapport à l’achat des canons Atmos 2000, Alexandre Dupuy a affirmé que ce n’était pas tant une décision politique, mais plutôt l’offre technique du fabricant israélien Elbit qui a fait la différence.

« Ce n’est pas que le Maroc ait choisi Elbit, mais plutôt qu’Elbit a proposé une offre différente, avec une capacité de développement plus rapide », a-t-il souligné. Cette offre combinant des capacités de canons et de lance-roquettes a, semble-t-il, convaincu les FAR, alors que KNDS ne peut pas proposer une telle solution.

Le Maroc est pragmatique dans ses choix d’armements

« Il y a eu un mécontentement du côté marocain, ce qui est compréhensible », explique Abdelhamid Harifi, expert militaire contacté par Médias24. Ce mécontentement découle en grande partie de la priorité donnée par la France aux livraisons rapides de canons Caesar à l’Ukraine, au détriment de la commande marocaine. De plus, le changement organisationnel au sein de la société française Nexter, devenue KNDS, a également joué un rôle dans les retards et les complications rencontrées.

Les problèmes techniques, notamment liés aux systèmes hydrauliques des canons Caesar, n’ont pas été exclusifs au Maroc. « L’armée française elle-même a dû faire appel à plusieurs reprises à KNDS durant la première année de service du Caesar pour corriger des problèmes », ajoute-t-il. Ces difficultés sont courantes lors du déploiement initial de nouvelles unités.

Aujourd’hui, les deux Groupes d’artillerie royale (GAR) équipés de Caesar, situés à Midelt et à Ouarzazate, sont pleinement opérationnels. « Le Caesar a démontré son efficacité lors d’exercices de terrain en Ukraine, et les Marocains profitent désormais du retour d’expérience (RETEX) pour améliorer le système avec l’appui du constructeur », indique notre expert militaire. Cette collaboration permet de tirer des leçons concrètes des engagements sur le terrain pour optimiser l’utilisation des canons au Maroc.

L’acquisition récente des canons Atmos israéliens s’inscrit également dans une stratégie plus large des FAR. « L’achat de l’Atmos vient dans la continuité de la doctrine des FAR, qui vise à ne jamais dépendre d’un seul fournisseur », explique Abdelhamid Harifi, mais cette approche permet surtout de créer des couples d’unités d’action et de dissuasion sur plusieurs fronts. Par exemple, « l’Atmos israélien est couplé avec le PULS (également israélien), tandis que le Caesar français est associé à l’AR2 chinois« . Bientôt, un nouveau système sera couplé au HIMARS américain, renforçant ainsi la polyvalence et la résilience des FAR.

En somme, malgré les défis initiaux, le Maroc a su adapter sa stratégie militaire en tirant parti des retours d’expérience et en diversifiant ses sources d’approvisionnement. Comme le souligne Abdelhamid Harifi, « cette diversification permet aux FAR de maintenir une capacité opérationnelle élevée et de s’adapter aux défis complexes des conflits modernes ». Une approche qui témoigne de la volonté du Maroc de renforcer sa position stratégique dans un environnement régional et international en mutation.

L’Algérie va-t-elle réellement acheter des chasseurs russes Su-57 ?

L’information à été reprise par de nombreux médias y compris au Maroc et bien sûr en Algérie. Une commande a été passée lors de la China International Aviation & Aerospace Exhibition à l’automne dernier, bien que l’identité de l’acheteur n’ait pas été révélée à ce moment-là. Le nom de l’Algérie avait été évoqué sans être confirmé.

Ce mercredi 12 février, l’information selon laquelle l’Algérie « aurait confirmé l’achat des chasseurs russes SU-57 » a été largement relayée.  « Une confirmation discrètement annoncée par EPTV, la télévision d’État algérienne, le 11 février au soir », affirment les médias. Déjà, la formulation est au conditionnel.

La vidéo en question sur EPTV, montre le général Chanegriha prenant part à la cérémonie d’ouverture du salon « Aero India ». Sur les images en question, on le voit prendre connaissance du fonctionnement d’appareils, dont le SU-57, lors d’un show aérien.

Rien n’indique sur cette vidéo une confirmation de l’information. Donc, il est faux de dire que la tv algérienne a confirmé l’information. Il s’agit d’un emballement médiatique pour l’instant.

Mais, s’il se confirme, cet achat soulèverait de nombreuses questions, notamment sur sa pertinence stratégique.

« Le faible nombre d’unités supposément commandées – seulement 14 – confirme que la Russie rencontre des difficultés à produire cet avion en masse », explique à Médias24 Abdelhamid Harifi, expert militaire.

Cette limitation est en grande partie due aux sanctions internationales qui frappent la Russie, affectant sa capacité industrielle. De plus, le Sukhoi Su-57 reste un appareil qui n’a pas encore fait ses preuves sur le terrain. « Bien qu’il ait été testé en Syrie et en Ukraine pour des missions de bombardement, il est toujours considéré comme en phase de test », ajoute-t-il.

Un avion de 5ᵉ génération ? Pas si sûr…

Le Sukhoi Su-57 est souvent présenté comme un avion de cinquième génération, mais cette classification est contestée. « Lors de son exposition en Chine il y a quelques semaines, de nombreux analystes ont relevé des failles dans sa conception et sa structure », note Abdelhamid Harifi.

Pour l’Algérie, l’acquisition de cet avion semble avant tout répondre à un objectif de dissuasion régionale. « Il s’agit de maintenir une supériorité aérienne symbolique, même si la fiabilité et l’efficacité de l’appareil restent à démontrer », souligne-t-il.

Un défi pour le Maroc : maintenir l’équilibre stratégique

Dans ce contexte, le Maroc doit réfléchir à sa propre stratégie de défense aérienne. Le Maroc pourrait donc envisager l’acquisition d’un avion de cinquième génération, comme le F-35 américain, pour renforcer sa dissuasion.

« Le F-35, contrairement au Sukhoi Su-57, est un avion de combat éprouvé, avec une technologie de pointe et une fiabilité démontrée sur le terrain » , précise l’expert. Un tel achat, même en petit nombre (une dizaine d’appareils), pourrait avoir un impact significatif en termes de dissuasion.

La supériorité aérienne ne se limite pas aux avions de combat

Cependant, la supériorité aérienne ne repose pas uniquement sur les avions de chasse. « Elle inclut également des avions de guet aérien, des avions de guerre électronique et des systèmes radar avancés (comme les AWACS) » , rappelle Abdelhamid Harifi. Le Maroc avait d’ailleurs exploré ces options par le passé, notamment avec le fabricant italien Leonardo, qui avait présenté un modèle adapté lors du Marrakech Air Show« . Malheureusement, ce projet semble avoir été mis de côté, alors qu’il pourrait aujourd’hui répondre à un besoin crucial ».

Les multiplicateurs de force : une solution pour compenser l’asymétrie numérique

Il est évident que le Maroc ne peut pas rivaliser avec l’Algérie en termes de nombre d’avions de combat. Il en va autrement de la qualité.

Le Maroc peut compenser cette asymétrie en investissant dans des multiplicateurs de force, tels que des avions de guet aérien, des systèmes de guerre électronique et des drones de haute technologie.

« Les drones, bien qu’efficaces contre des milices ou des groupes armés, ne suffisent pas à contrer une armée régulière dotée d’une force aérienne importante, comme celle de l’Algérie. Ils manquent de vitesse, de discrétion et de rayon de détection pour constituer une réelle menace dissuasive », souligne l’expert.

Face à ces défis, il est essentiel que les décideurs marocains réévaluent leurs priorités en matière de défense aérienne. « La supériorité technologique des F-16 Viper Block 72 dont dispose le Maroc est un atout majeur, mais elle doit être complétée par des investissements dans des systèmes de surveillance et de guerre électronique » , conclut Abdelhamid Harifi.

Au final, commander des avions n’est pas tout. Il faut aussi les recevoir, et la Russie, qui est soumise à une forte pression dans ce domaine, livrera son armée en priorité. Mais si cet achat venait à se concrétiser, la question de l’acquisition de F-35 par le Maroc se posera.

Le Maroc va acheter 36 canons Atmos 2000 auprès d’Elbit Systems (média)

L’information est rapportée par le journal français La Tribune, citant des sources concordantes.

Selon la même source, des tensions ont émergé entre les Forces armées royales (FAR) et KNDS France après la livraison des premiers canons Caesar en 2022. Les FAR avaient signalé des problèmes récurrents sur ces systèmes d’artillerie, adressant plusieurs réclamations au groupe français.

KNDS France a tardé à répondre aux doléances de Rabat, et certains canons ne seraient toujours pas opérationnels. Ce manque de réactivité a fini par agacer les autorités marocaines, qui ont décidé d’explorer d’autres options, poursuit la même source.

L’échec de KNDS France au Maroc affecte également Arquus, qui espérait vendre des véhicules d’accompagnement aux FAR, estime le journal français.

Atmos (Autonomous Truck Mounted Howitzer System) est un système d’obusier automoteur à longue portée, monté sur camion, offrant une grande mobilité et une puissance de feu élevée.

 

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Le Maroc se prépare à recevoir ses premiers hélicoptères Apache AH-64E

Le programme d’acquisition des hélicoptères AH-64E Apache par le Maroc franchit une nouvelle étape. Selon les dernières informations, dix appareils ont déjà été construits, et ce nombre atteindra bientôt douze.

« Le premier lot d’Apache marocains a été livré à l’US Army afin d’y subir une série de tests et de vérifications techniques, une étape essentielle pour s’assurer que les hélicoptères sont pleinement opérationnels avant leur mise en service au sein des Forces royales air (FRA) », explique à Médias24 l’expert militaire Abdelhamid Harifi.

Un lot de six hélicoptères Apache est actuellement en phase de préparation pour être chargé à bord d’un navire à destination du port de Tanger Med, à l’image des Chinooks qui ont aussi été livrés par voie maritime. L’accostage de ces appareils au Maroc est prévu « aux alentours du 20 février 2025« , puis la livraison se poursuivra à raison de 6 appareils par lot.

Les Apache AH-64E : un tournant stratégique pour les Forces armées royales

L’arrivée des hélicoptères d’attaque AH-64E Apache dans l’arsenal des Forces armées royales (FAR) marque une avancée significative dans la doctrine militaire marocaine. Selon Abdelhamid Harifi, ces appareils vont « profondément modifier la doctrine de combat des unités terrestres », en introduisant une capacité d’appui-feu mobile et réactive.

Dans ce cadre, une base aéroterrestre est en cours de finalisation à Khouribga, dont l’objectif principal sera « l’appui-feu rapproché des unités engagées au sol », précise l’expert.

L’Apache AH-64E se distingue par un système d’armement avancé, lui permettant d’opérer contre une large variété de menaces. Il est équipé de :

Une intégration technologique avancée

L’Apache AH-64E ne se limite pas à sa puissance de feu. Il dispose également d’un système de contrôle de drones, permettant « au pilote de manipuler des drones en vol », ce qui augmente la conscience situationnelle et offre une meilleure vision du terrain et des menaces, y compris au-delà de l’horizon visuel.

L’Apache peut également « servir de poste de commandement avancé sur le champ de bataille », améliorant ainsi la coordination entre différentes unités telles que les chars Abrams, les avions F-16, les drones et l’artillerie.

Pour garantir cette synergie interarmes, l’Apache est équipé des systèmes de communication L16 et L11. Ces technologies permettent « une intégration fluide avec les autres unités opérant sur le champ de bataille », explique notre expert.

Grâce à ces capacités, les FAR pourront optimiser l’usage de leurs moyens militaires en adoptant une approche plus efficiente et économique. « Lorsqu’une menace est identifiée, la force la plus proche et la munition la plus adaptée et moins coûteuse seront sélectionnées pour la neutraliser rapidement et efficacement »..

« L’arrivée des Apache va permettre d’alléger la charge opérationnelle de l’aviation royale ». Jusqu’à présent, les missions de soutien aérien rapproché étaient principalement assurées par des avions de combat F-5. Avec l’intégration des Apache, ces missions seront désormais prises en charge par un appareil plus performant, plus adapté et moins coûteux en exploitation et en maintenance.

Les premiers pilotes marocains formés à l’Apache AH-64E ont déjà achevé leur formation initiale. « Ce programme de formation se poursuivra pour accompagner les prochaines livraisons, garantissant ainsi une prise en main rapide et efficace de ces nouveaux appareils », précise Harifi.

Un contrat de 4,25 MMDH

Annoncé en juin 2020, cet achat des 24 hélicoptères Apache fait du Royaume le 17ᵉ pays à acquérir le Boeing AH-64 Apache et le 2ᵉ en Afrique après l’Égypte.

Conclu avec l’armée américaine dans le cadre du programme de ventes militaires à l’étranger du gouvernement US, ce contrat prévoit que Boeing produise 24 Apache modèle E pour le Maroc.

Le Pentagone avait demandé l’autorisation du Congrès pour la vente de ces hélicoptères, incluant une option pour 12 appareils supplémentaires, divers armements et équipements, pour un montant maximal annoncé de 4,25 milliards de DH.

« La commande, passée officiellement en juin 2020 pour 24 hélicoptères, a une valeur finale qui n’est pas encore connue à ce jour, mais dont on sait qu’elle est inférieure au montant annoncé », précise M. Harifi.

Ce contrat fait partie d’une commande historique marocaine de modernisation des Forces armées royales, qui porte sur la livraison de 25 chasseurs F16 Block 72 équipés de radars de 5ᵉ génération, la modernisation de 23 autres et l’acquisition de 36 hélicoptères AH-64 E Apache, dont 12 en option.

« Le Maroc entre ainsi dans la cour des grands avec cet appareil de combat légendaire qui n’a cessé d’être modernisé, au point d’être aujourd’hui l’hélicoptère de combat le plus avancé et ayant la plus longue expérience concluante dans le combat », conclut Abdelhamid Harifi.

Dernière commande marocaine d’armes US : « Un vrai game changer au niveau régional » (Expert)

La semaine dernière, les Forces royales air (FAR) ont passé commande auprès des Etats-Unis pour l’acquisition de 500 bombes GBU-39B à petite dimension (SDB-I) et de deux bombes d’entraînement inertes GBU-39 (T-1)/B avec fusée. Cette commande comprend des munitions d’entraînement, des conteneurs, des équipements de soutien, des pièces de rechange, des consommables, ainsi que des services de formation, de maintenance et de support technique. Le coût total estimé de cette transaction est de 86 millions de dollars, indique l’Agence de coopération pour la sécurité de la défense (DSCA) dans un communiqué.

Le Maroc a également commandé 30 missiles air-air AIM-120C-8 AMRAAM et une section de guidage AIM-120C-8 AMRAAM. Cette commande inclut des kits de télémétrie AMRAAM, des pièces de rechange pour la section de contrôle, des équipements de test, ainsi que des services de soutien technique, logistique et d’ingénierie. Le coût total estimé de cette transaction est de 88,37 millions de dollars, ajoute le communiqué.

Les achats annoncés en fin de semaine dernière constituent « un vrai game changer au niveau régional pour différentes raisons », commente l’expert militaire Abdelhamid Harifi pour Médias24.

« Pour le AIM120C8, il s’agit de la version export réservée aux alliés très proche des USA. Le Maroc sera le seul pays africain à en avoir, pour donner à son aviation un moyen de renforcer sa dissuasion aérienne et donner un vrai multiplicateur de force pour les F16« , explique notre interlocuteur.

« En effet, depuis l’acquisition de ces derniers [les F16, ndlr], on a opté pour le AIM120C7 avec une portée optimale de 70 km et une portée maximale de 110 km ; le C8 va porter cette portée à plus de 160 km avec une technologie de guidage et anti-brouillage combat proven donnant la possibilité aux F16, avec leur radar AESA, d’abattre toute menace de la chasse ennemie avant même que cette dernière ne puisse détecter le F16″, détaille l’expert militaire.

 

 

Quant au SDB-I, « il faut dire que ce n’est pas un achat nouveau, mais la quantité annoncée est importante. Il s’agissait en 2019 de l’une des principales nouveautés de l’achat du new batch des F16 Blk72, avec le modeste nombre de 50… À présent, on annonce 500 bombes ! », souligne Abdelhamid Harifi.

L’expert affirme qu’il s’agit de bombes volantes à effet missile, dont la portée peut varier entre 80 et 110 km, de faible tonnage, mais avec des capacités destructrices importantes, capables de pénétrer des blocs en béton armé jusqu’à 2.4 m et d’exploser à l’intérieur.

« C’est une bombe qui a déjà montré des capacités énormes à mener des attaques chirurgicales très précises, comme les images des attaques sur des immeubles au Liban ou à Gaza, sans porter atteinte aux constructions avoisinantes. On a même vu une attaque sur un immeuble au 3e étage, sans que les 4e et 5e ne soient touchés », décrit notre interlocuteur.

 

Les missiles SDB-I.

 

Pour Abdelhamid Harifi, « le faible tonnage et la capacité destructrice énorme déjà testée en Irak, en Afghanistan, au Liban et à Gaza, couplés à l’impossibilité du brouillage, donnent a nos F16 et même à nos futurs drones, s’ils sont câblés pour l’emporter, des possibilités de mener des attaques contre les bases et les installations stratégiques ennemies en ciblant plus d’objectifs sensibles et à forte valeur, sans avoir à mobiliser un nombre important de la flotte, et donc à très moindre coût dans un contexte où l’économie de guerre devient de plus en plus coûteuse ».

Drones Akinci : une avancée stratégique pour le Maroc et une perception alarmiste en Espagne

Dans une analyse publiée par The Diplomat in Spain, l’expert militaire espagnol Óscar Ruiz souligne que ces drones Akinci de dernière génération représentent un saut technologique majeur pour la flotte marocaine, avec des capacités accrues en termes de portée, de précision et de puissance de frappe. Il s’interroge également sur leur « impact potentiel sur la sécurité régionale, notamment pour l’Espagne, qui pourrait voir ces équipements comme un outil renforçant la capacité de surveillance et d’intervention du Maroc dans des zones stratégiques ».

Cette inquiétude n’est pas nouvelle et semble s’inscrire dans une logique récurrente de lobbying médiatique en faveur de l’armée espagnole. Selon Abdelhamid Harifi, analyste en questions de défense, « la presse espagnole pratique souvent un lobbying en faveur de l’armée, en insistant sur la nécessité d’augmenter les budgets de défense. Cela passe systématiquement par la diabolisation de tout contrat militaire marocain, parfois même en relayant des informations sur des faux contrats ».

Dans ce contexte, l’acquisition des drones Akinci est perçue comme une nouvelle occasion de susciter l’inquiétude, bien que Harifi souligne que « le Maroc ne considère pas l’Espagne comme une menace et reste convaincu que tout différend avec ce pays membre de l’OTAN se règlera par des voies diplomatiques ». Il rappelle également que le Maroc ne dispose pas d’installations militaires significatives dans le nord du pays qui pourraient représenter une menace directe pour l’Espagne.

Un drone aux capacités impressionnantes

Le Bayraktar Akinci représente une avancée technologique majeure pour les Forces armées royales (FAR). Avec un rayon d’action de 6.000 km, une autonomie de 25 heures et une capacité d’emport équivalente à un chasseur de combat, ce drone est équipé de technologies avancées, notamment la communication par satellite et une faible signature radar.

Selon Harifi, ces caractéristiques font de l’Akinci « un vecteur important dans la stratégie militaire dissuasive du Maroc ». Il précise : « Ce drone envoie un message clair : le Maroc est désormais capable d’exploiter l’espace aérien ennemi pour attaquer ses défenses et ses cibles stratégiques avec précision, tout en minimisant les risques pour ses propres forces ».

Un outil de dissuasion, pas une course à l’armement

Contrairement à certaines analyses alarmistes, Harifi insiste sur le fait que le Maroc n’est pas engagé dans une course à l’armement. « Le Royaume a des priorités en matière de développement et des échéances importantes à honorer, comme l’organisation de la Coupe du Monde 2030 ».

Ainsi, l’acquisition des drones Akinci s’inscrit dans une logique de renforcement des capacités de défense, sans pour autant signifier une volonté de confrontation ou de domination régionale.

Le compte rendu du Conseil de gouvernement du 14 novembre 2024