Déficit à 3,5% : Lekjaa rassure sur la trajectoire des finances publiques en 2025

Dans son intervention devant la Chambre des conseillers, le ministre délégué chargé du Budget, Faouzi Lekjaa, a présenté les perspectives de fin d’année pour les finances publiques. Il a mis en avant le déficit ainsi que la trajectoire de la dette.

La situation des finances publiques

« L’économie nationale a démontré une résilience remarquable. Selon le bilan à fin novembre, nous sommes sur la trajectoire de clôturer l’année avec un déficit de 3,5%, et nous allons réduire notre endettement en dessous de 66% du PIB », indique Fouzi Lekjaa.

Pour lui, cette évolution budgétaire et financière constitue un atout majeur pour le Royaume du Maroc.

« Lorsqu’un pays est évalué au niveau international, ce sont les choix qu’il opère qui sont jugés, on ne peut pas l’interpréter autrement. Les agences de notation ont relevé la note souveraine du Maroc pour la deuxième fois consécutive durant le mandat du gouvernement, grâce aux orientations stratégiques définies par Sa Majesté le Roi, aux décisions politiques du gouvernement, ainsi qu’à leur traduction concrète dans les lois de finances et l’ensemble des textes encadrant l’activité économique et sociale », poursuit-il.

Le ministre insiste sur le lien étroit entre la qualité des finances publiques et la capacité d’action de l’État.

« Lorsque les finances publiques sont soutenables, l’État dispose de véritables marges de manœuvre pour décider et agir. À l’inverse, lorsque la situation budgétaire se dégrade, ces marges se resserrent et la prise de décision devient progressivement difficile, jusqu’à parfois devenir impossible », souligne-t-il.

Lekjaa rappelle ensuite que le choix de ramener progressivement le déficit vers 3% résulte d’une décision ambitieuse du gouvernement.

« Si le gouvernement avait choisi de maintenir un déficit de 4,5% du PIB, la situation aurait été plus souple et nous aurait permis de disposer de 20 MMDH supplémentaires. Mais l’objectif a été de ramener le déficit à 3%, un niveau soutenable et durable pour les générations futures », précise-t-il.

« L’objectif de réduire le déficit autour de 3%, associé à une croissance moyenne de 3% à 3,5%, permet de stabiliser le niveau d’endettement. Et si la croissance du PIB s’accélère, la trajectoire de la dette devient mécaniquement décroissante. L’évolution de l’endettement est importante, elle traduit les marges de financement, la stabilité et les perspectives offertes aux générations futures », conclut-il.

 

Finances publiques. À fin mai 2025, le déficit du Trésor atteint 22,9 MMDH, soit le double de son niveau un an plus tôt

L’analyse de la situation mensuelle des finances publiques à fin mai 2025, publiée par la TGR, met en évidence une nette progression des recettes, principalement fiscales, mais aussi une importante hausse des dépenses, qui se traduit par un déficit global nettement supérieur à celui enregistré un an plus tôt.

Recettes : une dynamique soutenue

À 150,9 MMDH, les recettes fiscales gagnent 19% sur un an. Cette performance repose d’abord sur la fiscalité domestique, dont le produit progresse de 25,4% pour atteindre 105,5 MMDH.

L’impôt sur les sociétés en est le principal moteur : il bondit de 36,6% pour s’établir à 40,5 MMDH. L’impôt sur le revenu suit la même tendance (27,6%) et atteint 32,3 MMDH. Ce total inclut 3,8 MMDH provenant de l’opération de régularisation volontaire instituée par la loi de finances 2024.

Du côté de la TVA, la branche intérieure réalise un produit brut de 19,9 MMDH, en hausse de 13,8%, tandis que la TVA à l’importation s’élève à 24,5 MMDH, en progression de 6,1%.

Parallèlement, les recettes non fiscales atteignent 20,5 MMDH, en progression de 24,7%, sous l’effet du renforcement des versements des comptes spéciaux du Trésor (CST) au budget général (11,7 MMDH) et de la bonne tenue des monopoles publics, notamment Bank Al-Maghrib et l’Agence de la conservation foncière.

Finances publiques : forte poussée des charges ordinaires

Les dépenses ordinaires émises s’élèvent à 159,8 MMDH, en hausse de 24,4%. Les traitements et salaires représentent 73,1 MMDH, soit une augmentation de 11,2%, tandis que les autres dépenses de biens et services grimpent de 51,9% pour atteindre 58,4 MMDH.

La charge d’intérêts de la dette s’établit à 16,8 MMDH, en hausse de 13%. Les émissions au titre de la compensation reculent de 31,9% pour se situer à 3,1 MMDH, alors que les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux atteignent 8,4 MMDH, en bond de 75,8%, traduisant l’effort de liquidation des arriérés de TVA et des restitutions d’IS.

Les dépenses d’investissement, quant à elles, progressent de 26,4% pour s’établir à 48,6 MMDH, dynamisées par les charges communes (56,5%) tandis que celles engagées par les ministères restent quasi stables.

Ainsi, malgré la progression des dépenses, le solde ordinaire demeure positif, à 11,6 MMDH, contre 14,9 MMDH à fin mai 2024. Après prise en compte de l’effort d’investissement et d’un excédent de 13,1 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor, le déficit global du Trésor ressort néanmoins à 22,9 MMDH, soit le double des 11,2 MMDH observés un an plus tôt.

Croissance réévaluée : en 2024, le PIB dépasse 1.500 milliards de DH pour la première fois

L’arrêté des comptes nationaux 2024, publié par le HCP, affine les estimations du PIB. Pour l’année 2024, la croissance économique réelle est désormais révisée à 3,8%, contre une estimation initiale de 3,3%, traduisant une performance supérieure aux anticipations.

Le taux de croissance économique de 2023 a été pour sa part révisé: il passe de 3,4% à 3,7%.

Précisons qu’il y a une différence essentielle entre réviser et réévaluer.

Dans le cas de 2024, c’est le premier chiffre officiel issu de la comptabilité nationale. Les précédents étaient des estimations basées sur des enquêtes ou des modèles. Donc, les 3,8% sont le premier chiffre officiel.

Pendant une durée de trois années, il y a des révisions des chiffres qui sont affinés et c’est ce qui s’est toujours passés. D’où la révision des chiffres de 2022 et 2023.

Le PIB réel dépasse, pour la première fois, le seuil des 1 .500 MMDH

Avec un PIB nominal de 1.596,8 MMDH en 2024, résultant d’une croissance réelle de 3,8% et d’une hausse du niveau général des prix de 4,1%, le PIB réel ressort à 1.531,3 MMDH (1.477,4 MMDH en 2023).

Cette évolution marque une étape symbolique : pour la première fois dans l’histoire économique du Maroc, le PIB réel dépasse le palier des 1.500 MMDH.

 

Source : HCP

Un tel ajustement à la hausse entraîne mécaniquement des effets arithmétiques sur plusieurs ratios macroéconomiques fondamentaux, notamment ceux relatifs au déficit budgétaire, à l’endettement global du Trésor ou encore au solde du compte courant. Ces indicateurs, exprimés en pourcentage du PIB, sont sensibles à toute variation de l’agrégat de référence.

Il convient de rappeler que les ratios sont calculés sur la base du PIB nominal (exprimé en dirhams courants). Cette convention s’explique par le fait que les agrégats qu’ils rapportent (dépenses publiques, recettes, dette, etc.) sont eux-mêmes mesurés en valeur. Il est donc impératif de les rapporter à un agrégat de nature comparable.

Révision à la baisse de l’ensemble des ratios macroéconomiques

Dans une analyse récente, Médias24 avait dressé un état des lieux des principaux agrégats macroéconomiques sur la base des premières estimations du PIB. Toutefois, avec un PIB nominal révisé à 1. 596,8 MMDH, la lecture des équilibres s’en trouve modifiée.

Voici les principaux ratios macroéconomiques à la lumière de cette réévaluation.

⇒ Déficit budgétaire :

Selon la situation des charges et ressources du Trésor, arrêtée à fin décembre 2024 par le ministère de l’Économie et des finances, le déficit budgétaire s’est établi à 60,9 MMDH. Ainsi, le déficit budgétaire est ramené à 3,8% du PIB, mieux que les 3,9% calculées selon un taux de croissance de 3,3%.

Source : MEF

⇒ Compte courant :

Sur le plan extérieur, le déficit du compte courant, initialement estimé à 1,2% du PIB sur la base d’une croissance de 3,3%, s’établit désormais à 1,16% après révision du PIB nominal. La baisse reste marginale, compte tenu de la faiblesse du déficit en valeur absolue, estimé à 18,5 MMDH.

À 1,16%, le déficit du compte courant demeure faible au regard des standards internationaux, généralement tolérants jusqu’à 2 à 3% du PIB.

Source : MEF

⇒ Dette totale du Trésor :

Selon le ministère de l’Économie et des finances, la dette globale du Trésor s’élève à 1.081,6 MMDH à fin 2024. Rapportée au PIB nominal révisé, elle représente désormais 67,7% du PIB, contre 70,1% selon les premières estimations.

Cette baisse mécanique de 2,4 points reflète l’effet d’amortissement induit par la révision à la hausse du dénominateur. Malgré un encours en hausse modérée en valeur absolue, le ratio d’endettement s’améliore nettement, enregistrant sa meilleure performance depuis 2020.

Source : MEF

 

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Voici ce qu’il faut retenir des ratios sur l’année 2024:

Finances publiques. Un déficit budgétaire de 64,4 MMDH en 2024, contre 74,9 MMDH en 2023 (TGR)

Selon le bulletin mensuel de statistiques des finances publiques à fin décembre 2024, émanant de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), l’exécution de la loi de finances 2024 montre une progression notable des recettes ordinaires, qui ont atteint 367,8 MMDH, enregistrant une hausse de 8,7% par rapport à l’année précédente. Cette croissance s’explique principalement par l’augmentation des recettes fiscales, qui ont progressé de 13,8%, soutenues par les hausses significatives de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu.

Les recettes provenant des impôts indirects ont également affiché une amélioration marquée de 13,6%, notamment grâce à l’augmentation de la TVA à l’intérieur à l’importation. En revanche, les recettes non fiscales ont reculé de 13,5%, en raison principalement de la diminution des transferts des comptes spéciaux du Trésor (CST) au budget général, bien que les contributions des monopoles aient enregistré une hausse de 18,8%.

Sur le plan des dépenses, celles-ci ont connu une évolution plus modérée, avec une hausse de 2,7%, atteignant 333,3 MMDH. Les dépenses de personnel ont progressé, reflétant l’augmentation des traitements et salaires dans la fonction publique.

Les charges en intérêts de la dette ont aussi augmenté de 15,7%, notamment en raison de la hausse des intérêts de la dette extérieure, qui ont crû de 26,7%.

En parallèle, les dépenses de la compensation ont nettement reculé, enregistrant une baisse de 37,4%, ce qui traduit une diminution des subventions aux produits de base.

Les dépenses d’investissement, pour leur part, ont légèrement augmenté de 0,3%, atteignant 119,6 MMDH, grâce à une hausse des dépenses des ministères, tandis que les charges communes ont diminué.

Ainsi, le déficit budgétaire s’est réduit à 64,4 MMDH à fin 2024, contre 74,9 MMDH un an auparavant. Cette amélioration est attribuée à la progression des recettes ordinaires et à une meilleure couverture des dépenses courantes par les recettes, le taux de couverture atteignant 110,4% en 2024 contre 104,2% en 2023.

Voici les détails de la situation :

Finances publiques pour l’année 2024. Le déficit budgétaire estimé à 3,9% du PIB

Selon les données de clôture de l’exercice budgétaire, diffusée par le ministère des Finances, le déficit budgétaire s’est établi à 3,9% du PIB, contre 4,4% en 2023. Ainsi, avec un tel déficit, le Maroc revient à des niveaux similaires à ceux enregistrés avant la crise du Covid-19.

Pour rappel, le déficit budgétaire avait atteint un pic de 7,1% du PIB en 2020, sous l’effet des dépenses exceptionnelles liées à la pandémie. Depuis, une trajectoire descendante a été observée :

Source : MEF

Cette réduction s’explique en grande partie par une hausse significative des recettes ordinaires, qui ont atteint 372,6 milliards de dirhams (MMDH) en 2024, soit une augmentation de 15,2% par rapport à l’année précédente.

Cette progression remarquable est principalement portée par une forte dynamique des recettes fiscales, enregistrant une hausse de 14,3%.

Parmi les principaux contributeurs :

En outre, l’amnistie fiscale a permis de mobiliser 125 MMDH grâce à la régularisation volontaire des contribuables sur leurs avoirs non déclarés. Cette opération a contribué aux ressources du Trésor à hauteur de 6 MMDH. 

Quid des dépenses publiques ?

En parallèle à cette forte hausse des recettes, les dépenses publiques ont augmenté de 23,2 MMDH (+5,7%), atteignant 431,4 MMDH en 2024.

Cette hausse est principalement attribuée à plusieurs mesures sociales et économiques :

→ Augmentation des salaires dans la Fonction publique : les enseignants-chercheurs, les magistrats, les ingénieurs, les militaires et autres corps de métier ont bénéficié de revalorisations salariales. Ces mesures ont touché environ 1,13 million de fonctionnaires, pour un coût total de 13,8 MMDH.

→ Subventions ciblées :

→ Investissements publics : les dépenses d’investissement ont atteint 117,4 MMDH, enregistrant une hausse de 6% par rapport à 2023.

Par ailleurs, l’estimation du déficit budgétaire a été réalisée en s’appuyant sur l’hypothèse d’une croissance réelle de 3% et d’une inflation de 1,5%. Étant donné que le PIB nominal de l’année 2023 était de 1.463 MMDH, cette combinaison porte l’estimation du PIB nominal à environ 1.530 MMDH en 2024.

Le gouvernement clôture 2024 avec un déficit budgétaire de 4%

Les premiers chiffres de l’exécution de la loi de finances pour 2024 ont été révélés par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, lors du Conseil de gouvernement tenu ce jeudi 9 janvier.

Il en ressort que le déficit budgétaire poursuit sa tendance baissière pour s’établir à 4% du PIB en 2024, contre 4,3% en 2023. Cette maîtrise du déficit est attribuée à l’amélioration des ressources ordinaires, qui ont augmenté de plus de 47,4 milliards de DH, soit une progression de 14,6% par rapport à 2023 pour s’établir à 371,6 MMDH.

Cette dynamique des ressources ordinaires s’explique principalement par la hausse soutenue des recettes fiscales, qui ont augmenté de 35,9 MMDH, soit 13,6% de plus qu’en 2023.

À la lumière de ces évolutions, le taux d’endettement s’est maintenu au même niveau qu’en 2023, soit 69,5% du PIB à fin 2024.

Selon le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, cette dynamique des ressources ordinaires s’explique notamment par la hausse soutenue des recettes fiscales, qui ont progressé de 35,9 MMDH, soit une augmentation de 13,6% par rapport à l’année précédente.

Trois impôts ont enregistré les plus importantes hausses : 12 MMDH pour la TVA à l’import, 9 MMDH pour l’IR et 8 MMDH pour l’IS.

Baitas a enfin précisé qu’à la lumière de cette dynamique, le taux d’endettement s’est maintenu au niveau enregistré en 2023, soit 69,5% du PIB en 2024.

TGR: envolée de la TVA à fin septembre (+21%)

Le Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques de septembre 2024 révèle un excédent ordinaire de 29,1 MMDH, une performance nettement supérieure à celle enregistrée en 2023, où le solde n’atteignait que 6,1 MMDH.

Cette progression s’explique principalement par une augmentation de 12,5% des recettes ordinaires, largement soutenues par les recettes fiscales qui ont enregistré une hausse de 13,8% entre septembre 2023 et septembre 2024, représentant ainsi une progression notable de 28,1 MMDH.

Les impôts directs ont été consolidés par l’impôt sur les sociétés (+13,6%) et l’impôt sur le revenu (+13,1%), contribuant respectivement à cette dynamique fiscale positive. Du côté des impôts indirects, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a joué un rôle essentiel avec une hausse de 17% sur la même période, due principalement à l’augmentation de la TVA à l’intérieur (+21,1%) et à l’importation (+14,1%).

En ce qui concerne les dépenses, malgré une augmentation modérée de 2,8% des dépenses ordinaires, celles-ci demeurent sous contrôle par rapport à la dynamique des recettes. Cette maîtrise est en partie due à une réduction significative des émissions liées à la compensation, qui ont chuté de 60,9%, équivalant à une baisse de 12,6 MMDH.

Cependant, les charges associées à la dette ont connu une hausse de 18,6%, accentuant la pression sur les finances publiques, notamment en raison de l’augmentation des intérêts de la dette intérieure et extérieure, de 13,9% et 35,6% respectivement.

Ainsi, le déficit global a été réduit à fin septembre 2024, s’établissant à 26,6 MMDH contre 35,2 MMDH un an auparavant.

Regards croisés de Fitch, Moody’s et S&P sur le Maroc

Les récentes analyses de FitchS&P (Standard & Poor’s) et Moody’s montrent une certaine convergence dans l’évaluation des agrégats économiques du Maroc. Cependant, en examinant les chiffres de manière plus approfondie, des divergences se dessinent.

Voici les principales convergences et divergences entre les trois analyses, par agrégat :

Croissance économique

Fitch, Moody’s et S&P soulignent unanimement la dépendance persistante de l’économie marocaine du secteur agricole, particulièrement exposé aux aléas climatiques. En 2023, le Maroc a enregistré une croissance de 3,4%.

Fitch anticipe un ralentissement de cette dynamique à 3,0% en 2024, avant une reprise à une moyenne de 3,5% sur la période 2025-2026.

De son côté, S&P table sur une croissance légèrement supérieure, à hauteur de 3,1%.

Moody’s prévoit un retour à une croissance de 4% à moyen terme, portée par la diversification économique.

Ainsi, les analyses des trois agences convergent sur deux points essentiels : d’une part, elles reconnaissent que la performance économique non agricole du Maroc, notamment dans les secteurs clés comme l’automobile, l’aéronautique, le tourisme et les phosphates, constitue un levier majeur pour stimuler la croissance du pays. D’autre part, elles soulignent que le Maroc accorde une importance stratégique à l’augmentation des investissements privés, qu’ils soient nationaux ou étrangers, notamment à travers des partenariats public-privé (PPP), afin de renforcer sa dynamique économique et de réduire sa dépendance des aléas climatiques.

Consolidation budgétaire et gestion de la dette

Les trois analyses s’accordent sur la nécessité pour le Maroc de continuer à mettre en œuvre des réformes budgétaires afin d’assurer une stabilité financière à long terme et d’élargir la base fiscale par la formalisation de l’économie. Les évaluations des déficits budgétaires montrent une tendance positive vers la consolidation :

En ce qui concerne la dette publique :

Les efforts pour rationaliser la dette publique et les subventions, combinés à des réformes visant à attirer plus d’investissements directs étrangers, sont des facteurs que les trois analyses jugent cruciaux pour améliorer la soutenabilité de la dette à moyen terme.

Compte courant, IDE et réserves de change

Fitch anticipe une légère augmentation du déficit du compte courant, atteignant 1,2% du PIB en 2024, puis se stabilisant à une moyenne de 1,5% sur la période 2025-2026. Cette évolution serait soutenue par la solide performance du secteur des services, notamment le tourisme, ainsi que par des transferts de fonds stables.

Concernant les réserves de change du Maroc, Fitch prévoit qu’elles atteindront en moyenne 5,2 mois de paiements externes sur la période 2024-2026, grâce à la robustesse anticipée des investissements directs étrangers, qui viendrait renforcer ces réserves. « Nous anticipons un rebond des IDE nets à 0,8% du PIB en 2024, soutenu par d’importants flux d’investissements dans le secteur automobile ». Ainsi, le Maroc devrait également bénéficier de la régionalisation des chaînes d’approvisionnement chinoises, dans un contexte de restrictions sur les importations imposées par les États-Unis et l’Union européenne.

Parallèlement, S&P prévoit une amélioration continue du déficit du compte courant, avec une projection moyenne de 1,6% du PIB pour la période 2024-2027. Cette dynamique, selon S&P, serait soutenue par une augmentation des recettes touristiques et des exportations automobiles, ainsi que par une stratégie proactive de diversification économique.

En ce qui concerne les IDE, S&P anticipe une croissance progressive des flux dans les années à venir, grâce à la mise en œuvre de réformes économiques structurelles qui devraient rendre le Maroc plus attrayant pour les investisseurs.

Indicateurs de performance monétaire et inflation

Sur le plan monétaire, S&P anticipe une baisse du taux d’inflation à 1,5% en 2024, suivie d’une stabilisation autour de 2% sur la période 2025-2027, grâce aux mesures prises par la Banque centrale. De son côté, Moody’s souligne que la politique monétaire prudente du Maroc, notamment grâce à son approche contrôlée de la libéralisation du taux de change, contribuerait à la stabilité macroéconomique et renforcerait la crédibilité des politiques économiques du pays. En revanche, Fitch n’émet pas d’avis spécifique sur ces aspects monétaires.

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Ces divergences sont prévisibles et s’expliquent par les différentes hypothèses utilisées pour calibrer les modèles de prévision de chaque agence. En effet, ces modèles s’appuient souvent sur des estimations de données indisponibles ou difficiles à quantifier. Par exemple, anticiper les risques liés à une hausse des prix de l’énergie – souvent influencés par des tensions géopolitiques – est particulièrement complexe. Il est difficile de prévoir avec précision le moment, l’ampleur ou l’impact de tels événements, ce qui complique l’évaluation de leurs répercussions sur les prix et, par extension, sur l’économie.

Déficit budgétaire en 2023 : mieux que prévu

Lorsqu’il se creuse, le déficit budgétaire est la mère de tous les maux. Et en cas de dérapage budgétaire, il faut une période de quatre à cinq ans pour revenir à la situation antérieure.

Entre 2020 et 2023, les dépenses budgétaires ont baissé de 20 milliards de DH, et ce malgré le lancement de plusieurs chantiers budgétivores tels que la réforme de l’Education, celle de la Santé et la généralisation de la protection sociale. Parallèlement, en ce qui concerne le PIB, le déficit a été ramené de 7,6% à 4,4%. L’objectif pour 2024 est 4% du PIB, puis 3,5% en 2025.Le pic de déficit en 2020 avait été provoqué par la pandémie Covid. Tous les pays non pétroliers avaient subi des déficits records.

Les performances réalisées en 2022 et 2023 n’auraient pas été possibles sans les recettes fiscales qui ont connu une forte hausse. Le deuxième point fort au niveau des recettes est ce que l’on appelle « les financements innovants », qui sont en fait une monétisation des actifs de l’Etat par lease back. Les principales opérations ont été réalisées avec la CMR et la CDG. Parmi les cessions effectuées, citons des CHU, divers bâtiments administratifs et, plus récemment, les stades qui recevront la Coupe d’Afrique ou le Mondial 2030. Les « financements innovants » ont été introduits en 2019. Selon nos sources, ce mécanisme est admis par le FMI.

Le plus grand défi du budget, de l’économie et du Maroc reste le taux de croissance. En 2023, celui-ci devrait se situer entre 2,5% et 2,7%, en raison notamment de la sécheresse sévère qui frappe le pays.

https://medias24.com/2023/11/30/budget-public-le-risque-de-la-soutenabilite-de-la-dette-sur-le-moyen-terme-se-pose/

 

 

 

Le déficit budgétaire progresse de 21% à fin novembre à 50 MMDH

La Trésorerie générale du Royaume a publié son bulletin mensuel sur la situation des charges et des ressources du Trésor à fin novembre 2022.

Dans les grandes lignes, les recettes ordinaires progressent toujours plus rapidement que les dépenses. À fin novembre, elles augmentent de 8,6% par rapport à fin novembre 2022, à 285,3 MMDH.

Concernant les recettes non fiscales, elles s’affichent à 41,1 MMDH en hausse de 50,5%. Elles sont principalement conduites par la progression fulgurante des recettes des fonds de concours, des recettes en atténuation des dépenses et des diverses recettes de différents ministères. Ces dernières progressent de 87,6% par rapport à la même période l’an dernier à 28,4 MMDH. Cette hausse est due pour l’essentiel à l’augmentation des versements des comptes spéciaux du Trésor au budget général (21,2 MMDH contre 10,4 MMDH), des fonds de concours (1.929 MDH contre 1.496 MDH) et des recettes en atténuation des dépenses de la dette (1.421 MDH contre 379 MDH).

Les dépenses ordinaires, quant à elles, progressent de 4,8% à 278,3 MMDH, poussées notamment par la hausse des intérêts de la dette en progression de 16,2% à 32 MMDH. Sur la période, 50,3% des recettes ont été consacrées aux dépenses du personnel, 23,6% aux dépenses de matériel, 11% à l’intérêt de la dette et 11,6% aux émissions de la compensation.

Le solde ordinaire s’affiche dans le vert à près de 7 MMDH. Le Trésor dégage à fin novembre un déficit budgétaire de 50,5 MMDH, contre 41,7 MMDH à la même période l’an dernier. D’après les prévisions de la loi de finances 2023, il devrait atteindre 116 MMDH à fin décembre.

Ci-dessous, le détail de l’évolution des recettes et des dépenses brutes du Trésor.

Le déficit budgétaire s’accroît de 71% à fin août à 42,3 MMDH

La Trésorerie générale du Royaume a publié son bulletin mensuel sur la situation des charges et des ressources du Trésor à fin août 2023.

Dans les grandes lignes, les recettes ordinaires progressent de 6,6% à 204,8 MMDH, alors que les dépenses ordinaires augmentent de 6,9% par rapport à fin août 2022, à 208,3 MMDH.

Les recettes non fiscales progressent de 31,4% à fin août, à 25,1 MMDH. Les recettes de monopoles et de participations ont augmenté de 38,2%, atteignant 9,8 MMDH à fin août. Les autres recettes composées des fonds de concours, des recettes en atténuation des dépenses de la dette et des recettes diverses des différents ministères ont progressé de 28,6% à 15 MMDH.

Les dépenses ordinaires, quant à elles, atteignent 208,33 MMDH en hausse de 6,9%. La charge de compensation atteint 19 MMDH en retrait de 14% à fin août. Parallèlement, l’intérêt de la dette s’est alourdi de 10,4% pour se fixer à 26 MMDH. L’intérêt de la dette extérieure progresse de 64% à 4,7 MMDH.

À fin août, le Trésor affiche un déficit global de 42,3 MMDH, contre un déficit de 24,7 MMDH à la même période en 2022.

Ci-dessous, le détail de l’évolution des recettes et des dépenses brutes du Trésor :

Déficit budgétaire : voici le premier chiffre 2022

Le gouvernement attend le premier arrêté de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), qui sera rendu public en ce mois de janvier.

Les premières estimations font état d’un atterrissage conforme à l’objectif de la loi de finances 2022, c’est-à-dire 5,3% du PIB, malgré le faible taux de croissance (probablement 1,3% selon une dernière estimation du Haut-Commissariat au Plan).

Pour 2023, l’objectif est de ramener le déficit à 4,5%. Le taux de croissance ciblé est de 4% (pour le HCP, il sera de 3,3%, comme toute première projection).