Stades, ports et lignes ferroviaires : le point sur de grands chantiers au Maroc
La plupart de ces projets ont été entamés avant l’attribution de l’organisation de la Coupe du monde 2030 au trio Maroc-Espagne-Portugal. La réalisation de certains d’entre eux a été accélérée depuis, tels que les projets ferroviaires ou encore le Grand Stade de Casablanca, annoncé depuis plusieurs années mais jamais concrétisé.
Dans cet article, Médias24 fait le point sur des projets structurants – dont l’achèvement est prévu d’ici 2030 – qui amélioreront la compétitivité du Royaume et faciliteront les déplacements et les communications.
Le Grand Stade de Casablanca
Annoncée il y a plusieurs années, la réalisation du Grand Stade a connu un coup d’accélérateur depuis l’annonce de l’organisation par le trio Maroc-Espagne-Portugal du Mondial 2030. Le terrain a été choisi, et le concours d’architecture lancé et attribué. Le premier coup de pioche devrait se faire, selon nos informations, avant fin juin.
D’une capacité de 115.000 places, ce nouveau stade, qui se situe dans la commune de Mansouria (province de Benslimane), devrait devenir le plus grand stade de football du monde. Il servira également de siège pour les deux clubs casablancais locaux, à savoir le Raja de Casablanca et le Wydad Athletic Club.
Lancé il y a quelques mois, le concours architectural pour sa conception a été attribué au groupement Tarik Oualalou, Populous Limited, M-E Engineers, Maffeis Engineering et Rider Levett Bucknall UK, pour un coût de 4,75 milliards de DH (MMDH). Les préparatifs du démarrage des travaux de terrassement sont en cours sur le terrain de 100 hectares qui l’abritera. Son architecture, inspirée du « Moussem », n’a pour l’instant pas encore été dévoilée.
Outre ce grand stade, six autre sont en cours de réaménagement. Il s’agit des stades de Rabat, Tanger, Marrakech, Agadir, Fès et du complexe sportif de Casablanca.
La station de dessalement de Casablanca
C’est également l’un des projets ayant pris du retard, mais dont la réalisation a été accélérée par l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030.
Cette usine vise à améliorer l’approvisionnement en eau potable, notamment de la région de Casablanca-Settat, où les ressources hydriques sont de plus en plus faibles.
Le contrat officialisant l’adjudication du projet au groupement Acciona, Green of Africa (GOA) et Afriquia Gaz a été signé fin 2023. Les travaux dans cette usine, qui sera alimentée à 100% en énergie renouvelable, ont déjà démarré. Il s’agit notamment des travaux d’études, d’ingénierie, d’achat des équipements et de sous-traitance. Le premier coup de pioche sera donné dans quelques semaines, tandis que les travaux de terrassement démarrent ce lundi 15 avril.
Ce projet est constitué de deux tranches. La première, prévue d’être achevée en 2026, doit atteindre une capacité de 548.000 m3 par jour, extensible à 822.000 m3 par jour d’eau traitée dans la seconde phase. Ce projet nécessite un investissement de 11 MMDH, dont 6,5 MMDH concernent la composante usine de dessalement.
Les projets ferroviaires
> La LGV
La ligne à grande vitesse (LGV) est le principal projet ferroviaire en cours actuellement au Maroc. Il est constitué de deux principaux axes. Le plus avancé, celui reliant Kénitra à Marrakech, est prévu d’être finalisé en 2029. Les travaux sur cette ligne ont été accélérés, pour qu’elle soit prête pour la Coupe du monde.
Cette première partie, qui s’étale sur 450 km, coûtera 53 MMDH. Elle sera conçue pour une circulation de trains voyageurs à une vitesse maximale de 350 km/h. Le tracé de cet axe passera par Sidi Ichou, Kénitra, Rabat-Agdal, Aïn Atiq, Skhirat, Mohammédia, Zenata, Aïn Sebaâ, Casa-Port, Casa-Voyageurs, Bouskoura, et desserte de Benslimane, Nouaceur, Aéroport Mohammed V, raccordement Berrechid et contournement de Casablanca, Skhour Rhamna pour arriver enfin à Marrakech. Toutefois, pour l’instant, deux itinéraires sont envisagés en arrivant à Casablanca.
L’axe Marrakech-Agadir, plus compliqué à réaliser, s’étend sur 240 km. Il sera probablement achevé après le Mondial, et coûtera 50 MMDH.
Ce projet porte également sur la construction de nouvelles gares, la mise en place d’un nouveau hub à Nouaceur, l’acquisition de matériel roulant, mais aussi la construction d’un tunnel à Rabat.
> Le RER
Outre ces projets dont la réalisation a été accélérée par le Mondial, d’autre chantiers structurants sont également en cours dans le Royaume, dont les travaux avancent bon train. Il s’agit notamment du projet de RER, dont seront dotées les régions de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra. Ses travaux seront menés parallèlement au projet de la LGV.
À Casablanca-Settat, le RER devra relier la ville de Mohammédia à Nouaceur, avec une desserte cadencée vers l’aéroport Mohammed V, une nouvelle liaison ferroviaire vers le nouveau stade de Casablanca à Benslimane, et le renforcement des dessertes vers Settat et El Jadida.
En ce qui concerne la région de Rabat-Salé-Kénitra, le RER, qui démarrera à Kénitra, ira jusqu’à Skhirat en desservant les villes de Salé, Rabat, Témara et Ain Attig, avec une desserte toutes les 15 minutes.
> Renouvellement de la flotte ferroviaire
L’ONCF devrait également se doter d’au moins 80 nouveaux trains, et jusqu’à 100, selon le besoin. Ces trains, d’une longueur de 200 m, pourront rouler à une vitesse de 160 à 200 km/h.
L’acquisition de ce nouveau matériel roulant permettra entre autres de remplacer 50 trains en fin de vie ; 25 seront acquis pour répondre à la demande de transport de voyageurs qui ne cesse d’augmenter ; et 5 autres pour les besoins de l’entretien.
L’acquisition de ces trains nécessitera un budget de 8 à 9,2 MMDH. Cette opération s’étalera entre 2024 et 2029.
La liaison électrique entre Casablanca et Dakhla
Cette ligne est encore à l’étape de l’appel à manifestation d’intérêt, durant laquelle une liste restreinte de candidats préqualifiés sera établie. La seconde étape, qui consiste à sélectionner le candidat qui réalisera le projet, est prévue pour le deuxième semestre de 2024.
Cette liaison reliera un poste à réaliser dans la région d’Oued Lakraâ à Dakhla, avec un poste d’arrivée qui sera situé à Médiouna (Casablanca). Le tronçon s’étalera sur une longueur de 1.400 km.
L’objectif de ce projet, initié par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), est de valoriser les ressources renouvelables des régions du Sud, où le gisement éolien et solaire favorise le développement de centrales électriques avec des facteurs de charge importants. Elle permettra également de sécuriser davantage l’alimentation des provinces du Sud et de répondre aux besoins en électricité du pays, à moyen et long terme.
Cette ligne sera réalisée en deux phases. La première a trait à la réalisation d’une liaison d’une capacité de 1.500 MW sud-centre, à mettre en service en 2026. La seconde phase consiste dans la réalisation d’une capacité supplémentaire de 1.500 MW sud-centre, à mettre en service en 2028.
Les projets portuaires
> Le port de Dakhla
Ce projet structurant contribuera au renforcement de l’attractivité de la région, appelée à diversifier son tissu économique. Il fait partie des plus grands projets structurants en cours de réalisation à l’échelle nationale.
Les travaux préparatoires de ce chantier, qui coûtera plus de 12 MMDH, sont achevés. Et la préfabrication des cubipodes en béton, qui seront utilisés pour la réalisation de la digue, a démarré. Autres travaux en cours d’exécution : le battage des pieux et les appuis du pont, ainsi que la finalisation du bassin provisoire, situé à côté de la digue de fermeture. Ce qui permettra ensuite la construction de la digue.
Ce projet est structuré autour d’une composante terrestre sur une voie d’accès de 7 km, d’une voie d’accès maritime de 1,3 km (pont maritime) et d’une infrastructure portuaire maritime. Cette dernière est composée de trois grands bassins réservés à la réparation navale, au trafic de la pêche et aux activités du commerce.
Planifié par la stratégie portuaire nationale, ce port est réalisé par la SGTM et Somagec Sud. Son achèvement est prévu pour 2029.
> Le port de Nador West Med
Ce port ambitionne pour sa part de jouer, à terme, les premiers rôles au niveau de la Méditerranée. Il vise la diversification et le renforcement de l’offre du Maroc au niveau du pourtour méditerranéen.
Près de 11,5 MMDH d’investissements ont d’ores et déjà été engagés dans la réalisation de ce projet, qui est prévu d’être finalisé vers la fin de l’année en cours (2024). À cela s’ajoutent des investissements induits par les superstructures et les équipements qui seront réalisés par les futurs concessionnaires et opérateurs.
Le tunnel de l’Ourika
Enfin, le projet de tunnel, sur la route nationale n° 9 reliant Marrakech à Ouarzazate, améliorera la circulation entre ces deux villes.
Le choix de la réalisation d’un tunnel à Ourika plutôt qu’à Tichka, rappelons-le, repose sur deux éléments : le premier découle des études techniques, économiques et environnementales des projets de tunnel. Ces dernières ont démontré que le tunnel de l’Ourika réduirait d’une heure le trajet entre Marrakech et Ouarzazate pour les automobilistes, et d’environ une heure et demie pour les poids lourds, même s’il coûtera plus cher – près de 10 milliards de DH, contre 7 MMDH pour un tunnel par Tichka qui ne réduirait que de vingt minutes le trajet entre les deux villes.
Plusieurs travaux parallèles sont par ailleurs prévus dans le cadre de ce projet, dont les tronçons sont réalisés par différentes sociétés. L’état d’avancement de ce tunnel, qui accusait un grand retard, dépasse désormais les 90%.
