« Le Maroc ambitionne de produire 1,7 milliard de m³ d’eau dessalée d’ici 2030 » (Nizar Baraka)

Aujourd’hui, nous faisons face à un contexte particulier qui nécessite de rappeler un certain nombre d’éléments. « Le Maroc dispose de ressources en eau naturelles estimées à 22 milliards de m³ (MMm3)« , a souligné Nizar Baraka, intervenant lors de cet événement. Toutefois, « la répartition des précipitations reste très inégale : 53% des précipitations se concentrent sur seulement 7% du territoire ». Une situation qui engendre d’importantes disparités régionales.

Il est également important de souligner que les effets du changement climatique commencent à se faire fortement ressentir. « On observe une baisse tendancielle des apports en eau de surface », a souligné le ministre. « Actuellement, ces apports sont estimés à 14 MMm³, mais au cours des sept dernières années, ils ont été encore plus faibles, avec une moyenne de seulement 5 MMm³ ». Ce qui témoigne d’une véritable chute des ressources en eau disponibles.

Dessalement : « L’objectif est d’atteindre une capacité de production de 1,7 MMm3 »

Pour pallier cette situation, « le Royaume a fourni d’importants efforts au fil des années, afin de renforcer sa sécurité hydrique. Le pays compte aujourd’hui 154 grands barrages, d’une capacité totale de 20,7 MMm³, ainsi que 150 petits et moyens barrages ».

En outre, « 17 stations de dessalement d’eau de mer ont été mises en place, avec une capacité de production de 320 millions de m³ (Mm³), contre seulement 40 Mm³ en 2021. L’objectif est d’atteindre une capacité de 1,7 MMm³ à l’horizon 2030″.

« Aujourd’hui, nous assistons à un véritable changement de paradigme dans la politique de l’eau au Maroc. Une première inflexion majeure est en cours. Il ne s’agit plus uniquement de développer les ressources conventionnelles, telles que les barrages et les nappes phréatiques, mais de s’orienter vers une approche de mix hydrique. Celle-ci combine ressources conventionnelles et non conventionnelles, économie d’eau et préservation des eaux souterraines ».

C’est une vision à long terme, qui reflète la capacité du pays à s’adapter aux effets du changement climatique tout en assurant la durabilité de ses ressources.

Par ailleurs, « une nouvelle logique de solidarité territoriale est en train d’émerger. Alors que, historiquement, les zones rurales alimentaient en eau les villes côtières, on assiste désormais à un renversement de cette dynamique. Grâce au dessalement, les villes côtières pourront transférer une partie de leurs ressources vers les zones rurales. Cela permettra non seulement de renforcer le développement du monde rural, mais aussi de consolider la souveraineté alimentaire du pays ».

17 stations de dessalement existantes, avec une capacité totale de 320 Mm3

Nizar Baraka a, à cette occasion, fait le point sur les projets existants et ceux en cours. « Nous sommes actuellement à 17 projets existants, avec une capacité de production totale de 320 Mm³« .

« Nous allons passer à 532 Mm³ avec les projets déjà en cours, notamment la station de dessalement de Dakhla, la nouvelle station de Safi que l’OCP est en train de mettre en place, ainsi que l’extension d’autres stations ».

En effet, quatre projets de dessalement sont en cours. Il s’agit de :

– La station de Casablanca, qui fournira l’eau potable et d’irrigation, avec une capacité totale de 300 Mm³/an. La première tranche de cette station est prévue pour être finalisée en 2026, avec une capacité de 200 Mm³/an.

– La station de Dakhla, dont les ressources seront dédiées à l’eau potable et à l’irrigation, avec une capacité de production de 37 Mm³/an.

– L’extension de la station de Jorf Lasfar, qui fournira de l’eau pour l’industrie et servira à approvisionner la région en eau potable. Cette station fournira 60 Mm³ supplémentaires à la région, dont 25 Mm³ dédiés à l’eau potable.

– L’extension de la station de Safi (industrie et eau potable). Une capacité de 135 Mm³ sera ajoutée à cette station, dont 100 Mm³ dédiés à l’eau potable.

9 stations de dessalement programmées

En ce qui concerne les projets futurs de dessalement, neuf stations sont programmées, ainsi que quatre extensions.

« Grâce au méga-deal signé avec Taqa, Nareva, le Fonds Mohammed VI et les Émiratis, nous allons avoir la station de l’Oriental d’une capacité de 300 Mm³, celle de Sous-Massa (350 Mm³), de Rabat (300 Mm³), de Tanger (150 Mm³), de Guelmim et de Tan-Tan avec une capacité combinée de 100 Mm³, sans parler des petites stations programmées à Essaouira (12,8 Mm³/an) et à Tarfaya (60 Mm³/an)… ».

Il s’agit là des stations programmées, en plus de celle de Boujdour (60 Mm³/an) qui servira à l’irrigation. En ce qui concerne les projets d’extension, ils seront opérés au niveau des stations de :

Agadir (eau potable et irrigation), avec 45,7 Mm³ supplémentaires par an ;

Safi (industrie et irrigation), avec 45 Mm³ supplémentaires par an ;

El Jadida (industrie et irrigation), avec 95 Mm³ supplémentaires par an ;

Tarfaya (eau potable), avec 0,47 Mm³ supplémentaires par an.

Plusieurs stations de dessalement seront réalisées dans le cadre de ce méga-deal

« Si on a aujourd’hui ce programme massif de stations de dessalement, c’est grâce à la volonté du Souverain et à cet accord important qui porte sur un investissement de 14 milliards de dollars » a souligné Nizar Baraka.

« Il s’agit d’un projet intégré. Nous avons des projets de dessalement avec une capacité de production prévue de 900 Mm³, hors Rabat. La plupart des autres stations seront financées et réalisées dans le cadre de ce consortium ».

« Nous allons aussi produire les énergies renouvelables nécessaires à la réalisation de ces projets. Sur les 1,7 MMm3 prévus de dessalement, 500 Mm³ seront dédiés à l’irrigation et à l’agriculture. Nous sommes donc dans une logique de nexus eau-énergies renouvelables-sécurité alimentaire ».

« Ce qui est extraordinaire dans ce projet », ajoute le ministre, « c’est que nous allons transférer cette énergie renouvelable qui sera essentiellement produite au sud du pays, notamment à Dakhla et à Guelmim, vers le nord du Royaume, à Casablanca par exemple. Il s’agit d’une ligne électrique de 1.400 km, d’une capacité de 3.000 MW ».

« Il y aura aussi la station de Tahaddart qui entre dans le cadre de ce deal. Lorsqu’on met dans le réseau de l’énergie intermittente qu’est l’énergie renouvelable, nous avons besoin de compenser cela par de l’électricité à base de gaz pour pouvoir assurer l’équilibre au niveau de l’ensemble des connexions électriques. C’est donc un projet très important », a conclu Nizar Baraka.

Le détail du méga-deal conclu le 19 mai 2025.

Périmètre irrigué de 5.200 ha à Dakhla : tous les détails avec Khalid Yaâlaoui, directeur régional de l’Agriculture

Dessalement, irrigation, énergie éolienne : ce sont les trois piliers d’un projet inédit de production agricole dans la région de Dakhla, réalisé en PPP, où l’Etat dépense 1,5 milliard de DH qu’il va probablement entièrement récupérer au fil des ans, et où 30.000 emplois directs et indirects sont censés être créés. Détails avec Khalid Yaâlaoui, directeur régional de l’Agriculture dans la région Dakhla-Oued Eddahab.

Médias24 : Quel est l’impact de la stratégie Génération Green au niveau de la région Dakhla-Oued Eddahab ?

Khalid Yaâlaoui : Je vais commencer par parler du Plan Maroc vert qui a précédé Génération Green.

Maroc vert a eu des impacts bénéfiques sur le plan économique et sur le plan social. Des résultats très probants ont été obtenus en termes de développement des filières de production, animale ou végétale, et en matière d’organisation de la population, notamment dans les produits de terroir.

La stratégie Génération Green vient préserver les acquis du plan Maroc vert et, en même temps, relever le défi du développement humain.

Maintenant, la priorité est donnée au facteur humain, par exemple à travers la création d’une classe moyenne agricole. Ainsi dans la région Dakhla-Oued Eddahab, des lots ont été attribués dans le cadre du projet agricole de 5.200 ha irrigués par dessalement.

Vous venez de citer la station de dessalement. Comme disait une personnalité au Maroc, il y a quelques mois, l’agriculture nécessite d’abord de la terre et de l’eau. Ici, dans cette région, il y a la terre, mais il n’y a pas l’eau. Parlez-nous, en quelques mots, de ce projet de 5.200 hectares irrigués situés à proximité de Dakhla, dans la commune de Bir Anzarane.

– Ce projet se trouve à 130 km de Dakhla au nord, dans la commune de Bir Anzarane. C’est un projet qui s’inscrit dans le cadre du modèle de développement des provinces du Sud, lancé par Sa Majesté le Roi en 2016.

C’est un projet novateur, dans la mesure où il fait appel au partenariat public-privé, que ce soit pour la partie dessalement ou pour la partie irrigation du périmètre de plus de 5.000 ha.

Le projet coûte aux alentours de 2,5 milliards de dirhams, avec une contribution de l’Etat de l’ordre de 1,5 MMDH. Il a pour objectif de préserver la nappe existante. Les études ont montré que cette nappe ne peut pas supporter plus de 1.500 ha d’exploitation agricole irriguée. Or, il existe déjà, adossés à la nappe, 1.100 hectares d’exploitations agricoles privées. Et ce chiffre ira certainement vers 1.500 ha. L’utilisation de la nappe arrive donc à son maximum.

On va y revenir point par point, à présent. Commençons par l’énergie qui va être utilisée pour dessaler l’eau de mer, parce que le dessalement est un processus très énergivore. L’énergie proviendra d’une station éolienne, n’est-ce pas ? Et de ce fait, on suppose que le prix de revient d’un mètre cube d’eau sera probablement inférieur à tout ce qui se fait ailleurs au Maroc en matière de dessalement.

– Logiquement, oui. Effectivement, c’est un projet de dessalement d’eau de mer qui repose sur l’énergie éolienne, qui est très disponible au niveau de la région. Donc, si on parle de composants de projet, il y a d’abord l’installation d’un parc éolien qui va produire aux alentours de 60 MW par an.

Il y a également l’installation de l’unité de dessalement qui va permettre de dessaler 37 millions de mètres cubes par an.

7 Mm3 seront dédiés au renforcement de l’offre en eau potable au niveau de la ville de Dakhla et des environs. Et 30 Mm3 seront réservés pour l’irrigation des 5.000 hectares. L’utilisation de cette énergie verte, qui est abondante au niveau de la région, va nous permettre de produire de l’énergie à moindre coût.

La station de dessalement doit être maintenant à 60% d’avancement ou 65%… 

– En fait l’unité de dessalement est à 35%. Le parc éolien à 88%. Le réseau de canalisations d’irrigation à 70%. Globalement, on tourne autour de 62%.

Le parc éolien produit donc l’énergie. Celle-ci est transmise à l’unité de dessalement. Elle est utilisée par cette unité pour dessaler l’eau. Ensuite, il y a 130 km de canalisations, de conduites d’irrigation pour transporter cette eau de l’unité de dessalement vers ce nouveau périmètre de 5.200 hectares dans la commune de Bir Anzarane. Alors, quand la station de dessalement sera-t-elle prête ?

– Le démarrage du projet a été effectué fin 2022.

La mise en eau, donc la mise en service, que ce soit de la station de dessalement ou pour le périmètre d’irrigation, est prévue durant le 2e semestre 2025. Donc, on peut espérer une mise en culture à partir de la campagne agricole prochaine.

Une fois que la station est mise en eau, et que l’eau est transportée et livrée aux agriculteurs du périmètre de 5.200 hectares, il faut combien de temps pour avoir la première production ?

– L’essentiel des cultures qu’on va entamer au niveau de ce périmètre, c’est du maraîchage.

Donc, généralement, c’est entre trois et quatre mois par cycle de culture. On peut supposer que le prochain hiver connaîtra les premières productions.

Ouvrons une petite parenthèse concernant le périmètre de 1.100 ha qui, lui, est irrigué par la nappe phréatique. Pouvez-vous nous en parler ?

– Actuellement, on exploite au niveau de la région à peu près 1.100 hectares de cultures sous serre, qui sont dédiées à la production des cultures maraîchères, notamment des primeurs.

Parmi les cultures, on trouve la tomate cerise qui donne des niveaux de productivité très importants, dépassant les 140 tonnes l’hectare. On trouve également le melon, qui donne un niveau de productivité consistant, qui dépasse également les 50 tonnes l’hectare.

Et il y a, en petite proportion, la culture de la myrtille avec une productivité de l’ordre de 15 tonnes l’hectare.

– La nappe phréatique se trouve là-bas à quelle profondeur ?

– C’est une nappe profonde. Il s’agit d’une nappe artésienne qui se trouve à une profondeur entre 600 et 700 mètres.

Les pouvoirs publics ont réalisé une étude pour déterminer l’utilisation rationnelle et durable des ressources de la nappe. Et cette étude a montré qu’on ne doit pas dépasser 1.500 hectares pour une utilisation rationnelle.

Nous sommes à 1.100 ha en exploitation. Il y a des demandes. Donc, si on prend en considération les demandes, on a déjà atteint les 1.500 ha.

– Donc, il faut arrêter. Cela a été fait ?

– Cela a été fait, absolument. On ne délivre plus d’autorisation.

– Revenons au périmètre irrigué par eau dessalée de 5.200 hectares, qui n’a rien à voir avec les 1.000 ou 1.500 hectares déjà exploités par ailleurs. Quelles sont les personnes, morales ou physiques, qui vont obtenir des lots dans ce périmètre ?

– En ce qui concerne les 5.200 hectares, ils ont fait l’objet d’un premier appel d’offres. Il s’agit d’un partenariat public-privé.

À l’issue de cet appel d’offres de septembre 2022, 140 lots ont été attribués. En septembre 2024, un deuxième appel d’offres a été lancé en vue d’attribuer 79 autres lots. Le projet a en effet été subdivisé en 219 lots.

Les 140 lots déjà attribués correspondent à peu près à 3.400 hectares. Pour les 79 restants, c’est l’équivalent de 1.788 hectares.

– Peut-on faire une lecture des lots attribués, par catégories de bénéficiaires et par superficies ?

– Sur les 219 lots (superficie totale), il y a 100 petits lots de 5 à 10 hectares dédiés aux jeunes de la région de Dakhla. Uniquement des jeunes et uniquement de la région de Dakhla.

Il y a également 79 lots de taille moyenne, entre 10 et 40 hectares. Il y a 34 lots de grande taille, qui vont de 40 à 100 hectares. Il y a enfin 7 très grands lots qui ont l’obligation de procéder à l’agrégation de la production qui sera obtenue dans les petites superficies.

– Quand on est attributaire d’un lot, quelle est l’étape suivante ?

– Avant de pouvoir commencer à travailler, les attributaires doivent constituer leur dossier. Ce dernier comprend des cautions, aussi bien pour le terrain que pour l’eau d’irrigation. Le terrain est en effet sous forme de location longue durée, entre 20 et 40 ans. Il reste propriété de l’Etat. Les cautions concernent donc la location et le prix de l’eau.

Pour les petits lots, la caution est de 2,5 % du coût d’investissement, et pour les grands lots, c’est 5% du coût d’investissement effectué par le bénéficiaire (*).

– L’adjudicataire paie donc une redevance de 2,5% ou 5% de son investissement, par laquelle il apporte une caution et paie l’eau d’irrigation. 

– Lorsque le dossier est complété, on passe à la signature du contrat.

Les attributaires du premier appel d’offres ont commencé depuis le 15 novembre à déposer leur dossier. Donc, on va passer incessamment à la contractualisation.

Une fois qu’il a son terrain, l’adjudicataire commence les travaux, il installe ses serres, son réseau d’irrigation au goutte à goutte pour être prêt le jour J. C’est pour cela que, dès la mise en eau, il suffit de 4 mois maximum pour obtenir la première production.

– Et tout cela va créer combien d’emplois ?

– On s’attend à une création de 30.000 emplois permanents directs et indirects.

– On espère quel tonnage de production et dans quelle catégorie de produits ?

– On table sur une production de 415.000 tonnes de primeurs par an. Et une valeur ajoutée annuelle dépassant légèrement 1 MMDH.

70% à 75% de la superficie seront consacrés aux primeurs. Le reste sera réservé à d’autres cultures, comme les cultures biologiques ou fourragères.

(*) L’investissement est généralement de 600.000 à 1 million de DH par hectare.

153 MDH pour 9 stations monoblocs de dessalement de l’eau de mer dans le Nord

Une enveloppe budgétaire d’environ 153 millions de DH a été allouée à la réalisation du programme des stations monoblocs de dessalement de l’eau de mer dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Ce projet fait l’objet d’une convention spécifique de partenariat entre le ministère de l’Intérieur, la wilaya de la région, le Conseil régional, la Régie autonome multi-services d’Agadir (RAMSA) et la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité (RADEEL), approuvée récemment par le Conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, lors de sa session ordinaire.

Le programme consiste en la réalisation de 9 stations monoblocs de dessalement de l’eau de mer, à raison de 3 stations à Al Hoceima, 2 à Tanger-Assilah, 2 à Tétouan et 2 à Chefchaouen et à Fahs-Anjra (une chacune).

Il inclut également le raccordement de deux stations monoblocs de dessalement existantes dans la province de Chefchaouen aux réseaux de distribution d’eau potable et d’électricité.

Ce projet porte sur la mise en place des stations monoblocs, ainsi que la prospection, le creusement et l’équipement des forages, en plus du raccordement des nouvelles stations monoblocs aux réseaux électrique et d’eau potable.

(Avec MAP)

Dessalement et barrages : l’essentiel de l’intervention de Baraka chez les Conseillers

L’intervention de Nizar Baraka à la Chambre des conseillers, ce mardi 2 janvier, a permis de faire un point global sur plusieurs aspects relatifs à la question de l’eau. En résumé, l’année 2024 sera dure. En 2027, tout cela sera derrière nous, grâce aux projets en cours. Pour traverser cette nouvelle année de sécheresse, les actions se multiplient en vue d’assurer d’abord l’eau potable et, ensuite, l’eau agricole pour les productions essentielles.

Voici les points importants à retenir de l’intervention de Nizar Baraka :

– Grâce à OCP, 60% de l’eau potable de Safi provient du dessalement de l’eau de mer, et ce taux atteindra 100% durant janvier 2024.

– La ville d’El Jadida sera aussi approvisionnée, d’ici février 2024, à hauteur de 100% par le dessalement de l’eau de mer. OCP ne va plus recourir à l’eau de barrage et utilisera l’eau dessalée pour satisfaire ses besoins, ce qui permettra de diminuer la pression sur le barrage Al Massira.

L’approvisionnement en eau d’irrigation depuis le barrage d’Aoulouz (Souss Massa) a été arrêté depuis trois semaines, après la baisse de son niveau. Il est dédié désormais à l’approvisionnement en eau potable.

– OCP fournira à Marrakech 60 millions de mètres cubes d’eau à l’horizon 2026, quantité qui passera ensuite à 80 Mm3. Et ceci, grâce à OCP. Ce groupe assurera également l’approvisionnement de Youssoufiat et Rhmana en eau potable.

– L’interconnexion sera assurée entre le barrage Oued Al Makhazine et le barrage Dar Khrofa pour fournir 100 Mm3 par an à Tanger. Une étude sera lancée pour la création d’une station de dessalement, en plus du barrage Ayacha qui verra le jour en vue d’approvisionner Tanger en eau potable.

– Le gouvernement a mis en place un plan visant à réaliser plusieurs stations de dessalement afin d’atteindre un niveau de production de 1,4 MMm3 à l’horizon 2030, dont 560 Mm3 produits par OCP.

– 500 Mm3 d’eau dessalée seront destinés au secteur agricole et tout le reste à l’eau potable.

– Les villes côtières seront dotées de stations de dessalement, dans le cadre d’un partenariat entre les secteurs public et privé, ce qui signifie qu’elles ne bénéficieront pas des eaux des barrages qui seront destinées à la satisfaction des besoins des villes intérieures, du monde rural ainsi qu’à l’irrigation.

– Le programme des stations de dessalement permettra de dépasser la situation actuelle à l’horizon 2027 et couvrira tous les besoins des villes côtières en eau potable. Une superficie de 100.000 hectares consacrés à la production de produits alimentaires de base sera également irriguée par l’eau dessalée. Il s’agira de produits jugés indispensables au panier de la ménagère à des prix raisonnables. On peut penser à la tomate ronde, à la pomme de terre, aux carottes et oignons…

https://medias24.com/2024/01/01/le-maroc-se-mobilise-contre-la-rarete-de-leau-et-linflation-alimentaire-grands-defis-de-2024/