Examens du baccalauréat. 435 détenus ont réussi les épreuves de la session de juin

Dans un communiqué, la DGAPR indique que, selon les résultats de cette session (mai-juin 2025) publiés par le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, le nombre des candidats détenus ayant passé les épreuves du baccalauréat libre a atteint 2.018, soit un taux de participation en hausse de 35,16% par rapport à la session de 2024.

Quelque 887 pensionnaires, soit 47% de l’ensemble des candidats ayant passé les épreuves, sont attendus pour la session de rattrapage.

Concernant les mentions, la DGAPR souligne que 131 détenus ont obtenu des mentions variant d’assez bien à très bien, soit 30% du total des candidats ayant décroché leur baccalauréat au titre de cette session, avec une hausse du taux de réussite atteignant 11% comparé à la session 2024.

La DGAPR félicite les détenus ayant décroché leur baccalauréat, tout en les encourageant à consentir davantage d’efforts pour plus de succès dans leur parcours scolaire et académique, conclut le communiqué.

41 cas de rougeole dans les prisons au Maroc

Selon un communiqué de la DGAPR, les 41 cas ont été recensés à la date de ce mercredi 8 janvier, et plus de la moitié (23 cas) ont été enregistrés à la prison locale Tanger II. Parmi ces 23 cas, on retrouve deux fonctionnaires de la DGAPR.

La même source fait état de 7 cas à la prison locale de Mohammédia, de 5 cas à la prison locale de Aïn Borja (Casablanca), de 2 cas à la prison centrale de Kénitra et à la prison locale Bourkayz à Fès, et d’un seul cas pour chacune des prisons locales de Tétouan et de Kelâat Sraghna.

La DGAPR explique avoir diffusé une circulaire, le 3 janvier, dans tous les établissements pénitentiaires rappelant les mesures et les précautions à observer, ainsi que le protocole à suivre pour préserver la santé des prisonniers, des fonctionnaires et des visiteurs, et ce, en coordination avec les autorités sanitaires compétentes.

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Prisons. La population carcérale a atteint 105.000 détenus à fin octobre 2024

Ces nouvelles statistiques ont été révélées, ce vendredi 1er novembre, lors de la présentation du budget sectoriel pour l’année 2025 de la Délégation générale de l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) au Parlement devant les membres de la Commission de la justice.

Selon Mohamed Salah Tamek, patron de la DGAPR, ce chiffre de 105.000 prisonniers dépasse celui de la même période en 2023 et qui était de 103.303 détenus.

La population carcérale, selon le même responsable, a augmenté de deux tiers lors des 15 dernières années.

La DGAPR compte sur plusieurs mesures pour atténuer cette population carcérale et notamment la nouvelle législation sur les peines alternatives.

Aïd Al-Fitr : les détenus autorisés à recevoir les paniers-repas

En consécration de la décision de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) d’exclure les périodes des fêtes religieuses de l’interdiction définitive des paniers-repas, vu l’impact psychologique positif de ces occasions sur les détenus et leur rôle dans la consolidation des liens avec leurs familles, « les pensionnaires pourront, à titre exceptionnel, recevoir des paniers de denrées alimentaires de la part de leurs proches, ainsi que de la part des agents des représentations diplomatiques et consulaires pour les détenus étrangers, lors de leurs visites, et ce, à partir du deuxième jour de Aïd Al-Fitr, une seule fois durant une semaine, selon un calendrier défini par les directions des établissements pénitentiaires », a annoncé, le vendredi 5 avril, la DGAPR dans un communiqué.

Les établissements pénitentiaires veilleront à offrir les facilités nécessaires aux pensionnaires afin de contacter leurs familles et de les informer de la date programmée et des conditions requises pour introduire les paniers d’alimentation.

La DGAPR invite ainsi les familles des détenus à s’engager de manière responsable pour le bon déroulement de cette opération, a conclu le communiqué.

Zoom sur l’association Relais Prison-Société pour l’accompagnement des détenus et ex-détenus

Créée en décembre 2005, l’association Relais Prison-Société œuvre pour la réhabilitation et la réinsertion des ex-détenus et lutte contre la récidive. L’association a également pour mission de bâtir une société plus juste, sans discrimination à l’égard des détenus et des sortants de prison.

L’association mène des actions de plaidoyer et de réseautage afin de sensibiliser, de dynamiser et de capitaliser l’apport de la société civile à la réinsertion professionnelle. Elle met en place des actions de soutien matériel et moral et d’orientation et d’accompagnement des personnes en situation précaire (mineurs en situation difficile, détenus et anciens détenus…).

Médias24 a contacté Fatna El Bouih, auteure, militante des droits humains, fondatrice et secrétaire générale de l’association pour nous parler de cette organisation et de ses actions. 

100 personnes accompagnées chaque année pour se réinsérer professionnellement

Pour les ex-détenus ayant besoin de se réinsérer professionnellement, Fatna El Bouih nous explique qu’en moyenne, 100 personnes sont accompagnées, notamment pour l’orientation et la formation.

La prise en charge des bénéficiaires passe essentiellement par trois étapes, qui constituent l’itinéraire d’insertion. La première étape est l’entretien d’accueil. Celui-ci permet de mieux cerner le profil de la personne, de connaître ses aspirations et de construire son projet professionnel.

La deuxième étape est celle de l’orientation : la personne, en fonction de ses besoins, peut être orientée soit vers une formation, soit vers un accompagnement juridique afin d’obtenir le certificat de réhabilitation ou encore d’être aidée dans sa recherche d’emploi. Enfin, la dernière étape consiste à établir un suivi individuel avec chaque bénéficiaire.

Des formations aux détenus et ex-détenus

Afin de faciliter le retour des prisonniers dans la société et la vie active, l’association met à disposition des détenus et ex-détenus différentes formations.

A leur sortie de prison, les ex-détenues peuvent bénéficier de formations en coiffure, en pâtisserie, en jardinage et en électroménager, en partenariat avec l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) et l’Entraide nationale. 

Au niveau des centres de réforme et de sauvegarde des mineurs, « nous complétons l’offre de formation déjà mise en place par la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) et la Fondation Mohammed V par des formations multidisciplinaires et des ateliers créatifs en photographie, musique, cinéma… », précise Fatna El Bouih. 

L’art comme moyen d’intégration

D’autre part, pour atténuer l’impact de l’enfermement, le rendre moins infernal et faciliter l’intégration, plusieurs activités créatives et culturelles sont organisées au profit des mineurs. Pour l’association, l’art et la culture sont des outils d’éducation et d’émancipation qui contribuent à l’insertion et à la prévention de la délinquance et de la récidive.

En partenariat avec la DGAPR, l’association Relais Prison-Société organise le festival du film de Oukacha, qui en est à sa 4e édition et a eu lieu du 16 au 20 octobre 2023 au centre de réforme et d’éducation de Aïn Sebaâ au profit de 120 détenus.

Des projections et des ateliers de cinéma et d’initiation à la réalisation de courts métrages sont organisés depuis le mois de juillet dans trois centres de détention où interviennent des cinéastes et professionnels du cinéma. Cette édition s’est clôturée par une compétition de courts métrages réalisés par ces jeunes détenus, et des prix leur ont été décernés.

En parallèle, des ateliers de performances artistiques en danse, théâtre et musique sont organisés depuis le 10 octobre par des artistes afin de monter des spectacles avec les jeunes détenus, qui sont programmés pour la cérémonie de clôture du festival. 

Par ailleurs, l’association organise des ateliers d’art-thérapie, qui lie la danse, le chant, l’écriture, le dessin et le théâtre à des moments de relaxation au profit de jeunes détenus. 

« Sauver les enfants pour aider les parents »

L’intervention de l’association se manifeste par plusieurs volets et ne se limite pas à l’insertion professionnelle et l’intégration.

« Au niveau social, nous sauvons les enfants pour aider les parents », explique Fatna El Bouih. « Nous prenons en charge les enfants des ex-détenus, hommes et femmes, pour aider à la réinsertion des parents au sein de la société en les soulageant des charges relatives à la scolarisation des enfants ».

Pour les femmes détenues, leurs enfants sont pris en charge dans des crèches (en dehors des prisons) à partir de l’âge de 3 ans.

« Dernièrement nous avons mené une action de prise en charge de la circoncision des enfants des détenues au sein des prisons et en respectant toutes les normes sanitaires », ajoute notre interlocutrice. 

Le plaidoyer comme moyen de sensibilisation

Afin de changer le regard de l’opinion publique sur le statut des ex-détenus pour faire émerger des valeurs de solidarité, de justice et d’acceptation de l’autre, l’association intègre le volet du plaidoyer.

« Nous avons participé à la création d’un collectif constitué de l’association Adala, du centre Mada et de l’Observatoire marocain des prisons qui a lancé une campagne, au niveau national, de sensibilisation et d’échange entre des experts produisant des études sur la possibilité de changements de lois qui pénalisent des petits délits », déclare Fatna El Bouih.

A l’issue de la création de ce collectif, une dynamique s’est créée et des débats ont lieu autour des peines alternatives pour produire un mémorandum. Ce dernier a été adressé aux autorités et au Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), et déposé au Parlement, se réjouit la même source. 

Rappelons que le projet de loi des peines alternatives a été adopté en octobre dernier à la Chambre des représentants. 

Un appel à une justice amie des mineurs

Par ailleurs, concernant la sauvegarde et la réforme des mineurs, Fatna El Bouih appelle à mettre en place « une justice amie des mineurs » qui prenne en considération leur statut d’enfant. 

Elle juge primordial de mettre en place les outils de protection des enfants en conflit avec la justice en respectant les conventions internationales.

Dans ce sens, « les centres de sauvegarde et de réforme ne sont pas dotés d’éducateurs spécialisés », déplore-t-elle.

« D’autre part, les mineurs en conflit avec la loi ont besoin d’assistants sociaux qui débloquent beaucoup de situations avec la famille, les autorités… et à différents stades », ajoute-elle avant de préciser que l’association Relais Société-Prison a élaboré deux mémorandums (en 2018 et 2019) à ce sujet. 

Bientôt un centre de réinsertion des détenus condamnés dans les affaires de terrorisme

La convention a été signée par le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Oulémas, Ahmed Abbadi, le délégué général à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion, Mohamed Salah Tamek, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, et le coordonnateur de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, Abdelouahed Jamali Idrissi.

Cette convention vise à renforcer l’efficacité du partenariat institutionnel entre les parties signataires et l’ensemble des partenaires et acteurs institutionnels, à intensifier les efforts et à contribuer à la stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme.

En vertu de cet accord, le centre sera chargé des missions de lutte contre l’extrémisme violent, de réhabilitation et de réinsertion des détenus condamnés dans les affaires de terrorisme et d’extrémisme.

Pilotage du programme « Moussalaha »

Le centre va également piloter le programme de réhabilitation « Moussalaha » dans sa formule actuelle en vue de garantir sa pérennité et d’assurer le suivi et l’accompagnement des bénéficiaires après leur libération.

S’exprimant à cette occasion, Ahmed Abbadi a indiqué que la création de ce centre intervient « en application des hautes directives royales en vue de capitaliser sur les expériences et les bonnes pratiques accumulées dans le cadre du programme Moussalaha pour la réhabilitation et la réinsertion des condamnés dans des affaires d’extrémisme et de terrorisme, et qui a joué un rôle important et efficace dans la lutte contre l’extrémisme chez les pensionnaires des établissements pénitentiaires. La création du centre vise aussi à assurer la pérennité de ce programme, son institutionnalisation et l’amélioration de ses performances ».

Le centre sera également chargé de nouvelles missions : la conception de programmes de prévention de l’extrémisme, la mise en place d’un système de veille, la prise de mesures à même de protéger l’entourage familial direct des bénéficiaires du programme « Moussalaha » contre l’adoption d’idées extrémistes, et la réalisation d’études, recherches, rencontres, conférences et des sessions de formation dans ce domaine, a-t-il fait savoir.

Ahmed Abbadi a rappelé que d’autres missions, notamment la supervision des orientations générales du centre et les délibérations et décisions relatives à l’élaboration de la stratégie d’action du centre, seront confiées à un conseil d’orientation présidé par le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Oulémas. Il sera composé des partenaires permanents du programme Moussalaha et des acteurs institutionnels participant au programme.

(Avec MAP)

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Passe d’armes entre l’administration pénitentiaire et le Club des magistrats sur le surpeuplement des prisons

Le communiqué inhabituel et surprenant de l’Administration pénitentiaire, diffusé lundi 7 août, aura au moins eu le mérite de susciter le débat, malgré la torpeur de cet été caniculaire. Le Club des magistrats a un peu pris la mouche et a réagi par voie de déclaration transmise à la presse concernant un passage qu’elle rejette. Surtout, les magistrats entrent dans le vif du débat et donnent quelques éléments d’analyse concernant la problématique soulevée par l’administration pénitentiaire. Le nombre de détenus vient en effet de dépasser la barre des 100.000, soit 60% de plus que la capacité des établissements pénitentiaires.

Les magistrats du Club voient dans le communiqué de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) une tentative d’influencer les décisions d’arrestations qui pourraient être prises à l’avenir. Un argument rejeté par la DGAPR qui affirme plutôt appeler les départements concernés ainsi que le pouvoir judiciaire à œuvrer pour trouver des solutions, et non pas les magistrats.

« Il est prévu que la population carcérale continue d’augmenter à l’avenir si les arrestations se poursuivent au rythme actuel et si des mesures nécessaires et urgentes ne sont pas prises pour remédier à la situation », constatait la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion.

Exprimant sa profonde inquiétude quant à cette « augmentation spectaculaire », la délégation générale demandait en outre aux autorités judiciaires et administratives d’accélérer la recherche de solutions adéquates pour résoudre le problème de la surpopulation carcérale.

Une incitation anticonstitutionnelle, d’après le Club des magistrats  

Le Club des magistrats répond ceci dans un communiqué publié ce mardi 8 août : « Étant donné que la responsabilité de l’arrestation incombe au système judiciaire, notamment au Parquet et au juge d’instruction, nous estimons que l’appel émanant d’une administration gouvernementale dédiée exclusivement à l’exécution des décisions judiciaires [la DGAPR, ndlr] constitue une tentative d’influencer les décisions d’arrestation qui pourraient être prises à l’avenir. Cela va à l’encontre de la Constitution, de la loi et des normes internationales relatives à l’indépendance judiciaire, et à l’encontre des discours royaux qui insistent sur le respect de cette indépendance ».

« Quant au problème de la détention préventive, il est indéniable que ses facteurs et causes sont multiples et complexes, sauf qu’elle sont principalement imputables aux actions des pouvoirs exécutif et législatif plutôt qu’au pouvoir judiciaire, qui ne fait que mettre en œuvre la loi », poursuit le Club des magistrats.

Ce dernier rappelle l’essentiel de ces facteurs, dont le recours à une politique pénale privilégiant les peines privatives de liberté pour lutter contre la criminalité, l’augmentation notable du taux de criminalité sous toutes ses formes, surtout les plus graves d’entre elles, la non-activation de l’institution de la libération conditionnelle et l’échec des ateliers de révision du Code pénal. La déclaration originale du Club des magistrats, signée par le président Abderrazak Jebari, figure à la fin de cet article, en langue arabe.

Le surpeuplement des prisons, « une problématique ancienne » selon la DGAPR

Joint par Médias24, Moulay Idriss Agoulmame, directeur de l’action sociale et culturelle au sein de la DGAPR, conteste l’argumentation du Club des magistrats.

« Le surpeuplement des prisons n’est pas une question qui date d’aujourd’hui. Elle a fait l’objet de plusieurs séminaires, rencontres et circulaires, non seulement du côté de la DGAPR mais également de la part de tous les départements concernés, y compris le Parquet général. En 2017, ce dernier a émis une circulaire sur la rationalisation de l’incarcération en vue de résoudre la problématique du surpeuplement des prisons, devenue chronique et entravant la réalisation des plans stratégiques de la DGAPR, notamment au niveau de l’humanisation des conditions d’incarcération, de la gestion des différentes catégories de détenus (prévenus, condamnés définitivement, appelants…) et du surpeuplement des prisons impactant par ailleurs les programmes de réinsertion des détenus », explique Moulay Idriss Agoulmame.

« La DGAPR base, depuis des années, son approche d’intervention sur une planification et des axes stratégiques parmi lesquels figurent l’humanisation des conditions de détention − qui n’est pas uniquement une volonté de l’administration pénitentiaire, mais aussi une volonté émanant d’orientations royales à ce sujet qui insistent constamment sur cette question d’humanisation ainsi que sur le respect des droits des détenus et de leur dignité », poursuit notre interlocuteur.

Et d’ajouter : « Tout le monde est conscient de l’ampleur du problème et de la nécessité d’œuvrer, chacun à son niveau, pour le régler. Le communiqué de la Délégation générale ne vise aucunement à influencer ; il est au contraire un appel à tous les départements à œuvrer ou à contribuer à solutionner ce problème. Nous sommes en effet convaincus que cette problématique doit se régler collectivement. »

Il ne suffit pas de construire de nouveaux établissements pénitentiaires !

« D’aucuns diront que la construction de nouveaux établissements pénitentiaires est suffisante pour palier le surpeuplement des prisons. Ce n’est pas, à mon avis, une bonne approche puisque cette solution n’a jamais démontré son efficacité. La preuve en est que l’administration pénitentiaire a consenti plusieurs efforts pour la construction d’autres établissements. Rien qu’entre 2014 et 2023, 26 nouveaux établissements pénitentiaires ont vu le jour. Il est vrai que parallèlement à ces inaugurations, nous avons procédé à la fermeture de quelques établissements pénitentiaires existants qui ne satisfont plus aux conditions d’humanisation. Mais malgré les nouveaux établissements construits, la capacité d’hébergement ne s’est malheureusement pas améliorée », précise Moulay Idriss Agoulmame.

« Cela revient au fait que le taux d’incarcération est supérieur au taux de construction de nouvelles prisons. Le Maroc affiche en effet un taux d’incarcération très élevé : sur 100.000 habitants, 255 individus sont incarcérés. C’est plus que ce qui est enregistré en Espagne (116 détenus/100.000 habitants) ou en France (106 détenus/100.000 habitants). Nous disposons néanmoins d’un taux de récidive − estimé à 18,4% − moins élevé comparativement à d’autres pays, notamment les Etats-Unis (30%) et le Canada (43%). »

« Les nouvelles prisons ne tarderont donc pas à afficher complet. Pire, elles finissent par enregistrer un taux de surpeuplement très élevé. Le taux global de surpeuplement des prisons au Maroc est aujourd’hui de 154%. Ce taux varie d’un établissement pénitentiaire à un autre. Il y a des prisons avec des taux de surpeuplement très élevés, notamment la prison locale de Ain Sebaa, qui affiche un taux de surpopulation de 286%. Sa capacité d’accueil est de 3.800 lits mais elle abrite, selon les derniers chiffres du 7 août, quelque 10.877 détenus », indique Moulay Idriss Agoulmame.

Le manque de personnel et la détention préventive, ces autres maux

« Le manque de personnel fait défaut. Une nouvelle prison a vu le jour dernièrement à Tamesna. Elle satisfait aux normes internationales sur toutes les dimensions. Sauf qu’il y a une contrainte de personnel qui entrave son entrée en service. En effet, l’octroi à la DGAPR de postes budgétaires ne suit pas forcément le rythme de construction de nouvelles prisons. L’administration se voit donc à chaque fois dans l’obligation de solliciter le personnel basé dans d’autres prisons pour gérer les nouveaux établissements pénitentiaires », explique encore le directeur de l’action sociale et culturelle au sein de la DGAPR.

« Qui dit surpeuplement des prisons, dit automatiquement pression en matière d’encadrement et de personnel. Il y a aussi la contrainte de faire en sorte que les détenus bénéficient, comme il le faut, de tous les services tels que la restauration, la couverture médicale et la préparation à la réinsertion, entre autres », ajoute Moulay Idriss Agoulmame.

« La détention préventive représente environ 40% de l’effectif global des détenus. C’est un autre problème. Il est en effet difficile d’intégrer le détenu provisoirement à un programme quelconque, puisque ce type de détenu est généralement préoccupé par son affaire et son dossier auprès des tribunaux et des avocats. Son transfert vers un établissement moins chargé est compliqué, puisqu’il doit rester dans la prison où il a été incarcéré pour la première fois, afin d’être tout près de la juridiction qui gère son dossier », conclut Moulay Idriss Agoulmame.

Voici la déclaration intégrale du président du Club des magistrats Abderrazak Jebari :

توجهت المندوبية العامة لإدارة السجون وإعادة الإدماج إلى الرأي العام الوطني ببلاغ تعبر فيه عن قلقها بخصوص ارتفاع عدد ساكنة المؤسسات السجنية، وأومأت في بلاغها إلى أن ذلك ناتج عن « الوتيرة الحالية » للاعتقال، داعية السلطات القضائية والإدارية إلى الإسراع لإيجاد حلول كفيلة بحل إشكالية الاكتظاظ في المؤسسات المذكورة.

ولما كان المسؤول عن الاعتقال هو القضاء (النيابة العامة وقضاء التحقيق)، فنعتقد أن توجيه تلك الدعوة له من لدن إدارة حكومية تختص، حصرا، في تنفيذ الأحكام القضائية، فيه نوع من محاولة التأثير على قرارات الاعتقال التي قد يتخذها في المستقبل، وهذا مخالف للدستور والقانون والمعايير الدولية المتعلقة باستقلالية القضاء، وكذا الخطب الملكية السامية التي ما فتئت تحث على ضرورة احترام هذه الاستقلالية.

أما إشكالية الاعتقال الاحتياطي، فلا شك أن عواملها ومسبباتها متعددة مركبة، ويرجع جلها إلى عمل السلطتين التنفيذية والتشريعية وليس القضائية التي لا تعدو أن تكون مطبقة للقانون ليس إلا، وأبرز هذه العوامل كما يلي:

– تأسيس السياسة الجنائية المختارة من لدن الحكومة على العقوبة السالبة للحرية وميلها إليها كحل سهلٍ لمواجهة الجريمة (شغب الملاعب، الغش في الامتحانات، الطوارئ الصحية أنموذجا)، مع أن السياسة الجنائية المعاصرة تقوم على اعتماد تدابير اجتماعية واقتصادية وثقافية وتربوية تهدف إلى معالجة مسببات الجريمة قبل ارتكابها.

– ارتفاع نسبة الجريمة بكل أنواعها (خصوصا الخطيرة منها) داخل المجتمع بشكل ملفت للنظر جراء تراجع العديد من المؤسسات عن القيام بأدوارها في التهذيب والتربية (المسجد، الأسرة، المدرسة، الإعلام، السينما .. إلخ)، وهو ما يحتم، بالمقابل، ضرورة توفير الأمن للمواطنين أفرادا وجماعات، مع ملاحظة عدم مواكبة ذلك ببناء مؤسسات سجنية لإعادة تأهيل الجناة واستيعاب عددهم المتزايد.

– ارتفاع حالات العود إلى ارتكاب الجريمة بشكل ملفت نتيجة فشل برامج إعادة التأهيل والإدماج، كما أن ذلك ناتج عن فشل السياسة العقابية التي تعتبر فيها العقوبة السالبة للحرية قطب رحاها.

– عدم تفعيل مؤسسة الإفراج المقيد بشروط، وهي التي تشرف عليها لجنة إدارية يترأسها وزير العدل أو من ينوب عنه، وتبت في اقتراحات مدراء المؤسسات السجنية نفسها بالإفراج عن بعض من برهن عن تحسن سلوكه، وكان من شأن تفعيل هذه المكنة القانونية بمبادرة من إدارة المؤسسات المذكورة أن يقلص من نسبة الساكنة السجنية.

– تعثر ورش مراجعة مجموعة القانون الجنائي، والذي كان معولا عليه لرفع التجريم عن العديد من السلوكات  البسيطة، والتخفيف من حدة اللجوء التشريعي إلى العقوبة السالبة للحرية.

– تعثر ورش مراجعة قانون المسطرة الجنائية، والذي كان معولا عليه لإقرار العقوبات البديلة للعقوبات السالبة للحرية القصيرة المدى، وكذا توسيع صلاحيات قاضي تطبيق العقوبة.

– عدم تنفيذ جملة لا بأس بها من الأحكام القضائية القاضية بإيداع محكوم عليهم في مؤسسة للعلاج، إما لانعدام مسؤوليتهم بسبب خلل عقلي، أو لنقصانها بسبب ضعف عقلي، تطبيقا للقانون الجنائي ومراعاة لمبدأ المحاكمة العادلة، وهذا ما تم تسجيله في تقارير رئاسة النيابة العامة، فضلا عن تقرير المجلس الوطني لحقوق الإنسان لسنة 2022.

– عدم تنفيذ الأحكام القضائية القاضية بإيداع الجناة للعلاج من أجل القضاء على التسمم الناتج على استعمال المخدرات، تطبيقا للفصل 8 من ظهير 21 ماي 1974، ومراعاة لحقهم في العلاج، بسبب عدم إحداث مصحات خاصة بذلك، وهذا ما تم رصده في كل تقارير رئاسة النيابة العامة منذ تأسيسها.

– نسبة لا بأس بها من المعتقلين تقضي مدة الإكراه البدني نتيجة عدم قدرتها على تسديد ما بذمتها من ديون عمومية بناء على مسطرة تحصيل هذه الديون كما هي مقررة في القانون.

عبد الرزاق الجباري

رئيس « نادي قضاة المغرب

Surpeuplement des prisons : mauvaise interprétation du communiqué, selon l’administration pénitentiaire

Le Club des magistrats a réagi au dernier communiqué, inhabituel et surprenant, de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), qui a pris l’opinion publique à témoin concernant le surpeuplement des prisons au Maroc. Les magistrats du Club ont vu dans le communiqué de la DGAPR une tentative d’influencer les décisions d’arrestations qui pourraient être prises à l’avenir. Un argument rejeté par la DGAPR, qui, jointe par nos soins, a affirmé appeler simplement les départements concernés ainsi que le pouvoir judiciaire à œuvrer pour trouver des solutions, et non pas les magistrats.

Une mauvaise interprétation, selon la DGAPR

« Nous avons constaté une mauvaise interprétation de notre communiqué du 7 août sur les défis posés par le surpeuplement croissant des prisons, dévalorisant ainsi les efforts continus déployés par la Délégation générale dans ce domaine », fait savoir la DGAPR dans un communiqué publié ce mercredi 9 août.

« Le surpeuplement recensé dans les établissements pénitentiaires n’a pas empêché la Délégation générale de mobiliser toutes les ressources matérielles, logistiques et humaines pour atteindre ces objectifs. La Délégation générale a en effet délégué la fourniture de repas aux détenus à des entreprises spécialisées, ce qui a permis d’améliorer la qualité et la variété des repas servis aux détenus. Il convient de noter que ce processus de délégation a permis de dispenser les familles des coûts liés aux paniers de denrées alimentaires, permettant à la Délégation générale de réduire considérablement l’infiltration de drogues dans les établissements pénitentiaires », note la DGAPR.

La qualité des services médicaux fournis aux détenus s’est améliorée, observe la DGAPR

« En ce qui concerne les soins de santé, des avancées significatives ont été enregistrées en termes de nombre et de qualité des services médicaux fournis aux détenus. Ces services ont dépassé ceux offerts à l’échelle nationale », poursuit l’administration pénitentiaire.

« Pour ce qui est de l’éducation, de la formation professionnelle et de la lutte contre l’analphabétisme au titre de l’année 2022-2023, 6.748 détenus ont bénéficié de programmes d’éducation et d’enseignement non formels. Le nombre de détenus ayant obtenu le baccalauréat s’élève à 633 femmes et hommes, tandis que 1.685 détenus sont inscrits dans diverses filières universitaires. Au cours des cinq dernières années, 602 détenus ont obtenu des diplômes universitaires et 43.966 détenus ont bénéficié du programme de lutte contre l’analphabétisme », ajoute la même source.

« En plus des programmes classiques précités, la Délégation générale a développé de nouvelles initiatives, notamment l’événement ‘L’université en prison’, qui en est à sa 12e édition, et la ‘Conférence nationale au bénéfice des détenues’, qui en est à sa quatrième édition. De plus, le programme ‘Réconciliation’, destiné aux détenus impliqués dans des affaires d’extrémisme et de terrorisme, a atteint sa 12e édition, auquel s’ajoute le programme ‘Camp pour mineurs’, qui en est à sa 6e édition, ainsi que le programme ‘Prisons sans récidive’, destiné aux jeunes détenus, dont la première édition a récemment été lancée », note encore le communiqué.

« Le succès des divers programmes lancés par la Délégation générale en faveur des détenus des établissements pénitentiaires dépend de l’amélioration des conditions de détention en réduisant le surpeuplement. La Délégation générale souligne à cet égard que la mise en place et la réalisation de ces programmes n’auraient pas été possibles sans l’engagement total de tous les cadres et employés de ce secteur, ainsi que leurs sacrifices et leur dévouement malgré toutes les contraintes liées à la nature de leur travail », conclut la DGAPR.

Reprise des visites familiales aux détenus à partir du 28 février

Chaque détenu sera autorisé à recevoir, chaque quinzaine, la visite de deux membres de sa famille, sans limite du nombre d’enfants, précise la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) dans un communiqué.

Les facilités nécessaires seront accordées aux membres de la communauté marocaine établie à l’étranger et aux visiteurs en provenance de l’étranger leur permettant de rendre visite à leurs proches, ajoute la même source.

Les visiteurs doivent fournir le pass vaccinal témoignant qu’ils ont reçu les doses requises ou l’attestation d’exemption de la vaccination contre le Covid-19 pour les personnes ayant des soucis de santé, comme condition pour accéder à l’établissement pénitentiaire, poursuit le communiqué.

Il souligne la nécessité du strict respect des différentes mesures préventives liées à la lutte contre la propagation du coronavirus, en vue de garantir la sécurité des fonctionnaires, des détenus et des usagers.