Finances publiques. À fin mars, le Trésor dégage un excédent global de 5,9 MMDH, contre 16,8 MMDH un an auparavant

L’analyse de la situation mensuelle des finances publiques à fin mars 2025, émanant de la Trésorerie générale du Royaume (TGR), laisse apparaître des performances contrastées.

Des recettes fiscales en forte progression

Les recettes fiscales ont bondi de 24,2% par rapport à la même période de 2024, atteignant 104,6 MMDH à fin mars 2025. Cette performance trouve ses racines dans la croissance soutenue des impôts directs de 40,4% et des impôts indirects de 10%.

Pour ce qui est des impôts directs, leur progression s’explique, d’une part, par la solide performance de l’impôt sur les sociétés (IS), passé de 26,5 MMDH à 36,9 MMDH entre mars 2024 et mars 2025, soit une hausse remarquable de 39,2%.

Et d’autre part, par la bonne tenue de l’impôt sur le revenu (IR)*, en augmentation de 43,6%, pour se situer à 21 MMDH à fin mars 2025 contre 14,7 MMDH un an auparavant.

Cependant, cette dynamique a été partiellement contrebalancée par la baisse des recettes non fiscales, en repli de 11,6%, s’établissant à 9,4 MMDH à fin mars 2025.

Toutefois, il convient de mentionner la solide performance de la TVA, dont les recettes brutes ont atteint 26,1 MMDH, en progression de 9,6% par rapport à la même période de 2024. Cette performance s’explique principalement par la hausse de la TVA à l’importation, qui a progressé de 7% pour s’établir à 13,7 MMDH. Par ailleurs, la TVA à l’intérieur a connu une hausse des recettes brutes de 12,7%, atteignant 12,4 MMDH.

Forte accélération des dépenses ordinaires

Concernant les dépenses ordinaires, celles-ci enregistrent une hausse significative de 36,3%, passant de 75,7 MMDH à 103,2 MMDH entre mars 2024 et mars 2025.

Cette progression s’explique d’une part par la hausse des dépenses du personnel de 13,8%, conséquence directe des revalorisations salariales dans le secteur public issues du dialogue social. Et d’autre part, par l’envolée des dépenses liées aux autres biens et services, qui ont bondi de 63,8%.

De même, les intérêts relatifs à la dette, notamment intérieure, ont enregistré une nette progression de 62,1%, atteignant, à fin mars 2025, 7,5 MMDH contre 4,7 MMDH un an plus tôt.

Ainsi, le solde ordinaire, soit la différence entre recettes ordinaires et dépenses ordinaires, demeure positif, mais en net repli : il s’établit à 10,7 MMDH à fin mars 2025, contre 19,1 MMDH un an auparavant.

S’agissant de l’investissement, il s’est établi à fin mars 2025 à 28 MMDH, enregistrant ainsi une hausse de 15,9%. En retranchant ce montant (investissement) du solde ordinaire, puis en y ajoutant le solde des comptes spéciaux du Trésor (22,6 MMDH) et le solde des SEGMA (611 MDH), on obtient le solde global, qui s’établit à 5,9 MMDH à fin mars 2025, contre 16,8 MMDH à la même période de l’année précédente.

* Il est à noter que les recettes de l’IR à fin mars 2025 comprennent un montant de 3,8 MMDH provenant de l’opération de régularisation volontaire de la situation fiscale du contribuable (article 7 de la loi de finances 2024).

Regards croisés de Fitch, Moody’s et S&P sur le Maroc

Les récentes analyses de FitchS&P (Standard & Poor’s) et Moody’s montrent une certaine convergence dans l’évaluation des agrégats économiques du Maroc. Cependant, en examinant les chiffres de manière plus approfondie, des divergences se dessinent.

Voici les principales convergences et divergences entre les trois analyses, par agrégat :

Croissance économique

Fitch, Moody’s et S&P soulignent unanimement la dépendance persistante de l’économie marocaine du secteur agricole, particulièrement exposé aux aléas climatiques. En 2023, le Maroc a enregistré une croissance de 3,4%.

Fitch anticipe un ralentissement de cette dynamique à 3,0% en 2024, avant une reprise à une moyenne de 3,5% sur la période 2025-2026.

De son côté, S&P table sur une croissance légèrement supérieure, à hauteur de 3,1%.

Moody’s prévoit un retour à une croissance de 4% à moyen terme, portée par la diversification économique.

Ainsi, les analyses des trois agences convergent sur deux points essentiels : d’une part, elles reconnaissent que la performance économique non agricole du Maroc, notamment dans les secteurs clés comme l’automobile, l’aéronautique, le tourisme et les phosphates, constitue un levier majeur pour stimuler la croissance du pays. D’autre part, elles soulignent que le Maroc accorde une importance stratégique à l’augmentation des investissements privés, qu’ils soient nationaux ou étrangers, notamment à travers des partenariats public-privé (PPP), afin de renforcer sa dynamique économique et de réduire sa dépendance des aléas climatiques.

Consolidation budgétaire et gestion de la dette

Les trois analyses s’accordent sur la nécessité pour le Maroc de continuer à mettre en œuvre des réformes budgétaires afin d’assurer une stabilité financière à long terme et d’élargir la base fiscale par la formalisation de l’économie. Les évaluations des déficits budgétaires montrent une tendance positive vers la consolidation :

En ce qui concerne la dette publique :

Les efforts pour rationaliser la dette publique et les subventions, combinés à des réformes visant à attirer plus d’investissements directs étrangers, sont des facteurs que les trois analyses jugent cruciaux pour améliorer la soutenabilité de la dette à moyen terme.

Compte courant, IDE et réserves de change

Fitch anticipe une légère augmentation du déficit du compte courant, atteignant 1,2% du PIB en 2024, puis se stabilisant à une moyenne de 1,5% sur la période 2025-2026. Cette évolution serait soutenue par la solide performance du secteur des services, notamment le tourisme, ainsi que par des transferts de fonds stables.

Concernant les réserves de change du Maroc, Fitch prévoit qu’elles atteindront en moyenne 5,2 mois de paiements externes sur la période 2024-2026, grâce à la robustesse anticipée des investissements directs étrangers, qui viendrait renforcer ces réserves. « Nous anticipons un rebond des IDE nets à 0,8% du PIB en 2024, soutenu par d’importants flux d’investissements dans le secteur automobile ». Ainsi, le Maroc devrait également bénéficier de la régionalisation des chaînes d’approvisionnement chinoises, dans un contexte de restrictions sur les importations imposées par les États-Unis et l’Union européenne.

Parallèlement, S&P prévoit une amélioration continue du déficit du compte courant, avec une projection moyenne de 1,6% du PIB pour la période 2024-2027. Cette dynamique, selon S&P, serait soutenue par une augmentation des recettes touristiques et des exportations automobiles, ainsi que par une stratégie proactive de diversification économique.

En ce qui concerne les IDE, S&P anticipe une croissance progressive des flux dans les années à venir, grâce à la mise en œuvre de réformes économiques structurelles qui devraient rendre le Maroc plus attrayant pour les investisseurs.

Indicateurs de performance monétaire et inflation

Sur le plan monétaire, S&P anticipe une baisse du taux d’inflation à 1,5% en 2024, suivie d’une stabilisation autour de 2% sur la période 2025-2027, grâce aux mesures prises par la Banque centrale. De son côté, Moody’s souligne que la politique monétaire prudente du Maroc, notamment grâce à son approche contrôlée de la libéralisation du taux de change, contribuerait à la stabilité macroéconomique et renforcerait la crédibilité des politiques économiques du pays. En revanche, Fitch n’émet pas d’avis spécifique sur ces aspects monétaires.

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Ces divergences sont prévisibles et s’expliquent par les différentes hypothèses utilisées pour calibrer les modèles de prévision de chaque agence. En effet, ces modèles s’appuient souvent sur des estimations de données indisponibles ou difficiles à quantifier. Par exemple, anticiper les risques liés à une hausse des prix de l’énergie – souvent influencés par des tensions géopolitiques – est particulièrement complexe. Il est difficile de prévoir avec précision le moment, l’ampleur ou l’impact de tels événements, ce qui complique l’évaluation de leurs répercussions sur les prix et, par extension, sur l’économie.

Voici pourquoi S&P Global a maintenu la note souveraine du Maroc à BB+/B

Comme annoncé par Médias24, S&P a maintenu la note marocaine inchangée. Ce lundi 30 septembre, l’agence de notation a publié le rapport d’évaluation. En voici les principaux points.

Croissance économique : 3,1 % en 2024

Le Maroc, dont l’économie reste largement tributaire du secteur agricole, a vu ses prévisions de croissance pour 2024 légèrement révisées à la baisse par S&P. En raison d’une saison agricole plus faible que prévu, S&P a ajusté ses prévisions de croissance de 3,4% à 3,1%. Rappelons que la Banque centrale a prévu 2,8%.

Cette révision du taux de croissance prévisionnel par l’agence de notation, s’explique principalement par la persistance des défis climatiques qui pèsent sur l’agriculture marocaine, un secteur vulnérable aux variations des précipitations.

En 2023, la croissance économique du Maroc a atteint 3,4%, légèrement au-dessus des prévisions initiales de S&P (3,1%), grâce à des contributions notables des secteurs du tourisme et de l’automobile. Cette dynamique a également été soutenue par une demande intérieure en hausse, facilitée par une décélération de l’inflation. Entre janvier et juillet 2024, l’inflation a ralenti à 1% en moyenne, contre 7,4% sur la même période en 2023, favorisant ainsi une reprise de la consommation des ménages.

Selon S&P, la mise en œuvre de réformes structurelles et de programmes de soutien social empêchera le déficit budgétaire de diminuer fortement à court terme. L’agence prévoit une réduction progressive du déficit budgétaire, qui devrait passer de 4,4% du PIB en 2023 à 4,2% en 2024, avec un objectif à long terme de 3% d’ici 2027. Cette amélioration est rendue possible par l’augmentation des recettes fiscales, portée notamment par la réforme de la TVA, qui vise à simplifier le système fiscal et à intégrer davantage l’économie informelle.

En parallèle, le gouvernement a entamé en mai 2024 la décompensation des subventions sur le gaz butane, avec pour ambition de supprimer progressivement les subventions restantes sur le blé et le sucre. Cela devrait libérer des ressources budgétaires pour financer les priorités sociales telles que l’élargissement de la couverture santé et les aides sociales directes.

Le pays souffre cependant d’une économie informelle qui reste largement non taxée, ce qui constitue un manque à gagner pour l’État. De plus, les disparités de revenus entre les zones urbaines et rurales sont prononcées, exacerbant les inégalités. Le taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes, demeure une préoccupation centrale.

Gestion de la dette et investissements étrangers

Le Maroc continue d’afficher une gestion rigoureuse de sa dette publique, estime l’agence, qui devrait se maintenir autour de 65% du PIB jusqu’en 2027, un niveau jugé soutenable par S&P. La majorité de cette dette est libellée en monnaie nationale, limitant ainsi l’exposition du pays aux risques de change.

Par ailleurs, avec une échéance moyenne de sept ans, le profil de la dette publique offre une stabilité relative à moyen terme. La dette extérieure, qui représente environ un quart de la dette publique, est majoritairement concessionnelle, c’est-à-dire qu’elle bénéficie de conditions avantageuses accordées par les créanciers internationaux.

Concernant les investissements étrangers, le Maroc a enregistré une hausse notable de 51,6% des investissements directs étrangers (IDE) au premier semestre 2024. Cette performance s’inscrit dans le cadre des partenariats public-privé, notamment avec l’appui du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, qui vise à mobiliser des capitaux pour des projets stratégiques. Ces initiatives renforcent l’attractivité du Maroc auprès des investisseurs, tant nationaux qu’étrangers, en particulier dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des infrastructures.

Perspectives à moyen terme

Malgré ces avancées, le PIB par habitant au Maroc reste inférieur à celui de pays comparables. Toutefois, une amélioration graduelle est attendue, avec un PIB par habitant qui devrait passer d’environ 3.900 dollars en 2023 à près de 4.900 dollars d’ici 2027. Ce niveau, bien qu’en progression, continue de représenter un défi, car il limite les marges de manœuvre fiscales et budgétaires du gouvernement.

Sur le plan monétaire, Bank Al-Maghrib a adopté une politique plus accommodante en abaissant son taux directeur à 2,75% en juin 2024, après l’avoir relevé à 3% pour contrer les pressions inflationnistes en 2022. Ce mouvement reflète la volonté de soutenir la croissance économique tout en maintenant l’inflation sous contrôle. Le dirham marocain, toujours ancré à un panier de devises composé de 60% d’euros et de 40% de dollars américains, continue de jouer un rôle stabilisateur dans les échanges commerciaux internationaux, bien que cette ancre monétaire limite la flexibilité de la politique monétaire. Cependant, la libéralisation progressive du taux de change renforcera la compétitivité extérieure du Maroc et améliorera sa capacité à résister aux chocs macroéconomiques externes.

Le détail des recettes du Trésor à fin juillet 2024

Au terme des 7 premiers mois de l’année, les recettes ordinaires de l’Etat ont progressé de 8,7% à 198,1 MMDH. Elles ont été principalement tirées par la progression des recettes fiscales de 11,6% à 174,1 MMDH. Parallèlement, les recettes non fiscales ont baissé de 10,9%, selon les chiffres publiés par le ministère des Finances.

Les recettes fiscales ont profité de la bonne progression, sur 12 mois glissants, des recettes de l’IR et de l’IS, en hausse  respectivement de 11,9% et 13,5% à 35 MMDH et 42,1 MMDH.

Les recettes fiscales indirectes ont progressé de 11,1% à 71,2 MMDH, principalement tirées par les hausses des recettes de TVA et de TIC qui ont progressé de 11,8% à 51,6 MMDH et de 9,4% à 19,6 MMDH.

Les recettes non-fiscales, elles, reculent de 10,9% à 21,3 MMDH du fait du recul des recettes en provenance des EEP de près de 34% à 5,1 MMDH.

Les dépenses globales progressent plus rapidement que les recettes à fin juillet. Elles affichent une progression de 12,6% à 238,2 MMDH. Les dépenses ordinaires progressent de 9,5% à 188,7 MMDH. Elles sont poussées par la hausse des dépenses de personnel, mais surtout de biens et services. Cette catégorie affiche une hausse de 30% par rapport à la même période l’an dernier à 56,6 MMDH.

Le poids de la dette publique demeure globalement stable à 22,3 MMDH.

In fine, le solde ordinaire du Trésor reste positif à 9,2 MMDH, en baisse de 5,4%. A titre indicatif, le déficit global, lui, augmente de 37% pour atteindre 40,1 MMDH par rapport à fin juillet 2023.

1,7 MMDH de recettes de privatisation sont également incluses dans les recettes. Selon nos sources, une partie concerne la deuxième tranche du rachat de la Mamounia par OCP.

Stats des Finances et de la TGR, quelle différence?

Le ministère des Finances précise que la situation des charges et ressources du Trésor (SCRT) est le document statistique qui présente, au nom du Ministère de l’Economie et des Finances, les résultats de l’exécution des prévisions de la loi de finances avec une comparaison par rapport aux réalisations de la même période de l’année précédente.

« Pour rappel, alors que la situation produite par la TGR a un caractère fondamentalement comptable, la SCRT appréhende, comme le préconisent les normes internationales en matière de statistiques des finances publiques, les transactions économiques réalisées au cours d’une période budgétaire en décrivant, en termes de flux, les recettes ordinaires, les dépenses ordinaires, les dépenses d’investissement, le déficit budgétaire, le besoin de financement et les financements mobilisés pour la couverture de ce besoin ».

Par exemple, la TGR présente les dépenses qui ont fait l’objet d’émissions. C’est pourquoi, pour les 7 premiers mois, il y a une divergence sur les montants de la compensation:

-Pour la TGR, les dépenses de compensation ont reculé de 42,5%, passant de 14.011 MDh à fin juillet 2023 à 8.059 MDH à fin juillet 2024.

-Pour le ministère des Finances, la charge de compensation ne recule qye de 8,1% à 16,4 MMDH.

Budget public, le risque de la soutenabilité de la dette sur le moyen terme se pose

La deuxième édition du document de la programmation budgétaire triennale (PBT) 2024-2026 apporte un éclairage intéressant et novateur sur la vision du ministère des Finances, et à travers lui du gouvernement, sur les perspectives de l’économie nationale et l’orientation générale de la politique budgétaire. Un document devenu obligatoire et engageant en application de la loi organique de finances, qui trace les perspectives du budget public, de ses gros blocs de recettes et de dépenses, du déficit budgétaire, de son financement et du niveau de l’endettement.

En le parcourant, on apprend par exemple que le gouvernement cherche à réduire son déficit budgétaire à 3% du PIB en 2026, permettant de maintenir son taux d’endettement à moins de 69% du PIB contre 71,6% en 2022 et 70,9% attendus au titre de 2023. Un objectif louable de la politique budgétaire mais qui va au-delà de la tendance moyenne de l’économie nationale depuis au moins 2009. En effet, depuis cette date-là, le mieux qu’ont pu faire les finances publiques sont des taux de déficit budgétaire supérieurs ou égaux à 3,5%. C’est d’ailleurs cette année-là que la courbe de l’endettement a pris une allure ascendante après dix ans de politique de désendettement.

L’autre fait remarquable concernant le déficit budgétaire prévu est que sa trajectoire de réduction est linéaire en tendance avec l’objectif en 2023 d’un déficit de -4,5%, -4% en 2024, -3,5% en 2025 et finalement 3% du PIB en 2026, conférant une neutralité voire une restriction légère à la politique budgétaire. Tout comme celle de l’endettement supplémentaire qui devrait se résorber de manière mécanique d’année en année.

Ce qui équivaudrait à baisser le déficit global, et en d’autres termes, les besoins de financement annuel du Trésor de 69 à 51 milliards de dirhams entre 2022 et 2026 tout en maintenant un taux de croissance du PIB au-dessus de 3,5%, avec comme cible une croissance à 4% du PIB en 2026, signifiant la présence d’autres moteurs pour la croissance économique qui ne pourraient être que la consommation, les exportations et/ou l’investissement privé.

Un nouveau cap pour les recettes grâce à l’impôt

Sous cette dernière condition, les recettes de l’Etat doivent connaître une tendance haussière ces trois prochaines années avec un taux de croissance annuel moyen de 5,5%. Il est à rappeler que selon les derniers chiffres consolidés publiés sur le portail du ministère des Finances, sur la période 2005-2020, le taux de croissance annuel moyen des recettes publiques était de 4,5%.

Dans le détail, les recettes fiscales doivent continuer sur leur lancée avec une croissance de 5,9% en moyenne entre 2024 et 2026 contre une évolution moyenne de +5% sur les 15 dernières années d’avant 2020. Les recettes fiscales attendues en 2026 devraient croître de 19% par rapport au montant prévu en 2023, essentiellement grâce à une augmentation de la collecte de l’IS de 16,8% en 2026 en comparaison avec les objectifs de 2023 et de 11,4% de l’IR pour la même période. Côté impôts indirects, le gouvernement prévoit à l’horizon 2026 une hausse des recettes de la TVA de 21,4% en comparaison avec 2023, à la faveur de la réforme de cette taxe entamée dans le PLF 2024. La TIC, elle, devrait globalement croître de 11,3% entre 2023 et 2026.

L’autre poste que prévoit le gouvernement pour maintenir ses objectifs de déficit est celui des recettes des EEP, qui devraient rester stables autour de 19 milliards de dirhams annuellement entre le budget 2023 et 2026 contre 13,1 milliards encaissés au titre de 2022, tablant sur le maintien des contributions versées par les EEP, notamment celles d’OCP qui atteint à fin septembre 2023 autour de 50 à 55% du montant budgétisé de ces recettes, comme nous l’indiquent les bulletins de statistiques des finances publiques fournis par la Trésorerie générale du Royaume. Globalement, les recettes non fiscales devraient croître de 6,4% entre 2023 et 2026.

Ces projections ne prennent toutefois pas en compte les programmes d’investissement ambitieux lancés par de nombreux EEP à horizon 2030-2035, notamment OCP avec son programme de décarbonation industrielle, l’ONCF avec la ligne LGV Casablanca-Agadir, l’ONEE avec le programme de désalinisation et de transformation institutionnelle, y compris de ses caisses internes de retraite, et ADM avec la nouvelle autoroute continentale Casablanca-Rabat, pour ne citer que ceux-là.

Ces projections n’intègrent pas non plus le niveau élevé d’endettement atteint par certains EEP, comme précisé par le rapport annuel sur l’endettement des EEP, et qui pour certains sont en cours de négociation avec l’Etat, soit pour de nouveaux contrats-programmes, soit pour des recapitalisations, des reprises/refinancements de dettes garanties ou autres… Pour faire face à cet angle mort, potentiellement fortement déséquilibrant pour les finances publiques, les rédacteurs avancent le recours de plus en plus important aux PPP, et ce pour minimiser les charges et donc l’endettement pour l’Etat.

« Financements innovants », le sésame risqué des recettes non fiscales

Autre ressource attendue et non des moindres : celle dite des « financements innovants« , c’est-à-dire la cession-bail de bâtiments publics (CHU, universités, bâtiments administratifs, pénitenciers…) à des OPCI portés par des investisseurs institutionnels (CDG, compagnies d’assurances, caisses de retraite…) contre des loyers. Le gouvernement table en effet sur des recettes de 35 milliards de dirhams annuellement entre 2024 et 2026, soit un total de 105 milliards sur 3 ans contre 9 milliards réalisés jusqu’à fin septembre 2023 (25 milliards prévues par la loi de finances 2023) et 25 milliards de dirhams réalisés en 2022, selon le rapport d’activité 2022 de la Direction du Trésor et des Finances extérieures. Une accélération de ces opérations qui devrait aussi s’accompagner d’opérations de privatisations budgétées à 5 milliards par an entre 2024 et 2026. Il est à signaler qu’en 2023, il était prévu une opération de privatisation évaluée à 5 milliards de dirhams, mais qui n’a pas encore été réalisée.

Le document ne précise pas l’évolution des coûts de loyer qui seront versés, ni leurs impacts sur les comptes de l’Etat. On ne sait d’ailleurs pas sous quelles rubriques ces loyers sont comptabilisés. Les coûts de rendement locatifs offerts par ces financements étaient de l’ordre de 6,3% sur 30 ans, frais de gestion compris, fin 2021, avant le pic inflationniste de 2022-2023 et la hausse des taux de marché enregistrés en 2023.

Ces « financements innovants » adoptés en 2019 agissent depuis 2021 comme une mesure d’ajustement du déficit budgétaire. Elles permettent en effet de le diminuer de plusieurs points de pourcentage et donc de rester en ligne avec les objectifs budgétaires en fournissant des ressources supplémentaires à l’Etat par simple jeu d’écriture, mais contre un loyer important. 35 milliards de dirhams, c’est l’équivalent de 2,6% du PIB actuel. Elle est soustraite au déficit et donc aux besoins de financement par endettement classique du Trésor, réputé beaucoup moins cher (à fin 2022, le coût moyen de la dette du Trésor était de 3,2%, selon le dernier rapport sur la dette publique) et le taux de 10 ans est actuellement aux environs de 4,20%. Un financement satisfait par les mêmes souscripteurs (investisseurs institutionnels) engendrant un effet d’éviction préjudiciable au marché des titres de l’Etat, qui constitue une infrastructure majeure du marché des capitaux national.

Avec un stock qui s’accumule et va passer de près de 70 milliards de dirhams d’encours à près de 180 milliards en 2026, ce qui est l’équivalent, toutes choses étant égales par ailleurs, à 15% de la dette du Trésor avec des niveaux de loyer 50% plus élevés que les taux d’intérêts moyens.

D’un autre côté, au niveau de l’orthodoxie comptable, notamment dans les règles comptables IFRS, les opérations de cession-bail, dits « financements innovants », sont considérés comme un accord de financement, c’est-à-dire une dette dont l’actif sous-jacent agit comme garantie. D’autant plus que l’acquéreur (les caisses de retraites) ne prend pas possession de l’actif, mais le laisse à la disposition de l’Etat qui paie dessus un loyer, considéré comme un revenu financier par l’acquéreur.

Il est à signaler que dans son dernier rapport sur l’exécution du budget 2021, publié en juillet 2023, la Cour des comptes insiste sur l’engagement de l’Etat à certifier ses comptes. La Cour pointe ainsi les retards dans sa mise en œuvre, notamment en raison de l’absence de la condition de « réception de l’ensemble des documents comptables et des pièces justificatives, concernant toutes les opérations comptables liées au compte général de l’État au titre des années 2021 et 2020 », malgré la mise en place d’un ensemble de « mesures préparatoires liées à l’aspect opérationnel de cette mission [de certification, ndlr]. Parmi ces mesures figurent notamment la constitution de l’équipe d’audit financier, la préparation d’un guide pour les différentes phases d’audit, ainsi que l’examen de certains documents préliminaires ». En cas d’avancement de ce chantier, pourtant prévu dans la loi organique sur les lois de finances depuis 2015, quel sera le sort comptable de ces « financements innovants » et quels impacts auraient-ils sur les niveaux d’endettement de l’Etat ?

Difficile équilibre recettes-dépenses

Côté dépenses, l’Etat table sur une croissance maîtrisée des dépenses publiques autour de 3,3% en moyenne annuelle entre 2024 et 2026. Sur la période 2005-2020, les dépenses ordinaires de l’Etat ont crû en moyenne annuelle de 4%. Une doctrine de « rationalisation des dépenses » est annoncée, à même de maintenir un déficit bas et de rattraper l’envolée des dépenses publiques ces trois dernières années, en raison du choc pandémique et de l’inflation ayant suivi la guerre en Ukraine.

Cette « rationalisation » devrait essentiellement concerner une baisse relative des dépenses liées aux charges du personnel de l’Etat qui devraient être maintenues à 10% du PIB à horizon 2026 (contre 10,6% du PIB en 2023). En termes nominaux, ces charges devraient être contenues autour de 279 milliards de dirhams en 2026 contre 235 en 2023. Toutefois, la principale mesure engagée sur ces trois prochaines années est « le redéploiement progressif des ressources affectées actuellement au financement des différents programmes sociaux (RAMED, Tayssir…) et à la charge de la compensation en faveur du déploiement du chantier de la généralisation de la protection sociale dans le cadre non contributif ».

En d’autres termes, supprimer progressivement les programmes sociaux spécifiques et la Caisse de compensation pour passer aux aides directes ciblées. Les dépenses de la compensation passeraient ainsi de 42 milliards en 2022 à 16,9 milliards en 2024 et 7,8 milliards en 2026, ce qui, implicitement, signifierait la suppression d’une large part de la subvention actuelle du gaz butane et le sucre, et peut-être partiellement la farine.

Concernant les charges d’investissement, le gouvernement semble lever le pied. Ainsi, la programmation budgétaire prévoit une stabilité des budgets d’investissement entre 2024 et 2026, qui vont passer de 118 milliards de dirhams en 2024 à 117 milliards en 2026, en priorisant « les projets d’investissement structurants créateurs de valeur ajoutée ou ayant un effet sur l’amélioration de la situation économique et sociale des citoyens, tout en sursoyant aux projets de construction et d’équipement des sièges ou bâtiments administratifs qui ne présentent pas d’urgence justifiée ». Si l’on exclut les apports aux EEP et autres Comptes spéciaux du Trésor, les niveaux des émissions de fonds du Trésor destinés à l’investissement vont se stabiliser à 99 milliards de dirhams en 2026 contre 94 milliards de dirhams engagés en 2022, soit une hausse de seulement 6% contre une croissance moyenne des dépenses d’investissement de 10% entre 2005 et 2020. On est loin des montants annoncés en 2023 d’un budget de 300 milliards de DH.

Les charges de la dette s’envolent

En revanche, ce que révèle le document, c’est une explosion des charges de la dette. Ainsi, les intérêts de la dette vont passer de 28,6 milliards réalisés en 2022 à 42 milliards prévues en 2026. Cette hausse est imputable au coût de refinancement de la dette qui devra augmenter en ligne avec la hausse des taux d’intérêts au niveau national et international. Cette dernière devrait plus que doubler, passant de cinq milliards de dirhams en 2022 à plus de 11,7 milliards en 2026. Les intérêts de la dette intérieure, eux, passeront de 23,6 milliards de dirhams à 30,2 milliards pour la même période. Toutefois, rassure le document, le ratio charge d’intérêt de la dette/PIB devrait se maintenir à 2,4% en 2026 contre 2,2% en 2022.

Mais comme indiqué plus haut, ces charges ne prennent pas en considération les éléments soulignés plus haut, notamment la dette garantie par l’Etat, les financements innovants, les déficits attendus des caisses de retraites qui sont des dettes latentes, mais devront être financés par les charges communes de l’Etat. Le document fait aussi l’impasse sur le financement de certains projets structurants portés par les EEP, qu’ils entrent dans les priorités de l’instauration de l’Etat social ou qu’ils soient en lien avec les évènements sportifs d’envergure que compte organiser le pays. Autant d’angles morts de la programmation budgétaire qui posent encore une fois la question de la soutenabilité sur le moyen terme de la politique envisagée.

D’ailleurs, le rapport ne manque pas de souligner qu’ »une attention particulière est accordée au renforcement du cadre de gestion des finances publiques à travers l’amendement de la loi organique relative à la loi de finances (LOF) dans le but de renforcer le rôle du Parlement dans le contrôle et le maintien de l’équilibre des finances publiques, en particulier à travers l’introduction d’une règle budgétaire se basant sur un ancrage de la dette à moyen terme et l’extension du champ de la LOF aux établissements publics bénéficiant de ressources affectées ou de subventions de l’État ». Une réforme programmée pour 2026, qui en plus du chantier de certification des comptes de l’Etat, promettent une reconfiguration des équilibres budgétaires avec des ajustements qui risquent d’être douloureux.

Le déficit budgétaire s’accroît de 71% à fin août à 42,3 MMDH

La Trésorerie générale du Royaume a publié son bulletin mensuel sur la situation des charges et des ressources du Trésor à fin août 2023.

Dans les grandes lignes, les recettes ordinaires progressent de 6,6% à 204,8 MMDH, alors que les dépenses ordinaires augmentent de 6,9% par rapport à fin août 2022, à 208,3 MMDH.

Les recettes non fiscales progressent de 31,4% à fin août, à 25,1 MMDH. Les recettes de monopoles et de participations ont augmenté de 38,2%, atteignant 9,8 MMDH à fin août. Les autres recettes composées des fonds de concours, des recettes en atténuation des dépenses de la dette et des recettes diverses des différents ministères ont progressé de 28,6% à 15 MMDH.

Les dépenses ordinaires, quant à elles, atteignent 208,33 MMDH en hausse de 6,9%. La charge de compensation atteint 19 MMDH en retrait de 14% à fin août. Parallèlement, l’intérêt de la dette s’est alourdi de 10,4% pour se fixer à 26 MMDH. L’intérêt de la dette extérieure progresse de 64% à 4,7 MMDH.

À fin août, le Trésor affiche un déficit global de 42,3 MMDH, contre un déficit de 24,7 MMDH à la même période en 2022.

Ci-dessous, le détail de l’évolution des recettes et des dépenses brutes du Trésor :

Une nouvelle méthode de calcul fait ressortir la dette publique à seulement 62% du PIB !

C’est une donnée nouvelle et assez surprenante que vient de publier le ministère des Finances dans le rapport de la dette publique sur l’année 2021 accompagnant le projet de loi de Finances (PLF) 2023.

Dans un tableau détaillant la structure de la dette publique à fin 2021, le Trésor fait en effet apparaître un chiffre de l’endettement public qui n’a rien à voir avec les chiffres qui circulent jusque-là et qui meublent toutes les discussions politiques et analyses économiques.

On le sait, depuis quelques années, le ratio de la dette publique par rapport au PIB a explosé, dépassant le seuil mondialement admis (pour un pays comme le Maroc) de 60 ou de 65%, pour atteindre en 2021 la barre symbolique des 90%.

Dans son budget exploratoire pour l’année 2022, le Haut-commissariat au Plan (HCP) avait par exemple montré que la dette publique, qui comprend aussi bien la dette du Trésor que la dette des établissements publics et des collectivités territoriales, avait atteint 90,3% du PIB. Le HCP prévoit une aggravation de ce ratio à 93,2% en 2022. Loin, très loin du chiffre communiqué aujourd’hui par le Trésor, qui annonce un ratio de l’endettement public consolidé d’à peine 62%…

Pourquoi ce décalage ? Un simple changement méthodologique qui fait gagner (sur le papier) au Royaume près de 30 points de PIB en endettement !

En réalité, le HCP n’est pas dans l’erreur, et le Trésor non plus. Ce sont juste deux démarches différentes. Le ministre des Finances communiquait lui aussi jusque-là les mêmes chiffres que le HCP.

“Ce chiffre n’est pas nouveau. C’est sa publication qui est nouvelle, car c’est la première fois que le Trésor annonce cette méthodologie dans ses rapports publics”, nous dit une source du ministère.

Élimination de 207 milliards de créances intra-secteur public

Cette méthodologie est simple. Jusque-là, on considérait l’endettement public comme une addition de la dette du Trésor, des établissements publics non marchands et des collectivités territoriales. Quand on utilise cette méthode, le chiffre de la dette publique ressort à 912 milliards de dirhams à fin 2021, soit plus de 90% du PIB, comme le montre le rapport du Trésor sur la dette publique. Un chiffre qui colle avec celui du HCP, qui est repris également par Bank-Al Maghrib, la communauté des économistes, les analystes du marché et les médias.

La nouveauté consiste en un re-traitement qui est fait à cette addition des stocks de la dette. Un retraitement qui, selon notre source, est utilisé au ministère depuis plusieurs années déjà, mais en interne seulement. Et qui fait partie des nouvelles normes recommandées par le Fonds monétaire international (FMI) dans la méthodologie de calcul de la dette publique consolidée.

Le FMI considère en effet que la dette publique consolidée ne peut être une simple addition de stocks de la dette détenue par le Trésor et les autres entités du secteur public, puisque dans ce même secteur public, certains organismes et établissements déposent de l’argent chez le Trésor ou détiennent un portefeuille de bons de Trésor. Ce qui fait doublon dans le calcul de la dette publique consolidée. C’est comme une sorte de créances intra-groupes qu’il faut éliminer si l’on veut connaître la véritable situation de l’endettement d’un groupe privé. Le FMI, ainsi que le Trésor, empruntent d’ailleurs le même terme de la comptabilité des groupes et parlent de créances intra-secteur public.

Le Trésor l’explique bien dans le rapport accompagnant le PLF : “Cette méthodologie de consolidation a pour but de fournir une vision sur la situation d’endettement réel et global du secteur public en procédant à une agrégation de tous les flux et encours s’inscrivant dans le cadre analytique convenu, puis l’élimination de tous les flux et encours réciproques entre les entités constituant le secteur public.”

Selon cette méthode donc, il faut prendre le total de la dette publique et la retraiter du portefeuille de Bons de Trésor détenu par les établissements publics non marchands et les organismes publics de retraite et de prévoyance. Ce qui change tout, car les établissements publics et les organismes de retraite et de prévoyance sociale détiennent un stock de Bons de Trésor évalué à 178,2 milliards de dirhams. Si on ajoute à cela les dépôts de ces mêmes organismes auprès du Trésor, qui sont de l’ordre de 29 milliards de dirhams, les créances intra-secteur public à déduire passent à 207,8 milliards de dirhams.

Résultat des courses : la dette publique consolidée ressort à 799 milliards de dirhams, soit 62,2% du PIB. Un chiffre qui offre un éclairage nouveau sur la situation réelle de l’endettement public, mais qui ne change pas grand-chose en réalité, comme nous le dit notre source, car au final, les marchés, mais aussi les agences de notation, ne prennent pas en compte cette méthodologie dans l’évaluation du risque pays.

Même si cette méthode provient du FMI, comme le signale le rapport du Trésor : “Ces statistiques sont établies suivant une approche méthodologique construite et partagée avec le FMI et qui permet une convergence progressive vers les normes internationales en matière de publication des statistiques telles que préconisées par le manuel des statistiques de finances publiques (MSFP 2014) et dans le guide des statistiques de la dette du secteur public (GSDSP 2011).”

La dette extérieure du Maroc descend à 326 milliards de DH

Le Maroc prévoit de lever dans les prochains mois 1 milliard d’euros sur le marché financier international, soit environ 11 milliards de DH. Une deuxième sortie du même montant est prévue en 2020. Ceci sans parler des prêts bilatéraux ou multilatéraux que le Trésor ou les entreprises et établissements publics pourraient mobiliser pour financer les projets d’investissement (Masen, Tramway…).

L’actuelle baisse de l’encours de la dette extérieure du Maroc risque donc d’être passagère.

Selon le dernier bulletin de la Direction du Trésor et des finances extérieures, l’encours de 326,3 milliards de DH est emprunté par le Trésor à hauteur de 44,9% et par les entreprises et établissements publics à hauteur de 54,4%, le reste concernant le secteur bancaire et les collectivités territoriales. La dette a baissé chez l’ensemble des emprunteurs.

Le PIB au Maroc s’établit à 1.106,8 milliards de DH en 2018, selon le HCP. La dette extérieure représente donc 29,5% du PIB. Un niveau confortable mais qui doit malgré tout être surveillé de près, car le service de la dette (remboursement du capital et des intérêts) se fait en devises étrangères et que la balance des paiements au Maroc est structurellement déficitaire.

Les réserves en devises ne représentent que l’équivalent de 5 mois d’importation de biens et services. Si de nouveaux emprunts internationaux vont les renforcer dans l’immédiat, ils occasionnent des sorties de devises annuelles supplémentaires.

41 milliards de DH de remboursements prévus en 2020

Au premier trimestre, la dette extérieure a coûté 5,5 milliards de DH en remboursements, dont 1,1 milliard d’intérêts. C’est le même montant qu’il y a une année. En ajoutant les prévisions de service de la dette des trois autres trimestres de l’année, 2019 devrait s’achever sur un coût de 29,15 milliards de DH, en hausse de 2% par rapport à 2018.

En 2020, l’Etat prévoit de payer 41,5 milliards de DH dont 8,9 milliards d’intérêts, rient que sur la base de l’encours actuel, c’est-à-dire sans prendre en compte les emprunts à venir.

Cela dit, on ne peut que qualifier la dette extérieure du Maroc de qualitative. La totalité de l’encours est emprunté à moyen et long termes, les trois quarts à taux fixe et la structures en termes de devises d’emprunts tend à s’équilibrer, avec 29% en dollar et 59% en euros.

De plus, les bailleurs de fonds sont diversifiés. 48% de la dette émane d’institutions internationales (Banque mondiale, FMI…), 28% de créanciers bilatéraux (pays de l’UE, pays arabes…) et seulement 23% de banques commerciales ou du marché financier international. Autrement dit, le gros de la dette est détenu par des partenaires du Maroc et non par des investisseurs financiers.

Pour rappel, la dette publique totale, c’est-à-dire en prenant en compte la dette intérieure du Trésor, s’élève à plus de 900 milliards de DH, soit 81,4% du PIB.

Le RNI accepte de participer au gouvernement

Réuni à 16H00, en présence de la presse et avec diffusion en livre streaming sur son site Internet, le Conseil National est la dernière et l’ultime instance de décision du parti à se réunir.

La réunion a été ouverte par une courte allocution de Salaheddine Mezouar qui a parlé d’un «moment d’exercice démocratique» et appelé les membres à se prononcer en tenant compte avant tout de l’intérêt du Maroc.

Il a soulevé également l’épisode dit des révolutions arabes, regrettant la situation dans laquelle se trouvent deux pays amis [Tunisie et Egypte] et évoquant une exception marocaine. L’une des leçons des printemps arabes, a-t-il estimé, c’est que les urnes ne sont ni un chèque en blanc, ni toute la démocratie.

Le Conseil National du parti a donné mandat au président Salaheddine Mezouar pour négocier les modalités et les conditions d'entrée au gouvernement et faire prévaloir les principes que défend le aprti et son programme. M. Mezouar a précisé au cours de cette réunion qu'il n'a jamais été question, dans ses discussions avec Abdelilah Benkirane, de portefeuilles ministériels. Il a également insisté sur le fait que le RNI a sa personnalité et n'est pas une roue de secours.

La décision a été prise à une écrasante majorité.