Études à l’étranger : l’Office des changes publie une nouvelle circulaire

Transferts MRE. 46,4 MMDH à fin mai 2024 (+2,4%)

À fin mai 2024, les transferts de fonds effectués par les Marocains résidant à l’étranger ont atteint 46,4 MMDH contre 45,3 MMDH à fin mai 2023, soit une hausse d’un peu plus d’un milliard de dirhams ou 2,4%.

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La hausse du DH par rapport au Dollar sera peu significative pour les entreprises et la balance des paiements

On observe depuis le début de l’année, une volatilité notable du dollar sur le marché, entretenue par l’évolution de l’inflation, les hausses répétées du taux directeur et l’incertitude internationale marquée par les différents conflits.

Quel est l’impact sur la parité USD/MAD et les conséquences pour l’économie nationale ?

Une hausse du Dirham poussée par la baisse du dollar

Deux facteurs principaux permettent de décrypter l’évolution de la parité USD/MAD. Premièrement, un facteur exogène à la variation interne des changes du marché interbancaire, celle du panier devises, puis les conditions de liquidité sur le marché des changes.

Cette parité, depuis le début de l’année, évolue négativement. Contactée sur le sujet, une source de la place nous explique : « Depuis le début de l’année, on observe une variation haussière du dirham et une variation négative de l’USD/MAD, passant de 10,44 dirhams pour un dollar en début d’année à 10,22 dirhams pour un dollar au 7 novembre ».

Cela est poussé par plusieurs facteurs, notamment la baisse du dollar à l’international. « Une grande partie de la variation de l’USD/MAD s’explique par la baisse du dollar à l’international. Aujourd’hui, il faut noter que la FED réduit les évolutions haussières de son taux directeur et a même annoncé un statu quo lors de sa dernière réunion la semaine dernière. Le dollar a donc freiné sa tendance haussière, et nous voyons désormais une dépréciation du billet vert à l’international par rapport à ses principales devises de référence », explique notre source.

Les conditions de liquidités sont confortables dans le pays

Aujourd’hui, le dirham s’apprécie face au dollar. Cela est notamment provoqué par les bonnes conditions de liquidité sur le marché des changes. « Nous sommes actuellement sur une tendance favorable aux conditions de liquidité sur le marché de change. Cela s’explique avec la reprise des flux exports et une maîtrise importante de tout ce qui est annexé aux exportations ; nous sommes sur des flux nets au niveau de l’USD/MAD et qui sont assez positifs », explique notre source.

C’est d’ailleurs ce qui a été reflété principalement sur la parité USD/MAD. « Cette dynamique a été d’autant plus soutenue par les bonnes conditions de liquidité au Maroc, qui sont assez favorables », rappelle notre interlocuteur. On parle ici des éléments qui impactent positivement la position des changes des banques au Maroc, à savoir la situation nette des flux imports exports. « Nous sommes sur des tendances positives avec les records concernant les recettes MRE et Voyages ainsi que la participation des recettes IDE. Ces éléments soutiennent la liquidité sur le marché », poursuit notre source.

L’opération Marhaba a permis d’améliorer nettement la liquidité et le soutien du dirham durant la période estivale. « Mais il faut toujours se référer à la tendance de la parité EUR/USD qui, elle aussi, a été positive », explique-t-il.

Un effet change qui sera cependant peu significatif sur la balance des paiements

Concernant les importations et exportations de biens et service du Maroc, cette variation de la parité impactera peu les différents acteurs. Cela provient du fait que l’appréciation du dirham demeure assez discrète.

« Fondamentalement, l’impact sera assez minime pour le pays. Nous ne parlons pas d’une appréciation du dirham de 10%, mais d’environ 2,5% ou 3%. Au niveau des exportations, l’effet volume jouera beaucoup plus favorablement ou défavorablement que l’effet change. L’effet change n’est pas significatif comme il l’a été l’an dernier, où nous étions d’ailleurs sur une dépréciation de 10% du dirham. Cela était visible sur les comptes des entreprises et la balance des paiements », explique notre source.

In fine, l’effet volume sera donc le facteur déterminant dans l’évolution des conditions de l’équilibre sur le commerce extérieur. « Si l’an dernier, l’effet change a été un effet globalement favorable pour les exportateurs, on remarque que cette année, nous sommes plutôt sur une tendance peu significative au niveau des tendances macroéconomique. Le paramètre change est donc bien maîtrisé et les conditions sont favorables sur le marché des changes marocains », conclut notre source.

Changes: Des comptes en devises pour les Marocains

Dans le sillage de l’opération de régularisation des avoirs extérieurs programmée dans le cadre de la loi de Finances 2020, le ministère de l’Economie et des Finances envisage un assouplissement ou une évolution de la réglementation de changes.

« On va évoluer progressivement vers un système beaucoup plus souple sur la relation du Marocain à la devise », explique Mohamed Benchaâboun.

La principale mesure dans ce changement attendue pour la fin d’année 2019, est d’accorder aux Marocains la possibilité d’avoir des comptes en devises.

Ces comptes en devises seront alimentés « a minima » par les dotations touristiques et davantage dans certains cas.

Comme pour la dotation touristique, le montant qu’il est possible de déposer sur ce compte sera indexé sur le revenu avec un plafond.

Ce plafond permet à l’Etat de garder un œil sur le contrôle de changes car c’est le seul moyen de s’assurer que le Maroc n’aura pas de problème de réserves de changes et donc à payer ses importations à un instant donné.  Benchaâboun a présenté cette décision comme une mesure de confiance qui devrait entre autres encourager les Marocains à rapatrier les avoirs liquides détenus à l’étranger.

« Si on change les règles de base, les comportements changeront. En d’autres termes, la loi vous permet de détenir de la devise, il n’y a plus aucun besoin de recourir à un compte en devises à l’étranger dans l’illégalité par rapport à la réglementation marocaine », explique le ministre de l’Economie et des Finances.

Le ministre donne un exemple concret. « Dans le cadre de la précédente opération, certains Marocains ont régularisé leur situation en déclarant des biens immobiliers à l’étranger. Ces biens peuvent être loués. La réglementation actuelle ne permet à ces Marocains pas de rapatrier les montants de la location sur des comptes en devises au Maroc et à payer à partir de ce montant le syndic ou les charges communes. On leur disait ouvrez un compte à l’étranger. Aujourd’hui, nous allons leur permettre d’avoir un compte en devises, de l’alimenter par ces revenus et de ponctionner dessus pour régler les différentes dépenses », détaille-t-il.

Pour le ministre, avoir un compte en Europe ou au Maroc importe peu « à partir du moment où on la possibilité de faire la même dépense exactement de la même façon. Nos banques sont à un niveau tellement développé dans ce cadre qu’il n’y a vraiment aucune différence », ajoute-t-il.

C’est une mesure qui a double objectif. D’un côté assouplir la réglementation qui est jusque-là restrictive sur la question des devises et ainsi supprimer certaines motivations derrière le contournement de la réglementation marocaine.

De l’autre, permettre à tous ceux les Marocains en infraction de régulariser leurs situations et d’être dans la légalité.

De toute les façons, « à partir de 2021 les choses vont changer », promet le ministre.

« S’ils ne déclarent pas d’eux-mêmes, l’information nous parviendra de façon automatique dans le cadre des échanges de données », insiste le ministre.

L’UE relance les négociations d’adhésion avec la Turquie

Suivant les recommandations de la Commission européenne, les ministres de l'UE chargés des Affaires européennes, réunis à Luxembourg, ont donné leur feu vert à l'ouverture, le 5 novembre, du chapitre 22 portant sur la politique régionale.

La décision formelle d'ouvrir un nouveau chapitre dans les négociations d'adhésion avec Ankara avait été prise en juin avant d'être ajournée, notamment sous pression allemande, en raison de la répression par les autorités turques de la vague de contestation civile partie de la place Taksim à Istanbul.

Le commissaire à l'Elargissement, Stefan Füle, s'est félicité de la décision des ministres, y voyant un « pas important » pour le rapprochement UE-Turquie. « Les récentes évolutions en Turquie soulignent l'importance de l'engagement de l'UE et de ce que l'UE reste la référence pour les réformes en Turquie. A cette fin, les négociations d'adhésion doivent retrouver de l'élan », a-t-il ajouté.

Dans son rapport de suivi la semaine dernière, la Commission européenne avait dénoncé le « recours excessif à la force de la police » en juin, mais salué les « pas importants » faits malgré tout par le pays en matière de démocratie.

L'ancienne ministre française de la Justice, Rachida Dati, eurodéputé PPE (centre-droit) a, au contraire, dénoncé une décision « irresponsable dans le contexte de crise européenne actuelle ». « La Turquie n'a pas vocation à entrer dans l'Union européenne », a soutenu Mme Dati. « L'UE doit plus que jamais marquer une pause durable dans son élargissement ».

Le processus le plus lent

La Turquie est officiellement candidate depuis 1999, mais le processus de négociations, engagé en 2005, s'avère le plus lent jamais mené par l'UE avec un aspirant à l'adhésion.

Il se heurte aux réserves de Paris et Berlin à l'entrée d'un pays de 76 millions d'habitants à majorité musulmane, et à l'absence de règlement du cas de Chypre, dont la partie nord est occupée depuis 1974 par les troupes turques.

Sur les 35 chapitres de négociations, treize ont été ouverts et un seul a jusqu'ici pu être bouclé. L'UE a en outre gelé des pans entiers de négociations face au refus de la Turquie d'élargir à la République de Chypre, membre de l'UE, le bénéfice des accords de libre circulation qui la lient au bloc européen.

Le chapitre 22 portant sur la politique régionale sur lequel les deux parties vont reprendre langue concerne un sujet parmi les plus consensuels.

Souhaitant faire levier pour garantir la poursuite des réformes de démocratisation en Turquie, la Commission entend aussi entrer dans le vif du sujet. Elle a demandé aux 28 Etats de dégager la voie à l'ouverture de deux autres chapitres portant sur les droits fondamentaux, la justice, la liberté et la sécurité.

La Turquie s'était réjouie samedi des bons points décernés par la Commission, y voyant la reconnaissance de sa « détermination à mener les réformes ».

« Le niveau atteint aujourd'hui par la Turquie en termes de démocratisation, de droits de l'homme et de développement économique est incontestablement le plus proche des standards de l'UE jamais atteint », avait jugé le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis.

Mais il avait rejeté les critiques de la gestion de la fronde de juin par le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, soulignant que « le recours à la violence et aux méthodes illégales ne sera jamais considéré comme un moyen de faire respecter ses droits » en Turquie.

(Par AFP)