Le gouvernement promet un dialogue sur le Code du travail à la prochaine rentrée

En réponse à des questions orales sur la mise en œuvre des engagements contenus dans l’accord d’avril 2024 et les nouveautés de la session d’avril 2025, M. Sekkouri a indiqué que ce dialogue vise à lever les injustices touchant certaines catégories et à traiter les problématiques entravant l’emploi.

À cet égard, le ministre a fait savoir qu’un chantier sera ouvert concernant les nouvelles formes d’emploi, y compris les livreurs informels qui ne bénéficient d’aucune protection juridique, ainsi que la réglementation du télétravail, afin que les jeunes, où qu’ils soient, puissent travailler dès lors que les conditions sont réunies, ajoutant qu’une attention particulière sera accordée à certaines catégories, comme les agents de sécurité privée, souvent au centre d’interrogations récurrentes.

M. Sekkouri a également révélé que le projet de loi régissant les syndicats sera soumis au débat, insistant sur la nécessité d’impliquer tous les acteurs dans ce chantier, en particulier les partenaires sociaux.

Concernant la session d’avril 2025 du dialogue social, le ministre a affirmé que les discussions ont été « responsables et équilibrées », notant qu’il y a eu une interaction avec plusieurs catégories dont les conditions de travail nécessitent encore des améliorations.

L’objectif, a-t-il soutenu, est de faire en sorte que le Maroc soit capable de trouver des solutions aux problématiques sociales dans un cadre institutionnel digne d’un État moderne.

M. Sekkouri a, en outre, rappelé que le budget alloué au dialogue social dans le secteur public s’élève à 45 milliards de dirhams.

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Le salaire net moyen dans le secteur public passera à 10.100 dirhams début 2026 (M. Sekkouri)

Il confirme ainsi de précédentes déclarations de M. Baitas, porte-parole du gouvernement.

Intervenant à l’occasion du 1er mai, M. Sekkouri a expliqué que le salaire mensuel minimum net dans le secteur public s’élevait à 3.000 dirhams au cours des cinq dernières années, ajoutant que grâce aux efforts du gouvernement, en exécution des orientations du Roi Mohammed VI, le salaire minimum passera de 3.000 dirhams à 4.500 dirhams.

Le ministre a fait savoir que des accords ont été conclus dans plusieurs secteurs en raison des injustices subies par certaines catégories, citant à cet égard le secteur de l’éducation, pour lequel un budget de 17 milliards de dirhams a été mobilisé.

Le ministre a rappelé les accords conclus fin 2023, qui ont permis le décaissement d’une augmentation générale de 1.500 dirhams bénéficiant à 330.000 fonctionnaires du ministère de l’Éducation, y compris le personnel enseignant, en plus d’un ensemble d’indemnités telles que les indemnités pour l’augmentation de la valeur des indemnités de grade 3 et plus pour les fonctionnaires du grade excellent, qui ont bénéficié à environ 12.000 personnes, y compris le personnel enseignant.

Le taux de mise en œuvre a atteint 80% pour le dernier accord conclu en décembre 2023, a déclaré M. Sekkouri, notant que le dialogue sectoriel se poursuit pour faire le suivi de tous les engagements pris « afin de corriger une situation inappropriée et de réparer l’injustice qui affectait la famille enseignante ».

Quant au secteur de la santé, qui a “beaucoup apporté au Maroc”, le coût financier global du dialogue social dans ce secteur s’est élevé à 3,5 milliards de dirhams ayant permis une augmentation de salaire de 500 dirhams au profit des infirmiers et infirmières, ainsi qu’une augmentation de salaire pour le personnel administratif.

Et le ministre de poursuivre que le processus de promotion a été amélioré, avec une augmentation de la valeur de l’indemnité des risques professionnels pour le personnel infirmier, administratif et technique, ajoutant que cette indemnité, octroyée pour la première fois aux professeurs chercheurs affiliés au ministère de la Santé, a été inscrite dans un décret adopté en Conseil de gouvernement la semaine dernière.

Par ailleurs, M. Sekkouri a rappelé qu’un statut spécial a été approuvé pour l’Autorité des Attachés Scientifiques au ministère de la Santé et de la Protection sociale, qui prévoit une augmentation nette de 1.800 dirhams des salaires mensuels, effective rétroactivement à compter du 1er janvier 2023, et répartie en trois tranches.

Dans son approche de la question sociale, le gouvernement a introduit une série de réformes importantes pour permettre à l’hôpital de remplir sa fonction, notamment avec le projet royal de généralisation de la protection sociale visant à garantir que tous les citoyens bénéficient du même panier de services, qu’ils soient en mesure de cotiser ou qu’ils soient inscrits au système de solidarité “AMO TADAMOUN”, a souligné le ministre.

Abordant le secteur de l’enseignement supérieur, M. Sekkouri a relevé que le coût du dialogue sectoriel s’est établi à environ 2 milliards de dirhams, avec des augmentations de salaire bénéficiant à quelque 15.000 enseignants chercheurs.

M. Sekkouri s’est également arrêté sur les deux importants projets royaux, à savoir l’aide sociale directe et l’aide directe au logement.

Concernant le premier projet, le ministre a indiqué que “le nombre de bénéficiaires a atteint 3,9 millions de familles à travers le Maroc, selon une procédure claire et précise voulue par Sa Majesté le Roi”, notant que le budget alloué à ce projet s’est élevé à environ 27,1 milliards de dirhams à fin 2025, pour atteindre 29,4 milliards de dirhams à partir de 2026.

Pour ce qui est de l’aide directe au logement, le ministre a souligné que depuis son lancement en janvier 2024, environ 130.000 demandes ont été enregistrées, dont environ 25% émanant de Marocains résidant à l’étranger.

Le budget global consacré à la mise en œuvre de ce programme a atteint 3,5 milliards de dirhams, en attendant le traitement des autres demandes adressées à cet important programme royal, a conclu M. Sekkouri.

Dialogue social : un coût de 45,7 MMDH à l’horizon 2026

Lors du point de presse hebdomadaire suivant la réunion du Conseil de gouvernement de ce jeudi 24 avril, Mustapha Baitas a révélé des chiffres qualifiés d' »inédits » dans l’histoire du dialogue social, tant par leur montant que par le nombre de bénéficiaires concernés.

Le porte-parole du gouvernement a indiqué que le coût cumulé du dialogue social devrait atteindre 45,738 MMDH à l’horizon 2026, puis 46,702 MMDH en 2027, contre à peine 14 MMDH lors des précédentes sessions, dans les meilleures estimations.

Il a ajouté que ces chiffres ne prennent pas en compte les 2 MMDH supplémentaires débloqués en 2022 pour régulariser les retards de promotion dans le secteur de l’éducation, en réponse aux revendications du corps enseignant.

Le porte-parole du gouvernement a souligné que ces mesures concernent exactement 1,127 million de fonctionnaires, « ce qui représente un impact direct sur des millions de familles marocaines ».

Il a également révélé que les dépenses liées aux fonctionnaires, qui s’élevaient à 140 MMDH en 2021, atteindront 193 MMDH en 2026, soit une hausse de 40,12%, représentant 11% du PIB. Cela reflète, selon lui, l’engagement du gouvernement à investir dans le capital humain.

En matière de salaires, Mustapha Baitas a expliqué que le salaire net mensuel moyen passera de 8.237 DH en 2021 à 10.100 DH en 2026, soit une augmentation estimée à 22,6%. Le salaire minimum dans la fonction publique sera relevé de 3.000 DH à 4.500 DH à partir du 1er juillet prochain, ce qui représente une hausse de plus de 50%.

Dialogue social : un round jugé constructif par la CGEM (3/3)

Après les syndicats (UMT-UGTM-CDT), le gouvernement a reçu ce mardi 22 avril, dans le cadre de la session d’avril 2025 du dialogue social, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Joint par Médias24, Hicham Zouanat, président de la Commission sociale de la Confédération, juge que « ce round était très constructif. Les deux parties ont fait preuve d’un réel sens des responsabilités, dans la perspective des 18 mois restants du mandat du gouvernement actuel ».

« À l’occasion, nous avons fait un point sur les engagements de chacune des deux parties, dans le cadre du précédent accord d’avril 2024, avant de nous aligner sur les quatre sujets phares sur lesquels on travaillera durant les prochains mois », nous explique notre interlocuteur.

La CGEM souhaite un amendement progressif du Code du travail…

Le premier sujet est relatif au Code du travail. « Contrairement à sa première promulgation il y a plus de vingt ans, on ne souhaite pas le réviser dans sa globalité. On souhaite l’amender de manière progressive pour dégrossir le sujet, ce qui pourrait donner lieu à deux ou trois versions dudit Code », souligne Hicham Zouanat.

« Chaque partie viendra alors avec une dizaine d’articles qu’elle souhaite amender, afin d’élaborer une nouvelle version du Code du travail, puis attendre environ deux ans, par exemple, pour la compléter avec de nouveaux amendements qui porteront sur d’autres aspects. Si on s’engage dans une refonte globale du Code du travail, cela nous prendra une vingtaine d’années, et ce n’est pas ce que nous voulons ».

Et de poursuivre : « La dernière fois que nous avons procédé de cette manière, il nous a fallu près de trente ans pour moderniser l’ancien Code du travail. Cette fois-ci, nous souhaitons avancer de façon progressive, en adoptant une approche participative, comme le prévoit d’ailleurs l’accord d’avril 2024″.

« À chaque round de discussion, des souhaits d’amender certains points de ce Code émergent de différentes parties, qu’il s’agisse des élections, du travail intérimaire ou encore de ce qui se rapporte aux agents de sécurité et autres. Toutes les parties participant au dialogue social doivent alors avoir l’intelligence pour s’inscrire dans les priorités qui peuvent booster l’investissement et l’emploi, qui sont les maitres mots de cette nouvelle session ».

… en contrepartie d’une refonte totale des dispositifs de la formation continue

Le deuxième sujet évoqué porte sur la formation continue. « Contrairement au Code du travail, nous souhaitons une refonte totale », nous déclare notre interlocuteur.

« Toutes les parties s’accordent à dire que nous avons besoin de revoir le dispositif des contrats spéciaux de formation dans sa globalité, et d’aller vers un système plus fluide qui encourage la formation, aligné sur les standards internationaux, et qui accompagne la montée en compétences, compte tenu des enjeux et évolutions technologiques, économiques et numériques que connait notre pays ».

« Pour cela, des travaux sont prévus à partir des semaines qui suivent. Des réunions avec l’ensemble des acteurs de la formation continue seront ainsi organisées, pour qu’ils s’expriment sur ce qu’ils souhaitent améliorer dans ce système ».

Réforme des retraites et emploi

La réforme des retraites est le troisième sujet évoqué lors de cette rencontre, d’après notre source. « Le chef du gouvernement souhaite engager cette réforme si les différentes parties s’y investissent pleinement », souligne Hicham Zouanat.

« Bien que cette réforme puisse avoir un surcoût, la CGEM souhaite travailler avec le gouvernement actuel pour réformer ces régimes et l’amortir, le cas échéant, sur les différentes parties prenantes qui bénéficient de ces systèmes ».

« Après notre accord de principe, nous avons convenu de tenir deux réunions de la commission nationale et de la commission technique, chargées du dossier de cette réforme, durant les prochaines semaines ».

« En ce qui concerne l’emploi, quatrième sujet évoqué lors de ce nouveau round avec la CGEM, le chef du gouvernement souhaite que nous soyons pleinement impliqués dans la mise en œuvre de la nouvelle feuille de route récemment dévoilée« , conclut Hicham Zouanat.

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Le dialogue social commence ce mardi: calendrier et ordre du jour

Le round d’avril du dialogue social aura lieu cette semaine, comme l’ont confirmé à Médias24 des sources bien informées dans des articles précédents. Il sera tenu conformément aux engagements pris dans le cadre des accords du 30 avril 2022 et du 29 avril 2024.

Cette nouvelle session de rencontres est très attendue, en particulier par les partenaires sociaux, après l’annulation du round de septembre, ce qui avait provoqué leur colère, mais aussi après l’adoption de la loi sur la grève qui ne fait toujours pas l’unanimité.

Calendrier de cette nouvelle session

Contactée par Médias24, une source syndicale de la CDT nous confirme avoir reçu une invitation pour ce mardi 22 avril.

Il en est de même pour l’UGTM, dont des sources jointes par Médias24 nous déclarent que leur rencontre avec Younes Sekkouri, ministre de l’Emploi, est également prévue ce mardi à 14 h.

Une source autorisée nous apprend, pour sa part, que les trois syndicats ainsi que la CGEM seront reçus le même jour par l’équipe du ministère, soit ce mardi 22 avril, dans le respect de l’ordre de leur représentativité. L’UMT passera ainsi en premier, suivie de l’UGTM, de la CDT puis de la CGEM.

Bien que les syndicats aient appelé à une réunion conjointe avec l’ensemble des partenaires, « ils seront de nouveau reçus séparément », ajoutent nos sources.

Une évaluation de l’application de l’accord d’avril 2024 est attendue

Cette rencontre sera d’abord une réunion d’évaluation de l’application du dernier accord signé en avril 2024, nous confirment nos sources, dont les points principaux portaient notamment sur :

– la revalorisation de l’impôt sur le revenu, mise en vigueur à partir du 1er janvier 2025 ;

– la loi sur la grève, adoptée définitivement le 5 février 2025 ;

– la hausse du SMIG de 5%, depuis le 1er janvier 2025 ;

– l’augmentation générale des salaires des fonctionnaires du secteur public.

Une mise à jour des attentes sociales des partenaires sociaux est également attendue, à la lumière de la situation économique du pays.

La réforme des retraites, la formation continue et la loi sur les syndicats, principaux dossiers de ce round

Durant ce nouveau round, les syndicats comptent, avant tout, revenir sur la loi sur la grève, qui ne fait toujours pas l’unanimité. Bien que publiée au Bulletin officiel, tous les syndicats continuent de dénoncer ce texte et de s’opposer aux conditions de son adoption et à son contenu. Il s’agit donc de l’un des sujets brûlants sur lequel comptent revenir les partenaires sociaux.

La réforme des retraites est aussi un dossier important. Rappelons que la commission chargée de ce dossier ne s’est plus réunie depuis longtemps. Il n’y a donc aucune avancée majeure sur ce sujet. Mais selon l’accord d’avril 2024, l’étude de cette réforme et des modalités de sa mise en œuvre se poursuivra en prenant en considération la solution à deux pôles, en vue d’arriver à une vision unifiée. Ce dossier devait être au Parlement durant le mois d’octobre 2024. Il prend donc du retard.

Cette nouvelle session devrait par ailleurs connaitre la programmation de certains points restant de l’accord de 2024, notamment la réforme du Code du travail, l’accord pour la réforme de la formation continue, la législation sur les syndicats ainsi que le dialogue sectoriel.

« Ces sujets sont entre les mains du gouvernement et il est essentiel qu’ils soient traités de manière sérieuse« , nous confie un représentant de la CDT qui dit attendre des actions concrètes.

Dialogue social : calendrier en attente et ordre du jour en cours d’élaboration

Les discussions entre les partenaires sociaux et le ministère de l’Emploi se poursuivent afin de fixer l’ordre du jour et les dates du prochain round de dialogue social, apprend Médias24 de source autorisée.

À ce jour, aucun calendrier précis n’a encore été établi, mais la communication est en place pour finaliser ces détails. Les syndicats, dont la Confédération démocratique du travail (CDT) qui a récemment tenu des réunions de son bureau exécutif, ont annoncé leur volonté de prendre part au prochain round. 

Pour ce round de discussion, plusieurs dossiers importants sont à l’ordre du jour, notamment :

« Ces sujets sont entre les mains du gouvernement et il est essentiel qu’ils soient traités de manière sérieuse », nous confie un représentant de la CDT qui dit attendre des actions concrètes.

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Dialogue social : un nouveau round est prévu au mois d’avril

« Un nouveau round du dialogue social aura bien lieu en avril prochain, conformément aux engagements pris dans le cadre des accords du 30 avril 2022 et du 29 avril 2024″, apprend Médias24. « L’agenda des échanges sera, quant à lui, défini à la suite des discussions avec les partenaires sociaux », nous explique-t-on.

Évaluation de la mise en œuvre de l’accord du 29 avril 2024

Naturellement, durant ce nouveau round, il est attendu d’évaluer l’application du dernier accord signé le 29 avril 2024, dont les principaux points portaient notamment sur :

– la revalorisation de l’impôt sur le revenu, mise en vigueur à partir du 1er janvier 2025 ;

– la loi sur la grève, adoptée définitivement le 5 février 2025 ;

– la hausse du SMIG de 5%, depuis le 1er janvier 2025 ;

– l’augmentation générale des salaires des fonctionnaires du secteur public.

Une mise à jour des attentes sociales des partenaires sociaux est également attendue, à la lumière de la situation économique du pays.

Institutionnalisation du dialogue social et transparence

Si le gouvernement semble vouloir avancer, les syndicats, eux, restent prudents. Contactés par nos soins, certains représentants syndicaux affirment ne pas avoir encore reçu d’invitation officielle pour cette réunion.

Pour eux, si ce nouveau round se tient, il sera crucial de garantir l’institutionnalisation du dialogue social, qui doit impérativement respecter l’engagement pris de tenir deux rounds annuels.

Un autre sujet de discorde concerne la nature même du dialogue social. « Selon la définition de l’Organisation internationale du travail (OIT), il doit inclure l’ensemble des partenaires sociaux et ne pas se limiter à des discussions bilatérales entre le gouvernement et chaque organisation », déplore l’une de nos sources syndicales.

La transparence est également une revendication majeure : les syndicats insistent pour que les citoyens, principaux concernés par les réformes en discussion, soient informés de l’évolution des débats.

Les dossiers brûlants de ce nouveau round

Au-delà des aspects structurels du dialogue social, plusieurs dossiers sensibles domineront les discussions, notamment la loi sur la grève, étant donné l’opposition de plusieurs organisations syndicales aux conditions de son adoption et à son contenu.

La réforme des retraites sera également l’un des dossiers brûlants de cette nouvelle session de dialogue. L’étude de celle-ci et des modalités de sa mise en œuvre se poursuivra en prenant en considération la solution à deux pôles, en vue d’arriver à une vision unifiée. Ce dossier, qui devait être soumis au Parlement durant le mois d’octobre 2024, enregistre du retard. La commission chargée de ce volet ne s’est plus réunie depuis longtemps.

Cette nouvelle session devrait également connaître la programmation des points restants de l’accord de 2024, à savoir :

– la réforme du Code du travail ;

– l’accord pour la réforme de la formation continue ;

– la législation sur les syndicats.

La réforme de la retraite est également un dossier épineux attendus pour 2025.

Si la tenue du prochain round semble acquise, reste à voir dans quelles conditions il se déroulera et si le gouvernement optera à nouveau pour des rencontres bilatérales avec chacun de ses partenaires sociaux.

Miloudi Moukharik, l’enfant de la médina sur les traces de Mahjoub Benseddik

« Ould lmdina lekdima ou Ould chaâb » (l’enfant de la vieille médina et l’enfant du peuple). C’est ainsi que Miloudi Moukharik, non sans fierté, aime à se présenter à ses invités dans le siège historique de l’UMT sur l’avenue des FAR. Juste à un jet de pierre de la Bourse de Casablanca, symbole du capital et du patronat, éternels « ennemis » des classes laborieuses.

Dimanche 23 février, juste avant la clôture de leur 13e congrès national, les militants de la centrale syndicale ont plébiscité leur (éternel) patron pour un quatrième mandat. Candidat unique, Miloudi Moukharik n’a pas eu besoin de faire campagne. Il dirige l’UMT, qu’il connaît comme sa poche, depuis quinze ans, et même bien avant, à l’ombre de Mahjoub Benseddik qui a été à la tête du syndicat à sa création, en mars 1955, jusqu’à son décès en septembre 2010.

Mais qui est celui qui a tout fait pour devenir l’invincible zaïm du plus vieux syndicat du Royaume ?

Le syndicalisme dans le sang

Miloudi Moukharik est né en 1950 dans l’ancienne médina de Casablanca, non loin justement du siège central de l’UMT. Lors de nombreuses rencontres avec lui, il a confié n’avoir jamais raté une marche du 1er mai, qui part toujours du siège de la centrale syndicale.

Issu d’une modeste famille originaire d’Agdez dans le Souss, il termine ses études secondaires et intègre l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). Nous sommes dans les années 1970 quand le militantisme syndical pouvait mener à la prison, et Miloudi Moukharik voulait se faire une place au soleil. Il crée le premier syndicat de l’OFPPT et s’attire les foudres de M’Hammed Douiri, ministre de tutelle à l’époque.

Il demande une audience à Mahjoub Benseddik pour plaider sa cause et les deux hommes deviennent inséparables. Le courant passe à merveille, et le « patriarche » décèle en son jeune poulain l’étoffe d’un leader.

La recette de Moukharik ? Il garde un œil sur tout et dirige d’une main de fer la centrale, mais aussi des dizaines de fédérations et d’unions. Il se définit comme syndicaliste à plein temps et confie avoir essayé toutes les sortes de sandwichs de Casablanca qu’il partage avec les permanents de l’UMT, où tout le monde l’appelle Lhaj.

Au fil de son parcours, il a réussi à écarter tous ceux qui pouvaient lui faire de l’ombre, « quitte à frapper sous la ceinture », à en croire des sources internes. « Hadchi li 3ta Allah ! », nous répond, résigné, un vieux routier de l’UMT (secteur de l’enseignement) quand on lui a posé la question sur le quatrième mandat de Miloudi Moukharik.

Certes, ce dernier n’a pas eu besoin de faire campagne pour se faire réélire, mais il a profité de la conjoncture et du débat autour de la loi sur la grève. Une aubaine et un moment propice qu’il n’a pas hésité à saisir au vol.

Une haine tenace ?

Miloudi Moukharik est d’un caractère très difficile. Lors de l’ouverture du 13ᵉ congrès, il a tenu des propos très durs à l’égard du ministre Younes Sekkouri. Propos que nous nous interdisons de reproduire. « Il est dans son rôle, celui de plaire à ses bases, et le populisme rapporte gros dans la conjoncture actuelle », commente un de ses proches.

L’histoire retiendra aussi que c’est pratiquement l’unique et seul congrès syndical auquel le gouvernement n’a pas assisté, contrairement à la tradition. Miloudi Moukharik a même fait dans l’excès en interdisant sa grand-messe aux représentants des partis membres de la coalition gouvernementale, le RNI, le PAM et l’Istiqlal. « La décision vient de lui, évidemment. Il reproduit les comportements de Mahjoub Benseddik », admet un ancien dirigeant de l’UMT.

Jaloux de l’indépendance de son UMT vis-à-vis des partis politiques, il a cependant le cœur à gauche et se retrouve comme en famille avec ses leaders.

Lors de la cérémonie d’ouverture du congrès national, il échangeait des blagues avec Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, avec l’ancien ministre de la Santé, Lhoussaine El Ouardi, et avec l’avocat socialiste Brahim Rachidi.

« Pourquoi parler de haine ? Miloudi Moukharik est un homme généreux qui, en plus, a le sens de l’humour. Mais il déteste l’hypocrisie. Allez demander aux représentants du patronat qui ont eu affaire à lui. Il ne pouvait pas convier au congrès de l’UMT ceux qu’il qualifie de « pires ennemis » des travailleurs », tempère le dirigeant d’un syndicat affilié à la centrale.

À 75 ans, le syndicaliste en chef n’a rien changé à ses habitudes. Quand il n’est pas plongé dans un document pour résoudre l’une des centaines d’équations qu’il a à traiter au jour le jour, il écoute Mohamed Abdelwahhab ou Nass El Ghiwane comme tout « bidaoui hakiki ».

Celui qui a côtoyé les grands de ce monde, Yasser Arafat et Nelson Mandela, se targue d’avoir « épuisé », en tant que secrétaire national de l’UMT, trois gouvernements et d’en être à son quatrième à qui il promet une guerre sans relâche.

Si Miloudi Moukharik a continué à étudier une fois salarié – une licence en droit et des formations diplômantes à distance assurées par des universités étrangères –, il déploie des dons oratoires fort utiles aux syndicalistes.

UMT : candidat unique, Miloudi Moukharik reconduit à la direction pour un 4ᵉ mandat

Sa réélection pour un 4ᵉ mandat a été approuvée lors du 13 congrès national de l’UMT, tenu du 21 au 23 février sous le thème « 70 ans de fidélité à l’identité et aux principes de l’UMT, la lutte continue pour les libertés syndicales, la dignité et la justice sociale ».

Selon l’UMT, ce congrès a rassemblé plus de 1.700 militants, représentant 58 sections locales et régionales de la centrale syndicale ainsi que 47 ligues et syndicats nationaux, en plus d’organisations affiliées telles que l’Union progressiste des femmes marocaines, la Jeunesse ouvrière marocaine et l’Union syndicale des retraités.

Pendant trois jours, les participants ont analysé et débattu de la conjoncture politique, économique et sociale, évalué le bilan du mandat écoulé et défini les priorités en fonction des défis à relever, tout en élaborant des stratégies pour l’avenir.

Né en 1950 à Casablanca, Miloudi Moukharik avait été élu pour la première fois secrétaire général de l’UMT en 2010, lors du 10 congrès de la centrale syndicale.

Syndicats : l’UMT tient son 13ᵉ congrès national et fête son 70ᵉ anniversaire

La séance d’ouverture de ce congrès, qui se poursuit jusqu’à dimanche prochain, a été marquée par la présence de représentants d’organisations politiques, économiques et associatives, outre les délégations syndicales étrangères.

Ce congrès, qui réunit plus de 1.700 militants de l’UMT représentant 58 sections locales et régionales de la centrale syndicale ainsi que ses organisations parallèles, sera l’occasion de faire le bilan du mandat finissant ainsi que la définition des priorités et stratégies pour l’avenir.

Dans une allocution, le secrétaire général de l’UMT, Miloudi Moukharik, a indiqué que ce congrès coïncide avec le 70ᵉ anniversaire de la création du syndicat, soulignant qu’il représente une occasion d’évoquer son histoire dans la lutte pour la défense des droits et acquis de la classe ouvrière.

Il a ajouté que ce congrès est aussi un moment propice pour dresser le bilan du mandat écoulé, mettre en lumière les priorités et les stratégies futures, ainsi que l’élection des instances de l’UMT pour les quatre années à venir.

Cette séance d’ouverture a été marquée par la présentation des rapports général et d’orientation sur la période 2019-2025 à l’aune du contexte politique et de la conjoncture économique dans le Royaume dans son interaction avec les développements à l’échelle internationale.

À l’ordre du jour de ce congrès, la discussion des documents présentés par les commissions thématiques, ainsi que l’élection des instances décisionnelles et exécutives de l’UMT pour le prochain mandat, notamment la commission administrative nationale, le bureau national et le secrétariat national.

Les travaux seront clôturés par une déclaration finale qui résumera les débats du congrès et annoncera le plan d’action de la centrale syndicale.

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Ce que pèsent vraiment les syndicats au Maroc

Ces questions sont plus que jamais légitimes dans la conjoncture sociale et économique actuelle où les syndicats essaient de reprendre du poil de la bête en initiant un coup de force (la grève générale) inédit depuis longtemps au Maroc.

D’un ton triomphal, ce 5 février, les cinq syndicats ayant appelé à la grève nationale ont annoncé un taux de suivi de 80% dans les secteurs public et privé. L’Union marocaine du travail (UMT), qui a fait cavalier seul en appelant à une grève générale de quarante-huit heures (les 5 et 6 février), pousse le bouchon un peu plus loin en annonçant un taux de participation de 84,8% et un pic de 92% dans les services relevant du département de l’Économie et des finances.

Que nenni, répond le gouvernement par la voie de Younes Sekkouri. L’exécutif avance un taux de suivi d’un petit 1,4% dans le secteur privé et de 32% dans le public. Qui croire alors ? Cela est un autre débat.

Une pléthore de syndicats, un très faible taux d’adhésion

Historiquement et dans toute la région, le Maroc a été précurseur pour ce qui est du syndicalisme tout comme pour le multipartisme. Le premier texte réglementaire en la matière remonte aux premières années de l’Indépendance avec le dahir du 16 juillet 1957. L’UMT, plus ancienne centrale syndicale, était née deux années auparavant. Au fil des années, des scissions et des nouvelles créations, le Maroc a fini par se retrouver avec plus de trente centrales syndicales. Là, on ne parle pas de syndicats affiliés, mais d’organisations « mères » qui en comptent plusieurs selon les secteurs (finances, santé, enseignement, collectivités…).

Pour autant, cela signifie-t-il que les Marocains adhèrent massivement aux syndicats ?

Du côté des syndicats, c’est une question taboue, et aucune centrale n’a jamais dévoilé le nombre de ses adhérents. Comme aucune n’a jamais révélé ce dont elle dispose comme patrimoine (fonds, biens immobiliers…).

Pour un début de réponse, nous nous référerons à l’une des sources dont les chiffres sont susceptibles d’être proches de la réalité : le haut-commissariat au Plan (HCP).

Dans la plus récente étude du HCP relative aux « Indicateurs sociaux du Maroc en 2023« , cette institution indique que le taux de syndicalisation chez les travailleurs (actifs occupés) était de 2,8%, avec 4,3% en milieu urbain et 0,6% en milieu rural.

Pour les salariés, toujours selon le HCP, ce taux au niveau national est de 4,7%, avec 5,9% en milieu urbain et 1,6% en milieu rural.

« Franchement, cela dépasse ce taux et il y a une volonté de décrédibiliser les syndicats », réagit un membre dirigeant de l’UMT sans donner plus de précisions. Pour notre interlocuteur, le patronat assume une part de responsabilité dans cette situation surtout après la pandémie du Covid.

« Avec les répercussions du Covid, le patronat devient beaucoup plus agressif dans ses réactions à la création de bureaux syndicaux. De toutes les manières, ce sujet nécessite une table ronde, voire un dialogue national », conclut notre interlocuteur.

Crise de confiance

Mais encore ? Diverses études et sondages indiquent que les Marocains ne font pas trop confiance aux syndicats. Par exemple, vers fin 2023, l’Institut marocain d’analyses politiques (MIPA) avait conduit un sondage qui avait révélé que 42% des Marocains ne faisaient pas confiance aux syndicats.

Fin décembre 2023, au summum de la crise entre le gouvernement et les enseignants, le Centre marocain pour la citoyenneté avait conduit un sondage où 84% des enseignants disaient ne pas faire confiance aux syndicats.

Dans l’histoire assez récente du Maroc, nous nous rappelons comment, en 2006 et 2007, les syndicats traditionnels avaient été bousculés par les « tansikiate » (coordinations) qui avaient mené des centaines de manifestations au Maroc contre la vie chère, avec le concours de petits partis d’extrême gauche comme Annahj Addimocrati et des mouvances comme Al Adl wal Ihsane.

L’autre manifestation plus concrète de ce désamour entre les Marocains et les syndicats nous vient du cœur même des représentants des salariés. Lors des dernières élections des délégués de personnel, l’été 2021, les candidats sans appartenance syndicale (SAS) avaient raflé la mise en remportant 51,35% des sièges contre 49,79% en 2015.

Mais où est passé le projet de loi 24-19 ?

En 2019, les services de Mohamed Amekraz, ancien ministre de l’Emploi, avec d’autres départements concernés avaient élaboré un projet de loi (n° 24-19) portant sur les organisations syndicales. Un texte dont la philosophie était de légiférer pour un secteur qui n’a pas de législation propre et précise, comme cela avait été fait avec l’adoption et la promulgation de la loi organique sur les partis politiques. Dès que sa teneur a été révélée, cela a donné lieu à une grande levée de boucliers de la part des syndicats.

Ledit projet de loi a mystérieusement été abandonné et on n’en a plus parlé, même s’il avait fait l’objet d’un avis du CESE.

Où est-il passé ? Personne ne nous fournit de réponse. Mais, selon nos sources, le gouvernement est déterminé à remettre sur le tapis une réglementation spécifique aux syndicats, et un projet de loi organique est même dans le pipe selon une source non officielle.

Ces organisations doivent se plier aux principes de bonne gouvernance comme toutes les autres organisations : renouvellement régulier de leurs organes de décision, transparence de leurs finances et de leurs sources de financement, respect de la parité…

Et, pour conclure, cela pourrait donner lieu à un autre violent bras de fer entre le gouvernement et les syndicats, éventuellement à une atmosphère plus tendue que celle qui a marqué le processus d’adoption de la loi sur la grève.

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Grève nationale : un taux de participation de 1,4% dans le privé et de 32% dans le public, selon le gouvernement

Les chiffres ont été révélés ce jeudi 6 février par le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri, lors d’un point de presse conjoint avec le porte-parole du gouvernement.

Les syndicats, qui ont appelé à une grève nationale le 5 février dans tous les secteurs privés et publics, revendiquent, eux, un taux de 80%.

Par secteur, la participation, selon le gouvernement, s’élève à :

– 35,5% dans l’enseignement ;

– 33,3% dans la santé ;

– 30,5% dans la justice ;

– 26,4% dans les collectivités locales ;

– 25,9 % dans les établissements publics.

 

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