Ouahbi vs El Mahdaoui : verdict attendu le 30 juin

La cour d’appel de Rabat a fixé le 30 juin comme date de prononcé du jugement dans l’affaire de Hamid El Mahdaoui. L’annonce a été faite sur le site d’information « Badil » que dirige le journaliste.

Ce dernier fait l’objet d’une plainte du ministre de la Justice, qui s’estime lésé par la publication de six vidéos le visant directement sur la chaîne YouTube de Hamid El Mahdaoui, entre février et décembre 2023.

Dans chacune de ces vidéos, Abdellatif Ouahbi est mentionné dans le titre, et des critiques lui sont adressées par le journaliste qui assure avoir vainement tenté de joindre l’intéressé avant leur publication.

Le premier jugement avait fait polémique

Pour rappel, l’affaire avait fait polémique après le prononcé du jugement en premier ressort, le 11 novembre 2024, en raison du métier qu’exerce Hamid El Mahdaoui. Ses fervents défenseurs considéraient qu’en tant que journaliste, il ne pouvait être poursuivi que sur la base du Code de la presse.

Or le tribunal de première instance de Rabat avait estimé que les publications objet de la plainte ne relevaient pas d’un travail journalistique puisqu’elles avaient été partagées sur la chaîne personnelle de Hamid El Mahdaoui.

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Tramway de Casablanca : une plainte déposée pour contenus jugés diffamatoires

La société RATP Dev Casablanca, en charge de l’exploitation et de la maintenance du tramway de Casablanca, a déposé une plainte pour diffamation contre un compte Instagram anonyme nommé « Securitram », apprend Médias24 de source proche de l’entreprise.

La plaignante accuse ce compte de propager depuis septembre 2023 des publications jugées mensongères et diffamatoires à l’encontre de la société.

Consultée par nos soins, la plainte énumère environ 89 contenus publiés par le compte en question, et qui mettent en cause la sécurité du réseau, la compétence des conducteurs et la gestion de l’infrastructure.

Parmi les exemples relevés figurent un montage vidéo titré « STOOOOOP BARAKAAAAAA » présentant une série d’accidents avec le commentaire « À vous de juger », ainsi qu’un autre post affirmant : « Découvrons ensemble quelques erreurs graves… ».

Le compte est accusé également d’avoir diffusé un enregistrement audio généré par intelligence artificielle attribuant à la société des manquements à la sécurité, notamment au niveau des barrières de protection et de la signalisation.

Ces publications ont, aux yeux de RATP Dev, pour effet de « semer le doute dans l’esprit du public quant à la sécurité du tramway, et pourraient nuire à la réputation de l’entreprise ».

La plainte évoque des actes constitutifs de diffamation publique, en se référant aux dispositions du Code pénal et de la loi sur la presse.

La société demande l’ouverture d’une enquête pour identifier l’auteur du compte et se réserve le droit d’engager une action civile.

Affaire Jerando : report d’audience et maintien de la détention provisoire pour plusieurs accusés

Dans l’affaire de la famille de Hicham Jerando, le tribunal correctionnel de Aïn Sbaâ a décidé, le 24 mars 2025, de reporter l’audience au 28 du même mois, afin de permettre aux accusés de préparer leur défense. Cependant, toutes les demandes de mise en liberté provisoire ont été rejetées.

Pour rappel, seule Jamila Jerando, la sœur de Hicham, a pu obtenir la libération provisoire le 10 mars dernier. Sa fille, âgée d’environ 15 ans, est également poursuivie en état de liberté provisoire. Contrairement à sa mère, qui a été détenue un certain temps, la nièce de Hicham Jerando a été placée dans un centre de protection de l’enfance et n’a jamais été incarcérée.

Cette affaire, qui implique plusieurs membres de la famille de Hicham Jerando ainsi que des collaborateurs présumés, repose sur de lourds chefs d’accusation. Chacun des accusés est poursuivi, selon son degré d’implication, pour des faits tels que :

• La diffusion et la publication de fausses allégations visant à porter atteinte à la vie privée et à diffamer des personnes ;

• La participation à des menaces ;

• L’outrage à une institution constitutionnelle du Royaume ;

• L’outrage à un corps constitué ;

• L’outrage à un avocat dans l’exercice de ses fonctions ;

• La diffusion de montages d’images de personnes sans leur consentement.

Jamila Jerando, quant à elle, est spécifiquement poursuivie pour cinq chefs d’accusation, incluant notamment l’outrage à une institution constitutionnelle et la participation à la diffusion de fausses informations.

L’affaire trouve son origine dans une plainte contre X déposée par une femme ayant reçu des messages « dangereux ». L’enquête menée par la police judiciaire marocaine a ensuite révélé l’existence d’un réseau de diffamation et de chantage, dont le principal instigateur est Hicham Jerando, un ressortissant marocain installé au Canada. Il est accusé d’avoir orchestré une campagne de dénigrement avec l’aide de proches et de collaborateurs.

D’après le parquet, les membres de ce réseau fournissaient à Hicham Jerando des numéros de téléphone marocains pour créer des comptes anonymes sur les réseaux sociaux, participaient au montage et à la diffusion de vidéos modifiées, recevaient des paiements liés aux activités de chantage et prospectaient des affaires sur lesquelles Jerando allait communiquer via sa chaîne YouTube « Tahadi ».

L’enquête ayant révélé des éléments techniques et matériels corroborant ces accusations, les suspects ont été placés en détention provisoire, sauf pour la mineure qui a été confiée à un centre de protection de l’enfance. La première audience a eu lieu le 3 mars dernier. Le procès se poursuit devant le tribunal correctionnel de Aïn Sbaâ.

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Quatre personnes en état d’arrestation et une jeune fille déférée devant un juge des mineurs : les explications du parquet

À la suite des informations publiées sur certains réseaux sociaux concernant les motivations de l’enquête et de la poursuite visant cinq personnes pour leur implication présumée dans des actes criminels punis par la loi, le parquet a décidé, le 1ᵉʳ mars, de poursuivre quatre individus en état d’arrestation et de déférer une jeune fille devant le juge des mineurs, qui a décidé de la placer dans un centre de protection de l’enfance, indique le tribunal correctionnel de première instance de Casablanca, dans un communiqué.

Les cinq mis en cause sont poursuivis pour complicité d’outrage à une instance constitutionnelle et à un corps organisé, de diffusion et de publication d’allégations et de faits mensongers dans le but de porter atteinte à la vie privée des personnes et de les diffamer, ainsi que de délit de menaces. Le cinquième prévenu est poursuivi également pour outrage à un avocat dans l’exercice de ses fonctions, ajoute le communiqué.

Ces poursuites judiciaires ont été déclenchées après que l’enquête préliminaire, confiée par ce parquet à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à la suite d’une plainte déposée par une femme victime de diffamation et de menaces via un numéro de téléphone, a révélé que les suspects avaient commis des actes relevant de la complicité de crimes de diffamation, d’injure, d’outrage et de menace, d’autant que certains des prévenus ont perçu des sommes d’argent issues de ces actes criminels.

L’enquête préliminaire, appuyée par les expertises et réquisitions réalisées, a révélé aussi que c’est la mineure poursuivie dans cette affaire qui avait acheté et fourni les cartes SIM ayant servi à commettre les actes de diffamation, d’extorsion et de menaces de la part du suspect principal, avec lequel elle a des liens de parenté, et qui se trouve actuellement en état de fuite à l’étranger.

Concernant les développements de cette affaire, le Procureur du Roi souligne que l’enquête préliminaire se poursuit avec d’autres individus, placés actuellement en garde à vue dans les locaux de la BNPJ à Casablanca, pour leur implication présumée dans la commission de ces actes criminels.

Abdellatif Ouahbi poursuit le directeur du site Achkayen pour injure et diffamation

Hicham El Amrani, directeur de publication du site Achkayen, comparaîtra le 21 janvier devant le tribunal de première instance de Rabat pour répondre des faits d’injure et de publication de mauvaise foi des allégations et faits non véridiques au sujet de Abdellatif Ouahbi.

Le ministre de la Justice est le plaignant dans ce dossier, dont la requête introductive a été enregistrée, d’après les informations recueillies par nos soins, le 18 juillet 2024.

Et selon le journaliste visé par cette plainte, qui a partagé la nouvelle sur ses réseaux sociaux ainsi que sur le site d’information qu’il dirige, il ne s’agit pas de la première.

“C’est une nouvelle plainte judiciaire initiée par Abdellatif Ouahbi, cette fois en tant que ministre de la Justice, et ce, après une précédente plainte qui est toujours entre les mains de la justice, introduite à l’époque en sa qualité de dirigeant du Parti authenticité et modernité (PAM)”, indique-t-il sur une publication Facebook.

Dans ce même poste, le journaliste publie la convocation envoyée par le tribunal de première instance de Rabat, dans laquelle il est précisé que les accusations retenues contre lui se fondent sur les articles 83, 84 et 72 de la loi n° 88-13 portant Code de la presse.

Ce que dit la loi

Le premier article définit la diffamation et l’injure. La diffamation étant “toute allégation ou imputation d’un fait portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé”, tandis que l’injure est définie comme étant “toute expression outrageante, terme de mépris portant atteinte à la dignité ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait”.

Le même article indique qu’est punie “la publication directe ou par voie de reproduction de la diffamation ou de l’injure, même si ladite publication est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l’identification est rendue possible par les termes de discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés ainsi que des contenus publiés, reproduits ou radiodiffusés”.

“Est punie d’une amende de 100.000 à 200.000 dirhams la diffamation commise par l’un des moyens énoncés à l’article 72 ci-dessus, envers les cours, les tribunaux, les armées de terre, de mer ou de l’air, les corps constitués ou organisés ou les administrations publiques du Maroc ou envers un ou plusieurs ministres, à raison de leur fonction ou de leur qualité, ou envers un fonctionnaire, un agent dépositaire ou auxiliaire agent de l’autorité publique, toute personne chargée d’un service ou d’un mandat public temporaire ou permanent, un assesseur ou envers un témoin à raison de sa déposition”.

“L’injure commise, par les mêmes moyens, contre les corps et les personnes désignés à l’alinéa ci-dessus est punie d’une amende de 5.000 à 20.000 dirhams”, lit-on dans le même texte.

L’article 72 de la même loi indique, quant à lui, qu’est “punie d’une amende de 20.000 à 200.000 dirhams quiconque a publié, diffusé ou transmis, de mauvaise foi, une nouvelle fausse, des allégations, des faits inexacts, des pièces fabriquées ou falsifiées attribuées à des tiers, lorsque ses actes auront troublé l’ordre public ou suscité la frayeur parmi la population, et ce, quel que soit le moyen utilisé notamment par discours, cris ou menaces proférés dans les lieux ou réunions publics, par des écrits, des imprimés vendus, distribués, mis en vente ou exposés dans les lieux ou réunions publics, par des placards ou affiches exposés aux regards du public, ou par les différents moyens d’information audiovisuelle ou électronique et tout autre moyen utilisant à cet effet un support électronique”.

“Est punie d’une amende de 20.000 à 100.000 dirhams, toute offense telle qu’elle est définie par la législation en vigueur, commise par l’un des moyens cités au 1er alinéa ci-dessus envers les magistrats, les fonctionnaires et les chefs et agents de l’autorité publique lors de l’exercice de leurs fonctions ou envers toute instance organisée”, indique le même article.

Mais que reproche Ouahbi à El Amrani ?

Ce que Abdellatif Ouahbi reproche à Hicham El Amrani est, selon le site d’information Achkayen, lié à un “article analytique publié par le journal il y a quelques mois, intitulé ‘Que veut cacher Ouahbi en poursuivant Achkayen après son investigation sur le dossier Bioui et Naciri, accusés de trafic de drogue ?’ […]. Cet article avait été publié après une première plainte de Ouahbi en sa qualité de secrétaire général du Parti authenticité et modernité. Il s’agissait d’une analyse d’un ensemble d’éléments que le journal estime être à l’origine des poursuites engagées par Ouahbi, avec pour objectif de faire taire Achkayen sur l’affaire Escobar du Sahara”.

”Cette affaire a fait le tour du monde en raison de l’implication de responsables politiques, qui étaient alors des cadres du PAM à l’époque où Ouahbi en était l’un des dirigeants. L’article, toujours en ligne sur le site Achkayen, pose plusieurs questions sur des faits confirmés par Ouahbi lui-même dans des interviews. Cela nous amène à croire fermement que cette deuxième plainte, tout comme la première, vise à faire taire Achkayen, à limiter sa ligne éditoriale et à perturber son travail. Cela constitue une atteinte explicite aux acquis du Maroc en matière de liberté de la presse et de publication, acquis qui remontent au défunt Mohammed V lorsqu’il avait déclaré, lors de l’inauguration du siège de l’Agence Maghreb Arabe Presse : l’information est sacrée, le commentaire est libre”, poursuit le journal à travers un article publié sur ses colonnes le 2 janvier dernier.

Troisième plainte pour diffamation

Il convient de rappeler que cette nouvelle plainte déposée par le ministre de la Justice est la troisième en son genre. Après avoir attaqué en justice le youtubeur Réda Taoujni, condamné puis gracié, Abdellatif Ouahbi a également porté plainte et obtenu gain de cause contre le journaliste Hamid El Mahdaoui qui a été condamné, le 11 novembre 2024, à une peine de dix-huit mois de prison ferme, assortie de 1,5 MDH de dommages-intérêts.

Cette dernière affaire avait suscité de nombreux débats autour de la liberté d’expression, mais aussi concernant la nature du texte sur lequel s’est basée la juridiction qui a tranché dans cette affaire, à savoir le Code pénal au lieu du Code de la presse.

Selon le jugement consulté par nos soins, le tribunal de première instance de Rabat a considéré que Hamid El Mahdaoui, bien qu’il soit journaliste, avait publié le contenu jugé diffamatoire à l’encontre de Abdellatif Ouahbi sur sa plateforme personnelle sur YouTube, et non pas sur une plateforme professionnelle.

Dans le cas de Hicham El Amrani, le contenu dont Abdellatif Ouahbi s’estime avoir été la victime a été publié sur le journal en ligne Achkayen.

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Justice. Réda ‘Ould Chinwya’ condamné à 3 ans de prison ferme

C’est ce que confirment à Médias24 plusieurs sources judiciaires. Les deux prévenus étaient poursuivis en état d’arrestation pour « diffamation et atteinte à la réputation d’autrui, à travers un contenu numérique publié sur les réseaux sociaux ».

Ce procès n’est nullement lié à l’autre affaire dans laquelle est impliqué le célèbre youtubeur.

Comme nous l’écrivions dans un précédent article, il fait l’objet d’une autre instruction menée par la Brigade nationale de la Police judiciaire (BNPJ) pour des soupçons de trafic d’êtres humains, sur la base d’une plainte déposée par la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits humains.

Diffamation en ligne : le cas Mahdaoui, journaliste ou producteur de contenu ?

Début 2024, Hamid El Mahdaoui a été visé par une plainte de Abdellatif Ouahbi pour diffamation publique et injures, après avoir publié plusieurs vidéos entre février et décembre 2023 sur sa chaîne YouTube.

Dans ses vidéos, Hamid El Mahdaoui attaque l’actuel ministre de la Justice, l’accusant notamment de fraude fiscale, corruption et passe-droit. Il a également soulevé des questions sur le passé d’avocat de Ouahbi, en particulier son rôle dans la défense de personnes accusées de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, avant de devenir ministre.

Les vidéos, selon El Mahdaoui, étaient publiées dans le cadre de son travail journalistique et destinées à poser des questions sur la responsabilité politique du ministre. Le journaliste a précisé qu’il avait tenté de joindre le ministre avant la publication de chaque vidéo pour lui poser toutes ces questions, ce qui prouve, selon lui, qu’il n’y avait aucune intention de nuire.

Hamid El Mahdaoui a finalement été poursuivi en vertu du Code pénal pour injures publiques et diffamation, et a été condamné à 18 mois de prison ferme, ainsi qu’à des dommages-intérêts de 1,5 million de DH au profit du plaignant. La défense a contesté cette condamnation, arguant qu’El Mahdaoui devait être jugé en vertu du Code de la presse, mais la cour a estimé que les vidéos relevaient de la création de contenu numérique personnel, et non d’une activité journalistique formelle.

L’explication du ministère public

Deux jours après l’annonce du verdict, le chef de l’Unité des affaires de la presse à la présidence du ministère public, Hassan Farhane, a indiqué que la loi a défini avec précision le cadre régissant l’exercice du journalisme, un domaine qui fait l’objet d’une protection juridique.

Cependant, a-t-il ajouté dans cette interview accordée à Radio 2M, « les publications numériques ne remplissant pas les critères de la presse électronique, tels que définis par la loi relative à la presse et à l’édition, ne s’inscrivent pas dans le champ d’application de ladite loi et sont soumises aux dispositions du Code pénal, au cas où celles-ci impliquent des actes punis par ce Code ».

« Le débat soulevé par certains au sujet de procès intentés contre des journalistes en vertu du Code pénal doit être tiré au clair, afin de mettre en lumière la base juridique y afférente », a-t-il relevé à cet égard.

Et de préciser que la liberté de la presse est garantie par l’article 28 de la Constitution, lequel énonce que celle-ci ne peut être limitée, à l’exception des cas prévus par la loi, notant toutefois que la profession journalistique doit s’exercer conformément aux normes et conditions définies par la loi 88-13 relative à la presse et à l’édition.

Le responsable a, d’autre part, expliqué que « l’action judiciaire, que ce soit au niveau des juridictions compétentes ou de la Cour de cassation, n’a cessé de considérer ce qui est publié sur les réseaux sociaux et les espaces ouverts comme faisant partie de la sphère privée soumise aux dispositions du Code pénal, chaque fois qu’il s’agit de faits incriminés par cette loi ».

Cette sphère privée ne peut en aucun cas donner lieu à l’application des dispositions de la loi relative à la presse et à l’édition, tant que les conditions stipulées par ce texte ne sont pas remplies, a-t-il précisé.

Il a fait observer que « la liberté d’expression est perçue par certains usagers des réseaux sociaux comme étant la liberté de faire ce que bon leur semble ! », déplorant que certains comptes et pages soient devenus des espaces où l’on se livre à des actes de diffamation et à des insultes répugnantes à l’endroit des personnes.

Entreprise vs créateur de contenu

Dans une décision similaire hormis le passage par la case prison, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a récemment accordé 350.000 $ de dommages-intérêts à une entreprise de beauté après qu’un youtubeur a publié une série de vidéos diffamatoires à propos de l’entreprise et de ses produits.

La société Buy Beauty a poursuivi le prévenu, M. Dong, en diffamation pour avoir publié une série de vidéos sur YouTube visant la firme. Le prévenu déclarait dans ses vidéos que Buy Beauty s’adonnait à des activités criminelles telles que le vol d’informations personnelles et financières sensibles, le blanchiment d’argent et la traite des êtres humains, entre autres.

La Cour a accordé aux plaignants 250.000 $ en dommages-intérêts généraux, 50.000 $ en dommages-intérêts aggravés et 50.000 $ en dommages-intérêts punitifs. De plus, une injonction permanente a été accordée pour interdire toute autre déclaration diffamatoire.

La Cour a observé que la publication en ligne est « probablement plus dommageable à la réputation que la diffamation par d’autres moyens, en raison de la possibilité que les publications soient vues par un public plus large ». La diffamation avait eu un « impact profond » sur les plaignants, tant individuels que collectifs, et le prévenu ne s’était jamais excusé. Lors de l’examen des preuves, la Cour a constaté que des clients avaient annulé leurs contrats de vente avec les plaignants et que, à mesure que la diffamation se poursuivait, des employés avaient commencé à démissionner. Sur la base de ces éléments, la Cour a jugé qu’une indemnisation significative de 250.000 $ était nécessaire.

La Cour a également jugé que des dommages-intérêts aggravés à hauteur de 50.000 $ étaient justifiés en raison de la malveillance apparente dans la conduite du défendeur. Enfin, des dommages-intérêts punitifs de 50.000 $ ont été accordés pour dissuader les futurs « commentaires faussement répréhensibles », car d’autres pourraient chercher à reproduire ce comportement afin de tirer profit de la publicité.

Autorités VS Radio

Autre cas, cette fois-ci en France en plein état d’urgence. Le 20 octobre dernier 2016, deux bénévoles de la radio associative lyonnaise Radio canut dite « la plus rebelle des radios » avaient ironisé sur les manifestations de policiers. A l’antenne, ils avaient incité les suicidaires à « se faire sauter dans la manif des flics« . Les deux animateurs ont été poursuivis pour « provocation au terrorisme« .

En direct, l’animateur avait appelé les auditeurs qui souhaitaient endosser le rôle de « suicidés, suicidaires et kamikazes » à « se faire sauter au milieu du cortège » de policiers à Lyon.

Un auditeur choqué a alors prévenu la police. Une enquête a été ouverte et confiée à la Direction interrégionale de la police judiciaire. Les locaux de la radio associative ont été perquisitionnés le 25 octobre, en présence d’un magistrat.

L’enregistrement du passage comportant les propos polémiques a été saisi, indique la radio associative dans un communiqué. Radio Canut a dénonce la procédure lancée contre deux de ses animateurs; précisant que « les deux animateurs ont fait une blague entre deux morceaux de musique punk ».

« Ces propos sont au second degré, c’est de l’humour ! Confondre terrorisme et satire est apparemment de mise dans une période d’état d’urgence », a dénoncé Radio Canut dans ce même communiqué, rappelant que les deux animateurs seront prochainement jugés pour provocation au terrorisme, et qu’ils risquent jusqu’à 5 ans de prison et une lourde amende.

« Radio Canut est et restera un espace où s’exprimer en dehors des codes de la bienséance académique », conclut le communiqué de la radio.

L’association Radio Canut fut finalement mise en demeure par le CSA de respecter, à l’avenir, les dispositions précitées de l’article 1er de la loi du 30 septembre 1986 en ne diffusant plus de séquences portant atteinte à la sauvegarde de l’ordre public.

Incitation à la haine

Enfin, et cet évènement ne date que d’Octobre dernier, l’activiste britannique anti-musulman Stephen Yaxley-Lennon, connu sous le pseudonyme de Tommy Robinson, a été condamné lundi à 18 mois de prison pour avoir enfreint une injonction du tribunal prononcée à la suite de sa condamnation pour diffamation.

Yaxley-Lennon avait été poursuivi pour diffamation devant la Haute Cour de Londres par le réfugié syrien Jamal Hijazi et, en 2021, il avait été condamné à verser 100.000 livres (environ 129.885 dollars) de dommages et intérêts. Une injonction lui interdisant de répéter les propos diffamatoires avait également été prononcée, mais Yaxley-Lennon a reconnu l’avoir enfreinte à plusieurs reprises entre février 2023 et juillet de cette année.

Lors de l’audience à la Woolwich Crown Court de Londres, le juge Jeremy Johnson a déclaré : « Ces violations n’étaient ni accidentelles, ni négligentes, ni simplement imprudentes. Chaque violation de l’injonction a été réfléchie, planifiée, délibérée, directe et flagrante. »

L’Avocat général britannique a engagé des poursuites contre Yaxley-Lennon en raison de ses commentaires dans des interviews en ligne et dans un documentaire intitulé Silenced, visionné des millions de fois et projeté sur Trafalgar Square à Londres en juillet.

L’avocat de l’Avocat général, Aidan Eardley, a rappelé que Yaxley-Lennon avait été reconnu coupable de mépris à trois reprises et emprisonné pour cela en 2019. Il possède également d’autres condamnations pénales. En outre, il a été accusé par certains médias et responsables politiques d’avoir attisé les tensions ayant conduit à plusieurs jours d’émeutes au Royaume-Uni fin juillet, après le meurtre de trois jeunes filles lors d’un atelier de danse à Southport. Yaxley-Lennon a pour sa part accusé les médias de mentir à son sujet.

L’avocate de Yaxley-Lennon, Sasha Wass, a expliqué que ses propos diffamatoires découlaient de sa conviction profonde en faveur de la liberté d’expression et de la presse, ainsi que de son désir ardent d’exposer ce qu’il considère comme la vérité. Elle a également révélé que le documentaire Silenced avait été « essentiellement commandité » par la société Infowars de l’Américain Alex Jones, connu pour ses théories du complot.

Le juge Johnson a condamné Yaxley-Lennon à 18 mois de prison, moins trois jours passés en détention après son arrestation. Il purgera la moitié de cette peine en prison.

Affaire “Ould Chinwya” : entre accusations de traite d’êtres humains et poursuites pour diffamation

Contrairement à ce qui circule sur le web, Réda, connu sur les réseaux sociaux sous le surnom de ‘Ould Chinwya’, n’est pas poursuivi pour traite d’êtres humains.

Pour l’instant, il est visé par une plainte à ce sujet. Celle-ci est “en cours de traitement”, comme l’indique à Médias24, Idriss Sedraoui, représentant de la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits humains. Il s’agit de la partie plaignante.

En parallèle, et selon les informations recueillies par nos soins auprès d’une source judiciaire, Réda ‘Ould Chinwya’, qui est actuellement en détention préventive à la prison locale de Aïn Sebaâ, est “poursuivi pour diffamation et pour atteinte à la réputation d’autrui à travers un contenu numérique publié sur les réseaux sociaux”.

Deux affaires distinctes

Ces poursuites ont été lancées, selon la même source, à la suite de “plaintes mutuelles entre sa famille et celle d’une autre personne connue sur les réseaux sociaux sous le nom de Fatima Bent Abbas. Ce dossier n’a rien à voir avec celui actuellement ouvert par la Brigade nationale de la Police judiciaire (BNPJ)”.

En effet, l’affaire relative aux soupçons de traite d’êtres humains, fondée sur la plainte de La ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits humains est, selon notre interlocuteur, encore au stade de “l’enquête judiciaire”. Il n’y a donc “pour l’instant, aucune accusation adressée contre lui” dans le cadre de ce second dossier.

Les raisons de la plainte

Contacté par Médias24, Idriss Sedraoui indique que la plainte déposée porte sur des faits de “traite d’êtres humains”, “injures” et “atteinte à la vie privée d’autrui”.

Dans un communiqué consulté par nos soins, la Ligue indique qu’un enregistrement a été “largement diffusé sur les réseaux sociaux, consistant en un entretien téléphonique entre une personne et un individu que le diffuseur affirme être Réda, surnommé ‘Ould Chinwya’. Et que cet échange contient des discussions sur une transaction de vente de corps de plusieurs hommes et de femmes, où un prix est fixé pour chaque victime”.

Et d’ajouter : “L’enregistrement confirme également que l’un des individus impliqués dans cette affaire évoque des complices, notamment un Saoudien et d’autres étrangers, en tant que clients”.

La Ligue estime également que les contenus publiés incluent “des insultes, des diffamations et des atteintes à la réputation des citoyens et citoyennes, accompagnés d’atteintes publiques à la pudeur”. C’est dans ce sens que la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits humains a décidé de déposer une plainte auprès des autorités compétentes. Celle-ci est toujours “en cours de traitement”.

Roundup. Affaire Ouahbi vs El Mahdaoui : ce qu’il faut savoir

Après avoir obtenu gain de cause contre le youtubeur Reda Taoujni, tant en premier qu’en second ressort, Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, semble ne pas lâcher l’affaire lorsqu’il s’estime atteint par des propos diffamatoires.

C’est ainsi que le journaliste Hamid El Mahdaoui, également visé par une plainte pour diffamation, a été condamné par le tribunal de première instance de Rabat, le 11 novembre, à dix-huit mois de prison ferme assortis de 1,5 MDH de dommages-intérêts.

Poursuivi sur la base des articles 443, 444 du Code pénal comme l’indique le site d’information “Badil”, dirigé par le prévenu, Hamid El Mahdaoui n’a pas réussi, via sa défense, à faire infléchir la juridiction de première instance de la capitale.

L’exception de prescription

Il convient de préciser que le premier article vient définir “l’injure”, tandis que le second renvoie au Code de la presse pour la sanction attribuée à l’auteur de la diffamation ou de l’injure publique.

Selon l’article 83 du Code de la presse, “est punie, la publication directe ou par voie de reproduction de la diffamation ou de l’injure, même si ladite publication est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l’identification est rendue possible par les termes de discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés ainsi que des contenus publiés, reproduits ou radiodiffusés”.

L’article 84, quant à lui, dispose qu’“est punie d’une amende de 100.000 à 200.000 dirhams la diffamation commise par l’un des moyens énoncés à l’article 72, envers les cours, les tribunaux, les armées de terre, de mer ou de l’air, les corps constitués ou organisés ou les administrations publiques du Maroc ou envers un ou plusieurs ministres, à raison de leur fonction ou de leur qualité, ou envers un fonctionnaire, un agent dépositaire ou auxiliaire agent de l’autorité publique, toute personne chargée d’un service ou d’un mandat public temporaire ou permanent, un assesseur ou envers un témoin à raison de sa déposition”.

Selon ce même article, “l’injure commise, par les mêmes moyens, contre les corps et les personnes sus-désignés est punie d’une amende de 5.000 à 20.000 dirhams”.

À ce sujet, Hamid El Mahdaoui indique, dans une vidéo publiée le 7 septembre dernier, que la vidéo objet de la plainte, publiée sur sa chaîne « Badil » et portant le titre « Ouahbi et les soupçons de fraude fiscale » date du 16 février 2023. Or, les constatations établies par le ministre et par le ministère public datent, selon lui, de janvier et février 2024, soit au moins 11 mois plus tard.

L’intéressé rappelle que le délai de prescription relatif à cette infraction est de six mois, à partir de la date de la commission des faits, soit celle de la publication de la vidéo incriminée.

Mais ses arguments ne semblent pas avoir convaincu la juridiction de la capitale qui l’a condamné à dix-huit mois de prison ferme et au versement d’un dédommagement à hauteur de 1,5 million de DH.

Un recours en appel prévu

Une somme que le journaliste qualifie d’exorbitante dans une récente vidéo publiée le lendemain du prononcé du jugement. Il s’y adresse au ministre de la Justice à qui il reproche d’avoir “parlé de cette affaire alors qu’elle était mise en délibéré”. Sans accuser explicitement la prise de parole du ministre d’avoir influencé la décision du tribunal, il insiste néanmoins sur le fait que “le ministre n’est pas un citoyen lambda”. Ce qui ne lui permet pas, selon El Mahdaoui, de commenter une affaire en cours de délibération.

Dans cette même vidéo, Hamid El Mahdaoui rappelle qu’il reste présumé innocent, surtout qu’il compte faire appel de cette décision qui, pour rappel, est venue clôturer le procès dont les audiences publiques avaient démarré le 9 septembre dans la salle 2 du tribunal de première instance de Rabat.

Des condamnations antérieures

Pour rappel, cette sanction n’est pas la plus lourde prononcée contre le journaliste, qui avait déjà écopé d’une autre plus sévère, mais aussi d’autres moins importantes. Le tout, entre 2015 et 2018.

Cette année-là, Hamid El Mahdaoui avait été condamné à trois ans de prison ferme pour “non-dénonciation d’une tentative de nuire”. À l’époque, Médias24 avait suivi de près son procès.

Les autres condamnations portaient sur des faits différents. En 2015, il était condamné à quatre mois de prison avec sursis et à une amende de 100.000 DH à verser à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), tandis qu’en 2017, il écopait d’une peine ferme privative de liberté, soit trois mois d’emprisonnement. On lui reprochait à ce moment-là d’avoir incité des individus à une manifestation interdite.

Ouahbi vs El Mahdaoui : le journaliste condamné à 18 mois de prison ferme

L’annonce a été faite sur le site d’information « Badil » que dirige le journaliste Hamid El Mahdaoui. Ce dernier a été condamné à 18 mois de prison ferme assortis de dommages-intérêts de l’ordre de 1,5 million de DH à verser à Abdellatif Ouahbi.

Le ministre de la Justice, et ancien secrétaire général du PAM, s’est estimé diffamé par le contenu d’une vidéo élaborée et diffusée par Hamid El Mahdaoui, où ce dernier évoque des « soupçons de fraude fiscale » dont il accuse Ouahbi.

Selon « Badil », Hamid El Mahdaoui a été poursuivi en vertu des articles 443, 444 et 447 du Code pénal.

Initialement, la défense de Abdellatif Ouahbi demandait des dommages-intérêts de 10 millions de DH.

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Abdellatif Ouahbi vs Hamid El Mahdaoui : démarrage du procès en diffamation

Visé par une plainte du ministre de la Justice, le journaliste Hamid El Mahdaoui comparaîtra le 14 octobre, date fixée pour la prochaine et seconde audience par le tribunal de première instance de Rabat.

C’est au sein de la salle 2 de cette juridiction que s’est déroulée la première audience de ce procès, le lundi 9 septembre. Un procès dont le journaliste a récemment parlé en vidéo sur sa chaîne YouTube, en expliquant que la plainte du ministre tombe sous le coup de la prescription.

Poursuivi pour diffamation sur la base des dispositions du Code de la presse et de l’édition, Hamid El Mahdaoui indique que la vidéo objet de la plainte, publiée sur sa chaîne “Badil” et portant le titre “Ouahbi et les soupçons de fraude fiscale”, date du 16 février 2023. Or, les constatations établies par le ministre et par le chef du parquet datent, selon lui, de janvier et février 2024, soit au moins 11 mois plus tard.

L’intéressé rappelle que le délai de prescription relatif à cette infraction est de six mois, à partir de la date de la commission des faits, soit celle de la publication de la vidéo incriminée.

Polémique Fortescue. Le démenti officiel de Leila Benali

Dans un communiqué publié ce mardi 28 mai, Leila Benali a « démenti catégoriquement et fermement toute relation avec la photo », affirmant son « engagement total envers la moralité et les bonnes conduites ».

Dans son démenti, la ministre qualifie la publication dans le journal The Australian de « diffamatoire et de fausse allégation totalement dénuée de vérité ».

Leila Benali a affirmé dans son communiqué, en tant que ministre de la Transition énergétique et du développement durable, que « la tentative de diffamation dont elle a été victime à travers cette publication n’est pas la première et qu’il s’agit d’une forme de ciblage émanant de certains groupements d’intérêts particuliers ».

Le communiqué insiste sur le fait que « les marchés publics et les appels d’offres dans le domaine des investissements énergétiques, supervisés par les institutions et entreprises publiques sous la tutelle du ministère, sont soumis aux règles et normes de bonne gouvernance dans le cadre de l’indépendance des décisions des institutions et entreprises publiques concernées ».