Affaire Dimagaz : Crédit Agricole arrache une contre-expertise

Insatisfaite du montant déterminé par la première expertise judiciaire dans le litige l’opposant à Dimagaz – 197,5 millions de dirhams contre plus de 315 MDH réclamés –, Crédit Agricole du Maroc a obtenu une contre-expertise. Le tribunal de commerce de Casablanca l’a ordonnée par un jugement avant dire droit rendu le 23 octobre.

La nouvelle mission a été confiée à Abdelmajid Rais, expert notamment connu pour son intervention en tant que syndic chargé du redressement du groupe City Club. De leur côté, les parties se retrouveront le 20 novembre pour la prochaine audience.

Si Crédit Agricole et Dimagaz ainsi que ses dirigeants sont les parties principales au litige, le dossier compte également plusieurs intervenants appelés en cause par la défenderesse, dont la conservation foncière et la Banque nationale pour le développement économique (BNDE).

Dans le cas de la BNDE, Dimagaz soutient que la banque – aujourd’hui en liquidation – aurait été impliquée dans le crédit litigieux, une hypothèse écartée par la première expertise.

En parallèle, Crédit Agricole a déjà diligenté plusieurs saisies conservatoires et exécutoires sur les biens de l’entreprise, mais aussi sur le patrimoine personnel de son dirigeant Najib El Jirari, poursuivi en qualité de garant.

Parmi toutes les banques en contentieux avec Dimagaz, Crédit Agricole est la dernière à attendre une décision judiciaire pour conforter sa créance. Les autres établissements (notamment Bank of Africa, Saham Bank, Banque Centrale Populaire ou Attijariwafa bank) ont déjà obtenu des jugements définitifs dans leurs actions respectives. Le total de ces créances avoisine les deux milliards de dirhams.

En attendant l’issue du volet Dimagaz, Crédit Agricole a déjà obtenu un jugement favorable contre sa société sœur Sonomac. La banque a provoqué la condamnation de cette entité du groupe El Jirari à lui verser 139,5 MDH. Son dirigeant, Najib El Jirari, devra s’acquitter personnellement de 120 MDH au profit du même demandeur.

Sonomac en redressement : des sociétés sœurs, premiers créanciers validés

Le redressement judiciaire de Sonomac révèle ses premières interactions financières internes. Parmi les créances vérifiées par le tribunal, l’une des premières à être validée provient de Somacost, une des sociétés dirigées par la famille El Jirari (Dimagaz, Munjarid, etc).

Le juge-commissaire Fahd El Makhlafi vient d’admettre la créance de cette entité spécialisée dans le stockage et le conditionnement du GPL, et de la fixer à 126,1 millions de dirhams. Cette reconnaissance a été actée le 14 octobre, le montant ayant été admis à titre chirographaire.

Fait curieux, le juge-commissaire a validé, lors de la même audience, une deuxième créance au profit d’une autre société de la galaxie Jirari : Maroc Estampage.

Cette entité, active dans la fabrication de pièces métalliques pour l’industrie, concourra à hauteur de 27,1 MDH, selon le dispositif de l’ordonnance consultée par Médias24.

D’autres créanciers de Sonomac ont été déboutés ou devront patienter avant de connaître le sort de leurs créances.

Selon nos informations, le juge-commissaire a choisi de temporiser sur le dossier du Crédit Agricole du Maroc, en raison d’une action en cours portant sur une créance estimée à près de 140 MDH. Le syndic Samir Joudi devra se renseigner sur l’issue de cette procédure avant qu’il ne soit statué sur la validation du montant déclaré.

S’agissant de la Perception des grandes entreprises de Casablanca (قباضة الإدارة الجبائية للمقاولات الكبرى الدار البيضاء), le juge-commissaire s’est déclaré incompétent, estimant que le dossier relève de la juridiction administrative.

Enfin, les créances déclarées par certaines banques, notamment le CIH et la Banque Populaire, sont soit en délibéré, soit en cours d’examen.

Affaire Dimagaz : l’expertise coupe dans la créance de Crédit Agricole

197,5 millions de dirhams : c’est le montant retenu par l’expertise judiciaire au profit de Crédit Agricole du Maroc (CAM) dans son conflit face à Dimagaz, apprend Médias24 de source proche du dossier.

L’expertise a été versée le 8 septembre devant le tribunal de commerce de Casablanca. Les parties préparent leurs observations quant aux conclusions du rapport dressé par l’expert Abdellatif Aissi. Une audience décisive est prévue pour ce jeudi.

Le montant est inférieur à la créance réclamée par la banque, qui table sur plus de 315 MDH. Médias24 est en mesure d’annoncer que CAM, insatisfait, prépare une demande de contre-expertise.

CAM dirige son action en paiement contre Dimagaz en tant que créancier principal, mais souhaite obtenir une condamnation solidaire de ses administrateurs, dont le dirigeant Najib El Jirari.

Parmi les parties au litige, on note la présence de la Banque nationale pour le développement économique (BNDE), une structure pourtant en liquidation depuis 2007.

Cette entité a été appelée en cause (intervention forcée) par Dimagaz, qui estime que cet établissement est concerné par les contrats de crédits litigieux. Réfutées par la défense de la BNDE, ces prétentions ont également été écartées par l’expertise judiciaire, laquelle attribue lesdits contrats à CAM.

L’expertise, si elle éclaire les juges, n’engage pas ces derniers sur leurs décisions qui relèvent de « l’intime conviction ».

CAM n’est pas l’unique banque en contentieux avec Dimagaz.

Le distributeur de gaz butane fait face à de nombreux contentieux, pour un endettement total dépassant les 2 milliards de dirhams.

Saham Bank et Dimagaz en litige à la Cour de cassation

En 2022, la SGMB obtenait un jugement lui reconnaissant une créance de 205 MDH à l’encontre de Dimagaz, qui opère sur le marché de la distribution de GPL, et de son dirigeant Najib El Jirari. Trois ans plus tard, l’établissement bancaire, devenu Saham Bank, poursuit sa bataille en justice pour recouvrer ce montant devenu exigible.

Selon nos informations, ce contentieux est aujourd’hui pendant devant la Cour de cassation. Et c’est Saham Bank qui est à l’origine du pourvoi. Malgré la décision favorable sur le montant de la créance, la banque conteste que le jugement n’ait pas été étendu à Munjarid, société mère de Dimagaz. C’est l’enjeu principal de ce nouveau round judiciaire.

En l’espèce, Saham Bank souhaite engager la responsabilité solidaire de la holding sur la créance qui résulte d’un crédit impayé. Pour appuyer sa demande, le créancier invoque un contrat de cautionnement daté de mai 2016.

Cette même requête avait été soumise dès la phase de première instance, démarrée en 2020. Mais le tribunal de commerce de Casablanca l’avait rejetée en déclarant le cautionnement « inopposable » à l’égard de Munjarid. Cette même position avait été reprise par la cour d’appel.

Saham Bank a saisi la Cour de cassation en février 2024. Depuis, le dossier semble encore tâtonner devant les sages. Dernier développement en date : une tentative de notification du mémoire de pourvoi à Dimagaz, datant de janvier 2025.

Saham Bank dispose d’une décision exécutoire en appel, ce qui lui permet théoriquement d’aller recouvrer sa créance, en usant notamment des saisies. Dans les faits, l’établissement de Moulay Hafid Elalamy doit composer avec les nombreuses banques impliquées dans la même course au remboursement. La dette bancaire de Dimagaz et de son dirigeant dépasse les 2 milliards de DH.

Ce défi est amplifié par les interrogations autour de la solvabilité de Dimagaz. Alors que l’entreprise enregistrait près d’un milliard de chiffre d’affaires en 2019, elle ne semble justifier d’aucune activité notable depuis quelques années. Au point que la valeur de son fonds de commerce ne dépasse pas les 400.000 DH, selon une évaluation judiciaire.

D’où les assauts des créanciers qui visent également les biens de son dirigeant Najib El Jirari. Ce dernier dispose d’un important patrimoine immobilier, mais, là aussi, loin de couvrir l’intégralité des créances bancaires.

Cette situation conduit les banques à élargir le champ de remboursement en se tournant vers des entités connexes de Dimagaz. Ses sociétés sœurs, Sonomac et Salama, ont ainsi fait l’objet de jugements les condamnant au paiement d’importants montants.

La structure du groupe reste difficile à reconstituer. Jusqu’en 2018, Dimagaz contrôlait directement Sonomac et Salama, avant de céder ses participations à Al Munjarid SARL, l’entité familiale des Jirari. Ces opérations ont été contestées par des actionnaires minoritaires, qui ont saisi la justice pour abus de biens sociaux et présentation d’états financiers falsifiés. Ces dossiers ont débouché sur des jugements constatant « l’extinction de l’action publique » pour « prescription ».

Une seule entité du groupe semble aujourd’hui encore épargnée par cet imbroglio judiciaire. Il s’agit de la Société marocaine de conditionnement et de stockage (Somacost). Dirigée par la famille Jirari, c’est un opérateur du GPL (butane/propane) qui exploite des installations de stockage et d’emplissage et dispose d’une présence industrielle à Jorf Lasfar (El Jadida), avec une base commerciale à Casablanca.

Liée à Dimagaz, Sonomac dans le collimateur des banques

Après Dimagaz, c’est au tour de sa société sœur, Sonomac (Société du nord marocain pour le commerce et l’industrie), de tomber sous les coups des créanciers. Le tribunal de commerce de Casablanca vient de condamner cette entité du groupe El Jirari à verser 139,5 millions de DH à Crédit Agricole du Maroc. Son dirigeant, Najib El Jirari, devra s’acquitter personnellement de 120 MDH au profit du même demandeur.

Le jugement a été rendu le 17 juillet 2025. Il fait suite à une action en paiement initiée trois mois plus tôt par Crédit Agricole du Maroc. Et intervient quelques mois seulement après la mise en redressement judiciaire de Sonomac, actée après la résiliation de son plan de sauvegarde.

Sonomac n’en est pas à son premier contentieux bancaire. Début 2025, ce distributeur de gaz essuyait déjà une condamnation de 37 MDH au profit de Banque Populaire Fès-Meknès. À l’époque, elle avait été reconnue débitrice solidaire aux côtés de Dimagaz et de Najib El Jirari.

Active depuis les années 1970 dans le secteur du GPL, Sonomac est notamment propriétaire de la marque Zerga. Jusqu’au début des années 2010, elle affichait un chiffre d’affaires annuel compris entre 200 et 500 MDH, avec des résultats bénéficiaires.

Aujourd’hui en redressement, Sonomac bénéficie d’une période d’observation de huit mois, en attendant l’adoption éventuelle d’un plan de continuation, d’une cession ou d’une liquidation. Le choix du tribunal dépendra du bilan économique et social établi par le syndic Samir Joudi.

Mais Sonomac n’est qu’un maillon d’un ensemble plus vaste. Depuis plusieurs années, les banques marocaines poursuivent une à une les sociétés du groupe El Jirari, à commencer par Dimagaz, l’entité historique, au centre du contentieux.

Les premières procédures remontent à 2020, avec une série d’actions judiciaires engagées contre Dimagaz et Najib El Jirari, donnant lieu à de multiples condamnations et à des saisies d’actifs, notamment des terrains agricoles hypothéqués dans plusieurs régions du Maroc.

Selon les éléments révélés par Médias24, la dette bancaire cumulée de Dimagaz dépasse les 2 milliards de DH, répartie entre plusieurs établissements : 1,1 MMDH pour Banque Populaire, 332 MDH pour Bank of Africa, 315 MDH pour Crédit Agricole du Maroc, 205 MDH pour Société Générale Maroc (devenue Saham Bank), entre autres.

Le contentieux s’est depuis étendu à d’autres sociétés du groupe, dont Sonomac et Salama, également visées par des procédures engagées par les créanciers bancaires.

La structure du groupe reste difficile à reconstituer. Jusqu’en 2018, Dimagaz contrôlait directement Sonomac et Salama, avant de céder ses participations à une entité familiale faîtière, Al Munjarid SARL. Ces opérations ont été contestées par des actionnaires minoritaires, qui ont saisi la justice pour abus de biens sociaux et présentation d’états financiers falsifiés.

En ce sens, deux procédures ouvertes devant le tribunal de Meknès ont donné lieu à des jugements rendus en décembre 2023 et mars 2024, qui ont constaté l’extinction de l’action publique pour prescription.

Dimagaz : les banques intensifient les assauts pour récupérer leurs créances

Les créanciers bancaires de Dimagaz poursuivent leur traque. Depuis janvier 2025, au moins 19 ventes judiciaires ont été enclenchées aux dépens de la société et de son dirigeant, Najib El Jirari, pour tenter de recouvrer les sommes dues.

L’essentiel des procédures est porté par Banque Populaire Fès-Meknès, avec quelques actions menées par le Crédit Agricole du Maroc et Bank of Africa (BOA).

L’accélération est notable depuis juin, avec des ventes programmées jusqu’à début août. Tous les biens visés sont des terrains agricoles nus, répartis entre les provinces de Rhamna (Bab Berrechid, Sidi Bou Othmane, Bourrous…) et Fquih Ben Salah.

Les prix de départ varient entre 198.240 DH pour les plus petits lots et plus de 7 millions de DH pour la propriété la plus valorisée : il s’agit d’un terrain de plus de 2 hectares dans la périphérie de Marrakech. Le cumul des prix initiaux dépasse 18,2 MDH.

La valse des saisies n’est pas récente. Depuis au moins quatre ans, on peut faire état d’une quarantaine d’avis visant des biens du distributeur de gaz et de son dirigeant, engagé en tant que caution personnelle. Cette chronologie coïncide avec l’incarcération de Najib El Jirari en 2021, dans une affaire de chèque sans provision.

L’intéressé, qui a purgé sa peine de cinq ans, fait aujourd’hui face aux assauts de ses anciens financeurs. Lesquels souhaitent récupérer d’importantes créances. Entre Banque Populaire Fès-Meknés (1,1 MMDH), BOA (332 MDH), Crédit Agricole (315 MDH) et la SGMB (205 MDH), le total des montants dus avoisine les deux milliards de dirhams.

Pour l’heure, tous ces établissements ont obtenu des jugements établissant leurs créances, à l’exception de Crédit Agricole. Son dossier est encore en cours d’examen au tribunal de commerce de Casablanca, qui a ordonné une expertise afin de déterminer les montants en jeu.

Cette course au recouvrement n’aboutit pas forcément aux résultats escomptés. Les avis s’enchaînent, mais les ventes sont souvent infructueuses, d’où les relances incessantes d’avis d’enchères.

À ce jour, une des rares cessions répertoriées par nos soins concerne un titre foncier à Jorf Lasfar adjugé en 2023. Mis à prix pour 3,2 MDH, le bien avait été cédé pour plus de 21 MDH. La vente avait été enclenchée par et au profit de BOA.

Cette banque, en particulier, a listé une dizaine de titres fonciers de Najib El Jirari répartis entre Fès, Casablanca, Mohammédia ou Nador. La valeur totale du patrimoine saisi par ce même créancier est évaluée, à titre provisoire, à plus de 100 MDH.

AWB vs Dimagaz : les détails du jugement rendu

Nord Sud Gaz, société sœur de Dimagaz, devra payer 4,4 MDH à Attijariwafa Bank. Objet d’une action en paiement initiée par la banque, le distributeur de gaz butane a été condamné le 10 avril par le tribunal de commerce de Casablanca.

La décision ne vise pas Dimagaz, pourtant ciblée par la requête d’AWB qui faisait valoir le statut de caution de cette entreprise.

Le montant de la condamnation correspond à celui fixé par une expertise judiciaire diligentée au cours du procès. Il est inférieur à celui réclamé par Attijari Wafabank, qui souhaitait récupérer plus de 7 MDH.

Le conflit porte sur le recouvrement du reliquat d’un crédit impayé de 93 MDH. Le prêt avait été souscrit par Nord Sud Gaz, mais AWB souhaite engager le paiement solidaire de Dimagaz en tant que caution.

Affaire Dimagaz : le Crédit agricole veut 315 MDH, une expertise en cours

Empêtrée dans les dettes bancaires, Dimagaz est sous pression. Le distributeur de gaz dirigé par la famille El Jirari attend un nouveau jugement dans un dossier qui l’oppose au Crédit agricole du Maroc.

En cours depuis novembre 2023, le procès vient de connaître un tournant majeur. Le tribunal de commerce a ordonné une expertise pour vérifier le bien-fondé de la créance invoquée par la banque, soit plus de 315 millions de dirhams.

Actée le 20 mars 2025, la mission a été confiée à Abdellatif Aissi, fondateur du cabinet de conseil Juristec. L’intéressé procédera à une « expertise bancaire ». Ses honoraires devront être réglés dans les quinze jours par CAM. L’examen du dossier se poursuivra quant à lui le 17 avril 2025.

Le Crédit agricole du Maroc a dirigé son action en paiement contre Dimagaz, mais également contre son dirigeant Najib El Jirari en sa qualité de caution personnelle. D’autres membres de la fratrie El Jirari sont mis en cause par la banque pour les mêmes motifs. Pour l’établissement bancaire, l’objectif est d’obtenir le paiement solidaire de ses adversaires.

En attendant le jugement, CAM a déjà procédé à la saisie de plusieurs biens appartenant à Najib El Jirari. L’opération la plus récente remonte au 6 mars 2025. Elle concerne la vente aux enchères d’un terrain de 15 hectares situé dans la province de Fkih Ben Salah, proposé pour un prix initial de 1,5 MDH. La vente aux enchères est programmée pour le mercredi 26 mars et se tiendra au tribunal de première instance de la même ville.

À vrai dire, CAM se livre à une course au remboursement impliquant plusieurs établissements de la place. Entre BCP, AWB, BOA, SGMB, Dimagaz totalise une dette bancaire avoisinant les 2 milliards de dirhams. Contrairement au CAM, toutes ces banques ont déjà obtenu des jugements validant leurs créances respectives.

Certaines, comme BOA, ont même déjà concrétisé des ventes judiciaires visant des biens de Najib El Jirari. Le patrimoine de ce dernier est valorisé à plus de 100 MDH, rien que pour les biens recensés par BOA.

AWB vs Dimagaz : l’expert a livré ses conclusions

L’expert a livré ses conclusions sur le litige opposant Attijari Wafabank à Dimagaz et à sa société sœur, Nord Sud Gaz. Selon nos informations, les entités du groupe El Jirari doivent verser 4,4 MDH à leur financeur, au lieu des 7,3 MDH exigés par ce dernier.

Le rapport de l’expert Samir Tabet a été présenté début mars au tribunal de commerce de Casablanca, qui examine cette action en paiement initiée un an plus tôt par l’établissement bancaire.

Le conflit porte sur le recouvrement du reliquat d’un crédit impayé de 93 MDH. Le prêt avait été souscrit par Nord Sud Gaz, mais AWB souhaite engager le paiement solidaire de Dimagaz en tant que caution.

Le tribunal a invité les parties à présenter, lors de l’audience du 3 avril prochain, leurs observations sur les résultats de l’expertise.

Le montant fixé par l’expert éclaire les juges, mais ne les engage pas dans leurs décisions. L’expertise a une portée indicative.

Le montant réclamé par AWB ne semble pas conséquent, mais du côté de Dimagaz, une condamnation risque d’alourdir une ardoise déjà colossale. Entre la BCP (1,1 MMDH), Bank of Africa (370 MDH), le Crédit agricole du Maroc (315 MDH) et la Société générale marocaine de banque (205 MDH), l’endettement de l’entreprise s’élève à près de 2 milliards de dirhams.

Pour l’heure, la BCP et la BOA sont les banques ayant obtenu des jugements validant leurs créances.

Affaire Dimagaz : de nouveaux jugements favorables à la BP

Dimagaz a touché le fond, mais creuse encore. Quelques jours après sa condamnation à plus de 332 MDH au profit de Bank Of Africa, le distributeur de gaz butane vient d’essuyer un nouveau revers judiciaire. La société devra régler pas moins de 37 millions de dirhams à la Banque populaire Fès-Méknes.

Ce montant a été acté en deux tranches, soit deux jugements rendus respectivement le 16 et le 23 janvier 2025 (13 et 24 MDH). Ces décisions font suite à des actions en paiement initiées par l’établissement bancaire.

En réalité, la créance concerne un crédit souscrit par Sonomac, société sœur de Dimagaz, mais celle-ci a été impliquée en sa qualité de caution. Cette situation touche également Najib El Jirari, dirigeant du groupe qui a été condamné à titre solidaire.

Avec ce jugement, la BP Fès-Meknès vient garnir une créance déjà colossale à l’égard de Dimagaz. Datée d’octobre 2022, une première décision reconnaissait plus de 1,1 milliard de dirhams à la banque. Cet arrêt est déjà en cours d’exécution.

De son côté, la défense de Dimagaz, qui conteste ses dettes vis-à-vis de la BP, reproche à cette dernière ses « concours financiers abusifs ». Pour l’heure, les demandes en ce sens ont été systématiquement rejetées par la justice, qui n’a pas retenu la responsabilité de la banque dans les déboires de la société.

Avec BCP, Dimagaz fait face à d’autres débiteurs du secteur bancaire, à l’image de BOA (332 MDH), du Crédit agricole du Maroc (315 MDH), de la Société générale marocaine des banques (205 MDH). Au total, la créance du distributeur avoisine les 2 MMDH.

À ce stade, l’entreprise n’a curieusement pas encore déclaré ses difficultés au tribunal et ce, en dépit d’une cessation de paiement avérée. Attention à la responsabilité des dirigeants !

Bank of Africa remporte un procès à 332 MDH contre Dimagaz

Bank of Africa (BOA) vient de remporter un important procès contre la Société marocaine de diffusion de gaz (Dimagaz). L’établissement bancaire a obtenu un jugement condamnant son débiteur à lui régler 332 millions de DH.

Rendu par le tribunal de commerce de Casablanca, le jugement date du 9 janvier 2024. En plus du principal, Dimagaz devra également s’acquitter des intérêts légaux.

Le montant de la créance correspond à des crédits impayés. La condamnation touche non seulement la société, mais aussi, à titre solidaire, son dirigeant Najib El Jerari en sa qualité de « caution personnelle ».

Le procès est ouvert depuis juillet 2023. Dans son action initiale, BOA tablait sur une somme de 370 MDH. Elle a été revue à la baisse à la suite d’une expertise judiciaire menée par Mohammed Lamtiri.

Pour l’heure, il s’agit d’un jugement de première instance. Il ne sera exécutoire qu’en cas de confirmation en appel, si recours il y a de la part de Dimagaz.

Ce jugement enfonce davantage Dimagaz dans la crise. La société traîne un endettement bancaire avoisinant les 2 milliards de DH. En dehors de BOA, BCP (1,1 MMDH), SGMB (205 MDH) et Crédit Agricole du Maroc (315 MDH) se positionnent pour le recouvrement de leurs créances.

Récemment, Attijariwafa bank a également rejoint les créanciers du distributeur de gaz, même si le montant revendiqué reste peu conséquent.

Malgré une cessation de paiement avérée, Dimagaz n’a toujours pas déclaré ses difficultés au tribunal de commerce. Cette situation permet aux banques de diligenter des saisies sur les biens de l’entreprise et de son dirigeant.

Le fonds de commerce de l’entreprise est aujourd’hui en vente. Pour sa part, Najib El Jerari a fait l’objet d’une saisie de son patrimoine immobilier dépassant les 100 MDH.

Dimagaz : AWB rejoint la longue liste des créanciers

Dimagaz s’est mis à dos tout le secteur bancaire. Après BOA, la BCP, la SGMB et le Crédit Agricole, Attijari Wafabank rejoint la longue liste d’établissements créanciers de ce distributeur de gaz butane. Les deux parties sont actuellement en procès au tribunal de commerce de Casablanca.

Contrairement aux autres banques, AWB ne vise pas Dimagaz en sa qualité de débiteur direct, mais en tant que caution d’un crédit de 96 MDH souscrit par NORDSUD Gaz, un opérateur du même secteur.

Le prêt avait été cofinancé en 2009 par AWB et la SGMB. La société a traîné des impayés. AWB, qui a supporté 23 MDH du prêt, a déjà récupéré 17 MDH auprès d’autres cautions, mais souhaite recouvrer le reste auprès de Dimagaz et NORDSUD Gaz. D’où l’action déposée en avril 2024. La banque souhaite un paiement solidaire entre l’emprunteur et sa caution.

Dans ce procès, le dernier fait majeur remonte au 3 octobre 2024. Le tribunal a ordonné une expertise pour vérifier les montants invoqués par AWB. La prochaine audience se tiendra le 9 janvier.

Le montant en jeu n’est pas conséquent, mais du côté de Dimagaz, une condamnation risque d’alourdir une ardoise déjà colossale. Entre la BCP (1,1 MMDH), Bank Of Africa (370 MDH), le Crédit Agricole du Maroc (315 MDH) et Société Générale Marocaine de Banque (205 MDH), l’endettement de l’entreprise s’élève à près de 2 milliards de dirhams.

Pour l’heure, seule la BCP et la SGMB ont eu confirmation judiciaire de leurs créances. Les autres établissements attendent encore l’issue de leurs contentieux. Ce qui ne les empêche pas de diligenter des saisies sur les biens de Dimagaz et de son dirigeant Najib El Jirari, titulaire d’un patrimoine immobilier expertisé à plus de 100 MDH.