M.S.IN recommande d’alléger sur Marsa Maroc

En 2024, l’action Marsa Maroc a bondi de 92,8%, bien au-delà du MASI (+22,2 %). Cette envolée s’explique par des résultats records et un regain d’intérêt pour la logistique portuaire. Mais selon M.S.IN, le titre a déjà intégré ses principaux catalyseurs. Avec une valorisation estimée à 802 DH, contre un cours de marché de 869 DH au 10 juin 2025, la société de bourse recommande d’alléger les positions, compte tenu d’un potentiel de baisse de 7,7%.

Une dynamique opérationnelle record en 2024

Après deux années marquées par les effets de la guerre en Ukraine, la sécheresse et les perturbations logistiques mondiales, Marsa Maroc a retrouvé une trajectoire haussière en 2024.

L’opérateur portuaire a enregistré des niveaux historiques de trafic manutentionné, aussi bien sur les conteneurs que sur les vracs solides. Cette performance s’inscrit dans un contexte de croissance économique modérée, de taux de fret maritime toujours élevés et de tensions géopolitiques ayant bénéficié aux plateformes comme Tanger Med.

À fin 2024, Marsa Maroc capte 26% du trafic portuaire national, soit 63,3 millions de tonnes. Ce volume est tiré à 47% par le conteneurisé, à 30% par les vracs solides, et à 17% par les vracs liquides. Le trafic conventionnel reste marginal, à 5%.

Des perspectives soutenues par l’internationalisation et le transbordement

Selon M.S.IN, Marsa Maroc pourrait maintenir un taux de croissance annuel moyen de 13,7% sur la période 2025e–2028, tiré par le développement de nouveaux relais : Tanger Med II, Nador West Med, Jorf Lasfar, Dakhla Atlantique, mais aussi l’entrée en activité à l’international prévue au port de Cotonou dès octobre 2024.

Le chiffre d’affaires progresserait de 4.320 MDH en 2023 à 8.803 MDH en 2028, soit un TCAM 2022–2028 de 14,4%.

L’EBIT passerait de 2.110 MDH en 2024 à 4.066 MDH en 2028p, avec un TCAM de 19,9%. Le RNPG suivrait une trajectoire similaire, atteignant 2.632 MDH en 2028p contre 1.267 MDH en 2024, soit une croissance moyenne de 12,3%.

Le segment des vracs solides devrait croître à un rythme plus modéré, avec un TCAM de 3,2% sur la même période. L’activité de remorquage sur Nador West Med, prévue dès 2026, et les accords d’équipement avec CMA CGM renforcent les perspectives de moyen terme.

Une politique de dividende stable, mais à la baisse relative

Sur la période 2016–2025, le dividende ordinaire versé par Marsa Maroc varie entre 7,2 DH et 9,7 DH. En excluant le dividende exceptionnel de 2,7 DH distribué en 2017, le payout moyen ressort à 101%, avec un rendement de 4,3%. Depuis 2021, une discipline plus marquée est observée, avec un taux de distribution stabilisé autour de 70%.

Pour les années 2025e–2028p, M.S.IN prévoit un dividende moyen de 16,3 DH par action, soit un TCAM de 16,4%, et un taux de distribution moyen de 56,3%. Le rendement estimé en 2024 ressort à 1,09% au cours de 869 DH.

Un premier trimestre 2025 bien orienté

Au T1-2025, le chiffre d’affaires atteint 1.280 MDH, en progression de 12,3% par rapport à T1-2024. Le trafic global manutentionné a augmenté de 6%, atteignant 15,8 millions de tonnes.

Le segment conteneurisé domestique progresse de 13%, le transbordement reste stable, les vracs liquides gagnent 13%, et les marchandises diverses 23%. L’endettement net s’établit à 436 MDH contre 139 MDH un an plus tôt. Les investissements ont atteint 890 MDH sur le trimestre, contre 68 MDH au T1-2024, concentrés sur les équipements destinés à Nador West Med.

Une valorisation légèrement supérieure aux fondamentaux projetés

M.S.IN a utilisé la méthode DCF pour valoriser Marsa Maroc, sur la base d’un CMPC de 8,1%, d’un bêta de 1,2 et d’un taux sans risque de 2,7%. La valorisation obtenue est de 802 DH, contre un cours de 869 DH. Cela implique une surcote de 7,7%, considérée comme excessive à ce stade.

CTM distribue un dividende de 15 dirhams par action

L’assemblée générale ordinaire annuelle, après avoir pris acte de la proposition du conseil d’administration, décide la distribution d’un dividende de 15 dirhams par action, au titre de l’exercice 2023, qui sera mis en paiement à partir du 23 septembre 2024, auprès de Bank of Africa.

Ce montant est en baisse de 40% par rapport à celui de l’année 2022.

TGCC : hausse de 48% du RNPG en 2023

Le chiffre d’affaires du groupe atteint 7.287 MDH, en hausse de 39% par rapport à l’année 2022.

Une hausse poussée par une dynamique commerciale vigoureuse et une accélération du rythme de production conjuguée à un positionnement sur des projets porteurs.

L’EBITDA a connu une hausse de 51% en 2023 pour s’élever à 820 MDH, confirmant l’efficacité des initiatives stratégiques déployées par l’entreprise, notamment l’intensification de la production, la concentration sur des projets à haute valeur ajoutée, l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement, la gestion maîtrisée du besoin en fonds de roulement et l’amélioration continue de l’efficacité opérationnelle.

Le résultat net du Groupe affiche une croissance de 48% pour s’établir à 363 MDH.

Au titre de l’exercice 2023, le conseil d’administration proposera à l’Assemblée générale ordinaire la distribution d’un dividende de 7,5 DH par action, en hausse de 25% par rapport à l’exercice précédent.

Fort d’un carnet de commandes de 7,3 Md MAD et d’un contexte économique marqué par plusieurs signaux positifs, TGCC aborde l’année 2024 avec une confiance renouvelée. Cette dynamique est soutenue par les perspectives favorables du secteur de la construction au Maroc. Dans cet élan, TGCC est déterminé à maintenir son rythme de croissance.

CIH Bank : RNPG consolidé en hausse de 6% en 2023, dividende stable

Le groupe CIH Bank a affiché des indicateurs en bonne forme à fin 2023. Avec une collecte nette de 5,3 MMDH à fin décembre 2023, les dépôts clientèle ont progressé de 7,6% par rapport à décembre 2022, et s’établissent à 74,2 MMDH. Les dépôts à vue constituent 83% des dépôts clientèles à fin décembre 2023, soit au même niveau de pourcentage constaté en 2022, consolidant ainsi l’optimisation du coût des ressources.

Les crédits à la clientèle sont en hausse de 8,8% par rapport à 2022. Les encours crédits consolidés ont atteint 90,8 MMDH. Représentant 48% de l’encours des crédits consolidés, les crédits hors immobilier enregistrent une augmentation de 9,9% par rapport à décembre 2022, pour s’établir à 44,0 MMDH.

La dynamique commerciale s’est traduite par l’amélioration des parts de marché du Groupe CIH BANK. A fin décembre 2023, le Groupe représente 27% des financements automobiles (+272 Pbs), 6% des crédits à la consommation (+63 Pbs) et 9,7% des crédits immobiliers destinés à l’habitat (+26 Pbs). La part de marché des dépôts clientèle du Groupe s’établit à 6% (+10 Pbs).

Le PNB consolidé s’élève à 4 468,2 MDH en accroissement de 27% par rapport à décembre 2022. Cette évolution résulte de la progression de la marge nette d’intérêt de 8,6% et des performances de l’activité de marché à fin décembre 2023 comparé à fin 2022.

Le coût du risque en consolidé s’établit à 1 280,6 MDH, soit une augmentation de 116,9% comparé à décembre 2022.

Le résultat net consolidé s’élève à 776,9 MDH contre 710,9 à fin décembre 2022, soit une hausse de 9,3%. Le Résultat Net Part du Groupe s’établit à 710,4 MDH à fin décembre 2023 contre 669,1 MDH à fin décembre 2022, soit une hausse de 6,2%.

Le conseil d’administration a décidé de proposer à l’assemblée générale ordinaire, la distribution d’un dividende de 14 DH par action, stable par rapport à celui de l’année précédente.

Plus de 1,5 milliard de DH de dividendes additionnels attendus cette année (BKGR)

Cette année, les revenus, la profitabilité et la masse des dividendes devraient progresser, selon les projections de BKGR.

D’après la société de recherche, les revenus de la cote devraient afficher une bonification de 5,6% par rapport à 2022, à 265 milliards de DH. Notamment du fait de la bonne contribution des produits nets bancaires des financières, attendue en hausse de 10,2% à 62,4 MMDH. Dans un second temps, l’industrie devrait être l’autre secteur à même de contribuer à la hausse des revenus, avec une amélioration de 4,4% à 182 MMDH.

Particulièrement scrutés par les investisseurs et le marché en général, comment évolueront les bénéfices et la masse des dividendes ? Et qui contribuera le plus à ces évolutions ?

Une masse bénéficiaire attendue en hausse de 13,7%, à 29,2 MMDH

D’après les projections de BKGR, les profits des entreprises de la cote devraient afficher une bonne progression cette année, de près de 5 MMDH en valeur par rapport à l’année dernière, pour se fixer à 29,2 MMDH.

Cette dernière serait surtout poussée à la hausse par la non-récurrence de l’astreinte de Maroc Telecom. « L’analyse du breakdown de l’évolution de la capacité bénéficiaire en 2023 fait ressortir une contribution positive attendue, provenant à hauteur de 54% de Maroc Telecom suite à la non-récurrence de l’astreinte imposée par l’ANRT et du contrôle fiscal de 618 MDH comptabilisé en 2022″, souligne la société de recherche. In fine, la capacité bénéficiaire du secteur Telecom devrait progresser de 2,7 MMDH en valeur.

L’évolution des bénéfices devrait également découler à 28% des résultats des financières grâce à la hausse du PNB suite à la hausse du taux directeur. Le secteur bancaire devrait apporter une contribution de près de 1,4 MMDH à la capacité bénéficiaire globale selon les projections de la société de recherche. Néanmoins, il est à noter que « BMCI et CDM ont des contrôles fiscaux en cours, ce qui pourrait altérer l’évolution de la capacité bénéficiaire en 2023 ».

Néanmoins, certains secteurs atténuent cette progression. « Cette contribution positive devrait être principalement atténuée par le recul de 785 MDH de la contribution des mines, en lien avec la baisse attendue des cours des métaux de base et du recul escompté du chiffre d’affaires, et de 231 MDH en raison principalement de la baisse significative du résultat anticipée par le management de TotalEnergies Marketing Maroc », poursuit BKGR.

Notons que, selon la société de recherche, « retraité des éléments exceptionnels ayant impacté IAM en 2022 et des contributions au Fonds 126, le RNPG global devrait s’améliorer de 5,9%, à 30,5 MMDH en 2023 ».

De fait, cette hausse des bénéfices engendrera une amélioration de la masse des dividendes au titre de cette année.

Les dividendes attendus en hausse de 9,6% cette année

Les prévisions de la société de recherche tablent sur une masse de dividendes en hausse de 9,6% à 18,7 MMDH, soit 1,6 MMDH additionnels par rapport à 2022.

Cette performance est principalement anticipée du fait de la hausse de la distribution attendue de Maroc Telecom, liée à la non-récurrence de l’astreinte. Le yield cette année devrait être globalement similaire à celui observé l’an dernier à 3,3%.

Notons que ce rendement est toujours négatif, au vu du niveau d’inflation observé sur la période.

Maroc Telecom : baisse du cours en bourse après l’annonce du dividende et du payout

Le 21 février, Maroc Telecom a publié ses résultats annuels au titre de l’exercice 2022. Le groupe a affiché un chiffre d’affaires global en légère baisse de 0,5% à taux de change constant pour atteindre 35,7 MMDH.

L’activité au Maroc a reculé, affichant des revenus de 19,5 MMDH, en légère baisse de 1,8%, causée notamment par le retrait de l’activité mobile, en baisse de 3,9% à près de 11,8 MMDH. Cela a partiellement été compensé par la bonne dynamique des filiales africaines du groupe qui ont affiché une hausse de 1,3% de leurs revenus à taux de change constant.

En bourse, le cours a plongé de 5,99% à 91,66 dirhams à la clôture de la séance du 21 février, emportant le marché dans sa chute. Le MASI perdait, le même jour, 1,18% à 10.565 points.

Contactée à ce sujet, une source du marché nous explique que cette forte baisse du cours n’est pas liée intrinsèquement aux résultats opérationnels qui étaient globalement attendus.

Des résultats globalement en ligne avec les attentes

Depuis quelques années déjà, l’opérateur voit son activité locale érodée. Il y perd des parts de marché du fait d’une concurrence plus rude et d’un cadre réglementaire qui devient plus compliqué. Au premier semestre 2022, les activités marocaines affichaient déjà une baisse de 2,2%.

Il convient aussi de rappeler la décision du régulateur de baisser les prix des terminaisons d’appels mobiles, qui a eu un impact négatif sur les revenus. Sans oublier que le groupe est de plus en plus concurrencé par les autres acteurs télécoms du marché sur le segment Mobile. En 2022, les revenus de ce segment ont baissé de près de 4% à 11,7 MMDH.

Parallèlement, les activités des filiales Moov enregistrent une amélioration de leurs revenus, poussés notamment par la Data Mobile en progression de 28%. Selon notre source, « c’est une tendance qui est globale dans des pays où la data est encore assez peu développée. Les filiales jouent leur rôle de relais de croissance. Au Maroc, l’activité Data Mobile est mature ». Celle-ci a d’ailleurs connu une baisse de 5,6% en 2022.

« Je pense qu’il n’y a rien de surprenant dans les résultats présentés, et que le marché les avait globalement anticipés », ajoute notre interlocuteur. La tendance baissière qui en a découlé provient particulièrement de l’annonce du dividende et du ratio de payout.

Un niveau de distribution de dividende décevant  

L’an dernier, le groupe avait écopé en juillet d’une amende de 2,45 MMDH de la part du régulateur. Le fait que le RNPG affiche une forte baisse était donc connu. Rappelons que ce dernier est passé de 6 MMDH en 2021 à 2,75 MMDH en 2022. Ajusté, il se fixe à 5,82 MMDH.

« Il y a l’annonce du dividende par action qui a pesé sur le cours lors de la séance, avec un retrait de 54% par rapport à 2021 à 2,19 dirhams. Mais il y a aussi eu le contrôle fiscal qui a retranché 600 MDH supplémentaires sur le résultat net. Il y a également un payout assez faible de 70%. Cela fait désormais trois années que le payout est à ce niveau », rappelle notre interlocuteur. Il estime que cela décourage les investisseurs, qui y voient un rendement trop peu intéressant.

Au cours actuel, le rendement serait de 2,4%. « Le fait que le groupe soit assujetti aux amendes répétées fait qu’il préfère conserver du cash à disposition et donc réduire son niveau de payout. Autrefois, il distribuait 100% de ses bénéfices. Il ne peut pas payer 100% et assurer le règlement des amendes, cela entraînerait un endettement supplémentaire qui n’est pas optimal. »