L’or bat un nouveau record à 4.881 dollars l’once

Le marché mondial de l’or a connu une envolée spectaculaire ce mercredi 21 janvier 2026. Le prix du métal jaune a dépassé 4.881 dollars l’once, établissant un nouveau record historique, avant de se replier légèrement.

Cette progression s’inscrit dans une semaine déjà marquée par une hausse cumulée de plus de 6% du cours de l’or, dans un environnement de grande nervosité sur les marchés financiers.

L’ensemble des marchés des métaux précieux a été soutenu par une dynamique similaire. L’argent a atteint un niveau record au-dessus de 95 dollars l’once, tandis que le platine s’est élevé à près de 2520 dollars avant de modérer ses gains, ce qui illustre l’ampleur du mouvement vers les actifs perçus comme des valeurs refuges.

Les facteurs derrière la flambée de l’or

Les raisons sous-jacentes de cette envolée sont multiples mais convergent vers trois facteurs principaux. Le premier facteur est l’intensification des tensions géopolitiques liées au débat international sur le Groenland et aux frictions commerciales entre les États-Unis et leurs partenaires européens.

Le deuxième facteur est le recul du dollar américain. Un dollar plus faible rend l’or libellé en dollars mécaniquement moins coûteux pour les investisseurs détenant d’autres devises, ce qui renforce la demande pour l’or.

Le repli du dollar est en partie lié à des anticipations de futures baisses de taux aux États-Unis et à des interrogations sur la trajectoire de la politique monétaire américaine.

Le troisième facteur tient aux fondamentaux économiques plus larges, notamment l’augmentation de l’aversion au risque dans un contexte d’incertitudes persistantes sur la croissance mondiale, l’inflation et les marchés obligataires.

Ce climat de stress financier, associé à de possibles ajustements de politique monétaire, augmente l’attrait des actifs non rémunérateurs comme l’or pour les investisseurs cherchant à préserver leur capital.

Il convient de noter qu’à court terme, ce type de sommet peut être suivi de phases de consolidation ou de prises de bénéfices avant qu’un nouveau cycle haussier ne s’installe.

L’évolution des prix dans les prochains jours dépendra notamment de l’actualité géopolitique, en particulier de ce qui se passera à Davos, ainsi que des décisions des grandes banques centrales, notamment la Banque du Japon, qui tiendra sa réunion de politique monétaire le 23 janvier 2026.

HPS : marges en baisse au S1-2025, mais ambitions et backlog record maintenus

HPS a tenu, le 24 septembre, une conférence de presse pour faire le point sur ses résultats semestriels et ses perspectives.

« Ce premier semestre confirme notre croissance continue, avec un chiffre d’affaires ajusté en hausse de 25,7%. Mais avec l’impact du dollar, la croissance finale ressort à 16,4% », a expliqué Abdessalam Alaoui Smaili, cofondateur et CEO de HPS.

Sur une base pro forma, le chiffre d’affaires a reculé de 7,4%, une baisse qu’il attribue entièrement à la dépréciation du dollar de 10,7%.

« Si l’on neutralise cet impact, le paiement continue de progresser légèrement, conformément à nos prévisions, même si la transition SaaS réduit temporairement le revenu par rapport aux projets on-premise », a-t-il ajouté.

Backlog record : une visibilité inédite pour les prochaines années

Au-delà des chiffres semestriels, la direction insiste sur le niveau exceptionnel du carnet de commandes. À fin juin, le backlog atteignait 1,3 milliard de dirhams, en hausse de 46,6% par rapport au début d’année. À fin août, il s’est établi à 1,6 MMDH, soit une progression de 82,8%.

« C’est probablement le niveau le plus élevé de notre histoire« , souligne Abdessalam Alaoui Smaili.

« Ce backlog représente des commandes fermes, encore non livrées, et qui devront être exécutées dans les meilleurs délais. Cela nous donne une visibilité rare sur le second semestre 2025 et même au-delà ».

La direction précise que la majorité de ces contrats s’étaleront sur 2025, 2026 et 2027, garantissant une base solide de revenus récurrents pour les prochaines années

SaaS, on-premise et timing des contrats : une stratégie flexible

La transition vers le SaaS était anticipée comme un passage stratégique pour HPS, mais aussi comme un facteur temporairement pénalisant pour le chiffre d’affaires et la rentabilité.

« Comme expliqué l’an dernier, nous attendions pour 2025 un impact total de -80 MDH sur le chiffre d’affaires lié à la transition SaaS. Ce que nous constatons aujourd’hui est strictement conforme à nos prévisions », a rappelé Brahim Berrada, directeur général de HPS.

En parallèle, les revenus SaaS progressent rapidement, à savoir +20% sur le semestre, portés par la migration croissante des volumes des grands clients bancaires mondiaux signés en 2023 et 2024.

Le SaaS représente désormais environ 20% à 25% du chiffre d’affaires total du groupe

Alors, si le groupe accélère la transition vers le SaaS, il n’abandonne pas pour autant les contrats on-premise, notamment ceux conclus avec des banques de premier rang en Asie.

« Nous ne pouvons pas imposer à nos clients de choisir entre SaaS et on-premise. Le SaaS est plus rentable à long terme et apporte plus de prévisibilité, mais les contrats on-premise génèrent du chiffre d’affaires immédiat et soutiennent nos marges à court terme », explique Brahim Berrada.

Pour Abdessalam Alaoui Smaili, ces contrats jouent aussi un rôle stratégique. « Ne pas signer ces contrats on-premise serait une erreur : ce sont de gros montants et cela nous donne une position stratégique si le client décide de migrer vers le SaaS plus tard ».

Ces projets généreront une reconnaissance partielle des revenus dès le second semestre 2025, tandis que la majorité sera comptabilisée en 2026 et 2027, avec un effet positif attendu sur les marges à moyen terme.

Rentabilité sous pression mais objectifs confirmés

La direction reconnaît que la rentabilité a été pénalisée par deux facteurs : la dépréciation du dollar et le passage au SaaS.

« L’EBITDA a été impacté par la baisse du dollar et par la transition SaaS qui pèse sur les marges au début ».

« Mais nous savions que cette phase entraînerait une baisse provisoire. Les investissements réalisés commencent déjà à produire les effets attendus. Avec les deux gros contrats on-premise signés cette année, nous allons reconnaître plus rapidement des revenus au second semestre et améliorer nos marges dès fin 2025″.

Malgré ces vents contraires, HPS maintient ses ambitions pour 2025 :

Nos projections sont confirmées. Nous finirons 2025 avec une croissance de 20% et un EBITDA en hausse de 30%. La croissance du résultat net sera elle aussi à deux chiffres 

Recentrage stratégique : la cession du Testing

Parallèlement, le groupe poursuit son recentrage sur les activités les plus stratégiques et rentables. L’activité Testing, jugée peu porteuse, a vu ses revenus chuter de 90% au premier semestre et sa rentabilité devenir négative.

« Cette activité est structurellement peu rentable et nous avons donc décidé de la céder d’ici fin 2025 pour nous recentrer sur le paiement », a indiqué Brahim Berrada. La transaction devrait être finalisée d’ici fin novembre et son effet positif sur les marges sera surtout visible à partir de 2026.

« Les choix que nous avons faits en matière de technologie et de stratégie commerciale se révèlent payants : nous gagnons des parts dans des environnements très compétitifs et les grands acteurs nous font confiance ».

Switching, marché marocain et croissance

L’activité Switching confirme sa bonne dynamique avec une croissance de 12%, portée par une hausse de 15% des retraits DAB et de 25% des paiements électroniques.

« Le marché marocain reste sous-pénétré en matière de cartes et de paiement marchand, ce qui laisse une forte marge de croissance. La fin du monopole du CMI sur l’acquisition va dynamiser la concurrence et soutenir notre activité Switching à long terme », explique Brahim Berrada.

Cette évolution structurelle devrait profiter à tout l’écosystème des paiements et renforcer la position de HPS sur le marché domestique.

Gestion des coûts et trésorerie renforcée

Sur le plan des charges, la direction a poursuivi ses efforts d’optimisation. « Les charges RH ont baissé de 5% hors effet de change, malgré l’augmentation des effectifs, car nous avons remplacé des ressources externes coûteuses par des embauches internes plus efficaces », a précisé Brahim Berrada.

En revanche, les charges externes ont augmenté, tirées par les dépenses cloud pour le SaaS, les projets internationaux comme au Canada ou en Australie, ainsi que par l’ouverture de nouveaux bureaux.

Côté trésorerie, le groupe affiche une position solide : 280 MDH à fin juin, en hausse de 37%, grâce à un flux opérationnel de 104,6 MDH et au passage du SaaS à une phase désormais génératrice de cash.

Perspectives 2026 : marges en nette amélioration

La direction se veut confiante pour la suite. Les investissements dans le SaaS, les contrats on-premise et le recentrage stratégique devraient porter leurs fruits dès la fin 2025, avec une accélération attendue en 2026.

« Ces contrats commencent déjà à générer de l’EBITDA positif. La rentabilité va s’accélérer sur le second semestre 2025 et encore plus en 2026 », a assuré le directeur général.

La direction indique viser, à partir de 2026, une marge d’EBITDA supérieure à 20%, grâce à la montée en puissance du SaaS et à l’arrêt des activités peu rentables.

À moyen terme, HPS vise une croissance organique comprise entre 12% et 17% par an, avec une base de revenus récurrents en forte hausse grâce au modèle SaaS

« Nous avons fait des choix difficiles mais nécessaires. Aujourd’hui, ils portent leurs fruits : nous renforçons nos parts de marché, nous gagnons des contrats majeurs et nous construisons une croissance durable », a conclu Abdessalam Alaoui Smaili.

Dépréciation du dollar face au dirham : voici les implications sur les importations en dollars

Depuis le début de l’année 2025, le dollar américain a enregistré une baisse notable sur le marché des changes, s’établissant à une dépréciation de 4,2% face au dirham entre le 2 janvier et le 11 mars. Ce phénomène suscite des interrogations quant à ses implications économiques, notamment pour le Maroc, dont près de 50% des importations sont libellées en dollars, principalement dans les secteurs de l’énergie et de l’alimentation.

Cette dépréciation du billet vert trouve son origine dans plusieurs dynamiques économiques et financières. D’une part, les politiques protectionnistes renforcées sous la nouvelle administration Trump ont contribué à un ralentissement des échanges commerciaux internationaux, réduisant ainsi la demande de dollars sur les marchés. D’autre part, une fuite de capitaux hors des États-Unis vers d’autres actifs et devises plus attractifs a accru l’offre de dollars, contribuant à sa baisse relative face à plusieurs monnaies, y compris le dirham marocain.

Interrogé par Médias24, un économiste spécialiste en politiques de change explique ce phénomène. « Lorsque les investisseurs se détournent des actifs en dollars pour se repositionner sur d’autres devises ou sur des valeurs refuges comme l’or, cela crée une pression baissière sur le dollar. L’offre excédentaire de billets verts sur le marché des changes entraîne mécaniquement une baisse de leur valeur ».

Cependant, cette tendance reste à surveiller et pourrait être temporaire. L’ampleur de la dépréciation dépendra des politiques monétaires de la Réserve fédérale américaine (Fed) et des ajustements des marchés financiers face aux incertitudes géopolitiques et commerciales.Il est rare que les baisses de coûts à l’importation soient intégralement répercutées sur les prix finauxLa baisse du dollar, toutes choses égales par ailleurs, devrait avoir un effet favorable sur le coût des importations marocaines. En supposant que les prix internationaux restent constants, une dépréciation de plus de 4% se traduit mécaniquement par une baisse équivalente des coûts d’importation en dirhams.

Prenons un exemple concret : une entreprise marocaine qui importait 100.000 DH de produits libellés en dollars verra sa facture diminuer d’environ 4%, soit un nouveau coût de 96.000 DH. Cette dynamique de change constitue un allégement significatif pour les importateurs, en particulier dans les secteurs fortement dépendants des approvisionnements en devises américaines, comme les hydrocarbures et certaines denrées alimentaires.

Toutefois, cet effet peut être neutralisé par d’autres facteurs. « Il est important de noter que la transmission de la baisse du dollar aux prix finaux ne sera ni immédiate ni totale. Les importateurs peuvent choisir de préserver leurs marges, et d’autres facteurs peuvent venir atténuer l’effet positif attendu », souligne notre interlocuteur.

Une transmission incomplète aux consommateurs

Malgré une baisse « théorique » du coût des importations, qui devrait avoir lieu, les consommateurs ne bénéficieront pas nécessairement d’une réduction proportionnelle des prix. Ce phénomène s’explique par le concept d’Exchange Rate Pass-Through (ERPT), qui mesure l’élasticité des prix aux variations du taux de change, c’est-à-dire dans quelle mesure ces fluctuations se répercutent sur les prix finaux.

L’ERPT est exprimé en pourcentage et mesure la proportion dans laquelle une variation du taux de change se répercute sur les prix finaux des biens importés.

Par exemple, un ERPT de 40% signifie qu’une dépréciation de 10% du dollar entraînera une baisse de 4% des prix des produits importés. À l’inverse, un ERPT de 80% implique qu’une variation de 10% du taux de change se traduira par une baisse de 8% des prix. Plus le taux de pass-through est élevé, plus l’impact du taux de change sur les prix est direct et rapide.

Ainsi, si la baisse du dollar réduit le coût d’importation, elle ne se traduira pas nécessairement par une baisse équivalente des prix à la consommation. Comme l’indique notre économiste, « il est rare que les baisses de coûts à l’importation soient intégralement répercutées sur les prix finaux. La transmission peut être partielle et différée dans le temps, en fonction des contrats commerciaux, des stratégies de tarification des entreprises et des rigidités nominales ».

→ Le rôle des produits dérivés et des stratégies de couverture

Un autre élément clé qui peut limiter l’impact de la dépréciation du dollar est l’utilisation des produits dérivés financiers. Les entreprises marocaines, en particulier les grandes sociétés importatrices, ont souvent recours à des instruments de couverture tels que les contrats à terme (forwards), les options de change, ou encore les swaps de devises pour se protéger contre la volatilité des taux de change.

En d’autres termes, même si le dollar baisse aujourd’hui, les entreprises ayant sécurisé leurs achats via des produits dérivés à un taux antérieur plus élevé ne bénéficieront pas immédiatement de cette dépréciation. Cette situation peut neutraliser en partie l’effet positif attendu sur le coût des importations.

« Beaucoup d’importateurs marocains utilisent des produits de couverture pour se prémunir contre la volatilité du taux de change. Si une entreprise a couvert ses achats à un taux supérieur, elle continuera à payer ce taux jusqu’à l’expiration de son contrat, ce qui peut limiter l’effet de la baisse actuelle du dollar », indique l’expert.

Il convient de souligner que l’évaluation précise de l’ampleur de l’ERPT au Maroc nécessite des données détaillées et longitudinales sur les prix des biens importés, incluant les coûts d’acquisition en dollars et les taux de change appliqués sur une période étendue.

Un effet contrasté sur les exportations marocaines

Si l’appréciation du dirham face au dollar réduit la facture des importations, elle peut en revanche pénaliser les exportations, dont environ 35% à 38% sont libellées en dollars. Une baisse du dollar implique que, pour un même volume de ventes en devises américaines, les exportateurs reçoivent moins de dirhams.

Prenons l’exemple du phosphate, l’un des principaux produits d’exportation du Maroc. Si le dollar se déprécie de 4%, les recettes en dirhams issues des exportations de phosphate diminueront dans la même proportion, à condition que les prix internationaux restent stables. Cela constitue une perte pour les producteurs marocains qui réalisent une part significative de leur chiffre d’affaires en dollars.

La baisse du dollar allège plus la facture des importations qu’elle ne pénalise les exportations

Cependant, cet effet peut être compensé par une éventuelle hausse des prix internationaux. Si la demande mondiale de phosphates augmente, les prix peuvent s’ajuster à la hausse, permettant aux exportateurs marocains de maintenir leurs revenus en dirhams malgré la baisse du dollar.

Dans tous les cas, l’effet net reste globalement positif pour le Maroc, car 50% des importations sont en dollars, contre seulement 35% à 38% des exportations, et les importations dépassent largement les exportations.

« La structure du commerce extérieur marocain fait que l’appréciation du dirham face au dollar, bien qu’elle puisse pénaliser certaines exportations, reste globalement bénéfique. L’économie marocaine importe bien plus en dollars qu’elle n’exporte, ce qui signifie que la baisse du dollar allège plus la facture des importations qu’elle ne pénalise les exportations », conclut notre spécialiste en politiques de change.

La Fed maintient le statu quo lors de sa première réunion sous l’administration Trump

Le FOMC (Federal Open Market Committee) a maintenu les taux d’intérêt dans la fourchette de 4,25% à 4,50% lors de sa réunion de janvier 2025, niveau atteint après une série de baisses en 2024.

La décision de la Fed intervient dans un contexte où le taux de chômage américain est resté stable à 4,1% en décembre 2024, reflétant un marché du travail équilibré. Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage continuent d’évoluer à des niveaux historiquement bas, tandis que l’économie a ajouté 256.000 emplois non agricoles sur le mois, signalant une dynamique toujours robuste malgré un resserrement monétaire prolongé.

Parallèlement, l’inflation affiche des signes de modération relative. L’indice des prix à la consommation (IPC) a enregistré une hausse annuelle de 2,9%, légèrement inférieure aux prévisions, tandis que l’indice des prix à la production (IPP) s’est établi à 3,3% sur un an, confirmant une détente progressive des pressions inflationnistes. Dans ce contexte, le sentiment des consommateurs, mesuré par l’indice de l’Université du Michigan, atteint 74, indique une confiance mesurée malgré un environnement de taux élevés.

À la suite de l’annonce de la Fed, les marchés financiers ont affiché des mouvements limités, conformes aux anticipations des investisseurs. Sur le marché obligataire, les rendements des bons du Trésor à 10 ans sont restés stables, témoignant d’un équilibre entre les attentes de taux et les perspectives économiques. L’or, souvent considéré comme une valeur refuge, a maintenu son cours aux environs de 2.775 dollars l’once, tandis que l’indice dollar (DXY) est resté stable autour de 107,981, traduisant une pression modérée sur la devise dans un contexte où le resserrement monétaire est désormais perçu comme achevé.

Dynamiques de change Dirham-Dollar-Euro. Voici les impacts potentiels sur les échanges extérieurs du Maroc

L’évolution récente du taux de change du dirham face au dollar et à l’euro reflète des dynamiques monétaires et économiques globales complexes. L’analyse de cette dynamique laisse apparaître que depuis septembre 2024 le dirham s’est déprécié face au dollar, passant de 9,6975 MAD/USD en septembre à un pic de 10,1114 MAD/USD en décembre, avant de s’apprécier légèrement à 10,0589 MAD/USD en janvier 2025.

Cette dépréciation, représentant près de 3,7%, s’explique principalement par le renforcement soutenu du dollar. En parallèle, le dirham s’est apprécié face à l’euro, passant de 10,8482 MAD/EUR en septembre 2024 à 10,3516 MAD/EUR en janvier 2025.

La force du dollar en 2024 s’explique par la politique monétaire restrictive de la FED, reflétée par l’évolution de la courbe des taux (yield curve), ainsi que par des flux d’investissements étrangers accrus vers les États-Unis. À l’inverse, l’euro a souffert des défis économiques de la zone euro. Ainsi, la récente baisse des taux par la BCE, la promesse d’une prochaine baisse imminente et une croissance faible en Allemagne et en France ont affaibli sa position.

Impact sur les échanges extérieurs du Maroc

Le Maroc, profondément intégré dans l’économie mondiale, ressentirait les effets contradictoires de la dévaluation de l’euro et de l’appréciation du dollar. Sur le plan des importations, la majorité des produits importés par le Royaume sont destinés à la consommation finale. Ainsi, la hausse du dollar renchérit le coût des produits libellés dans cette devise, notamment les matières premières énergétiques et d’autres intrants essentiels, renchérissant ainsi la facture des importations marocaines en provenance de la zone dollar.

En parallèle, les exportations marocaines, principalement dirigées vers la zone euro, se retrouvent dans une position paradoxale. D’un côté, la faiblesse de l’euro pourrait rendre les produits marocains plus coûteux et donc moins compétitifs pour les acheteurs européens. Cependant, le dollar fort, en renchérissant le coût des importations pour les pays de la zone euro, pourrait offrir un avantage compétitif aux exportateurs marocains. Cela pourrait inciter les entreprises européennes à se tourner vers des partenaires commerciaux régionaux comme le Maroc, où les échanges sont souvent libellés en euros, favorisant ainsi les exportations marocaines dans certains secteurs comme le textile.

Un impact différencié

Saisi par Médias24, un spécialiste des politiques de change nous explique que la dépréciation du dirham face au dollar pourrait alourdir considérablement la facture des importations. « Cette dépréciation renchérit nos importations, étant donné que près de 50% de nos importations sont libellées en dollar, notamment les produits agricoles et énergétiques. Quant à l’euro, bien que la moitié de nos importations soient également libellées dans cette monnaie, l’appréciation du dirham face à l’euro reste relativement faible et ne joue donc pas un rôle compensatoire significatif. », souligne-t-il.

Sur le volet des exportations, notre interlocuteur estime que l’appréciation du dirham face à l’euro constitue un handicap, dans la mesure où la majorité des exportations marocaines sont destinées à une zone dont la monnaie est l’euro. Toutefois, il nuance en expliquant que la forte appréciation du dollar par rapport à l’euro pourrait jouer en faveur des exportateurs marocains. « Généralement, l’appréciation du dirham face à l’euro ne devrait pas pénaliser nos exportations, qui pourraient au contraire être perçues comme une alternative compétitive par l’Union européenne, notamment dans un contexte où le dollar est très fort. En outre, les exportations marocaines libellées en dollar pourraient gagner en compétitivité, ce qui donnerait un nouvel élan à nos exportations vers des zones où les échanges sont libellés en dollar. », explique-t-il.

Attention aux prix du gasoil

Contacté par nos soins, un chef d’entreprise importatrice spécialisée dans la distribution dans les secteurs de la santé et de l’alimentation partage une vision nuancée sur l’impact des fluctuations monétaires, tout en exprimant des inquiétudes quant à un autre facteur clé : les prix du gasoil. Pour ce chef d’entreprise, toute hausse significative du coût du carburant constituerait une menace pour la stabilité des prix.

« Notre groupe importe sur la zone dollar, et jusqu’à présent, nous n’avons pas été impactés directement par la force du dollar sur nos opérations. Cependant, ce qui nous préoccupe réellement, c’est l’évolution des prix du gasoil. Une augmentation significative de ce dernier serait une catastrophe pour nous. Cela impacterait directement les coûts logistiques », souligne notre source.

Dans le même sens, elle insiste sur le rôle crucial des coûts logistiques dans la structure globale des charges de l’entreprise. « Il faut comprendre que le transport est au cœur de notre chaîne d’approvisionnement. Lorsque le prix du gasoil augmente, ce n’est pas seulement la livraison des produits importés qui devient plus chère. Cela affecte aussi la distribution locale, ce qui crée une pression sur l’ensemble de nos coûts », conclut-elle.

Un secteur textile globalement résilient

Selon Hammani Amahzoune, président de l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement (AMITH), l’impact des fluctuations de l’euro et du dollar sur cette industrie reste relativement limité. « La majorité des industriels marocains opérant dans ce domaine travaillent en sous-traitance, ce qui leur permet de bénéficier d’une situation favorable lorsque le dirham se déprécie face à ces deux devises. En effet, une baisse relative du dirham améliore la compétitivité des produits marocains sur les marchés étrangers, leur donnant un avantage concurrentiel important. Cette situation est particulièrement bénéfique pour les exportateurs, car elle renforce leur position face à leurs concurrents internationaux », explique M. Amahzoune.

« Cependant, cette dynamique n’est pas universelle dans le secteur. Une minorité d’acteurs spécialisés dans la production de biens finis, souvent dépendants d’importations pour leurs intrants, ressentent davantage les effets de l’appréciation du dollar. L’augmentation des coûts d’importation peut peser sur leurs marges et affecter leur rentabilité. Malgré cela, le secteur textile dans son ensemble apparaît résilient face aux fluctuations actuelles », ajoute-t-il.

Dans le même sens, selon un  importateur dans le secteur textile, l’effet d’un dollar fort varie en fonction de la nature des activités des industriels marocains. « Pour les exportateurs, la situation peut s’avérer favorable. En effet, un dollar fort renchérit les importations de produits asiatiques par l’Europe – le principal marché d’exportation du Maroc. Cela signifie que les produits marocains, souvent facturés en euros, deviennent plus compétitifs pour les acheteurs européens. En d’autres termes, un dollar fort agit, indirectement, comme un levier de compétitivité pour les exportateurs marocains dans la zone euro. Sur le volet des importations, notamment pour les matières premières textiles, l’impact est plus nuancé », explique-t-il.

Ainsi, l’expert note que le coût de ces intrants est  » neutre », dans le sens où les prix sont alignés à l’échelle internationale, et que tous les concurrents du Maroc font face aux mêmes fluctuations. Cependant, cette neutralité dépend du degré de dépendance des industriels marocains aux intrants libellés en dollars, car un dollar fort peut tout de même peser sur les coûts pour les entreprises locales.

« Le véritable avantage compétitif du Maroc réside dans la valeur ajoutée. Contrairement à d’autres pays qui facturent leurs produits en dollars, les industriels textiles marocains facturent généralement en euros, ce qui atténue l’impact des fluctuations monétaires pour leurs clients européens. Ainsi, lorsque le dollar s’apprécie, les exportateurs marocains de textiles bénéficient d’un positionnement plus avantageux sur les marchés européens, où leurs produits restent compétitifs par rapport à ceux d’autres fournisseurs internationaux », conclut-il.

L’or atteint des pics historiques, voici les raisons de la hausse du cours

Le cours de l’or va de records en records ce mois d’août. Après avoir franchi la barre des 2.500 dollars l’once en milieu de mois, le cours du métal jaune frôle les 2.530 dollars. Un niveau historique. En 5 ans, le prix de l’once a bondi de plus de 66%.

Mais comment expliquer cette progression, notamment depuis le début de l’année 2024 où le cours a progressé de près de 22% ?

L’or est considéré par les investisseurs comme une valeur refuge. Généralement, son prix augmente en temps de catastrophe ou de forte incertitude.

Mais d’autres facteurs peuvent participer à l’évolution de son prix.

Un climat global anxiogène et une anticipation de baisse des taux d’intérêt

Premièrement, l’instabilité joue un rôle fondamental dans la hausse des cours de l’or. Dans la récente hausse du cours de l’or, bien qu’elle ne soit pas l’unique facteur, elle contribue à la progression du prix de l’once.

Une source du monde de la finance nous explique que « les conflits internationaux, tels que la guerre en Ukraine et d’autres tensions mondiales, ont renforcé l’attrait de l’or en tant que valeur refuge. En période d’incertitude, les investisseurs se tournent vers l’or pour protéger leur capital ».

D’ailleurs, le cours avait connu un pic spectaculaire lors de l’annonce du confinement à l’international et a franchi la barre symbolique des 2.000 dollars l’once en août 2020.

La récente hausse cette année est également conduite par les anticipations de baisse des taux directeurs des grandes banques centrales, notamment de la FED américaine, après un cycle de resserrement monétaire inédit entamé en 2022. Cela poussera les investisseurs à se diriger vers des produits présentant plus de rendements.

« Les marchés anticipent que les banques centrales, en particulier la Réserve fédérale américaine, pourraient réduire les taux d’intérêt pour stimuler l’économie. Une baisse des taux rend les investissements en obligations moins attrayants, ce qui pousse les investisseurs à se tourner vers l’or », explique notre interlocuteur.

Un dollar faible et des banques centrales qui diversifient leurs réserves d’or

L’un des autres facteurs pouvant expliquer la hausse des cours de l’or est la dépréciation du dollar depuis les derniers mois. En octobre 2023, un dollar permettait d’acheter 10,3 dirhams. Aujourd’hui, la même somme en dollar permet d’acheter 9,67 dirhams.

Cette dépréciation de la monnaie américaine a joué un rôle dans la hausse des cours du métal jaune, car ce dernier est libellé en dollars. « Une baisse de la valeur du dollar américain a contribué à l’augmentation du prix de l’or. Comme l’or est libellé en dollars, un dollar plus faible rend l’or moins cher pour les acheteurs dans d’autres devises, augmentant ainsi la demande », explique notre source.

Enfin, la demande d’or mondiale a favorisé la hausse du prix de l’once. Notamment dans une logique de diversification de la part des banques centrales de certains pays. « Les banques centrales de plusieurs pays, notamment la Chine et la Russie, ont accru leurs réserves d’or pour diversifier leurs actifs et réduire leur dépendance vis-à-vis du dollar, ce qui a soutenu les prix », conclut notre interlocuteur.

La hausse des cours des métaux précieux devrait se poursuivre sur le reste de l’année

Le cours de l’or frôle ses sommets historiques de 2.450 dollars l’once atteint à la fin du mois de mai. Actuellement le métal jaune traite à 2.441 dollars l’once. Valeur refuge par excellence, son cours est poussé par plusieurs incertitudes autour de l’économie mondiale et les anticipations de baisse du taux directeur de la FED.

Cette situation conforte un cycle haussier du métal précieux qui devrait se poursuivre sur le reste de l’année et profiter aux minières nationales qui l’ont dans leur portefeuille, notamment Managem.

Une baisse du taux d’intérêt de la FED qui interviendrait plus tôt que prévu

Après des chiffres encourageants de l’inflation aux Etats-Unis, le président de la FED Jérôme Powell a laissé entrapercevoir une baisse du taux directeur qui allait se concrétiser plus rapidement que prévue. Cela a fait réagir les marchés et aura de fait un impact sur l’or.

« Le cours de l’or a une corrélation directe avec les politiques monétaires internationales. Les politiques monétaires de resserrement qui ont marqué les 2021-2023, laissent aujourd’hui place à des politiques plus accommodantes », nous explique une source de la place.

Plusieurs pivots ont déjà été observés, dans le sillage du reflux inflationniste qui est observé globalement partout dans le monde. Rappelons que la banque du Canada, la banque de Suisse, la BCE et la Banque d’Angleterre ont déjà amorcé leurs politiques accommodantes.

Désormais, il y a la récente sortie de Jérôme Powell, directeur de la FED américaine qui a fait couler beaucoup d’encre. «Ce dernier a fait part de sa volonté de faire baisser le TD de la FED bien avant ce qui était prévu par les analystes. La fin de l’année était anticipée, et désormais, c’est probablement plus tôt que cela devrait se formaliser », explique notre source.

Le président de la FED a en effet annoncé qu’il n’allait pas attendre que l’inflation baisse en deçà des 2% pour baisser le taux directeur.

« Cela est une bonne nouvelle pour les métaux précieux. La baisse du taux directeur de la FED a un impact direct sur le dollar. Ce dernier devrait baisser en ligne avec la baisse du taux directeur puisque le rendement et la rentabilité de la monnaie américaine deviendra moins attractive. Une baisse du dollar entraine un impact sur les métaux libellés en dollar, notamment l’or. Les métaux précieux deviendront plus attractifs pour les investisseurs ce qui aura une pression haussière sur les cours », poursuit notre interlocuteur.

Mais outre la politique monétaire, ce qui pousse et influe également sur le cours de l’or, ce sont les incertitudes macroéconomiques et géopolitiques.

Des inquiétudes géopolitiques et le spectre d’une guerre commerciale Chine/USA

Naturellement quand les équilibres économiques ou politiques mondiaux sont perturbés, l’or tend à s’apprécier, comme durant l’éclatement de la pandémie de Covid.

« Il y a une ombre géopolitique à prendre en compte. Il y a toujours des inquiétudes géopolitiques au Moyen-Orient et un discours très alarmant de Trump suite à sa tentative d’assassinat. Tout cela joue en faveur de l’or en tant que valeur refuge », souligne notre interlocuteur.

Du fait de ces craintes géopolitiques, il y a naturellement des peurs sur une éventuelle résurgence de l’inflation. Notamment sur un potentiel retour à la guerre commerciale entre les deux grandes puissances mondiales que sont les Etats-Unis et la Chine.

« Cet événement très récent a encore plus renforcé les probabilités d’une victoire de Donald Trump durant les prochaines élections. On connait la vision radicale du personnage concernant la guerre commerciale avec la Chine et cela pourrait amener des tensions géopolitiques de très grandes envergures », explique notre source.

Outre ces risques, la conjoncture économique mondiale impacte également le cours de l’or. La transition énergétique est également un catalyseur à prendre en compte concernant le cours des métaux précieux. « Nous avons cette demande qui sera très importante concernant les métaux précieux et les métaux de base. Aujourd’hui, le cycle est haussier, c’est évident et l’impact sur les minières devrait être positif, mais il faudrait également regarder l’effet change »

En somme, une tendance haussière des métaux précieux devrait se concrétiser dans le sillage des baisses du taux directeur de la FED qui devrait intervenir avant la fin de l’année 2024.

L’or à des niveaux historiques, Managem en profitera

L’or a atteint des sommets historiques. Il oscille ces derniers jours entre 2.300 dollars l’once et un record de 2.360 dollars l’once.

Ces niveaux jamais observés sont toutefois étonnants du fait qu’il n’y ait pas de facteurs à même d’expliquer la flambée des cours du métal jaune, notamment depuis fin février où la croissance s’est nettement accélérée.

En effet, les facteurs qui expliquaient la hausse de l’or ces deux dernières années sont beaucoup moins présents.

Des facteurs difficilement explicables

Contactée à ce sujet, une source de la place nous rappelle que « l’évolution des cours de l’or provient principalement des politiques monétaires des grandes banques centrales, notamment la FED ».

En effet, le métal jaune étant libellé en dollar, les variations du taux directeur de la FED impactent la valeur du dollar, et donc le cours de l’or. D’ailleurs, en 2022, l’or avait fortement progressé en raison du pivot monétaire entamé par la Banque centrale américaine. Mais depuis, la donne a changé.

« Les facteurs qui expliquaient l’accélération du cours de l’or ces deux dernières années sont désormais de moindre amplitude. Aujourd’hui, la persistance de l’inflation aux USA, la robustesse de la croissance économique, en lien avec l’effort d’investissement et les gains de productivité, et la vigueur du marché du travail impliquent un décalage dans l’action du pivot monétaire », explique notre interlocuteur.

Qui plus est, le moral des investisseurs est au plus haut, et un décalage du pivot monétaire est possible. Normalement, on devrait assister à une légère correction au niveau des cours de l’or, chose que l’on ne remarque pas. « On anticipait une première baisse du taux directeur de la FED durant le mois de mars, puis elle a été reportée à juin. Maintenant, les marchés anticipent une baisse, pas avant le mois de décembre, voire un décalage en 2025. Il y a encore des investisseurs qui tablent sur une première baisse durant le mois de septembre ou décembre. Si l’inflation persiste à des niveaux supérieurs aux attentes et que la dynamique économique américaine poursuit sa tendance solide, alors il pourrait y avoir une légère correction des cours de l’or », indique notre source.

Cependant, lorsque le pivot monétaire sera actionné, dont le timing dépendra de l’évolution du marché de l’emploi et de l’inflation aux Etats-Unis, une hausse du cours de l’or devrait être observée du fait de la dépréciation du dollar.

Des tensions géopolitiques attisent les inquiétudes

Valeur refuge historique, le cours de l’or, en plus d’être influencé par les politiques monétaires, est également influencé par les incertitudes et les tensions internationales. Actuellement, les tensions entre Israël et l’Iran ont injecté de fortes incertitudes quant à la stabilité de la région.

« La hausse observée est probablement liée aux tensions géopolitiques entre l’Iran et Israël. Cette accélération n’est pas totalement justifiée et pourrait donner lieu à une légère correction à la suite d’une éventuelle confirmation d’une stabilité du taux directeur de la FED durant cette année 2024 », explique notre interlocuteur.

La hausse récemment observée peut également être le fruit d’une pure incidence technique. Il s’agit d’une cassure de résistance à des niveaux de cours historiques qui ont été franchis. En effet, le cours de l’or avait longtemps plafonné à des niveaux élevés entre 1.900 et 2.000 dollars l’once. « Depuis plusieurs années, il y avait des résistances à la hausse à environ 2.000 ou 2.100 dollars. Quand on parvient à franchir ce cap, cela ouvre la voie à une accélération qui n’est pas nécessairement justifiée fondamentalement », explique notre source. Et ce, sans oublier les tensions géopolitiques internationales et la multiplication des incertitudes sur le cours de l’or noir.

Quoi qu’il en soit, le niveau du métal jaune est à des niveaux élevés et le restera pendant un certain temps, notamment dans le sillage du pivot monétaire de la FED qui est attendu en fin d’année. Cela sera favorable à Managem, seule minière nationale positionnée sur l’or.

Managem tirera certainement profit de cette tendance

La minière marocaine s’est fortement positionnée sur l’or, avec des projets historiques et d’autres en cours de développement sur ce métal.

Lors d’une interview avec Imad Toumi, président directeur général de Managem pour Médias24, ce dernier nous confiait : « Nous avons aujourd’hui environ 50% de nos revenus dans l’or. Avec un cours qui a franchi la barre des 2.000 $/oz, cela offre une couverture efficace contre la volatilité du cobalt, actuellement en bas de cycle ».

Lors d’une conférence pour présenter les réalisations annuelles du groupe, Imad Toumi indiquait : « Nous souhaitons consolider notre activité aurifère. Nous avons fait l’acquisition de trois projets dans le cadre des actifs Bambouk. Il y a l’actif Boto, un autre projet en Guinée qui sera similaire en taille à Boto et qui viendra en production d’ici 2028, et à l’horizon 2030 un autre projet au Mali ».

Après de fortes perturbations observées au Soudan en 2023, le groupe avait vu sa production aurifère fortement baisser sur l’exercice. Depuis, la situation revient progressivement sous contrôle. Le groupe dispose également d’une activité aurifère en Guinée, avec la mine de Tri-K.

Si l’on regroupe l’ensemble des ressources du portefeuille de Managem, le groupe dispose de 10 millions d’onces en terre, soit 300 tonnes d’or. D’ici 2030, avec les actifs en portefeuille, le groupe ambitionne les 500.000 onces d’or de production.

Change. Bank Al-Maghrib prépare l’abandon de l’ancrage au panier de devises

Le Maroc s’achemine-t-il vers une libéralisation totale du dirham ? C’est ce que l’on pourrait croire ou penser suite à la récente déclaration du chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) au Maroc lors de la conférence de presse tenue le 21 février dernier.

« La Banque centrale a annoncé son souhait de transiter vers un régime de ciblage de l’inflation avec un taux de change flottant sans rattachement à une autre monnaie. C’est une réforme complexe, elle est fondamentale », a déclaré Roberto Cardarelli.

Qu’en est-il réellement ? Selon une source sûre sondée par Médias24, le flottement du dirham dont parle le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, et donc également le FMI lors de sa sortie, consiste en trois points. « 1- le désancrage du dirham par rapport à l’euro et au dollar. 2- le ciblage de l’inflation. 3- l’augmentation raisonnable des bandes de fluctuation. »

« Le rythme de libéralisation suivra ensuite le rythme de l’économie », nous explique-t-on.

Un important changement de cap

Mais disons les choses clairement. L’opérationnalisation des deux premières étapes décrites ci-haut signifie que le régime de change marocain fera un pas de géant vers le régime de change flottant, mais dans la prudence habituelle. Car la caractéristique principale de ce dernier est qu’ »une monnaie n’est plus rattachée à un panier de devises et est déterminée sur le marché sans limite de fluctuation et sans intervention de la Banque centrale« . Si le désancrage est effectué, la seule barrière qui restera alors est celle de la bande de fluctuation, qui sera la variable d’ajustement de la Banque centrale.

Actuellement, le Maroc adopte un régime de change plus flexible où la parité du dirham est déterminée à l’intérieur d’une bande de fluctuation de plus ou moins 5%, par rapport à un cours central fixé par Bank Al-Maghrib sur la base d’un panier de devises composé de l’euro et du dollar américain à hauteur, respectivement, de 60% et 40%.

Cette deuxième phase de la réforme, dont l’horizon temps n’est pas encore défini, nécessite du temps pour sa mise en place, notamment en ce qui concerne le ciblage de l’inflation. Selon le FMI, « beaucoup de choses doivent s’agencer. Il faut modéliser la trajectoire de l’inflation d’ici deux ans et mettre en place des outils pour les prévisions ». La décision est donc prise mais ce ne sera pas du court terme.

C’est un chantier stratégique : nous l’expliquions dans un précédent article, le ciblage de l’inflation veut dire que la variable d’ajustement du taux de change sera la politique monétaire. Celle-ci déterminera la valeur du dirham à travers le taux directeur. En d’autres termes, le prix du dirham à l’intérieur (taux d’intérêt) définit sa contre-valeur en devises (taux de change).

https://medias24.com/2023/12/21/bam-la-deuxieme-etape-de-flexibilisation-du-taux-de-change-a-lhorizon/

 

La hausse du DH par rapport au Dollar sera peu significative pour les entreprises et la balance des paiements

On observe depuis le début de l’année, une volatilité notable du dollar sur le marché, entretenue par l’évolution de l’inflation, les hausses répétées du taux directeur et l’incertitude internationale marquée par les différents conflits.

Quel est l’impact sur la parité USD/MAD et les conséquences pour l’économie nationale ?

Une hausse du Dirham poussée par la baisse du dollar

Deux facteurs principaux permettent de décrypter l’évolution de la parité USD/MAD. Premièrement, un facteur exogène à la variation interne des changes du marché interbancaire, celle du panier devises, puis les conditions de liquidité sur le marché des changes.

Cette parité, depuis le début de l’année, évolue négativement. Contactée sur le sujet, une source de la place nous explique : « Depuis le début de l’année, on observe une variation haussière du dirham et une variation négative de l’USD/MAD, passant de 10,44 dirhams pour un dollar en début d’année à 10,22 dirhams pour un dollar au 7 novembre ».

Cela est poussé par plusieurs facteurs, notamment la baisse du dollar à l’international. « Une grande partie de la variation de l’USD/MAD s’explique par la baisse du dollar à l’international. Aujourd’hui, il faut noter que la FED réduit les évolutions haussières de son taux directeur et a même annoncé un statu quo lors de sa dernière réunion la semaine dernière. Le dollar a donc freiné sa tendance haussière, et nous voyons désormais une dépréciation du billet vert à l’international par rapport à ses principales devises de référence », explique notre source.

Les conditions de liquidités sont confortables dans le pays

Aujourd’hui, le dirham s’apprécie face au dollar. Cela est notamment provoqué par les bonnes conditions de liquidité sur le marché des changes. « Nous sommes actuellement sur une tendance favorable aux conditions de liquidité sur le marché de change. Cela s’explique avec la reprise des flux exports et une maîtrise importante de tout ce qui est annexé aux exportations ; nous sommes sur des flux nets au niveau de l’USD/MAD et qui sont assez positifs », explique notre source.

C’est d’ailleurs ce qui a été reflété principalement sur la parité USD/MAD. « Cette dynamique a été d’autant plus soutenue par les bonnes conditions de liquidité au Maroc, qui sont assez favorables », rappelle notre interlocuteur. On parle ici des éléments qui impactent positivement la position des changes des banques au Maroc, à savoir la situation nette des flux imports exports. « Nous sommes sur des tendances positives avec les records concernant les recettes MRE et Voyages ainsi que la participation des recettes IDE. Ces éléments soutiennent la liquidité sur le marché », poursuit notre source.

L’opération Marhaba a permis d’améliorer nettement la liquidité et le soutien du dirham durant la période estivale. « Mais il faut toujours se référer à la tendance de la parité EUR/USD qui, elle aussi, a été positive », explique-t-il.

Un effet change qui sera cependant peu significatif sur la balance des paiements

Concernant les importations et exportations de biens et service du Maroc, cette variation de la parité impactera peu les différents acteurs. Cela provient du fait que l’appréciation du dirham demeure assez discrète.

« Fondamentalement, l’impact sera assez minime pour le pays. Nous ne parlons pas d’une appréciation du dirham de 10%, mais d’environ 2,5% ou 3%. Au niveau des exportations, l’effet volume jouera beaucoup plus favorablement ou défavorablement que l’effet change. L’effet change n’est pas significatif comme il l’a été l’an dernier, où nous étions d’ailleurs sur une dépréciation de 10% du dirham. Cela était visible sur les comptes des entreprises et la balance des paiements », explique notre source.

In fine, l’effet volume sera donc le facteur déterminant dans l’évolution des conditions de l’équilibre sur le commerce extérieur. « Si l’an dernier, l’effet change a été un effet globalement favorable pour les exportateurs, on remarque que cette année, nous sommes plutôt sur une tendance peu significative au niveau des tendances macroéconomique. Le paramètre change est donc bien maîtrisé et les conditions sont favorables sur le marché des changes marocains », conclut notre source.

Le dirham s’apprécie face au dollar

Ce mardi 10 janvier, vers 8h30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait ressortir la bande de fluctuation suivante :

Ci-après la cotation du lundi :

La monnaie nationale s’apprécie face au dollar suite à l’appréciation de la parité EUR/USD sur les marchés internationaux.

> Parité EUR/USD au 10 janvier :

Le dirham s’apprécie face au dollar

Ce vendredi 6 janvier, vers 8h30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait ressortir la bande de fluctuation suivante :

Ci-après la cotation du jeudi :

La monnaie nationale se déprécie timidement face au dollar suite à la hausse de la parité EUR/USD sur les marchés internationaux.

Parité EUR/USD au 6 janvier :