Don de sang. Lancement de campagnes dans les différentes régions du Maroc

Dans un communiqué, l’Agence indique que ce programme, lancé à l’occasion de la Journée nationale du don de sang, vise à élargir la base des donneurs volontaires et à rapprocher les services de collecte des populations dans tous les territoires.

L’Agence renouvelle ainsi son appel à une participation volontaire, régulière et responsable, en particulier auprès de la jeunesse marocaine, et invite l’ensemble des forces vives de la société civile à accompagner cette mobilisation collective pour faire du don de sang un engagement citoyen durable au service du droit à la vie.

Célébrée chaque année le 14 juin, la Journée nationale du don de sang constitue une occasion de mobilisation citoyenne, destinée à ancrer la culture du don de sang comme un acte humanitaire essentiel, ajoute la même source.

Elle représente également une opportunité de sensibilisation à l’importance du don régulier, qui contribue de manière déterminante à renforcer la sécurité transfusionnelle nationale et à répondre en permanence aux besoins du système de santé, notamment en cas d’urgences médicales, d’interventions chirurgicales complexes ou dans le traitement des maladies chroniques.

À cette occasion, l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés adresse ses plus vifs remerciements et sa profonde reconnaissance à l’ensemble des donneuses et donneurs de sang à travers le Royaume qui, par leurs dons réguliers, incarnent les valeurs les plus nobles de solidarité et de cohésion sur lesquelles repose la société marocaine.

Le CHU Ibn Rochd organise la Semaine de collecte de sang à partir du 10 juin prochain

La collecte de sang se déroulera du lundi 10 au vendredi 14 juin 2024.

La future Agence marocaine du sang et de ses dérivés remplacera le CNTS et les CRTS

Le ministère de la Santé avait examiné jeudi 1er décembre cinq projets de loi dans le cadre de la réforme du système de la santé. L’approbation de ces textes est prévue ce jeudi 8 décembre. Il s’agit du :

Principales missions de l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés

Selon nos informations, dans la note de présentation du texte portant sur la création de l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés, le ministère de la Santé rappelle l’importance de cet élément vital dans le secteur de la santé, l’importance de mobiliser tous les moyens possibles pour le fournir, et ainsi la nécessité de créer cette Agence pour remplacer le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) et ses centres régionaux (CRTS), et faire ainsi face aux problématiques et contraintes qu’ils rencontrent.

Ce projet de loi comporte six chapitres et 25 articles, qui s’articulent autour des axes suivants :

– La fixation des missions et des prérogatives de l’Agence marocaine du sang en relation avec la politique de l’Etat, qui a pour objectif de développer un stock de sang humain et de dérivés de sang, capable de répondre aux besoins nationaux ;

– La fixation des organes d’administration et de gestion de l’Agence, ses missions et son organisation administrative et financière ;

– La fixation des conditions et modalités de transfert du personnel du CNTS et CRTS vers l’Agence marocaine du sang.

Comme l’Agence du médicament, l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés, qui sera sous la tutelle de l’Etat, sera basée à Rabat. Des représentations au niveau du territoire national seront créées sur décision de son conseil d’administration.

L’Agence du sang sera, entre autres, chargée d’appliquer les visions stratégiques de l’Etat visant à assurer le développement du stock de sang humain ainsi que ses dérivés, afin de répondre au besoin national, et d’en assurer la qualité. Elle aura ainsi pour missions :

– La participation à l’élaboration de la politique nationale relative au sang, son application, son suivi et son évaluation ;

La collecte du sang auprès des donneurs, son traitement, sa conservation et sa transformation ;

Surveiller le développement du stock de sang et ses dérivés au niveau national ainsi que sa distribution ;

– La fourniture de tous les établissements de santé relevant des secteurs privé et public en sang, plasma, concentré de globules rouges et concentré de plaquettes standards, en fonction de leur besoin ;

– La fixation et la révision des tarifs des sacs de sang ;

– L’autorisation de la création de magasins de stockage de sang et de ses dérivés à court terme au sein des établissements sanitaires relevant des secteurs public et privé ;

– La réalisation de diagnostics dans le secteur de la transfusion sanguine ;

– L’amélioration de l’extraction des cellules pariétales ;

– Le contrôle de la qualité du plasma utilisé dans la préparation des médicaments ;

– Assurer la qualité du sang et de ses dérivés ;

– L’autorisation de l’importation et de l’exportation du sang et de ses dérivés, excepté les produits sanguins fixes ;

– La participation à la surveillance épidémiologique dans le domaine de la transfusion sanguine ;

– La participation à la formation continue des professionnels de la santé dans le domaine de la transfusion sanguine.

Elle sera également amenée à :

– Réaliser et développer les recherches et études scientifiques en relation avec ses domaines d’expertise, en coordination avec les différentes entités et organisations concernées ;

– Suivre les nouveautés dans le domaine de la transfusion sanguine, leur application et généralisation au niveau national ;

– Exprimer son avis concernant les projets de textes réglementaires et d’application qui lui sont proposés par le gouvernement et présenter des propositions d’amélioration sur les lois en vigueur ;

– Exprimer son avis sur les dossiers en relation avec son domaine d’expertise, qui lui sont proposés par le gouvernement ;

– Proposer des améliorations du système actuel de transfusion sanguine ;

– Participer à la coopération internationale ;

– Participer à la veille sanitaire et épidémiologique, en coordination avec les secteurs et établissements concernés ;

– La sensibilisation, l’encadrement et la communication.

Par ailleurs, dans le cadre de l’échange d’expertise, l’Agence du sang, tout comme celle du médicament, est habilitée à signer des contrats et conventions avec les acteurs locaux ou internationaux.

L’Agence marocaine du sang et de ses dérivés remplacera ainsi le Centre national de transfusion sanguine et l’ensemble des centres régionaux de transfusion sanguine, dans tous leurs droits et obligations

Gestion administrative et financière de lAgence

L’Agence marocaine du sang et de ses dérivés sera gérée par un conseil d’administration et un directeur. Le conseil sera composé de représentants et de personnalités connus pour leurs compétences et expertises scientifiques, techniques et juridiques dans le domaine de la transfusion sanguine. Le président du conseil peut, à titre consultatif, convoquer des experts aux réunions du conseil. Les modalités d’application de ce point seront fixées par un texte d’application.

Le conseil d’administration est chargé, entre autres, d’examiner les programmes de travail annuels ou pluriannuels de l’Agence, de fixer la politique générale de celle-ci, d’approuver le statut fondamental du personnel réalisé par le directeur, d’approuver sa structure organisationnelle, d’approuver les rapports annuels réalisés par le directeur ainsi que les projets de convention avec les entités nationales et étrangères, de fixer les budgets annuels et de décider de l’acquisition ou de la location des biens. Le conseil peut également créer des commissions d’enquête et d’évaluation périodiques.

Le conseil d’administration devra également créer des représentations au niveau national ainsi que des unités locales de collecte et de stockage de sang.

Le conseil d’administration se réunit sur invitation du président, par sa propre initiative et sur demande du tiers de ses membres, à chaque fois que nécessaire, et au moins deux fois par an, avant le 30 juin pour approuver les listes synthétiques de l’année passée, et avant le 30 novembre pour examiner et fixer le budget annuel de l’année suivante.

Pour sa part, le directeur de l’Agence peut assister à titre consultatif aux réunions du conseil d’administration. Ce dernier, qui est nommé selon la réglementation en vigueur, dispose de tous les pouvoirs pour gérer ladite Agence. Il sera ainsi chargé de mettre en œuvre les décisions du conseil d’administration, de gérer les affaires de l’Agence et de coordonner ses activités, de gérer les services et les ressources humaines, de préparer les projets de budget annuels, ainsi que les rapports annuels des activités qu’il exposera devant le conseil pour approbation. Il représentera également l’Agence vis-à-vis de l’Etat et toutes les institutions publiques ou privées, et devant la justice.

Transfert du personnel et des biens

Les fonctionnaires titularisés et stagiaires des CNTS et CRTS seront transférés vers l’Agence du sang et de ses dérivés à l’entrée en vigueur de la loi portant sur sa création, tout en gardant leurs droits et avantages, et ce jusqu’à l’adoption du statut fondamental de la nouvelle Agence.

Les biens de ces centres seront également mis, gratuitement, à la disposition de l’Agence du sang à la date d’entrée en vigueur de ladite loi. La liste des biens sera fixée par un texte d’application. Les archives, documents et dossiers des centres subiront aussi le même sort.

L’Agence du sang disposera en outre de cadres et d’agents qu’elle emploiera, ainsi que de fonctionnaires attachés, et pourra recourir à des experts ou conseillers qu’elle embauchera sous contrat, pour la réalisation de taches déterminées, pour une durée précise.

Par ailleurs, le terme « service de transfusion sanguine » sera remplacé par « Agence marocaine du sang et de ses dérivés » au niveau de la loi 03-94 relative au don, au prélèvement et à l’utilisation du sang humain. Par ailleurs, la référence au CNTS et aux CRTS sera remplacée par l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés.

Cette loi entrera en vigueur à partir de la date de publication de ses textes d’application au Bulletin officiel (B.O.), lesquels doivent être publiés dans un délai d’une année au maximum après la publication de cette loi au B.O.

Le stock de sang national couvre à peine 2 à 3 jours

Le stock de sang devrait, au minimum, couvrir 7 jours de consommation, d’après les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’agence onusienne estime à 3% la représentativité idéale de la population donneuse.

Au Maroc, on est loin d’atteindre ces chiffres de sécurité. En effet, le stock national ne dépasse pas 2 à 3 jours de consommation, en raison du contexte épidémique actuel et de la période des vacances, explique le Dr Amel Darid, directrice du Centre régional de transfusion sanguine de Casablanca-Settat, jointe par Médias24.

Le Maroc n’a atteint, à l’heure actuelle, que 1% de la population donneuse, ce qui est toujours en deçà du pourcentage recommandé par l’OMS, poursuit le Dr Darid. Elle estime que cette situation est due principalement à la culture du don du sang ainsi qu’à la communication autour de ce sujet, qui sont faibles au Maroc.

Des chiffres alarmants, d’autant que le besoin national actuel est de 1.000 donations de sang par jour, s’inquiète le Dr Darid, signalant que ce sont d’abord les grandes villes qui souffrent du bas niveau de la réserve nationale, notamment Casablanca, Rabat, Tanger, Oujda et Agadir.

La responsable cite l’exemple de la région Casablanca-Settat qui, à elle seule, a besoin de 500 à 600 poches de sang par jour. D’autres régions, moins grandes, se voient livrer 60 à 100 poches quotidiennement. Casablanca-Settat enregistre la plus grande consommation au niveau du Royaume puisqu’elle abrite l’un des plus grands hôpitaux du pays, à savoir le CHU Ibn Rochd, représentant 36% de la consommation nationale. Pourtant, le nombre de donateurs au niveau de cette région reste limité à 200 demandes par jour, nous explique encore le Dr Darid.

Pour pallier les faibles réserves nationales de sang, le Centre national de transfusion sanguine a lancé, les 23 et 24 février, une campagne nationale de sensibilisation au don de sang sous le slogan « Le don de sang est la responsabilité de tous ».

Lancée au niveau du siège de la Société nationale de la radiodiffusion et de la télévision (SNRT), à Rabat, cette campagne vise à fournir 5.000 poches de sang à l’échelle nationale, indique le ministère de la Santé et de la protection sociale dans un communiqué.

Intervenant en droite ligne avec les directives royales, qui encouragent l’action solidaire et le don de sang en particulier, cette initiative vise à assurer un approvisionnement sécurisé en sang, soit un stock de réserve couvrant au moins sept jours de besoins, lit-on encore dans le communiqué.

D’autres initiatives privées ont été lancées, comme celle du groupe Akdital qui organise des journées de don du sang :

Donner du sang est un acte qui dure au total 10 minutes. Seulement 450 ml de sang sont prélevés du corps du donneur. Il est pourtant d’une importance majeure car il permet de sauver l’équivalent de trois vies, conclut le Dr Amel Darid.

Don du sang : les réserves nationales au plus bas, situation critique à Casablanca

« Le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) dispose actuellement de 3.000 poches de sang« , nous confie sa directrice, Dr Khadija Lahjouji.

« Ce stock permet de couvrir les besoins de 3 à 4 jours de consommation. Il reste toutefois loin des 7 jours de sécurité recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. » Il faut dire que cette recommandation n’a plus été réalisée au Maroc depuis le début de pandémie de Covid-19.

La situation des réserves dépend de la fréquence des dons, mais aussi de la taille de la zone urbaine. Les grandes villes, où la consommation est élevée, restent les plus touchées par la pénurie, contrairement aux petites villes qui, elles, parviennent à s’en sortir.

« A Casablanca, par exemple, où le besoin s’élève à 400 donneurs par jour, soit 400 poches de sang quotidiennes, le stock sanguin permet, à peine, de couvrir le besoin d’une seule journée. Ce qui signifie que le sang collecté est directement qualifié au niveau des laboratoires, pour être envoyé dans la même journée aux malades. » La situation dans la métropole est donc critique, d’autant qu’elle dispose de nombreux hôpitaux, cliniques et centres de soin et qu’elle accueille les patients des communes alentour et d’autres petites villes.

Selon la directrice du CNTS, cette baisse des réserves s’explique par deux facteurs : « les élections et le report de la rentrée scolaire ».

« Nous avons régulièrement des périodes critiques et celle-ci en fait partie. Les citoyens ne pensent jamais à donner leur sang lorsqu’ils sont préoccupés par d’autres événements », indique Dr Lahjouji.

La vaccination n’est pas une contre-indication au don de sang

« Dans le contexte actuel, marqué par la campagne nationale de vaccination anti-Covid et par l’administration de la 3ème dose, les citoyens sont un peu réticents à l’idée de donner leur sang après la vaccination.

Pour s’assurer de l’éligibilité au don de sang après la vaccination, le CNTS effectue, régulièrement, un benchmarking des recommandations des hautes institutions au niveau international, pour guider ses centres régionaux.

Dans une note (fac-similé ci-dessous) adressée récemment à ceux-ci, le centre national indique que le don du sang peut se faire 7 jours après n’importe quelle dose du vaccin anti-Covid et n’importe quel vaccin administré au Maroc, à savoir AstraZeneca, Pfizer, Janssen ou Sinopharm.

Si un citoyen souffre de quelques effets indésirables après l’injection du vaccin, il ne pourra donner son sang que 7 jours après la résolution complète de ces symptômes.

Les dons peuvent se faire dans les 18 centres régionaux et leurs unités mobiles

En cette période critique, Dr Lahjouji appelle tous les citoyens, âgés de 18 à 65 ans, à faire un don de sang dans les 18 centres régionaux relevant du Centre national de transfusion sanguine, ou au niveau de leurs unités mobiles.

« Notre politique actuelle est de rapprocher le service du citoyen, en multipliant les centres de prélèvement et en créant davantage d’unités mobiles et de maisons de don. »

Afin de rassurer les donneurs, notre source nous fait savoir que « lors du don, chaque personne fait l’objet d’une consultation médicale. Dans chaque centre, nous disposons d’un médecin qui décide de l’aptitude du donneur à donner son sang. Si ce dernier présente des contre-indications provisoires, telles que la fièvre ou la prise de certains médicaments, le don est reporté. En cas de contre-indications définitives, le don ne peut pas être effectué », précise Dr Lahjouji.

Note adressée par le CNTS aux centres régionaux de transfusion sanguine

Centres de transfusion sanguine: Moins de donneurs, moins d’argent et moins de ressources humaines (rapport)

Ce rapport, dont Médias 24 détient copie, a été présenté mardi 25 mai devant la Commission parlementaire des secteurs sociaux. Il s’agit d’un diagnostic du secteur, à l’issue duquel des recommandations ont été émises pour le mettre à niveau.

Au total, ce rapport comprend huit volets. Il s’agit de l’évaluation des moyens humains et techniques du secteur, la formation continue des professionnels de la santé, les indicateurs relatifs au don de sang, la qualité du sang, la production des médicaments dérivés sanguins, les ressources financières et la gouvernance.

Un déficit en moyens humains estimé à plus de 30%

Les centres de transfusion sanguine au Maroc emploient au total 391 professionnels de la santé (médecins, infirmiers, et personnel administratif). Afin d’améliorer leur rendement, le besoin s’élève, selon le rapport, à 183 employés, toutes catégories confondues. Le déficit s’établit ainsi à 32%.

Environ 60% de ces employés, en particulier les médecins et infirmiers, s’approchent de l’âge de la retraite. Seuls 10% sont âgés de moins de 30 ans.

Le rapport épingle également un problème de formation continue. Cela est notamment dû à la demande croissante de sang et de ses dérivés, le développement du système de transfusion sanguine suite à la multiplication des centres régionaux (18) et des banques de sang (32), le développement des techniques de collecte et de distribution de sang par le CNTS, ainsi que l’expansion de son activité pour inclure la production de médicaments dérivés sanguins.

Il note aussi l’absence de branches de spécialisation en transfusion sanguine dans les facultés marocaines de médecine et les centres de formation d’infirmiers.

Quant à l’indemnisation, les employés de ces centres travaillent toute la semaine, en plus des gardes effectuées le soir et les weekends, sans être indemnisés ni sur la garde ni sur le rendement.

Il a donc été recommandé de :

-Employer un nombre suffisant de personnes pour combler le déficit actuel, tout en tenant compte de celles qui devraient bientôt prendre leur retraite ;

-Mettre en place un système d’indemnisation sur les gardes effectuées le soir et le weekend, ainsi qu’une indemnisation sur le rendement ;

-Programmer des formations continues au profit des professionnels de la santé pour accompagner l’évolution scientifique et médicale ;

-Créer, au niveau des facultés de médecine et des centres de formation d’infirmiers, des branches de spécialisation en transfusion sanguine.

Baisse des ressources financières depuis 2016

Le centre national de transfusion sanguine souffre, depuis 2016, d’une baisse des ressources financières, suite à la hausse des dépenses. Cette hausse s’explique premièrement par l’importance des dépenses d’investissement, notamment avec l’automatisation des techniques transfusionnelles et la gestion informatique de sang.

Les autres éléments qui expliquent cette situation sont l’augmentation du nombre des donneurs d’une part, (plus de 81.417 personnes entre 2010 et 2016), qui a engendré une hausse conséquente des dépenses liées au traitement du sang et la hausse de la consommation de sang, au niveau des centres relevant des hôpitaux d’une autre part, sans que ces derniers ne remboursent leurs factures. « Les sommes non versées par les hôpitaux au profit du CNTS s’élèvent à 9 millions de DH en 2016 », précise le rapport.

Quant à la baisse des ressources financières, elle s’explique principalement par la baisse de 50% des ventes de médicaments dérivés sanguins produits par le CNTS, en raison de la concurrence déloyale avec les sociétés privées. « Le ministère de la Santé lance des appels d’offres auxquels le CNTS ne peut soumissionner. Les achats se font donc auprès des sociétés privées, qui importent ces médicaments de l’étranger à des prix beaucoup plus élevés (voire le double) que ceux proposés par le centre. Ce qui induit un gaspillage non justifié des ressources de l’Etat ».

Les membres de cette mission appellent ainsi à revoir la gouvernance du système de transfusion sanguine, avec une révision de la forme juridique du CNTS. Ils appellent également au recouvrement des dettes des hôpitaux.

Ces membres recommandent aussi au ministère d’autoriser le Centre nationale à participer aux appels d’offres lancées pour s’approvisionner en médicaments dérivés sanguins, d’autant plus que ceux fabriqués au Maroc correspondent plus à la population marocaine. La fabrication de ce type de médicaments doit également être développée au Royaume, ce qui permettra au CNTS d’atteindre l’autosuffisance, mais aussi d’en exporter à l’étranger.

Le nombre de donneurs en amélioration, les réserves en baisse en été

Sur le volet relatif aux dons de sang, le rapport note une amélioration du nombre de donneurs de sang au Maroc. En 2018, le pays comptait 9,3 donneurs par 1.000 habitants, contre 5,6/1.000 hab en 2012. Les donneurs volontaires sont également passés de 65% à 95%.

Le Royaume reste toutefois loin des niveaux enregistrés dans les pays riches (36,8/1.000 hab), et les pays à revenu moyen (11,7/1.000 hab). Il y a également une grande disparité entre les villes, ce qui a permis à la commission de classer les centres régionaux de transfusion sanguine en quatre catégories :

– Les centres ayant enregistré une évolution importante du nombre de donneurs entre 2016 et 2017 : Meknès (+22%) et El Jadida (+17%) ;

– Les centres ayant enregistré une évolution moyenne, allant de +2 à +6% : Agadir, Ouarzazat, Marrakech, Tétouan et Safi ;

– Les centres ayant enregistré une faible évolution (moins de 1%): Casablanca, Rabat et Beni Mellal ;

– Les centres ayant enregistré une évolution négative: El Hoceima (-20%), Fès (-10%), Laâyoune, Tanger et Errachidia.

Quant au stock de sang, des baisses drastiques sont annuellement enregistrées entre la 25e et la 40e semaine, qui coïncident avec la période estivale. Ce qui peut engendrer des situations critiques, d’autant plus que la demande augmente en cette période de l’année, principalement en raison de la hausse des accidents sur la route.

Le rapport note, par ailleurs, que la qualité du sang dans les différents centres du Royaume est bonne, malgré les moyens humains et techniques limités.

La commission appelle ainsi à mener des enquêtes au niveau des centres enregistrant un faible nombre de donneurs afin d’en comprendre les raisons. Une autre enquête doit être réalisée pour comprendre les raisons de la baisse drastique des réserves en été.

Par ailleurs, elle recommande la mise en place d’une stratégie de suivi et de contrôle continue du stock de sang au niveau de toutes les régions, d’une stratégie de sensibilisation au don de sang, et d’établir un guide pour rationaliser l’usage de sang et éviter le gaspillage.

Don de sang : Les réserves nationales s’améliorent, situation encore critique à Casablanca

Le stock actuel de sang au niveau national permet de couvrir les besoins de 4 jours, apprend Médias 24 auprès du Dr. Khadija Lahjouji, directrice du Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie du Maroc (CNTSH).

« Certes, la situation s’est améliorée grâce aux campagnes de don de sang organisées par les FAR et les forces auxiliaires, mais nous restons toujours sur nos gardes, puisque l’Aid Al Fitr approche. Il y a toujours une baisse du stock durant les jours fériés, puisque tout ce qui est collecté est directement livré » aux hôpitaux et autres. Il n’y a donc pas un stock de sécurité conséquent sur lequel le centre peut s’appuyer.

De plus, les centres régionaux de transfusion sanguine n’ouvrent pas le jour de l’Aid. Certains d’entre eux rouvrent le 2e jour, et d’autres, dont le stock le permet, ne reprennent qu’au 3e jour. «Les centre qui se trouvent notamment dans les grandes villes, sont pour leur part obligés de travailler ce weekend pour éviter la pénurie ».

Dr. Lahjouji souligne également que « malgré cette amélioration, on reste toujours en dessous de la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui est de 7 jours ».

A Casablanca, les réserves permettent à peine de couvrir les besoins de 48 H

D’après notre source, « les grandes villes sont toujours les plus touchées par la pénurie ». Les centres de transfusion sanguine sont répartis en trois catégories :

– Les centres à grande cadence, qui réalisent entre 60.000 et 80.000 dons par an, tels que ceux de Casablanca et Rabat ;

-Les centres à moyenne cadence, qui réalisent entre 20.000 et 30.000 dons par an, tels que ceux de Fès, Oujda, Marrakech, Agadir et Tanger ;

-Les centres à petite cadence, qui réalisent moins de 10.000 dons par an. Il s’agit des centres des petites villes, où le besoin et la demande sont faibles.

D’après la directrice du CNTSH, les centres à grande cadence sont ceux qui se trouvent dans les villes qui disposent de CHU, avec des services d’hémato-oncologie, et de cliniques d’hématologie. Ces services sont de grands consommateurs de produits sanguins. « A Casablanca, par exemple, dont le besoin est estimé à 600 poches de sang par jour, les réserves permettent à peine de couvrir les besoins de 48 H. Tout ce qui est collecté est distribué le lendemain ».

En revanche, la situation est maîtrisée dans les villes où il n’y a pas de CHU, et où le stock de sécurité est suffisant.

Dr. Lahjouji rappelle que « chaque personne peut aider trois autres, puisque le sang est séparé en trois composants: le concentré des globules rouges, qui est le plus concerné par la pénurie, le concentré des plaquettes standard et le plasma précongelé ». Ainsi, chaque donneur permet d’obtenir trois poches.

Rappelons aussi qu’après Ramadan, et donc à partir du samedi 15 mai, la collecte reprendra en pleine journée. Pour faire un don, il suffit de se présenter au centre de transfusion sanguine le plus proche ou prendre rendez-vous en appelant le: 0537.77.33.24 ou le 0537.77.49.93, ou en contactant le CNTSH via l’adresse e-mail: com.prom.cntsh@gmail.com.

Don du sang, Ramadan et couvre-feu : crainte d’une pénurie

Sur les réseaux sociaux, Dr. Amal Darid, directrice du CRTS Casablanca-Settat, alerte depuis, quelques jours, sur un risque de pénurie dans la région.

Jointe par nos soins, elle nous explique ce qui suit : « il est vrai qu’on n’est pas en confinement, mais nous avons un couvre-feu nocturne. Durant le mois de Ramadan, on a l’habitude de travailler, à côté des mosquées », à travers des unités mobiles « puisque les gens ne peuvent pas faire des dons à jeun ». « La moitié de notre production est, donc, réalisée près des mosquées, durant le mois sacré. Cette année, non seulement, celles-ci sont fermées mais les gens ne peuvent pas, non plus, se déplacer au centre, à cause du couvre-feu ».

En effet, un couvre-feu national de 20h à 6h du matin a été décrété le 7 avril dernier par le gouvernement, pendant le mois sacré. Les déplacements ne sont, ainsi; autorisés que dans des cas spéciaux. Suite à cette décision, le ministère des Habous a, de son côté, annoncé la fermeture des mosquées, pour les prières d’Al Icha’a, des Tarawih et d’Al Fajr.

« Avant de prendre de telles décisions, il fallait, au moins, prendre en compte les exceptions, notamment le don du sang, et donner des autorisations spéciales, à l’avance dans ce sens », déplore Dr. Darid.

Rappelons que l’année passée, lorsque Ramadan est intervenu en plein confinement, les citoyens pouvaient se déplacer, grâce à l’autorisation de circulation, en cochant la case « déplacement pour des raisons impérieuses ».

Les réserves actuelles à Casablanca couvriront à peine les prochaines 48H

La situation est critique à Casablanca, à en croire notre interlocutrice. « Il est vrai que j’ai mené une petite stratégie, en amont, qui nous permet de couvrir la première semaine du Ramadan, mais on a la même consommation quotidienne, qui ne baisse pas. On fait sortir 500 à 600 poches de sang par jour et on reçoit à peine 5 à 6 donneurs le même jour », soit l’équivalent de 5 à 6 poches de sang. « Comment va-t-on solutionner cette équation ? c’est dur, et presque impossible », regrette-t-elle.

Ce faible nombre de donneurs s’explique, d’après Dr. Darid, par le fait que « seules les personnes qui disposent d’autorisations spéciales peuvent faire les dons, après le Ftour »,  puisqu’en effet, l’heure de la rupture du jeûne intervient, depuis le début du mois sacré, entre 19H05 et 19H10 à Casablanca, ce qui laisse moins d’une heure aux gens pour se déplacer, un gap loin d’être suffisant.

« J’ai fais des appels, à plusieurs reprises, à ces personnes, telles que le personnel de la sûreté nationale, de la gendarmerie royale, de la protection civile ou encore les médecins, pour faire des dons, mais personne ne bouge. C’est un problème de culture ».

Dr. Darid dénonce, également, le fait que « les autorités ne veulent toujours pas nous octroyer une autorisation exceptionnelle. Nous avons envoyé des courriers au Wali de la région, au préfet de police de Casablanca et au Centre national de transfusion sanguine, en vain. Nous n’avons pas encore eu de retour ». En attendant, le stock de sang à Casablanca s’effrite, « les réserves actuelles permettant à peine de couvrir les besoins des prochaines 48H ».

« Une pénurie pourra coûter la vie à plusieurs personnes » déplore-t-elle, en appelant le ministère de l’Intérieur « à trouver une solution » à cette situation délicate.

Des autorisations internes

Pour pallier cette problématique, le CRTS en question a décidé de formuler des autorisations individuelles et collectives, pour permettre aux bénévoles de se déplacer vers le centre le soir.

« Jusqu’à présent, nous n’avons aucune autorisation officielle du ministère de l’Intérieur. Il s’agit d’une initiative du centre, puisque c’est l’un des principaux du Royaume. »

« Nous avons ainsi formulé des autorisations individuelles et collectives aux personnes qui veulent faire des dons, après le Ftour. Le donneur n’a qu’à se présenter au centre, en milieu de journée, prendre un formulaire qu’il doit remplir, en précisant notamment son numéro de CIN. Le document est ensuite cacheté, et précise la date et l’heure du don. Le soir, après avoir donné son sang, nous remettons au donneur une attestation qu’il pourra présenter aux autorités, pour prouver qu’il est sorti pour une raison impérieuse. Humainement parlant, je ne crois pas que les agents de police vont sanctionner des personnes sorties, pour donner leur sang. Ils restent compréhensifs ».

Certaines associations avec lesquelles le centre est en contact « se sont, également, engagées à nous ramener des groupes de donneurs. Nous leur avons, donc, formulé des attestations collectives ».

Une pénurie nationale?

Dr. Amal Darid nous confirme que « la pénurie concerne tout le Royaume, puisque toutes les régions en souffrent, à cause du couvre-feu. Toutefois, on ne peut pas comparer des petites villes comme Guelmim, Laâyoune, et Dakhla avec la région de Casablanca-Settat ». Jointe pas nos soins, une source au sein du CNTS nous confie, pour sa part, qu »‘il n’y a pas de pénurie au niveau national », tout en se gardant de nous livrer les chiffres, « n’étant pas disponibles actuellement ».

« Nous avons plus de 8 millions d’habitants, 610 établissements à couvrir, et 600 poches de sang à sortir par jour », poursuit Dr. Darid. « Casablanca dispose, également, du plus grand CHU au Maroc et qui accueille des patients de tout le Royaume. On a, ainsi, des cas très urgents, de nombreuses femmes qui accouchent chaque jour et qui peuvent faire des hémorragies de délivrance et de grandes opérations du coeur et de traumatologie qui nécessitent beaucoup de sang. On a, également, des services d’oncologie et, donc, entre 400 et 500 enfants, atteints de cancer qui ont besoin, chaque semaine, d’une ou de deux poches de sang. C’est dire que la charge de travail, dans une région comme Casablanca-Settat, se fait sentir, plus que dans une autre région ».

« Casablanca-Settat est une région très consommatrice de sang« . Si un drame arrive à cause d’une pénurie, « cela touche toute la famille. Nous avons, donc, besoin d’un traitement de faveur », conclut notre source.

Réserves de sang: niveau critique dans les grandes villes, 1 jour de stock à Casa

La situation est toujours critique depuis le dernier appel au don, lancé fin octobre par le Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie du Maroc (CNTSH). 

« Nous recueillons en moyenne 400 à 500 poches de sang par chaque jour, mais elles ressortent rapidement, ce qui nous empêche de constituer un stock de sécurité », nous explique la directrice du Centre, Dr. Khadija Lahjouji, jointe par nos soins.

« Les réserves de sang peuvent couvrir les besoins de la population pour 3 jours, ce mercredi 11 novembre, ce qui est très peu ». Le Royaume est donc encore loin des 7 jours de sécurité recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Cette situation s’explique par le contexte actuel, marqué par la pandémie du Covid. « Il faut dire que le don de sang n’est pas une priorité pour nos concitoyens en ce moment, avec tout ce qui se passe », nous confie notre source. 

« La situation est plus grave dans les grandes villes qui disposent d’un CHU, telles que Casablanca, Fès, Rabat, Tanger et Marrakech » ajoute Dr. Lahjouji. « A Casablanca par exemple, où la demande est très élevée, les réserves ne peuvent couvrir qu’une journée« , alors qu’à elle seule, la métropole a besoin de 600 poches de sang quotidiennement. 

« A Rabat et Fès, la situation ne s’est pas améliorée non plus. Le stock actuel ne peut couvrir que 2 jours de besoin de la population dans chacune des deux villes », conclut-elle, appelant ainsi les gens à se mobiliser pour aider les personnes actuellement en situation critique, et celles qui ont quotidiennement besoin de sang.

Rappelons que le Maroc a besoin de 1.000 dons de sang par jour, et chaque personne peut aider trois autres. Le sang est séparé en trois composants: le concentré des globules rouges, qui est le plus concerné par la pénurie, le concentré des plaquettes standard et le plasma précongelé. Donc au total, 1.000 donneurs permettent d’obtenir 3.000 poches, 1.000 de chaque composant.

Pour faire un don, il suffit de se présenter au centre de transfusion sanguine le plus proche ou prendre rendez-vous en appelant le: 0537.77.33.24 ou le 0537.77.49.93, ou en contactant le CNTSH via l’adresse e-mail: com.prom.cntsh@gmail.com

Niveau critique des réserves de sang dans les grandes villes

Le Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie du Maroc (CNTSH) alerte sur la situation actuelle des réserves de sang au niveau national, en particulier dans les grandes villes. Il a ainsi lancé, le 20 octobre, un appel au don, pour inciter les gens à se mobiliser pour venir en aide aux patients qui ont continuellement besoin de sang.

« Les réserves au niveau national s’élèvent à 3.304 poches de concentré de globules rouges. Il s’agit du composant de sang le plus consommé, et donc le plus concerné par les pénuries », nous confie la directrice du Centre, Khadija Lahjouji.

« Ces poches peuvent couvrir les besoins de la population entre 4 et 5 jours, au jeudi 22 octobre 2020. On est donc capable de répondre aux besoins des gens, mais on n’arrive pas à atteindre les 7 jours recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) », ajoute notre source.

La situation est critique à Casablanca « où les réserves ne peuvent couvrir qu’une journée, et où la demande est très élevée ». Ce qui veut dire que si le nombre de dons nécessaire par jour n’est pas collecté (600 poches de sang), le centre sera dans l’incapacité de répondre aux besoins des citoyens demain.

« Cela est dû à la situation actuelle, marquée par la pandémie du covid, ainsi que la rentrée scolaire. En fait, outre le covid, cette période de l’année est toujours marquée par une pénurie des réserves, au niveau international ».  

« Toutes les grandes villes qui disposent de CHU sont concernées par cette pénurie, tels que Fès, Rabat et Marrakech », souligne Dr. Lahjouji. En effet, les centres hospitaliers universitaires disposent de services d’hémato oncologie qui consomment de grandes quantités de sang, puisqu’ils traitent des gens atteints de maladies graves et chroniques, dont le besoin en sang est régulier. Pa exemple, « à Fès et à Rabat, les stocks de sang ne peuvent couvrir que 2 jours ».

Le Maroc a besoin de 1.000 dons de sang par jour, et chaque personne peut aider trois autres. Le sang est séparé en trois composants: le concentré des globules rouges, le concentré des plaquettes standard et le plasma précongelé. Donc au total, 1.000 donneurs permettent d’obtenir 3.000 poches, 1.000 de chaque composant.

Rappelons que la durée de vie des globules rouges est de 42 jours, celle des plaquettes est de 5 jours, contre un an pour le plasma. Celui-ci rentre dans la fabrication de certains médicaments spéciaux pour la transfusion. Il est donc transféré par le CNTRS à un laboratoire français pour la fabrication d’immunoglobuline ou de facteurs de coagulation.

« Ce sont des médicaments fabriqués à partir de notre propre sang, qui sont ensuite renvoyés au Centre national de transfusion, pour être vendus à des prix très accessibles au public ».

A Casablanca, les réserves actuelles de sang ne couvrent qu’une journée de besoins

Les stocks de sang au niveau national étaient au plus bas au mois d’août. Les deux jours fériés du Premier Moharram (jeudi et vendredi 20 et 21 août) suivis du weekend, n’ont pas arrangé les choses.

Le Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie du Maroc (CNTSH) a donc lancé un appel au don le 17 août dernier, pour inciter les gens à se diriger vers les centres de transfusion les plus proches, nous explique sa directrice, Dr. Khadija Lahjouji.

« La situation s’est redressée depuis quelques jours grâce à une convention de collaboration que nous avons avec le ministère de l’Intérieur. Ce dernier a sollicité toutes les préfectures du Royaume, dont le personnel s’est mobilisé depuis une semaine pour faire des dons ».

Enorme pénurie à Casablanca

Au niveau national, les réserves de sang peuvent couvrir les besoins de 5 jours, contre 7 jours, recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’après Dr. Lahjouji.

La situation est bonne dans la majorité des villes. En revanche, les stocks à Casablanca sont très faibles. « Les réserves de sang dans la métropole ne peuvent couvrir qu’une journée actuellement. La ville dispose d’un grand nombre de cliniques, et nécessite près de 600 poches de sang par jour ».

Toutefois, il est à noter que « de nombreuses petites villes marocaines, où la consommation de sang est faible, disposent de grands stocks. En cas de problème, nous importons donc les poches de sang à partir de ces villes, vers celles qui sont déficitaires ».

Les grandes villes, telles que Casa, Fès, Meknès, Rabat, et Marrakech, ont particulièrement besoin de sang, « puisqu’elles disposent de nombreuses cliniques privées et d’hôpitaux publics. Elles disposent également de CHU, avec des services d’hémato oncologie, qui consomment de grandes quantités de sang, puisqu’ils traitent des patients atteints de maladies graves, telles que l’hémopathie maligne, le cancer ou des maladies chroniques, comme la thalassémie, et qui ont un besoin régulier en sang (soit entre deux à trois semaines) ».

1.000 dons par jour

Le Maroc a besoin de 1.000 dons par jour. « En fait, une fois collecté, le sang est séparé en trois composants: le concentré des globules rouges, le concentré des plaquettes standard, et le plasma précongelé. Donc 1.000 donneurs nous permettent d’avoir 3.000 poches, 1.000 de chaque composant. Mais les globules rouges sont les plus consommées », nous explique Dr. Lahjouji.

« La durée de vie des globules rouges est de 42 jours, celle des plaquettes est de 5 jours, contre un an pour le plasma ».

« Des fois nous avons des stocks suffisants, mais en même temps, des pénuries dans un groupe ou sous-groupe particulier, ou de plaquettes ».

« Le plasma précongelé est quant à lui conservé à une température entre -25°C et -30 °C. Il peut servir à la fabrication de médicaments de fond. Nous avons d’ailleurs une convention avec un laboratoire français, qui vient récupérer le plasma marocain, pour la fabrication de l’immunoglobuline ou de facteurs de coagulation. Ce sont des médicaments spéciaux pour la transfusion ».

Un taux de don de sang de 0,99% au Maroc

L’OMS estime que 1% de la population doit donner son sang. C’est en général le minimum nécessaire pour satisfaire aux besoins les plus élémentaires d’une nation en sang.

« Au Maroc nous somme à un taux de 0,99% », nous indique pour sa part, Dr. Najia El Amraoui, responsable de la promotion et de la communication au CNTS.

« Le covid, la saison estivale et la rentrée scolaire n’arrangent pas les choses et la pénurie est mondiale actuellement. Il y a des appels aux dons partout dans le monde ».

Dr. Amraoui insiste par ailleurs, sur le fait que « le besoin en sang est journalier. Les dons doivent se faire de manière continue, avec une moyenne de deux fois par an par chaque individu ».

« Le sang ne peut pas être fabriqué, seul l’humain est capable de nous le procurer. Il faut également comprendre qu’il y a des malades dont la vie en dépend, soit parce qu’ils souffrent de maladies chroniques, ou se retrouvent dans des situations d’urgence », conclut-elle. 

Don de sang: les réserves nationales ont doublé en trois semaines

Plusieurs campagnes de don de sang ont été organisées récemment, notamment par les forces de l’ordre et les membres de la douane. Les citoyens se sont également rendu nombreux aux différents centres de transfusion sanguine du pays, répondant ainsi à l’appel lancé par le CNTS fin mars dernier.

« Depuis le début du mois d’avril, les dons de sang varient entre 600 et 1.200 par jour, soit une moyenne de 800 à 850 dons quotidiennement« , affirme à Médias24 le Dr. Mohamed Benajiba, directeur du CNTS.

« Depuis le lancement de l’appel aux dons de sang, nous avons remarqué une recrudescence du nombre de donneurs, atteignant même un pic de 2.700 dons en un seul jour durant la première semaine suivant l’appel aux dons ». 

« Deux semaines après, le nombre de donneurs a un peu diminué, mais les dons restent réguliers.« 

« Ainsi, au lundi 13 avril, les réserves nationales de sang couvrent les besoins de 12 jours« , souligne Dr. Benajiba, contre 6 jours le 23 mars dernier. « Le nombre de poches de sang remplies s’élève désormais à 8.900 au niveau national ». 

Un record à Casablanca

Ces réserves diffèrent toutefois en fonction des villes, mais restent élevées par rapport au mois de mars. Elles se sont également améliorées dans les grandes villes.

« A Casablanca, le stock disponible peut couvrir 13 jours. Nous n’avons plus vu ce chiffre depuis environ deux ans. Le nombre de poches de sang remplies au niveau de la ville est de 2.223″, d’après notre interlocuteur. 

« A Rabat, les réserves peuvent couvrir 7 jours, 13 jours à Oujda, 9 jours à Marrakech et 6 jours à Fès ». 

« Les gens ont compris notre message et ont répondu à notre appel, malgré le contexte exceptionnel que connaît notre pays ».

Rappelons que ces poches de sang ne sont pas destinées aux personnes atteintes du coronavirus, mais aux autres malades et personnes hospitalisés à travers le Royaume, atteintes notamment de cancer et d’autres maladies graves. 

Pour continuer à se rendre aux centres de transfusion sanguine, il faut cocher la dernière case de l’autorisation de circulation: « circulation pour des raisons impérieuses (تنقل من أجل غاية ملحة) ». Vous pouvez également contacter le CNTS pour prendre rendez-vous.

Notons que dans un article précédent, Dr. Benajiba a rassuré les citoyens sur les risques de transmission du Covid-19: « Au niveau international, il n’y a eu aucun cas de transmission du coronavirus par le sang », nous avait-il expliqué. Par ailleurs, toutes les mesures nécessaires sont mises en place dans les centres de transfusion pour éviter toute contamination par ce virus. Quant aux instruments utilisés, ils sont stériles et à usage unique.