Trump lance le Conseil de la paix : Rabat se place dans la nouvelle donne multilatérale

En marge du Forum économique mondial de Davos, le Conseil de la paix a été officiellement lancé. Lors d’une cérémonie tenue ce 22 janvier 2026 à Davos, 19 pays ont signé la charte fondatrice du Conseil de la paix, dont le Maroc.

Sur scène, Donald Trump a affirmé que cette instance pourrait être pleinement opérationnelle une fois constituée, tout en assurant qu’elle agirait en conjonction avec les Nations unies.

Qui signe, qui refuse, qui temporise

Les signataires présents lors de la cérémonie sont l’Argentine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, la Bulgarie, la Hongrie, l’Indonésie, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kosovo, la Mongolie, le Maroc, le Pakistan, le Paraguay, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis et l’Ouzbékistan.

Le Maroc a signé la charte lors de cette cérémonie, représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Plusieurs pays invités étaient absents de la cérémonie et n’ont pas signé à ce stade. La France a indiqué ne pas rejoindre l’initiative. Le Royaume-Uni a déclaré qu’il ne serait pas signataire lors de cette réunion.

L’Allemagne n’a pas pris de position formelle et n’a pas participé à la cérémonie. L’Italie a indiqué avoir besoin de davantage de temps avant de se prononcer.

D’autres pays ont exprimé des réserves ou ont décliné l’invitation. La Belgique a confirmé ne pas avoir signé et a indiqué souhaiter une approche européenne coordonnée. La Suède, la Norvège et la Slovénie ont également décliné l’invitation, selon des déclarations publiques relayées par leurs autorités nationales.

Par ailleurs, certains pays n’ont pas signé à Davos mais examinent encore la proposition. L’Espagne n’a pas envoyé de représentant et a indiqué que l’invitation était en cours d’examen. La Russie a reçu une invitation et a indiqué étudier la proposition, sans être représentée lors de la cérémonie. La Chine n’a pas communiqué de position officielle à ce stade.

Il convient de noter que, selon la charte constitutive, le Conseil peut être formellement mis en place dès lors que trois pays ont signé. Aujourd’hui, 19 l’ont signé, ouvrant la voie à sa constitution.

Quel rôle pour le Maroc au sein du Conseil de la paix ?

Durant son passage à l’émission Le 12/13 de Médias24, Hafid Boutaleb, analyste géopolitique, indique que la participation du Maroc relève d’un choix stratégique visant à peser sur une réflexion multilatérale en cours, plutôt que de rester en marge d’un processus structurant.

« Le Maroc se doit de participer à cette réflexion, d’autant plus que, cette fois, nous avons l’occasion, contrairement à 1945, de peser sur la balance ».

« Parmi les pays forts du continent africain appelés à prendre part au Conseil, le Maroc s’impose. C’est un pays qui a toujours prôné la paix depuis des siècles et qui a toujours été un allié des États-Unis », poursuit-il.

Pour Aziz Boucetta, journaliste politique, la décision du Maroc de répondre rapidement à l’invitation repose sur une logique pragmatique, fondée sur l’idée qu’il est préférable d’influencer les décisions de l’intérieur.

« Il vaut mieux être dedans que dehors, parce que, de toute manière, Donald Trump a encore au moins un an de majorité absolue chez lui. Il lui reste plus de trois ans de mandat. Il vaut mieux y être. Et si on y est, on peut influer de l’intérieur », souligne-t-il.

Selon lui, cette démarche s’inscrit dans l’évolution de la diplomatie marocaine, qui privilégie la présence active et le dialogue avec l’ensemble des acteurs internationaux.

« Il faut y être, il faut parler avec tout le monde. Il faut être là. Nous sommes une puissance régionale », souligne Aziz Boucetta.

Crypto. Un vendredi noir historique le 10 octobre 2025

Vendredi 10 octobre, c’était un jour pas comme les autres pour les investisseurs en cryptomonnaies.

Trump secoue la « cryptosphère »

Quand l’histoire des cryptos se racontera, ce jour-là devra être annoté d’un astérisque rouge. Ce n’était pas un vendredi ordinaire, c’était un jour de purge, un moment où des économies, parfois énormes, ont été pulvérisées en quelques heures.Les marchés avaient frissonné suite à l’annonce de Donald Trump

Le président des États-Unis a annoncé des mesures douanières draconiennes à l’encontre de la Chine. Il s’agit de 100% de droits de douane sur les exportations technologiques chinoises et de contrôles renforcés à l’exportation sur les logiciels critiques. Ce coup de tonnerre inattendu a frappé les marchés de plein fouet.

Dans le monde des cryptos, l’impact a été immédiat et brutal. Bitcoin a plongé de plus de 8% immédiatement, Ethereum et beaucoup de « altcoins » ont subi des pertes encore plus sévères.
Certains tokens ont vu leur valeur s’effondrer de 30% ou plus en quelques heures.
Source : Financial Times.

En l’espace de quelques heures, des milliers d’investisseurs, des particuliers aux fonds très exposés, ont vu leurs placements s’évaporer.

Si on agrège les pertes, le chiffre peut donner le vertige. Le marché dans son ensemble aurait effacé des centaines de milliards de dollars de valeur latente. La célèbre plateforme Binance elle-même évoque près de 800 milliards de dollars de valeur évaporée, valeur comptable, pas seulement levier.

L’effet Trump

L’annonce de Trump a été l’étincelle qui a mis le feu à la mèche. Dans un contexte déjà incertain, ce type de message agit comme un catalyseur. Les marchés à risque, notamment ceux de la crypto et de la technologie, sont souvent les plus sensibles aux signaux politiques extrêmes.

Ce qui distingue ce crash, c’est qu’il est survenu après la fermeture des marchés actions américains. Les cryptos ne dorment jamais. Le monde des actions a encaissé, fermé, puis laissé le marché crypto absorber le choc, amplifié par la panique des investisseurs. Cela a aggravé l’intensité de la chute des prix.

Il convient de noter que la crypto a connu ces dernières années une explosion de l’utilisation du levier, c’est-à-dire le trading avec des fonds empruntés. Beaucoup de positions étaient longues, autrement dit des paris à la hausse. Quand le marché dérape à la baisse, ces positions sont liquidées automatiquement pour protéger les prêteurs. Cette cascade de liquidations entraîne encore plus de ventes et crée un effet boule de neige.Après le carnage, Trump a tenté de désamorcer la situationDans les heures qui ont suivi, des signes de stabilisation sont apparus. Le marché crypto a rebondi modérément. Trump lui-même a adouci le ton, diffusant des messages conciliants sur la relation avec la Chine, une tentative visible de calmer les marchés. Ce retour en arrière a contribué à restaurer un peu de confiance, mais l’ombre de la volatilité reste immense.

Les leçons froides : pourquoi la crypto « sans close » est un risque

Quand on dit « pas de close », on entend pas de fermeture, pas de circuit breakers généralisés, pas de limites intraday universelles. Ce n’est pas une critique morale, c’est une caractéristique structurelle. Cette absence de pause rend la crypto sauvagement volatile.

En quelques minutes, vous pouvez passer du statut de millionnaire à celui d’investisseur sans épargne. Beaucoup l’oublient, car dans l’univers des cryptomonnaies, le potentiel exceptionnel s’accompagne toujours d’un risque tout aussi extrême.

Dans les marchés traditionnels, il existe des garde-fous, des heures de transaction limitées, des pauses automatiques, des vacations de fin de journée. En crypto, si le marché s’emballe ou s’effondre à trois heures du matin à Tokyo, il n’y a personne pour suspendre l’hémorragie. Le marché absorbe seul, en mode à vue.

Et cela crée une vérité paradoxale : la crypto attire ceux qui veulent être là quand ça monte mais elle détruit ceux qui sont là quand ça plonge, surtout si vous avez joué avec du levier.

Vendredi 10 octobre restera dans les mémoires comme un moment de révélation. On a vu la crypto dans sa forme la plus impitoyable. L’annonce politique a servi d’étincelle, le levier et la faible liquidité ont transformé cette étincelle en explosion.

En convalescence mais toujours redoutable, la Juventus à l’épreuve du Wydad

Largement victorieuse du club émirati d’Al Ain lors de son entrée en lice (5-0), jeudi 19 juin, la Juventus de Turin, prochain adversaire du Wydad Athletic Club lors de la Coupe du monde des clubs, dimanche 22 juin (17h), sort d’une saison au moins aussi étrange que la visite de la délégation piémontaise à la Maison blanche.

Une séquence filmée le mercredi 18 juin et devenue virale. On y voit le président américain Donald Trump, manifestement peu au fait du football européen, enchaîner des discours à connotation politique, au beau milieu d’un hommage improvisé à l’équipe italienne.

Derrière lui, les visages fermés trahissent un certain malaise. Que ce soit le propriétaire du club, John Elkann, l’entraîneur Igor Tudor, mais aussi plusieurs dirigeants, dont Giorgio Chiellini, désormais directeur de la stratégie et Damien Comolli, manageur général.

Aux côtés de Donald Trump se tiennent également quelques joueurs bianconeri, notamment les internationaux américains Timothy Weah et Weston McKennie, visiblement embarrassés par une scène surréaliste.

Cette situation ubuesque symbolise une saison 2024-2025 loin des attentes. Sur le terrain comme en coulisses, la Juventus a vécu une année sportive instable, rythmée par des remous judiciaires, des changements à la tête du club, une direction sportive en transition et des résultats irréguliers. Une saison loin des standards d’un club au palmarès comptant 70 titres, dont :

– 38 titres de Serie A ; 

– 15 Coupes d’Italie ; 

– 9 Supercoupes d’Italie ; 

– 2 Ligues des champions ; 

– 3 Coupes UEFA.

Mais l’hégémonie de la Juventus de Turin sur le football italien n’est plus qu’un lointain souvenir rangé au fond du tiroir des oubliettes. La Vieille Dame n’a plus remporté de titre majeur depuis la saison 2020-2021 : une Coupe d’Italie et la Supercoupe d’Italie. Le Scudetto lui échappe depuis 2020, tout comme cette stabilité qui l’avait autrefois conduit à des années fastes.

Une image durablement entachée par le scandale du Calciopoli

Fondée en 1897, la Juventus a longtemps été une place forte du football européen, forgée par une culture de la gagne et des joueurs légendaires : Del Piero, Buffon, Platini, Pirlo… Toutefois, cette image s’est progressivement fissurée. Elle a été durablement entachée, d’abord par le scandale du Calciopoli en 2006.

Accusée d’avoir influencé la désignation des arbitres dans plusieurs rencontres de Serie A, la Juventus a été lourdement sanctionnée : relégation en Serie B et retrait de deux titres. Près de vingt ans plus tard, le club a de nouveau été rattrapé par les soupçons, cette fois liés à des irrégularités comptables, des plus-values fictives lors de transferts et des salaires dissimulés pendant la pandémie du Covid-19.

Certes, à travers le conglomérat industriel Exor (Fiat, Ferrari, Stellantis…), le club turinois appartient toujours à la famille Agnelli (depuis 1923). Cependant, face à la pression judiciaire, Andrea Agnelli, président depuis 2010, a dû démissionner, entraînant avec lui tout le conseil d’administration où siégeait l’illustre attaquant tchèque Pavel Nedved.

La direction du club a été reprise en main par Gianluca Ferrero, homme de confiance de John Elkann (PDG d’Exor), nommé président en 2023. Il est épaulé par le directeur général Maurizio Scanavino, chargé de piloter une délicate transition juridique, économique et sportive.

Igor Tudor a succédé à Thiago Motta

Un binôme renforcé depuis quelques semaines par l’ancien directeur sportif de Tottenham et ex-président du Toulouse Football Club, le Français Damien Comolli. Bref, une instabilité qui a déteint sur les résultats du club, malgré les promesses nées de la nomination de Thiago Motta aux commandes de l’équipe première.

A la tête d’un effectif rajeuni, Motta a connu un début de saison irrégulier. Les résultats de ses hommes ont souffert d’une attaque peu efficace et d’une défense poreuse. Au soir de la 20e journée de Serie A, la Juve pointait à une préoccupante 9e place. Lors de la fenêtre de transfert hivernale, des ajustements ont été rapportés à l’effectif pour lui redonner un second souffle et davantage de dynamisme.

Mais l’effet escompté a été de courte durée. D’où l’éviction de l’italien Thiago Motta au profit d’Igor Tudor. Moins porté sur la possession que sur les transitions rapides, le technicien croate a mieux exploité les profils à sa disposition. Il a notamment fait confiance aux qualités du jeune Turc Kenan Yildiz, véritable révélation de la saison, et de l’ailier portugais Sérgio Conceição.

Résultat : une remontée progressive au classement, une dynamique enfin positive en championnat, et, au bout du suspense, une qualification pour la Ligue des champions grâce à une 4e place arrachée sur le fil.

Cela dit, la Juventus traîne encore ses casseroles. Entre une réputation écornée, une instabilité structurelle et une direction en reconstruction, sa trajectoire reste difficile à lire. Le Wydad affrontera donc une équipe en convalescence, mais dotée d’armes offensives capables de faire mal à tout moment.

Portés par la reprise imminente du dialogue sino-américain, les marchés financiers poursuivent leur hausse

Les contrats à terme sur les indices américains sont en nette progression : 0,5% pour le Dow Jones, 0,6% pour le S&P 500 et 0,7% pour le Nasdaq.

Ce regain d’optimisme intervient après l’annonce d’une rencontre prévue cette semaine entre le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent et le vice-premier ministre chinois He Lifeng, en Suisse. Il s’agira des premiers échanges directs depuis l’escalade tarifaire initiée par l’administration Trump. Pékin se dit prêt à « renouer le dialogue », tout en refusant « toute forme de chantage ».

Parallèlement, la Réserve fédérale conclut aujourd’hui (7 mai 2025) une réunion de deux jours. Aucun changement de taux n’est attendu, mais les marchés espèrent des indications sur la trajectoire monétaire à venir. Le président Jerome Powell devrait insister sur la prudence, dans un contexte de données économiques mitigées : repli de 0,3% du PIB au premier trimestre 2025, mais une consommation et un emploi toujours solides.

Du côté des matières premières, l’or recule de 1,3%, affecté par un recul de la demande. En revanche, le pétrole repart à la hausse : le Brent grimpe de 1,5% à 63,05 $ le baril et le WTI gagne 1,8% à 60,14 $, après une forte baisse des stocks de brut aux États-Unis, signal d’une demande robuste.

Les marchés financiers mondiaux commencent à renouer avec leur niveau antérieur aux tarifs de Trump

La majorité des marchés financiers évoluent dans le vert pour la cinquième séance consécutive. Les gains enregistrés par l’ensemble des indices, au moment de la rédaction de cet article, ont permis de résorber quasi intégralement les pertes subies depuis le 2 avril 2025, date de l’annonce par Donald Trump de l’instauration de droits de douane généralisés.

Cette dynamique haussière concerne la quasi-totalité des places boursières mondiales, avec des performances variables mais globalement positives. Seules les bourses du Mexique et de l’Espagne affichent encore un repli.

Source : Investing

Ce rebond s’explique par deux facteurs majeurs. D’une part, l’annonce d’une trêve de 90 jours destinée à ouvrir une fenêtre de négociation entre l’administration Trump et ses principaux partenaires commerciaux. D’autre part, et de manière plus déterminante, la déclaration de Donald Trump évoquant une possible révision à la baisse des droits de douane sur les produits chinois ainsi que l’ouverture à des discussions bilatérales.

La combinaison de ces deux signaux a favorisé un climat d’apaisement sur les marchés, ravivant la confiance des investisseurs. Cet optimisme s’est traduit par un regain d’appétit pour les actifs risqués, dopant les indices boursiers à l’échelle mondiale.

Marchés financiers. La dynamique haussière se renforce, les actifs refuges sous pression

Cette embellie trouve sa source principale dans les récents propos de Donald Trump, évoquant une possible réduction des droits de douane imposés à la Chine, un signal perçu comme un tournant majeur par les investisseurs.

La perspective d’un apaisement commercial entre les deux premières économies mondiales nourrit l’optimisme sur les marchés. Depuis l’annonce de Trump, les indices enregistrent des progressions quotidiennes de l’ordre de 1% à 2%. Si ce rythme se maintient sur une semaine, la majorité des places boursières pourraient retrouver leurs niveaux d’avant l’instauration des mesures tarifaires du 2 avril 2025.

Source : Investing

Ce regain de confiance traduit plusieurs dynamiques sous-jacentes. La réduction des incertitudes géopolitiques diminue la prime de risque exigée par les investisseurs, favorisant ainsi une réallocation des capitaux vers les actifs plus risqués. De plus, l’anticipation d’une reprise économique alimentée par une détente commerciale renforce l’appétit pour les actions.

Qu’en est-il des matières premières ?

Parallèlement à la remontée des actions, les matières premières, en particulier les actifs refuges, subissent une pression à la baisse. L’or, valeur traditionnelle de protection contre l’incertitude, accuse sa troisième séance consécutive de recul. Le repli des métaux précieux confirme le déplacement des flux financiers des actifs sécuritaires vers les actifs plus risqués.

De leur côté, les cours du pétrole, Brent et WTI, enregistrent aussi de faibles baisses, attribuables à des prises de bénéfices et à l’attente d’une stabilisation de la demande mondiale.

Source : Investing

Si la tendance actuelle est clairement haussière, certains éléments appellent toutefois à la prudence. La poursuite du rebond dépend largement d’avancées concrètes dans les négociations commerciales sino-américaines. Tout retour en arrière dans les discussions pourrait inverser brutalement la dynamique.

Une société de maroquinerie à Fès reçoit une commande inédite en provenance des États-Unis

Au Maroc, pays relativement épargné par les droits de douane appliqués par les États-Unis, avec un taux d’imposition limité à 10%, le plus bas appliqué à ses partenaires, des externalités positives commencent à se faire sentir, notamment pour les exportations.

Dans ce contexte, une société de maroquinerie installée à Fès a reçu, pour la première fois, une commande en provenance des États-Unis. Il s’agit d’une commande d’envergure, qui a nécessité des ajustements rapides pour y répondre dans les délais.

Sollicité par Médias24, Abdelhak Benyassef, dirigeant de la société Betycor, spécialisée dans les produits de maroquinerie, nous dévoile les coulisses de cette opportunité inédite, susceptible de transformer le modèle économique de sa société.

Selon le dirigeant de la société, c’est une recommandation d’un client espagnol, satisfait du service, qui est à l’origine de cette commande.

« Cette commande nous est arrivée par l’intermédiaire de l’un de nos clients en Espagne. Satisfait de la qualité de notre travail, il nous a recommandés auprès d’autres marques qu’il connaît bien, ce qui nous a permis d’accéder à cette nouvelle opportunité. Nous avons accueilli cette commande avec enthousiasme. C’est un volume important, mais nous avons l’expérience nécessaire, notamment grâce à notre collaboration avec des marques européennes comme Mango ou See by Chloé« , révèle-t-il.

« C’est notre première collaboration avec un client américain, et nous en sommes très fiers », poursuit notre source. « Il s’agit de sacs à main produits de manière industrielle, en respectant des standards de qualité élevés, adaptés aux besoins du marché américain », précise-t-il.

S’agissant d’une commande d’envergure, Abdelhak Benyassef assure que, du point de vue opérationnel, la société est à même de relever ce nouveau défi. « Nous disposons aujourd’hui de ressources humaines qualifiées et des moyens logistiques pour répondre efficacement à ce type de demandes ».

Une fenêtre conjoncturelle qui pourrait s’ouvrir sur un tournant structurel

Selon notre interlocuteur, cette ouverture révèle un potentiel structurel plus large pour le secteur de la maroquinerie marocaine. « Les facteurs conjoncturels comme la hausse des droits de douane sur les importations chinoises jouent un rôle. Mais au-delà, nous pensons qu’il existe un vrai potentiel structurel pour positionner la maroquinerie marocaine comme une alternative fiable et compétitive sur le marché américain ».

Dans le même sens, Abdelhak Benyassef estime qu’à plus large échelle, cette dynamique pourrait bénéficier à l’ensemble du secteur de la maroquinerie nationale, dans un contexte de reconfiguration des chaînes de valeur mondiales.

« Cette reconfiguration est une véritable opportunité pour le Maroc. En investissant dans des outils performants et en modernisant nos processus, nous pouvons nous positionner durablement comme un acteur majeur de la maroquinerie à l’échelle mondiale ».Le Maroc coche toutes les cases : qualité, savoir-faire, main-d’œuvre qualifiée et capacité de production flexible.Cette perspective repose notamment sur les évolutions récentes du secteur. « Le Maroc a beaucoup évolué dans la maroquinerie haut de gamme ces dernières années. Les acheteurs américains recherchent à la fois un bon rapport qualité-prix, mais aussi un savoir-faire authentique, une main-d’œuvre qualifiée, et une capacité de production flexible. Le Maroc répond à tous ces critères », souligne-t-il.

Accès au marché américain : une affaire de normes, de structuration et de rigueur

Mais accéder au marché américain implique de répondre à des exigences techniques rigoureuses, tant en matière de qualité que de volume. Il s’agit en effet d’un marché à la fois dynamique et compétitif. « Les clients américains, comme européens d’ailleurs, sont très exigeants en matière de normes. Le packaging doit être prêt à l’exportation, conforme à leurs attentes logistiques et environnementales. Nous nous adaptons à ces exigences avec rigueur », indique notre source.

Abdelhak Benyassef estime néanmoins que cette montée en puissance nécessite un accompagnement structurant. « Le développement du secteur passe par une structuration plus poussée, une meilleure coordination entre les acteurs, et un accompagnement stratégique pour répondre efficacement aux exigences des marchés internationaux« .

Par ailleurs, il convient de noter que la société Betycor était en concurrence avec d’autres fabricants. Ce qui a fait la différence, selon son dirigeant, c’est le positionnement de la société : une combinaison de rigueur, de réactivité et d’expérience internationale.

« Il y avait d’autres fabricants en lice. Mais je pense que ce qui a joué en notre faveur, c’est notre sérieux, notre capacité à nous adapter aux exigences du client et notre expérience avec des marques internationales. Nous avons su instaurer une relation de confiance dès le départ et proposer une vraie valeur ajoutée en termes de savoir-faire et de service », conclut-il.

Droits de douane. Les propos apaisants de Trump dopent la confiance des marchés

Dans une récente déclaration, le chef du Bureau ovale a fait deux annonces d’envergure. La première concerne son intention de réduire de manière substantielle les droits de douane imposés à la Chine. Par ailleurs, il a affirmé ne pas avoir l’intention de limoger Jerome Powell, le gouverneur de la Réserve fédérale.

Ces deux déclarations ont eu un impact hautement significatif sur les marchés, qui ont ouvert en nette hausse dans la matinée du 23 avril 2025. L’ensemble des places financières, ainsi que les cours des grandes sociétés cotées (Apple, Nvidia, Tesla, Amazon, etc.), ont inversé leur tendance, passant du rouge au vert.

Source : Investing

Le seul indicateur affichant une baisse notable est l’indice S&P 500 VIX mesurant la volatilité et la peur des investisseurs, qui recule nettement.

Il convient de noter qu’en marge de ces annonces, Donald Trump a précisé que les tarifs douaniers imposés à la Chine ne tendraient pas vers 0%, et que toute reprise des échanges commerciaux avec Pékin ne se ferait que dans le cadre d’un accord dont les États-Unis fixeraient les termes, afin qu’il soit « équitable », selon ses propres mots.

« Au bout du compte, il faudra qu’ils arrivent à un accord, parce que sans ça, ils ne pourront plus commercer avec les États-Unis. C’est nous qui fixerons les termes de l’accord et ce sera un accord équitable. Je pense que c’est un processus qui va aller assez vite », a-t-il indiqué.

L’or continue sur sa lancée et dépasse les 3.300 dollars l’once pour la première fois dans l’histoire

Après avoir clôturé la séance du 15 avril 2025 à un prix record, soit 3.251 dollars américains l’once, l’or « strikes again », dépassant les 3.311 dollars l’once au moment de la rédaction de cet article.

On parle d’un gain de plus de 60 dollars l’once, soit un rendement de 2,58% en moins de douze heures.

Impacté par l’incertitude qui s’est installée sur les marchés financiers et sur l’ensemble des possibilités d’investissement, l’or, valeur refuge par excellence dont le prix se nourrit des tensions, des crises et des récessions, s’impose actuellement comme la première demande mondiale.

Source : Investing.

Le baromètre des opérations affiche encore un « strong buy », ce qui veut dire que la demande est à des niveaux élevés et que des achats massifs sont en cours, ce qui signifie que les prix vont continuer à augmenter. Ce constat est corroboré par les prix « futures » de livraison d’or relatifs à 6 et 12 mois, ces derniers affichant des prix record.

Pour la première fois au Maroc, l’or 18 carats se négocie à plus de 770 DH le gramme

Ce choc, largement exogène, se transmet directement au marché local, où les bijoutiers comme les consommateurs se retrouvent désemparés face à une envolée qu’ils ne contrôlent pas.

Les prix atteignent des niveaux qui auraient semblé inimaginables un an auparavant. Actuellement, les cours au spot dépassent les 3.200 dollars l’once.

Interrogé par Médias24 à ce sujet, un bijoutier de la place confie que les prix affichés cette semaine sont inédits. « C’est la première fois de ma carrière que je vois cela. L’or 18 carats pur a atteint 770 dirhams le gramme à la bourse. Je n’ai jamais vu ce niveau, même pendant les périodes de tensions ou de crises. Et attention, on parle bien du prix brut, sans travail ni ajout ! », affirme-t-il.

Ce prix de 770 dirhams le gramme pour l’or 18 carats correspond au prix auquel les professionnels s’approvisionnent.

« Ce sont les prix auxquels, nous, bijoutiers, on achète. Et derrière, il faut encore ajouter les pertes à la fonte, les frais de façonnage, les taxes, les marges… On arrive à des montants qui font peur, même pour les habitués », explique notre source.

La demande sur le marché local en net recul

Face à cette pression sur les prix, la demande locale s’effondre. La bijouterie, qui reste un canal important d’épargne, de cadeau ou de dot familiale au Maroc, connaît un net ralentissement.

Les clients demandent le prix, l’écoutent… puis repartent sans même négocier« La vérité, c’est que les clients se font de plus en plus rares. Même ceux qui venaient acheter une petite paire de boucles ou un bracelet léger se montrent beaucoup plus hésitants. Ils posent la question, écoutent le prix et s’en vont. Ils n’osent même plus négocier », souligne notre interlocuteur.

Contrairement à d’autres hausses passées, aucun mouvement de boycott ne semble se dessiner cette fois-ci. La conscience que cette hausse est imposée de l’extérieur semble partagée.

« Tout le monde sait que cela vient de l’extérieur. Ce sont les marchés mondiaux qui dictent le prix. Nous aussi, on subit. Il n’y a pas de marge pour résister, ni pour faire baisser les prix », conclut-il.

Une conjoncture internationale tendue, entre tensions commerciales et incertitude prolongée

À l’international, la flambée de l’or s’explique par un faisceau de facteurs économiques et géopolitiques. D’abord, la suspension des tarifs pour une période de 90 jours, loin d’apaiser les marchés, a semé davantage de confusion. Si cette décision visait à donner un signal d’ouverture ou à créer un espace de négociation, elle a été perçue au contraire comme une source d’incertitude supplémentaire.

Et lorsque l’incertitude domine, les capitaux se redéploient vers les actifs refuges. L’or en est le principal bénéficiaire. Ce mécanisme classique d’arbitrage entre risque et sécurité s’est renforcé ces dernières semaines, d’autant plus que les perspectives sur d’autres classes d’actifs restent fragiles, voire dégradées dans certains cas.Des anticipations haussières portées par le marché des « futures »Les données issues des marchés à terme confirment cette tendance haussière. Les contrats futures sur l’or, notamment ceux échangés sur le COMEX (Commodity Exchange), affichent des niveaux record pour les échéances à six et douze mois. Cela témoigne d’une anticipation largement partagée par les opérateurs : la dynamique haussière de l’or devrait se poursuivre, même s’intensifier, si les tensions commerciales persistent ou si de nouveaux éléments d’instabilité apparaissent (ralentissement économique, tensions géopolitiques au Moyen-Orient, etc.).

Les grandes institutions financières abondent dans ce sens. Ainsi, plusieurs banques d’investissement ont révisé à la hausse leurs prévisions pour le métal jaune. Goldman Sachs rehausse ses perspectives pour l’or et anticipe désormais un prix pouvant atteindre 3.700 dollars d’ici la fin de l’année si le climat d’incertitude persiste et si les taux réels restent faibles.

Par ailleurs, il est à noter qu’entre le 15 avril 2024 et le 15 avril 2025, le prix de l’or est passé de 2.370 à 3.220 dollars l’once. Il s’agit d’un rendement de 35,9% en un an, un gain quasi impossible à obtenir sur des actions, des obligations ou tout autre actif, sans accepter un niveau de risque élevé en proportion des gains potentiels.

Maroc–États-Unis. Voici les principaux produits exportés en 2023 et 2024 (infographie)

Dans une précédente analyse, Médias24 s’était penché sur la structure des échanges commerciaux entre le Maroc et les États-Unis afin d’analyser les impacts potentiels liés à la hausse des droits de douane décidée par Washington contre les exportations de plusieurs pays.

Verdict : l’impact direct, s’il devait se matérialiser, resterait limité, compte tenu du poids relativement marginal des exportations marocaines vers le marché américain, avec lequel le Royaume maintient par ailleurs une balance commerciale déficitaire.

Au-delà des chiffres globaux, il est utile d’analyser les exportations marocaines vers les États-Unis produit par produit, afin d’identifier les secteurs phares de cette relation commerciale bilatérale, et de mieux comprendre les leviers et vulnérabilités de l’échange entre les deux pays.

Voici donc, en millions de dirhams, le Top 10 des exportations marocaines vers les États-Unis en 2023 et 2024.

Il est à noter que le Maroc et les États-Unis ont signé un accord de libre-échange en juin 2004, entré en vigueur le 1er janvier 2006.

Les marchés financiers dans le rouge après l’annonce de tarifs de 104% contre la Chine

Le S&P 500, le Dow Jones, le Nasdaq, le CAC 40, le DAX… Et la liste s’allonge. Tous les grands indices boursiers sont dans le rouge et aucun marché n’échappe à la vague de baisse généralisée.

En cause : l’annonce d’une spectaculaire hausse des droits de douane américains sur les exportations chinoises. Cette fois-ci, c’est inédit, on parle de droits atteignant 104%. Autrement dit, vendre un produit chinois sur le sol américain devient quasiment impossible.

Cette escalade intervient après que Donald Trump a mis en garde les pays contre toute riposte symétrique aux hausses tarifaires imposées par Washington. Pékin, ayant néanmoins répondu par des mesures similaires, s’est vu accorder un ultimatum de 24 heures par le président américain pour lever ses propres droits de douane. Faute de quoi, Trump avait promis d’agir. Et il a tenu parole : nous voilà désormais face à un mur tarifaire de 104% sur les produits chinois.

Source : Investing

Les matières premières : la logique s’installe

Dans le marché des matières premières, la logique prend son cours : plus de tarifs signifie moins de demande anticipée, et par ricochet, moins de production. Ceci dit, le pétrole (WTI et Brent) est à la baisse. Au moment de la rédaction de cet article, le WTI (West Texas Intermediate) se négocie à 57$ le baril, le Brent, quant à lui, est à 60$ le baril, des niveaux traduisant des baisses de presque 20% depuis le 2 avril.

Par contre, l’or suit sa tendance haussière, tout à fait normale étant donnée la situation des autres actifs, dont l’issue reste incertaine. Ainsi, le métal jaune se négocie à 3.062 dollars l’once, soit une hausse de 2,5% par rapport à la séance du 8 avril.