La transformation du capital humain en débat à Casablanca

L’événement, qui a connu, selon les organisateurs, la présence de 140 leaders des ressources humaines et directeurs généraux issus de secteurs variés tels que le pharmaceutique, la banque et assurance, les télécommunications, l’énergie renouvelable, l’aéronautique, le BTP, l’ingénierie et la technologie, a offert une plateforme d’échange sur les enjeux contemporains liés au recrutement, au développement des compétences et à la transformation organisationnelle.

La soirée a été inaugurée par un panel sur la transformation du capital humain, animé par des experts internationaux provenant des États-Unis, d’Amérique latine, d’Europe et d’Afrique. Ces spécialistes ont partagé leurs meilleures pratiques en matière de gestion du capital humain et de conduite du changement organisationnel, mettant en exergue l’importance cruciale d’un alignement harmonieux entre l’humain et les stratégies de transformation, peut-on lire dans un communiqué d’Epik Consulting.

Les échanges ont révélé la nécessité impérieuse de réintégrer l’humain dans les processus RH, face aux défis d’une automatisation et d’une digitalisation toujours plus prégnantes, note la même source.

Les écoles supérieures marocaines élisent les meilleurs DRH

Lancés par le magazine Campus Mag, à l’origine du label Top School in Morocco, classement des écoles d’ingénieurs et de management au Maroc reconnues par l’Etat, les RH Awards se basent exclusivement sur les appréciations d’un consortium d’écoles supérieures renommées, indique un communiqué des organisateurs.

Leur mission consiste à nommer les directions des ressources humaines de leur choix dans plusieurs catégories : partenariats éducatifs, impact social, innovation, insertion professionnelle, marque employeur, formation continue, bien-être… Le but des RH Awards, selon les initiateurs, est d’identifier, récompenser et in fine valoriser les DRH sur la base d’une méthodologie reposant sur la fiabilité, la proximité et la transparence.

A l’origine de ce projet, Omar Layachi, expert en éducation et formation des cadres avec un focus particulier sur le développement de la relation entre l’université et l’entreprise. « Les RH Awards apportent un éclairage nouveau sur la perception des directeurs des ressources humaines par le monde académique. C’est une occasion précieuse pour les recruteurs de comprendre comment ils sont perçus par les institutions éducatives et d’ajuster leurs pratiques en conséquence, pour le bénéfice de leurs entreprises, de leurs employés et de leurs futures recrues », déclare-t-il avec enthousiasme.

De fait, les RH Awards offrent également aux candidats potentiels une perspective unique sur les entreprises pour lesquelles ils envisagent de travailler. « En mettant en lumière les pratiques et l’engagement des DRH, les RH Awards les aident à prendre des décisions éclairées quant à leur avenir professionnel », poursuit celui qui a passé sept à l’Ecole Centrale Casablanca pour accompagner le développement de cette institution et la création d’un pont entre l’écosystème des entreprises et l’école.

Dans un premier temps, les grandes écoles sont invitées à nominer un ou plusieurs DRH sur le site www.masterplus.ma dans la catégorie de leur choix, explique la même source. Après un processus de dépouillement, les recruteurs ayant reçu le plus de suffrages seront déclarés gagnants. Le reveal des lauréats aura lieu le 22 juin 2024 en marge du salon Master Plus, en présence des DRH et des représentants des grandes écoles.

Le télétravail ne disparaitra pas après la crise sanitaire (DRH)

La sortie de crise sanitaire qui se profile ne semble pas annoncer la fin du télétravail. Au sein de l’Association des gestionnaires et formateurs en ressources humaines (AGEF), les échanges entre DRH et managers laissent plutôt penser que ce mode de travail se poursuivra, mais dans des proportions moindres.

« Depuis le mois d’avril et jusqu’à aujourd’hui, les activités des sièges sociaux et les fonctions corporate (les postes de directeurs ou de chargés de projets par exemple) sont en présentiel à hauteur, en moyenne, de 50 à 70% du temps de travail, avec des exceptions à 90% », indique Zakaria Rbii, président de l’AGEF contacté par Médias24.

« Lorsque les salariés ont commencé à intégrer les gestes barrières, notamment le port du masque et la distanciation, les managers leur ont demandé de revenir progressivement en présentiel », ajoute-t-il.

« Les activités reprennent dans les entreprises. Ceci dit, toutes ne sont pas revenues à 100% en présentiel. Beaucoup ont adopté un modèle hybride 50-50 : la moitié du temps de travail en présentiel, l’autre moitié en distanciel », indique de son côté Anouar Alaoui Ismaili, vice-président de l’AGEF. « Certaines sont encore à 100% en distanciel, mais c’est une minorité. Il s’agit de grandes entreprises aussi bien que de petites. Cela ne dépend pas de la taille, mais des pratiques, de la gestion et de la culture d’entreprise en vigueur dans chacune d’entre elles », poursuit-il.

Un modèle hybride à conserver, tout en légiférant

Zakaria Rbii et Anouar Alaoui Ismaili estiment tous deux que le télétravail perdurera à l’issue de la crise. « Le télétravail trouvera sa place et s’imposera comme un mode de travail classique dans les entreprises marocaines. Il n’a pas impacté la productivité et a prouvé que même en temps de crise, il est possible d’inventer d’autres modes de travail tout aussi efficaces que le présentiel », commente Anouar Alaoui Ismaili. « Je ne suggérerais ni le 100% présentiel, ni le 100% distanciel. L’hybride est donc plutôt le format que je recommanderais à l’avenir, à condition de respecter deux éléments essentiels au bon fonctionnement d’une entreprise : la productivité, qui ne doit pas être impactée, et le maintien de l’esprit d’équipe. Chacun chez soi, oui, mais à raison de deux jours par semaine. Chaque entreprise, en concertation avec les salariés, se met d’accord sur ce qui est le mieux », préconise ainsi Anouar Alaoui Ismaili.

Le vice-président de l’AGEF se montre en effet confiant dans la persistance de cette pratique à la sortie de la crise, estimant que « les entreprises ont su gérer cette transition ».

De son côté, Zakaria Rbii pense que la tendance, à l’issue de la saison estivale, sera à l’hybride « 80-20 ou 90-10 », c’est-à-dire entre 80-90% en présentiel et 20-10% en distanciel. « Le télétravail deviendra un réel mode de travail, durable de surcroît, mais sa proportion sera moins importante qu’elle ne l’est actuellement, avec un ou deux jours de distanciel par semaine. C’est ce qui ressort de nos discussions avec les autres DRH. Les managers sont prêts à introduire le distanciel de façon durable, mais pas plus de deux jours par semaine. Le distanciel à 100% de façon durable a un impact néfaste sur le stress, la sociabilité et la performance des salariés, alors que le modèle hybride semble convenir à tout le monde. »

Zakaria Rbii observe en effet un changement de mentalité chez les DRH et managers : alors qu’ils étaient, avant la pandémie, très réticents à adopter partiellement le télétravail, voire franchement opposés à cette pratique, ils sont désormais beaucoup plus enclins à la perpétuer. «Ils craignaient une baisse de la productivité et un manque de discipline ; or il s’est avéré que les salariés se sont adaptés très vite au travail à distance. Encore faudra-t-il encadrer cette pratique, à la fois par des chartes d’entreprise, mais surtout par le Code du travail. »

Zakaria Rbii formule les mêmes recommandations que son confrère au sein de l’AGEF : un modèle hybride « avec un à deux jours de distanciel par semaine ». L’essentiel étant, pour lui, que les décisions soient prises « en accord avec le manager, dans une flexibilité et une confiance mutuelles ».