Abdelouahab Rafiqi élu à la Commission des droits de l’homme de l’OCI

Dans une nouvelle consécration du rayonnement international des compétences marocaines, Abdelouahab Rafiqi, penseur et chercheur spécialisé dans les questions de l’extrémisme religieux et de la réforme de la pensée islamique, a été élu membre de la Commission permanente indépendante des droits de l’homme de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), à l’issue des élections tenues en marge de la 51e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays membres de cette organisation, actuellement réunis à Istanbul, en Turquie.

Connu auparavant sous le nom d’Abou Hafs, Abdelouahab Rafiqi est aujourd’hui l’un des intellectuels les plus influents du monde arabo-musulman, reconnu pour son engagement en faveur de la pensée critique, de la lutte contre le radicalisme et de la promotion des libertés fondamentales.

Actuellement conseiller auprès du ministre de la Justice du Maroc, il dirige le Centre d’études, de médiation et de réflexion « Waïe », préside la commission scientifique de l’organisation internationale CISEG (basée à Barcelone) et est membre du réseau régional d’experts de l’Institut Berghof en Allemagne.

Né à Casablanca en 1974, il est diplômé de la faculté de la Charia de Médine, titulaire d’un master en philosophie obtenu à la faculté des Lettres de Fès, et prépare actuellement une thèse de doctorat en sociologie. Il a publié de nombreux articles et dossiers, en arabe, en français et en espagnol, dans des revues nationales et internationales, principalement sur l’extrémisme religieux, les droits humains et la réforme de la pensée islamique. Il a également coécrit plusieurs ouvrages dans ces domaines.

Son parcours personnel confère à sa nomination une portée symbolique majeure. Ancien chef de file du courant salafiste au début des années 2000, il a été condamné à 30 ans de prison, dont il a purgé neuf ans avant de bénéficier d’une grâce royale. Depuis, il s’est imposé comme une voix courageuse et engagée pour les droits de l’homme, la tolérance et la dignité.

L’élection d’Abdelouahab Rafiqi à la Commission des droits de l’homme de l’OCI vient ainsi renforcer la présence du Maroc dans les enceintes internationales et ouvrir de nouvelles perspectives pour la promotion d’une vision humaniste, modérée et inclusive des droits humains dans le monde islamique.

Au nom du Maroc, Amina Bouayach élue présidente de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme

Cette élection s’est déroulée lors de l’assemblée générale de l’Alliance mondiale, organisée mardi à Genève, en marge de la 58e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

C’est Vladen Stefanov, chef de la section des institutions nationales et des mécanismes régionaux des droits de l’homme au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, qui a annoncé l’unanimité de vote des institutions nationales des droits de l’homme (ayant le statut A des INDH) en faveur de Mme Bouayach. À noter que l’élection du (de la) président(e) de la GANHRI et de son secrétaire est organisée sous l’égide de l’ONU.

La candidature de Mme Bouayach a été approuvée par les représentants des institutions nationales des droits de l’homme (INDH) de tous les groupes géographiques, a-t-il déclaré, après qu’elle eut été officiellement nommée par le Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’Homme (RINADH).

Lors de son assemblée générale, tenue la veille au Palais des Nations, le RINADH a officiellement entériné la candidature de la présidente du CNDH, au nom de l’Afrique.

À travers le CNDH du Royaume du Maroc, l’Afrique retrouve la présidence de la GANHRI, dix ans après l’élection d’un autre représentant du continent.

Dans une déclaration à la presse à l’issue du vote, la présidente du CNDH s’est dite « honorée » pour la confiance placée en elle par ses frères et sœurs de l’Afrique et ses confrères de partout dans le monde.

La nouvelle présidente de la GANHRI a tenu à souligner « l’engagement commun indéfectible » des INDH africaines, du Nord au Sud, en faveur de la protection et de la promotion des droits de l’Homme, mettant en avant le rôle de ces institutions qui agissent tous les jours dans des situations complexes au service de cette noble cause.

Mme Bouayach a indiqué que son élection intervient alors que GANHRI, dont la mission est d’interagir et de plaider au sein des Nations unies, doit gérer la situation difficile dont pâtit le multilatéralisme actuellement, ainsi que les problèmes de financement qui affectent les INDH.

Dans un monde où les droits et les libertés sont de plus en plus mis à rude épreuve, et où les opportunités et les défis émergents et traditionnels se multiplient, Mme Bouayach a dit concevoir cette élection comme “une responsabilité dont elle mesure pleinement l’ampleur”.

Des défis et opportunités du numérique et des technologies émergentes, du rétrécissement de l’espace civique, en passant par les conflits armés, les questions de la parité et de la violence contre les femmes, jusqu’aux défis du changement climatique, de la sécurité environnementale et des disparités économiques croissantes, autant de défis qui nécessitent « une vigilance renouvelée et une action collective pour garantir que personne ne soit laissée pour compte », a-t-elle dit dans une allocution à cette occasion.

Mme Bouayach succède à la Qatarie Maryam Al Attiyah, présidente de la Commission nationale des droits de l’Homme (NHRC) pour un mandat de trois ans à la tête de cette Alliance mondiale.

Cette assemblée générale a également connu l’élection de Mme Alyson Kilpatrick (Irlande du Nord) au poste de secrétaire de la GANHRI, en remplacement de Mme Bouayach.

Le Maroc prend part à la 58ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à Genève

La participation marocaine  »traduit la détermination ferme du Royaume à s’engager de manière positive et efficace dans le système international des droits de l’Homme et sa contribution au développement des mécanismes onusiens pertinents, qu’il a incarnées à travers sa présidence du Conseil des droits de l’Homme en 2024 et qu’il continue de réaffirmer dans les forums internationaux similaires », souligne-t-on auprès de la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH).

Comprenant des représentants de plusieurs départements gouvernementaux et institutions concernés, la délégation marocaine sera conduite par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, qui prononcera la déclaration du Royaume du Maroc, lundi prochain, lors du segment de haut niveau de cette session, qui verra la participation de nombre de chefs d’État ou de gouvernement, ainsi que de hauts représentants du système des Nations Unies.

Le ministre de la Justice aura, à cette occasion, plusieurs entretiens bilatéraux avec ses homologues, notamment de pays arabes et africains frères, ainsi qu’avec de hauts responsables de l’ONU et des organisations internationales, selon la DIDH.

En marge de cette session, le Royaume du Maroc organisera, le 25 février, en partenariat avec le Paraguay et le Portugal, un panel de haut niveau sous le thème  »Réseau international des mécanismes nationaux de mise en œuvre, d’élaboration de rapports et de suivi (MNMRS) : renforcer la coopération, promouvoir l’adhésion et diffuser le cadre d’orientation de Marrakech » (MGF).

Au cours de ce panel, Fatima Berkane, secrétaire générale de la DIDH, mettra en avant les avancées réalisées et les perspectives d’avenir du réseau international des MNMRS, ajoute la même source.

La rencontre sera également l’occasion de faire le point sur les résultats du 10ᵉ dialogue de Glion, qui s’est tenu à Marrakech en octobre 2024, de présenter le cadre d’orientation de Marrakech comme document de référence et de présenter les prochaines étapes pour renforcer la coopération et les capacités de ces mécanismes nationaux.

Cette session permettra aussi de partager l’expérience marocaine sur le thème de « La contribution du pouvoir judiciaire à la promotion des droits de l’Homme et la question de la peine de mort », à travers une intervention de Hicham Mellati, directeur des affaires pénales, des grâces et de la détection du crime au ministère de la Justice, lors d’une table ronde de haut niveau, prévue également le 25 février.

La délégation marocaine interviendra également sur le thème « Tolérance et inclusion dans le sport : un catalyseur pour la promotion des droits de l’homme » lors d’un side event, programmé le 27 février 2025.

La 58ᵉ session du CDH s’ouvrira lundi prochain, sous la présidence de l’ambassadeur Jürg Lauber, représentant permanent de la Suisse auprès de l’Office des Nations unies à Genève, et président en exercice du Conseil, avec des allocutions du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, du président de l’Assemblée générale de l’ONU, Philémon Yang, du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, et du ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis.

Les deux engagements du Maroc au Congrès mondial sur les disparitions forcées

Le Maroc, qui prend part au 1er Congrès mondial sur les disparitions forcées, dont les travaux ont débuté mercredi 15 janvier à Genève, a annoncé deux « engagements majeurs » en contribution à la promotion et à la mise en œuvre des objectifs de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées par les États parties.

Le premier engagement consiste en l’inclusion de la disparition forcée dans la législation pénale nationale, en tant que  »crime indépendant et violation grave » des droits de l’Homme, conformément aux dispositions de la Convention contre les disparitions forcées, a indiqué Fatima Barkan, secrétaire générale de la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH), dans une allocution au segment de haut niveau de ce congrès.

 »Cette réforme législative, actuellement en cours d’élaboration, témoigne de la volonté du Maroc de renforcer son arsenal juridique pour lutter efficacement contre ce fléau », a expliqué Mme Barkan, qui préside la délégation marocaine à cet événement.

Le deuxième engagement concerne l’organisation d’un séminaire régional au Maroc, destiné à échanger les expériences et les bonnes pratiques relatives à la mise en œuvre des dispositions de la convention, a-t-elle poursuivi.

Selon la responsable, ce séminaire constituera une plateforme d’échange pour discuter des défis rencontrés par les États et identifier des solutions concrètes pour renforcer la coopération régionale et internationale dans ce domaine.

« En adoptant ces deux engagements, nous affirmons notre détermination à contribuer activement à l’éradication de la disparition forcée », a souligné la SG de la DIDH.

Mme Barkan a, par ailleurs, salué la coopération « fructueuse » entre le Maroc, l’Argentine, la France et le Samoa, les quatre « Core states » qui parrainent l’importante initiative ayant permis la tenue de ce premier Congrès mondial sur les disparitions forcées.

Le Maroc est un État partie de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, qu’il a paraphée en 2007 et ratifiée en 2013. En tant que « Core State » de cette initiative, le Royaume milite pour la ratification universelle de la Convention.

Outre Mme Barkan, la délégation marocaine aux travaux de ce Congrès comprend notamment le représentant permanent adjoint à la Mission permanente du Maroc à Genève, Abdellah Boutadghart, et le directeur du dialogue et partenariat avec les associations et organismes nationaux au sein de la DIDH, ainsi que des représentants d’autres institutions concernées.

Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), prend part également aux travaux de ce congrès.

(Avec MAP)

Le Roi adresse un message aux participants au Symposium international sur « la Justice transitionnelle »

Voici le texte intégral du message royal, dont lecture a été donnée par la présidente du Conseil national des droits de l’Homme, Amina Bouayach.

« Mesdames, Messieurs,

Il nous est agréable de vous adresser ce message à l’occasion de ce symposium international placé sous notre haut patronage. Organisé en commémoration du vingtième anniversaire de la création de l’Instance Equité et Réconciliation, il a pour thème central : « les Processus de justice transitionnelle : pour des réformes durables ».

En ce jour où vous célébrez un événement marquant dans l’histoire du Maroc contemporain, l’occasion est toute trouvée pour souligner à nouveau l’importance et la pertinence de cette étape cruciale dans la transformation démocratique et la dynamique de développement de notre pays. Pilier essentiel de la construction et de la transition démocratiques, l’Instance Equité et Réconciliation a notamment concouru à la consolidation de l’Etat de droit et des institutions et à la protection des libertés.

Par sa charge historique, sa corrélation directe à la question des droits de l’Homme, sa résonance politique et sa portée sociale, ce symposium est l’occasion de saluer les acquis accumulés par notre pays dans le cadre du processus national de justice transitionnelle, lui-même issu d’une approche visionnaire, réfléchie, soucieuse de transparence et d’objectivité. Le moment est également bien choisi pour éclairer les générations présentes et futures sur les réformes et les réconciliations menées à bonne fin par le Royaume du Maroc. Entreprises selon une logique cumulative et dans un esprit de concorde et d’audace, ces actions ont rendu possible une lecture décomplexée de notre histoire et de notre passé et l’ont libérée de tout sentiment d’infériorité.

Mesdames, Messieurs,

Souveraine a été notre décision de créer l’Instance Equité et Réconciliation pour succéder à l’Instance indépendante d’arbitrage chargée de l’indemnisation des victimes de disparition forcée et de détention arbitraire, une structure mise en place par notre vénéré père, feu Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu ait son âme. De plus, elle s’inscrivait au cœur d’une dynamique volontariste de gestion des affaires publiques, s’inspirant d’un nouveau concept de l’autorité et faisant prévaloir le principe de corrélation entre responsabilité et reddition des comptes pour les institutions. L’enjeu ultime n’était autre que la préservation de la dignité de tous les Marocains.

Outre une réconciliation nationale pleinement retrouvée et la correction des violations du passé, cette dynamique entendait faire de la justice transitionnelle l’une des priorités du choix de transition démocratique qui a été fait à l’époque. En effet, dans un élan prémonitoire, les Marocains, tant l’Etat que la société, ont saisi la logique des mutations profondes à l’œuvre dans le monde de la fin des années quatre-vingts du siècle passé. Corrélativement, ils ont perçu l’intérêt d’inscrire les valeurs démocratiques et les principes des droits de l’Homme au cœur des choix politiques stratégiques.

Le modèle de justice transitionnelle adopté par notre pays s’est solidement construit autour d’un ensemble de considérations, pour certaines, historiques dans la mesure où elles puisent dans la spécificité de la personnalité marocaine, pour d’autres, géographiques et territoriales. Son objectif premier a été de focaliser l’intérêt sur toutes les victimes, tous backgrounds et toutes obédiences confondus, et d’examiner l’ensemble des atteintes aux droits de l’Homme, perpétrées depuis les premières années de l’Indépendance jusqu’à la date de création de l’Instance Equité et Réconciliation.

Cette action a permis d’identifier et d’analyser chaque type de violation que notre pays a connu dans le passé, indépendamment de sa nature et de son ampleur. A cet effet, des investigations et des enquêtes de terrain ont été menées et des auditions publiques ont été organisées, dans les villes et dans les villages, afin de recueillir les témoignages nécessaires à l’établissement de la vérité, de réparer les préjudices individuels et collectifs. Entrepris dans le respect de l’Approche genre, ce travail visait in fine à réconcilier le peuple marocain avec son passé.

Le modèle marocain a significativement contribué au développement du concept et des expériences de la justice transitionnelle

Le trait le plus distinctif de l’expérience marocaine a été l’implication de toutes les sensibilités de la société civile dans le processus de justice transitionnelle, depuis sa conception jusqu’à son aboutissement. En effet, à la faveur de la décision de mise en œuvre de la justice transitionnelle, l’espace public a été ouvert aux débats de société sur les différentes réformes et les questions de fond intéressant l’opinion publique nationale.

Par ailleurs, grâce à des initiatives multiples et continues pour la promotion de la justice transitionnelle, une prise de conscience collective s’est fortement cristallisée autour de la lutte contre les atteintes aux droits de l’Homme. De cette expérience, des leçons ont été ainsi tirées et la nécessaire poursuite de la consolidation de l’Etat de droit a été réaffirmée, de manière à ce que les droits et les libertés soient respectés et protégés et à condition que leur exercice, responsable et empreint d’un esprit de citoyenneté engagée, s’équilibre avec l’accomplissement des obligations.

Mesdames, Messieurs,

Au vu de son parcours, la justice transitionnelle au Maroc offre tous les traits d’une expérience singulière et pionnière. Symbole d’un tournant qualitatif dans le processus politique national, elle a ouvert la voie à une transition démocratique fluide et consensuelle et elle a permis l’adoption des meilleures pratiques pour tendre vers le parachèvement de l’Etat de droit et des institutions.

Ainsi, à la faveur des recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation, formulées sous forme de propositions relatives aux politiques publiques, et outre l’accent mis sur le nécessaire renforcement de la protection constitutionnelle des droits humains, un cadre régulateur a été mis en place pour structurer de vastes réformes sociétales, y compris celles de nature constitutionnelle et législative. Par ailleurs, des organes de concertation et des mécanismes institutionnels ont été créés pour opérer une rupture avec les violations perpétrées dans le passé, consacrer un mode de gouvernance publique fondée sur les règles de l’Etat de droit, mettre en exergue l’évolution constante des dynamiques sociétales.

Dans cette perspective, nous avons tenu à ce que soit reflétée dans la Constitution, les lois et les politiques publiques, l’acception la plus large des droits de l’Homme, qui recouvre tout à la fois les aspects politique, environnemental, économique, social et culturel. Nous avons également créé les institutions et les mécanismes constitutionnels nécessaires à la protection des droits humains dans leurs multiples dimensions.

À cet égard, nous nous sommes personnellement attaché à ce que le concept de justice spatiale trouve une traduction concrète dans les politiques de développement, à ce que la notion de réparation du préjudice collectif soit intégrée à nos plans de développement. Nous avons également veillé à ce que, dans la mesure du possible et du nécessaire, les régions et les zones non bénéficiaires des fruits du développement et de l’essor réalisés par le Royaume du Maroc soient sorties de la marginalité. La voie était ainsi ouverte à des réconciliations majeures avec l’Histoire et avec l’espace.

Mieux encore, cette volonté résolue a permis à un certain nombre de régions du Maroc qui accusaient un grand déficit de développement d’y remédier, certaines d’entre elles étant même devenues un modèle de développement spatial.

Dans ce cadre, aujourd’hui, le monde, à travers la voix d’observateurs impartiaux, rend témoignage des fruits du modèle de développement qui est à l’œuvre dans nos Provinces du Sud, et qui se veut en accord total avec l’idéal de solidarité, de complémentarité et de justice spatiale prévalant entre les différentes régions du Royaume. De fait, la physionomie de nos Provinces récupérées a changé pour le mieux, leur permettant ainsi de devenir une zone attractive pour les investissements, où abondent aujourd’hui projets de développement, grandes installations et équipements d’envergure.

Mesdames, Messieurs,

Grâce à cette expérience qui a été largement et fortement saluée à l’international, le Maroc a joué un rôle précurseur en introduisant le concept de justice transitionnelle dans son environnement arabe et africain, et en le relayant de façon retentissante dans de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Le modèle marocain a significativement contribué au développement du concept et des expériences de la justice transitionnelle qu’il a propulsés vers de nouveaux horizons au niveau régional, mais aussi continental et international.

Cependant, ce que nous avons accompli aussi bien pour garantir in fine le respect et la préservation des droits de l’Homme qu’en matière de développement et de construction des institutions démocratiques, ne signifie nullement que nous avons atteint la perfection. Il n’empêche que ces réalisations, comme le monde l’atteste, symbolisent un modèle de démocratie émergente, authentique et enracinée.

Mesdames, Messieurs,

Notre souhait est que les séances de délibération autour des sujets à l’ordre du jour puissent mettre en évidence les meilleures pratiques issues des expériences de pays comme le Maroc, notamment les synergies établies entre les processus de justice transitionnelle et les réformes législatives, institutionnelles et constitutionnelles, ainsi que la complémentarité des rôles dévolus aux parlements, aux acteurs institutionnels et à la société civile en appui à la mise en œuvre des recommandations des instances de justice transitionnelle.

Dans la perspective de réformes durables, nous sommes persuadé que cet important symposium sera l’occasion de voir dans quelle mesure les processus de justice transitionnelle ont permis d’opérer une rupture avec les violations des droits de l’Homme et de quelle manière les recommandations issues de ces processus ont été appliquées. Ces deux questions fortement imbriquées sont essentielles dans le dispositif destiné à protéger les individus et les groupes, à préserver leur dignité, à garantir leurs droits.

A cet égard, nous avons bon espoir que vous saurez, à travers vos débats et vos analyses, accorder à l’expérience marocaine la place éminente qui lui échoit, étant donné qu’elle représente un trait distinctif de notre histoire politique contemporaine, laquelle puise ses fondements dans l’ancrage séculaire de l’État marocain.

Nous souhaitons la bienvenue à l’ensemble des participants à ce symposium international et Nous prions le Très-Haut de couronner vos travaux de succès ».

Latifa Jbabdi élue vice-présidente de la plateforme des femmes africaines pour la justice transitionnelle

La plateforme, dont la création s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique africaine de justice transitionnelle, adoptée par le sommet des chefs d’Etat de l’UA en 2019, est gérée par un comité directeur de 8 membres de différentes régions d’Afrique.

Dans une déclaration à la MAP, Latifa Jbabdi a indiqué que cette plateforme est un réseau rassemblant des femmes engagées dans le mécanisme de justice transitionnelle à travers tous les pays africains, relevant qu’il s’agit d’un mécanisme d’échange d’expériences, de visions, d’actions et d’initiatives visant à renforcer la mise en place d’une justice transitionnelle en Afrique.

La plateforme vise, entre autres, à favoriser la participation des femmes dans la prise de décision dans toutes les étapes de la justice transitionnelle et de la reconstruction post-conflit, a-t-elle dit, expliquant qu’il s’agit d’un impératif stratégique pour construire la paix durable dans le continent.

Elle aura un rôle de plaidoyer auprès des Etats membres de l’UA en faveur d’une justice transitionnelle, tout en favorisant la participation à part entière des femmes dans l’ensemble des étapes de justice transitionnelle, conformément à la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, a poursuivi Mme Jbabdi.

Il s’agit aussi du renforcement des capacités en matière de genre et justice transitionnelle et de l’accompagnement des processus de justice pour assurer la prise en compte des préjudices subies par les femmes, a-t-elle dit.

La plateforme fournira également l’appui technique, le suivi et l’évaluation, ainsi que le soutien des initiatives visant à impliquer les femmes dans le processus de justice transitionnelle, a-t-elle fait savoir, ajoutant qu’elle facilitera aussi le dialogue et les consultations communautaires dans le but de faire avancer le processus de justice transitionnelle et prévenir les conflits violents dans le continent.

Elle a par ailleurs fait remarquer que l’approche genre n’a pas été bien prise en compte dans certaines expériences de justice transitionnelle en Afrique, rappelant que l’expérience marocaine demeure la plus avancée en matière d’intégration de l’approche genre dans le processus de justice transitionnelle.

La participation active des femmes dans toutes les étapes de la justice transitionnelle est une nécessité absolue pour une paix durable dans le continent, a insisté Mme Jbabdi.

A rappeler qu’une rencontre préparatoire pour le lancement de la plateforme des femmes africaines pour la justice transitionnelle avait été organisée à Nairobi en août 2023.

(Avec MAP)

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Bourita s’entretient avec le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme

Lors de cette entrevue, Nasser Bourita et le responsable onusien ont examiné plusieurs questions d’intérêt commun portant notamment sur la promotion et protection des droits de l’Homme.

M. Türk prend part à la retraite du Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies, qui s’est tenue les 21 et 22 courant à l’initiative de la présidence marocaine du CDH.

Cette retraite a connu la participation d’ambassadeurs représentants permanents des États membres du CDH, des coordonnateurs des groupes régionaux et politiques des Nations unies, de la Présidente du Comité de coordination des procédures spéciales et des ONGs parties prenantes des travaux du CDH.

L’Union de l’action féministe lance sa campagne annuelle de sensibilisation à la violence basée sur le genre

Selon un communiqué conjoint, cette initiative vise à sensibiliser différents acteurs (grand public, médias, décideurs politiques et associations de défense des droits des femmes) à la nécessité d’une mise en œuvre rigoureuse des engagements pris en matière de lutte contre la violence de genre.

Les deux ONGs soulignent l’importance de réformes législatives renforcées, d’un budget public substantiel pour la protection des victimes, ainsi que de formations spécifiques pour les professionnels chargés de leur prise en charge.

Un axe préventif est également mis en avant dans le cadre de cette campagne, plaidant pour la promotion de valeurs d’égalité et de masculinité positive dès le plus jeune âge, afin de construire une société inclusive et égalitaire.

Cette campagne s’inscrit dans le cadre du projet « Uni.E.s pour l’égalité », cofinancé par l’Union européenne. Déployé dans plusieurs régions du Maroc (Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat et Drâa-Tafilalet), ce projet cherche à renforcer les synergies entre différents acteurs, notamment des universités, des organisations de la société civile, des institutions publiques et des professionnels du secteur juridique, pour promouvoir l’égalité des sexes et lutter contre les discriminations et violences basées sur le genre.

À l’occasion de la 69e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW), prévue en mars 2025, l’UAF présentera un rapport parallèle portant sur la violence basée sur le genre. Ce rapport, élaboré dans le cadre des 30 ans de la Conférence internationale de Beijing, analysera les progrès et les défis rencontrés au Maroc dans ce domaine, tout en proposant des recommandations pour les cinq prochaines années.

Par ailleurs, une étude intitulée « Cinq ans après la loi 103-13 », réalisée en 2024, sera également dévoilée. Fondée sur une approche des droits humains, cette étude évalue l’impact de cette loi adoptée en 2018 pour lutter contre les violences faites aux femmes, notamment dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Si des avancées significatives sont relevées, comme une sensibilisation accrue et une hausse des signalements, des obstacles persistent, notamment dans l’accès des victimes aux services publics.

Les recommandations de l’étude incluent l’élargissement des définitions de la violence, le renforcement de la protection juridique des victimes, une simplification des démarches judiciaires et une meilleure coordination entre les institutions publiques et la société civile.

Pour soutenir cette campagne, cinq capsules vidéo seront diffusées. Inspirées des conclusions de l’étude « Cinq ans après la loi 103-13 », elles abordent des thématiques clés telles que les droits des victimes, la prévention des violences et la nécessité de réformes institutionnelles. Ces vidéos, basées sur des témoignages et des recherches menées par l’UAF et AIDA, mettent également en lumière les insuffisances de la loi actuelle.

Ce programme s’inscrit dans une volonté globale de faire avancer la lutte contre les violences basées sur le genre au Maroc, tout en impliquant l’ensemble des parties prenantes, conclut le communiqué.

Droits de l’Homme : le CDH de l’ONU tient sa retraite à Rabat

Cet événement sera le premier de cet organe onusien dans la région MENA et le second sur le continent africain, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

La « Retraite de Rabat » a pour objectif de créer un espace de dialogue afin de favoriser des réflexions sur le processus d’examen du statut du Conseil des Droits de l’Homme par l’Assemblée générale, conformément à sa résolution portant sa création.

La retraite sera l’occasion de mettre l’accent sur les propositions de la présidence concernant la rationalisation et l’efficacité du CDH, des sujets actuellement débattus sous l’égide de nombreux co-facilitateurs. Elle mettra également l’accent sur la coordination entre les instances ayant un mandat relatif aux droits de l’Homme au sein des Nations Unies à Genève et à New York pour assurer une plus grande cohérence du travail des Nations Unies en matière de droits de l’Homme.

Initié en 2010 à Bangkok, ce format a depuis été adopté par des pays ayant présidé le Conseil des Droits de l’Homme, dont l’Allemagne, la Slovénie, le Sénégal, la Suisse et l’Autriche.

Cette retraite s’est avérée précieuse pour encourager des discussions approfondies, ayant notamment conduit à l’adoption de la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le fonctionnement du CDH.

Les retraites offrent aux présidents successifs du CDH une occasion privilégiée de dialoguer avec les diverses parties prenantes pour identifier et explorer des solutions visant à renforcer l’efficacité et l’efficience du Conseil. Ces rencontres permettent d’aborder en profondeur les défis actuels, de recueillir des perspectives variées et de proposer des pistes d’amélioration qui contribuent à optimiser le fonctionnement et l’impact des actions du CDH dans le domaine des droits de l’Homme.

Ces rencontres, rassemblant les États membres, les coordinateurs des groupes régionaux, le Haut-commissaire aux Droits de l’Homme et des représentants de la société civile, permettront des échanges de vues larges et approfondis, conclut le communiqué.

Casablanca : un focus sur les garanties législatives dans la lutte contre la torture

Tenue en collaboration avec le Bureau régional du haut-commissariat aux droits de l’Homme (HCDH) pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, cette rencontre de deux jours a pour objectif d’examiner les normes internationales relatives à l’interdiction absolue de la torture et des mauvais traitements, ainsi que les moyens de prévention de ces pratiques.

À cette occasion, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a indiqué, dans une déclaration à la presse, que l’organisation de cet atelier vient renforcer les missions de protection des droits de l’Homme et de prévention de leurs violations, soulignant que la rencontre marque également la célébration des 40 ans de l’adoption de la Convention contre la torture.

Et d’ajouter que le Conseil invite, pour l’année 2025, au travail à l’unisson des organisations et institutions gouvernementales régionales et nationales, mais aussi les pays qui n’ont pas encore adhéré à la Convention contre la torture à la ratifier, afin de garantir un degré de tolérance zéro à l’égard de la torture.

De son côté, le préfet de police Mohamed Dkhissi, directeur central de la Police judiciaire et chef du Bureau central national d’Interpol-Rabat, a souligné l’importance des enjeux de cet atelier, notamment pour la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), dans le cadre de la convention de partenariat et de coopération institutionnelle avec le CNDH, dans le domaine de la formation et de la consolidation du respect des droits de l’Homme dans l’exercice de la fonction sécuritaire.

Rappelant que cette convention vise à promouvoir la culture des droits de l’Homme dans les cursus de formation et d’entraînement des policiers, en l’érigeant en pilier des missions des fonctionnaires de la Sûreté nationale chargés de l’application de la loi, Mohamed Dkhissi a relevé le succès de cette coopération auprès de l’ensemble des agents de la DGSN.

Il a, dans ce sens, soutenu que les agents sont formés à la compréhension profonde des droits de l’Homme, notamment le respect des droits du suspect durant les différentes étapes de l’enquête, ajoutant que dans ce cadre, une supervision a été mise en place au sein des différentes institutions et administrations relevant de la DGSN.

Mazen Shaqoura, représentant du Bureau régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (ROMENA) a, quant à lui, souligné la ratification de la Convention contre la torture par le Royaume, qui a également adhéré au Protocole facultatif.

Il a, dans ce sens, appelé à renforcer l’efficacité des mécanismes internationaux et régionaux visant à réduire les pratiques de torture et les mauvais traitements.

Au programme de cet atelier, des conférences sur divers thèmes tels que « Les normes internationales relatives à l’interdiction absolue de la torture et des mauvais traitements », « Les efforts des Nations unies et de ses mécanismes pour la prévention et la lutte contre la torture et les mauvais traitements », « Les interprétations des organes des traités internationaux et régionaux ainsi qu’un aperçu des législations nationales », et « Les législations nationales en matière d’interdiction de la torture et des mauvais traitements : études de cas », entre autres.

Cette rencontre est marquée par la présence de représentants des États membres de la Ligue des États arabes, des organisations et institutions gouvernementales régionales et nationales, des institutions nationales des droits de l’Homme, des mécanismes nationaux de prévention de la torture, des parlements arabes et des organisations non gouvernementales.

(Avec MAP)

Les recommandations du CNDH dans son rapport au titre de l’année 2023

Le rapport, présenté par la présidente du CNDH, Amina Bouayach, lors d’une conférence de presse, comprend un total de 332 recommandations thématiques ou générales, dont 122 recommandations émises par les trois mécanismes nationaux et 41 recommandations structurantes qui s’adressent aux autorités publiques et portent sur la pratique conventionnelle du Royaume et son interaction avec le système international des droits de l’Homme, le cadre juridique et institutionnel ainsi que le champ des politiques publiques, des programmes et des pratiques.

Les recommandations du Conseil portent sur l’accélération du processus d’adoption de lois fondamentales sur les droits de l’Homme, le parachèvement de toutes les composantes de la protection sociale et l’élargissement de leur champ d’application afin d’établir un système national de protection des droits économiques et sociaux, en particulier ceux qui sont liés aux normes minimales de sécurité sociale, à savoir les pensions de vieillesse, de chômage et d’invalidité et l’indemnisation en cas d’accident de travail.

Par ailleurs, le rapport fait état de l’augmentation du nombre de plaintes et de requêtes, le CNDH, ses mécanismes nationaux et ses commissions régionales ayant reçu 3.318 plaintes, dont 280 émanant de femmes ou de jeunes filles victimes de violences, et 276 relatives aux droits des migrants. Il a été également constaté que de plus en plus d’individus et de groupes s’adressent aux commissions régionales en tant que mécanismes de recours au niveau local.

Le Conseil note une augmentation de la proportion de plaintes liées aux droits économiques et sociaux, en tant qu’indicateur de l’ampleur des difficultés rencontrées par les individus pour accéder aux services de base liés à ces droits, et une augmentation des plaintes liées au droit à un environnement propre et durable et au droit à l’eau, qui peut s’expliquer par la situation difficile liée au stress hydrique sans précédent que connaît le pays depuis 2022 et qui s’est poursuivie en 2023.

Le rapport relève également que le domaine des doléances s’est élargi aux sujets ayant trait à la vie privée, traduisant la réputation du CNDH en tant que mécanisme de recours non-judiciaire. Le Conseil observe, de même, que la dynamique de création d’organisations non-gouvernementales se poursuit, avec un nombre estimé à 266.610 ONG à fin de 2023, réparties sur toutes les régions du Royaume et travaillant dans tous les domaines.

Le Conseil a aussi recommandé de lancer une série de consultations entre les différents acteurs civils et institutionnels pour réviser la loi sur les associations et réglementer la vie associative, en tenant compte de l’évolution du système des droits liés à la liberté d’association.

D’autre part, le rapport met l’accent sur la nécessité d’appuyer le CNDH dans ses interventions liées aux affaires de traite des êtres humains, préconisant dans ce sens l’élaboration d’un guide pour renforcer les capacités de ses cadres aux niveaux national et régional et adopter une méthodologie de travail unifiée pour le traitement de ce genre d’affaires. Ce guide permettra aussi de faciliter le suivi et l’identification précoces des victimes potentielles de ce genre de crimes, au sujet duquel 110 affaires ont été portées devant la justice en 2023.

Le rapport montre, par ailleurs, la capacité du Conseil à accompagner le débat public sur les questions sociétales liées aux droits et libertés, tant dans l’espace virtuel que réel, ce qui reflète un changement dans l’approche adoptée pour traiter les questions urgentes.

En outre, le CNDH a continué sa mobilisation pour assurer le suivi de la mise en œuvre des recommandations restantes émises par l’Instance Équité et Réconciliation (IER), notamment celles relatives à la préservation de la mémoire, à la réhabilitation collective et individuelle et à l’exécution des décisions prises dans le cadre de certains dossiers de disparition forcée.

Le Conseil évoque, dans ce cadre, le rapport du mécanisme national de prévention de la torture qui a effectué 55 visites à des lieux de privation de liberté, dont 15 visites aux établissements pénitentiaires et 26 visites aux lieux de placement en garde à vue. Il s’agit notamment de 8 visites effectuées dans des lieux appartenant à la Sûreté nationale, 19 dans des locaux appartenant à la Gendarmerie royale, 7 dans des tribunaux, 5 dans des centres de protection de l’enfance et une visite dans un hôpital psychiatrique. Toutes ces visites ont été sanctionnées par un rapport du mécanisme national contenant observations et recommandations.

Le CNDH cite, dans la même veine, le rapport du mécanisme national habilité à recevoir les recours contenant les violations des droits des enfants, qui a reçu un total de 83 plaintes en 2023, tandis que le mécanisme national de protection des droits des personnes en situation de handicap a reçu un total de 32 plaintes et requêtes durant la même année.

Et de rappeler que trois rapports ont été adoptés durant 2023 par les mécanismes onusiens concernant la situation des droits de l’Homme au Maroc, à savoir les rapports sur la mise en œuvre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, et le rapport sur le quatrième cycle de l’Examen périodique universel, pour lequel 306 recommandations ont été émises.

Le Conseil souligne qu’il a accueilli favorablement l’interaction positive du gouvernement marocain avec 232 recommandations approuvées, dont des recommandations visant à renforcer l’exercice de la liberté d’expression, d’opinion, d’association et de réunion.

Il a également encouragé le gouvernement à reconsidérer sa position sur certaines recommandations partiellement ou totalement rejetées, telles que l’abolition de la peine de mort dans la législation et la pratique et la criminalisation du « viol conjugal« .

Le rapport souligne que le CNDH a consolidé son leadership au sein des réseaux internationaux et régionaux des institutions nationales des droits de l’Homme, en assurant par exemple la vice-présidence de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme et en pilotant des groupes de travail pour l’Alliance mondiale et le Réseau africain.

Le Conseil a également renforcé ses relations avec le système des droits de l’Homme de l’Union africaine, en organisant pour la première fois une Conférence importante sur les droits de l’Homme après le retour du Maroc à l’Union africaine, ainsi que le Forum africain sur la justice transitionnelle.

Le rapport conclut que la consolidation des fondements du système national de protection des droits économiques et sociaux nécessite l’accélération de la réforme de l’éducation pour garantir le droit à une éducation de qualité pour tous et renforcer le capital humain national.

Il plaide, de même, pour la poursuite de la réforme fiscale et la mise en œuvre de toutes les dispositions de la loi-cadre sur la réforme fiscale en tant qu’élément essentiel pour financer les droits économiques et sociaux et renforcer la justice territoriale.

Volker Turk présente un exposé sur la situation des droits de l’homme dans le monde, le dossier du Sahara marocain écarté

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a dépeint, mardi 18 juin, à Genève, un sombre tableau de la situation des droits de l’homme dans le monde, aggravée par les conflits armés et l’élargissement des inégalités de développement, mettant en lumière la situation à Gaza et dans les territoires palestiniens, en Ukraine et en République démocratique du Congo, ainsi qu’au Yémen, au Niger, au Soudan du Sud et en Syrie, et bien d’autres pays.

Ce qui est particulièrement alarmant, selon le responsable onusien, « c’est que les données indiquent que le taux de femmes tuées en 2023 a doublé, et que le nombre d’enfants victimes a triplé par rapport à l’année précédente, soulignant la nécessité urgente de trouver une voie pour revenir à la paix, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international ».

Le Haut-Commissaire a noté qu’à la fin mai 2024, « l’écart entre les besoins de financement humanitaire et les ressources disponibles s’élevait à 40,8 milliards de dollars américains. Les appels étaient financés à un taux de seulement 16,1 % ».

Il a comparé cette situation avec près de 2 500 milliards de dollars américains de dépenses militaires mondiales en 2023, soit une augmentation de 6,8 % en valeur réelle par rapport à 2022, représentant la plus forte augmentation annuelle depuis 2009.

En plus de causer des souffrances humanitaires intolérables, Volker Turk a averti que « la guerre a un coût élevé à long terme sur l’environnement, notamment par la combustion des terres, la pollution chimique de l’air, de l’eau et du sol, la destruction des infrastructures civiles et même le risque de catastrophe nucléaire ».

Il a souligné l’obligation de « prendre au sérieux les motivations et les causes profondes des tensions, de la violence et des conflits ». À cet égard, il a évoqué les inégalités et le déni des droits fondamentaux – nourriture, eau, logement, éducation, travail décent et environnement propre, sain et durable, ainsi que la discrimination systématique, la mauvaise gouvernance et la répression des voix dissidentes.

À l’échelle mondiale, le Haut-Commissaire a souligné que « les inégalités ont connu la plus forte augmentation depuis trois décennies, les pays pauvres ayant subi une crise économique plus sévère à cause de la pandémie de Covid-19 par rapport aux pays plus riches. » En effet, 4,8 milliards de personnes sont devenues plus pauvres qu’elles ne l’étaient en 2019, tandis que la fortune des cinq milliardaires les plus riches du monde a plus que doublé depuis le début de cette décennie ».

Il a conclu que la communauté internationale est loin de tenir la promesse de l’Agenda 2030, puisque près de la moitié de l’humanité – environ 3,3 milliards de personnes – vit dans des pays dont les gouvernements dépensent davantage pour le service de leur dette que pour investir dans les systèmes de santé et d’éducation de leurs populations.

L’absence de mention du conflit artificiel du Sahara discrédite les tentatives de désinformation menées par les séparatistes du Polisario et du régime algérien pour présenter le provinces du sud du Royaume comme instables où les droits de l’hommes sont bafoués.

En ignorant délibérément le conflit du Sahara dans son rapport, Volker Turk envoie un message fort : les allégations de violations des droits de l’homme dans les provinces du sud du Maroc sont infondées et ne méritent pas d’être mentionnées dans une analyse sérieuse et objective des droits de l’homme à l’échelle mondiale.