Regain de tensions entre le Mali et l’Algérie

« Un drone des Forces armées maliennes s’est écrasé à Tinzawatène, région de Kidal, à proximité de la frontière Mali-Algérie. L’enquête conclut que l’appareil a été abattu par des tirs hostiles algériens, le drone n’ayant jamais quitté le territoire du Mali », lit-on dans le communiqué du gouvernement de la transition à Bamako.

« Le Mali condamne fermement l’acte algérien, le qualifiant d’agression préméditée et inamicale », poursuit la même source, qui affirme que « Le Mali accuse l’Algérie de soutenir le terrorisme international en entravant les opérations maliennes contre des groupes armés ».

Sur la base de ces éléments, Bamako a décidé de convoquer l’ambassadeur algérien pour protester contre l’hostilité du régime algérien, de se retirer avec effet immédiat du Comité d’état-major conjoint (CEMOC) et de porter plainte devant des instances internationales contre le régime algérien pour actes d’agression.

Un drone malien chute près de la frontière avec l’Algérie

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril, un drone des Forces armées maliennes (FAMa) s’est écrasé près de Tinzaouatine, dans la région de Kidal (Mali). Dans un communiqué, l’état-major général des armées maliennes a indiqué que l’aéronef, engagé dans une mission de surveillance, s’était abîmé dans la zone.

De son côté, le ministère algérien de la Défense affirme que ses forces ont abattu un drone malien armé après qu’il a pénétré de deux kilomètres dans l’espace aérien algérien. L’intervention aurait été menée par une unité de défense aérienne opérant dans le secteur de la 6e région militaire, ajoute le ministère dans un communiqué.

La stratégie de reboisement des forêts du Maroc à l’épreuve de la sécheresse

L’impact de la sécheresse n’est pas uniquement une affaire d’agriculture. Les 9 millions d’hectares qui constituent le couvert forestier du Maroc ne sont pas non plus épargnés par la pénurie d’eau et le déficit pluviométrique, surtout lorsqu’il s’agit d’assurer la croissance de nouveaux plants. C’est la raison pour laquelle des techniques de plantation adaptées et une surveillance accrue figurent parmi les mesures phares pour remédier au recul des apports pluviométriques.

La Stratégie nationale des forêts (2020-2030), portée par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), relevant du ministère de l’Agriculture, ambitionne d’atteindre 600.000 ha de reboisement d’ici 2030. Depuis le lancement effectif de cette stratégie en 2022, 150.000 ha ont été reboisés, dont :

– 70.400 hectares d’espèces autochtones (pins, eucalyptus) ;

– 60.000 ha de régénération d’espèces autochtones (cèdre, arganier, caroubier…) ;

– 19.600 ha d’améliorations sylvopastorales.

« En 2024, 70.000 ha ont été reboisés. La même superficie est prévue pour l’année en cours », assure Abderrahim Houmy, directeur général de l’ANEF, à l’occasion d’un point presse organisé ce jeudi 23 janvier à Rabat. Le reboisement fait partie d’une feuille de route mise en place pour diminuer les effets de la surexploitation et du réchauffement climatique sur les forêts du Maroc.

Ce couvert forestier est concerné par le phénomène de dédensification à hauteur de 10.000 ha par an. Si la reconstitution du couvert forestier est d’une importance capitale, c’est principalement en raison des multiples fonctions socio-économiques et environnementales de ce domaine :

– Réceptacle de l’essentiel de la faune et de la flore naturelles (2/3 des plantes et 1/3 des espèces animales) ;

– Espace de vie pour plus de 7 millions d’usagers (bois de feu, pâturage) ;

– Rempart contre la désertification et garant des grands équilibres environnementaux.

Sans oublier qu’au niveau méditerranéen, le Maroc occupe la 2ᵉe place en matière de biodiversité et la 1ᵉ place en termes d’endémisme (espèces d’origine locale). Toutefois, la sécheresse représente un frein pour atteindre notamment un taux de réussite du reboisement de 60%. Celui-ci se situe actuellement aux environs de 50%.

Goutte-à-goutte et tourbe végétale

« Sur 85% du territoire national, les précipitations des cinq dernières années ont accusé un déficit moyen compris entre 15% et 45% par rapport aux moyennes annuelles », nous explique l’ANEF. Dès lors, la problématique de la sécheresse se pose pour les forêts, mais aussi au niveau de l’eau destinée à irriguer les plants qui sont en mal de croissance.

« Avant les derniers épisodes de sécheresse, l’irrigation des nouveaux plants n’était pas nécessaire pour garantir leur croissance. Aujourd’hui, la donne a changé et l’irrigation est devenue capitale pour le reboisement », assure à Médias24 Abderrahim Houmy.

« Auparavant, l’irrigation des nouveaux plants dépendait principalement de la pluviométrie, au point que les plantations n’étaient réalisées que dans les régions qui avaient atteint un cumul pluviométrique satisfaisant. Autrement, on devait attendre que les conditions climatiques s’améliorent », explique-t-il.

Mais ce temps semble révolu. Du moins après six années de sécheresse consécutives. Car, de nos jours, « l’arrosage des plants est devenu indispensable », assure notre interlocuteur. À ce titre, une technique d’irrigation, appelée Water Box, a été introduite afin d’assurer la croissance des plants de manière économe.

« La Water Box est utilisée depuis deux ans. C’est une technique d’irrigation économe en eau d’arrosage à travers le goutte-à-goutte. Elle est appliquée sur 1.000 ha actuellement. Et en 2025, elle le sera sur 900 ha supplémentaires ». Concrètement, la Water Box favorise la croissance des plantes dans des environnements arides ou soumis à des stress hydriques. Elle se base sur :

– La récupération et le stockage de l’eau via un dispositif en forme de réservoir placé autour du jeune plant. Elle capte l’eau de pluie et réduit son évaporation en la stockant directement autour des racines de la plante.

– Un arrosage ciblé, en libérant lentement l’eau stockée, assurant un apport constant d’humidité aux racines. Cela permet de réduire considérablement les besoins en irrigation.

– La protection des jeunes plants, car elle agit comme une barrière thermique et physique, protégeant les plants des conditions extérieures difficiles (vent, forte chaleur, animaux, etc.).

À cela s’ajoute l’utilisation de la tourbe végétale qui semble plus adaptée aux nouvelles conditions climatiques, en comparaison à la terre végétale. En termes de contrôle et de suivi des sols et des plantations, des drones sont utilisés afin de permettre une collecte précise des données. 

Par ailleurs, des mesures d’incitation auprès de la population sont instaurées afin de préserver les superficies reboisées d’autres activités, pastorales notamment. Cela passe par la compensation de mise en défens. « Pour reboiser, il faut protéger les superficies en compensant les populations sur le droit d’usage, notamment pour le pâturage”, souligne Abderrahim Houmy.

En détail, les superficies concernées par cette protection ont atteint, en 2024, 76.400 hectares. Une enveloppe budgétaire de 40 MDH a été nécessaire pour protéger 570 périmètres. Pour 2025, ce sont 86.000 ha (49 MDH) et 800 périmètres qui seront concernés par cette mesure.

Round up. Attaque du polisario à Mahbes : le film des événements

Ce samedi 9 novembre se tenait la 3e édition du Festival national de la Marche verte, organisée par le conseil communal de Mahbes en présence de deux secrétaires d’Etat, Lahcen Saâdi, chargé de l’Artisanat, de l’économie sociale et solidaire, et Adib Benbrahim, chargé de l’Habitat.

Le temps était à la fête sous un immense et somptueux chapiteau dressé pour l’occasion. Des célébrations que les séparatistes, depuis le territoire algérien, ont voulu gâcher de la plus ignoble des manières.

Selon diverses sources relayées par les réseaux sociaux, au moins quatre projectiles ont été tirés depuis autant de véhicules militaires. Après quelques secondes de stupeur, les centaines de personnes conviées à ces célébrations ont répondu en scandant des slogans nationalistes à la gloire du Royaume, du Roi et du Sahara.

L’on ne déplore aucun dégât matériel ni humain, comme nous le confirment plusieurs sources dans les provinces du Sud.

Entre-temps, les FAR ont déployé des drones qui ont réussi à neutraliser les assaillants. Ce que confirme le très bien informé Moroccan Military Forum sur son compte X. Mais sans donner de détails sur le nombre des victimes du côté des séparatistes.

Sur les réseaux sociaux, les séparatistes pleurent leurs morts (les assaillants) et l’on en recense au moins cinq, dont un haut cadre militaire, le dénommé Abdelaziz Ould Bariya.

Silence à Rabat, fake news à Rabouni

Au Maroc, aucune communication officielle n’a été faite sur les événements de Mahbes, si ce n’est pour rendre compte des activités des deux responsables gouvernementaux dans la province de Assa-Zag et des gros investissements consentis pour l’essor économique et social de ces contrées, à un petit vol d’oiseau de Tindouf.

À Rabouni, le polisario s’enfonce dans le déni et les fake news. Durement affecté par ses pertes à la suite de son initiative aux conséquences mal calculées, il a fait dire à son « agence de presse » (SPS) que deux attaques avaient été menées contre l’armée marocaine, l’une à l’aube et la deuxième en début d’après-midi, lui faisant subir de lourdes pertes.

Cela rappelle tous les mensonges servis par les séparatistes aux populations martyrisées à Tindouf et qui ne trouvent preneurs qu’auprès des médias affidés au régime militaire algérien.

Ce qui est établi pour le moment, et depuis le début de la violation du cessez-le-feu par les séparatistes, est qu’il s’agit de la deuxième attaque terroriste du genre après celles de Smara, fin octobre 2023. Le polisario multiplie d’ailleurs ses tirs de roquettes qui sont documentés par la Minurso malgré les obstacles que cette mission rencontre du côté du polisario.

« Entre le 1er septembre 2023 et le 31 août 2024, l’Armée royale marocaine a signalé à la Minurso 164 faits impliquant des tirs contre ses unités stationnées le long du mur de sable ou à proximité, dont 75% environ à Mahbas.

« Depuis septembre 2023, la Minurso a effectué 127 patrouilles d’enquête pour se rendre sur les lieux où s’étaient produits des faits signalés (total de 357 sites). À 14 reprises, l’Armée royale marocaine a également signalé avoir observé de petits drones de surveillance survoler ses unités dans la région d’Oum Dreyga », lit-on dans le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU au Conseil de sécurité.

Le Maroc reprend la main

Ce qui est nettement moins que les 550 tirs des séparatistes recensés par la mission onusienne entre le 1er septembre 2022 et le 31 août 2023. Et encore loin du bilan arrêté entre le 1er septembre 2021 et le 31 août 2022, avec 691 tirs signalés par les FAR à la Minurso.

Quelle lecture pourrait-on faire de la diminution drastique des attaques du polisario contre les Forces armées royales ? L’une des plus logiques est que le Maroc agit avec la plus grande fermeté avec les escarmouches des séparatistes comme il l’avait exprimé, au plus haut niveau de l’Etat, au Secrétaire général de l’ONU. À savoir qu’il respectait le cessez-le-feu, mais qu’il était déterminé à se défendre, défendre son territoire et ses citoyens.

Le port de Tanger Med bientôt doté d’une plateforme de drones

Tanger Med Port Authority vient de lancer un appel d’offres pour la conception et la mise en place d’une plateforme de drones dans le port.

Avec cette initiative, Tanger Med Port Authority entend « tirer parti des technologies avancées des drones pour répondre efficacement aux divers cas d’usage identifiés », peut-on lire dans les documents relatifs à l’appel d’offres. Lesdits usages comprennent « la surveillance et l’inspection des installations portuaires, la gestion du périmètre maritime, la sécurité dans les zones sensibles, la réponse aux situations d’urgence, ainsi que des applications potentielles telles que la cartographie et les Digital-Twins des infrastructures ».

Grâce à une solution complète, décentralisée et polyvalente, Tanger Med Port Authority aspire à « améliorer la productivité, la sécurité et la durabilité des opérations portuaires, à réduire l’empreinte carbone et à renforcer la compétitivité et la réactivité de l’autorité portuaire face aux défis contemporains de son secteur », poursuit la même source.

Les prestations à réaliser dans le cadre du marché consistent en ce qui suit :

Lot études :

1. La réalisation d’une étude d’urbanisation du site (port Tanger Med) afin de localiser les emplacements optimaux des stations drones, de la salle de commande et contrôle (C2), ainsi que tous les prérequis nécessaires pour le bon fonctionnement de la solution.
2. La réalisation d’une étude ayant pour but de ressortir le modèle de gestion et d’exploitation de la plateforme.
3. La réalisation des ateliers nécessaires avec les parties prenantes internes/externes afin d’assurer la conformité juridique permettant l’exploitation de la solution en toute fluidité et en respect des lois et règlementations en vigueur.

Lot fourniture, installation et mise en service :

4. L’obtention de toutes les autorisations requises auprès des autorités compétentes, y compris l’autorisation d’importation et d’exploitation.
5. La fourniture, la pose, l’intégration, la configuration et la mise en service des composants constituant la plateforme.
6. La gestion du projet, la réalisation des tests et des formations spécifiées.
7. La production de la documentation spécifiée.
8. La garantie durant la période de 2 ans.

Lot maintenance :

9. La maintenance préventive et corrective au-delà de la période de garantie de 2 années en assurant la disponibilité spécifiée et fiabilité.
10. La fourniture, le stockage et le maintien des pièces de rechange durant toute la période du contrat.
11. La fourniture de mises à jour logicielles durant la période du contrat.

Les délais du présent contrat sont définis comme suit :

3 mois pour le lot étude ;
6 mois pour le lot fourniture, installation et mise en service ;
2 ans de garantie à partir de la date de mise en service de la solution (réception provisoire du lot fourniture, installation et mise en service) ;
3 ans de maintenance préventive et curative à partir de la date d’expiration de la garantie.

Industrie militaire : le Maroc se donne les moyens de ses ambitions

Bien qu’elle en soit à ses prémices, l’industrie militaire au Maroc est en plein essor. Depuis l’adoption par la Chambre des représentants d’un projet de loi relatif aux matériels et équipements de défense et de sécurité, ainsi qu’aux armes et aux munitions, la voie est ouverte à des investissements dans l’industrie militaire au sein du Royaume. 

Les Forces armées royales (FAR) et le constructeur aéronautique et aérospatial américain Boeing, ont en effet récemment instauré les bases d’une coopération industrielle avancée, via la signature d’un accord de compensation industrielle.

Cet accord porte notamment sur « le renforcement de l’autonomie des Forces Royales Air en matière de météorologie, de fabrication et de réparation en composite de différentes pièces de rechange et superstructures, selon les standards aéronautiques les plus avancés », précise l’Administration de la défense nationale dans un communiqué.

Autrement dit, le Maroc bénéficiera d’un transfert technologique primordial en vue de devenir à moyen terme, pas seulement un sous-traitant, mais aussi une puissance de l’industrie militaire, à l’image de la Turquie. 

Des services de maintenance d’avions militaires

Symbole de cette ambition, la signature de plusieurs accords, mais aussi l’implantation au Maroc d’entreprises d’envergure internationale, spécialisées dans la production d’armement et de fourniture de services militaires. Round Up : 

SABCA (Société anonyme belge de constructions aéronautiques) et Sabena Aerospace ont signé, lundi 26 novembre 2018, un mémorandum d’accord en vue de créer un acteur régional indépendant en maintenance, réparation, révision et mise à niveau (MRO & U) des avions militaires. 

Concrètement, SABCA, à travers sa filiale SABCA Maroc, partenaire de Sabena Aerospace, va proposer dans le Royaume des services de maintenance d’avions militaires. La première plateforme identifiée est le C-130, le célèbre avion de transport militaire construit par Lockheed. 

L’avion est bien connu de Sabena Aerospace, l’une des premières entreprises au monde certifiée par Lockheed en 1976 à fournir des services de maintenance sur le C-130. Cet avion équipe les Forces Royales Air.

Dans une seconde phase, les partenaires souhaitent élargir leur offre à d’autres plateformes maîtrisées par SABCA telles que F-16, Alphajet, Mirage F1 ou Agusta A-109. SABCA et Sabena Aerospace ont l’intention de faire du Maroc un acteur régional majeur de la maintenance militaire. 

Le mercredi 23 novembre 2022 a eu lieu l’inauguration officielle de la nouvelle usine Sabca Maroc. D’une superficie de 16.000 m², cette usine a nécessité un investissement de plus de 180 millions de dirhams marocains (17 millions d’euros). 

– La fabrication de drones militaires est l’un des objectifs poursuivis par le Royaume. En atteste le rapport sur le projet sectoriel du ministère délégué auprès du chef du gouvernement chargé de l’Administration de la défense, au titre de l’année 2023. 

Le document consacre un axe au soutien et à l’encouragement de l’investissement dans l’industrie militaire nationale. Objectif : porter plus haut les qualifications stratégiques du Royaume en matière d’industrie militaire. D’après le rapport, des activités industrielles de défense ont d’ores et déjà démarré. Il s’agit notamment de :

– la fabrication de drones équipés de matériel d’observation, de surveillance et d’armement ;

– la maintenance des avions militaires ;

– le développement de la fabrication des armes et des munitions.

Par ailleurs, une base industrielle et technologique de défense est mise en place. Elle se décline par un portefeuille de grands groupes industriels, actifs dans l’écosystème aéronautique et qui comptent des divisions dédiées à la défense : 

Boeing (n°3 mondial de l’armement) ; 

Airbus (11e mondial) ;  

Thales (14e mondial) ; 

Safran (25e mondial) ;

China North Industries Corporation ;

Renault Truck

Scania Maroc.

Toutefois, excepté Boeing, aucune de ces firmes n’a fait une annonce dans le sens d’un transfert technologique. Un pan « essentiel pour gagner dans un premier temps, en autonomie dans la prise en charge totale du matériel en dotation, car en cas de conflit avec le fabricant, le matériel dont les pièces de rechange sont indisponibles devient inutile », affirme à Médias24, l’expert militaire Abdelhamid Harifi.

« Dans un second temps, il s’agira, dans le cadre d’une vision à long terme, de développer en parallèle une véritable industrie de montage puis de fabrication de matériels et outils militaires, ainsi qu’un noyau de recherche et de développement afin de customiser l’outil en dotation et de produire un armement marocain », poursuit notre interlocuteur. « C’est le chemin que semble prendre le Maroc, à l’image de la Turquie et de la Malaisie« , conclut-il.

Bayraktar Kizilelma, le drone capable de combattre un avion de chasse

Une vidéo qui circule sur Twitter, ce mercredi 14 décembre, montre que le dernier opus du constructeur turc Bayrak, le drone militaire Bayraktar Kizilelma, a effectué son premier vol contrôlé sans aucune difficulté.

Cet aéronef représente une petite révolution dans les capacités militaires des drones. Le Bayraktar Kizilelma « est le premier drone à voir le jour pour les missions Air-Air. Il peut également servir comme essaims de drones en vue de saturer la défense aérienne ennemie », explique Abdelhamid Harifi, expert militaire joint par notre rédaction.

« Jusqu’à présent, les drones en service qui ont prouvé leur efficacité sur le terrain sont des drones de surveillance, de renseignement, d’attaque au sol, voire de guerre électronique. Mais jamais nous n’avions vu sur le terrain un drone pour faire face à des aéronefs« , précise l’expert militaire.

Autrement dit, ce drone serait en capacité d’affronter un avion de chasse. D’après le site Futura Sciences, le Bayraktar Kizilelma sera furtif et doté d’un turboréacteur qui lui permettra d’atteindre une vitesse de croisière d’environ 980 km/h à plus de 12.000 mètres d’altitude, avec une pointe à Mach 1, soit 1.234,8 km/h.

Sur le plan architectural, ce drone est composé de deux empennages verticaux et de deux plans canard à l’avant. Son autonomie sera limitée à 5 heures, mais il aura la capacité d’embarquer jusqu’à 1,5 tonne de munitions et de charge utile, dont des missiles air-air, air-sol et des missiles de croisière. Sa masse maximale sera de 3,5 tonnes.

L’un des aspects les plus avantageux de ce drone est son aptitude à « décoller et atterrir de manière autonome« , nous apprend Abdelhamid Harifi. « Il peut même revenir à son point de départ de manière autonome en cas de perte de communication avec la station de commande et de contrôle. »

D’un prix avoisinant les 30 millions d’euros, le Bayraktar Kizilelma « est 25% moins cher que les avions de chasse américain F-16. Sa mise en service est prévue pour début 2024, mais sa date de mise sur le marché n’a pas encore été annoncée », poursuit l’expert militaire. 

Une telle arme pourrait-elle apporter une valeur ajoutée à la puissance de feu des Forces armées royales ? « Notons que le Bayraktar Kizilelma est fabriqué par la même société qui est à l’origine des drones TB2 en service au Maroc« , indique Abdelhamid Harifi. 

“Si jamais la Turquie proposait ce produit à l’export, il se pourrait que le Maroc soit intéressé, afin de donner une autre dimension à la filière drones des Forces armées royales« , conclut notre interlocuteur.

Comment interpréter les menaces du polisario d’utiliser des drones contre le Maroc?

Les images non datées, mais diffusées début octobre 2022, sont filmées probablement à l’aide d’un smartphone de mauvaise qualité. Elles montrent un individu portant la tenue des tribus sahariennes, s’adressant à quelques convives assis autour de lui, dans un salon traditionnel qui peut se situer n’importe où dans la région.

Selon les comptes qui ont relayé cette vidéo, celui qui parle est Omar Mansour, l’un des dirigeants du polisario. Et la scène se passe à Nouakchott, information invérifiable. Sur un ton de fanfaronnade, il annonce à son auditoire que le polisario aura bientôt des drones armés qu’il utilisera contre le Maroc.

Quand une partie, fût-elle une bande armée, fait fuiter une donnée militaire, c’est qu’elle y trouve un intérêt. Car lorsque sa puissance est réelle, elle agit, elle n’a pas besoin de l’annoncer dans le style « retenez-moi-ou-je-fais-un-malheur ». Cette annonce a été curieusement faite en Mauritanie, au cours de ce mois d’octobre qui est celui du dossier du Sahara devant le conseil de sécurité. Elle n’est pas innocente. C’est une propagande habillée en menace.

Une fourniture d’UAV (Unmanned Aerial Vehicle) appelés communément drones à un mouvement armé non gouvernemental serait une grave escalade dans la région. Car il s’agit d’une entité qui n’a pas de comptes à rendre concernant ses actions.

Pourtant, même si la menace d’une attaque par drones contre le Maroc est bel et bien réelle, ses objectifs sont pour le moment d’ordre politique.

Fédérer la population des camps de Tindouf

Cette menace est principalement motivée par “le désintérêt de la population des camps de Tindouf concernant ce conflit armé”, souligne l’expert militaire Abdelhamid Harifi, joint par notre rédaction.

“Le polisario s’arme d’une technique de communication destinée à donner du crédit à sa propagande, à motiver ses troupes et à fédérer la population des camps de Tindouf. C’est même considéré comme une victoire symbolique”, ajoute-t-il.

Un effet d’annonce qui cadre avec la stratégie de communication privilégiée par le polisario, notamment depuis que le mouvement séparatiste a dénoncé l’accord de cessez-le-feu (1991) à la suite des évènements de Guerguerat en novembre 2020.

Après la victoire des Forces armées royales (FAR) qui a sécurisé la circulation civile dans la région de Guergarat, de multiples opérations militaires ont été présentées par le polisario comme des représailles. Or, ces opérations n’ont jamais été documentées.

“Face à l’absence de preuves” reprend-il, “les réfugiés des camps ont commencé à remettre en cause le discours des séparatistes, au point de manifester leur mécontentement à plusieurs reprises”. Menacer le Maroc revient donc pour le polisario à légitimer sa ligne politique, et surtout continuer d’exister.

De nouvelles technologies militaires sur le terrain

Pour Abdelhamid Harifi, au delà des considérations politiques, la menace doit tout de même être prise au sérieux. Car s’il est difficile d’assurer que la milice du polisario possède réellement des drones ou même des drones kamikazes, “il y a eu en revanche un changement important sur le terrain avec l’introduction des nouvelles technologies”, assure-t-il.

Des technologies dont les drones armés sont le port étendard. Leur avantage ? “Ils peuvent être lancés à partir d’un camion, sans forcément avoir besoin d’une structure logistique ou d’une infrastructure conséquente. De plus, ils ont une longue portée.”

Au regard du vaste territoire frontalier entre le Maroc et l’Algérie, les chances que de telles armes soient utilisées sont réelles. “On peut avoir les meilleurs moyens de détection et de renseignement, mais dans un territoire vaste comme le Sahara, il y a toujours un risque.”

Les FAR sauront riposter rapidement

En termes de défense, le Maroc est outillé contre une éventuelle attaque de drones. Preuve en est, “la multiplication des transactions militaires avec nos partenaires afin de s’équiper de moyens de défense contre les aéronefs de courte et moyenne portée, des systèmes de guerre électronique assez sophistiqués”.

Mais est-ce réellement suffisant ? “Pour faire complètement face à ce genre de menace, il faut augmenter la surveillance à travers des moyens de détection et de guerre électronique.” Certes, le Maroc possède des drones Bayraktar TB-2 de conception turque, mais il faut déjà détecter la menace pour la traiter. “Le Maroc contrôle 95% du territoire, mais la zone entre la Mauritanie et le Maroc peut constituer un danger.”

Les procédés de guerre utilisés par les milices du polisario n’ont pas de secret pour les FAR. “En cas d’attaque, les FAR sauront riposter rapidement car ils sont habitués aux méthodes et au timing de leurs opérations. Mais si jamais des mercenaires originaires d’autres pays opèrent les drones, la tâche des FAR sera plus ardue.”

Ce scénario est plausible parce que “les jeunes dans les camps de Tindouf n’adhèrent pas à cette guerre. Et les hommes qui y sont encore attachés sont vieillissants, handicapés et dépassés par les avancées technologiques. D’où la possibilité d’un recours à des mercenaires d’autres origines”.

Le Maroc doit réagir avec diplomatie 

Drones iraniens et mercenaires nomadisants dans la vaste étendue saharienne et sahélienne? C’est la thèse la plus plausible si jamais l’introduction des drones se confirme. Au final, les FAR sauront en cas de besoin, contrecarrer la menace, avec possibilité de dégâts minimes ou nuls. Mais ce qu’il faut retenir, c’est la symbolique d’une telle escalade et sa portée géopolitique dans une région extrêmement fragilisée par la menace terroriste et les manœuvres iraniennes..

Lors de la réunion du 6 septembre au Caire, le comité exécutif de la Ligue arabe a donné du crédit à la thèse de l’ingérence étrangère dans le différend du Sahara. “Le régime iranien et son allié, le Hezbollah, procèdent à l’armement et à l’entraînement d’éléments séparatistes menaçant l’intégrité territoriale, la sécurité et la stabilité du Maroc.”

De fait, Abdelhamid Harifi estime que la réaction du Royaume sera également menée sur le terrain diplomatique. “Il faut que le Royaume réussisse à mobiliser ses partenaires, notamment européens, en les prévenant des actions de l’Algérie qui rapprochent les Iraniens de l’Europe.”

Ce rapprochement n’aura certainement pas l’appui de l’Union européenne, au même titre que celui, stratégique, opéré par l’Algérie avec la Corée du Nord et la Russie. À moins que la crise énergétique que traverse le Vieux continent ne change la donne. En tous les cas, “l’Algérie a clairement choisi son camp. Le monde et le voisinage arabe doivent réagir de la manière la plus dure possible”, conclut Abdelhamid Harifi.

La police espagnole saisit des drones sous-marins chargés de drogue

L’opération a permis de saisir trois drones sous-marins, dont deux en cours de fabrication et un presque terminé. “Ils devaient être livrés à des trafiquants de drogue français pour le transport de quantités importantes de cocaïne », a annoncé la police espagnole dans un communiqué.

Ces petits appareils submersibles, dirigés à distance, pouvaient être notamment utilisés pour acheminer de la drogue de part et d’autre du détroit de Gibraltar. « C’est la première fois que ce type d’appareils opérant sous l’eau sans équipage à leur bord, et connus sous le nom d’UUV (Unmanned Underwater Vehicle) ou drones sous-marins, est saisi par la police espagnole”, d’après le communiqué.

Huit personnes ont été arrêtées en Espagne dans le cadre de cette opération. Elle a également abouti à la saisie de drones aériens de grande taille pouvant transporter de la drogue et disposant d’une autonomie de 30 kilomètres, soit assez pour traverser le détroit de 15 kilomètres qui sépare l’Espagne du Maroc.

Le réseau, qui avait des clients au Danemark, en France, en Italie ou en Espagne, proposait également d’autres services comme la fabrication de doubles fonds dans des véhicules pour cacher et transporter de la drogue. En raison de ses liens culturels avec l’Amérique latine, où se trouvent les principaux pays producteurs de cocaïne, l’Espagne est l’une des principales portes d’entrée de la drogue en Europe.

(Avec AFP)

 

ONEE : des drônes pour la surveillance des lignes électriques

Cette convention a été signée le 4 février par le président de la Fondation de recherche, de développement et d’innovation en sciences et ingénierie (FRDISI), André Azoulay, et le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), Abderrahim El Hafidi.

Elle s’inscrit dans le cadre d’un partenariat global entre la FRDISI et l’ONEE. Ce dernier prône le renforcement de l’expertise, de la recherche appliquée et de l’innovation ainsi que du développement de la formation, indique l’ONEE dans un communiqué.

Des actions sont en cours de réalisation et concernent la conception et la réalisation d’une plateforme de l’imagerie mobile des drones, d’un système de traitement d’images collectées à partir d’un drone et d’une plateforme distribuée intelligente automatisée d’inspection des lignes de transmission par l’exploitation des vecteurs aériens.

De même, des améliorations importantes des performances d’exploitation sont attendues de ce projet, dont l’amélioration de la sécurité du personnel, la diminution du temps d’indisponibilité des lignes, l’automatisation des opérations de diagnostic et l’optimisation des coûts et délais.

Compte tenu du caractère innovant de ce projet à l’échelle nationale, des publications scientifiques, ainsi que le dépôt d’un brevet auprès de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale, sont prévus par les deux partenaires. Dans ce cadre, l’ONEE et la FRDISI saisissent l’opportunité du développement de l’écosystème de l’encouragement de l’innovation à l’échelle nationale, afin d’entamer les démarches requises pour l’industrialisation de ce projet.

La cérémonie de signature a eu lieu au siège de la région de Casablanca-Settat, en présence de Mohamed Abdeljalil, ministre du Transport et de la logistique ; Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce ; Khalid Safir, wali et directeur général des collectivités locales ; Abdellatif Maazouz, président de la région de Casablanca-Settat.

(Avec MAP)

Les drones essaiment au Maroc avec la pandémie de Covid-19 (AFP)

« Il y a un vrai engouement: en quelques semaines, la demande a triplé au Maroc et dans d’autres pays de la région », souligne Yassine Qamous, le directeur de « Droneway Maroc », qui distribue sur le continent africain les produits du leader mondial chinois DJI.

Selon lui, le Maroc, qui utilise des drones depuis plusieurs années déjà, « figure parmi les pays les plus avancés du continent » dans ce domaine avec un tissu industriel dédié, un réseau de chercheurs mais aussi de pilotes agréés.

Des autorisations administratives restrictives ont longtemps limité les drones civils à quelques usages spécifiques, comme les tournages de cinéma, le traitement des surfaces agricoles, la surveillance des panneaux solaires ou les relevés cartographiques.

Mais tout a changé avec l’apparition de la pandémie de Covid-19: ces dernières semaines, les robots volants sont apparus dans plusieurs villes, où les autorités les utilisent pour diffuser des messages d’alerte, détecter des mouvements suspects dans les rues ou débusquer des rassemblements illégaux sur les terrasses des maisons.

Les consignes strictes de confinement instaurées mi-mars ne sont en effet pas toujours respectées, la presse locale évoquant notamment des soirées nocturnes entre voisins ou des prières collectives sur les toits, hors de portée des patrouilles de contrôle.

 « Technologie vitale » 

La préfecture de Temara, près de Rabat, a ainsi lancé la semaine dernière un système de surveillance aérienne de haute précision développé par des ingénieurs d’un groupe local, Beti3D, jusque-là spécialisé dans la topographie.

D’autres pays en Europe, en Asie ou au Moyen-Orient ont aussi adopté les technologies déployées en Chine au début de la pandémie, que ce soit pour surveiller les mouvements des citoyens, désinfecter les espaces publics ou développer les livraisons.

« Les drones ont rapidement émergé comme une technologie vitale pour les agences de sécurité publique pendant la crise puisqu’ils permettent de contrôler en toute sécurité les espaces publics« , analyse le site de DJI, groupe chinois qui couvre à lui seul 80% du marché mondial.

Comme la plupart des pays, le Maroc utilise avant tout des engins importés de Chine. Mais l’apparition de nouveaux besoins liés à la pandémie pousse au développement d’une production locale adaptée.

« Il y a une vraie demande », se réjouit Abderrahmane Krioual, le patron de Farasha, une start-up qui vient de lever des fonds pour développer à Rabat une ligne de production de drones de surveillance thermique et de pulvérisation de désinfectant.

Très en pointe dans le secteur, le département aéronautique de l’Université internationale de Rabat (UIR) a mis à disposition des pouvoirs publics son savoir-faire dès la fin mars, pour le déploiement de drones équipés de haut-parleurs ou de caméras infrarouge capables de détecter les mouvements nocturnes ou les températures des foules.

« Quelques projets sont en cours avant généralisation dans tout le pays », explique Mohsine Bouya, directeur « Valorisation et transfert » à l’UIR.

Les équipes de l’UIR ont aussi développé des applications de traçage, mais « il faut attendre une législation conforme » pour les déployer, précise-t-il.

 « Cadres légaux » 

Contrairement à d’autres pays, le recours aux drones de surveillance ne suscite pas de débat au Maroc, où la stratégie musclée du pouvoir face à la pandémie suscite une forte adhésion, selon des indicateurs officiels.

Le Royaume a très vite fermé ses frontières et massivement déployé des forces de l’ordre sur le terrain pour faire respecter les mesures strictes de confinement ou de port obligatoire du masque, renforcées depuis le début du Ramadan par un couvre-feu nocturne.

Le non respect de ces consignes est passible d’un à trois mois de prison et/ou d’une amende équivalent à 115 euros.

Les forces de l’ordre ont interpellé plus de 85.000 contrevenants entre le 15 mars et 30 avril, et près de 50.000 ont été traduits en justice, selon les derniers chiffres officiels.

D’après les autorités, ces mesures drastiques ont permis de limiter la contagion, avec 5.382 cas dont 182 décès depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire.

(AFP)

(Reportage photos: MAP)

Un réalisateur allemand arrêté au Maroc pour possession de drone

Les frères Stefan et Martin Bremer voyageaient ensemble au Maroc. Dans ses bagages, Stefan Bremer avait un drone, ainsi qu’un pistolet de détresse, explique au journal allemand Rbb 24 son frère Martin, rentré plus tôt en Allemagne. Il s’agit d’une arme à feu qui lance des fusées éclairantes, généralement utilisé pour la signalisation, en cas de danger.

Rappelons que les drones sont interdits au Maroc, y compris pour un usage privé. Stefan Bremer avait tous les papiers nécessaires pour le pistolet. Les autorités marocaines veulent à présent vérifier si cette arme aurait pu être utilisée de manière dangereuse. Dans le cas échéant, le réalisateur allemand risque jusqu’à 20 ans de prison.

Selon la même source, la première audience a eu lieu le 12 février. La prochaine aura lieu le 4 mars.